
Nous avons une sémantique pour l’hypnose, et plus particulièrement pour les approfondissements, qui consiste à suggérer une action sur l’espace : on fait descendre dans des profondeurs ou, inversement, on fait s’élever, se diffuser.
Nous sommes tous habitués à ces processus et nous les mettons en place spontanément. Et justement, cette habitude m’a fait m’interroger sur le temps dans notre session. Nous expliquons en accompagnement que ce qui est vécu en session est normal parce que nous sommes dans un état (la transe), dans un « ici » (espace) et un « maintenant » (temps).
Pourtant, le temps est certes objectivement (avec mon horloge) dans le présent, mais les régressions ou les futurations des pensées de notre partenaire de session peuvent transformer cette présence.
Alors, que se passe-t-il quand on entraîne petit à petit notre partenaire non pas dans une profondeur ou une élévation, mais dans un instant, celui du présent, qui naturellement va redonner place à l’espace, ne serait-ce que par la conscience de son souffle, de son corps ou juste du fait d’être assis ?
Et si ce qui menait la session n’était plus la sensation dans un espace, et donc une recherche de ressources dans cette situation, mais dans le temps ? Si le simple fait d’induire en présence, puis en régression de la minute d’avant ou en projection du futur, pouvait entraîner parfois plus rapidement, et surtout dans un état un peu différent, cette ressource qu’est l’espace ?
C’est assez perturbant, autant pour l’opérateur que pour le partenaire, mais cela reste une porte intéressante sur de nombreux cas.
Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank. https://www.pank.one/blog
Reflections by Pank / Snapshot n°602: Chronos over Topos: Reflections on Temporal Primacy versus Spatial Metaphors in Hypnosis
We possess a specific semantics within hypnosis, particularly regarding deepening techniques, which suggests an action localized in space; we guide individuals down into profound depths or, conversely, we induce them to rise and diffuse upward.
As practitioners, we are all accustomed to these processes and deploy them spontaneously. Yet, it is precisely this habituation that prompted me to question the role of time during a session. In clinical accompaniment, we explain that what is experienced during a session is normal because we operate within a state (trance) defined by a « here » (space) and a « now » (time).
However, while time objectively resides in the present moment (according to the clock), the phenomena of age regression or progression experienced by our session partner can fundamentally alter this sense of presence.
What occurs, then, when we gradually guide our partner not into a spatial depth or elevation, but directly into a singular instant—the immediate present—which naturally re-establishes a sense of space, if only through the somatic awareness of respiration, body mass, or the simple act of sitting?
What if the guiding vector of the session were no longer rooted in spatial sensation, seeking resources within that framework, but rather anchored in time itself? What if the mere act of inducing a baseline presence, followed by a regression to the preceding minute or a projection into the future, could induce trance more rapidly, accessing a state distinctly shifted from the conventional spatial resource?
This approach proves quite unsettling for both the operator and the partner, yet it opens an intriguing pathway for numerous therapeutic cases.
Take what is good and right for you. Be One, Pank. https://www.pank.one/blog



