Réflexions de Pank / Instantané #512 : Quand le sport dérape

En ce moment, dans le monde du Jiu-Jitsu Brésilien aux USA, et vous le constaterez certainement dans d’autres pays, il y a un scandale de type #metoo. Une légende du BJJ, André Galvão, est accusé de multiples faits concernant de jeunes femmes de son académie. Il y a quelques années, nous avions Lloyd Irvin ou Dela Riva qui étaient impliqués dans le même type d’histoire, sans oublier les instructeurs de chez Cyborg qui se sont enfuis au Brésil pour éviter les conséquences de leurs actes.

On pourrait se dire que l’esprit brésilien, qui sexualise facilement les relations, ajouté au dopage à forte testostérone, peut facilement entraîner des comportements problématiques voire mener à des agressions. Seulement, nous ne devons pas juste regarder aux USA, car en France, au sein de la Fédération de Judo, il y a eu de nombreuses histoires de professeurs qui ont fait la même chose.

Mais il n’y a pas que dans les arts martiaux ; la gymnastique ou la natation ont aussi ce même type de problème. Les entraîneurs ou coachs, qui sont souvent vus comme des figures d’autorité, avec lesquels les jeunes partagent leurs rêves mais aussi leurs douleurs, peuvent facilement ne plus faire la distinction entre la posture et la personne derrière.

De l’autre côté, le fait d’être une figure d’autorité, reconnue et respectée, donne une sorte de pouvoir et peut déclencher des comportements de prédateurs et de toute-puissance. Le sport d’élite est encore plus touché parce que les liens entraîneurs-athlètes sont uniques, pouvant brouiller les cadres et les récits des situations.

Ce que nous rappelle le cas ATOS (l’académie de Galvão) aux USA doit aussi nous redonner une dose de prudence et de surveillance sur ce qui se passe dans le monde du sport.

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Pank’s Reflections / Snapshot #512: When Sports Go Astray

Currently, in the world of Brazilian Jiu-Jitsu in the USA, and you will certainly see it in other countries, there is a #metoo type scandal. A BJJ legend, André Galvão, is accused of multiple offenses concerning young women from his academy. A few years ago, we had Lloyd Irvin or Dela Riva involved in the same type of story, not to mention the instructors from Cyborg who fled to Brazil to avoid the consequences of their actions.

One might think that the Brazilian mindset, which easily sexualizes relationships, combined with high-testosterone doping, can easily lead to problematic behaviors and even aggression. However, we should not just look at the USA, because in France, within the Judo Federation, there have been numerous stories of teachers who have done the same thing.

But it’s not just in martial arts; gymnastics or swimming also have this same type of problem. Coaches, who are often seen as authority figures, with whom young people share their dreams but also their pains, can easily lose the distinction between the role and the person behind it.

On the other hand, being a recognized and respected authority figure grants a kind of power and can trigger predatory and omnipotent behaviors. Elite sports are even more affected because the coach-athlete bonds are unique, which can blur the boundaries and narratives of situations.

What the ATOS case (Galvão’s academy) in the USA reminds us should also bring back a dose of caution and vigilance regarding what is happening in the world of sports.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #448 : Une Nouvelle Génération de Masters

Il est amusant de constater que le circuit de compétition IBJJF Masters n’est plus la suite d’une « carrière » adulte, mais bel et bien un cheminement sportif à part entière. Des pratiquants qui ont commencé à plus de 30-35 ans et qui, à l’inverse de ce que l’on voit dans tous les sports de combat qui visent les enfants pour créer des athlètes, se développent dans une optique adulte.

C’est une chose assez rare. On a souvent la vision des sports pour les jeunes et, même si je pense que les grands athlètes seront, à de rares exceptions, des jeunes, notre BJJ sportif arrive à faire vivre une expérience de sportifs avec un investissement très important de la part de personnes adultes qui ont un job, une famille, et puis ce hobby qui, pour certains, devient une obsession.

Si une chose est aussi marquante, c’est que, sur le territoire américain, les Masters, à 80% minimum, sont dopés. On pourrait se dire que c’est stupide, comme je le faisais remarquer, surtout pour les pratiquants qui ont commencé jeune. Les masters sont les « joueurs du dimanche », c’est l’après-période de compétition. Mais pas pour cette nouvelle génération de plus de 30-35 ans.

C’est parfois une étape qui leur permet de se rattraper dans le sport parce que peut-être des responsabilités plus jeunes ne leur ont pas permis de vivre ces expériences de « sport sérieux ».

Du coup, il y a deux types de compétiteurs : les masters qui ont commencé à ces tranches d’âge, déterminés et moins usés que les masters qui le sont devenus en passant par le monde compétitif parfois depuis l’enfance. Deux générations du même âge mais avec des états d’esprit très différents : l’un veut performer comme l’autre l’a souhaité plus jeune, et qui aime à continuer le jeu de la compétition, alors que pour lui cette période « sportive de compétition » est passée.

Pour les « jeunes » masters, par contre, ils sont et vivent comme des athlètes proches du haut niveau avec des objectifs pris très au sérieux.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #448: A New Generation of Masters

It’s amusing to note that the IBJJF Masters competition circuit is no longer a continuation of an adult « career » but rather their athletic journey. Practitioners who started at over 30-35 years old and who, unlike what we see in all combat sports that target children to create athletes, develop with an adult perspective.

This is quite rare. We often have a vision of sports for young people, and even if I think that, with rare exceptions, great athletes will be young, our competitive BJJ manages to offer an athletic experience with a very significant investment from adults who have a job, a family, and then this hobby which, for some, becomes an obsession.

One equally striking thing is that in the US, at least 80% of Masters competitors are doped. One might think it’s stupid, as I used to point out, especially for practitioners who started young. Masters are the « Sunday players »; it’s the post-competition period. But not for this new generation over 30-35 years old.

Sometimes it’s a stage that allows them to catch up in sports because perhaps younger responsibilities didn’t allow them to live these experiences of « serious sport. »

Consequently, there are two types of competitors: Masters who started at these age brackets, determined and less worn out than Masters who became so by moving through the competitive world, sometimes since childhood. Two generations of the same age but with very different mindsets: one wants to perform as the other wished when younger, and who loves to continue the game of competition, whereas for him this « competitive sports » period has passed.

For the « young » Masters, however, they are and live like near high-level athletes with very serious objectives.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #436 : La stratégie, un paramètre difficile

Nous savons que, pour les professionnels ou les athlètes qui souhaitent remporter des compétitions de haut niveau, le succès ne repose plus uniquement sur les meilleures performances pugilistiques, mais souvent sur une meilleure compréhension et utilisation des règles ou des jugements possibles.

J’ai assisté à l’ARES et, en visionnant l’UFC le lendemain, je me suis dit que parfois, les combattants sont trop belliqueux pour un sport de combat. Certes, c’est génial si l’on parvient à mettre son adversaire KO dès le premier round ou à le projeter plusieurs fois pour le contrôler et prouver une domination physique.

Cependant, cela part du postulat que ce qui sera attendu ou perçu par les spectateurs comme du spectacle – des frappes lourdes, des contres qui mènent au KO, une superbe souplesse et autres – n’est pas forcément une bonne stratégie. Un combat compte entre trois et cinq rounds, et il faut potentiellement tenir jusqu’à la fin.

C’est là que le problème peut survenir. Voir deux combattants épuisés dès le troisième round ne satisfait pas les spectateurs, et surtout, pour les combattants, cela devient très compliqué à gérer. Tout devient plus difficile à rendre efficace, et il y a en plus une diminution cognitive qui fait que les stratégies pour marquer des points ou gagner la faveur des juges deviennent de plus en plus absentes.

Quand on parle d’intelligence de combat, il s’agit paradoxalement de ne pas être le meilleur combattant s’il n’y avait pas de limite de temps ou d’arbitre. Dans un cadre donné, pendant un temps déterminé, il y a des conventions, des critères à remplir pour aller vers la victoire s’il n’y a pas de finalisation avant.

Et nous le constatons, des événements comme l’UFC Paris avec beaucoup de KO et de soumissions restent rares. Il faut très souvent aller chercher la décision, là où ce qui compte n’est pas forcément l’agressivité et où le côté violent compte le plus, là où nous pouvons tous être choqués des résultats, là où le combat se joue sur des critères qui parfois s’éloignent même de l’idée du combat.

C’est aux athlètes de savoir ce qu’ils font. Ce n’est pas la guerre, mais un combat avec des règles et des fonctionnements spécifiques, qu’ils doivent prendre en compte comme un ensemble de techniques à acquérir.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One, Pank https://www.passioncombat.net/


Martial Reflections of a Hypnofighter #436: Strategy, a Difficult Parameter

We know that for pros or athletes who want to win high-level competitions, success is no longer necessarily about the best pugilistic performances, but often about a better understanding and use of the rules or possible judgments.

I attended ARES and, watching the UFC the next day, I told myself that sometimes fighters are too bellicose for a combat sport. Yes, it’s great if you manage to knock out your opponent in the first round or repeatedly throw them to control and prove physical dominance.

However, that’s based on the assumption that what will be expected or seen by spectators as a spectacle—heavy strikes, counters leading to a KO, superb flexibility, and so on—might not be a good strategy. There are between three and five rounds, and you potentially have to last until the end.

This is where the problem can arise. Seeing two exhausted fighters by the third round doesn’t satisfy the spectators, and especially for the fighters, it becomes very difficult to manage. Everything becomes harder to execute effectively, and there’s also a cognitive decline that often makes the strategies for scoring points or winning over the judges increasingly absent.

When we talk about combat intelligence, it’s paradoxically not about being the best fighter if there were no time limit or referee. In a given setting, for a determined time, there are conventions, checklists to complete to move towards victory if there is no early finish.

And we see it, events like UFC Paris with many KOs and submissions remain rare. Very often, you have to go for a decision, where what counts is not necessarily aggression and where the violent side matters most, where we can all be shocked by the results, where the fight is played out on criteria that sometimes even move away from the idea of combat.

It’s up to the athletes to know what they are doing. This is not war, but a fight with specific rules and functions, which they must take into account as a set of techniques to acquire.

Take what is good and right for you.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #414 : Les blessures graves des combats

L'auteur, Pank, examine la violence des sports de combat professionnels, souvent ignorée par le public, qui réclame toujours plus d'action. Il met en lumière les risques réels, comme les blessures graves, les chocs cérébraux et les conséquences à long terme pour la santé des athlètes, parfois amplifiés par le dopage. Il aborde également la psychologie du combattant, qui entre dans un état de déni pour faire face aux dangers, et le rôle crucial des coachs pour sensibiliser leurs athlètes aux risques.

Les combats professionnels en plein contact peuvent être un spectacle passionnant à regarder, car nous savons que les athlètes sont prêts, capables de se donner corps et âme. Il est parfois étonnant de constater à quel point de nombreux spectateurs n’ont aucune conscience de la violence.

Ils veulent toujours plus d’action, ce qui entraîne des blessures et des coupures. Ils ne cessent de crier quand il n’y a pas assez d’action et exultent lorsqu’un corps inconscient s’effondre au sol. Les athlètes risquent réellement leur vie dans l’arène, et il peut y avoir non seulement la mort, mais aussi toutes ces maladies et problèmes qui pourront poursuivre ces combattants, qui n’ont parfois qu’une vingtaine d’années.

Il y a de plus en plus de pratiquants de haut niveau, et de plus en plus de techniques de dopage qui font que certains encaissent mieux et donnent des coups qui ne sont pas « humains ». On pourrait se dire que tout le monde se dope, donc que cela s’équilibre, mais il y a peu de choses qui ont permis jusqu’à présent d’éviter les chocs et les hématomes au cerveau.

Prendre conscience que ces deux boxeurs s’affrontent avec la possibilité de ne pas pouvoir vivre correctement juste après ou pour les années à venir peut en refroidir beaucoup. Et pourtant, quand nous sommes nous-mêmes sur ces rings ou dans ces cages, nous n’y pensons pas. Nous entrons dans une forme de déni qui nous permet de nous focaliser sur l’instant présent et de vivre un moment intense.

Mettre des mois à récupérer ses mouvements à cause de la casse ou des arrachements est une option que nous ne souhaitons pas envisager. Cela nous pousse à nous faire suffisamment confiance pour monter une fois de plus et affronter encore un adversaire.

En tant que coachs, nous devons aussi rappeler cette réalité à nos combattants de plein contact : même s’ils sont ludiques, les sports de combat restent des sports à risque.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

 Martial Reflections of a Hypnofighter #414: The Serious Injuries of Fighting

Full-contact professional fighting can be an exciting spectacle to watch because we know the athletes are prepared and capable of giving their all, both physically and psychologically. It is sometimes astonishing to see how many spectators are completely unaware of the violence.

They always want more action, which leads to injuries and cuts. They never stop shouting when there isn’t enough action and exult when an unconscious body falls to the ground. Athletes genuinely risk their lives in the arena, and there can be not only death but also all the diseases and problems that can haunt these fighters, who are sometimes only in their twenties.

There are more and more high-level practitioners, and also more and more doping techniques that allow some to withstand blows better and deliver « inhuman » punches. We might think that everyone dopes, so it balances out, but there is little that has so far been able to prevent shocks and hematomas to the brain.

Realizing that these two boxers are fighting with the possibility of not being able to live a normal life immediately afterward or for years to come can put a lot of people off. And yet, when we are on those rings or in those cages ourselves, we don’t think about it. We enter a form of denial that allows us to focus on the moment and live an intense experience.

Taking months to recover movement due to broken bones or tears is an option we do not want to consider. This leads us to trust ourselves enough to step up once more and face an opponent again.

As coaches, we must also remind our full-contact fighters of this reality: even though they are fun, combat sports remain high-risk sports.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #404 : L’ombre du crime organisé sur les sports de combat et les arts martiaux

C’est une question pertinente, sachant que les sports de combat, partout dans le monde, ont tendance à attirer des organisations aux fonctionnements mafieux, et que les paris et les matchs peuvent générer d’énormes sommes d’argent. Dans certains pays, comme la Thaïlande, nous savons que les camps et les combats sont parfois sous la coupe d’organisations dangereuses, et que les athlètes sont davantage considérés comme des animaux de combat que comme des êtres humains.

Il y a aussi ces contrats dont il est impossible de se dépêtrer et qui font perdre des années parfois clés dans le développement d’une carrière. Les arts martiaux ne sont qu’un produit de plus et ne sont pas considérés autrement par beaucoup d’exploitants. De même, nombre d’athlètes se font arnaquer sur des primes et d’autres promesses faites par des organisateurs.

Certains vont jusqu’à empocher l’argent et disparaître dans la nature, sans même organiser les événements. Les combattants, tout comme les spectateurs, se retrouvent volés. Les sports de combat sont assez sombres, et c’est d’ailleurs grâce aux liens assez forts avec les organisations Yakuza qu’Oyama (fondateur du Kyokushin) et plus récemment Ishii (fondateur du Seidokaikan et du K1) ont pu faire éclore des disciplines qui sont aujourd’hui pratiquées à travers le monde.

Ne parlons pas de la boxe anglaise qui brasse tellement d’argent et qui a longtemps été organisée dans des villes mafieuses comme Las Vegas, où diverses menaces peuvent être proférées à l’encontre des combattants ou de leur famille.

Nous risquons de vivre des situations potentiellement similaires dans les décennies à venir avec le BJJ. Il semble que les paris pour les matchs de grappling et de jiu-jitsu soient acceptés, ce qui va engendrer ce que vivent déjà certains athlètes, comme au tennis : de la pression de la part de parieurs lambda, qui vont jusqu’à envoyer des messages de menace aux joueurs.

Mais derrière cela se profile aussi la possibilité de plus en plus de trucages de matchs, d’encore plus de dopage, et d’une accumulation de vices qui viendront s’ajouter à ce qui existe déjà dans nos disciplines.

Il est difficile de ne pas faire un lien depuis bien longtemps entre le crime organisé et le combat. Il faut souhaiter que cela n’affecte pas trop les athlètes et le sport en général.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One,
Pank
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Title: Martial Reflections of a Hypnofighter #404: Are combat sports and martial arts not plagued by organized crime?

This is a relevant question, knowing that combat sports worldwide tend to attract organizations with mafia-like operations, and that betting and matches can generate huge sums of money. In some countries, like Thailand, we know that camps and fights are sometimes under the control of dangerous organizations, and that athletes are considered more as fighting animals than as human beings.

There are also these contracts that are impossible to get out of, sometimes causing athletes to lose key years in their career development. Martial arts are just another product and are not considered otherwise by many operators. Similarly, many athletes are scammed out of bonuses and other promises made by organizers.

Some even pocket the money and disappear into the wild, without even organizing the events. Fighters, as well as spectators, find themselves robbed. Combat sports are quite dark, and it is precisely thanks to strong ties with Yakuza organizations that Oyama (founder of Kyokushin) and more recently Ishii (founder of Seidokaikan and K1) were able to give birth to disciplines that are now practiced worldwide.

Let’s not even mention English boxing, which generates so much money and has long been organized in mafia cities like Las Vegas, where various threats can be made against fighters or their families.

We risk experiencing potentially similar situations in the coming decades with BJJ. It seems that betting on grappling and jiu-jitsu matches is accepted, which will lead to what some athletes already experience, as in tennis: pressure from ordinary bettors, who even send threatening messages to players.

But behind this also lies the increasing possibility of match-fixing, even more doping, and an accumulation of vices that will add to what already exists in our disciplines.

It has long been difficult not to draw a link between organized crime and combat. We must hope that this does not affect athletes and the sport in general too much.

Take what is good and right for you.
Be One,
Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #385 : Dopage, encore et toujours

Cet article explore la prévalence du dopage dans les sports de combat, en se basant sur l'expérience de Kru Charlton dans le Muay Thai. Il met en lumière les substances utilisées, leurs effets sur les combattants, et les implications éthiques et physiques pour les athlètes, tant professionnels qu'amateurs.

En écoutant la Fine Equipe cette semaine, l’équipe, et surtout Charlton, a mis en avant son expérience des rings, autant en tant que combattant que de coach. Avec 20 ans passés dans les plus grands stadiums de Thaïlande, il a été témoin de ce qui se passe autour du Muay Thai.

Rappelez-vous, les athlètes thaïlandais gagnent leur vie avec la boxe, mais sont surtout les « chevaux » de compétition des camps d’entraînement et de la mafia/parieurs. Nous ne sommes pas dans le monde idéalisé que peuvent se faire les pratiquants qui partent un mois pour se préparer à un match ou pour des vacances sportives.

Vous savez que je suis de ceux qui pensent que 95 % des athlètes de haut niveau, et encore plus dans l’élite, sont chargés. Kru Charlton explique que, culturellement, les Nak Muay pouvaient consommer du Kratom, une feuille de coca que les personnes âgées dans les villages mâchaient, et que l’entraîneur donnait avant les combats pour un effet euphorisant.

Mais il y a pire : les métamphétamines comme le Yaba et l’Ice (Crystal Meth). Maintenant, mettons-nous dans le contexte du combat. Avez-vous déjà combattu des gars dopés ? En BJJ, comme en Muay, c’est normal, et l’effet est très particulier : les dopés sont solides et ont une force incroyable, en plus d’avoir un cardio en mode no limit. Mais admettons, on se fait parfois pulvériser et on tape.

Mais dans les boxes, taper un type qui ne bouge pas et qui continue à frapper comme une mule… La boxe, c’est du sérieux niveau trauma (idem en MMA), une frappe peut vraiment avoir des conséquences à court ou long terme pour l’athlète. Ce n’est pas parce que les dopés peuvent être battus, qu’il ne faut pas en avoir conscience, surtout quand on va combattre ou quand on fait tirer des athlètes.

Au-delà des performances des athlètes non dopés, il est essentiel de penser à long terme aux impacts de combattre de tels athlètes et d’y aller en connaissance de cause, c’est le principe du pro qui est prêt à cela. Pour les amateurs, c’est, à mes yeux, différent : beaucoup n’iront jamais vivre de la discipline et il faut les protéger, autant pour eux-mêmes qui pourraient consommer, que vis-à-vis des adversaires acceptés…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #385: Doping, Still and Always

Listening to the Fine Equipe this week, the team, and especially Charlton, highlighted his experience in the rings, both as a fighter and as a coach. With 20 years spent in the biggest stadiums in Thailand, he has witnessed what happens around Muay Thai.

Remember, Thai athletes make a living from boxing, but are mainly the competition « horses » of training camps and the mafia/bettors. We are not in the idealized world that practitioners may have who go for a month to prepare for a match or for sports holidays.

You know that I am one of those who think that 95% of high-level athletes, and even more in the elite, are loaded. Kru Charlton explains that, culturally, the Nak Muay could consume Kratom, a coca leaf that the elderly in the villages chewed, and that the coach gave before fights for a euphoric effect.

But there is worse: methamphetamines like Yaba and Ice (Crystal Meth). Now, let’s put ourselves in the context of the fight. Have you ever fought doped guys? In BJJ, as in Muay, it’s normal, and the effect is very particular: the doped are solid and have incredible strength, in addition to having a cardio in no-limit mode. But let’s admit, we sometimes get pulverized and we tap.

But in boxing, hitting a guy who doesn’t move and continues to hit like a mule… Boxing is serious trauma level (idem in MMA), a strike can really have short or long term consequences for the athlete. It’s not because the doped can be beaten that we shouldn’t be aware of it, especially when we are going to fight or when we are having athletes fight.

Beyond the performances of non-doped athletes, it is essential to think long term about the impacts of fighting such athletes and to go there knowingly, it’s the principle of the pro who is ready for that. For amateurs, it’s, in my eyes, different: many will never live off the discipline and it is necessary to protect them, both for themselves who could consume, and vis-à-vis the accepted opponents…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #374 : Plaire à l’UFC

L'article explore la dynamique actuelle de l'UFC, la présentant comme une organisation où la performance sportive seule ne suffit plus. L'auteur soutient que les combattants doivent désormais exceller dans le divertissement et la communication, notamment en maîtrisant l'anglais pour interagir avec l'organisation et les spectateurs. Il souligne que l'UFC est une entreprise de divertissement avant tout, et que la stratégie de combat doit parfois céder le pas au spectacle pour satisfaire les attentes des employeurs et du public.

Vous avez vu le match de Belal cette nuit en main event de l’UFC 315. Cela me conforte dans ce que je ressens et perçois de cette organisation qui est la référence que toutes les autres tentent de suivre. Les athlètes doivent développer une compétence bien précise : plaire à l’employeur.

Vous le voyez de plus en plus depuis McGregor : c’est ce qui se passe autour du combat qui est pris en compte, puis pendant le match, il faut répondre aux attentes de l’organisation et des spectateurs. Je vous rappelle qu’ils paient pour un « service ». Les combattants sont là pour répondre à leurs attentes.

Du coup, en plus d’avoir une compétence pugilistique et athlétique, il faudra apprendre la langue de l’entreprise. Et j’insiste : si vous êtes aux USA et que vous êtes dans l’IT ou même vendeur chez Starbucks, il faudra que vous parliez anglais. Mais par contre, on en vient à penser que c’est normal que les employés d’une boîte américaine, qui combattent majoritairement sur le territoire américain, ne parlent pas anglais.

C’est une erreur. D’ailleurs, sans même parler de trash talk, il est très difficile de plaire à ses employeurs et à ses consommateurs si la communication n’est pas fluide.

Maintenant, mettons-nous d’accord : les combats à l’UFC, c’est du divertissement. Du coup, les athlètes et leurs teams veulent répondre aux exigences de leurs employeurs. Par conséquent, ce qui serait la bonne stratégie pour un athlète pour gagner n’est pas acceptable ou sera sanctionné par l’entreprise si ce n’est pas spectaculaire.

Être un combattant professionnel, c’est être un athlète qui combat et qui gagne. Sauf qu’être un combattant à l’UFC, c’est être un athlète qui doit être un showman ou une showwoman, qui gagne ou qui, même avec ses défaites, marque la discipline…

Bref, l’UFC, c’est vraiment une « culture d’entreprise », et leur objectif n’est pas de satisfaire les passionnés, mais de toucher le plus de personnes possible…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #374: Pleasing the UFC

You saw Belal’s fight last night in the UFC 315 main event. This confirms what I feel and perceive about this organization, which is the benchmark that all others try to follow. Athletes must develop a very specific skill: pleasing the employer.

You see it more and more since McGregor: what happens around the fight is taken into account, and then during the match, one must meet the expectations of the organization and the spectators. I remind you that they pay for a « service. » Fighters are there to meet their expectations.

Consequently, in addition to having pugilistic and athletic competence, one must learn the language of the company. And I insist: if you are in the USA and you are in IT or even a Starbucks salesperson, you will have to speak English. But then, people come to think that it’s normal for employees of an American company, who mostly fight on American territory, not to speak English.

This is a mistake. Moreover, even without mentioning trash talk, it is very difficult to please one’s employers and consumers if communication isn’t fluid.

Now, let’s agree: UFC fights are entertainment. Therefore, athletes and their teams want to meet the demands of their employers. Consequently, what would be the right strategy for an athlete to win is not acceptable or will be penalized by the company if it is not spectacular.

Being a professional fighter means being an athlete who fights and wins. Except that being a UFC fighter means being an athlete who must be a showman or a showwoman, who wins or who, even with their losses, leaves their mark on the discipline…

In short, the UFC is truly a « corporate culture, » and their objective is not to satisfy enthusiasts, but to reach as many people as possible…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #234 : Bravo l’équipe de France de Judo

Je pense que vous avez certainement vu le résultat de l’équipe de France de Judo et le titre olympique qu’ils ont remporté. En regardant un maximum de combats, je trouve que les athlètes sont des monstres physiques et mentaux.

Nous avons aux Jeux l’élite de ce style incroyable de combat et pourtant… je n’accroche pas. C’est complètement subjectif, je trouve que la voie de la souplesse met énormément l’emphase sur la puissance, qu’importe les catégories, je trouve qu’on voit un ratio technique/puissance qui met plus l’emphase sur la force.

Nous le savons, à technique quasiment égale, c’est toujours le physique qui fera la différence, voire, et nous l’avons beaucoup vu, la stratégie. Les fameuses victoires sur les avertissements. Certes, j’ai adoré le timing de l’Ouzbek sur Uta Abe, ou la Française, Cysique, qui passe un de-ashi-barai nickel.

D’ailleurs, cette technique comme les Ko-uchi et les balayages en général sont celles qui, à mes yeux, représentent le mieux l’essence du judo. Cela demande technique et timing, le poids et la puissance étant l’un des rares moments où ils ne prennent pas part.

Le niveau du judo est stratosphérique aujourd’hui et il est normal que la technique passe derrière, parce que c’est de l’expertise pour ceux qui pratiquent et qu’il y a souvent un niveau assez semblable. L’expérience, et on l’a vu dans le combat de Riner contre Saito, ce dernier, tout jeune, qui à 22 ans amène à un golden score. Notre géant guadeloupéen a bien géré son match (et la fatigue cumulée de la veille).

Un peu comme le BJJ, je ne suis pas un fan de la facette sportive du judo. Ça ne répond pas à ce que j’aime dans cette discipline, dans l’esprit randori, partage et élévation mutuelle. À ces moments, j’y vois des athlètes incroyables bien loin de la notion de Budo imaginée par Kano.

Encore une fois, bravo à nos entraîneurs et athlètes français, qui font briller notre forme de judo sportif dans le monde.

Judo #JO2024 #Paris2024 #ChampionOlympique #équipedeFrance #JigoroKano #Budo

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

http://www.passioncombat.net


Martial Reflections of a Hypnofighter #234: Bravo to the French Judo Team

I think you have certainly seen the results of the French Judo team and the Olympic title they won. Watching as many matches as possible, I find that the athletes are physical and mental monsters.

At the Games, we have the elite of this incredible combat style, and yet… I am not hooked. It’s completely subjective; I find that the way of gentleness heavily emphasizes power. Regardless of the categories, I think we see a technique/power ratio that puts more emphasis on strength.

We know that with nearly equal technique, it is always the physical aspect that makes the difference, or even, as we have often seen, strategy. The famous victories by warnings. Certainly, I loved the timing of the Uzbek against Uta Abe, or the Frenchwoman, Cysique, who executes a perfect de-ashi-barai.

Moreover, this technique, like Ko-uchi and sweeps in general, are those that in my eyes best represent the essence of judo. They require technique and timing, with weight and power being one of the rare moments where they do not play a part.

The level of judo is stratospheric today, and it is normal for technique to take a back seat because it is expertise for those who practice and there is often a similar level. The experience, as we saw in the match between Riner and Saito, this young man, who at 22 years old brought it to a golden score. Our Guadeloupe giant managed his match well (and the accumulated fatigue from the day before).

A bit like BJJ, I am not a fan of the sportive aspect of judo. It doesn’t respond to what I love in this discipline, in the spirit of randori, mutual sharing, and elevation. At these moments, I see incredible athletes far removed from the Budo concept imagined by Kano.

Once again, bravo to our French coaches and athletes, who make our form of sportive judo shine in the world.

Judo #JO2024 #Paris2024 #OlympicChampion #TeamFrance #JigoroKano #Budo

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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