
La perception du passé est biaisée. Nous le savons bien : nous ne retenons du passé que certains éléments et, de plus, nous les transformons. Dans les arts martiaux, il est assez fréquent d’entendre les plus anciens d’entre nous dire qu’« avant, c’était plus dur ». La question du « plus dur » est toujours complexe : plus dur par rapport à quoi ?
Et est-ce que c’était vraiment plus dur, quand, techniquement, le niveau était plus bas ? Le niveau aujourd’hui, dans les sports de combat, est tellement plus élevé qu’il y a 20, 30, 40 ou 50 ans, que dire que c’était plus dur avant n’a aucun sens. Certaines personnes ne passeraient même pas un premier tour de championnat de France aujourd’hui, alors qu’elles ont été championnes du monde il y a 40 ans.
Nous aimons dire : « C’était plus dur », « On avait plus mal », et toutes ces choses que l’on n’arrête pas d’entendre de la part des anciens. Avec, bien sûr, l’idée que les nouvelles générations s’entraînent moins. Pourtant, il y a beaucoup plus de pratiquants aujourd’hui que par le passé. Et donc, d’un point de vue simplement statistique, il y a automatiquement plus de personnes qui s’entraînent dur que le peu de personnes qui s’entraînaient par le passé. Ne pas prendre en compte le fait qu’il y a énormément de personnes à très haut niveau qui s’entraînent tellement dur qu’elles sortent aussi brisées, cassées, démolies de chacun de leurs entraînements, c’est mépriser ce qui se fait aujourd’hui.
De plus, comme je vous le disais au départ, les souvenirs, surtout en ce qui concerne la sensation physique et la douleur, sont des choses qui disparaissent assez rapidement de notre cerveau ou, en tout cas, sont réécrites et reconditionnées. Aujourd’hui, nous savons comment nous entraîner, et il y a encore de nombreuses évolutions. Dans le passé, il y avait des répétitions qui étaient approximatives. Nous ne pouvons pas dire que le judo des années 50 ou 60, qui avait en réalité à peine une cinquantaine d’années, était supérieur en termes d’entraînement à un judo où des millions et des millions de personnes sont passées et où des façons de s’entraîner se sont développées pendant tout ce siècle.
Remettre le passé à sa place et se rendre compte que c’était très dur pour ceux qui ont initié les choses et qui se sont plongés dans une réalité, est une chose. Mépriser le fait que la nouvelle génération et celle à venir s’entraînent dur est une chose insidieuse qui n’a pas vraiment de sens dans une voie martiale.
Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank.https://www.passioncombat.net/
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Martial Reflections of an Hypnofighter #532: The Myth of « It Was Harder Before » in Martial Arts
Perception of the past is biased. We know this well: we only retain certain elements of the past, and furthermore, we transform them. In martial arts, it is quite common to hear the older among us say that « before, it was harder. » The question of « harder » is always complex: harder compared to what?
And was it really harder, when, technically, the level was lower? The level today, in combat sports, is so much higher than 20, 30, 40, or 50 years ago, that saying it was harder before makes no sense. Some people wouldn’t even pass a first round of a French championship today, even though they were world champions 40 years ago.
We like to say: « It was harder, » « We were in more pain, » and all those things we keep hearing from the old-timers. With, of course, the idea that the new generations train less. However, there are many more practitioners today than in the past. And so, from a simply statistical point of view, there are automatically more people who train hard than the few people who trained in the past. To ignore the fact that there are tremendously many people at a very high level who train so hard that they also come out broken, fractured, demolished from each of their training sessions, is to despise what is done today.
Moreover, as I was telling you at the beginning, memories, especially regarding physical sensation and pain, are things that disappear quite quickly from our brain or, in any case, are rewritten and reconditioned. Today, we know how to train, and there are still many developments. In the past, there were repetitions that were approximate. We cannot say that judo of the 50s or 60s, which was really barely fifty years old, was superior in terms of training to a judo where millions and millions of people have passed and where ways of training have developed throughout this century.
To put the past back in its place and realize that it was very hard for those who initiated things and who plunged into a reality, is one thing. To despise the fact that the new generation and the one to come train hard is an insidious thing that doesn’t really make sense in a martial way
Take what is good and right for you.
Be One, Pank. http://www.passioncombat.net



