Réflexions martiales d’un Hypnofighter #480 : Des systèmes trop complexes ?

Nous pouvons voir au travers des nombreux styles martiaux qui existent qu’il y a les systèmes « simples » et les « complexes ». Attention, ce n’est ni mieux ni moins bien, même si certains styles aiment vendre le nombre astronomique de techniques qui existent dans leur curriculum. Pourtant, la boxe anglaise, c’est principalement 5 coups, et le niveau atteint est juste incroyable.

J’aime aller aux stages, étudier des vidéos et tester des façons de faire, mais factuellement, je suis un pratiquant très basique, autant dans mon pied-poing que dans ma Luta ou mon BJJ. La dernière fois que je suis allé faire du Kali, je me suis retrouvé avec le même goût en bouche : pourquoi autant complexifier ? Je préfère la logique des Dog Brothers qui misent sur un nombre très limité de techniques, mais avec une efficacité prouvée dans une multitude de cadres.

Est-ce qu’on met en place des techniques complexes pour un développement de la coordination ? Pour développer des compétences motrices fines ? C’est génial, mais factuellement, dans ce qui nous intéresse pour la grande majorité en combat, est-ce assimilable ? Est-ce que sous stress, avec un bâton qui arrive « pleine balle », on va avoir cette finesse et la capacité de sortir ces combinaisons ?

Si vous avez combattu à pleine puissance dans le cadre de la compétition (voire dans la rue), vous voyez facilement que techniquement, on n’est pas tellement « propre ». Alors mettre en place des techniques complexes, je ne comprends pas la finalité pour le réel. Si le Krav Maga est critiqué, voire stéréotypé (et j’imagine que cela dépend des tendances), avec ses 10 frappes aux parties et ses 5 droites « dégueulasses », cela me semble pourtant plus cohérent pour le « terrain », le combat réel. Tout comme en boxe : tout le monde connaît les combinaisons de base, mais ça passe quand même.

Alors oui, au fil des décennies, il est possible que la « limite » du panel technique puisse un peu ennuyer. C’est peut-être bien la complexité quand on est vieux, qu’on ne combat plus vraiment et qu’on se challenge avec des combinaisons qui, en démonstration, sont vraiment sexy. De plus, d’un point de vue corporel et cognitif, c’est un vrai atout pour le vieillissement.

Pour l’instant, je reste dans l’équipe « peu, simple et mieux », mais je suis biaisé, le karaté m’a forgé.

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Title: Martial Reflections of an Hypnofighter #480: Systems Too Complex?

Looking at the numerous existing martial styles, we can see there are « simple » systems and « complex » ones. Careful, one isn’t better or worse than the other, even though some styles love to market the sheer number of techniques existing in their curriculum. However, English boxing is essentially 5 punches, and the level achieved is just incredible.

I like going to seminars, studying videos, and testing different ways of doing things, but factually, I am a very basic practitioner, as much in my striking as in my Luta or my BJJ. The last time I went to do Kali, I ended up with the same taste in my mouth: why complicate things so much? I prefer the logic of the Dog Brothers, who rely on a very limited number of techniques but focus on efficacy across a multitude of scenarios.

Are complex techniques implemented for coordination development? To develop fine motor skills? That’s great, but factually, concerning what interests the vast majority of us in actual fighting, is it absorbable? Under stress, with a stick coming at you « full blast, » are you going to have that finesse and the ability to pull off those combinations?

If you have fought at full power in a competitive setting (or even in the street), you easily see that technically, we aren’t that « clean. » So, implementing complex techniques makes no sense to me for reality. While Krav Maga is criticized, or even stereotyped (and I imagine it depends on the trends), with its 10 groin strikes and 5 « messy » right hands, it seems more coherent for the « field, » for real combat. Just like in boxing: everyone knows the basic combinations, but they still land.

So yes, over the decades, it is possible that the « limit » of a technical repertoire might get a bit boring. Perhaps complexity is good when you get old, you don’t really fight anymore, and you challenge yourself with combinations that look really sexy in demonstration. Furthermore, from a physical and cognitive point of view, it’s a real asset for aging.

For now, I remain on the « few, simple, and better » team, but I am biased; karate forged me.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #475 : Et si le combat ne calme pas ?

Nous avons souvent l’idée, et même le discours, que les arts martiaux et sports de combat peuvent être des « game changers » pour des jeunes (et moins jeunes) afin de les canaliser et de leur permettre d’exprimer leurs frustrations, colères et autres émotions destructrices, sous l’œil d’un instructeur.

Seulement, cette idée est sur le papier. Quand nous parlons avec des éducateurs qui sont aussi professeurs d’arts martiaux, les jeunes qui arrivent à trouver une voie dans les sports de contact ne sont pas si nombreux que ça. On pourrait penser que parfois c’est le coût des entraînements, ou les difficultés systémiques à pratiquer. Pourtant, nous avons un monde associatif assez génial sur le sujet, et des professeurs bénévoles très investis qui arrivent à faire des concessions pour parvenir à retenir les pratiquants incertains.

Seulement, si les budō peuvent proposer une rigueur, une discipline, des heures passées dans un gymnase ou un dojo, éloignant de certains comportements, cela ne dure que quelques heures quotidiennement. De plus, beaucoup, qui ont cette rage et cette sensation d’injustice, ne calment pas ce malaise qui les ronge et qui pourrait les pousser à des comportements de compensation ou de surcompensation.

Comme si, parfois, la seule chose qui peut offrir un apaisement est un knock-down ou une soumission de la vie, après des actions qui auront coûté beaucoup plus cher que leur ego n’est prêt à l’admettre.

Nos arts de combat sont effectivement de belles écoles, mais elles ne restent que des écoles. Et parfois, nous ne sommes pas encore prêts à nous rendre compte des bénéfices que peuvent apporter ces lieux, non pas sur des mois… mais pour une vie.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #475: What if Combat Doesn’t Calm?

We often have the idea, and even the discourse, that martial arts and combat sports can be « game changers » for young people (and older) to channel them and allow them to express their frustrations, anger, and other destructive emotions, under the watchful eye of an instructor.

However, this idea often remains theoretical. When we talk to educators who are also martial arts instructors, the number of young people who truly find their path in contact sports is not that high. One might think that sometimes it’s the cost of training, or systemic difficulties in practicing. Yet, we have a rather excellent associative world on the subject, and very dedicated volunteer teachers who manage to make concessions to retain hesitant practitioners.

However, while budō can offer rigor, discipline, and hours spent in a gym or dojo, diverting from certain behaviors, this only lasts a few hours daily. Furthermore, many who harbor this rage and sense of injustice do not truly calm this unease that gnaws at them and could lead them to compensatory or overcompensatory behaviors.

It’s as if, sometimes, the only thing that can offer appeasement is a knockdown or a submission from life itself, after actions that will have cost much more than their ego is willing to admit.

Our combat arts are indeed excellent schools, but they remain just schools. And sometimes, we are not yet ready to realize the benefits these places can bring, not just for a few months… but for a lifetime.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #472 : Les coups de mou

Hier, je parlais avec un de mes élèves qui, comme beaucoup, passe par un plateau. Il est doué, jeune et athlétique. Pendant plus d’un an et demi, il a fortement progressé. Mais son travail étant déjà physique, ajouté aux entraînements (« trainings »), les petites blessures prennent de l’ampleur.

Le cumul des douleurs, le sentiment d’être écrasé par des partenaires qui, il y a quelques semaines, ne semblaient pas poser de difficulté à notre jeu, est un grand classique. Le BJJ et la Luta Livre sont des disciplines implacables. Même pendant les randoris, nous avons des adversaires qui se donnent pleinement pour eux-mêmes se dépasser, s’améliorer et « gagner » leur combat.

Ces moments, s’ils deviennent réguliers, peuvent donner un goût amer à ce qui était une saveur de plaisir depuis longtemps. Dans tous les sports, et bien sûr dans les arts martiaux, nous vivons ces moments parfois longs. Plus nous progressons et vieillissons, plus il y a des périodes qui parfois durent une saison, voire deux, où notre corps ne cesse de nous rappeler les douleurs et où les entraînements semblent tellement difficiles, que nombre de pratiquants diminuent leur fréquence puis disparaissent.

J’ai vu beaucoup de jeunes, souvent autour de la ceinture violette (entre 4 à 8 ans de pratique), qui commencent à vivre ce doute, cette fatigue. Cette gestion du corps qui, entre le cou, les doigts, les épaules et les hanches, sans oublier les genoux, se rappelle de tout ce qui lui a été imposé.

Puis un jour, parfois pas avec moins de rappels du corps, mais comme si nous avions trouvé un angle pour débloquer ce qui nous empêchait d’avancer, les choses reprennent forme. Un nouveau goût agréable revient et la façon d’aborder sa pratique fleurit. Les choses changent, la pratique mûrit, puis le budoka reprend la quête de sa voie.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #472: The Slumps

Yesterday I was talking with one of my students who, like many, is going through a plateau. He is gifted, young, and athletic. For over a year and a half, he progressed strongly. But as his job is already physically demanding, added to the trainings, small injuries are starting to compound.

