Réflexions martiales d’un Hypnofighter #506 : Combattre pour endurer

Quand Sosai Oyama a mis en place les règles de compétition du Karaté Kyokushinkai, il avait dit à Kancho Nakamura (World Seido Karate) qu’il voulait que « tout le monde » puisse participer aux compétitions. Pour cette raison, ne pas autoriser les percussions de poings au visage était important pour préserver « l’intégrité physique ».

Ce qui est intéressant dans ces confrontations que beaucoup considèrent comme « bourrines », c’est qu’à l’inverse de la boxe Thaï ou du Kick-boxing, il y a peu de déplacements et beaucoup d’encaissements. C’est là tout l’état d’esprit Kyokushin. L’idée est de permettre aux pratiquants de Karaté d’endurer et d’apprendre à encaisser, à remiser, et à tout donner.

Même si nous conservons des écoles de combat leur forme d’expression sportive, la philosophie derrière les styles, et particulièrement le Karaté plein contact, est belle : celle de pouvoir se dépasser, de ne pas fuir la douleur, car dans cette école, il est difficile de faire des combats sans en ressortir endolori.

Encaisser les coups et rester prêt à riposter, c’est comme lorsque la vie nous malmène et peut nous amener aux portes du KO, mais que nous devons quand même continuer à avancer. Le Kyokushin, ce n’est pas forcément la quête du plus fort, mais la voie vers l’endurance, et cette idée que même quand c’est dur, on peut chercher à continuer ou éviter de rester au sol.

Force aux combattants de la Coupe de France de Kyokushin qui a lieu ce week-end. Osu.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #506: Fighting to Endure

When Sosai Oyama established the competition rules for Kyokushinkai Karate, he told Kancho Nakamura (World Seido Karate) that he wanted « everyone » to be able to participate in competitions. For this reason, not allowing punches to the face was important for « physical integrity. »

What’s interesting about these confrontations, which many consider « brutal, » is that unlike Thai boxing or Kick-boxing, there’s little movement and a lot of taking hits. This is the whole Kyokushin spirit. The idea is to allow Karate practitioners to endure and learn to take punches, counter, and give their all.

Even if we retain the sporting expression of combat schools, the philosophy behind the styles, and particularly full-contact Karate, is beautiful: that of being able to surpass oneself, not to shy away from pain, because in this school, it’s difficult to fight without coming out sore.

Taking hits and remaining ready to counter, it’s like when life takes its toll and can bring us to the brink of a knockout, but we still have to keep moving forward. Kyokushin isn’t necessarily about seeking the strongest, but rather the path to endurance, and this idea that even when it’s tough, you can strive to continue or avoid staying down.

Strength to the fighters of the Kyokushin French Cup taking place this weekend. Osu.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #505 : Du Catch Wrestling au Pro Wrestling et vers le MMA

Je trouve l’évolution du Catch Wrestling plutôt curieuse. Comme je l’ai partagé dans de précédentes chroniques, pour des raisons financières, à l’instar de la boxe à la même période et partout dans le monde, les lutteurs et « catch wrestlers », mais aussi les Judokas (Kimura) ou Karatékas (Oyama) sont passés par le Pro Wrestling (ce que nous appelons aujourd’hui catch WWE, AEW…).

Si aujourd’hui la grande majorité des catcheurs américains (WWE) sont inaptes au MMA, la situation est différente au Japon. Étrangement, le passage de figures comme Karl Gotch ou Billy Robinson a transformé ce qui n’était qu’un spectacle en une version plus « réaliste » du Pro Wrestling. Mais surtout, trois des plus grandes organisations de MMA des années 2000 au Japon sont nées de catcheurs.

Le ShootWrestling, qui est devenu ShootFighting et Shooto, a été créé par Sayama dès 1988. Il a mis en place un système de compétition de combat libre similaire à ce que nous avons connu sous les règles du Pancrace en France, puis a fondé une organisation professionnelle. En parlant de Pancrace, Funaki et Suzuki, également catcheurs, ont mis en place l’Hybrid Wrestling Pancrase que nous connaissons, avec au départ des matchs déterminés puis, par la suite, une compétition sportive classique. Enfin, Maeda a créé le RINGS, qui a permis à des combattants européens et russes de faire leurs armes.

L’esprit belliqueux du Catch Wrestling a ainsi transcendé la facette spectacle pour redonner naissance à des shows de MMA où le réalisme et l’efficacité primaient. Je pense que ces « Catch Wrestlers », Gotch et Robinson, ont trouvé un écho au Japon pour une philosophie développée à Wigan, au Royaume-Uni, et ce, malgré une culture totalement opposée à la leur.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #505: From Catch Wrestling to Pro Wrestling and Towards MMA

I find the evolution of Catch Wrestling rather peculiar. As I shared in previous columns, for financial reasons, much like boxing during the same period and all over the world, wrestlers and catch wrestlers, but also Judokas (Kimura) or Karatekas (Oyama) transitioned through Pro Wrestling (what we now call WWE, AEW catch…).

While today the vast majority of American wrestlers (WWE) are unfit for MMA, the situation is different in Japan. Strangely, the involvement of figures like Karl Gotch or Billy Robinson transformed what was merely a spectacle into a more « realistic » version of Pro Wrestling. More importantly, three of the biggest MMA organizations of the 2000s in Japan were born from wrestlers.

ShootWrestling, which became ShootFighting and Shooto, was created by Sayama as early as 1988. He established a system of free combat competition similar to what we knew as Pancrase rules in France, then founded a professional organization. Speaking of Pancrase, Funaki and Suzuki, also wrestlers, established the Hybrid Wrestling Pancrase that we know, initially with predetermined matches and later evolving into a classic sports competition. Finally, Maeda created RINGS, which allowed European and Russian fighters to gain experience.

The pugnacious spirit of Catch Wrestling thus transcended the spectacle aspect to revive MMA shows where realism and effectiveness prevailed. I believe that these Catch Wrestlers, Gotch and Robinson, found resonance in Japan for a philosophy developed in Wigan, UK, despite a culture totally opposite to their own.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #503 : Intégrer le Catch Wrestling dans le Grappling Actuel

Mon intention cette saison est de retourner aux sources de la Luta Livre de Tatu. Pour ce faire, j’étudie dans un premier temps la forme de Catch Wrestling de Wigan, pour ensuite passer à celle des USA, la mère de la Luta, et enfin à celle du Japon, avec le Shooto.

Cependant, une chose est complexe : intégrer un système qui ne pense pas comme ce que nous étudions depuis 30 ans, ce grappling formalisé à travers le Jiu-Jitsu. D’ailleurs, notre façon d’enseigner les techniques, même si le « rebranding » américain est maintenant Jiu-Jitsu, en tant que professeur, donne un enseignement qui reste assez souple, avec des transitions marquées par une certaine fluidité.

En Catch Wrestling / Luta Ancienne (CWLA), tout est séquencé avec l’utilisation de la douleur comme un levier nécessaire dans l’exécution des techniques. Ce qui donne une impression de « bourrinage » et que rien ne se fait de façon fluide. De plus, à l’inverse du grappling, il y a beaucoup de décrochages. C’est un peu comme si, en Jiu-Jitsu, on s’adaptait à l’opposant, on gardait le contact pour rester dans une séquence, alors qu’en CWLA, on pense à toujours se relever.

Ce n’est pas une fuite, mais il y a une préférence à lâcher une posture qui n’apporte rien en se « dégrafant » pour récupérer soit debout, soit sur un équivalent « à genoux ». Ce sont des situations dont nous, grapplers, ne sommes pas fans, voire que nous pouvons considérer comme de l’anti-jeu.

Seulement, c’est cohérent avec cette idée d’éviter de rester dessous et, inconsciemment, de subir des takedowns. Se redresser et chercher à retrouver une posture neutre, souvent en lutte, est préférable à recomposer une garde et de « sweeper ».

Dans une démarche de vouloir intégrer au sein de la forme de Luta Livre que Flavio m’a transmise, tout en respectant des concepts plus CWLA avec ce qu’est devenu le grappling actuel, il y a beaucoup de choses qui ne semblent pour l’instant pas vraiment compatibles et qu’il va falloir que je parvienne à intégrer pour l’enseigner dans le jeu de mes élèves…

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Martial Reflections of an Hypnofighter #503: Integrating Catch Wrestling into Modern Grappling

My intention this season is to return to the roots of Tatu’s Luta Livre. To do this, I am initially studying the Wigan form of Catch Wrestling, then moving on to the USA’s form, the mother of Luta, and finally Japan’s, with Shooto.

However, one thing is complex: integrating a system that doesn’t think like what we’ve been studying for 30 years, this grappling formalized through Jiu-Jitsu. Moreover, our way of teaching techniques, even if there’s been an American rebranding to Jiu-Jitsu, as a teacher, results in a fairly flexible instruction with transitions marked by a certain fluidity.

In Catch Wrestling / Old Luta (CWLA), everything is sequenced with the use of pain as a necessary lever in the execution of techniques. This gives an impression of « brutality » and that nothing is done fluidly. Furthermore, unlike grappling, there are many disengagements. It’s a bit like in Jiu-Jitsu we adapt to the opponent, we maintain contact to stay in a sequence, whereas in CWLA, the thought is always to get back up.

This isn’t an escape, but there’s a preference to abandon a posture that offers nothing by « disengaging » to recover either standing or in a « kneeling » equivalent. These are situations that we grapplers are not fond of, and we might even perceive them as anti-game.

However, it’s consistent with the idea of avoiding staying underneath and, unconsciously, suffering takedowns. Getting back up and trying to regain a neutral posture, often in wrestling, is preferable to recomposing a guard and sweeping.

In an effort to incorporate elements into the Luta Livre form that Flavio passed on to me, while also respecting more CWLA concepts within what modern grappling has become, there are many things that currently don’t seem truly compatible and that I will have to succeed in integrating to teach them in my students’ game…

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #499 : Durer dans nos disciplines

Il est difficile de savoir ce qu’il y a à mettre en place quand on souhaite faire des arts martiaux à long terme. Même pour ceux qui ne sont pas allés dans la facette sportive de la discipline, il y a un moment où l’on voit de nombreux pratiquants arrêter à cause de leurs douleurs et de problèmes physiques, souvent issus de l’entraînement.

Quand on voit des boxeurs qui cessent complètement les sparrings (et c’est une bonne chose pour éviter les impacts forts), on peut se demander pour les karatékas, les judokas ou autres lutteurs jusqu’à quand ils peuvent encore pratiquer des randoris et prendre plaisir à des sparrings sans se mettre en danger.

Mais si on ne combat plus, est-ce que nous allons avoir la même passion pour la discipline ? Combien de pratiquants cessent post-compétition ? Combien cessent également quand leur corps n’apporte plus les mêmes sensations et capacités ?

Est-ce que pour durer nous devrions diminuer, voire abandonner le combat ? Mais s’il y a des disciplines qui ont des formes comme des Katas ou Taos, qu’en est-il des systèmes où l’on ne travaille pas seul ? Est-ce que les arts martiaux doivent juste devenir du fitness ou un simple entretien corporel ?

Si c’est le cas, à part l’histoire que nous avons vécue dans les dojos, est-ce que nous venons pour la répétition technique, cette quête du geste juste ? Ou est-ce que nous y allons pour partager, enseigner ?

Le combat est pour la plupart d’entre nous la raison pour laquelle nous passons des heures à l’entraînement. Pourtant, ces mêmes combats sont ce qui fait que nous pourrions diminuer ou cesser notre présence dans la salle. En prenant soin de son corps et en cherchant « moins mais mieux » en termes de randoris – avec des partenaires qui font progresser plutôt que ceux qui veulent challenger – peut-être pourrions-nous alors faire comme ces anciens qui viennent encore si souvent.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #499: Lasting in our disciplines

It is difficult to know what needs to be put in place when wishing to practice martial arts long-term. Even for those who haven’t gone into the competitive sports facet of the discipline, there comes a moment where we see many practitioners stop due to their pains and physical issues, often stemming from training.

When we see boxers completely ceasing sparring (and this is a good thing to avoid strong impacts), one might wonder about karatekas, judokas, or other grapplers: until when can they still practice randoris and enjoy sparring without putting themselves in danger?

But if we no longer fight, will we have the same passion for the discipline? How many practitioners quit post-competition? How many also quit when their body no longer provides the same sensations and capabilities?

To last, should we diminish or even abandon combat? But while there are disciplines that have forms like Katas or Taos, what about systems where one does not work alone? Should martial arts just become fitness or simple bodily maintenance?

If that is the case, apart from the history we have lived in the dojos, do we come for technical repetition, this quest for the precise gesture? Or do we go there to share, to teach?

For most of us, combat is the reason we spend hours training. Yet, these very fights are what might cause us to diminish or cease our presence in the gym. By taking care of one’s body and seeking « less but better » in terms of randoris – with partners who help you progress rather than those who just want to challenge – perhaps then we could do like those old-timers who still come so often.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #492 : Quand ça se règle dans la rue

Vous savez sûrement qu’il existe des « légendes » selon lesquelles les maîtres ou grands pratiquants d’arts martiaux ont réglé leurs comptes dans la rue. On connaît tous ce fameux pote qui connaît un type dont le maître a battu un autre sensei sur un parking. Tout comme Tadashi Nakamura a clamé s’être pris une balle suite à son retrait du Kyokushin (à vérifier davantage, j’ai peu d’infos).

Par contre, nos amis les Gracie de la première génération (et de la deuxième si vous vous rappelez des Riccio) ont bel et bien combattu dans la rue… en agressant à 3 ou 4 un seul pratiquant, Manoel Rufino, qui avait dominé Carlos Gracie dans un combat, puis attaqué par presse interposée les Gracie comme étant des escrocs. Compulsion de fin de carrière et surtout lourd trauma en ce 18 octobre 1932…

De même quelques semaines auparavant sur Donato Pires, le seul qui a été certifié par Maeda (Conde Koma) et pire… professeur de Jiujitsu de Carlos, Georges et les autres… Simplement pour éviter d’avoir de la concurrence d’un pratiquant qui, lui, a réellement eu un enseignement de première main du Jiujitsu (Kano Jiujitsu).

Les arts martiaux vendent du respect, une voie d’amélioration, un éveil à soi, mais n’oublions pas que beaucoup de personnes qui viennent dans des sports où l’on se tape dessus ou s’étrangle ont, sans le savoir, des choses à régler avec leur propre violence, leurs démons. Et que lorsqu’il y a en plus du business (plus que la réputation même), cette ombre peut aller jusqu’à abîmer sans possibilité de réponse la vie d’un homme.

Pour l’anecdote, les Gracie, grâce à Gastão qui donnait des cours à des magistrats, ont pu éviter les 2 ans et demi d’emprisonnement pour violences en groupe…

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 Martial Reflections of an Hypnofighter #492: When It Gets Settled in the Street

You surely know that there are « legends » about masters or great martial arts practitioners settling scores in the street. We all know that famous buddy who knows a guy whose master beat another sensei in a parking lot. Just as Tadashi Nakamura claimed to have taken a bullet following his withdrawal from Kyokushin (needs further verification, I have little info).

However, our friends the Gracie of the first generation (et the second if you remember the Riccios) did indeed fight in the street… by assaulting, 3 or 4 against one, a single practitioner: Manoel Rufino. Rufino had dominated Carlos Gracie in a fight, then attacked the Gracies through the press, calling them frauds. End-of-career compulsion and above all heavy trauma on that October 18, 1932…

Likewise, a few weeks earlier, on Donato Pires, the only one who was certified by Maeda (Conde Koma) and worse… Jiujitsu teacher of Carlos, Georges, and the others… Simply to avoid having competition from a practitioner who actually had first-hand teaching of Jiujitsu (Kano Jiujitsu).

Martial arts sell respect, a path of improvement, a self-awakening, but let’s not forget that many people who come into sports where we hit or strangle each other have, unknowingly, things to settle with their own violence, their demons. And when there is business involved as well (even more than reputation), this shadow can go so far as to damage a man’s life beyond repair.

For the anecdote, the Gracies, thanks to Gastão who taught classes to magistrates, were able to avoid the 2 and a half years of imprisonment for group violence…

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Réflexions de Pank / Instantané #493 : La difficulté de savoir l’histoire

Je trouve que la discipline qu’est l’histoire est complexe. Nous savons, en écoutant quelques minutes des experts de nombreuses sciences, que des domaines nous dépassent complètement et nous allons “croire” ce qui est proposé parce que nous n’avons aucune compétence pour comprendre ce qui est partagé.

Mais l’histoire peut facilement nous faire croire que nous sommes capables de comprendre le passé et de simplement retrouver des éléments qui pourraient répondre à nos interrogations. Parce que nous avons tous une histoire et une chronologie personnelle, nous pouvons parfois oublier que ce que nous pensons avoir vécu est biaisé. Ainsi, ce que des milliers d’êtres humains ont vécu au même moment ne sera pas associé à la même retranscription, nous présentant des récits, mais rarement des faits.

Dans le monde de l’hypnose et des arts martiaux, qui l’un comme l’autre sont entourés de mystères, de récits de bouche-à-oreille, et de secrets des écoles ou des prestidigitateurs, nous pouvons chercher dans des ouvrages des réponses qui pourtant devraient correspondre (par exemple dans un même groupe), et qui pourtant ne reflètent pas la même chose.

Ainsi, lorsque nous cherchons un concept ou une technique, cela peut nous donner des interprétations de ce que le professeur de l’époque a certainement confié à ses élèves. Mais, en fonction des ouvrages de ces dits élèves, ces interprétations ne se ressemblent plus vraiment. Voire, et nous le savons par expérience, un même événement retranscrit par différents protagonistes ne se révélera jamais identique, signifiant simplement que l’histoire des faits a disparu.

Dans une quête de petit savoir issu du passé, je me trouve souvent confronté à des sources contradictoires et c’est du coup difficile de pouvoir faire le pont et diffuser ce qui a été, parce que c’est simplement ce qui semble avoir été…

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Pank’s Reflections / Snapshot #493: The Difficulty of Knowing History

I find the discipline of history to be complex. We know, from listening to experts in many sciences for just a few minutes, that certain fields are completely beyond us. We will simply « believe » what is proposed because we lack the competence to understand what is being shared.

However, history can easily delude us into believing we are capable of understanding the past and simply finding elements that could answer our questions. Because we all possess a personal history and chronology, we can sometimes forget that what we think we have experienced is biased. Therefore, what thousands of human beings experienced at the same moment will not be associated with the same transcription, presenting us with narratives, but rarely with facts.

In the worlds of hypnosis and martial arts—both surrounded by mysteries, word-of-mouth tales, and the secrets of schools or magicians—we may search books for answers that should theoretically correspond (within the same group, for example), yet do not reflect the same reality.

Thus, when seeking a concept or a technique, we may find interpretations of what the teacher of that time certainly confided to their students. But, depending on the books written by said students, these interpretations no longer really resemble each other. Indeed, and we know this from experience, the same event transcribed by different protagonists will never reveal itself identically; it simply means that the history of the actual facts has disappeared.

In a quest for some small knowledge from the past, I often find myself confronted with contradictory sources. It is therefore difficult to bridge the gap and disseminate what « was, » because it is merely what seems to have been…

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #487 : Quand les critères sont impossibles

Nous savons que nous avons tendance à être durs avec nous-mêmes. La plupart des pratiquants d’arts martiaux ont une exigence forte, notamment vis-à-vis des grades.

En BJJ (Brazilian Jiu-Jitsu) et en Luta Livre, la ceinture noire peut encore être une sorte de trésor à la valeur inestimable. Les critères étant propres aux académies et aux professeurs.

Beaucoup de pratiquants de la première et deuxième génération en France ont fantasmé sur le niveau de la ceinture noire lorsque nous étions ceintures blanches ou bleues. Nous avions l’impression qu’ils étaient terriblement forts et qu’ils étaient des puits sans fond de connaissances.

Heureusement, les faits nous ont montré que ce n’était pas le cas. Ne serait-ce qu’au « Temple des Arts Martiaux » : après Orla, professeur très technique, nous avons eu Charlao qui, lui, était plus un « tank » basique à la recherche d’efficacité pure.

Pourtant, tous deux étaient ceintures noires Alliance, de chez Alexandre Paiva. Cette rencontre a été rafraîchissante, et surtout recadrante. Une ceinture noire n’est pas forcément celui qui est à jour sur toutes les dernières modes, surtout en BJJ avec ses saisonnalités techniques. C’est plutôt un pratiquant qui applique les fondamentaux et les bases de son système pour être plus efficace en combat, et qui possède le recul nécessaire pour comprendre et décomposer ce qui constitue les rouages d’une technique inconnue.

L’expérience, la compréhension corporelle, l’analyse cognitive, le tout dans une certaine efficacité de combat, donnent une formule certes moins idéalisée que celle d’être une encyclopédie vivante. Mais cette formule rejoint la réalité des ceintures noires « standard » que je croise depuis plusieurs décennies dans les dojos ou en compétition.

Et c’est peut-être inconsciemment cette « réalité » plus basique qui peut donner ce goût de ne pas « mériter » le grade ou de ne pas être « au niveau », quand on nous le remet la première fois.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #487: When Criteria Are Impossible

We know we tend to be hard on ourselves. Most martial arts practitioners hold themselves to high standards, especially regarding ranks.

In BJJ (Brazilian Jiu-Jitsu) and Luta Livre, the black belt can still be seen as a kind of treasure with inestimable value. The criteria being specific to academies and professors.

Many of us from the first and second generation in France fantasized about the black belt level when we were white or blue belts. We had the impression that they were terribly strong and were bottomless pits of knowledge.

Fortunately, facts showed us this wasn’t necessarily the case. Just looking at the « Temple des Arts Martiaux »: after Orla, a very technical professor, we had Charlao, who was more of a basic « tank » looking for pure efficiency.

Yet, both were Alliance black belts under Alexandre Paiva. This encounter was refreshing, and above all, grounding. A black belt isn’t necessarily someone up to date with every trend, especially in BJJ with its technical seasonalities. Rather, it is a practitioner who applies the fundamentals and bases of their system to be more efficient in combat, and who possesses the necessary perspective to understand and break down the mechanics of an unknown technique.

Experience, bodily comprehension, cognitive analysis, all combined with a certain combat efficiency, provide a formula certainly less idealized than being a living encyclopedia. But this formula aligns with the reality of the « standard » black belts I have crossed paths with for several decades in dojos or competitions.

And perhaps it is unconsciously this more basic « reality » that can give this taste of not « deserving » the rank or not being « at the level, » when it is awarded to us for the first time.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #486 : autonomie et arts martiaux

J’étais en stage de la FFKaraté hier sur le coaching des compétiteurs, que l’on peut généraliser aux pratiquants. De nombreux exemples étaient pris sur les plus jeunes, et notamment les ados.

Et là-dessus, les choses sont assez différentes de la pratique des années 90 pour cette population. Je me suis interrogé via mon expérience subjective sur le sujet.

J’ai commencé à combattre en karaté ado, issu d’un club où personne n’allait en compétition. De ce fait, à part la première fois, je me suis presque toujours retrouvé seul à aller combattre.

Le club donnait les règles et c’était parti avec un équipement simple : les petites mitaines blanches. Je crois qu’ils introduisaient les gants de couleur quand je passais à d’autres types de compétition.

Le sujet du stage était de dire qu’il fallait autonomiser les ados. Il y a eu une palanquée d’idées où je me suis aperçu que la peur d’avoir des litiges avec les parents, parfois en mode drone ou hélicoptère (en surcontrôle), empêchait le dojo de laisser vivre ces expériences aux jeunes.

La façon même d’accompagner en coaching est devenue particulièrement technique, avec ce qui est à mes yeux une « surprotection ou attention » des athlètes.

Je trouve que le paradoxe pour tous ces Senseï, qui veulent avec une profonde sincérité ouvrir l’ado à l’autonomie, est qu’ils renvoient une posture infantilisante en étant très couvrants, voire trop présents.

La compétition a été pour moi un des meilleurs moyens d’apprendre à gérer seul ma préparation, mes échecs ou mes victoires ; une façon d’être plus adulte et fier d’avoir ne serait-ce qu’osé. Difficile de prendre sa place avec un coach surprésent, voire une famille qui met la pression dans les gradins…

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Martial Reflections of a Hypnofighter #486: Autonomy and Martial Arts

I was at an FFKaraté (French Karate Federation) seminar yesterday on coaching competitors, a topic that can be generalized to all practitioners. Many examples were drawn from younger demographics, particularly adolescents.

Regarding this, things are quite different for this population compared to the practice in the 90s. I questioned myself on the subject through my own subjective experience.

I started competing in karate as a teen, coming from a club where no one went to competitions. Consequently, apart from the first time, I almost always found myself going to fight alone.

The club provided the rules, and off we went with simple equipment: little white mitts. I believe they introduced colored gloves when I moved on to other types of competition.

The topic of the seminar was the need to empower adolescents. There was a slew of ideas where I realized that the fear of disputes with parents—sometimes in drone or helicopter mode (over-controlling)—prevented the dojo from letting young people live through these experiences themselves.

The very way of accompanying through coaching has become particularly technical, featuring what is, in my eyes, an « overprotection or excessive attention » toward the athletes.

I find a paradox for all these Sensei who, with deep sincerity, want to open the adolescent to autonomy, yet project an infantilizing posture by being very covering, or even too present.

For me, competition was one of the best ways to learn how to manage my preparation, my failures, or my victories alone; a way to be more adult and proud of having at least dared. It is difficult to find one’s place with an ever-present coach, or even a family applying pressure from the stands…

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #482 : Encaisser quitte à se blesser

Dans le combat ou dans les actions de self-défense, l’idée générale est d’esquiver, de bloquer et de faire en sorte de ne pas en ressortir dans un état lamentable. Il y a cependant des exceptions, que ce soit en boxe ou en MMA, où certains combattants agressifs perdent des années de vie avec un style qui rentre dans toutes les actions. Cela fait malheureusement la joie des spectateurs qui objectivent les combattants.

Même si l’idée initiale (d’éviter les coups) est juste. Je ne parle même pas du cas des armes où l’encaissement est un pari sur la vie, surtout face à une lame, un bâton, une barre de fer, etc. Je vais néanmoins ajouter un « mais ».

Je me souviens de professeurs philippins dire avec une belle sincérité que si vous n’avez pas de lame et que vous n’avez plus de moyen de fuir, il faudra peut-être accepter de perdre votre main ou votre bras pour « éventuellement » jouer sur une opportunité… qui serait vraiment minime.

Il est contre-intuitif de faire du renforcement aux frappes, et il est impossible de renforcer sa tête. Des écoles comme le Karaté d’Okinawa, le Kyokushin et certains styles chinois ont des méthodes progressives pour être capable de prendre des coups en diminuant la possibilité de blessure et de KO.

Il ne faut pas croire qu’en situation de stress, tous nos automatismes nous amèneront à finir le conflit sans entrer dans le combat. Pour rappel, la self-défense est un « non-combat » ; elle ne cherche pas l’opposition mais la destruction de la structure agressive pour éviter la phase d’affrontement. Et même dans ces quelques secondes, il se peut qu’une droite, un coup de tête, une griffure ou autre vienne perturber nos actions. Si la douleur n’est pas gérée, elle peut nous mettre en situation d’échec.

Le renforcement n’est pas juste musculaire. C’est bien d’avoir des muscles, mais si l’on ne sait pas absorber ou continuer à combattre avec le nez en sang, la mâchoire en vrac ou les côtes douloureuses (entre autres), les muscles ne serviront pas de bouclier utile. Dans ma pratique, je dis à mes élèves : vous allez vous faire couper, peut-être vous faire « exploser ». Il faudra serrer les dents et « espérer » ne pas tomber KO pour aller au clinch puis au sol (en 1 contre 1 sans arme, bien sûr).

Préparer les apprenants à ces douleurs particulières, mentalement et de la façon la plus progressive possible à l’encaissement, est important dans tous les styles qui veulent préparer à la défense personnelle ou à l’opposition. Sans oublier que c’est quand même vraiment mieux d’esquiver.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #482: Absorbing hits even if it means getting injured

In combat or self-defense actions, the general idea is to dodge, block, and ensure you don’t emerge in a pitiful state. There are exceptions, however, whether in boxing or MMA, where certain aggressive fighters lose years of their lives with a style that engages in every action. This unfortunately delights spectators who objectify the fighters.

Even if the initial idea (of avoiding hits) is correct. I am not even talking about situations involving weapons, where « absorbing » is a gamble with your life, especially when facing a blade, a stick, an iron bar, etc. Nevertheless, I am going to add a « but ».

I remember Filipino teachers saying with beautiful sincerity that if you don’t have a blade and you no longer have a way to flee, you might have to accept losing your hand or your arm to « possibly » play on an opportunity… which would be truly minimal.

It is counter-intuitive to condition oneself for strikes, and it is impossible to strengthen one’s head. Schools like Okinawan Karate, Kyokushin, and certain Chinese styles have progressive methods to be capable of taking hits while decreasing the possibility of injury and KO.

We must not believe that under stress, all our automatisms will lead us to end the conflict without entering into combat. As a reminder, self-defense is « non-combat »; it does not seek opposition but the destruction of the aggressive structure to avoid the confrontation phase. And even in those few seconds, a right hand, a headbutt, a scratch, or something else might disrupt our actions. If the pain is not managed, it can put us in a situation of failure.

Conditioning is not just muscular. It’s good to have muscles, but if you don’t know how to absorb or continue fighting with a bloody nose, a messed-up jaw, or painful ribs (among other things), muscles will not serve as a useful shield. In my practice, I tell my students: you are going to get cut, maybe get « smashed ». You will have to grit your teeth and « hope » not to get knocked out so you can get to the clinch and then to the ground (in 1 vs 1 without weapons, of course).

Preparing learners for these particular pains mentally, and in the most progressive way possible for absorption, is important in all styles that want to prepare for personal defense or opposition. Without forgetting that it is still much better to dodge.

Take what is good and right for you. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #481 : L’impact de l’esprit sur le corps

Je réalisais une capsule ce matin pour rappeler que l’esprit peut être très fort lorsqu’il est bien orienté, même s’il possède des limites que nous n’avons peut-être pas envie d’admettre. Néanmoins, les sports de combat et les arts martiaux nous permettent, outre la facette défense ou combat, de développer de fortes aptitudes psychiques.

Que ce soit dans les styles internes ou externes, allant du Yi Chuan au Muay Thai, en passant par le Kyokushin ou le Silat, le travail se fait certes différemment, mais il y a une intention commune : développer le corps en même temps que l’esprit. Cela peut passer par l’apprentissage des principes de l’intention, que nous expérimentons tous lors des randoris/sparrings : quand nous sommes légers, dans le jeu, nous osons des techniques qui passent parce que notre corps ne vit pas de stress. À l’inverse, il s’agit d’apprendre à gérer un corps meurtri par un impact trop fort lors d’un match de Muay, voire, comme en Kyokushin, de s’adonner à des épreuves telles que les 100 combats pour le dépassement de soi. Enfin, avec la maîtrise de l’Imu et les épreuves de fakirisme (transpercements du corps avec des aiguilles ou des lames), nous savons que nous ne pouvons pas mettre de côté notre mental et notre psyché pour avancer dans la voie qui nous plaît le plus.

En cela, peu importent les écoles, nous nous rejoignons tous. Les passionnés de Self-défense travaillent aussi l’esprit pour la gestion du stress. Pour les écoles et instructeurs les plus intéressés, il y a aussi toute la gestion contextuelle et rituelle de l’avant-opposition physique. C’est un véritable numéro de jonglage entre la gestion des mots, du langage corporel et de la situation, tout en préparant un corps souvent sous stress à potentiellement exploser, que ce soit pour percuter et/ou fuir.

Nous apprenons aussi à quel point notre corps peut nous faire perdre confiance : une petite blessure, une grosse douleur suite à un impact, voire un « pop » d’un de nos membres quand on cherche à sortir d’une clé (même sans douleur invalidante immédiate), et le doute s’installe.

Outre l’affrontement externe que l’on voit dans nos styles, la quête de l’harmonie du corps et de l’esprit est un chemin passionnant et durable, ouvrant des perspectives avec le temps et l’âge vers un plaisir renouvelé dans sa voie.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/

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Martial Reflections of an Hypnofighter #481: The Impact of the Mind on the Body

I was making a capsule this morning to remind people that the mind can be very strong when properly oriented, even if it has limits that we perhaps don’t want to admit. Nevertheless, combat sports and martial arts allow us, beyond the defense or fighting facets, to develop strong psychic aptitudes.

Whether in internal or external styles, ranging from Yi Chuan to Muay Thai, passing through Kyokushin or Silat, the work is certainly done differently, but there is a common intention: to develop the body at the same time as the mind. This can involve learning the principles of intention that we all experience during randoris/sparring: when we are light, playful, we dare techniques that work because our body is not experiencing stress. Conversely, it involves learning to manage a body bruised by too strong an impact during a Muay Thai match, or even, as in Kyokushin, engaging in trials such as the 100-man Kumite for self-transcendence. Finally, with the mastery of Imu and fakirism trials (piercing the body with needles or blades), we know that we cannot set aside our mental state and psyche to advance in the path that pleases us most.

In this, no matter the school, we all come together. Self-defense enthusiasts also work on the mind for stress management. For the most interested schools and instructors, there is also all the contextual and ritual management of the pre-physical opposition phase. It is a real juggling act between managing words, body language, and the situation, while preparing a body often under stress to potentially explode, whether to strike and/or flee.

We also learn how much our body can make us lose confidence: a small injury, significant pain following an impact, or even a « pop » in one of our limbs when trying to escape a joint lock (even without immediate disabling pain), and doubt sets in.

Beyond the external confrontation seen in our styles, the quest for harmony between body and mind is an exciting and lasting path, opening perspectives over time and age towards renewed pleasure in one’s Way.

Take what is good and right for you. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/