Réflexions martiales d’un Hypnofighter #439 : Prendre l’entraînement avec plaisir

Il peut être difficile, dans les sports de combat, d’accepter de se faire littéralement « écraser » et de recevoir parfois des frappes lourdes, tout en considérant ces moments comme agréables. L’idée de souffrir non pas à cause de nos propres efforts, comme cela peut arriver en musculation ou en course à pied, mais à cause de l’autre, est souvent un frein.

L’opposition en contact est un élément inconnu qui peut transformer notre entraînement en un plaisir ou un enfer. Il est essentiel d’apprendre à connaître les partenaires que nous avons dans nos dojos ou salles afin de savoir avec qui nous sommes compatibles et d’éviter ceux qui ne le sont pas.

Il n’est pas toujours possible d’avoir les partenaires de sparring que l’on souhaite, simplement parce que le professeur a décidé quels binômes allaient travailler ensemble. Mais lorsque c’est possible, apprendre à connaître l’autre, même s’il est beaucoup plus fort que nous et va nous « mettre minable », n’est pas un problème.

Parce qu’avec ces personnes, il y a un feeling et surtout, malgré la difficulté de nos sports et les pressions que l’on subit, on prend du plaisir, on s’amuse, on tente des choses. Même le fait de se faire toucher ou de se prendre des clés devient amusant.

L’autre n’exagère pas ses percussions, de même que les soumissions ne sont pas appliquées dans le but de casser. Et de notre côté, on peut taper ou demander à l’autre de diminuer l’intensité si nécessaire. C’est un travail à deux, une discipline en commun, une ambiance qui, malgré les difficultés, donne l’envie de revenir.

Sentir que ce qui est pratiqué dans cette difficulté extrême reste un simple jeu, une distraction, un moyen de se rendre un peu plus heureux dans un quotidien qui nous met souvent moins sous pression ou en danger, mais qui n’a pas cette saveur unique que celle des arts martiaux.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #439: Taking Pleasure in Training

In contact sports, it can be difficult to accept being literally « crushed » and sometimes taking heavy blows, all while seeing these moments as enjoyable. The idea of suffering not from our own efforts, as can happen in weightlifting or running, but because of another person, is often a barrier.

Contact opposition is an unknown element that can turn our training into a pleasure or a hell. It’s essential to get to know the partners we have in our dojos or gyms to find out who we are compatible with and to avoid those who are not.

It’s not always possible to have the sparring partners we want, simply because the professor has decided which pairs will work together. But when it is possible, getting to know the other person, even if they are much stronger than us and will « humiliate » us, is not a problem.

Because with these people, there is a connection and, above all, despite the difficulty of our sports and the pressures we undergo, we find pleasure, we have fun, and we try new things. Even getting hit or put in a joint lock becomes enjoyable.

The other person does not exaggerate their strikes, just as submissions are not applied with the intent to break something. And on our side, we can tap out or ask the other to decrease the intensity if needed. It’s a two-person effort, a shared discipline, an atmosphere that, despite the difficulties, makes you want to come back.

To feel that what is practiced in this extreme difficulty remains a simple game, a distraction, a way to make ourselves a little happier in a daily life that often puts us under less pressure or danger, but which lacks the unique flavor of combat arts.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #432 : Apprendre à savoir ce que l’on attend

Plus on pratique, plus on prend en compte les sensations. Dans les arts martiaux, il y a cette phase de combat où parfois notre égo peut prendre beaucoup de place. Au départ, nous avons un besoin de prouver, non pas forcément aux autres ou aux entraîneurs, mais seulement à nous-mêmes.

Nous avons besoin de pouvoir nous dire que ce que nous étudions au dojo ou à la salle est utile et fonctionnel. Nous relevons les défis des différents niveaux que nous croisons. Parfois, nous dépassons nos limites, d’autres fois nous ne sommes capables de rien parce que nous sommes stressés par le niveau des plus anciens.

Puis nous prenons nos marques, nous savons ce que nous cherchons, et nous devenons plus techniques et plus expérimentés. Nous combattons avec des objectifs, des thèmes, des stratégies. Nous avons des partenaires et des oppositions que nous trouvons stimulantes, intéressantes et productives.

Ensuite, il y a les autres moments, qui deviennent problématiques, possiblement blessants, avec des débutants excités ou des avancés qui ne savent pas se retenir, qui ne savent « toujours pas » faire des sparrings. Nous devons parfois dépasser ce que nous avions en tête parce que l’autre est féroce, mais pas dans une notion d’opposition constructive, plutôt dans une vision « destructive ».

Nous sortons alors les crocs, nous recadrons, nous frappons ou soumettons avec plus d’intensité, sans plaisir, sans impression d’utilité. Un combat sans intérêt, qui va aussi ébranler notre égo que nous avions de plus en plus maîtrisé.

Ce sont des moments où il y a cette sensation de perte de temps et d’énergie, alors que les entraînements, ces temps pugilistiques même quotidiens, sont rares et ne sont plus simplement des moments pour évoluer, mais pour se sentir un peu plus en vie.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial reflections of a Hypnofighter #432: Learning to know what you’re looking for

The more you practice, the more you take into account the sensations you feel. In martial arts, there’s this phase of combat where sometimes our ego can take up a lot of space. Initially, we have a need to prove ourselves, not necessarily to others or to the coaches, but only to ourselves.

We need to be able to tell ourselves that what we’re studying at the dojo or the gym is useful and functional. We take on the challenges of the different levels we encounter. Sometimes we push past our limits, other times we are unable to do anything because we’re stressed by the level of the more experienced practitioners.

Then we find our footing, we know what we’re looking for, and we become more technical and more experienced. We fight with objectives, themes, and strategies. We have partners and opponents that we find stimulating, interesting, and productive.

Then there are the other moments, which become problematic, potentially hurtful, with over-eager beginners or advanced practitioners who don’t know how to hold back, who « still » don’t know how to do sparring. Sometimes we have to go beyond what we had in mind because the other person is fierce, but not in a constructive opposition, but rather in a « destructive » vision.

We then show our fangs, we reframe, we strike or submit with more intensity, without pleasure, without a sense of usefulness. A pointless fight, which will also shake our ego that we had increasingly mastered.

These are moments where there’s this feeling of wasted time and energy, even though training sessions, these pugilistic times, even daily ones, are rare and are no longer simply moments to evolve, but to feel a little more alive.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions de Pank / Instantané #439 : Se donner le droit d’échouer

Vous le savez, je suis un professionnel de l’échec (https://chk.me/lpNSpur). Je pense que nous devons toujours prendre en compte l’échec dans tout ce que nous entreprenons et faire confiance à notre capacité d’antifragilité.

Cependant, c’est assez douloureux, fatiguant et cela demande des efforts pour se relever, soigner notre ego, parfois notre corps et nos finances. C’est un jeu que beaucoup abandonnent, et c’est aussi pour cette raison que de nombreux coachs vous harcèlent avec la notion de sortir de votre zone de confort.

Mais pour qu’on décide de quitter notre sécurité, il faut pouvoir se dire que l’on va y gagner quelque chose, et c’est la campagne marketing qui est vendue. Pourtant, il serait plus honnête de dire que nous allons probablement plus perdre que gagner dans notre vie. Il y a certainement des exceptions, mais je nous place dans le camp des gens « normaux ».

Je repense à un discours que j’ai trouvé sympa de Xavier Niel, qui explique qu’il n’a de cesse de se louper sur ses propositions. Et il insiste pour que les jeunes essaient et acceptent d’échouer pour encore recommencer.

Je trouve son conseil excellent. Il est peut-être juste utile de prévenir que ça va piquer et d’être prêt à cela. Et je reviens sur la seconde chose essentielle quand on est équipé pour « l’échec total » : savoir faire des chutes, les ukemis.

En judo et dans d’autres arts martiaux, on apprend à chuter, car on se fait souvent « laver » (oui, comme dans une machine à laver) et on reçoit un choc violent contre un sol qui, par nature, sera toujours plus solide que vos os et votre chair. Mais chose extraordinaire, on peut subir des milliers de chutes au fil des années de pratique et ne pas avoir de séquelles (enfin, pas trop), parce que nous avons une expertise : celle d’absorber les chutes.

Alors oui, osez. Soyez prêts à échouer, et peut-être pourriez-vous juste y ajouter, au préalable, un entraînement aux chutes…

Prenez ce qui est juste et bon pour vous. Be One Pank https://www.pank.one/blog


English Translation

Reflections by Pank / Snapshot #439: Giving Yourself the Right to Fail

You know, I am a professional at failing (https://chk.me/lpNSpur). I think we must always consider failure in everything we undertake and trust in our capacity for antifragility.

However, it is quite painful, tiring, and requires effort to get back up, to mend our ego, and sometimes our body and finances. It is a game that many people give up on, and this is also why many coaches bother you with the notion of getting out of your comfort zone.

But for us to decide to leave our security, we must be able to tell ourselves that we will gain something from it, and this is the marketing campaign that is sold. Yet, it would be more honest to say that we will probably lose more than we will gain in our lives. There are certainly exceptions, but I place us in the camp of « normal » people.

I’m thinking back to a speech by Xavier Niel that I found great. He explains that he constantly fails with his proposals. And he insists that young people should try and accept failure in order to start all over again.

I find his advice excellent. It might just be useful to warn that it will sting and to be ready for it. And I come back to the second essential thing when you are equipped for « full failure »: knowing how to perform breakfalls, the ukemis.

In judo and other martial arts, we learn to fall, because we often get « washed » (yes, like in a washing machine) and we take a violent hit against a ground that, by nature, will always be stronger than your bones and flesh. But the extraordinary thing is that you can undergo thousands of falls over years of practice and not have any lasting injuries (well, not too many), because we have an expertise: that of absorbing falls.

So yes, dare. Be ready to fail, and maybe you could just add, beforehand, some training in breakfalls…

Take what is right and good for you. Be One Pank https://www.pank.one/blog

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #423 : Avoir confiance

Hier, pendant la session de street MMA, mon partenaire a décidé d’adopter une stratégie qui, dès le premier round, n’a pas été particulièrement bonne, vu le nombre de frappes qu’il a encaissées. D’habitude, vu la différence de gabarit, il est plutôt sur des blitz ou développe une grande mobilité.

À la fin de notre séance, quand nous avons débriefé, il m’a dit qu’il reprenait une idée qu’on lui avait enseignée : avoir confiance en soi, dans sa boxe et sa lutte. J’ai « tilté » sur cette notion. Nous avons l’habitude de parler de confiance en soi dans les sports de combat (et dans la vie aussi).

Seulement, on peut être sanctionné dans une opposition, car si l’on place sa confiance sur soi, on se trompe peut-être. On développe une confiance en soi quand on a développé une confiance en son jeu, en ses techniques et stratégies. Nous le savons bien avec ces personnes arrogantes qui entrent dans un club de sport de combat avec l’idée qu’ils vont « rosser » les boxeurs ou les lutteurs de la salle parce qu’ils sont bons dans des bagarres avec des copains. Pourtant, cela ne suffit pas.

La confiance se développe parce que les systèmes, les basiques que nous avons pleinement intégrés, sortent sans réflexion. Nous les avons tellement répétés dans différentes situations que nous savons que ça passe plus souvent qu’il n’y a d’échec. C’est cette habituation des mouvements, une connaissance de soi au travers des sparrings ou des compétitions qui nous donne confiance dans nos techniques, dans nos stratégies.

Il est d’ailleurs amusant de constater qu’en tant que professeur, il est fréquent de dire : « fais confiance à la technique ». Si elle existe encore, qu’elle a été utilisée depuis des décennies par des milliers de personnes et qu’elle est performante, tu n’as pas à douter, juste à l’assimiler.

Notre confiance en nous apparaît quand nous avons un lien avec notre pratique, quand nous avons pu la tester avec succès. La confiance se construit, elle ne s’impose pas.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank https://www.passioncombat.net/


English Translation

Martial Reflections of a Hypnofighter #423: Having Confidence

Yesterday, during the street MMA session, my partner decided to adopt a strategy that, from the very first round, wasn’t particularly good, given the number of strikes he took. Usually, given the size difference, he relies more on blitzes or develops great mobility.

At the end of our session, when we debriefed, he told me he was trying out an idea he had been taught: to have confidence in himself, in his boxing and his wrestling. This notion really struck me. We are used to talking about self-confidence in combat sports (and in life too).

However, you can be penalized in a fight because if you place your confidence in yourself alone, you might be mistaken. You develop self-confidence when you have developed confidence in your game, your techniques, and your strategies. We know this well with those arrogant people who walk into a combat sports club with the idea that they’re going to « kick the butts » of the boxers or wrestlers there because they are good at fighting with their friends. Yet, that’s not enough.

Confidence develops because the systems, the basics that we have fully integrated, come out without thought. We have repeated them so much in different situations that we know they work more often than they fail. It is this habituation of movements, a self-knowledge gained through sparring or competitions, that gives us confidence in our techniques and strategies.

It is also amusing to note that as a teacher, it’s common to say: « trust the technique. » If it still exists, if it has been used for decades by thousands of people and performs well, you don’t have to doubt it; you just have to assimilate it.

Our self-confidence appears when we have a connection with our practice, when we have been able to test it successfully. Confidence is built; it is not imposed on us.

Take what is good and right for you. Be One, Pank https://www.passioncombat.net/

Réflexions de Pank / Instantané #431 : Faisons-nous un peu de mal

Nous allons faire face à un problème avec les IA : que développerons-nous si nous ne musclons pas notre cerveau ? Que se passera-t-il si nous sommes dans une démarche où l’effort de recherche, de lecture ou de synthèse commence à être limité ?

On pourrait se dire que c’est un plus, car nous aurons du temps pour d’autres choses, sauf que cette « autre chose » est la consommation passive, voire la surconsommation économique, qui fonctionne sur des éléments pulsionnels plutôt que sur une mise en perspective des choses et la mise en place d’une décision « réfléchie ».

Nous avons la chance de vivre à notre époque et, paradoxalement, cette période où l’intelligence est disponible, où la possibilité d’aller plus loin dans nos questionnements, dans nos remises en question et dans l’apprentissage de nouveaux concepts devient un simple instant.

Sans intention, sans implication, sans effort ni friction, rien de ce que nous obtenons ne se maintiendra dans notre cerveau ou dans notre corps. Nous sommes dans l’obligation de nous « faire du mal » pour nous souvenir, pour associer des idées, pour développer des compétences, qu’elles soient cognitives ou physiques.

L’IA, perçue comme la réponse à tout, risque de nous faire devenir des moutons d’une réflexion prémâchée qui deviendra une normalité de fonctionner. On peut déjà remarquer les schémas de nombreuses de ces intelligences qui nous font voir que leur fonctionnement n’est pas personnalisé par rapport à ce que chacun d’entre nous est.

Moins nous utiliserons l’intelligence humaine, plus nous allons devenir ce que la nourriture excessive et le manque de mouvement ont déjà fait à nos corps… des êtres qui ont des difficultés à faire ce pour quoi nous avons été conçus : nous adapter et avancer.

Prenez ce qui est juste et bon pour vous. Be One Pank https://www.pank.one/blog

Pank’s Reflections / Snapshot #431: Let’s Do Ourselves a Little Harm

We are going to face a problem with AIs: what will we develop if we don’t strengthen our brains? What will happen if we are in a process where the effort of research, reading, or synthesis begins to be limited?

One might think that this is a plus because we will have time for other things, except that this « other thing » is passive consumption, or even economic overconsumption, which works on impulsive elements rather than on putting things into perspective and making a « thoughtful » decision.

We are lucky to live in our era, and paradoxically, this period where intelligence is available, where the possibility of going further in our questions, in our self-examination, and in learning new concepts becomes a simple instant.

Without intention, without involvement, without effort or friction, nothing we obtain will be retained in our brain or in our body. We are obliged to « do ourselves harm » to remember, to associate ideas, and to develop skills, whether cognitive or physical.

AI, perceived as the answer to everything, risks turning us into sheep of pre-chewed thinking that will become a normal way of functioning. We can already notice the patterns of many of these intelligences that show us that their functioning is not personalized to who each of us is.

The less we use human intelligence, the more we will become what excessive food and lack of movement have already done to our bodies… beings who have difficulty doing what we were designed for: adapting and moving forward.

Take what is right and good for you. Be One Pank https://www.pank.one/blog

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #408 : Voir les Progrès

Ce texte explore la philosophie d'enseignement d'un professeur d'arts martiaux qui privilégie l'observation et la correction plutôt que la louange excessive. L'auteur met en lumière l'importance de la progression personnelle de l'élève, visible à travers la pratique (randori) et les reconnaissances formelles (grades, stripes), tout en soulignant le rôle de l'enseignant comme guide et la fierté de l'apprenant face à ses propres avancées, souvent aidé par ses pairs.

Je ne suis pas un professeur qui félicite beaucoup, à tel point qu’on pourrait se demander ce que je trouve bien. C’est une erreur dans l’enseignement, pourtant j’ai l’impression que rapidement la verbalisation des éléments positifs peut mener à des abus sémantiques qui me dérangent.

Je pars du principe qu’en partageant ses modestes connaissances, le professeur est là comme un accompagnant, un observateur qui va corriger, orienter pour arriver à une forme ou une technique. Son rôle n’est pas de satisfaire l’enseignant, mais d’offrir à l’apprenant cette sensation que des choses progressent, avancent.

Cette réalité se voit dans le randori, dans la compréhension de plus en plus fine du système. Les grades sont des reconnaissances, des félicitations pour ce qui est accompli, et même aujourd’hui les « stripes » sont un élément qui exprime une avancée, une preuve de progrès.

Nous savons que parfois nous avons l’impression d’être illégitimes, que nous ne sommes pas ce que nous aurions aimé être à tel ou tel grade, et c’est là que l’enseignant valide, par un simple acte de remise de grade.

Et puis il y a ces périodes d’observation, en fin de saison, où l’on peut regarder où en sont les apprenants. Voir ce qu’ils ont pu mettre en place pendant des mois au travers des combats. Voir qu’au travers des randoris, il y a plus de structure, de confiance, simplement du progrès.

C’est un plaisir pour les étudiants, comme si une nouvelle compétence devenait leur. En tant que prof, je sais que je ne joue pas un rôle majeur dans la démarche ; je partage de la technique, mais ce sont eux qui répètent et appliquent. Alors ces avancées leur appartiennent, ainsi qu’aux coéquipiers qui les ont aidés consciemment et inconsciemment.

Cela nous rappelle que l’on avance pour soi et sa pratique, pour rien d’autre. Une voie personnelle, même si accompagnée.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #408: Seeing Progress

I am not a professor who praises much; one might even wonder what I find good. This is a mistake in teaching, yet I have the impression that quickly verbalizing positive elements can lead to semantic abuses that bother me.

I start from the principle that by sharing their modest knowledge, the professor is there as a guide, an observer who will correct, orient to achieve a form or a technique. Their role is not to satisfy the teacher, but to offer the learner the feeling that things are progressing, moving forward.

This reality is seen in randori, in the increasingly subtle understanding of the system. Grades are recognitions, congratulations for what has been achieved, and even today, « stripes » are an element that expresses advancement, proof of progress.

We know that sometimes we feel illegitimate, that we are not what we would have liked to be at a certain rank, and that’s where the teacher validates, through a simple act of awarding a grade.

And then there are these observation periods, at the end of the season, where one can see where the learners are. To see what they have been able to implement over months through sparring. To see that through randoris, there is more structure, more confidence, simply progress.

It’s a pleasure for the students, as if a new skill became their own. As a teacher, I know I don’t play a big part in the process; I share techniques, but they are the ones who repeat and apply. So these advancements belong to them, as well as to the teammates who consciously and unconsciously helped them.

This reminds us that we progress for ourselves and our practice, for nothing else. A personal path, even if accompanied.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #407 : La rencontre des autres académies

L'article explore l'importance et les bénéfices de visiter d'autres académies d'arts martiaux, comme le Jiujitsu et la Luta, au-delà de la compétition. Il souligne comment ces rencontres, malgré les différences de styles et d'enseignements, enrichissent la pratique et la compréhension de la discipline, favorisant un partage sincère de la passion entre pratiquants.

Tout le monde n’aime pas la compétition, qui est un moment sympa pour découvrir des façons de voir et d’appliquer le Jiujitsu et la Luta. De plus, le stress que cela peut engendrer fait que, jusqu’aux combats, la plupart restent dans leur tunnel de concentration.

Nous savons que notre communauté est vraiment chaleureuse, même si, comme toute famille, il y a parfois des tensions. Ces dernières ne touchent jamais les passionnés qui viennent en visite dans les autres académies. En déplacement ou pendant les vacances, prendre son gi ou son short et rashguard pour aller à la rencontre des autres styles et mentalités apporte à notre personne en plus de notre jeu.

Nous avons chacun un biais de point de départ, ce qui signifie que nous nous référons à la première chose que nous avons apprise sur un sujet. Aller chez les autres, c’est voir une autre façon d’apprécier la discipline, les approches d’enseignement ou les ambiances.

Les professeurs ont des attentes différentes des pratiquants, de leurs élèves, ce qui fait que ce qui semble essentiel dans une école ne l’est pas dans une autre. Le seul moment où tout le monde se ressemble, c’est les randoris. Bien qu’il y ait ceux qui sont sous les règles IBJJF et d’autres n’ont pas cette démarche, un combat reste un combat.

Certes, l’académie, comme des anticorps, va aller en force attaquer le virus que nous sommes en tant qu’intrus dans le système de vie du dojo. Et puis, qu’importe que l’on se soit fait rincer ou que nous ayons été intéressant pour les membres de ce microcosme, à la fin, les échanges, parfois cette invitation à repasser, nous indiquent que l’échange a atteint son but : partager sa passion comme un dialogue profond et sincère avec ceux qui, quelques heures avant, étaient juste des inconnus…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #407: Meeting Other Academies

Not everyone likes competition, which is a nice time to discover ways of seeing and applying Jiujitsu and Luta. Moreover, the stress it can generate means that, until the fights, most remain in their concentration tunnel.

We know that our community is truly warm, even if, like any family, there are sometimes tensions. These never affect enthusiasts who visit other academies. When traveling or during holidays, taking your gi or your shorts and rashguard to meet other styles and mentalities adds to our person in addition to our game.

We each have a starting point bias, which means we refer to the first thing we learned about a subject. Going to others’ places means seeing another way of appreciating the discipline, teaching approaches, or atmospheres.

Professors have different expectations of practitioners, of their students, which means that what seems essential in one school is not in another. The only time everyone is alike is during randoris. Although there are those who are under IBJJF rules and others do not have this approach, a fight remains a fight.

Certainly, the academy, like antibodies, will forcefully attack the virus that we are as intruders in the dojo’s way of life. And then, no matter if we got « rinsed » or if we were interesting to the members of this microcosm, in the end, the exchanges, sometimes this invitation to come back, indicate that the exchange has achieved its goal: to share one’s passion like a deep and sincere dialogue with those who, a few hours before, were just strangers…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions de Pank / Instantané #401 : Cessez d’apprendre, appliquez

L'article met en avant l'importance de l'application pratique des connaissances acquises, soulignant que l'accumulation de savoir sans mise en œuvre concrète mène à l'oubli. L'auteur encourage à partager et à utiliser activement ce que l'on apprend pour mieux l'intégrer et lui donner du sens, en prenant l'exemple de l'expérience de Milgram pour illustrer que la connaissance théorique seule ne suffit pas à modifier les comportements.

Nous avons tellement d’injonctions à cumuler la connaissance, à lire, étudier, regarder des vidéos. Le cumul encore et toujours, comme si nous devions avoir une bibliothèque énorme et un cerveau bien plein. C’est séduisant, surtout si on a une reconnaissance comme un diplôme ou un certificat.

Mais à quoi bon si ce que nous apprenons n’est pas mis en pratique, si nous ne pouvons pas voir ce que cela donne dans notre quotidien ? Une chose est certaine, ce que nous n’utilisons pas sera oublié. C’est comme la cuisine : moi, étant le pire chef de cuisine de ce dernier siècle, si je ne refais pas mes œufs sur le plat régulièrement… c’est le drame…

La connaissance est un plaisir, un shoot de plaisir quand on comprend, mais qu’allons-nous en faire ? Nous avons un excellent conseil qui est de partager ce que nous venons d’apprendre pour que nous puissions voir notre niveau d’intégration de l’idée ou du concept, voire simplement de compréhension.

Se voir dans l’action de la mise en application nous offre une assimilation et une sensation de donner un « sens » à ce savoir. Comme je vous le partageais dans la vidéo, on a beau connaître Milgram, la même quantité de population se soumet à l’autorité qu’à la première expérience. 60 ans de diffusion du savoir ne changent pas les comportements, si ce n’est juste une donnée et pas un élément central des actions que nous allons faire.

Alors un conseil : cherchez à appliquer ce que vous connaissez, puis revenez aux théories et logiques, mais comme dans l’hypnothérapie, tant de personnes connaissent des tas de techniques, mais ne savent pas où, quand et comment l’appliquer face à une personne en besoin de mieux-être. Pour moi, le moins est souvent le mieux si on peut l’utiliser.

Prenez ce qui est juste et bon pour vous.
Be One
Pank
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Pank’s Reflections / Snapshot #401: Stop Learning, Apply

We have so many injunctions to accumulate knowledge, to read, study, watch videos. Accumulation again and again, as if we had to have a huge library and a very full brain. It’s seductive, especially if you have recognition like a diploma or a certificate.

But what’s the point if what we learn is not put into practice, if we cannot see what it gives in our daily lives? One thing is certain, what we do not use will be forgotten. It’s like cooking: me, being the worst cook of this last century, if I don’t redo my fried eggs regularly… it’s a disaster…

Knowledge is a pleasure, a shot of pleasure when we understand, but what are we going to do with it? We have excellent advice which is to share what we have just learned so that we can see our level of integration of the idea or the concept, or even simply of understanding.

Seeing ourselves in the action of applying it offers us an assimilation and a feeling of giving « meaning » to this knowledge. As I shared with you in the video, we may know Milgram, the same amount of population submits to authority as in the first experiment. 60 years of knowledge dissemination does not change behaviors, if it is just a data and not a central element of the actions that we are going to do.

So a piece of advice: try to apply what you know, then come back to the theories and logics, but as in hypnotherapy, so many people know a lot of techniques, but do not know where, when and how to apply it to a person in need of well-being. For me, less is often better if we can use it.

Take what is right and good for you.
Be One
Pank
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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #382 : Être Prêt à l’Échec

Cet article explore l'importance de l'échec dans le parcours martial. Il met en lumière comment la résilience et la capacité à se relever après les défaites sont essentielles pour la croissance et le développement personnel du combattant. L'article souligne que chaque échec est une opportunité d'apprentissage et de remise en question, guidant le pratiquant vers sa propre voie dans les systèmes de combat.

Nous allons connaître des échecs dans notre cheminement martial. Nous n’allons pas toujours parvenir à exécuter les techniques, nous allons perdre des combats, parfois de grandes compétitions. Nous pouvons aussi être confrontés à l’échec physique, avec les blessures. Il est impossible d’aborder la vie, et encore moins le combat, sans prendre en compte la possibilité de ne pas y parvenir.

Et c’est sûrement ce qui nous enseigne le plus. C’est cette faculté que nous développons, la résilience, qui nous rend antifragiles. Cet élément qui, dans notre vie, nous montre que bien que nous ayons été tant de fois projetés, frappés et soumis, nous nous relevons pour reprendre l’entraînement.

Nous développons une capacité à vivre sous un stress qui nous fait commettre des erreurs, des luttes aussi avec notre ego qui, parfois trop présent dans cet acte humble qu’est l’affrontement physique, nous fait faire des fautes pouvant mener jusqu’à des traumatismes physiques ou psychologiques.

Nous sommes des combattants, nous pratiquons des styles de combat où l’autre est pleinement en opposition pour nous faire perdre, pour nous faire vivre parfois l’échec de manière répétée.

Et pourtant, en devenant de plus en plus experts dans l’art de la chute, ou plus précisément dans la capacité de briser les chutes, nous apprenons aussi à dépasser ce qui, au départ, nous affecte : nos incapacités, nos erreurs, nos défaites.

Puis nous nous relevons, parfois un peu agacés, attristés, mais toujours remotivés à tenter de faire mieux. Chaque randori, chaque kumité ou chaque match nous offre une expérience, une remise en question vers ce DO qui est le nôtre, et totalement personnel : notre voie dans notre vision des systèmes de combat.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of an Hypnofighter #382: Being Ready to Fail

We will experience failures in our martial journey. We will not always succeed in executing techniques, we will lose fights, sometimes major competitions. We may also face physical failure, with injuries. It is impossible to approach life, let alone combat, without considering the possibility of failing.

And that is surely what teaches us the most. It is this faculty that we develop, resilience, that makes us antifragile. This element that, in our lives, shows us that although we have been thrown, hit, and submitted so many times, we get up to resume training.

We develop an ability to live under stress that makes us make mistakes, struggles also with our ego which, sometimes too present in this humble act that is physical confrontation, makes us make mistakes that can lead to physical or psychological trauma.

We are fighters, we practice fighting styles where the other is fully in opposition to make us lose, to make us experience failure repeatedly.

And yet, by becoming more and more experts in the art of falling, or more precisely in the ability to break falls, we also learn to overcome what initially affects us: our inabilities, our mistakes, our defeats.

Then we get up, sometimes a little annoyed, saddened, but always motivated to try to do better. Each randori, each kumite, or each match offers us an experience, a questioning towards this DO which is ours, and totally personal: our path in our vision of combat systems.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #378 : Apprendre par Déduction

Cet article explore une approche d'apprentissage autodirigée dans les arts martiaux, où l'expérience et la déduction jouent un rôle central dans le développement des compétences. L'auteur partage son expérience personnelle et sa méthodologie d'enseignement, mettant en évidence l'importance de la compréhension conceptuelle et de l'adaptation aux individualités des élèves.

Je n’ai pas eu de prof en BJJ depuis ma ceinture bleue, du coup, j’ai dû mettre en place une stratégie d’apprentissage. Je rendais visite à des potes dans des académies, je faisais des séminaires, j’allais en compétition et j’achetais des livres. J’ai eu la chance d’avoir la FST de Luta Livre pour faire mes tests.

Mais on le sait, le Jiu-Jitsu, ce n’est pas de la Luta Livre, et rappelons-le, Peroba nous montrait vite fait une technique et on passait 1h30 à combattre. C’est une bonne chose si on veut appliquer ou plutôt découvrir des variantes en condition d’opposition. Le moins, c’est que je ne drillais pas et que je devais mettre en place un système que je cherchais à découvrir ou maîtriser en condition réelle.

Ce qui a pour conséquence que dans ma façon d’enseigner le BJJ, la Luta ou le MMA, je laisse beaucoup de temps à mes élèves pour répéter les concepts qu’ils ont pu comprendre dans la démonstration technique. Il y a des erreurs, des formes de corps qui ne sont pas justes, mais petit à petit leur “découverte” se fait en fonction de leur gabarit, leur nature en combat, etc.

Je trouve que la compréhension des concepts offre plus de possibilités pour déduire autour de la technique, même si parfois je me dis que les processus en mode 1 à 5, phase par phase, apaisent beaucoup les apprenants, surtout les moins expérimentés.

Dans la recherche des élèves, il y a souvent les mêmes erreurs que je peux corriger en groupe, une fois qu’ils ont senti que ce qu’ils proposaient ne fonctionnait pas sur la technique. L’effort pour trouver la solution va être gratifié par les petites corrections et donc la réussite.

Enseigner a vraiment cela de génial que nous nous rendons compte comme dans un combat que ce que nous proposons ne peut pas convenir à tout le monde et que nous allons tenter de proposer un jeu qui puisse faire grandir quoi qu’il arrive.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #378: Learning by Deduction

I haven’t had a BJJ teacher since my blue belt, so I had to develop a learning strategy. I would visit friends at academies, attend seminars, compete, and buy books. I was lucky to have the Luta Livre FST to test my techniques.

But we know Jiu-Jitsu isn’t Luta Livre, and as we know, Peroba would quickly show us a technique, and we’d spend 1.5 hours fighting. This is good if you want to apply or rather discover variations under opposition. The downside is that I wasn’t drilling and had to implement a system I was trying to discover or master in real conditions.

As a result, in my way of teaching BJJ, Luta, or MMA, I give my students a lot of time to repeat the concepts they understood in the technical demonstration. There are mistakes, incorrect body positions, but gradually their « discovery » happens based on their build, their fighting style, etc.

I find that understanding concepts offers more possibilities to deduce around the technique, even if sometimes I think that step-by-step processes, from 1 to 5, are very calming for learners, especially the less experienced ones.

In students’ learning, there are often the same mistakes that I can correct in a group, once they’ve felt that what they were trying didn’t work on the technique. The effort to find the solution will be rewarded by small corrections and therefore success.

Teaching is truly amazing in that we realize, just like in a fight, that what we offer may not suit everyone, and we will try to propose a game that allows growth no matter what.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank