Réflexions de Pank / Instantané n° 624 : L’Analyse Historique des Disciplines : Entre Héritage, Évolution et Pragmatisme

Hier, je discutais avec un ami et nous parlions de l’importance de la recherche historique dans la démarche d’apprentissage et de la nécessité d’affiner nos connaissances actuelles. En hypnose ou dans les arts martiaux, remonter aux origines est pour moi une forme de respect envers ceux qui ont élaboré ces systèmes de pensée, mais cela offre aussi la possibilité de mieux comprendre ce que nous appliquons parfois instinctivement au quotidien.

Lors d’une discussion avec Lee, nous échangeions par exemple sur la manière dont la PNL (Programmation Neuro-Linguistique) a pu s’insérer dans les modèles plus actuels d’accompagnement ou de coaching. C’est comme si l’identité spécifique de la discipline et son histoire s’étaient évaporées pour s’intégrer dans de nouvelles approches.

En réétudiant l’histoire, qu’il s’agisse de la discipline ou de ses techniques, nous pouvons mieux comprendre la façon dont elles ont été conçues et pourquoi l’usage que nous en faisons aujourd’hui ne correspond pas toujours aux objectifs vertueux pour lesquels elles ont été créées.

Nous pouvons ainsi mieux analyser pourquoi certains aspects restent efficaces aujourd’hui et pourquoi d’autres n’ont plus d’intérêt. L’évolution des connaissances a simplement permis de substituer les faits aux croyances, ouvrant des alternatives qui viennent à la fois désagréger l’héritage et, paradoxalement, le faire vivre sous de nouvelles formes.

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Reflections by Pank / Snapshot No. 624:  Historical Analysis of Disciplines: Balancing Heritage, Evolution, and Pragmatism

Yesterday, during a discussion with a friend, we reflected on the significance of historical research within the learning process and its role in refining contemporary knowledge. Whether in hypnosis or martial arts, tracing a discipline back to its origins constitutes a mark of respect toward the pioneers of these conceptual systems. Furthermore, it provides valuable insights into practices we often apply intuitively in our daily lives.

In a conversation with Lee, we discussed how Neuro-Linguistic Programming (NLP) has been integrated into modern coaching and therapeutic frameworks. It appears as though the specific identity and historical narrative of the discipline have faded, blending seamlessly into contemporary methodologies.

By re-examining the history of both the disciplines and their underlying techniques, we can better understand their original design and discern why current applications may diverge from their foundational objectives.

This historical perspective allows us to evaluate why certain components retain their efficacy today while others have become obsolete. Advances in empirical understanding have shifted the paradigm from belief-based assumptions to evidence-based facts, thereby opening alternative avenues that simultaneously deconstruct traditional heritage and paradoxically sustain it through new iterations.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #611 : Quand faut-il donner des conseils ?

Quand nous nous entraînons dans des environnements tels que des stages ou le dojo d’été, nous croisons des tas de pratiquants, parfois de styles différents du nôtre, comme le judo ou le jiu-jitsu, mais à la fédération de karaté, on peut aussi bien côtoyer un karatéka qu’un spécialiste de viet vo dao. Nous ne connaissons pas leur niveau : la ceinture noire en judo ne donne pas d’indication spécifique, et nous le savons, ce n’est pas le nombre de dans qui est significatif du niveau.

J’ai pour habitude d’arborer toujours une ceinture blanche, ce qui me place dans une position où, parfois, mon partenaire me donne plein de conseils, que j’aime beaucoup écouter, quel que soit son niveau. Je pars en effet du principe qu’il existe une foultitude de facettes et de modes de compréhension des choses.

En revanche, j’évite de trop le faire, surtout avec les ceintures noires ou équivalents, qui me regardent, voient ma ceinture et, assez rarement, s’ouvrent au moindre échange.

Dès lors se pose la question : quand sommes-nous réellement dans cette entraide et cette prospérité mutuelle ? Je vous avais déjà fait la remarque au sujet des randoris, mais nous sommes ici dans une phase différente, celle de la technique, de l’apprentissage ou de l’amélioration des compétences. Tout ce que le uke peut partager comme idée est alors bon à prendre.

Seulement, beaucoup n’accepteraient pas une remarque émanant d’un uke qu’ils n’estiment pas à leur hauteur. C’est dommage, car d’après ce que je constate chez les plus grands de nos disciplines, ils sont les premiers à collecter des données auprès de n’importe qui pour progresser…

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Martial Reflections of an Hypnofighter #611: When Should Advice Be Given?

When we train in environments such as seminars or a summer dojo, we encounter a wide variety of practitioners, sometimes from styles different from our own, such as judo or jiu-jitsu; within the karate federation itself, one might just as easily meet a karateka as a specialist in Viet Vo Dao. We do not know their actual skill level—a black belt in judo does not provide specific indications, and as we well know, the number of dan grades is not a definitive measure of proficiency.

I am accustomed to always wearing a white belt, which puts me in a position where my partner frequently offers me plenty of advice. I thoroughly enjoy listening to it, regardless of their level, because I operate on the principle that there is a multitude of facets and modes of understanding things.

Conversely, I tend to avoid doing the same, especially with black belts or their equivalents, who look at me, notice my belt, and rather rarely open themselves up to any exchange.

This raises the question: when are we truly participating in mutual aid and prosperity? I have previously remarked on this regarding randoris, but here we are in a different phase—one of technique, learning, or skill enhancement. Everything that the uke can share as an insight deserves consideration.

Yet, many people would not accept a remark from an uke whom they do not deem to be at their level. It is a pity because, from what I observe among the masters of our disciplines, they are the very first to gather data from anyone who can offer it in order to advance…

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #611 : La transmission

Hier, j’ai croisé au dojo Anne Toupet, une super pratiquante 3e dan et championne d’Europe Master. On est allés manger un bout avec deux de ses élèves, et j’ai trouvé ce moment vraiment beau. Les jeunes qui ont commencé cette saison ont un vrai lien avec Anne. Ils sont respectueux et fiers de leur professeur.

Elle me racontait sa victoire aux championnats d’Europe, avec un détail qui montre à quel point elle est investie dans le partage et la transmission de son jiu-jitsu : celui où elle a pu se dire : « C’est bon, je suis exactement dans ce que je montre au dojo, et ça passe. »

L’image est géniale, non ? La compétition est plus ou moins égotique en fonction de sa période de vie et de sa personnalité, mais là, la compétition devient un cours, une validation, un don de confiance dans ce qui est travaillé quotidiennement au dojo.

Cette intention de prendre son savoir et son temps pour l’offrir à ces jeunes, c’est ce que je trouve puissant chez Anne, mais aussi chez tous ces professeurs de jiu-jitsu, de tous les arts martiaux et plus généralement de sport, qui, même parfois encore compétiteurs, ne pensent plus seulement à leur victoire, mais à ce que cela peut apporter pour les générations qui arrivent.

Bravo à tous ceux qui transmettent !

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Martial Reflections of an Hypnofighter #611: Transmission

Yesterday, I met Anne Toupet at the dojo, an exceptional 3rd-degree practitioner and Master European Champion. We went to grab a bite to eat with two of her students, and I found the moment truly beautiful. The youngsters who started this season share a genuine bond with Anne. They are respectful and proud of their teacher.

She told me about her victory at the Europeans, highlighting a detail that shows just how invested she is in sharing and transmitting her jiu-jitsu: the moment she thought to herself, « All right, I am performing exactly what I teach in the dojo, and it works. »

The imagery is brilliant, isn’t it? Competition can be more or less ego-driven depending on one’s stage in life and personality, but in this case, competition transforms into a lesson, a validation, a gift of confidence in what is practiced daily in the dojo.

This intention to take one’s knowledge and time to offer it to these youngsters is what I find so powerful in Anne, as well as in all these jiu-jitsu instructors, martial artists, and sports coaches generally, who—even when they are still active competitors—no longer think solely of their own victory, but of what it can bring to the incoming generations.

Kudos to all those who pass on their knowledge!

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #528 : La Tradition Fige-t-elle le Mouvement ? Réflexion sur les Formes et les Kata

Les formes et les Kata. S’il y a une chose qui m’a particulièrement agacé au fur et à mesure de ma pratique du karaté quand j’étais plus jeune, ce sont les kata. Non pas que l’idée de répéter seul des techniques dans un format prédéterminé me dérange. Ce qui me dérangeait le plus, c’était le discours environnant.

Même si nous sommes bien d’accord que ce qui importe, c’est la pratique que l’on met en place et l’esprit de combat qu’on inclut dans notre kata, je ne cessais d’entendre qu’il fallait que je mette la main de cette façon-là, à cette hauteur-là, dans cette forme-là.

On me disait que c’était traditionnel, qu’il ne fallait pas faire autrement. Je n’aimais pas particulièrement le kata, mais je travaillais dessus et, par moments, notamment quand je n’avais personne avec qui m’entraîner, cela me permettait de passer de bons moments. Un jour, je me suis dit que j’allais faire une compétition de karaté. Étant donné que je pratiquais un style mineur, quand je m’y suis rendu, je ne savais absolument pas à quoi m’attendre.

Une fois que j’ai vu les autres participants faire des katas officiellement identiques à ceux de mon style, je me suis aperçu que cela n’avait rien à voir. Bien sûr, je savais que les styles sont différents, qu’il y a des interprétations des postures, mais là, c’étaient carrément les formes qui changeaient. Alors, j’en parlais régulièrement à mes professeurs qui me disaient : « Oui, mais nous, dans notre école à nous, c’est comme ça. »

Et puis, j’ai rencontré un grand maître de notre école. Lui-même, dans la forme qu’il nous proposait pendant un stage, n’utilisait pas la même forme que celle que mon école — donc la sienne — m’avait enseignée. Et quand j’ai posé la question à l’un de ses assistants, il a répondu qu’il avait repris une forme plus ancienne.

Du coup, quand j’entends « Oui, mais c’est traditionnel », il faudrait peut-être expliquer ou dire à quel moment la tradition a commencé. Il y a 5 ans, 10 ans, 20 ans, 50 ans, 100 ans ? Et si on nous embête sur un doigt ou un angle de jambe, est-ce que cela a réellement de l’importance, sachant que c’est une encyclopédie qui doit nous permettre de nous préparer éventuellement à des phases de combat et de créer des automatismes ?

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Martial Reflections of an Hypnofighter #528:  Does Tradition Freeze Movement? A Reflection on Forms and Kata

Forms and Kata. If there is one thing that particularly annoyed me during my karate practice when I was younger, it was kata. It’s not that the idea of repeating techniques alone in a predetermined format bothers me. What bothered me the most was the discourse surrounding it.

While we agree that what matters is the practice we put in place and the fighting spirit we include in our kata, I kept hearing that I had to place my hand this way, at this height, in this form. I was told it was traditional, and that it should not be done otherwise.

I didn’t particularly like kata, but I worked on it, and at times, especially when I had no one to train with, it allowed me to have some good moments. One day, I decided to enter a karate competition. Given that I practiced a minor style, when I arrived, I had absolutely no idea what to expect.

Once I saw the other participants performing katas that were officially the same as those in my style, I realized they had nothing in common. Of course, I knew styles are different, that there are interpretations of stances, but here, the forms themselves were changing. So, I regularly spoke to my teachers, who said, « Yes, but in our school, this is how it is. »

And then, I met a grandmaster from our school. He himself, in the form he proposed during a seminar, did not use the same form that my school—and therefore his—had taught me. And when I asked one of his assistants, he said that he had taken up an older form.

Consequently, when I hear « Yes, but it’s traditional, » perhaps we should explain or say when the tradition began. 5 years ago, 10 years, 20 years, 50 years, 100 years? And if we are nagged about a finger or a leg angle, does it really matter, knowing that it’s an encyclopedia meant to eventually prepare us for combat phases and create automatisms?

Take what is good and right for you. Be One, Pank.

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #437 : Le meurtre du père

Nous vivons dans les arts martiaux un théâtre freudien. Les enfants des « pères » du dojo ne cherchent qu’à vaincre ces derniers, sans retenue, sans autre idée que de faire taper ou de faire abandonner. Je trouve cette perspective amusante.

Un dojo commence souvent de rien, puis l’enseignant partage ses connaissances, ses propres apprentissages en plus de ceux des générations passées. Dans cette transmission, particulièrement dans les styles d’opposition, il est celui qui motive et que l’on veut égaler, puis dépasser. Les maîtres offrent et forgent les armes qui vont les vaincre.

Oui, nous pouvons trouver cela sublime, mais quand on joue avec cette idée, c’est très animal. C’est le vieux lion qui, tôt ou tard, devra partir ou sera mortellement blessé. Bien sûr, l’intelligence humaine, ou sa manipulation, nous a amenés à créer des grades et des rituels que nous suivons.

Pour les anciens, il y a un respect pour ce qu’ils ont été, mais rarement pour ce qu’ils sont martialement à un moment T. On peut dire qu’à un moment, le combat est en soi, mais il ne reste que ce combat parce que les jeunes lions et lionnes, au moindre faux pas, pourraient remettre le vieux à sa place.

Oui, les anciens aiment à dire qu’ils arrivent encore à botter quelques derrières, mais pour combien de temps ? Non, l’âge ne nous rend pas meilleurs martialement, il nous affaiblit physiquement. Même si vous avez forgé un mental inébranlable, une clé ou un étranglement qui n’aura pas été défendu entraînera la fin de l’opposition physique.

Élever la descendance et pousser cette dernière à le tuer pour aller vers sa liberté, vers son énergie de vie… martiale.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #437: The Murder of the Father

In martial arts, we live in a Freudian theater. The children of the dojo’s « fathers » seek only to defeat them, without restraint, with no other idea than to make them tap out or give up. I find this perspective amusing.

A dojo often starts from nothing, then the instructor shares their knowledge and their own learning, in addition to that of past generations. In this transmission, particularly in opposition-based styles, they are the one who motivates and whom one wants to equal, then surpass. The masters offer and forge the very weapons that will defeat them.

Yes, we can find this sublime, but when you play with this idea, it’s very animalistic. It’s the old lion who, sooner or later, will have to leave or be mortally wounded. Of course, human intelligence, or its manipulation, has led us to create grades and rituals that we follow.

For the elders, there is respect for what they were, but rarely for what they are martially at a given moment. One can say that at some point the fight is within oneself, but only this fight remains because the young lions and lionesses, at the slightest misstep, could put the elder back in their place.

Yes, the elders like to say that they can still kick some butt, but for how long? No, age does not make us better martial artists; it weakens us physically. Even if you have forged an unshakable mindset, a joint lock or a choke that was not defended will lead to the end of the physical opposition.

To raise the offspring and push them to « kill » him to move towards their freedom, towards their martial life energy.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank