Réflexions martiales d’un Hypnofighter #432 : Apprendre à savoir ce que l’on attend

Plus on pratique, plus on prend en compte les sensations. Dans les arts martiaux, il y a cette phase de combat où parfois notre égo peut prendre beaucoup de place. Au départ, nous avons un besoin de prouver, non pas forcément aux autres ou aux entraîneurs, mais seulement à nous-mêmes.

Nous avons besoin de pouvoir nous dire que ce que nous étudions au dojo ou à la salle est utile et fonctionnel. Nous relevons les défis des différents niveaux que nous croisons. Parfois, nous dépassons nos limites, d’autres fois nous ne sommes capables de rien parce que nous sommes stressés par le niveau des plus anciens.

Puis nous prenons nos marques, nous savons ce que nous cherchons, et nous devenons plus techniques et plus expérimentés. Nous combattons avec des objectifs, des thèmes, des stratégies. Nous avons des partenaires et des oppositions que nous trouvons stimulantes, intéressantes et productives.

Ensuite, il y a les autres moments, qui deviennent problématiques, possiblement blessants, avec des débutants excités ou des avancés qui ne savent pas se retenir, qui ne savent « toujours pas » faire des sparrings. Nous devons parfois dépasser ce que nous avions en tête parce que l’autre est féroce, mais pas dans une notion d’opposition constructive, plutôt dans une vision « destructive ».

Nous sortons alors les crocs, nous recadrons, nous frappons ou soumettons avec plus d’intensité, sans plaisir, sans impression d’utilité. Un combat sans intérêt, qui va aussi ébranler notre égo que nous avions de plus en plus maîtrisé.

Ce sont des moments où il y a cette sensation de perte de temps et d’énergie, alors que les entraînements, ces temps pugilistiques même quotidiens, sont rares et ne sont plus simplement des moments pour évoluer, mais pour se sentir un peu plus en vie.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial reflections of a Hypnofighter #432: Learning to know what you’re looking for

The more you practice, the more you take into account the sensations you feel. In martial arts, there’s this phase of combat where sometimes our ego can take up a lot of space. Initially, we have a need to prove ourselves, not necessarily to others or to the coaches, but only to ourselves.

We need to be able to tell ourselves that what we’re studying at the dojo or the gym is useful and functional. We take on the challenges of the different levels we encounter. Sometimes we push past our limits, other times we are unable to do anything because we’re stressed by the level of the more experienced practitioners.

Then we find our footing, we know what we’re looking for, and we become more technical and more experienced. We fight with objectives, themes, and strategies. We have partners and opponents that we find stimulating, interesting, and productive.

Then there are the other moments, which become problematic, potentially hurtful, with over-eager beginners or advanced practitioners who don’t know how to hold back, who « still » don’t know how to do sparring. Sometimes we have to go beyond what we had in mind because the other person is fierce, but not in a constructive opposition, but rather in a « destructive » vision.

We then show our fangs, we reframe, we strike or submit with more intensity, without pleasure, without a sense of usefulness. A pointless fight, which will also shake our ego that we had increasingly mastered.

These are moments where there’s this feeling of wasted time and energy, even though training sessions, these pugilistic times, even daily ones, are rare and are no longer simply moments to evolve, but to feel a little more alive.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions de Pank / Instantané #439 : Se donner le droit d’échouer

Vous le savez, je suis un professionnel de l’échec (https://chk.me/lpNSpur). Je pense que nous devons toujours prendre en compte l’échec dans tout ce que nous entreprenons et faire confiance à notre capacité d’antifragilité.

Cependant, c’est assez douloureux, fatiguant et cela demande des efforts pour se relever, soigner notre ego, parfois notre corps et nos finances. C’est un jeu que beaucoup abandonnent, et c’est aussi pour cette raison que de nombreux coachs vous harcèlent avec la notion de sortir de votre zone de confort.

Mais pour qu’on décide de quitter notre sécurité, il faut pouvoir se dire que l’on va y gagner quelque chose, et c’est la campagne marketing qui est vendue. Pourtant, il serait plus honnête de dire que nous allons probablement plus perdre que gagner dans notre vie. Il y a certainement des exceptions, mais je nous place dans le camp des gens « normaux ».

Je repense à un discours que j’ai trouvé sympa de Xavier Niel, qui explique qu’il n’a de cesse de se louper sur ses propositions. Et il insiste pour que les jeunes essaient et acceptent d’échouer pour encore recommencer.

Je trouve son conseil excellent. Il est peut-être juste utile de prévenir que ça va piquer et d’être prêt à cela. Et je reviens sur la seconde chose essentielle quand on est équipé pour « l’échec total » : savoir faire des chutes, les ukemis.

En judo et dans d’autres arts martiaux, on apprend à chuter, car on se fait souvent « laver » (oui, comme dans une machine à laver) et on reçoit un choc violent contre un sol qui, par nature, sera toujours plus solide que vos os et votre chair. Mais chose extraordinaire, on peut subir des milliers de chutes au fil des années de pratique et ne pas avoir de séquelles (enfin, pas trop), parce que nous avons une expertise : celle d’absorber les chutes.

Alors oui, osez. Soyez prêts à échouer, et peut-être pourriez-vous juste y ajouter, au préalable, un entraînement aux chutes…

Prenez ce qui est juste et bon pour vous. Be One Pank https://www.pank.one/blog


English Translation

Reflections by Pank / Snapshot #439: Giving Yourself the Right to Fail

You know, I am a professional at failing (https://chk.me/lpNSpur). I think we must always consider failure in everything we undertake and trust in our capacity for antifragility.

However, it is quite painful, tiring, and requires effort to get back up, to mend our ego, and sometimes our body and finances. It is a game that many people give up on, and this is also why many coaches bother you with the notion of getting out of your comfort zone.

But for us to decide to leave our security, we must be able to tell ourselves that we will gain something from it, and this is the marketing campaign that is sold. Yet, it would be more honest to say that we will probably lose more than we will gain in our lives. There are certainly exceptions, but I place us in the camp of « normal » people.

I’m thinking back to a speech by Xavier Niel that I found great. He explains that he constantly fails with his proposals. And he insists that young people should try and accept failure in order to start all over again.

I find his advice excellent. It might just be useful to warn that it will sting and to be ready for it. And I come back to the second essential thing when you are equipped for « full failure »: knowing how to perform breakfalls, the ukemis.

In judo and other martial arts, we learn to fall, because we often get « washed » (yes, like in a washing machine) and we take a violent hit against a ground that, by nature, will always be stronger than your bones and flesh. But the extraordinary thing is that you can undergo thousands of falls over years of practice and not have any lasting injuries (well, not too many), because we have an expertise: that of absorbing falls.

So yes, dare. Be ready to fail, and maybe you could just add, beforehand, some training in breakfalls…

Take what is right and good for you. Be One Pank https://www.pank.one/blog

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #412 : les fins de saison

 L'auteur partage ses réflexions à la fin d'une saison d'entraînement de 48 semaines. C'est un moment de bilan où les instructeurs observent les progrès de leurs élèves et la naissance d'une communauté soudée. C'est aussi un temps de transition et de renouveau, marquant la fin d'un cycle et le début d'un autre, à la fois pour les pratiquants et pour le dojo.

C’est la fin de 48 semaines d’entraînement, 6 jours sur 7. C’est la fermeture du dojo, ce moment qui marque une petite coupure dans des routines que nous aimons et qui nous permettent de nous dépasser.

Le temps passe vite, et les instructeurs voient les progrès des pratiquants : ceux qui sont plus ou moins investis, ceux qui sont plus ou moins présents, et tout simplement ceux qui aiment retrouver leur sport de combat.

De plus, on voit que les élèves ont tissé de nouvelles connexions humaines, des partages, et ont eu des attentions les uns pour les autres. Une communauté qui n’a pas besoin de processeurs et qui s’autogère.

Nous ne sommes qu’un petit chef d’orchestre ou une cheerleader. Nous faisons partie de l’habitude, un élément normal de la salle. Et nous les voyons venir, progresser et partir.

C’est toujours un système instable, qui doit apprendre à faire avec, puis sans certains de ses éléments. Des habitudes qui vont disparaître, remplacées par d’autres, parfois difficiles à mettre en place, avec l’espoir qu’elles durent peut-être encore plus longtemps.

La fin de saison est déjà un tremplin vers celle qui va débuter, avec elle aussi de nouvelles expériences et de nouvelles façons d’aborder son système de combat. C’est le cycle de mort et de renaissance, martial et humain.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Reflections of a Hypnofighter #412: The End of the Season

It’s the end of 48 weeks of training, 6 days a week. It’s the closing of the dojo, that moment that marks a small break from the routines we love and that allow us to push our limits.

Time flies, and instructors see the progress of the practitioners: those who are more or less invested, those who are more or less present, and simply those who love returning to their combat sport.

Furthermore, we see that students have made new human connections, shared moments, and shown care for one another. A community that doesn’t need processors and is self-managed.

We are just a small conductor or a cheerleader. We become part of the routine, a normal element of the gym. And we watch them arrive, progress, and leave.

It’s always an unstable system that must learn to work with, and then without, some of its elements. Habits that will disappear, replaced by by others, sometimes difficult to establish, with the hope that they might last even longer.

The end of the season is already a springboard to the one that is about to begin, which will also bring new experiences and new ways of approaching one’s combat system. It is the cycle of death and rebirth, both martial and human.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions de Pank / Instantané #313 : S’imposer l’effort

Dans ce texte, Pank explore la nécessité de s’imposer des efforts pour avancer dans la vie, en priorisant l’action sur la réflexion ou l’émotion. Il prône l’importance de dépasser les attraits du confort pour accomplir ce qui doit être fait, valorisant ainsi les moments de bonheur après une série d’efforts.

Nous ne pouvons pas tout faire, nous ne pouvons pas tout le temps nous dépasser, et parfois nous n’avons ni l’envie ni les objectifs nécessaires pour entreprendre quoi que ce soit.

Néanmoins, comme la souffrance et l’effort font partie intégrante de nos histoires, nous n’avons pas à nous questionner, mais à agir. Attention, la notion d’action est souvent confondue avec l’idée de fuir le confort dans lequel nous pouvons nous trouver à un instant T. Je ne fais pas partie de ceux qui prônent la sortie de la zone de confort comme un leitmotiv universel.

Je crois que ce qui nous retient – la chaleur, le canapé, la nourriture ou une bonne émission – doit être évité lorsque nous ne sommes pas dans un état de plénitude. Faire des efforts, c’est prendre son sac et aller à la salle de sport, au travail, en déplacement, ou accomplir ce qui doit être fait, indépendamment de notre énergie, de notre envie ou du temps disponible.

La réflexion et l’émotion (deux centres utiles dans d’autres contextes) n’ont pas toujours leur place au moment de l’action. C’est le centre instinctif qui doit prendre le dessus pour nous pousser à agir, car les actes doivent être prioritaires. Vous pourrez toujours revenir sur ces actions a posteriori, pour évaluer leur retour sur investissement (ROI) et en tirer des enseignements.

L’effort signifie accepter que nous ne laissons plus place au choix. La décision est prise, et nous nous imposons les choses dans notre quotidien. La vie n’est pas une succession de bonheur et de plaisir, mais ces moments de satisfaction prennent toute leur valeur lorsque nous avons traversé une série d’efforts.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one,
Pank
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Reflections of Pank / Snapshot #313: Embracing Effort

We cannot do everything, we cannot constantly push ourselves, and sometimes we lack both the desire and the goals to undertake anything.

However, as suffering and effort are integral parts of our stories, we should not question them but act. Be cautious, though, as the concept of action is often mistaken for the idea of fleeing the comfort we may find ourselves in at a given moment. I am not among those who advocate leaving the comfort zone as a universal motto.

I believe that what keeps us in place – warmth, the couch, food, or a good show – must be avoided when we are not in a state of fullness. Making an effort is about picking up your bag and going to the gym, to work, on a trip, or doing what must be done regardless of your energy, desire, or available time.

Reflection and emotion (two centers that are useful in other contexts) don’t always have their place when it’s time to act. The instinctive center must take the lead and drive us to action, as actions should be prioritized. You can always reflect on these actions afterward to evaluate their return on investment (ROI) and learn from them.

Effort means accepting that we no longer leave room for choice. The decision is made, and we impose certain things upon ourselves in our daily lives. Life is not a series of uninterrupted joy and pleasure, but these moments of satisfaction become truly valuable after a stretch of effort.

Take what is good and right for you.
Be one,
Pank
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