Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #406 : Rappel, les arts martiaux sont tops mais pas une thérapie

Ce texte explore la distinction cruciale entre les bienfaits des arts martiaux pour le corps et l'esprit, et leur limite en tant que thérapie pour les troubles mentaux. En s'appuyant sur l'exemple tragique de Brice Postal, l'auteur souligne que malgré la force physique et mentale développée par la pratique, les arts martiaux offrent un soutien mais ne remplacent pas un accompagnement thérapeutique face aux souffrances psychologiques profondes. Il encourage à reconnaître ses propres vulnérabilités et à chercher une protection adéquate.

J’écris souvent sur ce sujet, parce que j’entends encore trop souvent que nos sports et arts martiaux sont des thérapies. Seulement, si l’on peut clairement y trouver des tas d’éléments extrêmement positifs et constructifs pour notre corps et notre psyché, quand on ne va pas bien, se retrouver dans nos dojos nous apporte un moment d’apaisement, mais pas un soin à notre mal-être.

Brice Postal, un pratiquant de self-défense et professeur reconnu, a mis fin à ses jours. Je ne le connais pas, et il est important de comprendre que même s’il avait une communauté qui le soutenait, il s’est retrouvé seul face à ses démons. On a beau être fort, avoir des techniques pour désarmer des personnes agressives, l’esprit, lui, peut devenir un agresseur où les techniques n’ont plus d’effet.

Chacun d’entre nous, pratiquants, pouvons avoir l’impression de nous être renforcés par les défaites, les échecs, les heures d’entraînement, les retours à l’entraînement blessés, parfois les compétitions où nous avions un handicap invisible. Et pourtant, même si nous avons solidifié des facettes, il y a des fêlures, des blessures ou des faiblesses que parfois nous n’avions pas vues, mais que les démons ont pu exploiter.

Vous êtes des femmes et des hommes avec des mentaux forts, vous avez peut-être développé des compétences physiques, mentales et spirituelles incroyables, mais parfois, il faut, comme en combat, savoir faire un pas de retrait et savoir qu’il est préférable de se protéger et juste survivre.

Est-ce que la self-défense n’est pas aussi savoir se défendre… de soi-même quand la vie a sapé notre énergie ?

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #406: Reminder, Martial Arts Are Great But Not Therapy

I often write on this subject because I still too often hear that our sports and martial arts are therapies. However, while we can clearly find many extremely positive and constructive elements for our body and psyche, when we are not well, being in our dojos brings us a moment of calm but not a cure for our malaise.

Brice Postal, a recognized self-defense practitioner and teacher, took his own life. I don’t know him, and it’s important to understand that even if he had a supportive community, he found himself alone facing his demons. No matter how strong we are, how many techniques we have to disarm aggressive people, the mind itself can become an aggressor where techniques no longer have an effect.

Each of us, practitioners, may feel that we have been strengthened by defeats, failures, hours of training, returning to training injured, sometimes competitions where we had an invisible handicap. And yet, even if we have solidified certain facets, there are cracks, wounds, or weaknesses that sometimes we hadn’t seen, but which demons could exploit.

You are women and men with strong minds, you may have developed incredible physical, mental, and spiritual skills, but sometimes, as in combat, you have to know when to step back and know that it is better to protect yourself and just survive.

Isn’t self-defense also about knowing how to defend oneself… from oneself when life has drained our energy?

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #400 : Faire d’une académie un lieu d’évolution

Cet article explore la vision d'une académie d'arts martiaux comme un lieu d'évolution personnelle et sociale, au-delà de la simple performance sportive. S'inspirant des philosophies de fondateurs d'arts martiaux, l'auteur critique l'obsession de la reconnaissance et du succès matériel, illustrée par des figures controversées, et plaide pour des dojos qui cultivent l'esprit, l'empathie et les valeurs humaines, formant ainsi des citoyens solides et positifs.

Hier, j’ai écouté l’excellente interview de Johnny Frachey sur RMC et j’ai beaucoup aimé quand il expliquait que l’US Metro, c’est plus qu’un centre d’entraînement. C’est un espace de formation pour les jeunes générations, que ce soient ceux qui veulent devenir des champions ou simplement se développer au travers des sports de combat.

Nous sommes dans une ère où l’on peut reprendre les intentions de Kano Jigoro, de So Doshin, voire de Mas Oyama, celles de former des hommes et des femmes qui, au-delà des arts martiaux, seront des personnes positives pour elles-mêmes, pour leur entourage, puis pour la société de façon générale.

C’est bien de savoir se défendre ou de gagner des coupes ou des ceintures, mais si nous nous comportons comme un Jon Jones ou un Conor McGregor, je ne vois pas trop l’intérêt humainement parlant.

Ils sont la preuve que l’obsession de performance et de reconnaissance ne rend pas nécessairement bon et encore moins positif pour le monde. Insultes, drogue, alcool, violence et manque de considération pour les autres : pour moi, ils ont beau être considérés comme les plus grands, ils ne sont que de petits hommes (certes riches et célèbres).

Sans pour autant attendre que tout le monde se transforme en Yoda, parce que nous sommes ce que nous sommes et avons le droit d’exprimer notre personnalité, les dojos sont des lieux pour polir l’esprit, apprendre ou plutôt acquérir et pratiquer les valeurs au-delà des cordes ou du tatami.

Les instructeurs eux-mêmes sont pleins de défauts et ne sont pas toujours les plus justes ou les meilleurs des hommes ou des femmes, mais pour beaucoup, ils souhaitent réellement que leurs enseignements puissent aller au-delà du martial, vers la création de citoyens solides, dotés d’une meilleure maîtrise et d’une capacité à développer une empathie juste, parce que la souffrance, la douleur et les difficultés sont sans cesse répétées dans ces salles d’apprentissage.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Title: Martial Reflections of a Hypnofighter #400: Making an Academy a Place of Evolution

Yesterday, I listened to Johnny Frachey’s excellent interview on RMC and really liked it when he explained that US Metro is more than just a training center. It’s a training ground for young generations, whether they want to become champions or simply develop through combat sports.

We are in an era where we can revisit the intentions of Kano Jigoro, So Doshin, or even Mas Oyama: to train men and women who, beyond martial arts, will be positive individuals for themselves, for their entourage, and then for society in general.

It’s good to know how to defend oneself or to win cups or belts, but if we behave like a Jon Jones or a Conor McGregor, I don’t really see the human interest.

They are proof that the obsession with performance and recognition does not necessarily make one good, and even less positive for the world. Insults, drugs, alcohol, violence, and lack of consideration for others: for me, even if they are considered the greatest, they are just small men (certainly rich and famous).

Without expecting everyone to turn into Yoda, because we are what we are and have the right to express our personality, dojos are places to polish the mind, to learn or rather acquire and practice values beyond the ropes or the tatami.

Instructors themselves are full of flaws and are not always the fairest or best of men or women, but for many, they truly wish that their teachings can go beyond the martial, towards the creation of strong citizens, with better self-control and an ability to develop true empathy, because suffering, pain, and difficulties are constantly repeated in these learning halls.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #394 : Les pratiquants malsains

Nous savons que le sport ne fait pas de différence quant aux personnalités qu’il accepte. C’est une pratique qui se veut ouverte à tous, et les arts martiaux sont dans le même état d’esprit. Qu’importe que tu aies un handicap ou des difficultés, il y aura toujours des dojos qui pourront t’accueillir.

Et comme le monde n’est pas neutre, voire spécialement bon, il y a aussi des pratiquants qui viennent apprendre les arts martiaux et qui ne sont pas forcément équilibrés psychiquement. Il y a souvent des névroses en nous, comme des sentiments d’infériorité, qui font parfois pousser les portes d’une salle.

Si on aime à dire à quel point les arts martiaux ont une force éducatrice et une capacité à cadrer les jeunes et les adultes, il y a néanmoins des personnes qui sont habitées par des maux intérieurs et qui vont devenir des dangers pour les autres.

Il arrive que des pratiquants, bons, aient une forme de surcompensation et commencent à faire du mal aux partenaires ou en dehors de l’entraînement. Il y a des jiujitsukas qui sont connus dans les salles comme étant là pour blesser les autres. Il y a quelques années, on a vu une ceinture violette réputée pour cet esprit malsain briser volontairement le membre d’un autre pratiquant.

On le voit dans des entraînements ouverts, chercher ses proies et ne pas respecter les abandons ou faire des techniques non autorisées dans le cadre des rencontres, ce qui va entraîner des blessures plus ou moins importantes.

Il ne faut pas se mentir, même si on a des vidéos en mode BJJ/Les arts martiaux m’ont sauvé la vie, et il y a que du bon, nombre de personnes ne sont pas en équilibre et il est possible que leur vécu, les humiliations, les souffrances passées ou simplement leur sadisme et besoin de domination affectent les autres.

En tant que professeurs, il est difficile de savoir quoi faire. Virer semble le plus simple, mais il a peut-être déjà acquis suffisamment pour être dangereux pour les autres, dans son dojo ou ailleurs…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One,
Pank
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Martial Reflections of a Hypnofighter #394: The Unhealthy Practitioners

We know that sport makes no distinction as to the personalities it accepts. It is a practice that aims to be open to all, and martial arts are in the same spirit. No matter if you have a disability or difficulties, there will always be dojos that can welcome you.

And as the world is not neutral, or even especially good, there are also practitioners who come to learn martial arts and who are not necessarily psychologically balanced. There are often neuroses in us, such as feelings of inferiority, that sometimes make us push open the doors of a gym.

While we like to say how much martial arts have an educational force and an ability to guide young people and adults, there are nevertheless people who are inhabited by inner evils and who will become dangers to others.

It happens that practitioners, even good ones, have a form of overcompensation and start to harm partners or outside of training. There are jiujitsukas who are known in the gyms as being there to injure others. A few years ago, we saw a purple belt known for this unhealthy spirit deliberately break the limb of another practitioner.

We see it in open training sessions, seeking out its prey and not respecting taps or using techniques not allowed in the context of matches, which will lead to more or less serious injuries.

We must not lie to ourselves, even if we have videos in BJJ/Martial arts saved my life mode, and there is only good, many people are not balanced and it is possible that their experiences, humiliations, past suffering or simply their sadism and need for domination affect others.

As teachers, it is difficult to know what to do. Expulsion seems the simplest, but he may have already acquired enough to be dangerous to others, in his dojo or elsewhere…

Take what is good and right for you.
Be One,
Pank
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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #390 : S’entraîner sans s’améliorer

Cet article explore les défis de la stagnation et de la régression dans la pratique des arts martiaux, en soulignant l'importance de trouver de nouvelles sources de motivation et d'aborder la pratique sous un angle différent lorsque la progression devient difficile.

Il est difficile d’accepter qu’il y ait des périodes où l’on n’évolue plus, voire même où l’on régresse. C’est stressant et, pour beaucoup, déceptif. Pourquoi passer autant de temps à la salle et au dojo, si nous ne progressons plus ? C’est parfois lié à une vie un peu plus compliquée hors académie, ou à des blessures, pour certains, à répétition.

Qu’on n’avance pas ou lentement, c’est classique et on peut se dire que c’est un palier. On fera avec et puis on va trouver d’autres leviers de plaisir pour venir.

Le problème est là : sans progression et en se sentant régresser, il est possible que l’envie d’aller à l’entraînement diminue, mettant alors en route un cercle vicieux qui entraîne encore plus de déceptions et de manque de motivation. Conclusion : 2 enfants et 20 kilos plus tard, on va parfois redevenir ce gars qui a arrêté en bleue il y a 15 ans, parce que le plaisir était absent.

Nous devons admettre qu’il y a des saisons qui ne nous apportent pas de satisfaction d’un point de vue progression. De plus, il est possible que nous soyons aussi au pic de nos compétences, qui ne sont pas toujours élevées si on se compare (en compétition) avec d’autres. On voit que nous n’arrivons plus physiquement (cardio, souplesse ou encore blessures) à nous maintenir à niveau, alors encore moins à évoluer.

C’est une phase qui entraîne beaucoup d’abandon. C’est aussi une belle possibilité de terminer un cycle et d’aborder la pratique autrement, que ça soit socialement, pour le plaisir de la découverte technique, moins que pour la performance et l’efficacité. Un deuil à faire dans ces cas précis.

Nous ne serons pas tous en progression permanente, parfois nous n’aurons pas un niveau de fou, mais au fond ce qu’on aime des arts martiaux est multifactoriel, alors continuer doit rester un plaisir.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #390: Training Without Improving

It is difficult to accept that there are periods when we no longer evolve, or even regress. It’s stressful and, for many, disappointing. Why spend so much time at the gym and dojo if we are no longer progressing? This is sometimes linked to a slightly more complicated life outside the academy, or to injuries, for some, repeatedly.

That we don’t move forward or slowly, it’s classic and we can tell ourselves that it is a plateau. We will deal with it and then we will find other sources of pleasure to come.

The problem is there: without progression and feeling regressing, it is possible that the desire to go to training decreases, thus setting in motion a vicious circle which leads to even more disappointments and lack of motivation. Conclusion: 2 children and 20 kilos later, we will sometimes become that guy who stopped in blue 15 years ago, because the pleasure was absent.

We must admit that there are seasons that do not bring us satisfaction from a progression point of view. In addition, it is possible that we are also at the peak of our skills, which are not always high if we compare ourselves (in competition) with others. We see that we can no longer physically (cardio, flexibility or even injuries) maintain ourselves at a level, let alone evolve.

It’s a phase that leads to a lot of abandonment. It is also a great opportunity to end a cycle and approach the practice differently, whether socially, for the pleasure of technical discovery, less than for performance and efficiency. A mourning to do in these specific cases.

We will not all be in permanent progression, sometimes we will not have a crazy level, but basically what we love about martial arts is multifactorial, so continuing should remain a pleasure.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #389 : À quel moment…

Je me demande toujours à quel moment le physique va reprendre sa place dominante dans les sports de combat. Nous avons tous vu des débutants très athlétiques qui, tant en boxe qu’en lutte, donnent du souci à des combattants avancés et techniquement à des années-lumière.

Dans le cas du BJJ, j’ai souvent vu des types très denses et explosifs parvenir, avec la compréhension de la posture, à empêcher l’application de techniques de gars bien plus gradés. Alors attention, en quelques mois, ils peuvent ne plus se faire soumettre ou renverser, mais ce n’est pas pour autant qu’ils passent une garde, renversent ou finalisent.

Le marqueur pour moi est ce moment où le BJJ, la luta ou même les boxes, ne parviennent plus à prouver que la technique supplante la force. La technique peut supplanter la force sans la moindre idée technique, mais dès qu’il y a une base, c’est très difficile.

On l’a vu avec des ceintures bleues ou violettes qui ne font que du sol pour le MMA, donc on ne peut pas dire, des BJJistes, empêcher des champions du monde comme Vieira de les soumettre, voire de les dominer, et pire encore, de les faire taper.

Pourquoi on ne se prend plus la tête à enseigner le sol aux combattants, mais juste à se défendre et sortir en explosant ou en utilisant leur physique ? Parce que le temps passé à se faire un corps fort, puissant et polyvalent supplante complètement, en termes de résultat, le même temps passé en techniques complexes.

La simplicité technique peut être le chemin le plus juste pour les combattants les plus athlétiques, pour empêcher et mettre en danger l’opposant. Et vous, à quel moment vous dites-vous : ma technique ne fonctionne pas, je ne suis pas assez lourd, puissant, explosif, jeune ou autre, face à cette force physique avec peu de technique ?

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One,
Pank
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Martial Reflections of an Hypnofighter #389: At what point…

I always wonder when the physical will regain its dominant place in combat sports. We have all seen very athletic beginners who, in both boxing and wrestling, give advanced fighters, technically light-years ahead, a hard time.

In the case of BJJ, I have often seen very dense and explosive guys manage, with an understanding of posture, to prevent the application of techniques from much higher-ranked guys. So be careful, in a few months, they may no longer be submitted or reversed, but that doesn’t mean they pass a guard, reverse, or finalize.

The marker for me is that moment when BJJ, luta, or even boxing, can no longer prove that technique supplants strength. Technique can supplant strength without the slightest technical idea, but as soon as there is a base, it is very difficult.

We’ve seen it with blue or purple belts who only do ground work for MMA, so we can’t say, BJJ practitioners, preventing world champions like Vieira from submitting them, even dominating them, and worse, making them tap out.

Why don’t we bother teaching ground work to fighters anymore, but just how to defend and get out by exploding or using their physicality? Because the time spent building a strong, powerful, and versatile body completely supplants, in terms of results, the same time spent on complex techniques.

Technical simplicity may be the fairest path for the most athletic fighters, to prevent and endanger the opponent. And you, at what point do you say to yourself: my technique doesn’t work, I’m not heavy, powerful, explosive, young or otherwise enough, against this physical strength with little technique?

Take what is good and right for you.
Be One,
Pank
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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #383 : L’expérience en plus

Cet article explore l'importance de l'expérience dans les arts martiaux, en particulier en Jiu-Jitsu, en comparant les combattants de différents niveaux. Il souligne comment l'expérience acquise au travers des randoris et l'adaptation à sa propre morphologie peuvent compenser un entraînement moins long mais plus intensif.

Je pense que maintenant, en 4 ou 5 ans d’entraînement dans n’importe quelle discipline, nous pouvons avoir des combattants d’élite. Il y a de multiples facteurs comme la génétique, le cadre et la quantité d’entraînement. En Jiu-Jitsu, de nos jours, les ceintures bleues orientées compétition peuvent faire jeu égal avec des ceintures noires. On le voit avec ces jeunes bleues qui prennent des titres mondiaux à chaque grade, pour prendre celui en noire rapidement.

Ce qui fait la différence entre les pratiquants loisirs gradés et les ceintures noires, c’est souvent l’expérience acquise au travers des randoris, avec bien sûr une adaptation à leur propre morphologie et personnalité de leur système technique. Cette expérience est souvent ce qui fait qu’il va continuer des mouvements ou de mettre de l’opposition, dans des angles, même quand il est en train de se faire renverser ou passer la garde.

Il n’est pas dans cette idée, qui reste parfois encore très présente, de la technique parfaite qui devrait fonctionner, mais dans la prise en compte des temps, de l’intensité et des angles qu’il lui est encore possible de prendre pour ne pas se faire « avoir ».

Quand un moins gradé va accepter le cent kilos par fatigue et sous la pression, beaucoup de ceintures noires vont se battre pour maintenir un axe, une cale, une distance, afin que l’opposant ne puisse pas se retrouver en position complète de contrôle.

Il tendra à laisser dans une incertitude et une possibilité de se mouvoir ou de revenir comme c’est parfois le cas en sweep. Il se fait renverser et pourtant attaque une soumission ou immédiatement ramène son adversaire sur le dos.

Cette expérience ne vient que dans la répétition des combats, parce que tout le monde sait à quel point les techniques ne servent plus à grand chose face à un bloque en position forte de contrôle qui a décidé de ne plus bouger.

Cette différence d’expérience, pour boucler sur mon introduction, avec les nouvelles générations qui s’entraînent 2-3 fois par jour est rapidement compensée par les heures incessantes passées sur le tatami, bien plus que les loisirs qui pratiquent depuis parfois des décennies.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Passion Combat

Martial Reflections of an Hypnofighter #383: The Added Experience

I believe that now, with 4 or 5 years of training in any discipline, we can have elite fighters. There are multiple factors such as genetics, environment, and the amount of training. In Jiu-Jitsu, nowadays, competition-oriented blue belts can be on par with black belts. We see it with these young blue belts who take world titles at each grade, to take the black belt quickly.

What makes the difference between graded recreational practitioners and black belts is often the experience gained through randoris, with of course an adaptation to their own morphology and personality of their technical system. This experience is often what makes him continue movements or put up opposition, in angles, even when he is being overturned or passing the guard.

He is not in this idea, which sometimes remains very present, of the perfect technique that should work, but in taking into account the times, the intensity and the angles that he can still take to not get « had ».

When a lower grade will accept the hundred kilos out of fatigue and under pressure, many black belts will fight to maintain an axis, a wedge, a distance, so that the opponent cannot find himself in a complete control position.

He will tend to leave in an uncertainty and a possibility of moving or coming back as is sometimes the case in sweep. He is overturned and yet attacks a submission or immediately brings his opponent back on his back.

This experience only comes in the repetition of fights, because everyone knows how much the techniques are no longer of much use against a block in a strong control position who has decided not to move.

This difference in experience, to conclude my introduction, with the new generations who train 2-3 times a day is quickly compensated by the incessant hours spent on the mat, much more than the recreational who have been practicing for decades.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Passion Combat

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #359 : L’habit ne fait pas le moine ?

L'article explore comment l'apparence physique, les attitudes et les comportements peuvent donner des indices sur l'expérience et la détermination d'un combattant, tout en soulignant les limites de ces observations et l'importance de ne pas se fier uniquement aux apparences.

Désolé, mais si. Nous le voyons bien dans les sports de combat : quand on observe le physique ou les visages des combattants, on peut assez souvent deviner si la personne que nous avons en face de nous a connu l’intensité de l’entraînement.

Certes, nous avons des « Muscimesci », mais quand on regarde leur physique, on voit quand même qu’ils sont solides. De même, nous pourrions dire que des gars avec des oreilles en chou-fleur ne sont clairement pas tous de bons lutteurs/grapplers.

Le corps, la façon de marcher, de se tenir, donne des informations. On pourrait se dire qu’il faudrait au moins 2 ou 3 indications, et porter un t-shirt Venum ou UFC ne fait pas partie des critères.

Quand on entre sur l’aire de combat, là aussi, certaines attitudes, regards, mouvements, straps, façon de respirer, donnent des informations en plus de ce que le physique peut exprimer immédiatement.

On peut dire que l’on ne sait pas, par exemple, avec des personnes âgées, leur niveau. Mais le temps, comme je vous le partage souvent, entame quand même bien les capacités martiales, sans même parler du physique. Il existe toujours des exceptions, mais si l’on devient exclusivement professeur et qu’on ne combat plus contre les jeunes au pic physique, c’est que l’expérience ne suffira pas ou n’évitera pas une blessure.

D’un autre côté, se faire des films parce que nous voyons des gars frapper comme des mules à l’échauffement ou pousser des « hush hush » en mode impressionnant, n’a aucune valeur. Ce ne sont pas des attitudes « profondes », c’est autant un moyen de poser une image qu’une façon de se rassurer.

Et enfin, penser à prêter attention aux regards, surtout quand le combat commence, cela peut donner des informations et comprendre d’un coup que l’opposant est déterminé…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #359: Does the Habit Make the Monk?

Sorry, but yes, it does. We see it clearly in combat sports: when we observe the physique or faces of the fighters, we can often guess if the person we face has experienced the intensity of training.

Certainly, we have « Muscimesci », but when we look at their physique, we still see that they are solid. Similarly, we could say that guys with cauliflower ears are clearly not all good wrestlers/grapplers.

The body, the way of walking, of standing, gives information. One might say that at least 2 or 3 indications are needed, and wearing a Venum or UFC t-shirt is not one of the criteria.

When entering the combat area, there too, certain attitudes, gazes, movements, straps, way of breathing, give information in addition to what the physique can immediately express.

One might say that we don’t know, for example, with older people, their level. But time, as I often share with you, still takes a toll on martial abilities, not to mention the physique. There are always exceptions, but if one becomes exclusively a teacher and no longer fights against young people at their physical peak, it’s because experience will not be enough or will not prevent injury.

On the other hand, getting carried away because we see guys hitting like mules in the warm-up or making impressive « hush hush » noises has no value. These are not « deep » attitudes; it’s as much a way to create an image as a way to reassure oneself.

And finally, remember to pay attention to the eyes, especially when the fight begins, it can give information and suddenly understand that the opponent is determined…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #355 : La Quête de Souplesse Après la Force Brute

 L'auteur explore la transition dans les arts martiaux de la force brute à la souplesse, soulignant l'importance d'une base physique solide avant de rechercher la fluidité. Il remet en question l'idée que la technique seule suffit et insiste sur le rôle de l'expérience et de l'âge dans le développement de la souplesse.

J’aime profondément les anciens dans les arts martiaux, et plus particulièrement quand ils démontrent des techniques avec une idée de souplesse, de non-opposition voire d’ichigeki.

Je vois des jeunes aïkidokas ou jiujitsukas “traditionnels” faire des mouvements avec fluidité dans une volonté aïki ou dans une souplesse de kuzushi qui semble répondre à l’imagerie populaire des arts martiaux, une sorte de beauté où celui qui subit la technique “utilise la force” de l’autre.

Mais tout cela, c’est à mon avis une erreur. Même un Ueshiba était une brute physique, avec une musculature développée et quand on lit les vieux sifu ou sensei, la plupart avaient des entraînements d’une violence et dureté incroyables. En Judo, un entraînement de Kimura ne ressemble pas à ce que nous voyons de Mifune âgé.

Il y a la réalité qui entre dans l’équation, l’opposition, la résistance de l’autre que la technique ne peut pas pleinement vaincre, parce qu’il y a besoin d’un physique, d’une explosivité etc. Si le conditionnement physique est tellement intense que ça soit dans les Wushu, les Budo, les Boxes et les Luttes, c’est qu’il y a ce besoin de force brute.

De ces milliers d’oppositions, de ce temps qui passe, de ces réponses dans le conflit physique, en ressortent des automatismes, des patterns qui avec les décennies vont donner une sorte de capacité d’anticipation, ce fameux “pressenti” et donc si le corps est moins physique, l’expérience, les sensations elles entraînent une souplesse, un timing et dès lors une petite compensation de cette perte d’agressivité, et de force.

Vendons le souple en temps et en heure, sans mentir aux néophytes, en leur rappelant que la technique est un levier qui décuple les aptitudes physiques…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of an Hypnofighter #355: The Quest for Suppleness After Brute Force

I deeply love the elders in martial arts, and especially when they demonstrate techniques with an idea of suppleness, non-opposition, or even ichigeki.

I see young aikidokas or “traditional” jiujitsukas making movements with fluidity in an aiki intention or in a suppleness of kuzushi that seems to respond to the popular imagery of martial arts, a kind of beauty where the one who undergoes the technique “uses the force” of the other.

But all this, in my opinion, is a mistake. Even Ueshiba was a physical brute, with developed musculature, and when we read the old sifu or sensei, most had incredibly violent and harsh training. In Judo, a Kimura training does not resemble what we see of the aged Mifune.

There is the reality that comes into play, the opposition, the resistance of the other that the technique cannot fully overcome, because there is a need for physique, explosiveness, etc. If physical conditioning is so intense, whether in Wushu, Budo, Boxing, and Wrestling, it is because there is this need for brute force.

From these thousands of oppositions, from the passage of time, from these responses in physical conflict, automatisms, patterns emerge that with the decades will give a kind of anticipation ability, this famous “premonition,” and therefore if the body is less physical, experience, sensations, they train suppleness, timing, and therefore a small compensation for this loss of aggressiveness and strength.

Let’s sell suppleness in due time, without lying to neophytes, reminding them that technique is a lever that multiplies physical abilities…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #350 : Le Professionnalisme

L'article souligne l'importance cruciale du professionnalisme pour les athlètes de MMA. Il met en lumière la nécessité de s'extraire d'une mentalité d'attente liée au système fédéral, en adoptant une approche entrepreneuriale. Les combattants professionnels doivent développer des compétences en communication, se présenter comme des marques et considérer leur carrière comme un travail à part entière pour réussir dans l'industrie du MMA.

Dans le dernier épisode de LFE, Enoch Effah a bien souligné l’importance du professionnalisme pour les athlètes, surtout en MMA. Il a fait une remarque pertinente qui est à prendre en compte dans notre culture associative et fédérale : celle de s’extraire, dans le MMA particulièrement, du fédéralisme, de l’attente.

En effet, nous avons l’habitude de gagner un tournoi sélectif pour après être envoyé aux stades supérieurs comme les Europe et les Monde. Mais dans le MMA pro, si on ne fait qu’attendre que la fédération ou une organisation gère la carrière, il y a un risque d’être perdu et oublié.

Comme le faisait remarquer Enoch, il est important que les futurs pros du MMA pensent comme des business men, en apprenant à être bon en anglais, à bien se présenter, maintenant avec le MMA spectacle avec une communauté, avoir une sorte de « gimmick » comme au catch.

En somme, permettre de voir son entraînement et ses combats, non comme un sport mais un travail. Et la nuance est importante. Je peux d’ailleurs rebondir sur un discours qu’a le propriétaire de Marseille Boxing Club qui régulièrement montre ce que c’est un travail qui a pour but de te nourrir de ta passion, mais aussi ton assiette et tes projets de vie.

C’est plus onéreux, mais c’est plus carré, il y a tout ce qu’il faut pour les athlètes, etc. Dans le cadre du MMA, nous nous trouvons dans la même dynamique. Vous devenez un futur salarié d’une organisation, il vous faut un CV de qualité, autant sur l’aspect carte de combat, mais aussi engouement que professionnalisme pour l’organisation sur tous les plans, afin de faciliter votre visibilité et donner l’envie de vous mettre en avant.

Les amateurs ont un univers, un peu le stagiaire de la boîte, et les pros sont les salariés.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #350: Professionalism

In the latest episode of LFE, Enoch Effah rightly emphasized the importance of professionalism for athletes, especially in MMA. He made a relevant point that should be taken into account in our associative and federal culture: that of extracting oneself, particularly in MMA, from federalism, from waiting.

Indeed, we are used to winning a selective tournament and then being sent to higher levels such as Europe and the World. But in pro MMA, if you only wait for the federation or an organization to manage your career, there is a risk of being lost and forgotten.

As Enoch pointed out, it is important that future MMA pros think like businessmen, learning to be good at English, to present themselves well, now with the MMA spectacle with a community, to have a kind of « gimmick » like in wrestling.

In short, allow your training and fights to be seen, not as a sport but as a job. And the nuance is important. I can also build on a speech that the owner of Marseille Boxing Club has, who regularly shows what a job is that aims to feed you from your passion, but also your plate and your life projects.

It’s more expensive, but it’s more structured, there is everything you need for athletes, etc. In the context of MMA, we find ourselves in the same dynamic. You become a future employee of an organization, you need a quality CV, both in terms of fight card, but also enthusiasm and professionalism for the organization on all levels, in order to facilitate your visibility and make them want to promote you.

Amateurs have a universe, a bit like the intern of the company, and pros are the employees.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #348 : Plus de randori ou un meilleur randori

L'article remet en question l'approche traditionnelle du randori en BJJ et Luta, qui privilégie souvent la quantité à la qualité. L'auteur soutient que la simple répétition de combats sans analyse ni correction des erreurs peut conduire à l'automatisation de mauvais patterns. Il préconise un randori plus réfléchi, où les partenaires s'arrêtent pour analyser les phases de combat, favorisant ainsi une progression plus efficace.

On sait que dans le BJJ et la Luta, nous voulons passer du temps à faire des combats. Et ce qui est génial, c’est que nous pouvons en faire des centaines sans se blesser. Du moins, on les cumule et on a un peu l’idée que plus on combat, plus on deviendra performant, parce que nous pourrions le traduire comme une expérience sur le tatami.

Pourtant, si nous répétons encore et encore les mêmes patterns qui ne se corrigent pas, nous les intégrons, nous les automatisons. Il est assez rare de voir des randoris qui sont là pour permettre de réellement progresser, des combats où il faut s’arrêter dans certaines phases pour savoir pourquoi ça passe ou, au contraire, qu’est-ce qui fait que c’est complexe à mettre en place.

Penser à son jeu et reprendre pendant les combats les phases qui ne correspondent pas. Du coup, le partenaire doit aussi être dans cette envie d’analyser, de se stopper parfois quand il est dans une phase de domination. Le nombre de randoris a été tellement mis en avant, tout comme les drills à l’excès, et petit à petit, on se rend compte que ce n’est qu’un exercice qu’il faut mettre dans une dynamique plus complexe et surtout qui impose de rendre les randoris, comme ils étaient initialement, des exercices de combats et paradoxalement pas pleinement des combats.

La qualité de la démarche dans le combat, avec une réflexion, peut déranger une partie d’entre nous qui vont voir dans cette façon de faire une frustration de ne pas pouvoir terminer des combats et égotiquement se satisfaire de son effort.

Mais là encore, si le randori est un exercice, il reste la compétition pour être l’examen.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of an Hypnofighter #348: More Randori or Better Randori

We know that in BJJ and Luta, we want to spend time doing fights. And what’s great is that we can do hundreds of them without getting hurt. At least, we accumulate them and we have a bit of an idea that the more we fight, the more proficient we will become, because we could translate it as experience on the mat.

However, if we repeat the same patterns over and over again that don’t get corrected, we integrate them, we automate them. It is quite rare to see randoris that are there to allow real progress, fights where you have to stop in certain phases to know why it works or, on the contrary, what makes it complex to implement.

Thinking about your game and revisiting during fights the phases that don’t work. Consequently, the partner must also have this desire to analyze, to stop sometimes when they are in a phase of domination. The number of randoris has been so emphasized, just like excessive drills, and little by little, we realize that it is only an exercise that must be put into a more complex dynamic and above all that requires making randoris, as they were initially, combat exercises and paradoxically not fully fights.

The quality of the approach in combat, with reflection, may disturb some of us who will see in this way of doing things a frustration of not being able to finish fights and egotistically be satisfied with their effort.

But then again, if randori is an exercise, competition remains to be the exam.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank