Une réflexion qui continue mon papier d’hier : https://www.pank.one/blog/jusquou-doit-aller-limplication Je reviens sur la difficulté parfois de ne pas sortir de sa posture et de son cadre pour soutenir voire aider un partenaire de session.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Dans le domaine de l’accompagnement et de l’hypnothérapie, nous entendons souvent des histoires de praticiens/thérapeutes qui se sont investis corps et âme pour leurs clients/patients, allant au-delà de leur rôle professionnel, jusqu’à devenir un pilier, un soutien, voire un sauveur.
Cette posture peut parfois ne pas être perçue comme telle par le praticien, qui parlera d’investissement, de l’importance de l’humain et non d’un simple « client », utilisant une multitude de sémantiques pour rationaliser un comportement qui, malheureusement, ne représente pas toujours les professions de soutien ou d’aide aux personnes.
Nous pouvons facilement entrer dans des rapports transférentiels intenses et être sujets à des déclenchements d’émotions, ainsi qu’à une perception de la situation du consultant qui nous amène à sortir de notre posture professionnelle pour redevenir simplement humain. Si, sur le papier, ce que je dis semble manquer d’empathie – parce qu’on ne devrait pas juger des personnes qui s’oublient et donnent tout pour un ou des clients/patients –, la raison est simple : ce n’est pas leur travail.
Il existe une notion de « meilleur effort », mais pas celle de « mission sauvetage ». Celui qui, à terme, avec ce fonctionnement, aura besoin d’être aidé, voire sauvé (une attente inconsciente qu’un autre thérapeute fasse ce qu’il a fait pour tant de clients), c’est le praticien. Si, dans les écoles, nous parlons de postures et de cadres, et que ces deux éléments sont vraiment compliqués à maintenir, c’est justement parce que nous pouvons nous perdre dans des rapports transférentiels (et en l’occurrence contre-transférentiels) qui risquent de ne pas aider l’accompagnement, mais surtout qui risquent d’épuiser et d’abîmer les praticiens.
C’est difficile à accepter, mais notre temps d’attention sur le partenaire est le temps de la session… rien de plus. Et si cela commence à occuper l’esprit en dehors des sessions, alors peut-être faudrait-il orienter le client ailleurs.
Pank’s Reflections / Snapshot #512: To What Degree of Involvement?
In coaching and hypnotherapy, we can easily hear stories of practitioners/therapists who have done everything for their client/patient. Investing themselves beyond their work, becoming a pillar, a support, or even a savior.
This posture may sometimes not be perceived as such by the practitioner, who will speak of investment, the importance of the human aspect rather than just a « client, » using a multitude of semantics to rationalize a behavior that, unfortunately, does not always represent the professions of support or help for individuals.
We can easily enter into intense transferential relationships and experience emotional triggers, as well as a perception of the consultant’s situation that leads us to step out of our professional role and simply become human again. If, on paper, what I’m saying seems to lack empathy – because we shouldn’t judge people who forget themselves and give everything for one or more clients/patients – the reason is simple: it’s not their job.
There’s an idea of « best effort, » but not of « rescue mission. » The one who, in the long run, with this mode of operation, will need to be helped, even saved (an unconscious expectation that another therapist will do what he did for so many clients), is the practitioner. If, in schools, we talk about postures and frameworks, and these two elements are really complicated to maintain, it’s precisely because we can get lost in transferential (and in this case, counter-transferential) relationships that risk not helping the coaching process, but above all risk exhausting and harming the practitioners.
It’s difficult to accept, but our attention time on the partner is the session time… nothing more. And if it starts to occupy the mind outside of sessions, then perhaps the client should be referred elsewhere.
Le « ON » est souvent utilisé en accompagnement, et pourtant au travers de ce mots qui ne semble pas particulièrement important, nous pouvons limité l’autonomie de notre consultant de session.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Quand Sosai Oyama a mis en place les règles de compétition du Karaté Kyokushinkai, il avait dit à Kancho Nakamura (World Seido Karate) qu’il voulait que « tout le monde » puisse participer aux compétitions. Pour cette raison, ne pas autoriser les percussions de poings au visage était important pour préserver « l’intégrité physique ».
Ce qui est intéressant dans ces confrontations que beaucoup considèrent comme « bourrines », c’est qu’à l’inverse de la boxe Thaï ou du Kick-boxing, il y a peu de déplacements et beaucoup d’encaissements. C’est là tout l’état d’esprit Kyokushin. L’idée est de permettre aux pratiquants de Karaté d’endurer et d’apprendre à encaisser, à remiser, et à tout donner.
Même si nous conservons des écoles de combat leur forme d’expression sportive, la philosophie derrière les styles, et particulièrement le Karaté plein contact, est belle : celle de pouvoir se dépasser, de ne pas fuir la douleur, car dans cette école, il est difficile de faire des combats sans en ressortir endolori.
Encaisser les coups et rester prêt à riposter, c’est comme lorsque la vie nous malmène et peut nous amener aux portes du KO, mais que nous devons quand même continuer à avancer. Le Kyokushin, ce n’est pas forcément la quête du plus fort, mais la voie vers l’endurance, et cette idée que même quand c’est dur, on peut chercher à continuer ou éviter de rester au sol.
Force aux combattants de la Coupe de France de Kyokushin qui a lieu ce week-end. Osu.
Martial Reflections of a Hypnofighter #506: Fighting to Endure
When Sosai Oyama established the competition rules for Kyokushinkai Karate, he told Kancho Nakamura (World Seido Karate) that he wanted « everyone » to be able to participate in competitions. For this reason, not allowing punches to the face was important for « physical integrity. »
What’s interesting about these confrontations, which many consider « brutal, » is that unlike Thai boxing or Kick-boxing, there’s little movement and a lot of taking hits. This is the whole Kyokushin spirit. The idea is to allow Karate practitioners to endure and learn to take punches, counter, and give their all.
Even if we retain the sporting expression of combat schools, the philosophy behind the styles, and particularly full-contact Karate, is beautiful: that of being able to surpass oneself, not to shy away from pain, because in this school, it’s difficult to fight without coming out sore.
Taking hits and remaining ready to counter, it’s like when life takes its toll and can bring us to the brink of a knockout, but we still have to keep moving forward. Kyokushin isn’t necessarily about seeking the strongest, but rather the path to endurance, and this idea that even when it’s tough, you can strive to continue or avoid staying down.
Strength to the fighters of the Kyokushin French Cup taking place this weekend. Osu.
On pourrait se rendre à des sessions d’hypnothérapie avec une envie de changement. Et beaucoup de mes confrères proposent cette option. Pour ma part, je veux plutôt accompagner à se redécouvrir et prendre conscience de ce que l’on est et de faire avec.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Il arrive au quotidien que j’aie des retours de consultants qui me disent que les choses n’avancent pas comme ils le souhaiteraient. Comme si le monde ou les individus avaient une mission de les satisfaire. Comme si c’est la vie qui devait leur apporter ce qu’ils désirent.
Cette notion d’opportunité, ce coup de chance, l’appel ou la rencontre, le réseau ou le bon timing. Comme si ce qui est rare (mais ça arrive) devait être considéré comme une façon d’aborder la vie. Régulièrement, je les recadre en leur rappelant que la vie n’est ni bonne ni mauvaise, qu’elle n’a pas d’intention ou d’objectifs pour eux. Que c’est juste la matrice dans laquelle on vit, avec plus ou moins de privilèges à la naissance.
À partir de là, c’est une dynamique personnelle qui peut éventuellement construire des opportunités, mais rarement une passivité et une attente qui feront que tout se mettra en place pour la réussite ou au moins l’avancée de sa vie.
Sans considérer que nous sommes maîtres de tout, nous pouvons rester parfois assez stoïques et nous demander ce que l’on peut influencer. Cette notion nous ramène à nous mettre à l’œuvre, plutôt que d’estimer que ce n’est pas encore le bon moment. Tout comme la vie, l’espace et le temps sont neutres ; c’est juste l’ensemble des actions humaines et biologiques qui fait que ce sont des périodes plus ou moins « positives » pour nous.
Se souvenir qu’il est préférable d’être acteur, avec son lot d’échecs mais aussi, dans le processus, des rencontres, des questionnements, des réorientations et également des succès, permet de ne pas se sentir dans une vie qui stagne mais dans une vie qu’on cherche à faire sienne, un état d’esprit qui transforme l’idée de LA vie en MA vie.
Pank’s Reflections / Snapshot #511: Waiting for Opportunity?
It often happens daily that I get feedback from consultants telling me that things aren’t moving forward as they would like. As if the world or individuals had a mission to satisfy them. As if life itself should bring them what they desire.
This notion of opportunity, a stroke of luck, the call or the encounter, the network or the right timing. As if what is rare (but it does happen) should be considered a way to approach life. I regularly reframe their perspective by reminding them that life is neither good nor bad, that it has no intention or goals for them. That it is just the matrix in which we live, with more or less privilege at birth.
From there, it is a personal dynamic that can potentially build opportunities, but rarely will passivity and waiting make everything fall into place for success or at least the advancement of one’s life.
Without considering that we are masters of everything, we can sometimes remain quite stoic and ask ourselves what we can influence. This notion brings us back to taking action, rather than believing that it’s not yet the right time. Just like life, space and time are neutral; it is just the sum of human and biological actions that makes certain periods more or less « positive » for us.
Remembering that it is preferable to be an actor, with one’s share of failures but also, in the process, encounters, questioning, reorientations, and also successes, allows one not to feel stuck in a stagnant life but in a life one seeks to make one’s own, a mindset that transforms the idea of THE life into MY life.
Je trouve l’évolution du Catch Wrestling plutôt curieuse. Comme je l’ai partagé dans de précédentes chroniques, pour des raisons financières, à l’instar de la boxe à la même période et partout dans le monde, les lutteurs et « catch wrestlers », mais aussi les Judokas (Kimura) ou Karatékas (Oyama) sont passés par le Pro Wrestling (ce que nous appelons aujourd’hui catch WWE, AEW…).
Si aujourd’hui la grande majorité des catcheurs américains (WWE) sont inaptes au MMA, la situation est différente au Japon. Étrangement, le passage de figures comme Karl Gotch ou Billy Robinson a transformé ce qui n’était qu’un spectacle en une version plus « réaliste » du Pro Wrestling. Mais surtout, trois des plus grandes organisations de MMA des années 2000 au Japon sont nées de catcheurs.
Le ShootWrestling, qui est devenu ShootFighting et Shooto, a été créé par Sayama dès 1988. Il a mis en place un système de compétition de combat libre similaire à ce que nous avons connu sous les règles du Pancrace en France, puis a fondé une organisation professionnelle. En parlant de Pancrace, Funaki et Suzuki, également catcheurs, ont mis en place l’Hybrid Wrestling Pancrase que nous connaissons, avec au départ des matchs déterminés puis, par la suite, une compétition sportive classique. Enfin, Maeda a créé le RINGS, qui a permis à des combattants européens et russes de faire leurs armes.
L’esprit belliqueux du Catch Wrestling a ainsi transcendé la facette spectacle pour redonner naissance à des shows de MMA où le réalisme et l’efficacité primaient. Je pense que ces « Catch Wrestlers », Gotch et Robinson, ont trouvé un écho au Japon pour une philosophie développée à Wigan, au Royaume-Uni, et ce, malgré une culture totalement opposée à la leur.
Martial Reflections of an Hypnofighter #505: From Catch Wrestling to Pro Wrestling and Towards MMA
I find the evolution of Catch Wrestling rather peculiar. As I shared in previous columns, for financial reasons, much like boxing during the same period and all over the world, wrestlers and catch wrestlers, but also Judokas (Kimura) or Karatekas (Oyama) transitioned through Pro Wrestling (what we now call WWE, AEW catch…).
While today the vast majority of American wrestlers (WWE) are unfit for MMA, the situation is different in Japan. Strangely, the involvement of figures like Karl Gotch or Billy Robinson transformed what was merely a spectacle into a more « realistic » version of Pro Wrestling. More importantly, three of the biggest MMA organizations of the 2000s in Japan were born from wrestlers.
ShootWrestling, which became ShootFighting and Shooto, was created by Sayama as early as 1988. He established a system of free combat competition similar to what we knew as Pancrase rules in France, then founded a professional organization. Speaking of Pancrase, Funaki and Suzuki, also wrestlers, established the Hybrid Wrestling Pancrase that we know, initially with predetermined matches and later evolving into a classic sports competition. Finally, Maeda created RINGS, which allowed European and Russian fighters to gain experience.
The pugnacious spirit of Catch Wrestling thus transcended the spectacle aspect to revive MMA shows where realism and effectiveness prevailed. I believe that these Catch Wrestlers, Gotch and Robinson, found resonance in Japan for a philosophy developed in Wigan, UK, despite a culture totally opposite to their own.
Take what is good and right for you. Be One, Pank.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Depuis que je suis dans l’accompagnement, j’ai étudié et pratiqué de nombreuses méthodes différentes. Si l’expérience et le travail au quotidien m’ont montré quelque chose, c’est que, de façon générale, une thérapie peut prendre du temps.
Alors que la PNL et les récits de Bandler comme de Grinder ont pu me faire croire que même sur certains pathos lourds, il n’est pas forcément nécessaire de passer des mois ou des années, le récit n’a que rarement croisé le réel. S’il arrive sporadiquement, sur certains cas, que les choses se décantent rapidement, sur des histoires de vie plus complexes, les choses ne se passent pas de la même façon.
En observant ce qui est développé par des praticiens de tout bord, je découvre régulièrement de nouvelles méthodes qui se veulent révolutionnaires. La plupart de celles qui sont les plus vendeuses y associent l’énergie ou une force quelconque.
En général, les promesses sont séduisantes : une sorte d’initiation ou de cours dans lequel on revient au « ne rien faire » comme clé de tout, à part une connexion, une intention ou un geste. Pas de mots, pas d’échanges verbaux, tout est sur un plan de conscience supérieur.
Je me souviens avoir été menacé par les équipes de Kinslow (Quantum Entrainment) à cause de mon retour du cours que je décrivais comme une session d’hypnose collective pour passer au niveau suivant ou payer une autre formation. L’aspect pseudo bienveillant disparaît quand on interroge simplement le fonctionnement et que le business pourrait « décroître ».
Seulement, si beaucoup sont ravis par l’effet de nouveauté, les faits ramènent souvent à devoir compléter ou revenir X fois parce que, même si la session dure 2 minutes, il faut un temps d’intégration avant d’aller travailler d’autres maux. Cette volonté que tout aille vite se comprend, mais si après un siècle et demi de psychothérapie, nous ne parvenons pas encore, sur la majorité des cas, à obtenir du mieux à long terme sans passer du temps, c’est pour une raison simple : l’esprit humain et les histoires de vie sont complexes et multifactoriels, et aucune méthode instantanée ne peut effacer ou configurer la vie d’autrui, et encore moins ses souffrances, en un instant.
Since I started in coaching, I have studied and practiced many different methods. If experience and daily work have shown me anything, it’s that, generally speaking, therapy can take time.
While NLP and the accounts of Bandler and Grinder might have led me to believe that even with certain severe pathologies, it’s not necessarily about spending months or years, the narrative has rarely met reality. While it occasionally happens in some cases that things quickly resolve, with more complex life stories, things don’t unfold the same way.
Observing what is developed by practitioners of all kinds, I regularly discover new methods that claim to be revolutionary. Most of the best-selling ones associate them with energy or some kind of force.
Generally, the promises are alluring: a kind of initiation or course where one returns to « doing nothing » as the key to everything except a connection, an intention, or a gesture. No words, no verbal exchanges, everything is on a higher plane of consciousness.
I remember being threatened by Kinslow’s teams (Quantum Entrainment) because of my feedback on the course, which I described as a collective hypnosis session to move to the next level or pay for another training. The pseudo-benevolent aspect disappears when one simply questions how it works and when the business might « decline. »
However, while many are delighted by the novelty effect, the facts often lead to having to complete or return X times because even if the session lasts 2 minutes, an integration period is needed before addressing other ailments. This desire for everything to go quickly is understandable, but if after a century and a half of psychotherapy, we still cannot, in the majority of cases, achieve long-term improvement without spending time, it is for a simple reason: the human mind and life stories are complex and multifactorial, and no instantaneous method can erase or configure someone else’s life, let alone their suffering, in an instant.