Réflexions martiales d’un Hypnofighter #611 : Quand faut-il donner des conseils ?

Quand nous nous entraînons dans des environnements tels que des stages ou le dojo d’été, nous croisons des tas de pratiquants, parfois de styles différents du nôtre, comme le judo ou le jiu-jitsu, mais à la fédération de karaté, on peut aussi bien côtoyer un karatéka qu’un spécialiste de viet vo dao. Nous ne connaissons pas leur niveau : la ceinture noire en judo ne donne pas d’indication spécifique, et nous le savons, ce n’est pas le nombre de dans qui est significatif du niveau.

J’ai pour habitude d’arborer toujours une ceinture blanche, ce qui me place dans une position où, parfois, mon partenaire me donne plein de conseils, que j’aime beaucoup écouter, quel que soit son niveau. Je pars en effet du principe qu’il existe une foultitude de facettes et de modes de compréhension des choses.

En revanche, j’évite de trop le faire, surtout avec les ceintures noires ou équivalents, qui me regardent, voient ma ceinture et, assez rarement, s’ouvrent au moindre échange.

Dès lors se pose la question : quand sommes-nous réellement dans cette entraide et cette prospérité mutuelle ? Je vous avais déjà fait la remarque au sujet des randoris, mais nous sommes ici dans une phase différente, celle de la technique, de l’apprentissage ou de l’amélioration des compétences. Tout ce que le uke peut partager comme idée est alors bon à prendre.

Seulement, beaucoup n’accepteraient pas une remarque émanant d’un uke qu’ils n’estiment pas à leur hauteur. C’est dommage, car d’après ce que je constate chez les plus grands de nos disciplines, ils sont les premiers à collecter des données auprès de n’importe qui pour progresser…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/


Martial Reflections of an Hypnofighter #611: When Should Advice Be Given?

When we train in environments such as seminars or a summer dojo, we encounter a wide variety of practitioners, sometimes from styles different from our own, such as judo or jiu-jitsu; within the karate federation itself, one might just as easily meet a karateka as a specialist in Viet Vo Dao. We do not know their actual skill level—a black belt in judo does not provide specific indications, and as we well know, the number of dan grades is not a definitive measure of proficiency.

I am accustomed to always wearing a white belt, which puts me in a position where my partner frequently offers me plenty of advice. I thoroughly enjoy listening to it, regardless of their level, because I operate on the principle that there is a multitude of facets and modes of understanding things.

Conversely, I tend to avoid doing the same, especially with black belts or their equivalents, who look at me, notice my belt, and rather rarely open themselves up to any exchange.

This raises the question: when are we truly participating in mutual aid and prosperity? I have previously remarked on this regarding randoris, but here we are in a different phase—one of technique, learning, or skill enhancement. Everything that the uke can share as an insight deserves consideration.

Yet, many people would not accept a remark from an uke whom they do not deem to be at their level. It is a pity because, from what I observe among the masters of our disciplines, they are the very first to gather data from anyone who can offer it in order to advance…

Take what is good and right for you. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #446 : Éducation physique et/ou compétition

Comme je vous en ai parlé dans une précédente réflexion, nos arts martiaux sont avant tout des systèmes d’éducation physique plus que des méthodes optimum de combat « de terrain ». La question qui se pose ensuite est de savoir si l’éducation physique et mentale de soi-même, dans l’objectif de s’améliorer par et pour soi-même, doit passer par la compétition avec l’autre.

Est-ce que nous ne passons pas d’une vision orientée vers soi à une vision orientée vers l’autre ? Cela peut nous sembler normal dans un monde où la compétition et le sport sont très sensiblement associés, et sont de plus une source de revenus divers. Mais n’entamons-nous pas une démarche qui peut nous abîmer plus que nous éduquer ?

Est-ce que la quête de dominer l’autre, de vouloir dépasser la compétence, l’éducation de l’autre, n’est pas une démarche qui peut nous faire oublier nous-mêmes et ce que nous cherchons en nous ? En PNL (Programmation Neuro-Linguistique), on parle régulièrement de référence interne ou externe. Quand une démarche interne se tourne vers l’externalisation, sommes-nous encore fidèles à l’intention de départ ?

Quand est-ce que le « Shiai » (la compétition) n’apporte plus ce qui peut nous offrir découverte et compréhension de soi, mais peut être un oubli de soi par un égo qui se surdéveloppe, ou des attentes des professeurs, des amis ou de la famille qui se ** substituent** à ce qui pourrait être soi ?

Trouver un équilibre, comme dans tous les domaines et particulièrement dans nos domaines martiaux, est une possibilité. Il est possible de s’ouvrir à cette idée en définissant ce que nous mettons derrière un objectif. Dire que l’on veut être champion de telle ou telle chose, très bien, mais avec quelle motivation interne ? Prouver que l’on est le meilleur, mais à qui ? Et est-ce que si je le sens en moi, je serai plus moi-même, plus apaisé, plus grandi, au-delà des différents buzz et de la nourriture sociale ?

Qu’apprenons-nous, ou que voulons-nous découvrir de nos expériences, et pourquoi parfois nous nous perdons avec des abandons de soi après la carrière compétitive ?

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #446: Physical Education and/or Competition

As I mentioned in a previous reflection, our martial arts are first and foremost physical education systems rather than optimal « field combat » methods. The subsequent question is whether the physical and mental education of oneself, with the goal of improving by and for oneself, must go through competition with others.

Are we shifting from a vision focused on the self to one focused on the other? This might seem normal in a world where competition and sport are closely associated and are also a source of various incomes. But are we embarking on an approach that could damage us more than educate us?

Is the quest to dominate others, to want to surpass the competence and education of others, an approach that might make us forget ourselves and what we are looking for within? In NLP (Neuro-Linguistic Programming), we frequently talk about internal or external reference. When an internal process shifts towards externalization, are we still faithful to the initial intention?

When does  » Shiai » (competition) cease to provide what can offer self-discovery and self-understanding, and instead become a self-forgetting driven by an overdeveloped ego, or the expectations of teachers, friends, or family that substitute for what the self truly seeks?

Finding a balance, as in all fields and particularly in our martial arts, is a possibility. It is possible to embrace this idea by defining what we place behind an objective. Saying you want to be a champion of this or that is fine, but with what internal motivation? Proving you are the best, but to whom? And if I feel it within myself, will I be more myself, more peaceful, more grown, beyond the various buzz and social nourishment?

What do we learn, or what do we want to discover from our experiences, and why do we sometimes lose ourselves through self-abandonment after a competitive career?

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank