Réflexions martiales d’un Hypnofighter #427 : Les démonstrations

Je ne suis pas bon pour faire des démonstrations d’arts martiaux, et j’ai la chance de ne pas avoir à en faire, comme beaucoup de professeurs, en ce début de saison lors des portes ouvertes ou des forums des associations.

La démonstration est clairement un élément qui fait partie du patrimoine des arts martiaux, du moins depuis une bonne partie du XXe siècle, et d’autant plus maintenant où montrer et démontrer son art et son sport en dehors de la compétition est ce qui va permettre d’attirer du monde.

Et c’est là qu’il y a parfois un côté marketing qui ne correspond pas tout à fait à ce qui sera proposé pendant l’année à l’académie. On voit bien que quand on voit tout le monde voler en Aïkido, ce n’est pas nous, en tant que néophytes, qui parviendrons à mettre en place ces tai sabaki et autres belles actions, d’autant plus que nous n’aurons pas de hakama…

Pareil pour la self-défense : ce que l’on voit dans une dynamique de démonstration est absolument incroyable contre un ou plusieurs opposants, parfois même armés de pistolets.

Même le karaté, dont les démonstrations sont peut-être celles qui ressemblent le plus aux cours avec des kihons et des katas, trouve le moyen de faire de la casse. Or, de façon générale, et pour avoir été longtemps dans des dojos de Karaté, le tameshiwari est une rareté, pour ne pas dire un moment exceptionnel.

Il faut vendre sa discipline, attirer le chaland et, pour ce faire, il faut sortir les tambours et les trompettes. Tout comme la nouvelle génération va regarder un TikTokeur d’arts martiaux et vouloir devenir un pratiquant, ou comme des générations plus anciennes se référaient aux films pour se dire qu’ils entreraient un jour sur une voie qui, peut-être, les absorberait pour la vie…

Un petit excès et une survente qui peuvent néanmoins changer des trajectoires…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #427: The Demonstrations

I’m not good at doing martial arts demonstrations, and I’m lucky not to have to, unlike many instructors, at the start of the season during open days or association forums.

The demonstration is clearly an element that is part of the heritage of martial arts, at least since a good part of the 20th century, and even more so now where showing and demonstrating one’s art and sport outside of competition is what will attract people.

And that’s where there’s sometimes a marketing side that doesn’t quite match what will be offered during the year at the academy. We see that when we see everyone flying in Aikido, it’s not us, as newcomers, who will manage to perform these tai sabaki and other beautiful actions, especially since we won’t even have a hakama…

The same goes for self-defense: what you see in a demonstration is absolutely incredible against one or more opponents, sometimes even armed with pistols.

Even karate, whose demonstrations are perhaps those that most resemble classes with kihons and katas, finds a way to include breaking. However, generally speaking, and having spent a long time in Karate dojos, tameshiwari is a rarity, not to say an exceptional moment.

You have to sell your discipline, attract customers, and to do so, you have to bring out the drums and trumpets. Just as the new generation will watch a martial arts TikToker and want to become a practitioner, or as older generations referred to movies to tell themselves that they would one day enter a path that might absorb them for life…

A little excess and overselling can nevertheless change trajectories…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #426 : Inviter un plus gradé

J’ai vu ce matin sur un réseau social que Rayron Gracie avait fait une vidéo sur les invitations lancées par les ceintures les moins gradées à l’intention des plus gradées. Il y a quelques semaines, j’avais écouté le point de vue d’un ami, Olivier Millier, sur le sujet. Nous savons que c’est une question qui reste sans réponse universelle.

Pour ma part, les moins gradés peuvent inviter les ceintures noires, à l’exception des jeunes ceintures blanches. Avec le temps, je me suis aperçu que ceux qui blessent le plus restent les moins gradés. C’est « normal » dans le sens où ils se mettent la pression en combattant un gradé ; ils veulent montrer leurs compétences, mais en même temps, ils n’ont pas la conscience de tous les éléments, comme certains angles.

Ce qui fait qu’ils vont exploser, parfois ne pas taper quand le gradé les tient en soumission, et vont tenter de donner leur vie. C’est là que l’on va se retrouver avec des réponses de débutant, c’est-à-dire assez « sales » et en mode survie, où il est possible qu’ils se mettent dans une posture encore pire que celle où ils étaient quelques instants plus tôt.

Quant au gradé, il fait attention à ce qui se passe sans mettre une grosse pression pour que le débutant puisse s’exprimer. Mais du coup, une attention se porte à la fois sur son propre jeu et sur les réponses confuses de son jeune opposant, ce qui entraîne parfois des percussions, des arcades qui s’ouvrent, des bleus au visage ou diverses contusions.

Avec le temps, j’ai décidé que les ceintures blanches ne pouvaient pas inviter les ceintures noires, mais devaient faire leurs gammes pendant quelque temps avec des grades similaires ou des ceintures bleues. C’est peut-être frustrant pour eux, mais je préfère éviter des blessures absurdes qui mettraient les moteurs de l’académie de côté. En effet, tout le groupe perdrait les compétences et l’expérience des gradés s’ils étaient blessés.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One,
Pank
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Hypnofighter Martial Reflections #426: Inviting a Higher Belt

This morning, I saw on a social network that Rayron Gracie had made a video about invitations from lower-belt practitioners to higher-belt ones. A few weeks ago, I had listened to a friend, Olivier Millier, and his point of view on the subject, and we know that this is a question that remains without a common answer.

For my part, lower-belt practitioners can invite black belts, with the exception of young white belts. Over time, I’ve noticed that those who cause the most injuries are still the lower-belt practitioners. It’s « normal » in the sense that they put pressure on themselves when fighting a higher belt; they want to show their skills, but at the same time, they are not aware of all the elements, such as certain angles.

This means that they will explode, sometimes not tapping when the higher belt holds them in a submission, and will try to fight with all their might. That’s when we’ll find ourselves with beginner-level responses, which are quite « sloppy » and in survival mode, where it’s possible for them to get into an even worse position than the one they were in just a few moments earlier.

As for the higher belt, they are careful about what is happening without putting a lot of pressure, so that the beginner can express themselves. But as a result, they have to pay attention both to their own game and to the confusing responses of their young opponent, which sometimes leads to impacts, split eyebrows, bruises on the face, or various contusions.

Over time, I decided that white belts could not invite black belts but had to practice for a while with similar grades or blue belts. This may be frustrating for them, but I prefer to avoid absurd injuries that would put the academy’s engines out of action. Indeed, the whole group would lose the skills and experience of the higher belts if they were injured.

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Be One,
Pank
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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #425 : Le moment où les combattants arrêtent

Nous savons qu’à la rentrée, il y a ceux qui vont revenir, et puis il y a ceux qui vont arrêter. Parfois, ce n’est pas volontaire, ils ne se rendent même pas forcément compte que l’arrêt se fait petit à petit. C’est comme si, au fur et à mesure, malgré le rituel de la rentrée, certains plus anciens ne devenaient plus qu’une ombre.

Leur corps est souvent le responsable. Après un ou deux mois de repos, il peut y avoir comme un rappel que c’est quand même sympa de ne pas avoir un corps en souffrance, de récupérer des maux et d’avoir plus d’énergie sans sentir de tension qui le traverse.

L’âge est aussi un critère pour beaucoup qui ne voient plus forcément l’intérêt dans la discipline qu’ils pratiquent depuis des décennies. L’attachement est souvent plus social que sportif. Il suffit que le bureau de l’association ou la nouvelle génération de pratiquants ne donne plus la motivation nécessaire pour aller à leur rencontre, et c’est le moment de déposer le gi.

Cette fin ne se fait pas d’un seul coup, c’est une progression qui amène à ne voir que quelques fois dans la saison ces anciens qui, petit à petit, s’effacent, ne repassant que pour des événements spéciaux.

C’est aussi une chose que nous observons en tant qu’instructeur. Il y a parfois cette envie de reprendre contact pour pousser ces pratiquants qui ont souvent été des passionnés. Et puis, il faut respecter ce déclin, lui laisser sa place pour faire autre chose, simplement parce que les envies et les passions peuvent aussi ne plus donner assez de plaisir par rapport aux maux que cela entraîne.

Je lisais hier qu’Eddie Bravo, le fondateur de la 10th Planet, ne peut plus suivre les entraînements et encore moins les combats à 55 ans. C’est son abandon de la discipline à cause d’un corps épuisé et qui se blesse sans cesse depuis des années.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #425: The Moment When Fighters Quit

We know that at the start of the school year, there are those who will come back, and then there are those who will quit. Sometimes it’s not voluntary; they don’t even necessarily realize that the quitting happens little by little. It’s as if, gradually, despite the back-to-school ritual, some of the older members become nothing more than a shadow.

Their body is often the reason. After a month or two of rest, there can be a reminder that it’s actually nice not to have a body in pain, to recover from aches, and to have more energy without feeling tension running through it.

Age is also a factor for many who no longer necessarily see the point in a discipline they may have practiced for decades. The attachment is often more social than athletic. All it takes is the association’s board or the new generation of practitioners to no longer provide the necessary motivation to go and meet them, and it’s time to put away the gi.

This ending doesn’t happen all at once; it’s a progression that leads to seeing these old-timers only a few times a season as they gradually fade away, only coming back for special events.

This is also something we observe as instructors. Sometimes there’s the urge to reconnect to push these practitioners who have often been passionate. And then, you have to respect this decline, to let it have its place to do something else, simply because desires and passions can also stop providing enough pleasure compared to the ailments they cause.

I was reading yesterday that Eddie Bravo, the founder of the 10th Planet, can no longer keep up with training and even less with fighting at 55. It’s his abandonment of the discipline because of an exhausted body that has been constantly getting injured for years.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #424 : Quand on perd le contrôle

Je ne sais pas si vous avez suivi l’information, mais le fils de Quinton Jackson, Raja, a eu un accès de violence qui pourrait ressembler à des « roid rage ». En tout cas, la conséquence est un véritable carnage sur un catcheur professionnel (Pro Wrestler).

Je trouve que c’est un cas intéressant. Même s’il y avait une tension, dont je ne sais pas si elle venait d’une « feud » de catch ou d’une vraie provocation, la réaction du jeune combattant de MMA a été disproportionnée : pendant un show de catch, il a frappé de toutes ses forces, laissant son adversaire inconscient après plus de 20 frappes « significatives ».

Même si aujourd’hui, l’image du pratiquant d’arts martiaux qui reste zen et en contrôle a changé — la boxe et le MMA ayant plutôt mis en avant les personnes qui « trash talk », se bousculent ou, pire, entraînent leurs « gangs » dans des assauts collectifs lors des conférences de presse — certains comportements deviennent problématiques.

Raja a 25 ans. Ce n’est plus un adolescent sous l’effet des hormones naturelles, ni un enfant issu de situations complexes (même si on ne connaît pas la vie des enfants de stars). Il devrait avoir la maturité et les compétences nécessaires, surtout avec la connaissance de ce que représente l’impact de frappes sur une personne KO, pour se retenir ou minimiser sa colère.

Et je ne dis pas qu’il n’y a pas de raison de se mettre en colère, voire d’en venir aux mains. Je ne suis pas dans ce genre de philosophie. En revanche, il y a une limite entre avoir un coup de sang où, après un bref échange, chacun retourne à ses affaires — en se disant parfois que son attitude n’a pas été la plus intelligente — et se laisser absorber par la rage.

Nous avons chacun nos caractères et nos façons de réagir à l’agression et à l’humiliation (subjective). Mais si l’on pratique des sports de combat, sans pour autant dire que nous sommes des « enfants de chœur », il y a une différence entre une attitude de « correction » et une attitude de destruction issue de sa colère.

Se connaître et parfois partir, plutôt que de se retrouver dans des situations absurdes que l’on regrettera, peut aussi être un objectif dans son parcours martial.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #424: When You Lose Control

I don’t know if you followed the news, but Quinton Jackson’s son, Raja, had an outburst that could resemble « roid rage. » In any case, the consequence was a real carnage on a Pro Wrestler.

I find this to be an interesting case. Even if there was a tension—which I have no idea whether it was for a wrestling feud or a real taunt—the young MMA fighter’s retaliation was disproportionate. During a wrestling show, he struck with full force, leaving his opponent unconscious after more than 20 « significant » strikes.

Even if today we’re more or less beyond the image of the martial arts practitioner who remains zen and in control—with boxing and MMA having highlighted people who trash talk, shove each other, or even lead their « gangs » in collective assaults during press conferences—some behaviors are still becoming problematic.

Raja is 25 years old. He is no longer an adolescent under the influence of natural hormones, nor a child from a complex situation (although we don’t know the lives of celebrity children). He should normally have the competence, especially with the knowledge of what the impact of strikes on a KO’d person represents, to be able to restrain himself or minimize his anger.

And I’m not saying there’s no reason to get angry, or even to come to blows. I’m not into that kind of philosophy. However, there’s a limit between having a moment of anger where, after a brief exchange, everyone goes back to their business—sometimes telling themselves that their attitude wasn’t the smartest—and letting yourself be absorbed by rage.

We each have our own characters and ways of reacting to aggression and (subjective) humiliation. But if we practice combat sports, without saying that we are « choirboys, » there is a difference between an attitude of « correction » and one of destruction born of one’s anger.

Knowing oneself and sometimes leaving, rather than ending up in absurd situations that one will regret, can also be a goal in one’s martial journey.

Take what is good and right for you.

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #422 : Savoir ce que nous voulons partager

Ce qui est intéressant dans l’enseignement du BJJ, de la Luta et du MMA, c’est qu’il n’y a pas de programme imposé. Cela signifie que nous ne suivons pas nécessairement un syllabus, même si des groupes comme Barra le font. En conséquence, il est essentiel de réfléchir à ce que l’on veut proposer et à la manière dont les cours seront structurés.

Par exemple, j’ai arrêté les échauffements traditionnels il y a des années. Pendant un certain temps, j’utilisais des drills de lutte, mais depuis début 2025, je commence les cours par des randoris, qui sont des échauffements en opposition où le premier round est souvent plus léger.

L’objectif est de prendre des orientations qui permettent aux élèves de progresser au mieux, tout en conservant les objectifs d’acquisition attendus. Mon académie est axée sur les loisirs : il n’y a pas d’obligation de résultats, chacun avance à son rythme, en fonction de sa vie.

Bien connaître le cadre que l’on propose est également crucial. Je sais que la Raça ne répondra pas aux attentes des pratiquants qui veulent faire de la compétition, qui ne veulent pratiquer que le Gi ou, à l’inverse, que le grappling. De même, si les pratiquants de Jiujitsu ne veulent travailler que la phase de grappling au sol, ils risquent de ne pas apprécier l’obligation de travailler debout et de gérer régulièrement les frappes, que ce soit debout ou au sol.

Quand on présente une discipline sur un site ou dans une publicité, les néophytes ou les pratiquants qui changent d’académie s’attendent, comme au Judo, à retrouver des logiques similaires. Lorsque le cadre est très différent de ce qui est généralement proposé, cela peut les déstabiliser.

Il appartient aux professeurs de définir les programmes, les règles et les attentes, tant comportementales que techniques, et de les partager avec ceux qui leur font confiance pour une saison supplémentaire, afin de créer un groupe dont l’énergie est orientée vers les mêmes objectifs et avec une direction clairement définie.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank https://www.passioncombat.net/


English Translation

Title: Martial Reflections of a Hypnofighter #422: Knowing What We Want to Share

What I find interesting about teaching BJJ, Luta, and MMA is that there isn’t a mandatory curriculum. This means we don’t necessarily follow a syllabus, although groups like Barra do. Consequently, it’s essential to reflect on what we want to offer and how we will structure the classes.

For example, I stopped using traditional warm-ups years ago. For a while, I was using wrestling drills, but since the beginning of 2025, I’ve been starting classes with randoris—warm-ups that involve opposition, with the first round often being lighter.

The goal is to take directions that allow students to progress as effectively as possible, while maintaining the expected learning objectives. My academy is recreation-focused: there’s no pressure for results, and everyone progresses at their own pace, according to their life.

Knowing the framework you’re offering is also key. I know that the Raça won’t meet the expectations of practitioners who want to compete, who only want to practice Gi, or, conversely, only grappling. Similarly, if Jiujitsu practitioners only want to work on ground grappling, they might not appreciate the requirement to work standing and regularly handle strikes, whether standing or on the ground.

When a discipline is presented on a website or in an ad, newcomers or practitioners changing academies might expect to find similar logic, much like in Judo. When the framework is very different from what is generally offered, it can be unsettling for them.

It’s up to the professors to define the programs, rules, and expectations—both behavioral and technical—and to share them with those who trust them for another season, in order to create a group whose energy is focused on the same goals and with a clearly defined direction.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #417 : Y aura-t-il encore beaucoup d’évolutions ?

L'auteur s'interroge sur l'évolution des arts martiaux et des sports de combat, comme le Judo et le MMA. Il suggère qu'après une phase de développement intense, ces disciplines pourraient atteindre un plateau technique, voire un déclin en popularité, comme le montre la courbe de vie d'un produit. Il questionne la capacité de ces sports à se renouveler, au-delà des simples adaptations aux règles, pour maintenir l'intérêt du public et éviter de devenir des disciplines de niche.

Nous savons que plus une discipline devient populaire, plus elle est pratiquée, et plus elle se raffine et se développe techniquement. Ensuite, nous arrivons à un stade de maturité, un peu comme une courbe de produit. Il est possible qu’après la maturité, il y ait un déclin.

Le terme est fort, surtout quand on parle d’arts martiaux et de sports de combat, mais est-ce que le temps qui passe donne toujours de meilleurs pratiquants ? Surtout, n’arrivons-nous pas à un certain moment à une fin de cycle ? Le Judo, qui est certainement le style le plus pratiqué, nous montre un niveau incroyable, mais évolue-t-il réellement ? À part les adaptations que parviennent à faire les athlètes aux règles qui varient en fonction des tendances.

Pour le MMA, la discipline, jeune telle que nous la connaissons, a une trentaine d’années. Nous avons eu la chance de la voir se développer sous le feu des projecteurs. Nous avons pu observer l’évolution des combattants unidimensionnels vers les athlètes de plus en plus complets d’aujourd’hui. Là encore, si l’on change les règles, les athlètes victorieux peuvent changer, mais techniquement, y aura-t-il la possibilité d’aller plus loin ?

Les physiques, la compréhension de la manière de prendre des rounds et les stratégies sont connus par tous. Ils apportent parfois le meilleur, parfois le pire dans les matchs, pour les spectateurs. Si le MMA, et les événements de l’UFC en particulier, restent tels qu’ils sont aujourd’hui, dans 10 ans, y aura-t-il encore autant d’engouement ? Ou est-ce que, comme la boxe anglaise ou le K-1, cela restera juste une discipline moins populaire, mais pour des passionnés ? La discipline doit-elle évoluer pour satisfaire un marché, quand techniquement, elle est mature ?

Une pensée à Shigetoshi Kotari et Hiromasa Urakawa, deux boxeurs morts au même gala de la WBC, à quelques heures d’intervalle. Osu.

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Martial reflections of a Hypnofighter #417: Will there still be a lot of evolution?

We know that the more a discipline becomes popular, the more it is practiced, and the more it refines and develops technically. Then, we reach a stage of maturity, a bit like a product curve. It is possible that after maturity, there may be a decline.

The term is strong, especially when we talk about martial arts and combat sports, but does the passing of time always produce better practitioners? Above all, aren’t we reaching a certain point where a cycle ends? Judo, which is certainly the most practiced style, shows us an incredible level, but is it really evolving? Apart from the adaptations that athletes manage to make to the rules, which vary according to trends.

For MMA, the discipline, young as we know it, is about thirty years old. We had the chance to see it develop in the spotlight. We were able to observe the evolution from one-dimensional fighters to today’s increasingly well-rounded athletes. Again, if we change the rules, the victorious athletes may change, but technically, will there be a possibility of going further?

The physiques, the understanding of how to win rounds, and the strategies are known by all. They sometimes bring the best, sometimes the worst to matches for spectators. If MMA, and UFC events in particular, remain as they are today, in 10 years, will there still be as much enthusiasm? Or will it, like boxing or K-1, just remain a less popular discipline, but for enthusiasts? Must the discipline evolve to satisfy a market when, technically, it is mature?

A thought for Shigetoshi Kotari and Hiromasa Urakawa, two boxers who died at the same WBC gala, a few hours apart. Osu.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #416 : L’impact des frappes en marteau

S’il y a une percussion que nous retrouvons de manière assez spécifique dans les styles d’Asie du Sud-Est, ce sont les frappes de poing en marteau. Bien sûr, cette technique, comme de nombreuses autres, existe dans le patrimoine des styles japonais ou chinois, mais n’y est pas du tout utilisée.

J’étudie les cours en ligne des Diaz en Kajukenbo et, comme dans beaucoup d’écoles de Kenpo américain, de Kali ou de Silat, il y a constamment des frappes en marteau. Techniquement, pour tout ce qui est du combat rapproché, il n’y a que des bénéfices, et le premier est de ne pas pouvoir se blesser. En plus d’offrir des angles de frappe variés.

Certes, il n’y aura pas un impact aussi puissant qu’un jab ou un cross, mais la possibilité d’enchaîner plusieurs frappes, de saisir et de lier facilement aux coudes est très intéressante. De mémoire, j’avais vu en Muay Boran et en Krabi Krabong des phases qui s’en rapprochent. On peut se demander ce que cela donne face à un style de boxe plus classique.

Pour l’utiliser souvent en sparring de MMA, toujours à courte distance ou en clinch, et bien sûr pendant le ground and pound (GNP), il y a un impact certain. D’ailleurs, c’est interdit dans beaucoup de boxes, car moins « protégé » par les gants.

Pour finir sur un aspect plus traditionnel, c’est aussi un outil d’attaque mais aussi de blocage, voire de gunting intéressant en transition. On peut suspecter l’utilisation de ces frappes par l’habitude de frapper avec des bâtons, voire des manchettes.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #416: The Impact of Hammer Strikes

If there is one percussion that we find quite specifically in Southeast Asian styles, it’s the hammer fist strikes. Of course, this technique, like many others, exists in the heritage of Japanese or Chinese styles, but is not used at all.

I am studying the online courses of the Diaz in Kajukenbo and, as in many American Kenpo, Kali, or Silat schools, there are constantly hammer strikes. Technically, for everything related to close combat, there are only benefits, and the first is not being able to injure yourself. In addition to offering varied striking angles.

Certainly, there won’t be an impact as powerful as a jab or a cross, but the possibility of chaining several strikes, grabbing, and easily linking to elbows is very interesting. From memory, I had seen phases in Muay Boran and Krabi Krabong that are similar. One might wonder what this looks like against a more classic boxing style.

I often use it in MMA sparring, always at close range or in the clinch, and of course during ground and pound (GNP), where it has a certain impact. Besides, it’s forbidden in many boxing styles because it’s less « protected » by the gloves.

To conclude on a more traditional aspect, it is also a tool for attack but also for blocking, or even gunting, which is interesting in transition. One can suspect the use of these strikes comes from the habit of striking with sticks, or even cuff strikes.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #411 : L’argent au-dessus de tout

Ce texte explore comment l'argent est devenu un moteur omniprésent, même dans le monde des arts martiaux, souvent perçu comme un domaine de pureté et d'honneur. Il met en lumière des exemples concrets, des bourses de combat aux liens avec des organisations mafieuses, et aborde le cas du temple Shaolin, soulignant la faillibilité humaine face à la tentation financière, même dans des lieux de grande spiritualité. L'auteur invite à la prudence et à se recentrer sur le plaisir de la pratique authentique.

Que ce soit dans le quotidien ou dans le monde très spécifique des arts martiaux, nous ne pouvons nier que l’argent est ce qui motive la plupart des humains. Nous pouvons aimer croire que les combattants professionnels le font pour l’honneur, mais en réalité, ils recherchent surtout les bourses les plus intéressantes.

Nous avons notamment manqué des matchs en Angleterre parce que les managers cherchaient toujours à obtenir plus. On pourrait se dire que les pratiquants d’arts martiaux, eux, ne sont pas comme ça… mais si vous connaissez le Kyokushin ou le Seidokaikan d’Ishii (fondateur du K1), vous savez que l’argent sale est très présent.

Les Japonais sont assez liés aux Yakuza dans les sports de combat, les Américains aux mafias de Vegas, entre autres. Qu’en est-il de la Chine, avec ses grands Sifu ? Eh bien non… Même les Shaolin peuvent complètement se laisser tenter, et là, c’est une combinaison de qualité : spiritualité et martialité.

Voici un article qu’on m’a partagé : Chine : Le temple Shaolin secoué par une enquête pour détournement de fonds. Le responsable du Temple, Shi Yongxin, a détourné des fonds et a été destitué de son poste.

J’imagine que pour beaucoup de l’ancienne génération, les Shaolin représentaient une forme d’absolu dans les arts martiaux, des préceptes et une discipline forts. L’histoire mythologique de Bodhidharma, etc.

Nous restons tous des humains totalement faillibles. On peut même se dire que son « business » a contribué à l’expansion et à la reconnaissance du temple et, de façon générale, du Wushu. Je ne parle même pas des possibles abus qui existent certainement encore dans des dojos et autres, dans tous les pays du monde ; on connaît la tendance de certains Mestre brésiliens à apprécier un peu trop les adolescentes.

À chaque fois que je vois cela, je me dis qu’il ne faut pas être naïf et trop passionné, car cela peut nous faire nier des choses comme la vente de grades, de titres ou autres, en plus des compétitions truquées. À nous de juste prendre encore plaisir à la simple pratique.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One,
Pank
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Martial Reflections of a Hypnofighter #411: Money Above All

Whether in daily life or in the very specific world of martial arts, we cannot deny that money is what motivates most humans. We may like to believe that professional fighters do it for honor, but in reality, they are primarily looking for the most attractive purses.

We notably missed matches in England because managers always sought to get more. One might think that martial artists themselves are not like that… but if you know Kyokushin or Ishii’s Seidokaikan (founder of K1), you know that dirty money is very present.

The Japanese are quite linked to the Yakuza in combat sports, the Americans to the Vegas mafias, among others. What about China, with its great Sifu? Well, no… Even the Shaolin can completely give in to temptation, and there, it’s a quality combination: spirituality and martiality.

Here’s an article someone shared with me: China: Shaolin Temple shaken by embezzlement investigation. The head of the Temple, Shi Yongxin, embezzled funds and was removed from his post.

I imagine that for many of the older generation, the Shaolin represented a form of absolute in martial arts, strong precepts, and discipline. The mythological history of Bodhidharma, etc.

We all remain totally fallible humans. One could even say that his « business » contributed to the expansion and recognition of the temple and, in general, of Wushu. I’m not even talking about the possible abuses that certainly still exist in dojos and elsewhere, all over the world; we know the tendency of some Brazilian Mestres to appreciate teenagers a little too much.

Every time I see this, I tell myself that one must not be naive and too passionate, because it can make us deny things like the selling of ranks, titles, or others, in addition to rigged competitions. It’s up to us to just continue to enjoy the simple practice.

Take what is good and right for you.
Be One,
Pank
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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #410 : La fidélité des élèves

Dans le monde du sport et, plus spécifiquement, des arts martiaux, une certaine appréhension, voire un mépris, existe parfois face au départ d’élèves vers d’autres académies. Le terme « creonte », mis en avant par Carlson Gracie, illustre cette notion d’allégeance attendue envers un nom ou une académie par certains professeurs.

Pourtant, les plus grandes équipes actuelles sont nées de séparations : Atos du départ de Galvão, Brasa et même TT (Telles et Tererê) étant issues de l’Alliance initiale. De même, CheckMat est né de la période de déstructuration de l’Alliance. Les frères Mendes ont fait de même avec Atos, et ce cycle se poursuivra inévitablement, donnant naissance à de nouvelles écoles, de nouvelles tendances et les futures grandes puissances du Jiu-Jitsu. Et si cette fidélité n’entraînait pas une perte de compétences et d’opportunités de construire quelque chose de plus grand ?

Un professeur, s’il souhaite réellement le meilleur pour la progression de ses élèves, ne devrait pas attendre de retour de leur part. Son investissement est un choix personnel ; il peut, s’il le souhaite, adopter une approche plus distante, comme d’autres professeurs. Il ne peut donc pas critiquer le départ naturel de ses élèves.

Parfois, c’est la manière de partir qui dérange, ce qui nous ramène à la notion de respect abordée dans mon dernier post. Cependant, cela reste très égotique. Certains comportements peuvent être blessants ou décevants, mais la liberté de chacun doit être valorisée. Les élèves prennent parfois d’excellentes décisions, et d’autres fois, une fois éloignés de ceux qui les ont forgés ou formés, ils ne progressent plus, voire se tournent vers d’autres voies.

Chaque enseignant, à l’instar de ceux de l’école classique, sait que de nombreux élèves ne sont que de passage. Les encourager à continuer et à progresser reste la seule leçon véritablement importante à long terme.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #410: Student Loyalty

In the world of sports, and more specifically martial arts, there is sometimes a certain apprehension, even disdain, towards students leaving for other academies. The term « creonte, » highlighted by Carlson Gracie, illustrates this notion of expected allegiance to a name or an academy by some professors.

Yet, today’s greatest teams were born from separations: Atos from Galvão’s departure, Brasa and even TT (Telles and Tererê) originating from the initial Alliance. Similarly, CheckMat emerged from Alliance’s period of destructuring. The Mendes brothers did the same with Atos, and this cycle will inevitably continue, giving birth to new schools, new trends, and the future great powers of Jiu-Jitsu. What if this loyalty didn’t lead to a loss of skills and opportunities to build something greater?

A professor, if genuinely wishing the best for their students’ progress, should not expect anything in return from them. Their investment is a personal choice; they can, if they wish, adopt a more distant approach, as other professors do. Therefore, they cannot criticize the natural departure of their students.

Sometimes, it is the manner of departure that is upsetting, which brings us back to the notion of respect discussed in my last post. However, this remains highly ego-driven. Certain behaviors can be hurtful or disappointing, but everyone’s freedom must be valued. Students sometimes make excellent decisions, and other times, once far from those who forged or trained them, they no longer progress, or even turn to other paths.

Every instructor, much like those in traditional schooling, knows that many students are just passing through. Encouraging them to continue and progress remains the only truly important lesson in the long term.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #409 : Le Respect dans les Arts Martiaux

Ce texte explore la notion de respect dans les arts martiaux, distinguant le respect des codes et systèmes du respect interpersonnel. L'auteur, un "Hypnofighter", argumente que dans le contexte du dojo ou de la salle de combat, le respect n'est pas automatique mais se gagne par l'implication, la performance et la capacité à relever les défis, notamment face aux "anciens". Il souligne que l'expérience passée ne suffit pas toujours à imposer le respect sans une confrontation réelle ou une démonstration de valeur actuelle.

Il y a quelques jours, sur mes Instantanés, je parlais de respect. Surtout du respect des systèmes et des codes régissant les espaces communs. Mais une chose qui, pour moi, n’est pas automatique, c’est le respect de l’autre en tant qu’individu.

Cela peut ne pas correspondre à ce que nos arts martiaux nous inculquent. Cependant, dans le cadre encore plus précis de la salle ou du dojo, le respect s’impose ou se gagne.

Hier, en discutant de cela avec des champions de Muay Thaï et de MMA, et plus précisément sur le respect des jeunes (dans la notion de temps de pratique) vis-à-vis des anciens.

Pour moi, je comprends la notion de « non-considération » initiale. Oui, certains ont une vie au dojo, mais cela, à part parfois leur ceinture et leurs degrés, ne signifie rien pour des personnes qui évaluent le niveau aux combats.

Quand un « jeune » veut écraser un plus ancien, c’est à ce dernier de le remettre à sa place. Et s’il n’y parvient parfois pas, le simple fait d’avoir mené une bonne « guerre » impose un respect.

Respecter une personne pour son passé est socialement valide ; on me dit « cet homme a combattu là » ou « s’entraîne depuis 50 ans », je valide le récit, mais interpersonnellement, si ma chair ne ressent pas les faits, je peux m’abstenir de respecter.

De même, quand des jeunes commencent, je n’ai pas de respect pour l’individu au départ ; je suis neutre. C’est à lui, avec sa présence, son implication, son avancée, de me donner l’envie de le faire passer dans mes critères intérieurs au « badge de respect ».

Nous faisons des sports de force, les histoires et les « on-dit » n’ont pas leur place, et il est normal que les jeunes défient et surtout qu’ils nous battent tous. Laissant peut-être à leurs yeux une envie de respecter, ne serait-ce que pour l’opposition que l’ancien aura pu lui offrir…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #409: Respect

A few days ago, on my Snapshots, I was talking about respect. Especially about systems, the codes of common spaces. But one thing that for me is not automatic is respect for others as individuals.

This may not correspond to what our martial arts instill in us. However, in the even more specific context of the gym or dojo, respect is imposed or earned.

Yesterday, discussing this with Muay Thai and MMA champions, and more precisely about the respect of young people (in terms of practice time) towards elders.

For me, I understand the notion of initial « non-consideration. » Yes, some guys have a life at the dojo, but that, apart from sometimes their belt and degrees, means nothing to people who judge skill by combat.

When a « youngster » wants to crush an elder, it’s up to the latter to put him in his place. And if he sometimes fails, the mere fact of having waged a good « war » commands respect.

Respecting a person for their past is socially valid; I’m told « this man fought there » or « has been training for 50 years, » I validate the story, but interpersonally, if my gut doesn’t feel it in practice, I can refrain from respecting.

Similarly, when young people start, I don’t initially have respect for the individual; I am neutral. It’s up to them, with their presence, their involvement, their progress, to make me want to grant them the « respect badge » according to my internal criteria.

We practice strength sports; stories and hearsay have no place, and it’s normal for young people to challenge and, above all, for them to beat us all. Perhaps leaving in their eyes a desire to respect, if only for the opposition the elder may have offered them…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank