C’est assez amusant : il y a peu de temps, un jeune influenceur TikTok s’est amusé à rencontrer un Sensei d’Aïkido. Il a été un peu perturbé par le principe même de la discipline qui, contrairement au Jiu-Jitsu Brésilien ou à d’autres systèmes, ne repose pas sur l’opposition. À la fin de son interview, j’ai trouvé le Sensei particulièrement lucide en soulignant le fait qu’aujourd’hui, quasiment plus aucun jeune ne pratique l’Aïkido. Léo Tamaki l’avait déjà mentionné : il existe un risque que l’Aïkido s’endorme, voire disparaisse.
Ce qui m’étonne, c’est qu’à l’époque de Jigoro Kano comme de Morihei Ueshiba, l’Aïkido était surnommé le « Dojo de l’Enfer » pour ce qu’il représentait. Beaucoup de judokas, des combattants aguerris, allaient s’y entraîner. Je pense régulièrement à Kenji Tomiki, qui s’est entraîné avec Ueshiba et considérait ces entraînements comme hautement qualitatifs. Pour des experts atteignant le 6e, 7e ou 8e Dan de Judo, réaliser que l’Aïkido était dangereux, complexe, et qu’il neutralisait même une partie de leur Judo, démontrait une forme martiale fascinante.
Nous avons également vu Gozo Shioda, du Yoshinkan, mettre en avant un ensemble de techniques particulièrement intéressantes, bien que son système soit plus proche de la lutte ou du Judo que de l’Aïkido de fin de vie d’Ueshiba. On sait que ce dernier a traversé plusieurs phases : un Aïkido limite mystique sur la fin, et un Aïkido de guerre, beaucoup plus dur, à ses débuts. Pourtant, même en regardant le Daito-ryu, on constate que l’efficacité est difficile à évaluer car il n’y a pas de randori (combat libre) ni de phase d’opposition, contrairement à ce qu’a créé Kano pour le Judo.
L’Aïkido possède des aspects martiaux intéressants. Cependant, l’absence de randori (hormis dans le style Tomiki) fait peser aujourd’hui un risque majeur : celui que cette pratique s’étiole et finisse par s’endormir définitivement. »
Martial Reflections of a Hypnofighter #562: Aikido at a Crossroads: Martial Heritage and the Risk of Obsolescence
It is quite intriguing: recently, a young TikToker met with an Aikido Sensei. He was somewhat unsettled by the core principle of the discipline which, unlike Brazilian Jiu-Jitsu or other systems, is not based on direct opposition. By the end of the interview, I found the Sensei remarkably lucid in pointing out that today, almost no young people practice Aikido anymore. Leo Tamaki had already noted this: there is a risk that Aikido may fall into a slumber, or even fade away.
What surprises me is that during the eras of Jigoro Kano and Morihei Ueshiba, the practice was known as the ‘Hell Dojo’ because of its intensity. Many judokas, seasoned fighters, went there to train. I often think of Kenji Tomiki, who studied under Ueshiba and considered the training to be of the highest quality. For experts reaching the 6th, 7th, or 8th Dan in Judo, realizing that Aikido was dangerous, complex, and capable of neutralizing parts of their own Judo, proved it was a formidable martial form.
We also saw Gozo Shioda of the Yoshinkan school highlight a set of techniques that were highly effective, though his system resembled wrestling or Judo more closely than the Aikido Ueshiba practiced toward the end of his life. It is well known that Ueshiba went through several phases: a near-mystical Aikido at the end, and a much harsher ‘war-time’ Aikido in his earlier years. Yet, even when examining Daito-ryu, one finds that combat effectiveness is difficult to quantify due to the lack of randori (free sparring) and live opposition—the very elements Kano integrated into Judo.
Aikido possesses compelling martial aspects. However, without randori (except in the Tomiki style), there is a significant risk today that the practice will slowly stagnate and eventually go dormant. »
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Avec le match de Khamzat contre Strickland, on a pu observer ce que la rencontre précédente entre Van et Taira montrait également : les grapplers éprouvent davantage de difficultés sur les formats en 5 rounds. Il est admis par tout pratiquant de MMA que les phases de lutte, surtout face à un opposant doté d’un bon anti-grappling, entraînent une dépense énergétique colossale.
Pour cette raison, on observe (outre les nouvelles primes de performance motivant le KO) un MMA de plus en plus axé sur la boxe. Cela m’a poussé à reconsidérer les formats de grappling actuels : qu’il s’agisse de l’IBJJF avec un maximum de 10 minutes ou de l’ADCC qui va jusqu’à 20 minutes, ces formats restent souvent peu actifs. De mémoire, on estime à environ 3 minutes l’action réelle sur les 10 minutes d’un combat en ceinture noire IBJJF.
Historiquement, le Catch Wrestling (la lutte olympique qui, jusqu’en 1936, s’apparentait au catch) pouvait proposer des combats d’une heure, voire de plusieurs heures. Les experts de Scientific Grappling ont relancé un modèle en Sub Only / Tombé (2 tombés), sans limite de temps. Dans ce cadre, les combattants s’avèrent ultra-actifs. Les anciens matchs de Jiu-Jitsu, Judo, Lutte et Catch d’avant les années 50 au Brésil partaient sur des formats d’une heure avec des rounds de 10 minutes (bien que les archives indiquent qu’ils étaient rarement stimulants).
Ma question est la suivante : le format de combat lutté, jugé trop court par les règles des différentes fédérations (Judo et Lutte incluses), ne constitue-t-il pas une base défavorable pour les matchs en 5 rounds ? Ne faudrait-il pas que certaines organisations rétablissent des matchs « longs » afin de mieux préparer les futurs combattants de MMA ?
Martial Reflections of a Hypnofighter #561: Are Long MMA Fights More Challenging for Grapplers?
The match between Khamzat and Strickland, much like the previous encounter between Van and Taira, demonstrated that grapplers face significantly greater difficulties during 5-round bouts. It is a well-known axiom among MMA practitioners that wrestling phases—especially against an opponent with effective anti-grappling skills—induce a massive energy expenditure.
Consequently, we are witnessing (beyond the influence of performance bonuses incentivizing KOs) an increasing shift toward boxing-centric MMA. This led me to reflect on contemporary grappling formats: whether it is the IBJJF with its 10-minute limit or the ADCC reaching 20 minutes, both are often characterized by low activity levels. Research suggests that in a 10-minute IBJJF black belt match, there are only about 3 minutes of actual high-intensity action.
Historically, Catch Wrestling (Olympic wrestling was essentially catch until 1936) could last for one or several hours. The « Scientific Grappling » community has revived a « Sub Only » / Fall (best of 2 falls) model with unlimited time, where competitors remain exceptionally active. Archives of Jiu-Jitsu, Judo, Wrestling, and Catch matches in pre-1950s Brazil show hour-long formats with 10-minute rounds, though they were reportedly seldom engaging.
My question is: does the current short-duration format imposed by various federations (including Judo and Wrestling) create a disadvantageous foundation for 5-round MMA matches? Should certain organizations reintroduce « long-form » matches to better prepare future MMA athletes?
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Les révolutions sont rares, et nous ne le savons que trop : la plupart du temps, elles sont mises en place par des individus disposant déjà d’une influence, utilisant la masse pour servir leurs intentions. Nous l’observons avec la Révolution de 1789. Il existe peut-être une nuance avec la révolution industrielle ou technologique, qui bouscule les anciens processus car l’apport constitue un véritable changement de paradigme.
Dans le monde de l’accompagnement et du développement personnel, il n’y a pas de révolution ; il y a des tendances, des oppositions, des séparations, mais rien ne bouge véritablement. Beaucoup se plaisaient à dire que les neurosciences allaient révolutionner l’aide à la santé mentale, mais elles n’offrent pas plus de leviers cliniques que ce qu’ont pu apporter des disciplines comme la TCC (Thérapies Cognitivo-Comportementales), l’hypnose ou la PNL (Programmation Neuro-Linguistique).
Sur le terrain, la révolution n’est pas une vague qui change tout ; c’est éventuellement l’influence d’un style qui se diffuse, comme nous l’avons vu avec l’hypnose ou la mindfulness (pleine conscience). Le tapping a connu son heure de gloire avant de disparaître rapidement. Il ne faut pas chercher de révolution, mais peut-être raffiner et réinterpréter l’existant pour répondre à des problématiques niées pendant des années, voire des décennies.
Attendre une révolution, quel que soit le domaine, revient systématiquement à se figer dans l’attente, passant ainsi à côté non pas d’un renversement du jeu, mais de la possibilité d’y semer une graine capable d’éveiller certaines consciences.
Pank’s Reflections / Snapshot n°565 The Myth of Disruption: Systemic Inertia and the Revolutionary Illusion in Coaching
Revolutions are rare, and we know this all too well: most of the time, they are orchestrated by individuals who already wield influence, utilizing the masses to fulfill their own agendas. We see this with the French Revolution of 1789. A nuance may exist regarding industrial or technological revolutions, which dismantle legacy processes because they introduce a genuine paradigm shift.
In the realm of coaching and personal development, there is no revolution; there are trends, oppositions, and fragmentations, but nothing truly shifts. Many enjoyed claiming that neuroscience would revolutionize mental health support, yet it provides no more clinical leverage than established disciplines such as CBT (Cognitive Behavioral Therapy), Hypnosis, or NLP (Neuro-Linguistic Programming).
On the ground, a revolution is not a wave that transforms everything; it is, at most, the influence of a style that permeates the field—as seen with hypnosis or mindfulness. Tapping emerged momentarily before rapidly fading. One should not seek a revolution, but rather refine and reinterpret existing methods to address issues that may have been neglected for years or even decades.
Waiting for a revolution, regardless of the field, systematically leads to becoming increasingly stagnant. In doing so, one misses out—not on a total upheaval of the game, but on the opportunity to plant a seed that could awaken individual consciousness.
En Hypnose Analytico-Provocatrice (HAP) est un outil qui offre la possibilité de chercher le déséquilibre des pathos pour mieux les faire sculpter dans l’écosystème du partenaire de session.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Dans n’importe quel apprentissage, nous disposons de plusieurs façons d’absorber les connaissances. Pour ma part, je préfère ne pas exécuter parfaitement ce qui est répété afin de ressentir, puis de prendre le temps de recomposer avec ce que j’ai acquis. Certains sont capables de réaliser un « copier-coller » de ce qui doit être fait.
Dans ma méthode d’apprentissage, la difficulté réside dans le fait que je dois constamment resculpter mes acquis à la lumière de mes nouvelles sensations et de ma compréhension physique ou psychique du système que je pratique. Ce n’est que lorsque j’ai l’intuition de toucher un concept entendu et lu depuis longtemps, mais que ma pratique ne validait pas encore, que je me retrouve à ressentir ce qui a été enseigné par les générations passées.
Je suis alors obligé de briser une partie de ce que je sculptais pour y intégrer cet élément nouveau. Si ce moment est amusant et stimulant, il est aussi physiquement épuisant. C’est un peu le principe de la rééducation, à ceci près qu’elle n’est pas « nécessaire », car le processus actuel est fonctionnel.
Cependant, celui-ci semble désormais incomplet, moins juste. L’envie de mettre en place cette nouvelle logique ouvre un territoire que l’on a envie d’explorer. Mais, à l’instar de l’ascension d’un sommet, mon corps doit pour le moment subir le manque d’oxygène avant de s’y habituer…
Martial Reflections of an Hypnofighter #560: Cognitive and Motor Deconstruction: The Paradox of Foundational Restructuring
In any learning process, there are various ways to internalize knowledge. For my part, I prefer to intentionally forgo perfect execution during repetition to prioritize « feeling, » subsequently taking the time to recompose based on acquired insights. Some individuals are capable of a « copy-paste » approach to prescribed movements.
In my pedagogical method, the challenge lies in the constant need to reshape my skills according to new sensory data and a deeper physical or psychic understanding of the system I practice. It is only when I intuitively grasp a concept I have long heard or read about—but which my practice had yet to validate—that I truly experience the teachings of past generations.
I am then forced to dismantle part of my current framework to integrate this new element. While this phase is engaging and stimulating, it is physically exhausting. It mirrors the principles of rehabilitation, except that it is not strictly « necessary, » as the existing process remains functional.
However, the current state now feels incomplete or less accurate. The drive to implement this new logic opens an exploratory territory. Much like climbing a peak, my body must endure the lack of oxygen before finally acclimating.
La convention m’a donné cette sensation d’un fossé à franchir entre deux mondes qui n’abordent pas l’hypnose de la même façon, simplement parce que les besoins et son utilisation sont différentes.
Vous le savez, notamment avec mon concept de « CONDOR », le cadre est essentiellement là pour comprendre quel jeu peut être joué. Nous ne le savons que trop bien : dans les interactions sociales, nous sommes souvent confus concernant les modalités d’interaction.
Une fois que vous avez défini, ou mieux, que vous avez pu poser un cadre, vous vous situez, a minima, dans un échange qui pourra être recadré s’il ne répond pas à certains critères. Cela évite parfois les tensions ou, plus précisément, permet de ne pas se retrouver dans des situations qui semblent complètement décorrélées de l’intention initiale.
Poser son cadre peut être simple : il s’agit d’énoncer le thème et l’intention de départ de votre venue ou de votre discussion. Sans être pesant, vous exposez simplement ce qui sera, pour vous, le centre de l’interaction. Vous pouvez alors décliner d’autres thématiques ou orientations qui ne correspondent pas à votre idée, voire mettre fin à l’échange si celui-ci ne répond plus à vos attentes.
Poser son cadre est parfois plus simple qu’on ne le pense. Si certains n’y adhèrent pas, il est utile d’évaluer si vous avez l’énergie nécessaire pour négocier ou non. Il ne s’agit pas d’une lutte de pouvoir, mais d’un respect de ce que vous êtes et de ce que vous souhaitez à un instant T. Parfois, l’environnement ne s’y prête pas ; vous pouvez alors stopper l’échange ou rester dans votre « bulle », une sorte de dissociation visant à éviter tout conflit inutile.
Pank’s Reflections / Snapshot n°564: The Architecture of Relational Frameworks: A Vector for Stability and Cognitive Preservation
As established through the « CONDOR » concept, a framework primarily serves to identify the « rules of the game » being played. It is well-documented that social interactions often involve ambiguity regarding behavioral expectations.
Once a framework is defined—or more effectively, established—you position yourself within an exchange that allows for recalibration should specific criteria fail to be met. This preempts tension and prevents alignment drift, where the situation deviates significantly from the original intent.
Establishing a framework can be straightforward: it involves stating the primary theme and the initial intent of your presence or discussion. By clearly defining the core of the interaction, you gain the agency to decline alternative themes or shifts that do not align with your objectives, or even to terminate the engagement if it no longer meets your expectations.
Defining boundaries is often simpler than perceived. If others do not adhere to them, it becomes necessary to evaluate whether you possess the cognitive energy to negotiate. This is not a power struggle; it is a manifestation of self-respect regarding your state and desires at a given moment. If the environment is unresponsive, withdrawing or utilizing a form of strategic dissociation can be an effective method to avoid conflict.