Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #106 : La Primauté de la Technique ou de la Force Physique

Hier, après une session d’entraînement intense, je me suis retrouvé au cœur d’un débat captivant entre des pratiquants de Muay Thai. Leur questionnement : quelle est la prépondérance entre la technique et la force physique dans les arts martiaux ? Cette interrogation résonne en chacun de nous, passionnés des arts de combat. Fort de mes années d’expérience, j’ai observé qu’un combattant au physique/athlétique détient souvent un avantage sur celui plus axé sur la technique.

Dans l’univers complexe et diversifié des styles de combat, prenons l’exemple de la frappe. Le « lucky punch » est un phénomène remarquable, où un combattant moins doué techniquement peut déstabiliser ou surpasser un adversaire supérieur par un coup imprévu. Cela a été manifeste lors de l’UFC 295, où Jiri Prochazka, adoptant une posture prudente, hésitait à s’engager, craignant un contre décisif de son adversaire – un contre qui a finalement scellé la victoire.

Dans le domaine spécifique du MMA, Jiri Prochazka est considéré comme un combattant plus complet que Alex Pereira. Pourtant, Pereira, avec son impressionnant « KO punch », se distingue dans la boxe à un niveau exceptionnel. En matière de lutte et d’autres formes de grappling, la technique est certes cruciale pour dominer un adversaire non initié, mais elle perd de son efficacité face à quelqu’un qui maîtrise quelques techniques clés et une posture solide.

Maurice Smith fut l’un des premiers dans le MMA à démontrer cette réalité, en apprenant à « sprawler » efficacement. Malgré un niveau de lutte plutôt modeste, il a su bouleverser une génération de grapplers avec un seul concept. Ceci illustre qu’une maîtrise technique exceptionnelle n’est pas toujours nécessaire pour triompher dans certains aspects du combat face à des adversaires hautement qualifiés.

D’autre part, un combattant à la fois athlétique (fort et agile) peut infliger de sérieux dommages. Prenons l’exemple de St Denis à l’UFC 295 : sa confiance en son physique et ses compétences techniques lui permettent de combattre avec intensité. Il sait que son endurance et sa force compenseront ses éventuelles faiblesses techniques, comme ce fut le cas lors de sa tentative ratée de guillotine.

Idéalement, un combattant devrait exceller à tous les niveaux, bien que cela reste rare. Souvent, ceux qui possèdent un physique avantageux se concentrent moins sur la technique, n’ayant pas à compenser un manque de force, tandis que les techniciens tendent à être moins physiques que les athlètes naturellement forts.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #101 : Qu’est-ce que le Karaté ?

Nous avons en France une culture du karaté liée aux styles traditionnels et non contact : Shotokan, Shito-ryu, Goju-ryu, Wado-ryu. Nous avons donc une perspective qui ne partage qu’une facette de la richesse martiale qui s’est développée au Japon. On peut se demander, par exemple, si le style de Oyama Sosai, le Kyokushin, pourrait être considéré comme du karaté.

En lisant de nombreux articles sur le karaté sur des blogs japonais, je constate une chose : le moment crucial pour l’histoire du karaté est souvent associé à la défaite des Japonais en 1972 au second championnat du monde de karaté non contact. Imaginez l’humiliation : aucun Japonais, ni en individuel, ni en équipe (que la France a remportée), n’était parmi les 5 premières places.

Cet échec a engendré de fortes tensions, car pour les fondateurs du karaté, cette discipline était celle qui maintenait la véritable essence de l’esprit japonais. Cela explique pourquoi Oyama avait déclaré que jamais de son vivant un étranger ne remporterait un championnat du monde de Kyokushin, chose qui est arrivée l’année suivant sa mort.

Le Kyokushin était le dernier bastion que les étrangers n’avaient pas encore ébranlé, et c’est pourquoi, avec les ambitions olympiques de la fédération traditionnelle, les frappes réelles leur semblaient complètement inappropriées pour diffuser cet art martial.

Kogawa, un membre de la fédération japonaise de karaté, avait même demandé à Sosai de nommer son style « l’école Oyama d’arts martiaux », sans référence au karaté. Et même le fondateur du Wado-ryu, Otsuka, avait déclaré : « Nous devons trouver un moyen de renverser nos adversaires. Ce serait bien si le gouvernement interdisait ce type de karaté. »

Imaginez à quel point la guerre politique et la définition même de ce qu’est le karaté étaient au cœur des années 70. La défaite de 72 explique aussi pourquoi Oyama a accéléré la démarche pour proposer le premier championnat du monde de Kyokushin, pour montrer que son karaté était un véritable style japonais, dominé par les Japonais. Sa stratégie d’expansion, avant même de bien développer le style au Japon, a dû être réorientée pour s’implanter solidement sur l’archipel, afin de combattre le karaté qui se voulait olympique. Sosai, à l’inverse de Matsui (son successeur à la tête du Kyokushin), ne souhaitait pas particulièrement voir le karaté aux Jeux Olympiques…

#Kyokushin #Karate #MasOyama #Wadoryu #conflit #politique

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #99 : La peur dans le combat

Même si aujourd’hui, pour une énorme majorité des pratiquants, les arts martiaux et sports de combat ne sont que des loisirs, il n’est pas nécessaire de faire des compétitions ou de combattre dans la rue pour valider une discipline.
Cela peut simplement être un moment de détente et de préparation physique. Parfois, dans les styles d’opposition, il peut y avoir des combats d’entraînement, comme les randoris. Ces moments peuvent être effrayants, que ce soit en Judo, en Karaté ou en BJJ. Même à l’entraînement, il est possible d’être secoué, de souffrir et, parfois involontairement, d’être blessé.

La compétition est une étape supplémentaire qui nous expose à une confrontation ritualisée. Mais, en fonction des règles, cela peut facilement mener au KO ou à une blessure par soumission. Le stress s’intensifie et une tension réelle s’installe. Il y a des moments où l’on peut se dire qu’on n’a rien à faire sur l’aire de combat.

On oscille entre exaltation et terreur, et pourtant, quand cela commence, tous ces doutes, cette anxiété, toutes ces peurs s’envolent. Il n’y a plus que le moment présent. Souvent, notre corps ressent le contrecoup de cette montée d’adrénaline, qui nous a épuisés.

Puis, il y a la rue. Le combat inattendu. Parfois, nous avons déjà terminé le combat avant que la peur ne se manifeste vraiment. Paradoxalement, plus on prolonge et ritualise les altercations verbales, plus la peur s’installe. C’est ardu dans un contexte où tout est permis et où la mort est une issue à envisager. La peur nous paralyse, rendant nos mouvements lents et imprécis. Nous sommes alors en mode « vision tunnel ». Et pourtant, c’est dans ces moments-là que nous avons le plus besoin de ressources, car cette fois, la peur a réellement un sens. Les conséquences sont bien plus graves que sur un tatami ou dans un gymnase.

Apprendre pas à pas à gérer la peur est essentiel. On peut commencer par surmonter la peur des randoris, puis celle des combats intenses, pour éventuellement se lancer en compétition, et enfin espérer être au top dans un affrontement de rue sans règles. C’est un long parcours, et la personnalité a aussi son mot à dire.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #97 : Les décisions de l’arbitre

Lors de l’UFC 294, une décision d’arbitrage a suscité la controverse parmi les spectateurs et, plus encore, chez les combattants. Johnny Walker a été arrêté à la suite d’un coup de genou au sol, considéré comme illégal. Ce qui nous a contrariés, c’est de voir que le combattant paraissait bien.

Toutefois, face à l’incompréhension générale de la décision, les commentateurs américains ont essayé de saisir ce que le médecin disait au combattant. Il semblerait que ce dernier ait demandé à quel round ils étaient. Après l’arrêt du combat, alors qu’il regarde l’arbitre mettre fin au match, il semble désorienté, revenant en position pour continuer le combat.

Cela peut sembler insignifiant, mais il est probable qu’il ait subi une grave commotion altérant temporairement ses fonctions cognitives. Avec l’adrénaline et la volonté de gagner, il est possible qu’il n’ait pas été conscient de son état réel.

Même si cela peut être frustrant pour les spectateurs et d’autant plus pour les combattants qui se préparent ardemment, l’arrêt d’un combat suite à un coup qui ne semble pas avoir causé de dégâts visibles (absence de sang ou de coupures) montre que, malgré la violence du MMA, certains médecins ne cèdent pas à l’aspect spectacle du sport.

Il se pourrait que ce médecin ne soit plus sollicité pour officier lors des combats de l’UFC. Néanmoins, il a pris une décision pour protéger le combattant. Connaissant l’adversaire de Walker, les rounds suivants auraient sans doute été intenses, avec probablement de nombreux coups au visage. Ce qui aurait pu être perçu comme une simple confusion aurait pu dégénérer en complications plus graves. Rappelons que Johnny a déjà été mis à terre 3-4 fois lors de précédents combats, ce qui signifie que son cerveau a déjà été mis à rude épreuve. De plus, les rigueurs du poids et de la déshydratation réduisent le liquide cérébro-spinal, offrant moins de protection à notre organe vital.

Être arbitre ou médecin est une tâche ingrate : être critiqué et détesté pour une décision qui peut potentiellement “sauver” une vie.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #95 : L’évolution de la population martiale

Récemment, j’ai eu une discussion avec Nicolas, le professeur de Taekwondo au Fushan Kwoon. Selon lui, le TKD pourrait suivre le chemin du Judo, qui attire majoritairement des enfants. Les styles traditionnels orientaux, empreints de rituels, semblent de moins en moins en phase avec l’époque actuelle.

J’avais déjà évoqué le sujet avec Gregot, le fondateur du Fushan. Ancien instructeur de Wing Chun, il a observé que, mis à part les sursauts d’inscriptions suite à la sortie de films comme « Ip Man », les écoles axées sur la répétition de mouvements dans le vide ou sur des formes attirent de moins en moins de monde à l’ère des arts martiaux modernes.

Aujourd’hui, le MMA, ainsi que la boxe et diverses formes de lutte, incarnent l’efficacité en combat. L’ambiance traditionnelle des dojos cède la place à des salles de sport pluridisciplinaires, plus axées sur le jeu et la performance que sur la quête intérieure à travers le combat.

Les attentes ont changé. Beaucoup s’adonnent aux sports de combat pour rester en forme plutôt que pour combattre sur un ring ou dans une cage. Certains, soucieux de leur sécurité personnelle, préfèrent les écoles modernes aux techniques désuètes du vieux goshin jutsu.

Il est probable que les styles traditionnels s’estompent avec le temps, sauf s’ils s’adaptent, comme l’a fait le Judo, pour devenir principalement des outils de développement physique et de discipline pour la jeunesse, sans chercher à être spécifiquement efficaces en combat.

Les époques changent, et les disciplines doivent évoluer, même si certains regrettent le bon vieux temps. C’est un autre défi à relever : accepter l’impermanence des choses.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #94 : La résilience en combat

Ce week-end, lors du combat principal de l’UFN opposant Yusuff à Barbosa, nous avons assisté à un affrontement spectaculaire. Le premier round a clairement démontré à quel point être un bon combattant ne se limite pas à la technique, mais englobe également la dimension psychologique.

Si vous avez vu le match, vous avez constaté que Yusuff a sévèrement mis en difficulté Barbosa, qui semblait à deux doigts de chuter sous ses coups. Pourtant, Barbosa a réussi à rester debout, à garder ses distances et, en bon grappler qu’il est, à limiter les impacts. Il est parvenu à revenir en clinch et à mettre le combat au sol. Malgré la pression et des coups puissants encaissés, il a su récupérer suffisamment pour éviter une défaite prématurée.

En combat, il est courant de subir des coups ou d’être dominé. Si l’on n’est pas capable d’absorber ces moments difficiles et de se remettre, il devient compliqué de continuer le combat ou de résister à ce que l’on endure. La préparation mentale est alors un avantage non négligeable.

Les ajustements que nous pouvons effectuer durant l’affrontement nous offrent, avant toute chose, un retour à la réalité. Cela signifie que nos efforts peuvent sembler vains et que peu de gens seront au courant de nos exploits, et même s’ils le sont, ils vont rapidement les oublier. La capacité à suggérer des idées et concepts pendant le combat est parfaitement envisageable, d’autant plus que le cadre temporel est clairement défini.

Plus nous explorons la dimension psychologique du combat, plus nous sommes en mesure d’aider notre combattant entre les rounds à passer à autre chose, à laisser derrière lui ce qui est révolu. En favorisant une présence ancrée dans le moment présent et en encourageant des projections positives vers l’avenir, l’athlète peut mieux gérer les adversités. Dans certains moments, cela peut même l’aider à entrer dans une sorte d’analgésie, lui permettant d’oublier ses douleurs.

Il est crucial de travailler la résilience non seulement pendant le combat, mais également après, que le résultat soit une victoire ou une défaite.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #93 : Le Jiu-jitsu coûte cher

Depuis quelques années, le Jiu-jitsu est devenu de plus en plus cher. En France, nous avons encore une culture associative qui permet à de nombreux néophytes de pratiquer cette superbe discipline. Cependant, le modèle que nous suivons en France est celui de l’IBJJF, qui fonctionne selon un modèle économique coûteux, particulièrement pour ce qui concerne les compétitions.

Hier, en discutant avec Dorane du peu d’intérêt qu’il avait à participer aux championnats d’Europe, nous avons abordé la problématique économique de notre sport. Quand j’ai commencé à combattre, les compétitions au sein de la FFkarate, dans les compétitions de Pancrase ou de Grappling, ne coûtaient rien ou juste une poignée d’euros.

Maintenant, nous devons débourser entre 50 et 150 euros pour participer à une compétition. Mes amis de la fédération ont raison de dire que les organisations sont devenues très professionnelles, ce qui implique des coûts élevés pour rémunérer les arbitres et le personnel de qualité. Certes, c’est vrai. Cependant, il s’agit toujours d’un sport. De plus, cela ne nous mène généralement à rien de spécial. Il est rare de participer à des compétitions où nous gagnons de l’argent en cas de victoire.

En 30 ans de compétition, je n’ai été rémunéré qu’une seule fois en remportant un tournoi. Cela semble dérisoire comparé aux milliers d’euros que j’ai dépensés simplement pour pratiquer. Avoir un t-shirt et une organisation de qualité, c’est bien, mais de mémoire en karaté, je ne payais rien et les compétitions étaient tout aussi professionnelles et bien organisées.

Alors, est-ce parce que nous sommes passés d’une organisation moins développée (plus ghetto) en grappling que au niveau des fédérations nationales en 20 ans ? Je pousse un peu, mais nous payons un prix qui a peu d’intérêt en pratique. Tout ce que nous voulons, c’est monter sur le tatami, être correctement arbitré (et même lorsque cela coûte cher, il y a encore des erreurs), et repartir avec une médaille en cas de victoire.

Je reviendrai plus en détail sur ce sujet, mais le sport et les fédérations restent un monde de business et de profit, comme une entreprise avec des règles que chacun utilise à sa manière, et rarement pour le bien des adhérents.

#Prix #Jiu-jitsu #Inflation #Abus #Argent #Bénéfice #Fun #Participation #Association #Fédération #IBJJF

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #90 : La question du niveau de sol en MMA

J’ai récemment eu une discussion avec Hamou, un de mes ceintures noires, à propos du MMA au sol. Il s’interrogeait sur le niveau réel au sol de Cedric Doumbé. Je lui ai clarifié qu’on n’était plus à l’époque du Jiu-Jitsu où des grapplers terminaient des combats après plusieurs transitions.

De nos jours, la plupart des soumissions résultent d’une transition depuis une position debout, souvent à la suite d’un coup puissant, d’un knock-down, ou encore d’une soumission consécutive à un takedown bien exécuté. Ce weekend, à l’UFN, nous avons pu observer cela lors du combat entre Pyfer et Alhassan.

Ainsi, évaluer le niveau au sol d’un striker en contexte MMA revient en réalité à se demander si ce striker est suffisamment compétent pour revenir en position debout. Lors du dernier UFC, nous avons constaté à quel point Fiziev était difficile à projeter au sol, et encore plus, à quel point le maintenir au sol était compliqué, même pour un combattant tel que Gamrot.

Le niveau au sol d’un MMAiste spécialisé en percussion n’est pas tant mesuré par sa capacité à grappiller selon les règles traditionnelles, mais plutôt par sa capacité à mettre en œuvre de l’antigrappling pour éviter d’être contrôlé ou soumis.

Ainsi, quand on dit vouloir évaluer le niveau au sol de Cedric, c’est souvent dans un contexte classique de Grappling, c’est-à-dire sans les coups et avec une intention purement au sol. Cette question est pertinente en soi, mais aujourd’hui, être ceinture noire en BJJ n’est plus forcément synonyme d’excellence au sol en MMA, surtout quand la stratégie repose principalement sur la lutte debout ou les frappes.

En tant que spécialistes d’une discipline, nous avons parfois le biais de voir le MMA uniquement à travers le prisme de notre spécialité, sans vraiment considérer le MMA dans sa globalité tridimensionnelle. Il est essentiel de recontextualiser notre expertise dans le cadre plus large du MMA.

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#MMA #Frappeur #Lutteur #Grappling #antigrappling  #UFC #CedricDoumbé

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #84 : Quand il s’agit de vraiment se battre

J’écoutais un podcast sur Gong avec la Fine équipe qui parlaient du fait qu’il est quasiment impossible de se préparer à ce qui pourrait se passer pendant une agression. Je suis assez d’accord avec ce que Cyrille et Daniel disent, quand il s’agit de combattre, nous ne savons jamais réellement comment nous allons pouvoir réagir.

Il est difficile de recréer des conditions qui peuvent se rapprocher de la phase de stress que nous pouvons vivre lorsque quelqu’un souhaite nous blesser voire même nous attaquer. Nous entrons dans un mélange de tremblements, de peurs, de stimulations, de colère et de multiples sensations qui ne sont pas facilement digérables.

Vous l’avez certainement déjà vécu lorsque vous avez été impliqué dans un accident assez violent, un imprévu qui vous met dans un état extrêmement intense de stress. À ce moment, nous pouvons être préparés à beaucoup de choses, mais la chimie de notre corps peut avoir d’autres intentions.

Si nous ne pouvons pas arriver à recréer ce type de contexte, nous pouvons toujours nous en approcher. Et ce qui se rapproche le plus d’un affrontement de rue est le combat ritualisé, celui que nous pratiquons en compétition, avec un adversaire qui, dans un cadre « confortable », veut nous mettre en difficulté.

Bien sûr, tout est différent de ce qui se passe dans le cadre urbain. Nous sommes échauffés, nous connaissons le début et la durée possible du combat, nous savons qu’il n’y a pas d’armes ni même de groupe qui peuvent entrer en jeu. Nous sommes donc potentiellement prêts à ce moment-là, même si nous ne pouvons pas assurer que nous pourrons nous exprimer pleinement.

Il est d’ailleurs fréquent que les premières secondes ne soient pas faciles pour donner le meilleur de nous-mêmes. Nous avons la sensation d’être lents, d’être moins performants qu’à l’entraînement. Imaginez si un jour où nous avons pu nous conditionner et nous préparer, nous ne sommes pas au top, que se passe-t-il quand nous ne sommes pas du tout connectés à la violence qui peut surgir sans que nous nous y attendions.

Nous pouvons sentir que nous n’avons pas les bons gestes, voire même que nous ne bougeons pas le moins du monde. Ce n’est rien d’autre qu’une phase de Freeze. Le pire, c’est que même si des dizaines de fois vous avez été très réactifs, il est possible que la prochaine fois, vous ne le soyez pas.

C’est comme les jours où nous ne le ressentons pas pendant une compétition. Seulement dans un sport, au pire, ça pique un peu, mais dans la rue, cela peut avoir des conséquences assez compliquées à gérer. Entre les blessures graves et les divers traumatismes physiques et psychiques, que ce soit pour nous ou pour les personnes qui auront été attaquées.

Les cours qui souhaitent enseigner la self-défense ne pourront travailler que quelques facettes de ce qu’est la réalité d’une agression. Plus ils parviendront à entraîner dans des conditions stressantes, plus il pourra potentiellement y avoir des réponses. Cela passera par une phase de combat proche de la compétition, avec des inconnus qui souhaitent vraiment en découdre.

Cette facette de la self-défense doit être sérieusement considérée dans nos styles, et ce qui est raconté pendant ces séquences doit être pris avec du recul et bien encadré par rapport à la gestion du stress.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #82 : Carlos Gracie, le Kano Brésilien

Je m’égare peut-être un peu en comparant Carlos à Jigoro, mais il est indéniable que tous les deux étaient des génies de la pédagogie et du marketing à leur manière. Carlos, en particulier, a joué un rôle majeur dans la structuration du Jiu-Jitsu et la création d’un véritable style de vie associé. Entre la Gracie Diet et les comportements qu’il attendait de ses élèves en dehors du dojo, il a façonné une approche holistique de la discipline.

Il convient de rappeler que Carlos était l’élève direct de Maeda, un disciple du Kodokan et du célèbre Kano Jiu-Jitsu, qui est officiellement devenu le Judo en 1925. Lorsque Maeda est arrivé au Brésil pour diverses raisons, il a proposé une méthode de combat qu’il appelait encore Jiu-Jitsu, mais qu’il avait modifiée pour s’adapter aux exigences du Prizefighting.

Carlos est donc l’un des frères Gracie qui a acquis des compétences auprès de ce professeur, et après avoir lui-même testé sa méthode contre d’autres styles, il s’est principalement orienté vers l’enseignement et la diffusion de leur méthode de Jiu-Jitsu. Avec l’aide de Hélio, cette discipline a réussi à se faire reconnaître grâce à l’introduction des Vale Tudo (combats où tout est permis). 

Carlos, issu d’une famille aisée, avait une compréhension profonde des rouages de la communication et a mis en lumière sa discipline. Il était capable d’organiser des tournois de Vale Tudo qui étaient relayés dans des journaux tels que le Globo. C’était l’équivalent des gros titres dans des journaux de renom en France, comme Le Monde ou Le Figaro.

Carlos avait une vision globale à travers le Jiu-Jitsu. Il a mis en place des exercices et des techniques visant à développer des compétences applicables dans la vie quotidienne. Il a également mis l’accent sur la self-défense, ce qui différait de l’approche de Maeda.

Malheureusement, Carlos est souvent oublié, et c’est Hélio qui est généralement mis en avant, voire même considéré comme le fondateur de ce style de Jiu-Jitsu. Cependant, il n’était pas le cerveau de la famille. En revanche, il était un praticien exceptionnel qui a affiné les techniques pour les adapter à son propre gabarit.

Le fils de Carlos, Carlos Jr (le père avait 21 enfants), a également révolutionné le Jiu-Jitsu en le développant du point de vue sportif, un peu à l’image de ce que Kano a fait pour l’intégration du Judo aux Jeux Olympiques. Il a réussi à faire du Jiu-Jitsu ce que nous connaissons aujourd’hui, avec la CFJJ devenue l’IBJJF.

Carlos Sr aurait pu être témoin de la victoire de son Jiu-Jitsu lors de l’UFC 1, un événement qui a propulsé cette discipline vers de nouveaux sommets. Sans le travail considérable de Carlos, jamais nous n’aurions vu cette discipline s’étendre au-delà du Brésil et s’affirmer comme un art de combat efficace dans le monde de la compétition interstyle.

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