Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #589 : La Mondialisation des Arts Martiaux : De l’Ancrage Culturel à l’Hybridation Technique

Les arts martiaux ont-ils encore une nationalité ? Pour rebondir sur les propos du Shihan Sawada (JKA), j’ai particulièrement apprécié le fait qu’il mette en avant que les Japonais ne sont pas nécessairement meilleurs en karaté du simple fait de leur nationalité.

Il a mis en lumière l’influence de la culture japonaise sur la compréhension initiale du système du karaté. Cependant, cela n’empêche en rien l’existence d’experts d’autres pays possédant un niveau supérieur à celui de nombreux Japonais.

Ce phénomène a été observé il y a longtemps avec le judo. Certes, d’un point de vue sportif, les styles ont été modifiés par les différentes nations, à commencer par les Hollandais, puis les Français, ainsi que toutes les autres nations excellant dans cette discipline. Les Japonais ont d’ailleurs perdu leur mainmise pendant une période où ils n’étaient plus les leaders incontestés.

On constate la même dynamique dans le Muay-thaï, où les Thaïlandais ont parfois été battus par des Occidentaux – notamment des Néerlandais ou des Français – perdant ainsi des titres majeurs au sein de stades mythiques comme le Rajadamnern ou le Lumpinee.

Par conséquent, les arts martiaux ne restent pas strictement japonais ou brésiliens. Ils sont issus d’une culture spécifique, puis s’intègrent dans d’autres cultures, d’autres savoir-faire et d’autres manières de conceptualiser le combat. Cette appropriation culturelle engendre des évolutions distinctes, telles que le judo français, le Muay-thaï hollandais ou le Jiu-Jitsu brésilien américanisé. S’il convient de ne jamais renier l’origine et, si possible, de comprendre en profondeur la culture qui a initié le système, la forme finale pratiquée dans chaque pays demeure propre à ce dernier et à sa façon d’aborder l’affrontement.

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Reflections of an Hypnofighter #589:  The Globalization of Martial Arts: From Cultural Roots to Technical Hybridization

Do martial arts still retain a specific nationality? Echoing the insights shared by Shihan Sawada (JKA), I highly appreciated his emphasis on the fact that Japanese practitioners are not inherently superior in karate solely by virtue of being Japanese.

He highlighted how Japanese culture shapes the foundational understanding of the karate system. However, this in no way precludes foreign experts from achieving a technical proficiency that surpasses that of many Japanese practitioners.

This phenomenon was observed decades ago in judo. From a competitive standpoint, distinct styles were developed and adapted by various nations—initially by the Dutch, followed by the French, and subsequently by all nations that excel in this discipline. Consequently, the Japanese lost their absolute hegemony during a period when they were no longer the undisputed leaders.

A similar dynamic is evident in Muay Thai, where Thai fighters have occasionally been defeated by Westerners—specifically Dutch and French practitioners—even losing prestigious titles in historic arenas such as the Rajadamnern and Lumpinee stadiums.

Hence, martial arts cannot be rigidly categorized as exclusively Japanese or Brazilian. While they originate from a specific cultural matrix, they eventually integrate into other cultures, blending with distinct skill sets and alternative paradigms of combat. This cultural appropriation generates unique evolutions, giving rise to phenomena like French judo, Dutch Muay Thai, or Americanized Brazilian Jiu-Jitsu. While one must never dismiss the historical origins—and should ideally strive for a deep understanding of the culture that initiated the system—the structural form practiced within a given country ultimately reflects its own cultural framework and unique approach to combat.

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Papotage avec Lee Pascoe #12 : Son cheminement dans l’Hypnose / Mouvements Oculaires -EMDR

On papote avec Lee Pascoe de différents sujets au delà de la Méthode Silva dont elle a été directrice en France pendant plusieurs décennies.

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Réflexions de Pank / Instantané n°593 : La Maîtrise face à l’Illusion de la Nouveauté Technologique et Thérapeutique

L’attrait de la nouveauté. Je suis un technophile. J’aime tout ce qui est nouveau dans les technologies. Et je suis toujours intéressé par le milieu des arts martiaux comme par celui de l’hypnothérapie, parce que ce qui s’y fait est nouveau. Cependant, j’ai peut-être, grâce au fait d’avoir aimé les technologies, pris le parti de ne pas acheter nécessairement ce qui semble être la nouvelle révolution. J’aime attendre, lire, observer et comprendre en quoi cette technologie peut être vraiment intéressante.

C’est la même chose dans les arts martiaux. Par moments, notamment dans le Jujutsu, on va voir de nouveaux styles qui se mettent en place. Et avant de les pratiquer complètement, je vais regarder, étudier, afin de comprendre le processus. Et surtout : qui est la source ? Pourquoi cette technique a-t-elle été mise en place ? Avec quelle aptitude ? Dans quelle situation ?

C’est la même chose en hypnose. Quand il y a une nouveauté, ou en tout cas un repackaging de l’outil ou d’un processus qu’on connaissait déjà sous un autre nom, j’aime savoir qui, quand, comment et pourquoi.

Le problème qu’il y a, c’est que le marketing, l’envie de se montrer aux apprenants, aux clients, entraîne parfois l’idée qu’il faille constamment apporter de la fraîcheur, de la nouveauté. Quitte à proposer un ensemble d’éléments que nous ne maîtrisons pas, mais pour donner l’impression qu’on est dans une forme de recherche et développement qui, sur le terrain — que ce soit sur un tatami ou en cabinet —, n’aura que peu ou pas d’intérêt par rapport à notre jeu et notre façon de faire.

Prenons conscience de ce qui se développe. Développons également nos bases, nos structures fondamentales, pour éventuellement l’intégrer ou tout simplement l’observer.

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Pank’s Reflections / Snapshot #593 : Mastery in the Face of the Illusion of Technological and Therapeutic Novelty

The allure of novelty. I am a technophile. I love everything new in technology. And I am always interested in the field of martial arts, just as in hypnotherapy, because what is done there is new. However, perhaps due to having loved technology, I have made the choice not to necessarily buy what appears to be the new revolution. I like to wait, read, observe, and understand how this technology might be truly interesting.

It is the same within martial arts. At times, particularly in Jujutsu, new styles will emerge. Before practicing them fully, I will watch, study, in order to understand the process. And above all: who is the source? Why was this technique implemented? With what skill? In what situation?

It is the same in hypnosis. When there is a novelty, or at least a repackaging of a tool or a process that we already knew under another name, I like to know who, when, how, and why.

The problem is that marketing—the desire to show off to learners or clients—sometimes drives the idea that one must constantly bring freshness and novelty. Even if it means proposing a set of elements that we do not master, but rather to give the impression that we are in a form of research and development which, on the field—whether on a tatami or in a clinical practice—will have little or no interest relative to our game and our way of working.

Let us be aware of what is developing. Let us also develop our bases, our fundamental structures, to eventually integrate it or simply observe it.

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Papotage avec Lee Pascoe #11 : Son cheminement dans l’Hypnose / L’EFT

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #588 : Le karaté japonais

Hier, j’écoutais une interview très pertinente d’un sensei de la JKA, le professeur Lesage. Je ne sais pas pour vous, mais, depuis que je suis gamin, pour moi, la JKA demeure en marge, comme un groupement dont la philosophie est assez coupée des autres fédérations et dont je ne croise que très rarement les adhérents en stage.

Le professeur Lesage partage son parcours et ses vingt années d’enseignement à la JKA au pays du Soleil-Levant. J’ai beaucoup apprécié sa précision lorsqu’il distingue le karaté japonais du karaté okinawaïen. Le système nippon n’épouse pas la vision okinawaïenne. La philosophie, voire la notion même de Budo, est-elle réellement présente dans la culture okinawaïenne ?

Si ces îles font certes partie du Japon, c’est après une annexion historique, et on pourrait les comparer, dans une certaine mesure, à la Corse. Une manière d’appréhender les arts martiaux très différente de celle des îles principales. La JKA est la première forme qui s’est muée dans une philosophie nippone. Souvenez-vous que Gichin Funakoshi était okinawaïen.

Il est vrai que dans les modes d’entraînement et la façon d’aborder la philosophie du karaté, il existe des oppositions. Je pense souvent au renforcement, que ce soit en JKA ou en Kyokushin ; c’est toujours dans le « dur », souvent de façon exagérée, comme si l’esprit de Yoshitaka Funakoshi ou de Masutatsu Oyama y persistait, dans une quête de puissance rapide.

À Okinawa, avec les outils et la manière d’aborder le renforcement, notamment en Goju-Ryu ou en Uechi-Ryu, on observe une progression, un apprentissage orienté vers un bénéfice à long terme.

Souvenez-vous qu’il existe deux mondes distincts dans le karaté, et, comme le partageait le sensei Lesage, il existe aujourd’hui une multitude de façons de parcourir la « voie du poing » à travers le monde.

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Reflections of an Hypnofighter #588: Japanese Karate

Yesterday, I listened to a very insightful interview with a JKA sensei, Professor Lesage. I do not know about you, but since I was a child, the JKA has always seemed peripheral to me—a group whose philosophy is relatively disconnected from other federations, and whose members I rarely encounter at seminars.

Professor Lesage shares his background and his twenty years of teaching for the JKA in the Land of the Rising Sun. I appreciated his precision in distinguishing « Japanese Karate » from Okinawan traditions. The Japanese system does not embody the Okinawan vision. Is the philosophy, or even the very concept of Budo, truly inherent in Okinawan culture?

While these islands are part of Japan, their integration followed a historical annexation, and one might compare them, to some extent, to Corsica—a way of approaching life that differs significantly from that of the main islands. The JKA was the first organization to adapt into a strictly « Nippon » philosophy. Recall that Gichin Funakoshi was Okinawan.

It is true that in training methods and the approach to karate philosophy, there are fundamental oppositions. I often think of conditioning—whether in JKA or Kyokushin—which is consistently performed « the hard way, » often excessively, as if the spirit of Yoshitaka Funakoshi or Masutatsu Oyama remains, striving for rapid strength.

In Okinawa, through the tools and methods used for conditioning, particularly in Goju-Ryu or Uechi-Ryu, one observes a progression—a learning process oriented toward long-term benefits.

Remember that there are two distinct worlds within karate. As Sensei Lesage shared, there are now a multitude of ways to follow the « Way of the Fist » across the globe.

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Hypnosophie #1363 : Bonheur ou satisfaction ? Deux chemins différents pour remplir sa vie.

Je suis de ceux qui ne cherche pas le bonheur. Je suis plutôt dans une perception que ce n’est pas le monde ou les circonstances qui nourrissent mon monde intérieur mais un effort pour aller trouver des éléments satisfaisants pour avancer un jour à la fois.

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Réflexions de Pank / Instantané n°592 De la pensée créatrice à la discipline de la perception : la puissance adaptative de la croyance

C’est complexe les croyances, non ? Je me rends bien compte que la croyance peut donner à nos vies des saveurs complètement différentes et même un sens qui pourra nous permettre de conclure si, oui ou non, nous avons vécu une vie satisfaisante.

Je ne sais pas si c’est propre à notre ère ou si c’était déjà le cas dans les temps anciens, comme en Égypte ou en Grèce antique avec les mythologies, mais cette envie de super-pouvoir ressemble à un besoin profond de se dire que nous pouvons avoir une emprise sur la vie, le monde et notre futur.

Nous sommes bercés par cette idée que nous pourrions, dans notre unité, modifier et transformer un monde complexe par la simple pensée. Cette croyance créatrice est aujourd’hui pour moi une sorte de danger — le mot est un peu fort, mais c’est un élément qui peut vraiment apporter bien plus de souffrances que de bonheurs.

Je lui préfère sa nuance : la puissance de sa croyance qui, parfois très consciemment, nous donne la capacité de voir les choses autrement, de se focaliser sur des facettes du monde et sur nos réponses aux situations qui ouvriraient à un état « positif » pour soi.

Le pouvoir naîtrait de sa décision de voir le monde autrement par une croyance sélectionnée — qui reste une création —, non pas dans une compensation de toute-puissance, mais dans la mise en place d’une discipline de la perception…

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Pank’s Reflections / Snapshot #592 : From Creative Thought to Perceptual Discipline: The Adaptive Power of Belief

Beliefs are complex, aren’t they? I am fully aware that belief can impart completely different flavors to our lives, and even a sense of meaning that allows us to determine whether or not we have lived a fulfilling life.

I do not know if this is unique to our contemporary era or if it was already the case in ancient times—such as in ancient Egypt or Greece with their mythologies—but this longing for superpowers resembles a profound need to reassure ourselves that we can exert power over life, the world, and our future.

We are immersed in the notion that we, as individuals, could modify and transform a complex world through mere thought. Today, I view this « creative belief » as a kind of danger—perhaps an exaggerated term, yet it is an element that can ultimately engender far more suffering than happiness.

I prefer its nuance: the inherent power of one’s belief which, sometimes quite consciously, grants us the capacity to perceive things differently, to focus on specific facets of the world and on our responses to situations that foster a « positive » internal state.

Power would thus stem from the decision to view the world differently through a deliberately selected belief—which remains a creation—not as a compensatory mechanism for omnipotence, but as the establishment of a discipline of perception…

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Hypnosophie #1362 / Réflexions sur les croyances #21 : Nuance entre croyance filtre et création

Dans les croyances, nous avons celles qui impactent la perception des choses et les comportements qui s’en suivent, et la croyance toute puissante comme il y a en New thought qui vend l’idée que le monde se plie à notre intention.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #587 : La Voie du Zendokai : Réhabilitation Thérapeutique par l’Âpreté du Budo

Il y a quelques années, quand je pratiquais le Daido Juku avec Sonny, j’ai entendu parler d’une école issue du style d’Azuma : le Zendokai. D’après ce que j’ai lu, il y a eu une rupture liée à l’orientation que prenait le Daido en devenant un style à part entière, le Kudo.

Cette prise de distance avec le karaté traditionnel laisse imaginer de nombreuses dynamiques internes que nous ne connaissons pas entre Azuma Shihan et Ozawa Sensei. Outre la facette spécifique d’appréhender le combat libre dans le Zendokai, il y a une chose que je trouve géniale dans ce style : la volonté d’utiliser le Budo comme une voie de réintégration pour les populations en marge ou en rupture sociale.

En 2006, Ozawa fonde la Dhyana International School, une structure éducative qui met en avant la vie en communauté et les arts martiaux. Les jeunes sont envoyés dans des centres ouverts dans des pays comme la Thaïlande ou les Philippines. Le fait d’être privés de leurs repères habituels et de devoir apprendre à revivre en communauté offre déjà une cartographie cognitive et relationnelle nouvelle à chacun.

De plus, le karaté dur, imposé quotidiennement, permet une corporalisation de sa souffrance, une expression de cette dernière et, petit à petit, une libération. Dans l’esprit typiquement nippon, des travaux communautaires — dont l’agriculture — sont intégrés pour réapprendre l’importance du temps et du rythme naturel. Dès lors, tout le monde devient un élément clé de la vie commune.

Le programme intègre également des Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) pour apporter une avancée thérapeutique, ainsi que le système de mentorat que nous connaissons bien dans les arts martiaux japonais.

Je trouve ce projet excellent. C’est aujourd’hui un chemin qui a du sens : combattre les maux de l’esprit par l’âpreté du Budo.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #588 :  The Zendokai Way: Therapeutic Rehabilitation Through the Rigor of Budo

A few years ago, while practicing Daido Juku with Sonny, I came across a school derived from Azuma’s style: Zendokai. According to my readings, a schism occurred regarding the strategic direction of Daido as it evolved into a fully autonomous style, Kudo.

This distancing from traditional Karate implies complex insider dynamics between Azuma Shihan and Ozawa Sensei that remain largely unknown to outsiders. Beyond the specific methodology of conceptualizing free sparring (Jiu Kumite) within Zendokai, there is a core element I find remarkable in this style: the deliberate utilization of Budo as a vector for reintegrating marginalized or deviant populations.

In 2006, Ozawa founded the Dhyana International School, an educational framework emphasizing communal living and martial arts. Youth are deployed to open centers in countries such as Thailand or the Philippines. Being stripped of their familiar environmental cues and forced to navigate communal living immediately restructures each individual’s cognitive and behavioral mapping.

Furthermore, the rigorous, daily imposition of hard Karate facilitates the embodiment of psychological suffering, providing a somatic outlet for trauma that gradually leads to catharsis. In alignment with traditional Japanese philosophy, communal labor—including agriculture—is mandated to instill a revaluation of temporal rhythms. Consequently, every individual functions as a critical component of collective survival and daily operations.

The protocol also incorporates Cognitive Behavioral Therapy (CBT) to ensure structured clinical progress, alongside the traditional mentorship systems (Senpai/Kohai) inherent to Japanese martial arts.

I consider this project outstanding. It represents a profoundly meaningful paradigm: confronting psychological and behavioral pathologies through the sheer rigor of Budo.

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