Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #535  : La Réalité de la Blessure en Combat de Rue : Au-delà du Mythe de l’Intouchabilité

La blessure en combat est un sujet complexe. La plupart du temps, on part du postulat que si l’on doit se défendre dans un cadre urbain, notre panel technique et notre gestion psychologique devraient nous éviter assez rapidement de prendre un mauvais coup ou d’être méchamment blessé. Cependant, qu’en est-il réellement ?

Un des points que les sports de combat enseignent bien, parfois malgré eux, c’est de continuer un round ou un match bien que l’on soit blessé. En self-défense, il est assez peu intuitif d’admettre que l’on puisse être touché. Pourtant, nous ne connaissons ni le nombre d’opposants, ni comment nous allons réagir face à ce stress intense. De plus, cette inconnue du combat nous pousse à vouloir sortir rapidement de ce rituel d’opposition.

Cela donne un avantage perceptif de se dire : « Je frappe, je cours. » Mais cette vision ne prend pas en compte un des éléments les plus courants dans le combat : on s’en prend une, deux, voire beaucoup plus. Je ne parle pas d’absorber un coup de couteau (ce qui relève de vidéos utopiques), mais de frappes diverses qui peuvent être prises et acceptées. Ces frappes peuvent briser quelque chose sans nous mettre K.O., ou nous endolorir suffisamment pour nous bloquer.

On voit bien pendant des matchs, quand il y a des coups durs, certains reculent, se mettent en « tortue », puis font « bonhomme ». Des styles comme le karaté Kyokushinkai ont énormément misé sur l’encaisse, même si, comme on dit, « on n’encaisse pas la tête ». Le fait d’avoir un travail spécifique, et surtout un processus d’habituation, permet de se dire que l’on peut accepter certaines frappes pour donner la sienne, sans tomber immédiatement. Vivre un combat avec une douleur, voire une blessure, est une expérience spécifique qu’il est peut-être utile de rappeler et d’entraîner.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank.https://www.passioncombat.net/

Martial Reflections of an Hypnofighter #535   The Reality of Injury in Street Combat: Beyond the Myth of Untouchability

Injury in combat is a complex subject. Most of the time, we start from the premise that if we must defend ourselves in an urban setting, our technical skills and psychological management should prevent us from taking a bad hit or being severely injured quite quickly. However, what is the reality?

One of the points that combat sports teach well, sometimes despite themselves, is to continue a round or a match even though one is injured. In self-defense, it is quite unintuitive to admit that we might be hit. Yet, we know neither the number of opponents nor how we will react in the face of this intense stress. Moreover, this unknown factor in combat pushes us to want to exit this oppositional ritual quickly.

This gives a perceptual advantage to saying to oneself: « I hit, I run. » But this vision does not take into account one of the most common elements in combat: we take one, two, or even many more hits. I am not talking about absorbing a knife wound (which belongs to utopian videos), but about various strikes that can be taken and accepted. These strikes might break something without knocking us out, or make us sore enough to freeze us.

We see this during matches; when hard hits land, some back up, turtle up, and then « man up. » Styles like Kyokushinkai karate have focused heavily on conditionning and absorbing hits, even if, as they say, « you don’t condition the head. » Having specific work, and especially an habituation process, allows one to say that we can accept certain strikes to land our own, without falling immediately. Experiencing a fight with pain, or even an injury, is a specific condition that it is perhaps useful to recall and to train for.

Take what is good and right for you. Be One, Pank.

Réflexions martiales d’un hypnofighter #148 : L’encaisse

Il y a deux jours, nous discutions avec Antonio Tusseau, le champion d’Europe et d’Amérique, et 4e au dernier championnat du monde de Karaté Kyokushinkai, sur l’encaisse. Ce type de karaté est réputé pour son application rigoureuse du principe d’endurance aux coups, une tradition développée depuis 1969. Initialement, les techniques de compétition comprenaient beaucoup de tai sabaki (esquive) et de blocages prolongés, à l’instar du karaté traditionnel. Cependant, au fil des compétitions, ces méthodes ont évolué.

Lors du premier championnat du monde en 1975, les compétiteurs japonais se distinguaient par leur utilisation des low kicks  (une stratégie astucieuse du Sosaï) et la résistance aux coups des étrangers plus lourds, une technique moins répandue chez les autres nations. 

Dès 1979, la maîtrise et la défense des low kicks étaient devenues communes, entraînant une évolution des stratégies et techniques. Dans les années 80-90, l’usage des poings a pris le dessus, les combattants ne cherchant plus à casser leur adversaire par des attaques sur les appuis.

Les pratiquants de Kyokushin, toujours plus résistants, parvenaient à encaisser les coups aux jambes et au buste avec une efficacité accrue. Bien que les jambes de ces karatékas soient impressionnantes, (ils mettent des high kick en étant collés à toi), obtenir un KO à la tête reste parfois un défi.

Avec le temps, certains combattants, faute de mieux, adoptent une approche directe, s’affrontant avec l’intention de faire fléchir l’adversaire par le volume (comme on a pu le voir lors de la finale du World Shinkyokushin 2023). En résumé, plus on est résistant, plus on a de l’endurance et plus on frappe fort, plus on a de chances de progresser dans le tournoi.

L’encaisse est le résultat d’un entraînement progressif, bien que chez certains Kyokus, il puisse sembler naturel. Les karatékas d’Okinawa, par exemple, développent un apprentissage plus lent au fil des entraînements.

Beaucoup de débutants peinent à comprendre la résistance qu’un Kyokushin bien préparé, tel qu’Antonio, peut développer. Bien entendu, on ne renforce pas la tête, mais avoir confiance en la résistance de son corps durant un combat est essentiel. Imaginez un adversaire lançant des low kicks à pleine puissance, contrés simultanément par un coup au visage ; cela peut conduire à un KO spectaculaire.

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Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

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Martial Reflections of a HypnoFighter #148: Endurance

Two days ago, we were discussing with Antonio Tusseau, the European and American champion, and 4th at the last World Championship of Kyokushinkai Karate, about endurance. This type of karate is known for its strict application of the principle of enduring strikes, a tradition developed since 1969. Initially, competition techniques included a lot of tai sabaki (evasion) and prolonged blocking, similar to traditional karate. However, over time, these methods have evolved.

At the first World Championship in 1975, Japanese competitors stood out for their use of low kicks (a clever strategy by the Sosai) and resistance to heavier foreign strikes, a technique less common among other nations.

By 1979, mastering and defending against low kicks had become common, leading to an evolution in strategies and techniques. In the 1980s and 1990s, the use of fists became predominant, with fighters no longer looking to break their opponent through attacks on their stance.

Kyokushin practitioners, increasingly resistant, were able to endure leg and torso strikes with greater efficiency. Although the legs of these karatekas are impressive (they can deliver high kicks while close to you), achieving a KO to the head remains sometimes a challenge.

Over time, some fighters, for lack of a better approach, adopted a direct method, facing each other with the intention of overwhelming their opponent with volume (as seen in the World Shinkyokushin 2023 final). In summary, the more resistant you are, the more endurance and strength you have, the more likely you are to progress through the tournament.

Endurance is the result of progressive training, although for some Kyokus, it may seem natural. Karatekas from Okinawa, for example, develop a slower learning process through training.

Many beginners struggle to understand the resistance that a well-prepared Kyokushin, like Antonio, can develop. Of course, the head is not strengthened, but having confidence in one’s body’s resistance during a fight is crucial. Imagine an opponent launching full-power low kicks, countered simultaneously with a strike to the face; this can lead to a spectacular KO.

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Take only what is good and right for you.

Be one,

Pank

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