Réflexions de Pank / Instantané #49 : Cette difficulté a accepté le succès

Il est probable que vous connaissiez des personnes qui soient dans le succès et qui pourtant semble sans cesse chercher plus. Comme s’ils se trouvaient dans un train fou qui ne s’arrêtait plus aux stations. Il y a une forme de déformation des faits pour que cela entre dans le récit intérieur qu’ils se racontent. Il y a une quête effrénée à aller toujours, plus loin, plus haut, plus vite. Quand nous interrogeons ces personnes, nous nous rendons vite compte qu’ils n’ont sincèrement aucune sensation de réussite. Ce n’est pas de la modestie, c’est comme si la leptine du succès ne pouvait pas être ressenti.

Ils deviennent boulimiques de plus et d’encore, soit dans le boulot soit avec des pressions qu’ils vont se mettre dans des tas de domaines de vie. Il y une sensation de ne jamais avoir assez ou que les choses ne nourrissent pas suffisamment. Parfois avec les références externes, il peut y avoir la sensation qu’ils ont réussi, mais cela se range très rapidement dans le grenier de l’esprit. Dès lors on peut les interroger sur le succès et puis surtout sur ce qui pour eux les rendrait des personnes à succès.

Une fois les généralités dépassés et recadrés, beaucoup se rendent compte qu’ils n’avaient pas d’objectif, pas de but, ils errent sans cesse sur les routes du mot succès sans jamais avoir déterminé ce qui sera pour eux une sensation nourrissante. Ils n’ont pas de référence ou d’attente formel, et se font juste emporter par des concepts abstraits imposés par un système ou une société. Le succès c’est la richesse, la maison ou la reconnaissance, ils ne font que répéter des programmes installés. Quand on les fait se pencher dessus et plus encore leur faisons remarquer que c’est déjà ce qu’ils vivent, il y a une réponse commune : je n’ai pas l’impression que c’est ça, que je le vis, je ne ressens rien.

Ils sont dans une sorte de zone sans réseaux psycho émotionnel, ils font les actions dans une transe, une dissociation qui ne leur apporte rien d’autre qu’une réponses à une suggestion, souvent en réactance avec l’enfance. Ils avancent donc dans ce qui est défini comme une voie de succès pour beaucoup, en se disant qu’il n’y a pas encore gouté. Comme ce boulimique qui ne se rend pas compte de tout ce qu’il a déjà ingurgité et voit ce qu’il peut encore avaler. C’est douloureux parce que les choses n’ont pas de gout, n’ont pas de possibilité d’entrainer dans une forme de satisfaction.

Notre boulot en temps qu’hypnotiste est de petit à petit faire prendre conscience et aider le subconscient à « grandir » ne plus être dans une posture de fantasme, voire d’enfant. On leur demande d’utiliser le rationnel, l’intention, le conscient pour décrire quels ont été ses objectifs et vers quoi ils souhaitent se diriger concrètement. On interdit les « je ne sais pas », les notion qui pourrait jongler avec les simple opportunité. Nous remettons une visibilité, des gares qu’il va desservir et du terminus.

Nous avons souvent à ces moments, un bug de leur part, comme si déterminer une fin potentiel, les mettait dans une sensation de mort. Et après et si je me complais et si tout cesse et que je n’avance plus. En somme le mouvement qu’il soit physique ou psychique cesse et il y a juste à vivre, valoriser les actions, est se donner de la gratitude.

Ce retour vers une direction claire, ce moment ou ce n’est plus une suggestion sociale ou familiale mais la sienne, sa responsabilité, ses possibilités, ses limites, ses réussites ou ses échecs, permet un contact nouveau avec lui-même et avec la capacité à décidé de continuer ou d’arrêter. Comme ce boulimique qui reprend de plus en plus capaciter à dire stop, à ne pas prendre une bouché de plus et se sentir dans un succès du pas à pas.

Et vous est ce que vous avez clairement défini ce que peut être le succès pour vous ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
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Pank Hno

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #31 : L’épreuve des 100 combats

Demain, Antonio Tusseau propose à ses combattants 50 combats selon les règles du Kyokushin. J’apprécie énormément cette épreuve qui est particulièrement difficile dans le contexte du karaté. Souvenez-vous, ils se battent intensément, en excluant les frappes au visage. C’est un style rigoureux avec une mentalité orientée vers l’avancée constante.

Il est plus « facile » de réaliser ce genre d’épreuve en BJJ ou en Luta, car nous évitons les blessures et il est possible de temporiser. Dans les styles de combat avec des frappes, l’explosivité pour générer de l’impact est bien plus importante. Dans la culture du karaté, c’est Oyama qui a développé cette épreuve. Le problème actuel est que réaliser 100 combats avec le niveau actuel des pratiquants est devenu quasiment impossible.

Quand Oyama a commencé son style, il affirme avoir réalisé cette épreuve sur trois jours, mais il faut noter qu’il était bien plus grand et puissant que les karatékas de son époque, et personne n’avait alors le niveau de résistance et d’impact des pratiquants actuels.
C’est un peu comme comparer un boxeur du début du 20e siècle à un champion contemporain. La différence est si importante que l’on pourrait penser qu’il s’agit de deux sports distincts. Le fait de combattre en continu est bénéfique pour le dépassement de soi. C’est un véritable défi à la fois physique et mental. On ressent l’envie de pousser ses limites et d’aller au-delà.

Le problème demeure dans la récupération après l’épreuve, de nombreux participants finissaient à l’hôpital, avec une longue période de convalescence avant de pouvoir à nouveau enfiler un gi. Cela apporte certainement une satisfaction personnelle, mais cela est difficile à comprendre si on n’a pas soi-même éprouvé la difficulté de vivre autant de combats.

Je me suis demandé un moment si je ne devrais pas organiser une telle épreuve en Luta et en BJJ, juste pour le plaisir, en commençant par 30 ou 50 combats. Cependant, réaliser entre 150 et 250 minutes de randori d’affilée est vraiment tendu. Je pense que beaucoup d’entre nous ont déjà fait deux heures de randori sans pause. Mais les règles d’une telle épreuve sont assez difficiles, il ne faut pas perdre et ne pas être en mode gestion, ce qui rend la tâche plus délicate.

Si des partenaires arrivent « frais » face à des combattants déjà fatigués, ces derniers ne pensent qu’à vous soumettre, et cela pendant plusieurs heures. Il faudrait donc réfléchir à des solutions pour que cela puisse être viable. Des combats basés sur la soumission plutôt que sur les points, simplement parce que les approches de combat sont différentes, et le modèle de compétition n’aurait pas de sens pour ceux qui souhaitent se tester dans le grappling.

Le monde du combat est passionnant, surtout en période de paix. Nous pouvons nous lancer des défis de ce type, ce qui n’aurait aucun sens en temps de conflit. Nous pouvons nous épuiser voire accepter des blessures lors de tests et d’entraînements intensifs, alors que nous ne devrions jamais gaspiller d’énergie lorsque nous devons utiliser notre corps pour « survivre ».

Ainsi, à travers les mythes des arts martiaux et les légendes des défis, nous pouvons véritablement explorer et étudier les possibilités et les limites. Nous pouvons proposer 100 combats à des personnes qui pourront se reposer ensuite et recevoir des soins médicaux. Nous pouvons nous mettre dans des conditions extrêmes, suivre ces épreuves en combat, mais aussi lors de traversées en solitaire ou d’ascensions de montagnes, afin d’optimiser les méthodes et les outils.

Nous vivons une époque où le niveau de combat n’a jamais été aussi élevé, et je suis presque convaincu que même les récits des combattants des années 60, comme Kurosaki, ne valent pas grand-chose face à ce que nous avons atteint de nos jours. Nous continuerons de progresser dans les décennies à venir, et il est fort probable qu’un jour personne ne puisse accomplir les 100 combats.
Et vous, avez-vous déjà été confronté à des tests particulièrement difficiles dans votre style de combat ?

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HnO Hypnosophie #825 : La difficulté à avoir des réflexions complexes / Article Psychology Today

Un très court article sur une « pandémie » qui touche notre capacité de réflexion :

Source : https://www.psychologytoday.com/intl/blog/the-clarity/202306/the-decline-of-critical-thinking-skills#:~:text=Unsurprisingly%2C%20there%20has%20been%20a,struggling%20to%20make%20ends%20meet.

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Réflexions de Pank / Instantané #48 : Les petits pas

Nous apprécions lorsque les choses se déroulent sans accroc, lorsque tout semble se faire avec fluidité. Lorsque nous avons des projets, nous imaginons les atteindre avec succès, afin de garder confiance en nous-mêmes et en notre dynamique. Cependant, parfois les choses ne se déroulent pas aussi aisément. Au contraire, cela grince, cela déraille, voire cela semble régresser. Malgré cela, cela ne devrait pas nous faire douter, mais simplement nous réajuster.

Très souvent, avec mes partenaires, je mets de côté les moments magiques ou les conséquences extraordinaires. Cela retire naturellement un levier de croyance intéressant quant au potentiel de réussite de ces sessions, mais je me ramène à une perspective plus matérielle que spirituelle. Il y a toujours des cas extraordinaires, mais notre quotidien est fait de moments ordinaires, de petites avancées progressives parfois même imperceptibles. Cette sensation que les choses ne vont pas assez vite et pourtant, la distance à parcourir est de plus en plus courte.
Les petits pas sont des éléments à intégrer dans nos routines d’objectifs. Certes, ils sont moins excitants qu’un discours de Tony Robbins ou d’un conférencier axé sur le succès. Pourtant, ils nous ramènent à la réalité, à la conscience de ce qui se passe réellement. Ils nous plongent dans le processus. C’est l’opposé de la loi d’attraction, qui ne prend forme que selon nos souhaits. C’est plutôt une ingénierie complexe avec tous ses rouages, qui permet de corriger ce qui ne fonctionne pas.

Plus vous acceptez qu’il y ait de nombreux petits pas au quotidien, plus vous réaliserez que parfois vous êtes plus loin que vous ne l’imaginiez. De plus, ces petits pas sont parfois les déclencheurs de quelque chose de plus grand, comme une synergie qui, avec l’ensemble des petits efforts et petits retours, en cumulant l’énergie créée, peut déplacer des montagnes.

Non, cela ne signifie pas se limiter. Je n’ai jamais dit qu’il est impossible d’atteindre de grands sommets. Simplement, nous évitons les excès de projections, les fantasmes et donc les déceptions potentielles à leur égard. Si ce que j’ai accompli aujourd’hui n’a pas donné de résultats significatifs, ce n’est pas grave. Demain, nous orienterons notre énergie vers ce que nous savons nous fera avancer ou nous permettra de nous réorienter. Les échecs sont plus petits, peut-être plus fréquents, mais facilement digérables. Il est beau de dire qu’il faut viser haut, mais si vous ne vous envolez pas, vous pouvez rêver d’atteindre ce que vous voulez, mais cela ne deviendra jamais concret.

Revenons à considérer les petites choses comme structurantes pour les grandes, voire les immenses. Et vous, préférez-vous investir votre énergie dans de grands pas, ou connaissez-vous les vertus des petits pas ?

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #30 : Combattre de manière spécifique en MMA ?

Depuis l’émergence du MMA, nous nous interrogeons constamment sur la forme d’entraînement la plus intéressante. Nous avons dépassé l’idée de se spécialiser pour ensuite explorer les autres aspects du combat. En général, nous étudions la boxe MMA, la lutte MMA et le sol MMA.

S’entraîner spécifiquement en boxe sans y inclure le travail en clinch n’a aucun intérêt, car cela fait partie de la réalité du combat en MMA. De même, pratiquer le BJJ sans être prêt à encaisser des frappes peut entraîner l’acquisition d’habitudes inutiles.
En général, un combattant de MMA est un athlète polyvalent dans les sports de combat. Nous avons pris l’habitude de combattre dans différents styles pour nous tester. Cependant, si l’on y réfléchit, cela n’a pas vraiment de sens. Lorsque nous participons à une compétition de grappling, cela ne nous donne pas réellement d’avantage en termes de progression en MMA. Certes, cela peut être amusant et plaisant, mais dans le contexte qui m’intéresse, à savoir progresser en MMA, cela n’est pas pertinent.

En quoi un tournoi sans frappes vous prépare-t-il mieux à gérer les frappes lors de vos combats ? En quoi s’entraîner en boxe anglaise sur un ring vous aide-t-il lorsque vous combattez dans une cage ? Le MMA est devenu très spécifique, et même ceux qui prônent la lutte ne tiennent pas compte du fait qu’il s’agit principalement de lutte contre la cage. Cela modifie les actions et réactions de base.
Aujourd’hui, nous avons suffisamment de grands coachs et de pratiquants pour nous entraîner et faire des sparrings avec des athlètes de notre discipline, même si nous décidons de nous concentrer sur la boxe. Le fait que notre partenaire d’entraînement réponde par des low kicks ou des takedowns nous oblige à adopter une posture et des réactions plus adaptées à ce que nous vivrons le jour du combat.

Pour ceux qui ont regardé la vidéo de GregMMA (https://www.youtube.com/watch?v=844e0HW_xBI), je comprends qu’il s’agisse d’une vidéo pour la chaîne, mais son entraînement n’a pas de sens. Il se bat contre Alexis, qui parvient à le coincer contre le mur en boxe, ce qui ne se produirait pas de la même manière dans un combat de MMA simplement à cause du clinch. Il en va de même pour son combat avec Wendy, où il ne frappe pas Greg au sol, ce qui entraîne des dynamiques et des réactions défensives qui ne correspondent pas à celles d’un vrai combat.

Je comprends l’idée de perfectionner la technique, mais cela doit être fait dans le style que nous pratiquons. Le MMA n’est plus une combinaison de trois disciplines ; la fusion de ces trois secteurs a produit des rythmes, des possibilités, des contraintes et des techniques spécifiques. S’engager dans un entraînement spécifique sans garder à l’esprit la forme du MMA n’a plus de sens. Si vous suivez un cours de boxe pure et que vous effectuez des transferts de poids avec votre jambe avant comme un puriste de la discipline, vous découvrirez les terribles calf kicks. Si vous ne vous habituez pas à cette composante, vos techniques peuvent être justes sur le plan technique, mais pourront-elles être exploitées efficacement lors d’un affrontement ?

Viser un BJJ spécifique au MMA se concentre davantage sur les techniques de retenue et d’évasion plutôt que sur les passes de garde et les renversements. Bien sûr, si l’athlète est déjà spécialiste dans une discipline particulière comme Doumbé, c’est différent. Mais pour les autres, il est plus bénéfique de travailler dans leur forme corporelle plutôt que de chercher à être polymorphe.

Et vous, pratiquez-vous plusieurs disciplines ou vous entraînez-vous en MMA en tenant compte des spécificités de chaque facette ?

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HnO Podcast #118 : Les Hypnos, coachs, accompagnants, combien ça gagne ? comment ça vit ? 3/3

un podcast avec Anna, François, Manu et Jérémy, pour parler argent et recadrer les fantasmes.

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Réflexions de Pank / Instantané #47 : Argent et thérapie #1

Notre dernier podcast sur l’argent ((lien vers la vidéo : https://youtu.be/tFao4A9J9m) a suscité de belles réflexions. En tant que praticiens d’accompagnement, que ce soit avec l’hypnose ou toute autre méthode, il peut parfois être difficile de considérer l’argent comme un élément central de notre profession. Sur ce point, nous sommes aux antipodes des Anglo-Saxons qui peuvent facilement facturer plusieurs centaines de dollars pour une séance.

On peut se dire que la santé ne devrait pas coûter cher, et c’est le cas en France. En revanche, en ce qui concerne la santé mentale, il y a vraiment de tout. Hier, lors d’un entraînement, l’un de mes camarades m’a partagé le coût de son pédopsychiatre qui lui impose de ramener son enfant atteint de TDAH tous les mois pour renouveler l’ordonnance. La séance de 15 minutes est facturée 150€, ce qui représente un budget de 1800 euros pour 3 heures de consultations, soit un taux horaire de 600 euros. Une amie kiné m’a justement fait remarquer que les années d’études peuvent aussi expliquer pourquoi certains proposent leurs services à des prix élevés. D’un autre côté, dans le podcast, j’ai donné l’exemple des kinésithérapeutes qui reçoivent des demandes via la sécurité sociale, mais qui sont rémunérés seulement 16,3€ par séance (ce qui explique que lorsqu’on va chez certains d’entre eux, on se retrouve au fitness park avec cinq autres personnes). Si l’on y réfléchit, même si nos formations sont coûteuses, en deux mois, on peut être sur le marché et générer un chiffre d’affaires. Cela nous différencie des psychologues et autres professions qui doivent passer plusieurs années avant de commencer à pratiquer. Je peux comprendre que beaucoup de thérapeutes nous considèrent comme des amateurs, compte tenu de nos tarifs par rapport à notre expertise de formation…

Je pense que l’esprit français a parfois du mal avec l’argent, que ce soit pour en gagner ou pour faire payer. Parce que le mieux-être peut sembler être un service à part. Alors que factuellement, c’est un business comme un autre. Si l’on réfléchit correctement, la chirurgie esthétique, qui est souvent considérée comme un confort plutôt qu’une nécessité thérapeutique, peut être abordée de la même manière que les disciplines complémentaires.

Imaginez, maintenant, que je vous propose d’être un praticien du confort grâce à l’hypnose ou au coaching. Légalement, vous n’êtes pas le thérapeute de qui que ce soit, étant donné que seuls les psychologues et les psychiatres sont habilités. Vous êtes simplement un bonus. C’est comme si vous étiez un supplément ou une option complémentaire. Vos prestations sont simplement un ajout à la démarche initiale. Qu’est-ce qui vous empêcherait de développer un gros business axé sur le bien-être et le confort premium ?

Il est certain que nous pouvons nous limiter nous-mêmes dans nos démarches et dans la proposition de nos services. Nous pouvons penser qu’une séance à 70-80 euros est chère, ou nous pouvons simplement considérer que, comme il s’agit d’une option, d’un supplément sur la pizza, nous pouvons proposer des séances à 150€. C’est simplement un confort supplémentaire, et non un objectif thérapeutique. Je comprends que ce que je vous propose puisse vous déranger, mais j’ai l’impression que les Américains pensent de cette manière.

La différence est que même si je propose une séance à 150 dollars, cela peut être moins cher que de consulter un spécialiste médical possédant un doctorat, qui facturerait le double. Nos systèmes de prestations sociales et même les bonnes initiatives, telles que celle de proposer des séances « gratuites » aux jeunes avec des psychologues, peuvent nous amener à réfléchir sur les tarifs. Je vous rappelle qu’en marketing, il y a les 4P : produit, prix, place et promotion. La perception de notre métier et de nos services, notre produit, peut changer tout notre modèle économique et, par conséquent, les tarifs peuvent être fixés à des niveaux élevés.

À quel salaire mensuel estimeriez-vous vivre confortablement dans votre situation actuelle ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One

Pank

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #29 : L’esprit sectaire dans les arts martiaux

Ne nous leurrons pas, les arts martiaux peuvent très facilement dévier vers des comportements assez sombres. Entre les sensei qui imposent des conditions insupportables aux élèves au nom de la tradition, les sorties ou retraites qui deviennent des moments de conntrôle physique et psychologique, les cultes de la personnalité et le besoin constant d’exercer une domination sur les apprenants, il y a de quoi s’inquiéter.

Combien de professeurs dans divers styles, en plus de leur mystique, se considèrent comme détenteurs d’un savoir unique et absolu, se permettant des humiliations constantes pour rendre les futurs bras droits ou instructeurs de leur ryu plus dociles ?
Cela s’applique également à nos arts martiaux modernes. Il est malheureusement assez récurrent d’entendre parler de professeurs d’académies qui imposent des relations sexuelles avec de très jeunes femmes, fascinées par la figure d’autorité qu’ils représentent.

Les légendes n’aident en rien. Combien de pratiquants sont perçus différemment lorsqu’ils ont eu l’occasion de s’entraîner avec le fondateur ? Comme si leur propre niveau était lié à la personne qui a créé l’école. Pourtant, dans les faits, cela n’a pas grand-chose à voir. De nombreux jiujitsukas sont d’excellents professeurs et combattants, sans avoir jamais approché de près ou de loin un membre de la famille Gracie.

Si l’on se limite aux Gracie, Rickson explique clairement que son père et son oncle ont créé une sorte de secte de combattants pour satisfaire l’ego démesuré d’Hélio. Parfois, je ris avec mes amis du Kyokushin parce que le fonctionnement y est très sectaire. On n’a jamais le droit de dire quoi que ce soit, à part « OSU ». On passe son temps à tout valider, même lorsque l’on n’est pas d’accord.
Comme dans le domaine de l’hypnose et des disciplines complémentaires, il est facile de succomber à cette sensation de « puissance ». Comme Kara l’a récemment mentionné dans un commentaire, beaucoup de pratiquants cherchent plus ou moins consciemment une figure parentale. Cela permet aux professeurs, qui ont besoin de reconnaissance et de pouvoir, de prendre une place qui leur est déjà attribuée par le groupe.

C’est encore plus flagrant avec les maîtres du Chi. Ils ont toute une armée de disciples prêts à démontrer la puissance de la technique et la maîtrise absolue de l’énergie en étant des cobayes totalement conditionnés. Si en plus, il y a une forme d’orientalisme avec les notions de senpai, sensei, hanshi, les élèves deviennent de véritables serviteurs à disposition. Tout doit être fait pour le confort du maître, qui est souvent déconnecté de la réalité, même si son niveau n’est pas vraiment extraordinaire.

Le respect pour les plus anciens ne doit pas devenir un moyen de prendre le contrôle sur des personnes qui les admirent pour leur ceinture ou leur statut. Les pratiquants sont des êtres humains et les valeurs officielles des écoles sont rarement appliquées. L’étiquette martiale est un mythe, il suffit de voir à quel point les professeurs se laissent aller à l’alcool pendant les stages ou les soirées de fin de stage, comment ils cherchent à séduire les pratiquantes pour obtenir plus que de simples sourires respectueux. On oublie vite le contrôle de soi et la maîtrise de soi, ne laissant que les instincts les plus primaires prendre le dessus.
Lorsque vous rejoignez une académie, essayez de maintenir un esprit critique autant que possible, même si cela peut être difficile, car nous projetons beaucoup et sommes en attente. C’est d’autant plus vrai lorsque le professeur est une légende ou que vous êtes fasciné par lui. Il est très facile de se retrouver sous l’emprise d’une simple passion et du désir de donner le meilleur de soi-même.

Et vous, avez-vous déjà rencontré des gourous dans les arts martiaux ?

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HnO Podcast #118 : Les Hypnos, coachs, accompagnants, combien ça gagne ? comment ça vit ? 2/3

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Réflexions de Pank / Instantané #46 : Le métier de praticien, bien plus que des séances

Lorsque l’on se lance dans ce métier, nous avons en tête le nombre de consultations que nous serons en mesure de réaliser. Nous comptons notre temps de travail en fonction de nos rendez-vous. Hier, lors d’un podcast sur l’argent avec des amis (https://youtu.be/tFao4A9J9m), nous avons pris un moment pour expliquer que le quotidien ne se résume pas seulement aux rencontres avec nos clients.

Il est spécifique à ce type de métier de passer de nombreuses heures à travailler sans aucune rémunération. Lorsque nous proposons une consultation entre 70 et 80 euros, nous pourrions à tort penser que notre taux horaire est équivalent. Cependant, cette somme payée par le client représente les heures d’études, de recherches, d’apprentissage, de rencontres et de diverses prestations depuis le début de notre pratique, sans que cela ne se traduise par un gain financier.

Le métier de praticien englobe autant le rôle de prospecteur, de vendeur, de publicitaire, d’élève que celui d’opérateur de séances. De plus, le cadre de travail est souvent bien différent de celui d’une boutique ou d’un emploi salarié. Il n’y a aucune garantie pour quoi que ce soit. Il n’est pas certain que les gens parlent de nous, ni que nous ayons des rendez-vous prévus pour les semaines à venir. L’incertitude peut être dérangeante pour la sérénité au quotidien.
Il est vrai que vous organisez votre journée comme vous le souhaitez, mais au départ, c’est surtout comme vous le pouvez. Les horaires de travail ne correspondent pas forcément à ce que vous aviez initialement prévu. Les clients aussi ont un emploi du temps chargé, ce qui entraîne des demandes pour des jours et des créneaux qui ne sont pas nécessairement ceux que vous auriez souhaités.

En plus de la compétence technique qui est constamment remise en question et perfectionnée, il y a une tension constante entre les moments sans séances, où l’on cherche comment en avoir, et les moments où il y en a, où l’on cherche à aider au mieux les personnes qui viennent nous voir.

Avec le temps, il est important de trouver ce qui est le plus juste pour nous, pas seulement ce qui nous rapporte des revenus. Il est vrai que certaines séances peuvent être très lucratives, comme des vaches à lait. Mais êtes-vous entré dans ce métier pour finir par reproduire le même schéma de séances encore et encore, en utilisant les mêmes mots pour gagner votre vie ?

Dans notre domaine, de nombreuses personnes se lancent, mais beaucoup finissent par arrêter leur activité par ennui et avec la sensation d’être enfermées dans une usine à scénarios. Entre « je prends du plaisir dans mon travail » et « je dois avoir un revenu suffisant pour vivre », il y a un écart. N’oublions pas que le praticien passe de longues journées, seul. Lorsqu’il n’a pas de clients, il étudie, travaille sur sa communication, réfléchit à ce qu’il pourrait mettre en place… Dans ces moments de liberté, il y a un poids qu’il faut prendre en compte. Une ambiance sans interaction, une autonomie qui fait que les autres sont rarement conscients de ce que vous faites.

Il n’y a pas de machine à café ni de point de rassemblement des praticiens. Même les groupes ne permettent pas cet exutoire. Ainsi, vous gérez votre quotidien, parfois très intense avec des séances intenses, et les jours où les choses se déroulent à un autre rythme, avec d’autres obligations, tout en gardant à l’esprit que vous devez continuer à faire ce que vous aimez pendant de nombreuses années encore.

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