The accumulation of pain, the feeling of being crushed by partners who, a few weeks ago, did not seem to pose difficulty to our game, is a classic scenario. BJJ and Luta Livre are implacable disciplines. Even during randoris, we face opponents who give their all to surpass themselves, improve, and « win » their fight.

These moments, if they become regular, can give a bitter taste to what had been a flavor of pleasure for a long time. In all sports, and of course in martial arts, we experience these sometimes lengthy moments. The more we progress and age, the more there are periods that sometimes last a season or even two, where our body constantly reminds us of the pains and where trainings seem so difficult, that many practitioners reduce their frequency and then disappear.

I have seen many young people, often around the purple belt level (between 4 to 8 years of practice), who begin to experience this doubt, this fatigue. This management of the body which, between the neck, fingers, shoulders, and hips—not forgetting the knees—remembers everything that has been imposed upon it.

Then, one day, sometimes not with fewer reminders from the body, but as if we had found an angle to unlock what was preventing us from moving forward, things take shape again. A new pleasant taste returns, and the way of approaching one’s practice blossoms. Things change, the practice matures, and then the budoka resumes the quest for their path.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #471 : Du Combat Externe au Combat Interne

Il n’est jamais simple pour des pratiquants de sports de combat, surtout lorsqu’ils ont un esprit de compétition, de réussir à rester dans des disciplines où le temps, naturellement, fera son œuvre, transformant celui qui fut fort en quelqu’un de plus faible, et surtout, le faisant se faire battre.

De nombreux boxeurs, judokas ou jiujitsukas arrêtent alors, comme c’est aussi le cas en Kyokushin. Le problème est souvent que, sans cette facette d’opposition, sans cette sensation de progression ou de succès en randori, revient une sensation déjà vécue il y a des décennies, quand le pratiquant était une ceinture blanche.

C’est pour cette raison que les Chinois proposent de travailler l’interne dès 35-40 ans, après le potentiel pic physique, pour préparer la voie qui sera intérieure. Cette idée que nous ne devons plus nous axer sur les victoires éphémères d’un combat ou d’une compétition (éventuellement dans la rue, mais là, il est important de maintenir son intégrité), mais sur le corps, l’esprit.

Ces maux que l’âge peut déclencher : affaiblissement, douleurs ou maladies. Ce chemin où la quête d’harmonie avec soi et, potentiellement par extension, avec les autres. Une capacité à aller s’entraîner alors que plus rien ne valorisera le travail de l’extérieur, alors qu’il fait froid ou qu’il pleut, alors qu’il y a encore des douleurs ou des blessures.

Un cheminement dans les tréfonds de son corps et de son esprit, toujours dans une quête martiale, non pas contre le temps mais avec lui. Cette unité que tant de systèmes proposent. Mais cette fois, le combat n’est pas une opposition avec l’autre, mais vis-à-vis de ce qui nous attaque : les doutes, les peurs, les maux.

Faire de son entraînement quotidien une vraie dissociation avec l’ego, parce que plus rien n’est ou plutôt ne peut être prouvé. Juste celui du pratiquant tel Musashi qui entre dans sa phase monastique, non pas en apparence, mais dans son être, vers sa fin, mais dans une harmonie avec ce qui est…

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Martial Reflections of a Hypnofighter #471: From External Combat to Internal Combat

It is never easy for combat sports practitioners, especially those with a competitive spirit, to remain in disciplines where time will naturally take its course, causing the one who was strong to become weaker, and above all, to be defeated.

Many boxers, judokas, or jiujitsukas then stop, as is also the case in Kyokushin. The problem is often that without this aspect of opposition, without this feeling of progress or success in randori, a sensation experienced decades ago returns, when the practitioner was a white belt.

It is for this reason that the Chinese suggest working internally from the age of 35-40, after the potential physical peak, to prepare the path that will be internal. This idea that we should no longer focus on the ephemeral victories of a fight or a competition (possibly in the street, but there it is important to maintain one’s integrity), but on the body, the mind.

These ailments that age can trigger: weakening, pain, or illness. This path where the quest for harmony with oneself and, potentially by extension, with others. An ability to go training when nothing external will valorize the work anymore, when it’s cold or raining, when there are still pains or injuries.

A journey into the depths of one’s body and mind, always in a martial quest, not against time but with it. This unity that so many systems propose. But this time, the combat is not an opposition with the other, but against what attacks us: doubts, fears, ailments.

Making daily training a true dissociation with the ego, because nothing is or rather can be proven anymore. Just that of the practitioner like Musashi entering his monastic phase, not in appearance, but in his being, towards his end, but in harmony with what is…

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #470 : L’enseignement de Sensei Seisuke

Hier, je suis parti en stage de karaté Shorin Ryu que j’avais repéré sur le site de la fédération. Il s’est avéré que c’était Sensei Seisuke Adaniya qui animait ce moment. Il nous a fait travailler sur ce qu’il a nommé la Connexion Corporelle. Et ce fut très instructif de pouvoir faire ces exercices de posture et d’alignement.

Ce sont des concepts que j’ai déjà vus en Aïki ou dans certaines écoles chinoises, et comme souvent avec la vision Okinawaienne, il y a une souplesse même dans l’enseignement et l’apprentissage que je trouve passionnante. J’ai eu la chance de pouvoir être le Uke du sensei qui partageait ses connaissances, ce qui m’a fait ressentir ce qu’il enseignait.

Et j’ai pu entrevoir quelque chose d’intéressant, un concept que l’on connaît bien en Aïkido, en Judo avec certains anciens, parfois en BJJ : le principe d’unité et de non-opposition. Alors bien sûr, nous sommes dans des exercices, ce n’est pas un randori, ce n’est pas non plus de la self-défense ; c’est ce qui, je pense, donne une substance au « do » du Karaté.

Une démarche qui se voit dans la durée, et c’est d’ailleurs pour cette raison et au travers de ses expériences de vie que Sensei Seisuke a pu développer sa méthode.

Je n’ai pas pu rester toute la journée, mais le peu qu’il a enseigné est déjà à développer et à répéter. Le manque de Uke dans cette recherche sera sûrement un peu pénalisant ; il va falloir que j’arrive à l’adapter à mes logiques BJJ/Luta ou MMA. Seulement, dans ces contextes, les phases d’alignement comme il le propose me semblent pour le moment complexes et je risque de me faire arracher la tête (soit sur une droite, soit avec une guillotine).

L’unité et la non-opposition, si avec mon petit niveau je le ressens parfois, je n’arrive pas à l’appliquer dans des combats intenses et j’avoue que je ne vois personne le faire ; cela reste des exercices ou de la démonstration. En tout cas, n’hésitez pas à aller à la rencontre de ce Sensei vraiment sympa et plein de savoir.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #470: Sensei Seisuke

Yesterday, I attended a Shorin Ryu karate seminar that I had found on the federation’s website. It turned out that Sensei Seisuke Adaniya was leading the event. He had us work on what he called Body Connection. And it was very enjoyable to practice these posture and alignment exercises.

These are concepts I’ve already encountered in Aïki or in some Chinese schools, and as often with the Okinawan vision, there’s a flexibility even in the teaching and learning that I find fascinating. I had the chance to be the Sensei’s Uke as he shared his knowledge, which allowed me to truly feel what he was teaching.

And I caught a glimpse of something interesting, a concept well-known in Aikido, in Judo with some elders, sometimes in BJJ: the principle of unity and non-opposition. Of course, these are exercises; it’s not randori, nor is it self-defense; it’s what, I believe, gives substance to the « do » of Karate.

An approach that unfolds over time, and it is for this reason and through his life experiences that Sensei Seisuke has been able to develop his method.

I couldn’t stay all day, but what little he taught is already worth developing and repeating. The lack of a Uke in this exploration will likely be a bit penalizing; I’ll have to adapt it to my BJJ/Luta or MMA logic. However, in these contexts, the alignment phases he proposes seem complex to me for now, and I risk getting my head torn off (either with a straight punch or a guillotine choke).

Unity and non-opposition, while I sometimes feel it at my humble level, I can’t apply it in intense fights, and I confess I don’t see anyone doing it; it remains confined to exercises or demonstrations. In any case, don’t hesitate to meet this truly kind and knowledgeable Sensei.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #469 : La Respiration dans nos Arts Martiaux

Est-ce que nous travaillons suffisamment la respiration en conscience ? Même si je taquine souvent le Systema, je pense que c’est l’école numéro un pour la compréhension de la respiration et des possibilités que nous pouvons en tirer. Si je n’adhère pas complètement au style martial, je pense néanmoins qu’ils ont compris des choses que nous n’utilisons que trop peu.

En BJJ et Luta Livre, très souvent les anciens parlent de l’importance du travail du souffle. Le problème, à mes yeux, c’est qu’ils n’utilisent pas forcément le « flow » de la discipline, mais la complètent la plupart du temps avec du Yoga. Pour moi, c’est à la fois une bonne chose et en même temps un manque dans la discipline initiale.

Je trouve les styles de percussions et de boxe souvent plus cohérents quant à l’utilisation du souffle, notamment les expirations sur les percussions plus poussées. Les styles qui possèdent des katas, et encore plus les respiratoires, incitent à se poser sur des formes, profondes ou de surface, sur des rythmes, dans une recherche loin d’une efficacité immédiate en randori, mais une direction qui donne conscience des formes existantes.

Dans les styles souples chinois comme le Tai Chi et le Qi Gong, ils ont la chance, grâce à la lenteur et à la maîtrise du mouvement, de poser leur attention sur le souffle. Alors, pourquoi ne considérons-nous pas davantage le souffle, hormis sous son aspect cardio, pour éviter de simplement être épuisé à la fin d’un randori ou kumite ?

Cette recherche de relâchement peut nous sortir d’une mauvaise posture, nous redonner une sensation corporelle qui va ouvrir un angle permettant une sortie, une recomposition ou de court-circuiter une saisie ou une prise trop puissante.

Le souffle est essentiel et même si nous ne sommes pas tous taoïstes avec une attente de vie éternelle, nous pouvons optimiser pour la compétence martiale et son versant « mieux-être » notre apprentissage du souffle.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #469: Breathing in Our Martial Arts

Are we consciously working on breathing enough? Even though I often tease Systema, I believe it’s the number one school for understanding breathing and the possibilities we can gain from using it. While I don’t fully adhere to the martial style, I nevertheless think they’ve understood things that we use far too little.

In BJJ and Luta Livre, very often the elders talk about the importance of breath work. The issue, in my opinion, is that they don’t necessarily use the discipline’s « flow » but complement it, most of the time, with Yoga. For me, this is both a good thing and at the same time a lack in the initial discipline.

I find striking and boxing styles often more consistent in their use of breath, particularly expirations on more powerful strikes. Styles that have katas, and even more so respiratory ones, encourage focusing on forms, deep or superficial, on rhythms, in a search far from immediate effectiveness in randori, but a direction that raises awareness of existing forms.

In soft Chinese styles like Tai Chi and Qigong, they have the opportunity, due to the slowness and mastery of movement, to focus their attention on breathing. So, why don’t we consider breathing more, apart from its cardio aspect, to simply avoid exhaustion at the end of a randori or kumite?

This search for relaxation can help us get out of a bad posture, give us back a bodily sensation that will open an angle allowing for an escape, a recomposition, or to short-circuit a hold or grip that is too powerful.

Breath is essential, and even if we are not all Taoists expecting eternal life, we can optimize our breathing training for martial competence and its well-being aspect.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #455 : Les poids lourds en combat

Allez, un peu de « grossophobie » gratuite, venant d’un « gros », j’ai un joker ! Les arts martiaux et sports de combat sont des disciplines de force. Et même si des légers battent rarement des lourds, comme au CJI 2, on a pu voir, tant en Judo, en BJJ ou en Kyokushin, que les catégories « Absolute » (que je trouve plus sympa que « toutes catégories ») sont souvent remportées par des athlètes « bien lourds », voire « vraiment très lourds ».

Le problème est que souvent, les poids lourds sont déjà naturellement puissants (pas forcément « très forts » au sens strict). Ils utilisent bien leur force et le mouvement du corps pour « fracasser » d’une frappe ou pour contrôler et soumettre.

Seulement, comme ce qui est mis en avant, c’est la force et la puissance, on voit des athlètes ne faire que toujours plus de préparation physique, des heures pour prendre de la masse et de l’explosivité, mais moins pour la technique.

C’est normal : tu combats des « allumettes » comparées à toi, pourquoi se casser la tête à trouver un angle, une cale, un levier ou une réaction, alors qu’un coup de « boost » arrache globalement tout ?
En plus, avec des « smoothies magiques », le cardio est un peu amélioré ; regardez les poids lourds russes en Kyokushin, les colosses de l’UFC (bon, 10 minutes, c’est quand même difficile) ou les prolongations en judo…

Du coup, on perd un peu le jeu de se développer par la connaissance d’un système, mais on répond à la notion de sport de force.
Ce qui est intéressant, c’est de voir les moins lourds devenir « lourds techniques », comme un Usyk en boxe, qui est un bel exemple de technique plutôt que de jouer sur une confiance inconsciente pour terminer un match d’une seule frappe.

Maintenant, être lourd est aussi un handicap, que ce soit par la graisse ou le muscle : les angles sont moins simples à obtenir, la surface de frottement est importante, donc sur le dos, on a l’impression d’une tortue renversée. C’est normal que le cerveau cherche à économiser de l’énergie pour un maximum de « rentabilité ».

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Martial Reflections of an Hypnofighter #455: Heavyweights in Combat

Alright, a bit of free « fat-shaming, » coming from a « fat guy, » I have a joker! Martial arts and combat sports are disciplines of strength. And even if lightweights rarely beat heavyweights, as seen in CJI 2, we’ve observed in Judo, BJJ, and Kyokushin that « Absolute » categories (which I find nicer than « all categories ») are often won by « quite heavy, » or even « really very heavy » athletes.

The problem is that heavyweights are often already naturally powerful (not necessarily « very strong » in the strict sense). They effectively use their strength and body movement to « smash » with a strike or to control and submit.

However, since strength and power are what’s emphasized, we see athletes constantly doing more physical preparation, spending hours gaining mass and explosiveness, but less time on technique.
It’s normal: you’re fighting « matchsticks » compared to yourself, why bother finding an angle, a block, a lever, or a reaction when a « boost » generally tears everything apart?

Plus, with « magic smoothies, » cardio is a bit better; look at the Russian heavyweights in Kyokushin, the UFC behemoths (well, 10 minutes is still difficult), or the overtime in Judo..

As a result, we lose a bit of the game of developing through the knowledge of a system, but we meet the definition of a strength sport.
What’s interesting is to see heavyweights become « technical heavyweights, » like Usyk in boxing, who is a fine example of technique rather than relying on unconscious confidence to finish a match with a single strike.

Now, being heavy is also a handicap, whether it’s fat or muscle: angles are harder to get, the friction surface is significant, so on your back, you feel like a flipped turtle. It’s normal for the brain to economize energy for maximum « profitability. »

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #452 : Connaître son histoire ?

Comme je vous le partageais sur mon post concernant la CFJJB et la FFJ, je mettais en avant le fait que les professeurs seraient un élément clé, notamment dans la culture qu’ils allaient insuffler à leurs cours. Je pensais, à travers cela, à l’histoire : comprendre d’où vient le style et pourquoi il est tel qu’il est. Pourquoi aujourd’hui un ancien ceinture noire pourrait ne pas voir les choses de la même façon qu’une jeune ceinture noire qui ne pense qu’au Jiujitsu sportif.

J’écoute le podcast très sympa « Strapology » avec Nicolas, Samir et Florian. Dans une de ses réponses sur l’origine du BJJ, Florian m’a fait « tilter » que l’histoire n’intéresse pas. Nico fait aussi une histoire plus complète de la Luta, et il donne des exemples modernes dans l’échange BJJ/Luta avec la BTT par exemple. Alors qu’il aurait été croustillant d’expliquer que les croisements entre le Gracie Jiujitsu et la Luta Livre se sont bien développés dans les années 50-60, notamment avec le rebelle de la famille Gracie : George.

Je comprends que cela n’intéresse pas un auditeur de podcast, qui suit une nouvelle génération. D’ailleurs, beaucoup de ceintures bleues n’ont aucune connaissance des champions d’il y a quelques années, simplement parce que leur vision de la compétition est dans l’ici et maintenant, avec notre mode de l’instantanéité. Ce qui fut n’est plus, et il faut un nouveau combattant ou une nouvelle technique qui va faire le « buzz ».

Je suis biaisé dans mon discours, j’aime les origines et les histoires, parce que pour moi cela fait partie de la culture des styles que je pratique quotidiennement. Quand je soulignais que la nouvelle génération se fiche de ce qui a pu être fait par la CFJJB depuis 20 ans, que Carlos Gracie Jr soit pote de David…

L’histoire, même avec des élèves de Mako comme Florian qui ont été dans le dojo initial de l’histoire du BJJ, là où Rickson Gracie a fait son premier stage en 95, le cercle Tissier, ne s’y intéresse pas. Et comprenez-moi bien, ce n’est pas un problème ; beaucoup de personnes qui font du karaté pensent qu’il n’existe que le Shotokan, voire ne connaissent même pas le style de leur école.

Seulement, dans une confrontation politique et avec un impact plus subconscient, si une fédération offre plus de « confort » aux combattants, aux professeurs et nourrit la reconnaissance, il y a de fortes chances que la francisation de la discipline, comme le judo et le karaté avant elle, ne posera aucun problème, parce que les sources n’auront jamais atteint l’océan de connaissances des jeunes pratiquants.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #452: Knowing Your History?

As I shared in my post about the CFJJB and FFJ, I emphasized that professors would be a key element, particularly in the culture they would instill in their classes. I was thinking, through this, about history: understanding where the style comes from and why it is the way it is. Why today an old black belt might not see things the same way as a young black belt who only thinks about sport Jiujitsu.

I listen to the very enjoyable podcast « Strapology » with Nicolas, Samir, and Florian. In one of his answers about the origin of BJJ, Florian made me « click » that history doesn’t interest people. Nico also gives a more complete history of Luta, and he provides modern examples in the BJJ/Luta exchange with BTT, for example. Whereas it would have been fascinating to explain how the cross-pollination between Gracie Jiujitsu and Luta Livre developed significantly in the 50s-60s, notably with the Gracie family’s rebel: George.

I understand that this doesn’t interest a podcast listener, who follows a new generation. In fact, many blue belts have no knowledge of champions from a few years ago, simply because their competitive vision is in the here and now, with our instantaneity mode. What was, is no more, and a new fighter or a new technique is needed to create a « buzz. »

I am biased in my discourse; I love origins and stories, because for me, it’s part of the culture of the styles I practice daily. When I pointed out that the new generation doesn’t care what the CFJJB has done for 20 years, that Carlos Gracie Jr is friends with David…

History, even with Mako’s students like Florian who were in the initial dojo of BJJ history, where Rickson Gracie did his first seminar in ’95, the Tissier circle, doesn’t interest them. And understand me well, it’s not a problem; many people who do karate think that only Shotokan exists, or even don’t know the style of their school.

However, in a political confrontation and with a more subconscious impact, if a federation offers more « comfort » to fighters, to professors, and fosters recognition, there’s a strong chance that the « Frenchification » of the discipline, like judo and karate before it, will pose no problem, because the sources will never have reached the ocean of knowledge of young practitioners.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #450 : Devenir une Bactérie Martiale

J’entendais dire que, malheureusement, les bactéries sont devenues de plus en plus résistantes aux antibiotiques au cours des cinq dernières années, et de manière menaçante. En conclusion, la stratégie des bactéries est digne des meilleurs pratiquants de Jiu-Jitsu ou de systèmes de combat. L’adaptation est clé, surtout lorsque l’on a été maintes fois soumis.

Nous devenons tous plus résistants grâce à la pratique que nous accumulons : nous encaissons mieux les frappes (à l’exception de notre tête), nous ne nous fracturons plus à chaque chute, et nous parvenons à trouver des dynamiques pour sortir des soumissions. Nous avons cherché des réponses, à la fois consciemment et inconsciemment, afin de ne plus nous autodétruire.

Nous le savons, l’humain est ce qu’il est aujourd’hui grâce à sa capacité d’adaptation. Parfois, la quête de force peut donner l’impression que seule la puissance brute est efficace (ce qui reste souvent le cas ; essayez de vous entraîner avec les meilleurs de vos disciplines, ils ont TOUS une force d’ours).

Cependant, la force peut emprunter d’autres chemins. Cette faculté à subir sans disparaître, pour petit à petit trouver des solutions, à endurer pour commencer à prendre le dessus, ou comme le partage Adler, à accepter le sentiment d’infériorité pour construire une compensation dans un domaine, puis une conscience d’une autre infériorité à compenser, nous permet un développement personnel à la fois physique et psychologique.

Parvenir à vivre ces combats d’entraînement en ne cherchant pas à gagner, mais à comprendre comment ne pas perdre, peut changer la dynamique d’apprentissage. Cela rejoint ce que partageait Mestre Saulo Ribeiro qui considérait que, de ceinture blanche à bleue, il fallait chercher à apprendre à ne pas trop se faire soumettre, même pas à se défendre, juste à devenir RÉSISTANT, antibio-martial-résistant.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of an Hypnofighter #450: Becoming a Martial Bacterium

I’ve heard that, unfortunately, bacteria have become increasingly and threateningly resistant to antibiotics over the last five years. In conclusion, the strategy of bacteria is worthy of the best Jiu-Jitsu practitioners or combat system experts. Adaptation is key, especially when one has been submitted many times.

We all become more resistant through the practice we accumulate: we withstand strikes better (except for our heads), we no longer break with every fall, and we manage to find dynamics to escape submissions. We have sought answers, both consciously and unconsciously, so as not to destroy ourselves anymore.

We know that humans are what they are today thanks to their capacity for adaptation. Sometimes, the pursuit of strength can give the impression that only raw power works (which is often still the case; try training with the tops of your disciplines, they ALL have the strength of a bear).

However, strength can take other paths. This ability to endure without disappearing, to gradually find solutions, to persevere to start taking the lead, or as Adler shared, to accept the feeling of inferiority to build compensation in one area, then an awareness of another inferiority to compensate, allows for our personal development, both physically and psychologically.

Managing to experience these training fights not by trying to win, but by understanding how not to lose, can change the learning dynamic. This echoes what Mestre Saulo Ribeiro shared, who believed that from white to blue belt, one should seek to learn not to be submitted too much, not even to defend, but just to become RESISTANT, antibiotic-martial-resistant.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #446 : Éducation physique et/ou compétition

Comme je vous en ai parlé dans une précédente réflexion, nos arts martiaux sont avant tout des systèmes d’éducation physique plus que des méthodes optimum de combat « de terrain ». La question qui se pose ensuite est de savoir si l’éducation physique et mentale de soi-même, dans l’objectif de s’améliorer par et pour soi-même, doit passer par la compétition avec l’autre.

Est-ce que nous ne passons pas d’une vision orientée vers soi à une vision orientée vers l’autre ? Cela peut nous sembler normal dans un monde où la compétition et le sport sont très sensiblement associés, et sont de plus une source de revenus divers. Mais n’entamons-nous pas une démarche qui peut nous abîmer plus que nous éduquer ?

Est-ce que la quête de dominer l’autre, de vouloir dépasser la compétence, l’éducation de l’autre, n’est pas une démarche qui peut nous faire oublier nous-mêmes et ce que nous cherchons en nous ? En PNL (Programmation Neuro-Linguistique), on parle régulièrement de référence interne ou externe. Quand une démarche interne se tourne vers l’externalisation, sommes-nous encore fidèles à l’intention de départ ?

Quand est-ce que le « Shiai » (la compétition) n’apporte plus ce qui peut nous offrir découverte et compréhension de soi, mais peut être un oubli de soi par un égo qui se surdéveloppe, ou des attentes des professeurs, des amis ou de la famille qui se ** substituent** à ce qui pourrait être soi ?

Trouver un équilibre, comme dans tous les domaines et particulièrement dans nos domaines martiaux, est une possibilité. Il est possible de s’ouvrir à cette idée en définissant ce que nous mettons derrière un objectif. Dire que l’on veut être champion de telle ou telle chose, très bien, mais avec quelle motivation interne ? Prouver que l’on est le meilleur, mais à qui ? Et est-ce que si je le sens en moi, je serai plus moi-même, plus apaisé, plus grandi, au-delà des différents buzz et de la nourriture sociale ?

Qu’apprenons-nous, ou que voulons-nous découvrir de nos expériences, et pourquoi parfois nous nous perdons avec des abandons de soi après la carrière compétitive ?

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #446: Physical Education and/or Competition

As I mentioned in a previous reflection, our martial arts are first and foremost physical education systems rather than optimal « field combat » methods. The subsequent question is whether the physical and mental education of oneself, with the goal of improving by and for oneself, must go through competition with others.

Are we shifting from a vision focused on the self to one focused on the other? This might seem normal in a world where competition and sport are closely associated and are also a source of various incomes. But are we embarking on an approach that could damage us more than educate us?

Is the quest to dominate others, to want to surpass the competence and education of others, an approach that might make us forget ourselves and what we are looking for within? In NLP (Neuro-Linguistic Programming), we frequently talk about internal or external reference. When an internal process shifts towards externalization, are we still faithful to the initial intention?

When does  » Shiai » (competition) cease to provide what can offer self-discovery and self-understanding, and instead become a self-forgetting driven by an overdeveloped ego, or the expectations of teachers, friends, or family that substitute for what the self truly seeks?

Finding a balance, as in all fields and particularly in our martial arts, is a possibility. It is possible to embrace this idea by defining what we place behind an objective. Saying you want to be a champion of this or that is fine, but with what internal motivation? Proving you are the best, but to whom? And if I feel it within myself, will I be more myself, more peaceful, more grown, beyond the various buzz and social nourishment?

What do we learn, or what do we want to discover from our experiences, and why do we sometimes lose ourselves through self-abandonment after a competitive career?

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank