Réflexions de Pank / Instantané n° 624 : L’Analyse Historique des Disciplines : Entre Héritage, Évolution et Pragmatisme

Hier, je discutais avec un ami et nous parlions de l’importance de la recherche historique dans la démarche d’apprentissage et de la nécessité d’affiner nos connaissances actuelles. En hypnose ou dans les arts martiaux, remonter aux origines est pour moi une forme de respect envers ceux qui ont élaboré ces systèmes de pensée, mais cela offre aussi la possibilité de mieux comprendre ce que nous appliquons parfois instinctivement au quotidien.

Lors d’une discussion avec Lee, nous échangeions par exemple sur la manière dont la PNL (Programmation Neuro-Linguistique) a pu s’insérer dans les modèles plus actuels d’accompagnement ou de coaching. C’est comme si l’identité spécifique de la discipline et son histoire s’étaient évaporées pour s’intégrer dans de nouvelles approches.

En réétudiant l’histoire, qu’il s’agisse de la discipline ou de ses techniques, nous pouvons mieux comprendre la façon dont elles ont été conçues et pourquoi l’usage que nous en faisons aujourd’hui ne correspond pas toujours aux objectifs vertueux pour lesquels elles ont été créées.

Nous pouvons ainsi mieux analyser pourquoi certains aspects restent efficaces aujourd’hui et pourquoi d’autres n’ont plus d’intérêt. L’évolution des connaissances a simplement permis de substituer les faits aux croyances, ouvrant des alternatives qui viennent à la fois désagréger l’héritage et, paradoxalement, le faire vivre sous de nouvelles formes.

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Reflections by Pank / Snapshot No. 624:  Historical Analysis of Disciplines: Balancing Heritage, Evolution, and Pragmatism

Yesterday, during a discussion with a friend, we reflected on the significance of historical research within the learning process and its role in refining contemporary knowledge. Whether in hypnosis or martial arts, tracing a discipline back to its origins constitutes a mark of respect toward the pioneers of these conceptual systems. Furthermore, it provides valuable insights into practices we often apply intuitively in our daily lives.

In a conversation with Lee, we discussed how Neuro-Linguistic Programming (NLP) has been integrated into modern coaching and therapeutic frameworks. It appears as though the specific identity and historical narrative of the discipline have faded, blending seamlessly into contemporary methodologies.

By re-examining the history of both the disciplines and their underlying techniques, we can better understand their original design and discern why current applications may diverge from their foundational objectives.

This historical perspective allows us to evaluate why certain components retain their efficacy today while others have become obsolete. Advances in empirical understanding have shifted the paradigm from belief-based assumptions to evidence-based facts, thereby opening alternative avenues that simultaneously deconstruct traditional heritage and paradoxically sustain it through new iterations.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #615 : Continuer à apprendre

Nous avons la chance en France, dans nos différentes fédérations, d’avoir accès à des stages et séminaires avec des grands de nos disciplines pour des prix souvent dérisoires comparés à ce que l’on peut connaître dans les arts martiaux « privés » comme aux USA, avec des tarifs allant jusqu’à 200 dollars par mois pour s’entraîner en Jiu-Jitsu (il y a aussi de nombreux avantages en salle privée).

Il est donc possible pour n’importe quel professeur de continuer à progresser techniquement avec d’autres enseignements que celui de son sensei, ce qui ouvre l’esprit et la pratique. Cela permet également de suivre des formations pour apprendre à enseigner à différents publics ou dans divers domaines, qu’il s’agisse de la compétition ou de la santé.

En général, nous restons dans le microcosme de nos dojos, confinés dans nos modes de réflexion, d’enseignement et avec nos élèves. Je ne crois pas qu’il faille forcément diversifier pour diversifier, mais plutôt chercher ce qui peut nous sembler plus juste, adapté et même efficace pour ceux qui viennent apprendre avec nous au quotidien.

Il n’y a pas que les coups de pieds ou de poings, les projections et les clés qui doivent être peaufinés, mais aussi les domaines entourant nos pratiques, tant pour le développement de chaque enseignant que, surtout, pour les élèves qui en retireront un bénéfice direct dans leur pratique et bien sûr leur progression.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #615: Continuing to Learn

In France, within our various federations, we are fortunate to have access to workshops and seminars with masters of our disciplines for prices that are often negligible compared to what is found in « private » martial arts systems, such as in the United States, where training in Jiu-Jitsu can cost up to 200 dollars per month (though private academies also offer numerous advantages).

It is therefore entirely feasible for any instructor to continue advancing technically through teachings outside their own sensei’s lineage, thereby broadening both their mindset and practice. Furthermore, instructors can pursue specialized training to teach diverse demographics or explore distinct domains, whether competitive performance or health applications.

Typically, we tend to remain within the microcosm of our own dojos, confined to our established patterns of thought and instruction alongside our students. I do not believe in diversifying merely for the sake of diversification, but rather in identifying what proves most accurate, adaptable, and ultimately effective for those who come to learn from us daily.

It is not merely strikes, kicks, projections, and joint locks that require refinement, but also the ancillary domains surrounding our practices—beneficial for the individual instructor and, most importantly, for the students, who will harvest the rewards in both their progression and overall mastery.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #614 : Au-delà des grades : La déconstruction du respect hiérarchique et la sociologie des structures martiales

Texte corrigé : Je ne suis pas une personne qui respecte les « autres ». L’individu quel qu’il soit, peu importe son titre et, pour nous dans les arts martiaux, son grade, n’a pas à obtenir de respect de facto. Je respecte par contre les cadres, et les règles qui y sont liés, donc le principe des senpai (et indirectement des grades, mais pas celui qui le porte automatiquement).

Pourquoi ? Parce que nous ne pouvons juger — je sais que ce mot n’est pas vraiment apprécié — qu’aux comportements et, dans notre monde, à ce qu’ils partagent en technique ou en combat. Du coup, il y a des personnes peu gradées que je respecte bien plus que des champions ou des shihan (à partir du 5e dan dans les arts japonais).

De plus, nous l’avons vu dans tous les styles, du karaté au BJJ : il y a les trahisons, les ruptures abruptes, voire une certaine fourberie qui peut se mettre en place dans de nombreuses écoles. Rappelez-vous du départ des grands de chez Carlson Gracie pour créer la BTT. Ce qui est fou, c’est que maintenant que Carlson est mort, ses anciens élèves, « créontes » si on reprend un mot du Maître, prennent leur ceinture coral en ne cessant de valoriser qu’ils sont des ceintures noires de Carlson, qu’il était génial, etc. Du respect à tout va envers un homme qu’ils ont salement abandonné.

Les arts martiaux qui prônent énormément le respect cherchent souvent plus la soumission à l’autorité que le respect, et beaucoup de pratiquants qui montrent un excès de respect sont parfois ceux qui vont facilement planter un couteau dans le dos de ceux qui les ont formés.

Je reste sur l’idée que le respect se gagne, mais il doit aussi se nourrir, parce qu’il peut diminuer ou à nouveau disparaître ; ce n’est pas un grade ou une position qui maintiendra un rapport juste et sincère entre les individus.

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 Martial Reflections of an Hypnofighter #614: Beyond Ranks: The Deconstruction of Hierarchical Respect and the Sociology of Martial Structures

I am not someone who respects « others » blindly. An individual, whoever they may be, regardless of their title and—in our world of martial arts—their rank, is not inherently entitled to respect de facto. However, I respect frameworks and their associated rules, such as the principle of senpai (and indirectly ranks, though not necessarily the person wearing them automatically).

Why? Because we can only judge—I know this word is not particularly favored—based on behaviors and, in our discipline, what individuals share in technique or combat. Consequently, there are lower-ranked individuals whom I respect far more than champions or shihans (5th dan and above in Japanese arts).

Furthermore, as we have witnessed across all styles, from karate to BJJ, betrayals, abrupt breakups, and a certain degree of duplicity can emerge in many schools. Remember the departure of top practitioners from Carlson Gracie to establish BTT. What is astonishing is that now that Carlson has passed away, his former students— »creontes, » to borrow the Master’s term—receive their coral belts while continuously boasting about being Carlson’s black belts, how great he was, etc. Endless praise for a man they shabbily abandoned.

Martial arts schools that heavily preach respect often seek submission to authority rather than genuine respect, and many practitioners who display excessive deference are frequently the ones most likely to stab those who trained them in the back.

I maintain the view that respect must be earned, but it must also be nourished, because it can diminish or disappear entirely. No rank or position alone can sustain a fair and sincere relationship between individuals.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #613 : Le karaté, entre art de santé et voie de longévité

Je parlais avec des sensei de karaté et, à part les Kyokushin ou les entraîneurs de karaté sportif, leur vision du karaté est plus une discipline de vie, une possibilité de prendre soin d’eux physiquement comme psychiquement. Le combat est secondaire, voire complètement absent pour certains d’entre eux.

Ils vont préparer et répéter des kihon ou des kata pour s’améliorer, pour rendre les mouvements plus fluides, pour se les accaparer et les exprimer avec ce qu’ils sont. C’est vrai que c’est assez étonnant que, parmi les milliers de techniques que nous pouvons trouver dans le karaté et ses kihon, la grande majorité soient inexistantes dans son expression de combat, que ce soit dans un style au K.O. ou à la touche.

Par contre, on peut voir que nombre de ces techniques assouplissent, dynamisent, s’ouvrent sur des angles et permettent une mobilité. Le karaté, sur bien des aspects, est moins une discipline de combat qu’une gymnastique pour se sentir bien pour longtemps. Et là-dessus, à chaque fois que je fais du karaté d’Okinawa, je trouve que cette forme d’origine est encore plus marquée sur l’importance de prendre soin de soi au travers de sa pratique, ce que les Japonais ont beaucoup moins.

La force du karaté par rapport au jiu-jitsu c’est que nous pouvons nous entraîner quotidiennement seul et dans toutes les situations, ce qui est plus difficile dans un système qui se fait toujours en binôme. Pour une hygiène de vie, faire trente minutes de karaté tous les jours, comme le font les pratiquants de tai-chi ou d’autres styles internes, est une façon de prendre soin de soi.

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 Martial Reflections of an Hypnofighter #613: Karate as a Longevity Gymnastics Practice Rather Than a Combat Sport

I was talking with karate sensei, and apart from Kyokushin or sports karate coaches, their vision of karate is more as a lifestyle discipline—an opportunity to care for oneself both physically and psychologically. Combat is secondary, or even completely absent for some of them.

They prepare and repeat kihon or kata to improve, to make movements more fluid, to internalize them, and to express them through who they are. It is quite striking that among the thousands of techniques found in karate and its kihon, the vast majority are nonexistent in its combat expression, whether in full-contact or point-fighting styles.

On the other hand, we can see that many of these techniques increase flexibility, energize the body, open up new angles, and enhance mobility. In many aspects, karate is less a combat discipline than a form of gymnastics designed for long-term well-being. And whenever I practice Okinawan karate, I find that this original form places an even stronger emphasis on self-care through practice, something much less prominent in mainland Japan.

The strength of karate compared to jiu-jitsu is that we can train daily, alone, and in any situation—which is more difficult in a system that always requires a partner. For a healthy lifestyle, doing thirty minutes of karate every day, much like practitioners of tai chi or other internal styles do, is a powerful way to take care of one’s health.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #612 : Le Sanctuaire du Tatami Face aux Prédateurs : Éthique, Sécurité et Gestion des Comportements Toxiques en Sports de Combat

Dans les vestiaires, j’entendais des pratiquants parler d’un individu qui cherche à tourner avec tout le monde pour… les blesser. Ce qui est intéressant, c’est qu’il semble cibler des personnes qui brillent en compétition. Est-ce pour faciliter ses tableaux ?

Ce phénomène n’est pas nouveau, et je suis sûr que vous connaissez des individus qui cherchent tellement à « dominer » le combat qu’ils sont prêts à vous blesser volontairement. Chose qui, par contre, peut devenir amusant quand ils font face à des personnes d’un tel niveau qu’elles les contiennent, les contrôlent et, pour les plus dures, les détruisent.

Vous avez peut-être vu ce gars, Charlie Zelenoff, qui lançait des « défis » à des boxeurs et les frappait sans même que le combat ne débute officiellement. Son idée était de s’attribuer de fausses victoires jusqu’à ce qu’il se fasse corriger durement.

La question que je me pose est de savoir ce que l’éducateur, le professeur ou le sensei doit faire face à ce type de pratiquant : le recadrer ou le virer ? À mes yeux, dans les systèmes de préhension, il existe une idée sacrée : celle de la confiance. Quand on tape (signal d’abandon), c’est un acte crucial, car un partenaire détient le pouvoir de briser un membre, d’endormir ou de tuer… s’il n’écoute pas le signal.

Il y a toujours des individus déséquilibrés. Avoir conscience de l’existence de ce type de pratiquant est essentiel pour protéger les autres, tenter de recadrer les comportements du mieux possible, et espérer ainsi éviter les dérives problématiques.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #612: The Sanctuary of the Tatami Facing Predators: Ethics, Safety, and the Management of Toxic Behaviors in Combat Sports

In the locker room, I overheard practitioners talking about a guy who tries to roll with everyone just to… injure them. Interestingly, it seems he targets individuals who excel in competition. Is this to clear his brackets?

This is nothing new, and I am sure you know individuals who are so desperate to « dominate » a fight that they are willing to purposefully hurt you. On the other hand, this can become quite amusing when they face individuals of such a caliber that they contain them, control them, and, in the case of the toughest ones, utterly dismantle them.

You may have seen that guy, Charlie Zelenoff, who issued « challenges » to boxers and hit them before the bout had even officially begun. His goal was to flaunt his victories until he was severely corrected.

The question I ask myself is: what should the instructor, coach, or sensei do when confronted with this type of practitioner? Reorient them or expel them? In my view, within grappling systems, there is a sacred concept: trust. When you tap out, it is a matter of paramount importance; a partner has the power to break a limb, put you to sleep, or kill you… if they fail to respect the signal.

There are always unbalanced individuals out there. Being aware of the existence of this type of practitioner is essential to protect others, attempt to steer behaviors as effectively as possible, and hopefully prevent problematic conduct.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #611 : Quand faut-il donner des conseils ?

Quand nous nous entraînons dans des environnements tels que des stages ou le dojo d’été, nous croisons des tas de pratiquants, parfois de styles différents du nôtre, comme le judo ou le jiu-jitsu, mais à la fédération de karaté, on peut aussi bien côtoyer un karatéka qu’un spécialiste de viet vo dao. Nous ne connaissons pas leur niveau : la ceinture noire en judo ne donne pas d’indication spécifique, et nous le savons, ce n’est pas le nombre de dans qui est significatif du niveau.

J’ai pour habitude d’arborer toujours une ceinture blanche, ce qui me place dans une position où, parfois, mon partenaire me donne plein de conseils, que j’aime beaucoup écouter, quel que soit son niveau. Je pars en effet du principe qu’il existe une foultitude de facettes et de modes de compréhension des choses.

En revanche, j’évite de trop le faire, surtout avec les ceintures noires ou équivalents, qui me regardent, voient ma ceinture et, assez rarement, s’ouvrent au moindre échange.

Dès lors se pose la question : quand sommes-nous réellement dans cette entraide et cette prospérité mutuelle ? Je vous avais déjà fait la remarque au sujet des randoris, mais nous sommes ici dans une phase différente, celle de la technique, de l’apprentissage ou de l’amélioration des compétences. Tout ce que le uke peut partager comme idée est alors bon à prendre.

Seulement, beaucoup n’accepteraient pas une remarque émanant d’un uke qu’ils n’estiment pas à leur hauteur. C’est dommage, car d’après ce que je constate chez les plus grands de nos disciplines, ils sont les premiers à collecter des données auprès de n’importe qui pour progresser…

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Martial Reflections of an Hypnofighter #611: When Should Advice Be Given?

When we train in environments such as seminars or a summer dojo, we encounter a wide variety of practitioners, sometimes from styles different from our own, such as judo or jiu-jitsu; within the karate federation itself, one might just as easily meet a karateka as a specialist in Viet Vo Dao. We do not know their actual skill level—a black belt in judo does not provide specific indications, and as we well know, the number of dan grades is not a definitive measure of proficiency.

I am accustomed to always wearing a white belt, which puts me in a position where my partner frequently offers me plenty of advice. I thoroughly enjoy listening to it, regardless of their level, because I operate on the principle that there is a multitude of facets and modes of understanding things.

Conversely, I tend to avoid doing the same, especially with black belts or their equivalents, who look at me, notice my belt, and rather rarely open themselves up to any exchange.

This raises the question: when are we truly participating in mutual aid and prosperity? I have previously remarked on this regarding randoris, but here we are in a different phase—one of technique, learning, or skill enhancement. Everything that the uke can share as an insight deserves consideration.

Yet, many people would not accept a remark from an uke whom they do not deem to be at their level. It is a pity because, from what I observe among the masters of our disciplines, they are the very first to gather data from anyone who can offer it in order to advance…

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #611 : La transmission

Hier, j’ai croisé au dojo Anne Toupet, une super pratiquante 3e dan et championne d’Europe Master. On est allés manger un bout avec deux de ses élèves, et j’ai trouvé ce moment vraiment beau. Les jeunes qui ont commencé cette saison ont un vrai lien avec Anne. Ils sont respectueux et fiers de leur professeur.

Elle me racontait sa victoire aux championnats d’Europe, avec un détail qui montre à quel point elle est investie dans le partage et la transmission de son jiu-jitsu : celui où elle a pu se dire : « C’est bon, je suis exactement dans ce que je montre au dojo, et ça passe. »

L’image est géniale, non ? La compétition est plus ou moins égotique en fonction de sa période de vie et de sa personnalité, mais là, la compétition devient un cours, une validation, un don de confiance dans ce qui est travaillé quotidiennement au dojo.

Cette intention de prendre son savoir et son temps pour l’offrir à ces jeunes, c’est ce que je trouve puissant chez Anne, mais aussi chez tous ces professeurs de jiu-jitsu, de tous les arts martiaux et plus généralement de sport, qui, même parfois encore compétiteurs, ne pensent plus seulement à leur victoire, mais à ce que cela peut apporter pour les générations qui arrivent.

Bravo à tous ceux qui transmettent !

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Martial Reflections of an Hypnofighter #611: Transmission

Yesterday, I met Anne Toupet at the dojo, an exceptional 3rd-degree practitioner and Master European Champion. We went to grab a bite to eat with two of her students, and I found the moment truly beautiful. The youngsters who started this season share a genuine bond with Anne. They are respectful and proud of their teacher.

She told me about her victory at the Europeans, highlighting a detail that shows just how invested she is in sharing and transmitting her jiu-jitsu: the moment she thought to herself, « All right, I am performing exactly what I teach in the dojo, and it works. »

The imagery is brilliant, isn’t it? Competition can be more or less ego-driven depending on one’s stage in life and personality, but in this case, competition transforms into a lesson, a validation, a gift of confidence in what is practiced daily in the dojo.

This intention to take one’s knowledge and time to offer it to these youngsters is what I find so powerful in Anne, as well as in all these jiu-jitsu instructors, martial artists, and sports coaches generally, who—even when they are still active competitors—no longer think solely of their own victory, but of what it can bring to the incoming generations.

Kudos to all those who pass on their knowledge!

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #610 : La Convergence des Formes en Grappling : Comment la Réglementation Façonne l’Évolution des Disciplines

On papotait hier avec Kenji sur le Jiujitsu, le Catch Wrestling et la Luta Livre, et on parlait de l’intelligence de l’IBJJF et de sa réglementation. Si vous aimez le Judo, la Luta, le Jiujitsu ou le Catch, vous pouvez facilement voir que les combats dans les années 1950 se ressemblaient quand même énormément.

C’était plus rugueux que ce que l’on voit aujourd’hui, mais pas forcément plus efficace. Quand on regarde du Judo old school ou du Catch Wrestling de la même période, à part le kimono, c’est assez semblable. Déjà dans les défis BJJ vs Luta Livre en Vale Tudo à la fin des années 1980, on avait l’impression que les formes de combat étaient déjà assez proches ; c’est le règlement Vale Tudo qui influence cette forme.

Aujourd’hui, pour ceux qui veulent faire du grappling, on aura une forme plus Jiujitsu que Luta, Judo ou Catch. Le règlement sportif fait la discipline. De plus, Carlos Gracie Jr., tout comme Jigoro Kano, voulait une universalisation de sa discipline et, tout comme Kano, le règlement a retiré les techniques « rugueuses », ce qu’on appelle souvent « bourrines », et bien sûr dangereuses.

Du coup, qu’importe que l’on voie un samboïste ou un jiujitsuka à l’ADCC, on va voir des formes de corps communes et un standard qui est celui que tous les grapplers pratiquent aujourd’hui. Les formes « non évoluées », comme le Catch qui reste avec ses règles de Wigan ou pareil avec le Shoot Wrestling, sont juste des styles mineurs, parce qu’il y a trop peu de pratiquants et une incapacité à faire ce que le Judo ou le Jiujitsu a fait : optimiser sa forme sportive pour « tous ».

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Martial Reflections of an Hypnofighter #610: Morphological Convergence in Grappling: How Regulation Shapes Combat Sports

We were chatting with Kenji yesterday about Jiu-Jitsu, Catch Wrestling, and Luta Livre, discussing the intelligence of IBJJF regulations. If you love Judo, Luta, Jiu-Jitsu, or Catch, it is easy to see that fights in the 1950s actually looked remarkably similar.

It was rougher than what we see today, but not necessarily more effective. When looking at old-school Judo or Catch Wrestling from the same period, apart from the kimono, they are quite comparable. Already during the BJJ vs. Luta Livre Vale Tudo challenges in the late 1980s, the fighting forms felt quite close; it is the Vale Tudo ruleset that shapes this form.

Today, for those wanting to practice grappling, the resulting shape is much closer to Jiu-Jitsu than to Luta, Judo, or Catch. The sports regulation creates the discipline. Furthermore, Carlos Jr., much like Jigoro Kano, sought the universalization of his discipline; just like Kano, regulations removed « rough » techniques—often referred to as brute or « bourrine » moves—and, of course, dangerous ones.

As a result, whether we see a Sambo practitioner or a Jiu-Jitsu practitioner at the ADCC, we observe common body shapes and a standard practiced by all modern grapplers. « Unevolved » forms like Catch, which remains tied to its Wigan rules, or Shoot Wrestling, are merely minor styles due to a lack of practitioners and an inability to achieve what Judo or Jiu-Jitsu accomplished: optimizing their sporting form for « everyone. »

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #532 : Le mythe du « c’était plus dur avant » dans les arts martiaux

La perception du passé est biaisée. Nous le savons bien : nous ne retenons du passé que certains éléments et, de plus, nous les transformons. Dans les arts martiaux, il est assez fréquent d’entendre les plus anciens d’entre nous dire qu’« avant, c’était plus dur ». La question du « plus dur » est toujours complexe : plus dur par rapport à quoi ?

Et est-ce que c’était vraiment plus dur, quand, techniquement, le niveau était plus bas ? Le niveau aujourd’hui, dans les sports de combat, est tellement plus élevé qu’il y a 20, 30, 40 ou 50 ans, que dire que c’était plus dur avant n’a aucun sens. Certaines personnes ne passeraient même pas un premier tour de championnat de France aujourd’hui, alors qu’elles ont été championnes du monde il y a 40 ans.

Nous aimons dire : « C’était plus dur », « On avait plus mal », et toutes ces choses que l’on n’arrête pas d’entendre de la part des anciens. Avec, bien sûr, l’idée que les nouvelles générations s’entraînent moins. Pourtant, il y a beaucoup plus de pratiquants aujourd’hui que par le passé. Et donc, d’un point de vue simplement statistique, il y a automatiquement plus de personnes qui s’entraînent dur que le peu de personnes qui s’entraînaient par le passé. Ne pas prendre en compte le fait qu’il y a énormément de personnes à très haut niveau qui s’entraînent tellement dur qu’elles sortent aussi brisées, cassées, démolies de chacun de leurs entraînements, c’est mépriser ce qui se fait aujourd’hui.

De plus, comme je vous le disais au départ, les souvenirs, surtout en ce qui concerne la sensation physique et la douleur, sont des choses qui disparaissent assez rapidement de notre cerveau ou, en tout cas, sont réécrites et reconditionnées. Aujourd’hui, nous savons comment nous entraîner, et il y a encore de nombreuses évolutions. Dans le passé, il y avait des répétitions qui étaient approximatives. Nous ne pouvons pas dire que le judo des années 50 ou 60, qui avait en réalité à peine une cinquantaine d’années, était supérieur en termes d’entraînement à un judo où des millions et des millions de personnes sont passées et où des façons de s’entraîner se sont développées pendant tout ce siècle.

Remettre le passé à sa place et se rendre compte que c’était très dur pour ceux qui ont initié les choses et qui se sont plongés dans une réalité, est une chose. Mépriser le fait que la nouvelle génération et celle à venir s’entraînent dur est une chose insidieuse qui n’a pas vraiment de sens dans une voie martiale.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #532: The Myth of « It Was Harder Before » in Martial Arts

Perception of the past is biased. We know this well: we only retain certain elements of the past, and furthermore, we transform them. In martial arts, it is quite common to hear the older among us say that « before, it was harder. » The question of « harder » is always complex: harder compared to what?

And was it really harder, when, technically, the level was lower? The level today, in combat sports, is so much higher than 20, 30, 40, or 50 years ago, that saying it was harder before makes no sense. Some people wouldn’t even pass a first round of a French championship today, even though they were world champions 40 years ago.

We like to say: « It was harder, » « We were in more pain, » and all those things we keep hearing from the old-timers. With, of course, the idea that the new generations train less. However, there are many more practitioners today than in the past. And so, from a simply statistical point of view, there are automatically more people who train hard than the few people who trained in the past. To ignore the fact that there are tremendously many people at a very high level who train so hard that they also come out broken, fractured, demolished from each of their training sessions, is to despise what is done today.

Moreover, as I was telling you at the beginning, memories, especially regarding physical sensation and pain, are things that disappear quite quickly from our brain or, in any case, are rewritten and reconditioned. Today, we know how to train, and there are still many developments. In the past, there were repetitions that were approximate. We cannot say that judo of the 50s or 60s, which was really barely fifty years old, was superior in terms of training to a judo where millions and millions of people have passed and where ways of training have developed throughout this century.

To put the past back in its place and realize that it was very hard for those who initiated things and who plunged into a reality, is one thing. To despise the fact that the new generation and the one to come train hard is an insidious thing that doesn’t really make sense in a martial way

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #528 :  L’Art de Changer de Dojo : Un Nouveau Départ Martial

Nous sommes passionnés d’arts martiaux, et il arrive que notre quotidien change, rendant les horaires de notre académie habituelle inadaptés. Il est également possible que nous déménagions ou que nous choisissions, pour différentes raisons, de rejoindre une autre école.

Quand nous entrons dans un nouveau dojo, surtout si nous sommes gradés, il est toujours un peu difficile de se faire une place. Ce n’est pas que les gens soient méchants ou inhospitaliers, c’est juste que vous intégrez un autre mode de fonctionnement et que, inconsciemment, vous portez un biais de confirmation lié à votre ancrage précédent. La problématique de ce biais est que nous nous référons systématiquement à la première chose que nous avons apprise.

Nous sommes conditionnés par une façon d’aborder l’art martial et de vivre ses sessions, d’autant plus quand cela fait plusieurs années que vous étiez dans une salle que vous affectionniez. Il y a donc une période de transition qui dure quelques semaines, parfois quelques mois, avant de commencer à se sentir pleinement intégré.

Sans parler des combats, que ce soit dans les styles de percussions (boxes) ou de préhension (luttes). Parfois, ces échanges servent à rappeler : « Tu es bien gentil, mais tu n’es pas de chez nous ; on va voir si ton ancien club forme vraiment des gens forts. » C’est assez amusant, car on se retrouve dans une sorte de conflit d’ego qui n’est pas directement orienté contre nous, mais plutôt contre ce que nous représentons.

Puis, semaine après semaine, les rencontres deviennent régulières. Même si parfois l’ambiance est difficile à accepter — simplement parce que nous apprenons quelque chose de nouveau ou rencontrons de nouvelles personnalités — un affect se crée, une compréhension mutuelle s’installe. Il y a ensuite la résultante du combat : il devient de plus en plus sain, de plus en plus sincère, et parfois, sans même plus discuter qu’en combattant, on commence à faire sa place.

On finit par se comprendre avec des personnes avec qui, pendant des mois ou des semaines, il n’y a eu que des échanges martiaux. Pourtant, elles semblent désormais bien plus proches et accueillantes qu’au départ.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #528:  The Art of Changing Dojos: A New Martial Beginning

We are passionate about martial arts, and sometimes our daily lives change, making the schedule of our usual academy no longer suitable. It is also possible that we move or choose, for various reasons, to join another school.

When we enter a new dojo, especially if we hold rank, it is always a bit difficult to find our place. It’s not that people are mean or unwelcoming; it’s just that you are entering a different way of operating, and unconsciously, you carry a confirmation bias linked to your previous anchoring. The problem with this bias is that we systematically refer to the first thing we learned.

We are conditioned by a certain way of approaching martial arts and experiencing sessions, especially when you have spent several years in a gym you were fond of. Therefore, there is a transition period that lasts a few weeks, sometimes a few months, before starting to feel fully integrated.

Not to mention the sparring, whether in striking styles (boxing) or grappling styles (wrestling). Sometimes, these exchanges serve to remind you: « You’re nice, but you’re not one of us; we’ll see if your old club really trains strong people. » It’s quite amusing because we find ourselves in a sort of ego conflict that isn’t directly directed against us, but rather against what we represent.

Then, week after week, encounters become regular. Even if the atmosphere is sometimes hard to accept—simply because we are learning something new or meeting new personalities—a bond forms, a mutual understanding settles in. Then there is the result of the sparring: it becomes healthier and healthier, more and more sincere, and sometimes, without even needing to speak other than through fighting, you begin to find your place.

You eventually understand the people with whom, for months or weeks, there were only martial exchanges. Yet, they now seem much closer and more welcoming than they did at the beginning.

Take what is good and right for you. Be One, Pank.