Réflexions martiales d’un Hypnofighter #614 : Au-delà des grades : La déconstruction du respect hiérarchique et la sociologie des structures martiales

Texte corrigé : Je ne suis pas une personne qui respecte les « autres ». L’individu quel qu’il soit, peu importe son titre et, pour nous dans les arts martiaux, son grade, n’a pas à obtenir de respect de facto. Je respecte par contre les cadres, et les règles qui y sont liés, donc le principe des senpai (et indirectement des grades, mais pas celui qui le porte automatiquement).

Pourquoi ? Parce que nous ne pouvons juger — je sais que ce mot n’est pas vraiment apprécié — qu’aux comportements et, dans notre monde, à ce qu’ils partagent en technique ou en combat. Du coup, il y a des personnes peu gradées que je respecte bien plus que des champions ou des shihan (à partir du 5e dan dans les arts japonais).

De plus, nous l’avons vu dans tous les styles, du karaté au BJJ : il y a les trahisons, les ruptures abruptes, voire une certaine fourberie qui peut se mettre en place dans de nombreuses écoles. Rappelez-vous du départ des grands de chez Carlson Gracie pour créer la BTT. Ce qui est fou, c’est que maintenant que Carlson est mort, ses anciens élèves, « créontes » si on reprend un mot du Maître, prennent leur ceinture coral en ne cessant de valoriser qu’ils sont des ceintures noires de Carlson, qu’il était génial, etc. Du respect à tout va envers un homme qu’ils ont salement abandonné.

Les arts martiaux qui prônent énormément le respect cherchent souvent plus la soumission à l’autorité que le respect, et beaucoup de pratiquants qui montrent un excès de respect sont parfois ceux qui vont facilement planter un couteau dans le dos de ceux qui les ont formés.

Je reste sur l’idée que le respect se gagne, mais il doit aussi se nourrir, parce qu’il peut diminuer ou à nouveau disparaître ; ce n’est pas un grade ou une position qui maintiendra un rapport juste et sincère entre les individus.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/

 Martial Reflections of an Hypnofighter #614: Beyond Ranks: The Deconstruction of Hierarchical Respect and the Sociology of Martial Structures

I am not someone who respects « others » blindly. An individual, whoever they may be, regardless of their title and—in our world of martial arts—their rank, is not inherently entitled to respect de facto. However, I respect frameworks and their associated rules, such as the principle of senpai (and indirectly ranks, though not necessarily the person wearing them automatically).

Why? Because we can only judge—I know this word is not particularly favored—based on behaviors and, in our discipline, what individuals share in technique or combat. Consequently, there are lower-ranked individuals whom I respect far more than champions or shihans (5th dan and above in Japanese arts).

Furthermore, as we have witnessed across all styles, from karate to BJJ, betrayals, abrupt breakups, and a certain degree of duplicity can emerge in many schools. Remember the departure of top practitioners from Carlson Gracie to establish BTT. What is astonishing is that now that Carlson has passed away, his former students— »creontes, » to borrow the Master’s term—receive their coral belts while continuously boasting about being Carlson’s black belts, how great he was, etc. Endless praise for a man they shabbily abandoned.

Martial arts schools that heavily preach respect often seek submission to authority rather than genuine respect, and many practitioners who display excessive deference are frequently the ones most likely to stab those who trained them in the back.

I maintain the view that respect must be earned, but it must also be nourished, because it can diminish or disappear entirely. No rank or position alone can sustain a fair and sincere relationship between individuals.

Take what is good and right for you. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #409 : Le Respect dans les Arts Martiaux

Ce texte explore la notion de respect dans les arts martiaux, distinguant le respect des codes et systèmes du respect interpersonnel. L'auteur, un "Hypnofighter", argumente que dans le contexte du dojo ou de la salle de combat, le respect n'est pas automatique mais se gagne par l'implication, la performance et la capacité à relever les défis, notamment face aux "anciens". Il souligne que l'expérience passée ne suffit pas toujours à imposer le respect sans une confrontation réelle ou une démonstration de valeur actuelle.

Il y a quelques jours, sur mes Instantanés, je parlais de respect. Surtout du respect des systèmes et des codes régissant les espaces communs. Mais une chose qui, pour moi, n’est pas automatique, c’est le respect de l’autre en tant qu’individu.

Cela peut ne pas correspondre à ce que nos arts martiaux nous inculquent. Cependant, dans le cadre encore plus précis de la salle ou du dojo, le respect s’impose ou se gagne.

Hier, en discutant de cela avec des champions de Muay Thaï et de MMA, et plus précisément sur le respect des jeunes (dans la notion de temps de pratique) vis-à-vis des anciens.

Pour moi, je comprends la notion de « non-considération » initiale. Oui, certains ont une vie au dojo, mais cela, à part parfois leur ceinture et leurs degrés, ne signifie rien pour des personnes qui évaluent le niveau aux combats.

Quand un « jeune » veut écraser un plus ancien, c’est à ce dernier de le remettre à sa place. Et s’il n’y parvient parfois pas, le simple fait d’avoir mené une bonne « guerre » impose un respect.

Respecter une personne pour son passé est socialement valide ; on me dit « cet homme a combattu là » ou « s’entraîne depuis 50 ans », je valide le récit, mais interpersonnellement, si ma chair ne ressent pas les faits, je peux m’abstenir de respecter.

De même, quand des jeunes commencent, je n’ai pas de respect pour l’individu au départ ; je suis neutre. C’est à lui, avec sa présence, son implication, son avancée, de me donner l’envie de le faire passer dans mes critères intérieurs au « badge de respect ».

Nous faisons des sports de force, les histoires et les « on-dit » n’ont pas leur place, et il est normal que les jeunes défient et surtout qu’ils nous battent tous. Laissant peut-être à leurs yeux une envie de respecter, ne serait-ce que pour l’opposition que l’ancien aura pu lui offrir…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #409: Respect

A few days ago, on my Snapshots, I was talking about respect. Especially about systems, the codes of common spaces. But one thing that for me is not automatic is respect for others as individuals.

This may not correspond to what our martial arts instill in us. However, in the even more specific context of the gym or dojo, respect is imposed or earned.

Yesterday, discussing this with Muay Thai and MMA champions, and more precisely about the respect of young people (in terms of practice time) towards elders.

For me, I understand the notion of initial « non-consideration. » Yes, some guys have a life at the dojo, but that, apart from sometimes their belt and degrees, means nothing to people who judge skill by combat.

When a « youngster » wants to crush an elder, it’s up to the latter to put him in his place. And if he sometimes fails, the mere fact of having waged a good « war » commands respect.

Respecting a person for their past is socially valid; I’m told « this man fought there » or « has been training for 50 years, » I validate the story, but interpersonally, if my gut doesn’t feel it in practice, I can refrain from respecting.

Similarly, when young people start, I don’t initially have respect for the individual; I am neutral. It’s up to them, with their presence, their involvement, their progress, to make me want to grant them the « respect badge » according to my internal criteria.

We practice strength sports; stories and hearsay have no place, and it’s normal for young people to challenge and, above all, for them to beat us all. Perhaps leaving in their eyes a desire to respect, if only for the opposition the elder may have offered them…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank