Nous pouvons facilement avoir la sensation de nous connaître, surtout si nous avons suivi des thérapies ou entrepris un travail sur soi.
Nous avons intégré, dans nos schémas mémoriels et nos façons de parler de nous-mêmes, des éléments que nous avons complètement acceptés et que nous ne remettons pas vraiment en question.
C’est le fameux « J’ai toujours été comme ça » ou le « Avant, je n’étais pas du tout comme je suis aujourd’hui ». Pourtant, nous savons que nous sommes parfois des filous avec nous-mêmes et que, très souvent, nous ne nommons pas les choses.
Nous n’utilisons pas les bons mots et donc, nous ne donnons pas forme à la réalité, laissant croire que tout est « normal », alors que la souffrance était déjà là depuis si longtemps.
Sans nom, cela ne peut être vu ; sans mots, cela ne peut être exprimé. Nous savons pourtant que nos constructions psychiques, ainsi que nos schémas cognitifs et comportementaux, sont majoritairement structurés avant nos 7 ans.
Comme c’est notre référence de base, nous pouvons passer à côté du fait que ce n’est peut-être pas la bonne façon de faire, d’être ou d’agir, et que dès lors, notre « normalité » est dissonante.
Non pas par rapport au monde, mais vis-à-vis de soi-même aujourd’hui…
Title: Pank’s Reflections / Snapshot #501: Revisiting one’s history
We can easily have the feeling that we know ourselves, especially if we have undergone therapy or undertaken self-development work.
We have integrated elements into our memory patterns and ways of speaking about ourselves that we have completely accepted and do not really question.
It’s the famous « I have always been like this » or « Before, I was not at all like I am today. » Yet, we know that we are sometimes tricksters with ourselves and that very often, we do not name things.
We do not use the right words and therefore, we do not give shape to reality, letting it be believed that everything is « normal, » whereas the suffering had already been there for so long.
Without a name, it cannot be seen; without words, it cannot be expressed. Yet we know that our psychic constructions, as well as our cognitive and behavioral patterns, are mostly structured before the age of 7.
As this is our baseline reference, we can overlook the fact that it might not be the right way of doing, being, or acting, and that consequently, our « normality » is dissonant.
Not in relation to the world, but vis-à-vis oneself today…
Nous le savons, au quotidien dans notre cabinet, nous échangeons avec des partenaires de séance pour lesquels il est crucial de trouver le mot le plus juste. Je suis souvent étonné de constater que nous appliquons aussi une stratégie issue de Milton Erickson, qui préfère le langage non spécifique. Pourtant, lorsqu’un verbe résonne avec ce que l’autre n’a pas pu exprimer depuis des années, cela crée une véritable rupture de pattern et une transe nouvelle qui submerge, offrant une opportunité de poursuivre notre travail de suggestion.
Ce matin, je partageais un retour intéressant qui m’a été fait concernant l’usage de la sémantique : « je suis + pathologie », par exemple « je suis diabétique » ou « je suis cancéreux ». Pour moi, cette notion est un fait indéniable, et le pathos est tellement intégré à nos pensées, nos sensations et émotions qu’il est difficile de prétendre ne pas être influencé par ce que nous vivons.
Cependant, dans le monde de l’hypnose, nous avons l’habitude de travailler, plus ou moins consciemment, sur des dissociations, ce qui nous permet d’adopter une modalité de distanciation vis-à-vis de ce qui peut être. Ainsi, nous ne sommes plus, mais nous avons. Cette nuance permet à beaucoup de personnes de ne pas s’identifier à la maladie et même de considérer que leur « moi profond/authentique/primaire » n’est pas atteint par ce pathos.
Cela offre alors une sensation de pouvoir manipuler et orienter l’objet qu’est la maladie avec les différents travaux qu’ils décident de mettre en place. Je comprends cette idée et, comme je vous le soulignais, si une personne a besoin de ne pas s’identifier à son pathos, nous pouvons utiliser ces mots pour l’aider dans sa démarche.
La seule chose que je mets en avant est l’idée que nous ne devons pas être dans un déni de la maladie, ce qui pourrait poser problème à tous les niveaux. Nous sommes, dans ces cas-là, des hypnotistes complémentaires du médical, et ne devons pas, par confort, suggérer que la notion de ne pas être et seulement avoir offre plus de possibilités de guérison.
Il est crucial de rester sur les faits, que la maladie est présente, afin que nous puissions utiliser dans le cadre d’une stratégie quotidienne ou en séance une sémantique qui stimule, motive et détermine le consultant pour qu’il puisse avoir un état d’esprit optimisé.
Nous adaptons les verbes mais nous ne devons pas nier; en fonction du caractère, certains auront tendance à se rapprocher du pathos et à y faire face, tandis que d’autres pourraient avoir tendance à s’en écarter, afin de prendre une distance et de mettre en place des stratégies. Il reste important que cette seconde option confortable ne soit pas simplement une fuite.
Pank’s Reflections / Snapshot #212: The Importance of Appropriate Semantics
We know that in our daily practice at the clinic, we interact with session partners for whom it is crucial to find the most accurate word. I am often surprised to see that we also use a strategy derived from Milton Erickson, who prefers non-specific language. Yet, when a verb resonates with what the other person has not been able to express for years, it creates a true pattern break and a renewed trance that overwhelms, offering an opportunity to continue our work of suggestion.
This morning, I was sharing an interesting feedback I received about the use of semantics: « I am + pathology », for example, « I am diabetic » or « I am cancerous. » For me, this notion is an undeniable fact, and the pathos is so intertwined with our thoughts, sensations, and emotions that it is hard to claim we are not influenced by what we experience.
However, in the world of hypnosis, we are accustomed to working, more or less consciously, on dissociations, which allows us to adopt a mode of distancing from what can be. Thus, we are no longer, but we have. This nuance enables many people not to identify with the disease and even to consider that their « deep/authentic/primary self » is not affected by this pathos.
This then provides a sensation of being able to manipulate and direct the object that is the disease with the various tasks they decide to undertake. I understand this idea and, as I highlighted earlier, if a person needs not to identify with their pathos, we can use these words to assist them in their approach.
The only thing I emphasize is the idea that we should not be in denial of the disease, which could pose problems on all levels. In such cases, we are complementary hypnotists to the medical field, and we should not, for comfort, suggest that the notion of not being but merely having offers more possibilities for healing.
It is crucial to stay focused on the facts, that the disease is present, so that we can use in a daily strategy or in a session semantics that stimulate, motivate, and determine the consultant so they can have an optimized mindset.
We adapt the verbs but we do not deny; depending on the personality, some may tend to approach the pathos and face it, while others might tend to move away from it, in order to take a distance and implement strategies. It remains important that this more comfortable second option is not simply an escape.
Je fais suite à la vidéo d’hier : https://youtu.be/0H6cChsJE6g, avec des commentaires passionnants que vous avez fait.
Je continue ma réflexion sur l’importance de partager et prononcer les mots, plutôt que de se censurer. Vidéo précédente : https://youtu.be/0_-if82HfTM
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Dans les cabinets d’accompagnement, nous observons les mêmes problématiques que dans la société. Tendances, impacts systémiques et évolutions culturelles y sont présents. Toutefois, dans le cadre d’une consultation, les codes, les normes et les habitudes peuvent s’effriter.
Cela varie selon les individus et les cadres proposés, mais il existe cette possibilité de s’affranchir de toutes ces contraintes, de se libérer de ce qui est tabou ou interdit à divers égards.
Comme je l’évoquais dans ma capsule ce matin, il existe malheureusement une influence excessive des interdictions sémantiques qui ne sont plus alignées avec la « bienveillance » dictatoriale du monde actuel. La thérapie offre une opportunité de se confronter à soi-même et de cesser de s’encombrer de mensonges et de dénis.
Reprenant mon exemple de ce matin, de nombreuses personnes venant pour un excès de poids mettent du temps à admettre qu’elles sont en surpoids. Certains diront : costaud, potelé, rond, etc. Merci aux slogans prétendument inclusifs et au mouvement body positive.
Nier son expérience, même avec une inquisition d’auto-suggestion, et cette idée de tendre vers une meilleure version de soi, ne change pas le fait que, dans l’instant présent d’une session, la réalité est que le futur n’existe pas, que les attentes fantasmées s’évanouissent, pour ne laisser place qu’à une chose : revenir à SA réalité.
Ce mal-être d’être parfois malade, de posséder un trait de personnalité qui ne correspond pas à ses idéaux, ou d’avoir un corps qui ne répond pas à l’image que l’on se fait de l’adulte. Pourtant, en nommant les choses, en sortant du déni, en acceptant cette réalité sans se protéger, on trouve l’apaisement après un certain temps, puis on ouvre la possibilité de composer avec, pour le mieux.
Reflections of Pank / Snapshot #147: The Fear of Speaking the Words
In coaching offices, we encounter the same issues as in society. There are trends, systemic impacts, and cultural changes. However, in a consultation, codes, norms, or habits can collapse.
This depends on the individuals and the frameworks offered, yet, there is this possibility to break free from all these injunctions, to let go of what is taboo and what is forbidden on various levels.
As I shared in my capsule this morning, there is, unfortunately, too much influence from semantic prohibitions that no longer align with the dictatorial « benevolence » of the world. Therapy allows facing oneself and stopping the layering of lies and denial.
To revisit my example from this morning, many people who come for excess weight may take a while to say they are overweight. Some will say: sturdy, chubby, round, etc. Thanks to the supposedly inclusive and body-positive signs.
Denying one’s experience, even with an inquisition of self-suggestion, with this idea of moving towards the best version of oneself, does not change the fact that, at the moment you are in session, the reality is that the future does not exist, that fantasized expectations disappear, for one thing, to return to ONE’s reality.
This discomfort of sometimes being sick, having a facet of personality that does not match one’s ideals, or having a body that does not respond to the idea we have of being an adult. Yet, by naming, stepping out of denial, and accepting this state of affairs without protecting oneself, one finds peace after a while, then opens the possibility of coping with it for the better.
Il y a quelques jours, je partageais avec vous une vidéo abordant une étude qui expliquait que chacun pouvait avoir sa propre définition des mots utilisés. Cela signifie que nous pouvons souvent nous retrouver dans de nombreuses conversations sans parler réellement de la même chose, même si nous utilisons les mêmes termes.
Dans ce contexte, il est essentiel d’apprendre à prendre conscience de cette diversité d’interprétations et de consacrer du temps à définir ce que chaque mot représente pour chacun. C’est particulièrement important lorsqu’il s’agit de termes qui décrivent des expériences personnelles, comme les mots utilisés pour décrire une pathologie ou un mal-être. Cependant, lorsque nous cherchons à obtenir des détails supplémentaires, nous nous heurtons souvent à des descriptions abstraites.
En somme, il arrive souvent qu’un terme vague soit adopté au cours d’échanges ou de lectures, et les individus l’associent à leur propre état sans prendre le temps de le définir avec précision en utilisant leurs propres mots. Il est bénéfique de disséquer les sensations, les émotions et les pensées, de les explorer au travers d’une transe de questionnement ou de laisser émerger spontanément les notions liées à la séance en cours. Cette approche apporte un formalisme et un cadre qui permettent au client d’orienter son travail.
Faire émerger des mots, définir et reconnaître des états permet à de nombreuses personnes de reprendre le contrôle de leur bien-être mental. C’est précisément pour cette raison que beaucoup s’auto-diagnostiquent ou cherchent activement à obtenir une étiquette de psychologue ou de psychiatre. Parfois, c’est dans le but de sur-utiliser un terme pour évoquer des aspects problématiques de leur quotidien.
En tant que praticien en hypnose, nous ne sommes pas compétents pour poser un diagnostic sur quiconque, et personnellement, je considère cela comme une bonne chose. Jongler avec des termes qui peuvent être compris différemment dans le langage courant par rapport au langage scientifique est complexe. Il est fréquent que des termes comme « pervers narcissique » soient utilisés de manière extensive alors que cela ne correspond pas exactement à ce que Racamier avait proposé dans ses écrits.
Comme je l’ai mentionné précédemment, il est fort probable que de nouvelles notions telles que « empathique sombre » fassent leur apparition un jour, car les non-spécialistes de magasine proposent des interprétations pour permettre à chacun de diagnostiquer simplement des comportements problématiques. Alors que parfois un c*nnard est juste un c*nnard. Le sens des mots, en particulier en ce qui concerne les troubles psychologiques, ne peut pas être adapté en fonction de nos désirs. De plus en plus de personnes s’auto diagnostiquent d’autistes ou à haut potentiel intellectuel (HPI) en ajustant légèrement le sens de ces termes pour qu’ils correspondent à leur situation, sans pour autant obtenir un diagnostic formel.
Si nous utilisons des termes et des étiquettes qui ne reflètent pas fidèlement les caractéristiques des éléments décrits, une confusion peut surgir, généralement en raison d’une perception subjective personnelle.
Lorsque je ressens une focalisation sur l’aspect émotionnel plutôt que sur le mental, je constate cette déformation du terme en fonction des désirs, des souhaits et des sensations internes de mon interlocuteur à ce moment précis.
Et vous, comment abordez-vous les mots ? Utilisez-vous un sens que vous avez établi vous-même, ou consultez-vous parfois un dictionnaire pour vérifier la justesse d’un terme ?
Un hypnopapotage sur l’importance du mot dans le travail d’accompagnement.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
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Nos partenaires veulent de nombreuses choses et ce qui est intéressant c’est qu’ils utilisent des mots qui sont plutôt des boites à idées que des éléments précis.
Ne prenez que ce que est bon et juste pour VOUS.
Les potentiels sont en vous.
La connaissance est Partage
Prenez soin de vous
Be One
Pank