Réflexions martiales d’un Hypnofighter #443 : L’analogie martiale, entre mimétisme et projection

Je ne sais pas si, comme moi, vous en avez assez de voir des vidéos montées avec des experts martiaux et un message ou une voix off qui fait une analogie avec ce qu’est être un homme/une femme de valeur, qui compare des situations à du leadership, etc.

Il y a une vidéo que j’ai vue dans des tas de montages, avec des « blabla » complètement en projection de la part des auteurs, concernant des jeunes à une compétition de l’IBJJF qui, après avoir gagné, font venir tous les participants sur la première marche du podium. Et là, vous avez tous les fantasmes de ce que sera un champion, un homme de valeur, un futur leader…

Mais quand on pratique, quand on a fait des compétitions, en BJJ ou ailleurs, cette façon de faire est extrêmement classique. Même dans ma catégorie de « gros », on arrive à le faire. Mais comme l’image plaît, comme on ne s’intéresse pas au contexte, on prend des pratiquants et on fait ce que notre monde ne cesse de dupliquer : des narratifs.

Alors que si l’on regarde simplement d’un point de vue psychosocial, au vu de l’âge des jeunes jiujitsutero, ils sont simplement dans le mimétisme. Oui, une reproduction de ce que l’on voit chez de très très nombreux champions à tous les niveaux dans les compétitions de Jiu-Jitsu Brésilien.

Nous allons avoir des phrases de Jun Fan (Bruce Lee) ou d’autres pratiquants, parfois réellement d’eux, parfois complètement à côté, qui, sonnant bien dans des présentations, sont reprises sans comprendre, ou sans simplement savoir pour quelle raison ils ont pu sortir cela. Bien sûr, ce que je dis sur nos disciplines se retrouve dans tous les domaines…

C’est peut-être que l’effort et la sincérité des pratiquants, souvent dans une grande douleur, ne me semblent pas respectés si l’on ne prend pas garde à ce qui donne la situation ou les mots à un moment T…

Et comme dit Kenshiro… « Tu ne le sais pas, mais tu es déjà mort. »

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #443: The Use of Martial Arts as an Analogy

I don’t know if, like me, there are times when you get fed up with seeing videos edited with martial experts and a message or voiceover that gives us an analogy about what it means to be a man/woman of value, comparing situations to leadership, etc.

There is one video I’ve seen in tons of edits, with completely projected « blah blah » from the authors, concerning kids at an IBJJF competition who, after winning, bring all the participants onto the first step of the podium. And there, you get all the fantasies of what a champion, a person of value, a future leader will be…

But when you train, when you’ve competed, in BJJ or elsewhere, this way of doing things is extremely classic. Even in my « heavyweight » category, we manage to do it. But since the image is appealing, since we don’t care about the context, we take practitioners and do what our world constantly duplicates: narratives.

Whereas if we simply look at it from a psychosocial point of view, given the age of the young jiujitsuteros, they are simply engaging in mimicry. Yes, a reproduction of what is seen from a great many champions at all levels in Brazilian Jiu-Jitsu competitions.

We’re going to see quotes from Jun Fan (Bruce Lee) or other practitioners, sometimes genuinely theirs, sometimes completely off-topic, which, sounding good in presentations, are repeated without understanding, or simply knowing why they might have said it. Of course, what I say about our disciplines can be found in all fields…

Perhaps the effort and sincerity of the practitioners, often in great pain, do not seem respected if we do not pay attention to what gives rise to the situation or the words at a specific moment…

And as Kenshiro says… « You don’t know it, but you are already dead. »

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions de Pank / Instantané #398 : L’impuissance de l’individu

Une réflexion sur les limites de l'action individuelle face aux défis mondiaux, et l'importance de la collaboration.

Nous savons que nous pouvons développer ce qui est nommé l’impuissance acquise. Des limites que nous acceptons alors que, factuellement, nous pourrions aller à un niveau supérieur. Pour autant, il existe clairement une chose que nous devons admettre, malgré les textes, les biographies ou autres, sur le fait qu’un homme peut changer le monde.

D’ailleurs, il est intéressant de voir que cette vision messianique est encore plus présente dans une période qui connaît de nombreuses tensions à travers le monde. Trump, Poutine ou les présidents sur le continent africain ou sud-américain, sans oublier notre Jupiter, il y a une croyance, une attente, un désir d’être celui qui, par sa puissance personnelle, fera cesser les guerres en 48h…

Et je comprends qu’il est difficile de se dire que nous, dans notre individualité, ne sommes que des rouages qui doivent s’associer à d’autres éléments pour mettre en place une dynamique, pour éventuellement créer une petite étincelle de puissance. Nous ne cessons d’avoir des groupes, des pensées et des comportements alternatifs, des mouvements qui veulent être anti-système.

Pourtant, rares, très rares même, sont les petits groupes sans puissance qui ont pu modifier et changer le monde. Même dans le monde du numérique, beaucoup de fondateurs d’entreprises qui ont changé le monde comme Meta étaient issus de milieux de pouvoir (Californie ou Harvard…).

Nous pouvons faire de belles choses seuls, mais il y a peu de chance que notre seule personne puisse modifier ou corriger des problèmes comportementaux ou moraux d’un grand nombre de personnes. C’est la notion de collaboration que nos ancêtres ont si bien développée qui a permis de faire passer notre monde d’une technologie préhistorique à la modernité.

Pour le meilleur et pour le pire de quelques individus qui ont réussi à prendre un peu plus de puissance en utilisant tous les autres…

Prenez ce qui est juste et bon pour vous.
Be One
Pank
https://www.pank.one/blog

Pank’s Reflections / Snapshot #398: The Impotence of the Individual

We know that we can develop what is called learned helplessness. Limits that we accept when, factually, we could go to a higher level. However, there is clearly one thing we must admit, despite texts, biographies or others, about the fact that one man can change the world.

Moreover, it is interesting to see that this messianic vision is even more present in a period that is experiencing many tensions throughout the world. Trump, Putin or the presidents on the African or South American continent, not forgetting our Jupiter, there is a belief, an expectation, a desire to be the one who, by his personal power, will stop the wars in 48 hours…

And I understand that it is difficult to think that we, in our individuality, are only cogs that must associate with other elements to set up a dynamic, to eventually create a small spark of power. We never stop having groups, alternative thoughts and behaviors, movements that want to be anti-system.

However, rare, very rare even, are the small groups without power who have been able to modify and change the world. Even in the digital world, many of the founders of companies that have changed the world like Meta came from powerful backgrounds (California or Harvard…).

We can do beautiful things alone, but there is little chance that our single person can modify or correct behavioral or moral problems of a large number of people. It is the notion of collaboration that our ancestors have so well developed that has allowed our world to move from prehistoric technology to modernity.

For better and for worse of a few individuals who have managed to take a little more power by using everyone else…

Take what is right and good for you.
Be One
Pank
https://www.pank.one/blog

Réflexions de Pank / Instantané #356 : La difficulté de la communication en groupe

 Cet article explore les complexités de la communication au sein d'un groupe, en particulier dans des contextes informels. Il contraste la communication hiérarchique avec les défis rencontrés dans les groupes dynamiques, où les interruptions, la fatigue et les sujets sensibles peuvent entraver une communication efficace. L'auteur, Pank, souligne l'importance de comprendre les mécanismes de la communication de groupe, surtout pour les praticiens de l'hypnose qui utilisent des techniques comme le rapport, le pace et le lead.

Hier avec une partie des HnO, on parlait d’un élément qui parfois peut être mis de côté quand on parle de communication : celui de faire transmettre ses messages quand on est dans un groupe. Comme le faisait remarquer Christine, quand on est dans un mouvement où il y a un “leader” comme c’est le cas dans une entreprise ou dans un cadre bien défini d’entreprise, c’est relativement simple.

Le groupe peut être considéré comme une entité et donc on efface les variables personnelles. De plus, la fonction “hiérarchie” étant acceptée, on se retrouve plus dans un mode marketing ou publicitaire, avec un mémo oral. Là où ça commence à se complexifier d’autant plus pour nous les hypnotistes issus d’un modèle qui reprend des notions PNL ou ericksonniennes, tel que le rapport, le pace et le lead.

Parce que si dans un tête-à-tête cela peut facilement se faire, dans un groupe libre et dynamique comme avec des amis, en soirée, autour d’un verre, etc., l’émetteur peut être interrompu. Du coup, les transes et le rapport que nous avons pu établir peuvent en un instant vriller et les différents éléments qui viennent s’insérer dans l’échange peuvent entraîner une incapacité à recadrer, ou cela peut prendre beaucoup de temps.

C’est à ces moments où l’énergie des différents émetteurs comme récepteurs se fait happer et outre le fait que la communication orientée se transforme en palabre confus, la fatigue va faire changer au fur et à mesure la façon d’interpréter les messages, mais aussi la façon de les proposer. Si à cela vous y ajoutez des sujets un peu tendus ou provoc, il y a de fortes chances qu’émergent des injonctions plus que des discussions et des interlocuteurs qui vont créer des binômes se séparant de l’échange commun.

Communiquer en groupe est différent de ce que nous connaissons et comprendre les rouages pour à minima diffuser son idée, serait déjà une première étape importante.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Pank’s Reflections / Snapshot #356: The Difficulty of Group Communication

Yesterday with some of the HnO, we were talking about an element that can sometimes be overlooked when we talk about communication: that of getting your messages across when you’re in a group. As Christine pointed out, when you’re in a movement where there is a « leader, » as is the case in a company or in a well-defined corporate setting, it’s relatively simple.

The group can be considered as an entity, and therefore personal variables are erased. Moreover, since the « hierarchy » function is accepted, we find ourselves more in a marketing or advertising mode, with an oral memo. Where it starts to get more complex, especially for us hypnotists from a model that incorporates NLP or Ericksonian notions, such as rapport, pace, and lead.

Because if this can be easily done in a one-on-one setting, in a free and dynamic group like with friends, at a party, over a drink, etc., the sender can be interrupted. As a result, the trances and rapport that we may have established can go awry in an instant, and the various elements that are inserted into the exchange can lead to an inability to reframe, or it can take a long time.

It is at these moments that the energy of the different senders and receivers is seized, and in addition to the fact that oriented communication turns into confused chatter, fatigue will gradually change the way messages are interpreted, but also the way they are proposed. If you add to that somewhat tense or provocative subjects, there is a strong chance that injunctions rather than discussions will emerge, and interlocutors will create pairs, separating themselves from the common exchange.

Communicating in a group is different from what we know, and understanding the mechanisms to at least disseminate one’s idea would already be an important first step.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank