Réflexions de Pank / Instantané n° 637 : La double facette de l’ego

C’est compliqué, l’ego. On a déjà du mal à le définir et, quand on en parle, personne ne le perçoit de la même façon. De plus, on le colore : c’est bien d’avoir un peu d’ego pour défendre une idée, mais c’est pénible une personne qui ne fait que tout ramener à elle-même.

Un aspect qui prête à sourire, c’est quand on voit que l’ego est complètement capable de disparaître ; c’est d’ailleurs une belle ressource à développer. Quand vous êtes mis en avant ou qu’une occasion vous est offerte de valoriser des succès, des histoires dans lesquelles vous figuriez, voire quand vous pouvez étaler ce que VOUS pensez, là, vous êtes inarrêtable (et nous le sommes tous). C’est comme un besoin de continuer à parler de sujets centrés sur ce que vous êtes ou ce que vous pensez.

À l’inverse, lorsque vous avez commis une erreur ou quand vous ne vous sentez pas bien (cela dépend un peu plus des personnes), vous souhaitez rapidement éluder les questions et l’intérêt qu’on vous porte.

L’ego se froisse vite : il veut être au centre, mais il exige que cela reste confortable. On a réussi à faire croire qu’être au centre des conversations, même quand ce n’est pas à notre avantage, reste de la « publicité ». En réalité, l’ego gère très mal le fait d’être entouré de critiques. Ce sont notamment les influenceurs qui nous le démontrent bien : ils pensent souvent tout pour le buzz, mais leur ego finit par ne plus supporter un tel niveau d’attention négative.

Quand vous sentez que vous êtes trop égotique, imaginez simplement les moments où vous vouliez vous effacer par honte ou par malaise : cela apaisera les choses.

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Reflections by Pank / Snapshot No. 637: The Dual Facets of the Ego

The ego is a complex phenomenon. Defining it proves challenging, and individual perceptions of it vary widely. Furthermore, we project distinct nuances onto it: while possessing a degree of ego is useful for defending an idea, an individual who systematically centers everything around themselves becomes insufferable.

A somewhat amusing paradox lies in observing the ego’s capacity to entirely disappear—a quality that constitutes a valuable psychological resource to cultivate. When highlighted or presented with an opportunity to showcase personal successes, narratives in which you are involved, or simply when given the platform to elaborate on YOUR thoughts, you become unstoppable (as we all do). An imperative urge arises to perpetually discuss topics revolving around your identity or opinions.

Conversely, following a mistake or during periods of psychological distress (varying according to individual traits), the immediate tendency is to swiftly deflect questions and external attention.

The ego is easily bruised: it craves the spotlight, yet demands absolute comfort. A narrative has been promoted suggesting that remaining at the center of conversation—even unfavorably—constitutes publicity. However, the ego copes poorly with systemic criticism. Digital influencers illustrate this clearly: while content is often engineered for maximal engagement, the underlying ego eventually breaks under high levels of negative attention.

Whenever you recognize excessive egocentricity within yourself, visualize moments when shame or discomfort prompted a desire to retreat. This recall will restore cognitive equilibrium.

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Réflexions de Pank / Instantané n° 633 : L’Économie de l’Effort Thérapeutique : Neutralisation Graduelle et Juste Bénéfice du Changement

Dans la capsule du jour, je partageais l’idée que nous devrions utiliser nos outils quand les efforts que nous allons fournir nous rapportent du bénéfice. Seulement, il y a une nuance sur laquelle je souhaite insister. Le bénéfice, surtout quand on est dans des états de malaise comme ceux que vivent beaucoup de personnes qui viennent consulter, ne va pas nécessairement être flagrant.

L’hypnose, mais plus encore la PNL, a vendu cette idée que nous pourrions changer en un instant un état négatif vers un état positif, comme si nous passions de la marche arrière à 180 km/h en quelques instants. Ce n’est pas le cas, et le bénéfice est souvent plus modeste : c’est simplement ne pas entrer autant dans la souffrance.

Ce que nous appelions, il y a encore quelques années, chercher à neutraliser. Nous savons bien que cette notion de neutre est une image ; le bénéfice attendu est de ne plus ressentir autant le malaise qui est venu spontanément. Et parce que nous allons apprendre à repérer les « crises », nous allons petit à petit laisser les phases gérables mais désagréables et agir pleinement sur celles que nous sentons nous entraîner dans le mal.

Nos outils sont performants et se peaufinent, mais si nous ne trouvons pas de bénéfices, ils vont rapidement devenir inutiles. Nous devons avoir conscience de cette utilisation pour vraiment avoir une utilisation juste de nos efforts.

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Reflections by Pank / Snapshot No. 633: The Economy of Therapeutic Effort: Gradual Neutralization and the Pragmatic Value of Change

In today’s audio capsule, I shared the idea that we ought to apply our therapeutic tools when the effort invested yields a clear return on benefit. However, there is a crucial nuance I wish to emphasize. The benefit—especially when experiencing acute distress typical of clients seeking consultation—is not always immediate or glaringly obvious.

Hypnosis, and even more so Neuro-Linguistic Programming (NLP), has popularized the notion that we can instantaneously pivot from a negative state to a positive one—akin to shifting into reverse while traveling at 180 km/h in a fraction of a second. Reality differs; the gain is often far more modest, consisting merely of mitigating the depth of psychological suffering.

This process corresponds to what we previously referred to as « neutralization. » While a purely neutral state remains an abstract concept, the primary objective is to attenuate the intensity of spontaneous distress. By training clients to identify impending crisis points, we can encourage them to endure minor, manageable unpleasantries while deploying full effort toward states that threaten to drag them into severe emotional decline.

Our instruments are effective and refined; nevertheless, without tangible benefits, they rapidly lose utility. Developing a clear awareness of this operational dynamic is essential to ensuring a balanced and strategic expenditure of personal effort.

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Réflexions de Pank / Instantané n° 631 : La métamorphose du quotidien : transes dissociatives et régulation de la conscience par l’autohypnose

Il est difficile dans le quotidien, et surtout à mesure que l’âge avance, de se rendre compte que nous fonctionnons peut-être de façon différente par rapport à ce que nous étions il y a encore quelques mois. On ne se rend pas compte des déclins divers que nous subissons avec le temps.

Ce qui est particulièrement agaçant, c’est qu’au lieu d’enseigner simplement des outils pour améliorer et faire progresser certains aspects de son quotidien, les entreprises proposent des programmes, des aliments ou des compléments — bref, de quoi faire dépenser de l’argent et consommer avec les promesses d’un retour au passé.

En cabinet, je constate que ce qui est décrit comme un malaise physique et psychique provient souvent de transes fermées qui se déclenchent. Pour certains, elles empêchent de bouger ou de se mettre en mouvement ; pour d’autres, ces transes induisent des pensées récurrentes, altèrent la clarté mentale et peuvent entraîner des déprimes importantes.

Les transes sont des états dissociatifs du quotidien, déconnectés de ce qui se passe matériellement à un moment T. Nous nous retrouvons ainsi privés d’une perception neutre de l’instant présent. Ce qui se produit dans l’appareil perceptif nous empêche de capter le réel et nous entraîne dans des états parfois difficiles à gérer.

Il existe pourtant des outils gratuits offrant la possibilité d’interrompre ces états, comme l’autohypnose en mode hyperempiria ou la pleine conscience (mindfulness). Ces méthodes associent le corps et l’esprit, redonnent une présence et altèrent les discours absurdes pour assigner à notre psyché un autre objectif que celui de la rumination : être présent, être davantage associé à soi-même, au monde et à l’instant.

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Pank’s Reflections / Instantaneous No. 631 :The Metamorphosis of Daily Life: Dissociative Trances and Consciousness Regulation via Self-Hypnosis

With advancing age, it becomes increasingly difficult to realize that our daily cognitive and physiological functioning may differ significantly from how we operated just a few months prior, often rendering us unaware of progressive age-related declines.

Regrettably, rather than disseminating accessible techniques for self-improvement and daily enhancement, commercial entities frequently promote programs, dietary regimens, and supplements designed to induce expenditure through promises of restoring past states.

In clinical practice, somatic and psychological distress often stems from automated, restrictive trance states. These dissociative episodes can cause psychomotor inhibition or foster recurrent negative ideation, compromising cognitive clarity and potentially triggering depressive states.

These trances represent daily dissociative phenomena that detach the individual from objective sensory reality at a given moment $T$. By impairing neutral perceptual processing, they prevent accurate engagement with present reality, leading to challenging internal states.

Crucially, accessible interventions exist to disrupt these states, notably self-hypnosis (such as the hyperempiria framework) and mindfulness. By integrating somatic and cognitive processes, these modalities restore present-moment awareness, disrupt dysfunctional internal narratives, and realign the psyche toward grounded engagement with oneself and the environment.

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Réflexions de Pank / Instantané n° 619 : L’art de la présence : réapprendre l’ennui pour apprivoiser le tumulte numérique

Je me souviens que quand je lisais des ouvrages comme ceux de Lommer, un auteur à la fois psychiatre et occultiste, il proposait plein d’exercices assez ennuyeux pour développer des compétences de magiste. Et parmi l’un d’entre eux, il y avait un exercice qui était de faire tomber au sol une poignée de riz (de mémoire) et de le ramasser grain par grain sans qu’il y ait en nous de l’impatience ou des états qui nous troublent.

Dernièrement, j’ai recommencé ce type d’exercice, que je trouve particulièrement intéressant pour notre période de vie qui parfois nous défocalise avec un monde rempli d’informations, de stimulations et d’états un peu électriques. Nous avons tendance à nous laisser aller plus rapidement dans nos excès, et nous pouvons souvent manquer d’équilibre.

Ces pratiques nous ramènent à nous centrer dans un ici et maintenant, à maintenir un effort qui n’est pas que celui de ramasser le riz ou de faire des choses sans intérêt premier et répétitif ; il nous permet d’endurer avec un état d’esprit que nous cherchons à stabiliser. Cela nous dissocie de notre environnement ultra-stimulant et nous ramène à prendre plaisir à cette sensation entre ennui et présence, qui nous ramène à percevoir la vie en nous, dans une simplicité, sans attente et sans retour, juste être…

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Reflections by Pank / Snapshot No. 619: The Art of Presence: Relearning Boredom to Tame Digital Tumult

I remember when I used to read works by authors like Lommer, a psychiatrist and occultist who proposed various rather tedious exercises to develop magus skills. Among them was an exercise consisting of dropping a handful of rice (if memory serves) on the floor and picking it up grain by grain without feeling any impatience or states of disturbance within ourselves.

Lately, I have started doing this type of exercise again. I find it particularly relevant for our current period of life, which sometimes defocuses us with a world full of information, stimulations, and somewhat electric states. We tend to give in more quickly to our excesses and often lack balance.

These practices bring us back to centering ourselves in the « here and now, » maintaining an effort that goes beyond merely picking up rice or performing repetitive tasks without primary interest; it allows us to endure with a mindset we seek to stabilize. This dissociates us from our ultra-stimulating environment and brings us back to finding pleasure in that sensation between boredom and presence—bringing us back to perceiving life within ourselves, in simplicity, without expectation or return, simply being…

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Réflexions de Pank / Instantané n°617 : Faire avec ses ombres

On aimerait bien répondre au cahier des charges qu’on nous impose et que nous avons aussi créé. Je veux ressembler à telle ou telle personne, j’aimerais réagir de telle ou telle façon, et pourtant on reste seulement ce que nous sommes : un cumul de nature et de culture qui, parfois, ne peut pas faire autrement que ce qu’il est en train de faire à un instant T.

Alors oui, on peut se dire que ce que nous n’apprécions pas ou qui nous met mal à l’aise sont des ombres, mais cela n’est pas forcément le cas. C’est parfois juste une partie qu’on ne sait pas apprécier, comme dans nos vies nous ne pouvons pas aimer toutes les personnes que nous rencontrons.

Se dire que nous sommes nous-mêmes non aimables par nous-mêmes, c’est assez drôle, et quand on le prend avec légèreté, cela nous permet d’accepter — comme je vous le partageais précédemment — que nous n’avons pas à aimer tout le monde, simplement parce que nous ne le pouvons pas.

Voir ces parties dérangeantes sans les rendre magiques ou super, mais pour ce qu’elles sont, et parfois les exploiter volontairement plutôt que de simplement les subir, peut nous apporter un équilibre, sans rentrer dans l’idéalisation de l’intégration.

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Pank’s Reflections / Snapshot No. 617: Working with One’s Shadows

We would love to meet the specifications imposed upon us, which we have also created ourselves. I want to look like this or that person, I would like to react in such and such a way, and yet we remain only what we are: an accumulation of nature and nurture that, at times, cannot do otherwise than what it is doing at a given time T.

So yes, we might tell ourselves that the things we dislike or that make us uneasy are shadows, but this is not necessarily the case. Sometimes, it is simply a part we do not know how to appreciate, just as in our lives we cannot love every person we meet.

To tell ourselves that we are unlovable to ourselves is rather amusing, and when taken lightly, it allows us to accept—as I shared with you previously—that we do not have to love everyone, simply because we cannot.

Seeing these disturbing parts without making them magical or extraordinary, but seeing them for what they are, and sometimes intentionally leveraging them rather than merely enduring them, can bring us balance without falling into the idealization of integration.

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