Réflexions martiales d’un Hypnofighter #616 :La culture de l’effort face à l’implacable tyrannie du résultat : repenser la défaite dans les sports de combat

Nous avons en France une façon d’aborder les combattants de façon assez extrême : soit nous les encensons parce qu’ils gagnent de gros combats, voire qu’ils sont dans des séries de victoires incroyables, soit, à la moindre défaite, nous leur crachons dessus. Nous avons parfois du mal avec des combattants qui ont autant de défaites que de victoires.

Nous sommes basés sur le résultat plus que sur l’effort qui a été mis en place par le combattant. Que les gars donnent tout dans une cage ou un ring importe peu. Là-dessus, nous avons le côté très américain de la culture de la victoire, alors qu’historiquement la France arrive à valoriser des batailles et des défaites pour en faire un récit motivant.

Les Nippons, comme je vous le disais, ont cette idée que même leurs « héros », à l’instar de Kazushi Sakuraba, vont souvent être mis en face de combattants qu’ils n’ont presque aucune chance de vaincre, ou ils vont soutenir des combattants qui ont des statistiques parfois négatives parce qu’ils prennent en compte l’énergie et la détermination du combattant.

Le résultat est moins valorisé que le chemin. Il pourrait être bien en France de revenir à cette façon de voir les choses, de valoriser celui et celle qui ose, qui met en place tout ce qu’il peut pour gagner, qu’importe son résultat, prenant conscience aussi d’une chose : même avec tous les efforts, parfois… ça ne passe pas.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #616:  The Culture of Effort Versus the Relentless Tyranny of Results: Rethinking Defeat in Combat Sports

In France, we have a rather extreme way of approaching fighters: either we praise them because they win major bouts—even maintaining incredible winning streaks—or, at the slightest defeat, we tear them down. We sometimes struggle to accept fighters who hold an even win-loss record.

Our focus leans heavily toward the final outcome rather than the effort invested by the athlete. Whether fighters give everything inside a cage or a ring matters very little to critics. In this regard, we display elements of the heavily Americanized culture of victory, even though historically, France possesses a capacity to elevate famous battles and defeats into motivating narratives.

The Japanese, as I mentioned previously, embrace the notion that even their « heroes »—such as Kazushi Sakuraba—are frequently matched against opponents they have almost no chance of defeating. Alternatively, fans support fighters with negative statistics because they account for the athlete’s raw energy and determination.

The journey is valued more than the ultimate result. It might be beneficial in France to return to this perspective: to validate those who dare, who deploy every possible resource to win regardless of the outcome, while realizing a fundamental truth—that even with maximum effort, sometimes… it just isn’t enough.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #611 : La transmission

Hier, j’ai croisé au dojo Anne Toupet, une super pratiquante 3e dan et championne d’Europe Master. On est allés manger un bout avec deux de ses élèves, et j’ai trouvé ce moment vraiment beau. Les jeunes qui ont commencé cette saison ont un vrai lien avec Anne. Ils sont respectueux et fiers de leur professeur.

Elle me racontait sa victoire aux championnats d’Europe, avec un détail qui montre à quel point elle est investie dans le partage et la transmission de son jiu-jitsu : celui où elle a pu se dire : « C’est bon, je suis exactement dans ce que je montre au dojo, et ça passe. »

L’image est géniale, non ? La compétition est plus ou moins égotique en fonction de sa période de vie et de sa personnalité, mais là, la compétition devient un cours, une validation, un don de confiance dans ce qui est travaillé quotidiennement au dojo.

Cette intention de prendre son savoir et son temps pour l’offrir à ces jeunes, c’est ce que je trouve puissant chez Anne, mais aussi chez tous ces professeurs de jiu-jitsu, de tous les arts martiaux et plus généralement de sport, qui, même parfois encore compétiteurs, ne pensent plus seulement à leur victoire, mais à ce que cela peut apporter pour les générations qui arrivent.

Bravo à tous ceux qui transmettent !

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Martial Reflections of an Hypnofighter #611: Transmission

Yesterday, I met Anne Toupet at the dojo, an exceptional 3rd-degree practitioner and Master European Champion. We went to grab a bite to eat with two of her students, and I found the moment truly beautiful. The youngsters who started this season share a genuine bond with Anne. They are respectful and proud of their teacher.

She told me about her victory at the Europeans, highlighting a detail that shows just how invested she is in sharing and transmitting her jiu-jitsu: the moment she thought to herself, « All right, I am performing exactly what I teach in the dojo, and it works. »

The imagery is brilliant, isn’t it? Competition can be more or less ego-driven depending on one’s stage in life and personality, but in this case, competition transforms into a lesson, a validation, a gift of confidence in what is practiced daily in the dojo.

This intention to take one’s knowledge and time to offer it to these youngsters is what I find so powerful in Anne, as well as in all these jiu-jitsu instructors, martial artists, and sports coaches generally, who—even when they are still active competitors—no longer think solely of their own victory, but of what it can bring to the incoming generations.

Kudos to all those who pass on their knowledge!

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