On papote avec Lee Pascoe de différents sujets au delà de la Méthode Silva dont elle a été directrice en France pendant plusieurs décennies.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
J’aime la rentrée parce que c’est un moment de reprise et une possibilité de mettre en place différentes orientations qui ne seront sûrement pas perceptibles pour les élèves, mais qui ont le mérite de stimuler le professeur que je suis. Chaque année, je teste des choses, que ce soit dans mon enseignement ou parfois dans le format de mes cours.
Il est difficile de trouver ce qui peut être le mieux pour l’apprentissage des élèves. Il y a aussi tous les retours des saisons passées qui donnent une idée de ce qui peut être amélioré : des façons d’aborder un système technique, une façon de s’adapter dans certains cas. Pour moi, le dojo est un lieu de recherche et de dépassement de certains blocages.
L’idée de libération avec le paradoxe d’un cadre très militaire. Je reste pour le moment dans l’idée que c’est dans un cadre et dans des limites que, paradoxalement, nous pouvons nous libérer. Et le dojo est exactement cela : nous n’avons pas forcément de « droits » classiques comme dans les autres blocs de notre vie, et pourtant, parce que tout le monde suit les mêmes règles, il y a une tranquillité de pratique.
Cette saison, j’aimerais ajouter un principe de conseil entre partenaires à la fin des sparrings, mais le souci c’est que c’est aussi une porte pour perdre sa focalisation et prendre plus de temps que ce que je compte octroyer à cet exercice. Un randori doit donner des retours de la part du partenaire (qui est là pour nous faire progresser comme pour avancer lui-même). Sur la minute pour changer et se remettre en tenue, je voudrais 30 secondes pour un échange afin de donner 1 ou 2 points à améliorer de la part de son partenaire.
L’entraide, la vision commune est un point qui me semble être un levier de progression qui peut changer beaucoup dans l’apprentissage des apprenants.
Martial Reflections of an Hypnofighter #618: Seasonal Vision in Martial Arts: Liberation Through Structure and Peer Learning
I enjoy the start of the new season because it represents a time of resumption and an opportunity to implement various directions. Although these changes will likely go unnoticed by the students, they serve to stimulate the instructor in me. Each year, I experiment with new elements, whether in my instructional methodology or in the formatting of my classes.
Determining the optimal approach for student learning remains challenging. Constructive feedback from past seasons provides valuable insights into potential areas for improvement, such as alternative methods for introducing technical systems or strategies for adapting to specific contexts. To me, the dojo is a locus for empirical research and overcoming psychological or physical hurdles.
There exists a paradoxical concept of liberation within a highly structured, quasi-military framework. I maintain the view that true freedom is attainable precisely within defined parameters and boundaries. The dojo exemplifies this: while practitioners do not retain conventional civil rights as in other domains of life, the shared adherence to uniform rules fosters a serene and secure environment for practice.
This season, I intend to introduce a peer-feedback mechanism immediately following sparring sessions. However, the potential drawback lies in the risk of losing focus and exceeding the allocated time frame. A randori should yield immediate constructive feedback from one’s partner—who acts as a mutual agent of progression. Within the one-minute transition period reserved for resetting equipment, I aim to dedicate 30 seconds to a focused exchange, allowing partners to provide one or two actionable recommendations.
Mutual assistance and a shared vision constitute powerful levers of progression that can significantly transform the learning trajectory of students.
On papote avec Lee Pascoe de différents sujets au delà de la Méthode Silva dont elle a été directrice en France pendant plusieurs décennies.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Nous hallucinons, je vous le partageais encore dans la capsule de ce matin, et nous ne pouvons pas faire grand-chose à cela. J’aime écouter les sceptiques qui, parfois un peu maladroitement, recadrent les personnes qui vivent dans leurs hallucinations. Ils ont une intention assez juste, celle de montrer le consensus autour du réel.
Nous savons que c’est une mission complexe mais, comme le partageait Étienne Klein, il y a certes la science qui ose se remettre en question, mais la science qui a été prouvée n’est plus à questionner. Seulement, les hallucinations, elles, ont peu de cas à faire du fait qu’elles existent et qu’elles « matrisent » notre perception… elles n’en ont cure.
Nous pouvons rationaliser autant que l’on souhaite, nous avons même la capacité de savoir que nous sommes en hallucination, notre cerveau continue à diffuser cette dernière. Sans parler de psychose, des états hypnotiques peuvent nous faire vivre des expériences subjectives que le conscient, pourtant présent, n’arrive pas à récupérer.
Un peu comme quand vous rêvez et que vous savez que c’est un rêve, et pourtant les sensations désagréables sont là, et que vous ne parvenez pas à vous réveiller pour sortir du rêve. Quand je vois ou écoute des débunkages, des critiques, qui sont fondés sur certaines croyances ou envers des personnes dans un état hallucinatoire, certes parce qu’on les a conditionnées, c’est bien plus que la rationalisation et la compréhension qui interrompront un pattern, c’est déjà être capable de sortir de ce niveau de transe…
Reflections by Pank / Snapshot No. 623: The Impermeability of Reality: When the Brain Resists the Awareness of Its Hallucinations
We hallucinate, as I was sharing with you again in this morning’s capsule, and there is not much we can do about it. I enjoy listening to skeptics who, sometimes a bit clumsily, reframe individuals living within their hallucinations. Their intention is quite fair: to demonstrate the consensus surrounding reality.
We know this is a complex mission, but as Étienne Klein pointed out, while science dares to question itself, proven science is no longer up for questioning. However, hallucinations could care less whether they exist and « matrix » our perception… they simply do not care.
We can rationalize as much as we like, we even have the capacity to know we are hallucinating, yet our brain continues to broadcast this very hallucination. Without even mentioning psychosis, hypnotic states can make us experience subjective experiences that consciousness, despite being present, fails to retrieve.
Much like when you dream and know it is a dream, yet the unpleasant sensations remain, and you cannot wake up to escape the dream. When I see or listen to debunks and critiques directed at certain beliefs or people in a hallucinatory state—often because they have been conditioned—it takes much more than rationalization and understanding to interrupt a pattern; it requires first being able to step out of that level of trance…
Un chouette éditorial de Mr Bohler dans cerveau et psycho du mois de septembre avec le titre « t’es matrixé, ou quoi ? ». Ça ouvre une réflexion sur les hallucinations.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Vous connaissez le karaté au K.O., la forme que Sosai Oyama a créée. J’adore l’histoire de ce style, j’adore le génie d’Oyama et l’objectif qu’il avait en tête dans cette forme si particulière du combat.
Je m’interrogeais sur les raisons pour lesquelles le karaté au K.O. a généré autant de courants similaires. En effet, à l’exception de Takashi Azuma en 1981 et de Hideyuki Ashihara en 1980 — le premier ayant introduit une vision plus complète du combat incluant les frappes au visage, et le second ayant structuré une approche novatrice centrée sur le principe du Sabaki —, la plupart des autres écoles, telles que le Seido Karate de Tadashi Nakamura ou l’Oyama Karate des frères Oyama, ainsi que l’Enshin kaikan de Joko Ninomiya, s’apparentent à des copies conformes du modèle de l’IKO (International Karate Organization).
Il semble que ce ne soit pas le karaté d’Oyama en tant que tel, le Kyokushin, qui ait posé problème, mais l’homme, Masutatsu Oyama. Sosai fonctionnait comme un daimyo ; il dirigeait sa structure selon sa vision autocratique, ce qui engendrait de fréquents conflits. Pour rappel, des figures comme Tadashi Nakamura ou Shigeru Oyama durent « arranger » les résultats des combattants japonais lors des premiers championnats du monde en officiant comme arbitres. Takashi Azuma a également connu de vives tensions en raison de son insistance à intégrer le travail des percussions au visage, indispensable à sa vision, tout comme Hideyuki Ashihara, qui dirigeait le dojo le plus important et surpassait qualitativement le Hombu dojo.
Aujourd’hui, si toutes ces écoles ressemblent si fortement au Kyokushin originel, c’est parce que le système s’avère performant avec pour objectif le renforcement du corps et de l’esprit. Il constitue une base solide qui peut être complétée ou réinterprétée ; de la culture à la technique, la méthode demeure pleinement valide. Comme le veut l’analogie historique, à la mort du daimyo, nul ne devint rōnin : chacun chercha à s’ériger en seigneur.
Martial Reflections of an Hypnofighter #617: Genealogy and Fractures of Kyokushin: Heritage, Politics, and the Evolution of Full-Contact Karate
You are familiar with knockout karate, the style created by Sosai Oyama. I love the history of this style, I love Oyama’s genius, and the objective he had in mind within this very particular form of combat.
I was wondering why knockout karate spawned so many similar currents. Apart from Takashi Azuma in 1981 and Hideyuki Ashihara in 1980—the former introducing a more complete combat vision with facial strikes, and the latter structuring a radically different approach centered on the Sabaki method—most other schools, such as Tadashi Nakamura’s Seido Karate, the Oyama brothers’ Oyama Karate, and Joko Ninomiya’s Enshinkan, function essentially as carbon copies of the IKO model.
It appears that it was not Oyama’s karate—Kyokushin itself—that posed a problem, but rather the man, Masutatsu Oyama. Sosai operated like a daimyo; he ran his structure according to his own autocratic will, which frequently led to conflict. For the record, figures like Tadashi Nakamura and Shigeru Oyama had to « fix » outcomes for Japanese fighters during the early world championships while serving as referees. Takashi Azuma experienced severe friction due to his insistence on incorporating facial striking, which he deemed necessary, just as Hideyuki Ashihara headed the most prominent dojo, one that notably surpassed the Hombu in operational strength.
Today, if all these schools still strongly resemble Kyokushin, it is because the system is fundamentally sound, with the objective of strengthening both body and mind. It provides a baseline that can be complemented or reworked; from culture to technique, the methodology remains entirely valid. As the historical analogy suggests, upon the death of the daimyo, no one became a rōnin; everyone sought to become a lord themselves.
Un outil basique et pourtant tellement efficace sur de très nombreuses problématiques personnelles ou clients.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Si j’aime la façon de voir de l’Aïkido et de O’Sensei Ueshiba, selon laquelle nous sommes un tout (ce qui fait écho, d’ailleurs, à la vidéo et au sentiment d’unité inhérent à certains états), j’ai l’impression au quotidien, que ce soit dans les échanges avec autrui, d’un point de vue professionnel ou personnel, que nous nous retrouvons davantage en compétition.
Je retire mon biais de voir tout comme un combat, mais je rebondis sur cette idée que tout semble vendu comme un défi (challenge), où l’on doit bien se classer pour être valorisé et reconnu (ces fameuses transactions pour nos unités de reconnaissance ou strokes). Lorsque l’on cherche à créer une collaboration ou quand les choses semblent équilibrées entre les parties, il arrive assez souvent que, si la tension de montrer qui fait le mieux ne se manifeste pas en interne, elle surgisse de la rencontre avec l’extérieur.
Et j’entends — et suggère même au quotidien — que nous n’avons pas à porter une attention démesurée à ce que les autres (les systèmes extérieurs) pensent ou imposent ; la réalité est que nous avons de fortes chances de devoir entrer en compétition, pour à minima prouver un niveau ou prendre une place.
Dans le monde professionnel, il n’y a pas de choix : il y a la concurrence interne ou externe et, même dans des professions « publiques » dédiées au bien commun, il y a toujours des individus pour grimper les échelons et imposer l’obligation de surpasser ou de l’emporter sur n’importe quel sujet…
Comment pourrions-nous, sans illusion, atténuer l’esprit de compétition et développer l’esprit de cohésion ?
Reflections by Pank / Snapshot No. 622: Beyond Combat: Reconciling the Competitive Imperative with the Aspiration for Cohesion
While I appreciate Aikido’s and O’Sensei Ueshiba’s perspective that we are a whole (which echoes, incidentally, the video and the sense of unity experienced in certain states), I feel that in daily life—whether in interactions with others, from a professional or a personal standpoint—we increasingly find ourselves in competition.
Setting aside my bias of viewing everything as a struggle, I build upon the notion that everything seems marketed as a challenge where one must rank well to be valued and recognized (those famous transactions for our units of recognition, or strokes). When we seek to create collaboration or when things appear balanced between parties, it quite often happens that if the internal tension to prove who performs best is absent, it is encountered from the outside.
And I hear—and even suggest in everyday life—that we do not need to pay special attention to what others (external systems) think or impose; the reality is that we stand a strong chance of having to enter into competition, at the very least to prove a competency level or secure a position.
In the professional world, there is no choice: internal or external competition exists, and even within « public » professions dedicated to the common good, there are always individuals who will climb the ranks and impose the necessity of outperforming or winning on any given theme…
How might we, without illusion, diminish the spirit of competition and foster the spirit of cohesion?
On parle d’auto hypnose et de peut être quelques bases qu’on peut repenser.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Nous avons en France une façon d’aborder les combattants de façon assez extrême : soit nous les encensons parce qu’ils gagnent de gros combats, voire qu’ils sont dans des séries de victoires incroyables, soit, à la moindre défaite, nous leur crachons dessus. Nous avons parfois du mal avec des combattants qui ont autant de défaites que de victoires.
Nous sommes basés sur le résultat plus que sur l’effort qui a été mis en place par le combattant. Que les gars donnent tout dans une cage ou un ring importe peu. Là-dessus, nous avons le côté très américain de la culture de la victoire, alors qu’historiquement la France arrive à valoriser des batailles et des défaites pour en faire un récit motivant.
Les Nippons, comme je vous le disais, ont cette idée que même leurs « héros », à l’instar de Kazushi Sakuraba, vont souvent être mis en face de combattants qu’ils n’ont presque aucune chance de vaincre, ou ils vont soutenir des combattants qui ont des statistiques parfois négatives parce qu’ils prennent en compte l’énergie et la détermination du combattant.
Le résultat est moins valorisé que le chemin. Il pourrait être bien en France de revenir à cette façon de voir les choses, de valoriser celui et celle qui ose, qui met en place tout ce qu’il peut pour gagner, qu’importe son résultat, prenant conscience aussi d’une chose : même avec tous les efforts, parfois… ça ne passe pas.
Martial Reflections of an Hypnofighter #616: The Culture of Effort Versus the Relentless Tyranny of Results: Rethinking Defeat in Combat Sports
In France, we have a rather extreme way of approaching fighters: either we praise them because they win major bouts—even maintaining incredible winning streaks—or, at the slightest defeat, we tear them down. We sometimes struggle to accept fighters who hold an even win-loss record.
Our focus leans heavily toward the final outcome rather than the effort invested by the athlete. Whether fighters give everything inside a cage or a ring matters very little to critics. In this regard, we display elements of the heavily Americanized culture of victory, even though historically, France possesses a capacity to elevate famous battles and defeats into motivating narratives.
The Japanese, as I mentioned previously, embrace the notion that even their « heroes »—such as Kazushi Sakuraba—are frequently matched against opponents they have almost no chance of defeating. Alternatively, fans support fighters with negative statistics because they account for the athlete’s raw energy and determination.
The journey is valued more than the ultimate result. It might be beneficial in France to return to this perspective: to validate those who dare, who deploy every possible resource to win regardless of the outcome, while realizing a fundamental truth—that even with maximum effort, sometimes… it just isn’t enough.