
Les sports de combat comme les arts martiaux traumatisent le corps, même s’ils peuvent aussi très souvent le renforcer. Il est amusant d’écouter les pratiquants qui ont plusieurs décennies de pratique sur les tatamis, dans les dojos. La grande majorité ne marche plus forcément très légèrement ou ne se tient pas tout à fait droite, et ne parvient plus à effectuer des mouvements qui pourraient paraître anodins sans une tension, voire une douleur.
Pourtant, ils ne se plaignent que rarement, simplement parce que depuis des décennies, parfois depuis l’enfance ou l’adolescence, ils vivent dans la douleur avec leur corps. Entre les frappes qui ont abîmé les tissus, les clés tirées parfois jusqu’à la rupture des ligaments, l’usure des répétitions incessantes, avec des genoux, des coudes, des épaules ou des dos qui envoient des rappels toute la journée et même la nuit, les anciens sont quand même dans un drôle d’état.
Mais attention, il y a un consensus : tout le monde sait que c’est normal. Comme lorsque des rugbymen nous parlent, nous savons qu’il y a des maux dans tout le corps, mais c’est aussi devenu une homéostasie. Je me souviens du COVID où beaucoup avaient arrêté de s’entraîner ; le retour qu’ils me donnaient était : « C’est tellement bizarre de ne plus avoir mal et de dormir sans chercher une posture qui calme. »
Il y a une forme de masochisme dans nos pratiques, et pourtant, nous n’y pensons quasiment pas, à ces douleurs. C’est comme la souplesse : vous allez faire ce que vous avez à faire avec les contraintes qui sont là, sans vous dire « Et si seulement… j’étais plus souple ».
Les arts martiaux rendent plus fort qu’on ne pourrait le croire, non pas en combat, mais dans notre capacité à gérer la douleur et à faire avec dans notre quotidien.
Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/
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Martial Reflections of a Hypnofighter #632: Living in Pain
Combat sports and martial arts inflict trauma upon the physical body, even if they frequently serve to strengthen it. It is telling to observe practitioners with decades of experience on the tatami and within the dojo. The vast majority no longer walk with lightness or posture themselves entirely upright; they are unable to execute seemingly trivial movements without encountering mechanical tension or explicit pain.
Yet, they seldom complain, simply because for decades—sometimes since childhood or adolescence—they have coexisted with bodily pain. Between strikes that have damaged soft tissue, joint locks applied to the point of ligamentous rupture, and the cumulative microtrauma of relentless repetition—yielding knees, elbows, shoulders, or spines that signal distress continuously throughout the day and night—seasoned practitioners inhabit a remarkably compromised physical state.
However, a cultural consensus exists: this status quo is accepted as normal. Similar to the lived experiences recounted by rugby players, there is mutual acknowledgment of widespread somatic pain, which ultimately establishes a new physiological and psychological homeostasis. During the COVID-19 lockdowns, when many were forced to halt training, a frequent observation emerged: « It feels surreal to no longer experience pain, and to sleep without searching for a position to alleviate discomfort. »
A degree of functional masochism permeates these practices, yet practitioners rarely dwell on these chronic pains. Much like flexibility, one operates within existing structural constraints without engaging in counterfactual speculation (« If only I were more flexible »).
Martial arts foster resilience to a greater extent than commonly perceived—not merely through combat efficiency, but through the enhanced capacity to modulate pain perception and navigate physical limitations within daily life.
Take what is good and right for you. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/



