Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #528 :  L’Art de Changer de Dojo : Un Nouveau Départ Martial

Nous sommes passionnés d’arts martiaux, et il arrive que notre quotidien change, rendant les horaires de notre académie habituelle inadaptés. Il est également possible que nous déménagions ou que nous choisissions, pour différentes raisons, de rejoindre une autre école.

Quand nous entrons dans un nouveau dojo, surtout si nous sommes gradés, il est toujours un peu difficile de se faire une place. Ce n’est pas que les gens soient méchants ou inhospitaliers, c’est juste que vous intégrez un autre mode de fonctionnement et que, inconsciemment, vous portez un biais de confirmation lié à votre ancrage précédent. La problématique de ce biais est que nous nous référons systématiquement à la première chose que nous avons apprise.

Nous sommes conditionnés par une façon d’aborder l’art martial et de vivre ses sessions, d’autant plus quand cela fait plusieurs années que vous étiez dans une salle que vous affectionniez. Il y a donc une période de transition qui dure quelques semaines, parfois quelques mois, avant de commencer à se sentir pleinement intégré.

Sans parler des combats, que ce soit dans les styles de percussions (boxes) ou de préhension (luttes). Parfois, ces échanges servent à rappeler : « Tu es bien gentil, mais tu n’es pas de chez nous ; on va voir si ton ancien club forme vraiment des gens forts. » C’est assez amusant, car on se retrouve dans une sorte de conflit d’ego qui n’est pas directement orienté contre nous, mais plutôt contre ce que nous représentons.

Puis, semaine après semaine, les rencontres deviennent régulières. Même si parfois l’ambiance est difficile à accepter — simplement parce que nous apprenons quelque chose de nouveau ou rencontrons de nouvelles personnalités — un affect se crée, une compréhension mutuelle s’installe. Il y a ensuite la résultante du combat : il devient de plus en plus sain, de plus en plus sincère, et parfois, sans même plus discuter qu’en combattant, on commence à faire sa place.

On finit par se comprendre avec des personnes avec qui, pendant des mois ou des semaines, il n’y a eu que des échanges martiaux. Pourtant, elles semblent désormais bien plus proches et accueillantes qu’au départ.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #528:  The Art of Changing Dojos: A New Martial Beginning

We are passionate about martial arts, and sometimes our daily lives change, making the schedule of our usual academy no longer suitable. It is also possible that we move or choose, for various reasons, to join another school.

When we enter a new dojo, especially if we hold rank, it is always a bit difficult to find our place. It’s not that people are mean or unwelcoming; it’s just that you are entering a different way of operating, and unconsciously, you carry a confirmation bias linked to your previous anchoring. The problem with this bias is that we systematically refer to the first thing we learned.

We are conditioned by a certain way of approaching martial arts and experiencing sessions, especially when you have spent several years in a gym you were fond of. Therefore, there is a transition period that lasts a few weeks, sometimes a few months, before starting to feel fully integrated.

Not to mention the sparring, whether in striking styles (boxing) or grappling styles (wrestling). Sometimes, these exchanges serve to remind you: « You’re nice, but you’re not one of us; we’ll see if your old club really trains strong people. » It’s quite amusing because we find ourselves in a sort of ego conflict that isn’t directly directed against us, but rather against what we represent.

Then, week after week, encounters become regular. Even if the atmosphere is sometimes hard to accept—simply because we are learning something new or meeting new personalities—a bond forms, a mutual understanding settles in. Then there is the result of the sparring: it becomes healthier and healthier, more and more sincere, and sometimes, without even needing to speak other than through fighting, you begin to find your place.

You eventually understand the people with whom, for months or weeks, there were only martial exchanges. Yet, they now seem much closer and more welcoming than they did at the beginning.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #517 : Partager des Concepts Différents en Grappling

Plus je me replonge dans les bases de la Luta Livre Esportiva de Mestre Tatu, plus je remonte dans le Catch Wrestling des Britanniques, plus je me rends compte qu’outre la forme sportive qui influe sur la discipline, enseigner des concepts qui n’appartiennent pas vraiment au BJJ est délicat.

En effet, quand on est ceinture noire de Jiu-Jitsu, on a pris tellement d’habitudes, que ce soit en Gi ou en NoGi, encore plus avec l’explosion de l’enseignement numérique et de la vision de Danaher, de considérer que tout ce qui a été dit par ces mentors est une « vérité ».

Bien sûr, notre communauté est plus nuancée que cela, mais il est tentant de se dire que la manière de X est la seule parce que ses quelques élèves ont performé. Alors que Y a lui-même performé et formé des combattants qui donnent d’excellents résultats. Nous n’avons pas de vérité absolue, et notre cerveau, qui a tant besoin de certitude, désapprouve cela.

Quand hier je partageais avec mes ceintures noires des concepts de Luta Catch, on riait sur les habitudes, mais aussi les formes de corps, allant même jusqu’à la vision stratégique du combat qui se remet en question. Quand une réponse que nous avons l’habitude d’obtenir depuis 10 ou 15 ans de la part de l’UKE n’est pas celle que notre philosophie de combat a adoptée par expérience, il y a un « bug ».

L’expérience nous donne une capacité à anticiper et à créer une structure de combat qui permet de compenser la force ou l’explosivité de certains. Mais quand les réponses ne sont pas celles des autres, quand ces dernières, par les concepts et la perception du combat, amènent des réactions étranges, il y a un questionnement profond et passionnant qui se met en place pour trouver des réponses et faire évoluer sa discipline et sa façon de combattre.

Rester avec notre esprit de ceinture blanche est une bonne façon de prendre en compte des concepts qui peuvent grandement faire évoluer ce que nous pensions connaître.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #517: Sharing Different Grappling Concepts

The more I delve back into the basics of Mestre Tatu’s Luta Livre Esportiva, the more I go back to British Catch Wrestling, the more I realize that, beyond the sporting form influencing the discipline, teaching concepts that don’t truly belong to BJJ is delicate.

Indeed, when you are a Jiu-Jitsu black belt, you’ve developed so many habits, whether in Gi or NoGi, even more so with the explosion of digital teaching and Danaher’s vision, to consider everything said by these mentors as « truth. »

Of course, our community is more nuanced than that, but it’s tempting to think that X’s way is the only one because his few students have performed well. Whereas Y himself has performed and trained fighters who achieve excellent results. We don’t have absolute truth, and our brain, which so badly needs certainty, disapproves of this.

Yesterday, when I shared Luta Catch concepts with my black belts, we laughed about habits, but also body shapes, even questioning the strategic vision of combat. When a response that we’ve been used to getting for 10 or 15 years from the UKE is not what our combat philosophy has adopted through experience, there’s a « bug. »

Experience gives us the ability to anticipate and create a combat structure that can compensate for the strength or explosiveness of some. But when the responses are not those of others, when these, through the concepts and perception of combat, lead to strange reactions, a deep and exciting questioning arises to find answers and evolve one’s discipline and way of fighting.

Staying with our white belt mindset is a good way to consider concepts that can greatly evolve what we thought we knew.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #515 : Prendre en Compte les Pieds Nus

Dans la Luta Livre ou le BJJ Nogi, nous combattons pieds nus. La différence avec le format en Gi est que notre combat debout s’apparente davantage à de la lutte qu’à du judo, et nous allons souvent chercher les jambes. Nous répétons des techniques issues de la lutte libre ou du catch wrestling, à la différence près que nous n’avons pas de chaussures.

Et ce n’est pas un détail : sur les changements d’angle, la puissance, la prise d’appui et même l’enroulé du pied, la façon de pratiquer la Luta Livre/Nogi sera différente et ne donnera pas les mêmes résultats. Lorsque des amis lutteurs nous corrigent, ils ne prennent pas toujours en compte cette différence, et ce n’est que lorsqu’on leur demande d’enlever leurs chaussures qu’ils comprennent.

Bien sûr, nous pouvons lutter sans chaussures, mais comme tout système conçu avec un « outil », la manière d’apprendre et les sensations intégreront cet élément supplémentaire comme la norme. C’est ce qui arrive aux pratiquants de Jiu-Jitsu qui découvrent le Nogi et qui doivent s’adapter, en prenant en compte ce que cela peut changer.

On pourrait observer une différence entre un Ko Uchi en mode Judo/Jiu-Jitsu et le même en lutte ; si la forme est proche, le fait qu’il n’y ait pas de kimono et que la chaussure puisse ne pas glisser peut faire penser à un crochetage.

Il est important de prendre en compte que ce que nous voyons en lutte est conçu avec des chaussures, et si la forme est nette pour un lutador, gardez à l’esprit que les appuis et les relais ne sont pas les mêmes, imposant parfois un temps supplémentaire qui rendra plus difficile la réalisation du takedown.

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Barefoot Martial Reflections of an Hypnofighter #515

In Luta Livre or BJJ Nogi, we fight barefoot. The difference with the Gi format is that our standing combat is more akin to wrestling than judo, and we often target the legs. We repeat techniques from freestyle wrestling or catch wrestling, with the distinction that we don’t wear shoes.

And this is not a minor detail: regarding angle changes, power, foot placement, and even foot wraps, the way of doing Luta Livre/Nogi will be different and will not yield the same results. When wrestler friends correct us, they themselves don’t always take this difference into account, and it’s only when we ask them to take off their shoes that they understand.

Of course, we can wrestle without shoes, but like any system designed with a « tool, » the way of learning and the sensations will incorporate this additional element as the norm. This is what happens to Jiu-Jitsu practitioners who discover Nogi and have to adapt, taking into account what it can change.

One could observe a difference between a Ko Uchi in Judo/Jiu-Jitsu mode and the same in wrestling; if the form is similar, the fact that there is no kimono and that the shoe might not slip can make it resemble a trip.

It is important to consider that what we see in wrestling is designed with shoes, and even if the form is clean for a wrestler, keep in mind that the footwork and transitions are not the same, sometimes imposing an extra timing that will make it more difficult to achieve the takedown.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #506 : Combattre pour endurer

Quand Sosai Oyama a mis en place les règles de compétition du Karaté Kyokushinkai, il avait dit à Kancho Nakamura (World Seido Karate) qu’il voulait que « tout le monde » puisse participer aux compétitions. Pour cette raison, ne pas autoriser les percussions de poings au visage était important pour préserver « l’intégrité physique ».

Ce qui est intéressant dans ces confrontations que beaucoup considèrent comme « bourrines », c’est qu’à l’inverse de la boxe Thaï ou du Kick-boxing, il y a peu de déplacements et beaucoup d’encaissements. C’est là tout l’état d’esprit Kyokushin. L’idée est de permettre aux pratiquants de Karaté d’endurer et d’apprendre à encaisser, à remiser, et à tout donner.

Même si nous conservons des écoles de combat leur forme d’expression sportive, la philosophie derrière les styles, et particulièrement le Karaté plein contact, est belle : celle de pouvoir se dépasser, de ne pas fuir la douleur, car dans cette école, il est difficile de faire des combats sans en ressortir endolori.

Encaisser les coups et rester prêt à riposter, c’est comme lorsque la vie nous malmène et peut nous amener aux portes du KO, mais que nous devons quand même continuer à avancer. Le Kyokushin, ce n’est pas forcément la quête du plus fort, mais la voie vers l’endurance, et cette idée que même quand c’est dur, on peut chercher à continuer ou éviter de rester au sol.

Force aux combattants de la Coupe de France de Kyokushin qui a lieu ce week-end. Osu.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #506: Fighting to Endure

When Sosai Oyama established the competition rules for Kyokushinkai Karate, he told Kancho Nakamura (World Seido Karate) that he wanted « everyone » to be able to participate in competitions. For this reason, not allowing punches to the face was important for « physical integrity. »

What’s interesting about these confrontations, which many consider « brutal, » is that unlike Thai boxing or Kick-boxing, there’s little movement and a lot of taking hits. This is the whole Kyokushin spirit. The idea is to allow Karate practitioners to endure and learn to take punches, counter, and give their all.

Even if we retain the sporting expression of combat schools, the philosophy behind the styles, and particularly full-contact Karate, is beautiful: that of being able to surpass oneself, not to shy away from pain, because in this school, it’s difficult to fight without coming out sore.

Taking hits and remaining ready to counter, it’s like when life takes its toll and can bring us to the brink of a knockout, but we still have to keep moving forward. Kyokushin isn’t necessarily about seeking the strongest, but rather the path to endurance, and this idea that even when it’s tough, you can strive to continue or avoid staying down.

Strength to the fighters of the Kyokushin French Cup taking place this weekend. Osu.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #503 : Intégrer le Catch Wrestling dans le Grappling Actuel

Mon intention cette saison est de retourner aux sources de la Luta Livre de Tatu. Pour ce faire, j’étudie dans un premier temps la forme de Catch Wrestling de Wigan, pour ensuite passer à celle des USA, la mère de la Luta, et enfin à celle du Japon, avec le Shooto.

Cependant, une chose est complexe : intégrer un système qui ne pense pas comme ce que nous étudions depuis 30 ans, ce grappling formalisé à travers le Jiu-Jitsu. D’ailleurs, notre façon d’enseigner les techniques, même si le « rebranding » américain est maintenant Jiu-Jitsu, en tant que professeur, donne un enseignement qui reste assez souple, avec des transitions marquées par une certaine fluidité.

En Catch Wrestling / Luta Ancienne (CWLA), tout est séquencé avec l’utilisation de la douleur comme un levier nécessaire dans l’exécution des techniques. Ce qui donne une impression de « bourrinage » et que rien ne se fait de façon fluide. De plus, à l’inverse du grappling, il y a beaucoup de décrochages. C’est un peu comme si, en Jiu-Jitsu, on s’adaptait à l’opposant, on gardait le contact pour rester dans une séquence, alors qu’en CWLA, on pense à toujours se relever.

Ce n’est pas une fuite, mais il y a une préférence à lâcher une posture qui n’apporte rien en se « dégrafant » pour récupérer soit debout, soit sur un équivalent « à genoux ». Ce sont des situations dont nous, grapplers, ne sommes pas fans, voire que nous pouvons considérer comme de l’anti-jeu.

Seulement, c’est cohérent avec cette idée d’éviter de rester dessous et, inconsciemment, de subir des takedowns. Se redresser et chercher à retrouver une posture neutre, souvent en lutte, est préférable à recomposer une garde et de « sweeper ».

Dans une démarche de vouloir intégrer au sein de la forme de Luta Livre que Flavio m’a transmise, tout en respectant des concepts plus CWLA avec ce qu’est devenu le grappling actuel, il y a beaucoup de choses qui ne semblent pour l’instant pas vraiment compatibles et qu’il va falloir que je parvienne à intégrer pour l’enseigner dans le jeu de mes élèves…

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Martial Reflections of an Hypnofighter #503: Integrating Catch Wrestling into Modern Grappling

My intention this season is to return to the roots of Tatu’s Luta Livre. To do this, I am initially studying the Wigan form of Catch Wrestling, then moving on to the USA’s form, the mother of Luta, and finally Japan’s, with Shooto.

However, one thing is complex: integrating a system that doesn’t think like what we’ve been studying for 30 years, this grappling formalized through Jiu-Jitsu. Moreover, our way of teaching techniques, even if there’s been an American rebranding to Jiu-Jitsu, as a teacher, results in a fairly flexible instruction with transitions marked by a certain fluidity.

In Catch Wrestling / Old Luta (CWLA), everything is sequenced with the use of pain as a necessary lever in the execution of techniques. This gives an impression of « brutality » and that nothing is done fluidly. Furthermore, unlike grappling, there are many disengagements. It’s a bit like in Jiu-Jitsu we adapt to the opponent, we maintain contact to stay in a sequence, whereas in CWLA, the thought is always to get back up.

This isn’t an escape, but there’s a preference to abandon a posture that offers nothing by « disengaging » to recover either standing or in a « kneeling » equivalent. These are situations that we grapplers are not fond of, and we might even perceive them as anti-game.

However, it’s consistent with the idea of avoiding staying underneath and, unconsciously, suffering takedowns. Getting back up and trying to regain a neutral posture, often in wrestling, is preferable to recomposing a guard and sweeping.

In an effort to incorporate elements into the Luta Livre form that Flavio passed on to me, while also respecting more CWLA concepts within what modern grappling has become, there are many things that currently don’t seem truly compatible and that I will have to succeed in integrating to teach them in my students’ game…

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #499 : Durer dans nos disciplines

Il est difficile de savoir ce qu’il y a à mettre en place quand on souhaite faire des arts martiaux à long terme. Même pour ceux qui ne sont pas allés dans la facette sportive de la discipline, il y a un moment où l’on voit de nombreux pratiquants arrêter à cause de leurs douleurs et de problèmes physiques, souvent issus de l’entraînement.

Quand on voit des boxeurs qui cessent complètement les sparrings (et c’est une bonne chose pour éviter les impacts forts), on peut se demander pour les karatékas, les judokas ou autres lutteurs jusqu’à quand ils peuvent encore pratiquer des randoris et prendre plaisir à des sparrings sans se mettre en danger.

Mais si on ne combat plus, est-ce que nous allons avoir la même passion pour la discipline ? Combien de pratiquants cessent post-compétition ? Combien cessent également quand leur corps n’apporte plus les mêmes sensations et capacités ?

Est-ce que pour durer nous devrions diminuer, voire abandonner le combat ? Mais s’il y a des disciplines qui ont des formes comme des Katas ou Taos, qu’en est-il des systèmes où l’on ne travaille pas seul ? Est-ce que les arts martiaux doivent juste devenir du fitness ou un simple entretien corporel ?

Si c’est le cas, à part l’histoire que nous avons vécue dans les dojos, est-ce que nous venons pour la répétition technique, cette quête du geste juste ? Ou est-ce que nous y allons pour partager, enseigner ?

Le combat est pour la plupart d’entre nous la raison pour laquelle nous passons des heures à l’entraînement. Pourtant, ces mêmes combats sont ce qui fait que nous pourrions diminuer ou cesser notre présence dans la salle. En prenant soin de son corps et en cherchant « moins mais mieux » en termes de randoris – avec des partenaires qui font progresser plutôt que ceux qui veulent challenger – peut-être pourrions-nous alors faire comme ces anciens qui viennent encore si souvent.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #499: Lasting in our disciplines

It is difficult to know what needs to be put in place when wishing to practice martial arts long-term. Even for those who haven’t gone into the competitive sports facet of the discipline, there comes a moment where we see many practitioners stop due to their pains and physical issues, often stemming from training.

When we see boxers completely ceasing sparring (and this is a good thing to avoid strong impacts), one might wonder about karatekas, judokas, or other grapplers: until when can they still practice randoris and enjoy sparring without putting themselves in danger?

But if we no longer fight, will we have the same passion for the discipline? How many practitioners quit post-competition? How many also quit when their body no longer provides the same sensations and capabilities?

To last, should we diminish or even abandon combat? But while there are disciplines that have forms like Katas or Taos, what about systems where one does not work alone? Should martial arts just become fitness or simple bodily maintenance?

If that is the case, apart from the history we have lived in the dojos, do we come for technical repetition, this quest for the precise gesture? Or do we go there to share, to teach?

For most of us, combat is the reason we spend hours training. Yet, these very fights are what might cause us to diminish or cease our presence in the gym. By taking care of one’s body and seeking « less but better » in terms of randoris – with partners who help you progress rather than those who just want to challenge – perhaps then we could do like those old-timers who still come so often.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #496 : Le cas Jorge (George) Gracie

Plus je lis sur l’histoire du Gracie Jiu-jitsu, et bien qu’ils aient partagé une forme de jiu-jitsu ayant remis en cause les logiques de combat et que la pratique quotidienne reste ludique tout en étant efficace, je me rends compte à quel point ce sont des escrocs. Ce sont de sales types, sans même parler de l’esprit de culte (autour de Carlos) ou des positions idéologiques questionnables (l’eugénisme).

Carlos et Hélio, comme tout « fondateur » d’école, ont remanié l’histoire en diminuant ou en effaçant certains de leurs frères de l’équation. Gastão, qui n’a pas été un combattant, est rarement mentionné. C’est aussi le cas d’Oswaldo, qui a pourtant plus combattu que Carlos, et surtout de Jorge (George).

Vous avez sûrement en tête le fait qu’Hélio était malingre et qu’il a révolutionné le Jiu-jitsu pour s’adapter à son faible poids ? C’est faux. Dans les articles de journaux et lors des pesées de combat, Hélio pesait à 17 ans entre 62 et 63 kg, et a fait des combats pas loin de 70 kg. Gardez en tête que les Brésiliens étaient assez « petits » en taille et en poids à l’époque.

Mais Jorge, lui, faisait quasiment le même poids et a combattu des dizaines de fois dans tous les défis, ce qui n’était absolument pas le cas pour Hélio. Jorge a combattu en Jiu-jitsu, sous les formes de Judo de l’époque, en Catch Wrestling, et même en Gréco-romaine et en Vale Tudo, pour finir avec le Pro Wrestling.

Il prenait des adversaires de 40 kg de plus que lui. Il gagnait, il perdait, mais il était ultra-agressif contre tous les combattants. Sa grande différence avec Hélio, et ce qui fait qu’il pouvait perdre plutôt que d’aller au match nul (une recherche classique dans les combats de l’époque), c’est qu’il voulait soumettre coûte que coûte, alors que son cadet faisait de la rétention et cherchait les opportunités de contre.

Jorge a assez vite partagé avec la Luta Livre et la Capoeira, mis en place son Académie et combattu pour lui-même. Il a diffusé sur une grande partie du territoire le Jiu-jitsu Gracie, mais il était certainement trop belliqueux pour rester sous la coupe de Carlos. C’est un pratiquant qui a pourtant eu des élèves, mais qui a été étouffé dans le storytelling familial.

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Title: Martial Reflections of a Hypnofighter #496: The Case of Jorge (George) Gracie

The more I read about the history of Gracie Jiu-Jitsu, and despite the fact that they shared a form of jiu-jitsu that challenged combat logic and that daily practice remains fun while being effective, I realize to what extent they are crooks. They are nasty guys, not to mention the cult-like mentality (around Carlos) or questionable ideological positions (eugenics).

Carlos and Helio, like any school « founders, » reshaped history by diminishing or erasing some of their brothers from the equation. Gastão, who was not a fighter, is rarely mentioned. This is also true for Oswaldo, who nevertheless fought more than Carlos, and especially for Jorge (George).

You probably have in mind the idea that Helio was frail and revolutionized Jiu-Jitsu to adapt to his light weight? False. In newspaper articles and fight weigh-ins, Helio weighed between 62 and 63kg at age 17, and had fights close to 70kg. Keep in mind that Brazilians were generally quite « small » in height and weight at the time.

But Jorge weighed almost the same and fought dozens of times in every challenge, which was absolutely not the case for Helio. Jorge fought in Jiu-Jitsu, in the Judo forms of the era, in Catch Wrestling, even in Greco-Roman and Vale Tudo, ending up in Pro Wrestling.

He took on opponents 40kg heavier than him. He won, he lost, but he was ultra-aggressive against all fighters. His great difference with Helio, and what meant he might lose rather than fight to a DRAW (a classic goal in fights of that era), is that he wanted to submit at all costs, whereas his younger brother used stalling tactics and looked for counter-opportunities.

Jorge quite quickly shared knowledge with Luta Livre and Capoeira, set up his own Academy, and fought for himself. He spread Gracie Jiu-Jitsu over a large part of the territory, but was certainly too pugnacious to remain under Carlos’s thumb. He was a practitioner who did have students, yet was stifled by the family storytelling.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #479 : La Puissance de la Projection

Nous le savons tous, la projection, à l’inverse du takedown, a pour but de percuter le sol. Nous savons que tomber est une chose dangereuse pour tous les combattants, soit parce qu’il peut y avoir une avalanche de frappes après, soit parce qu’un adversaire gère le sol, soit parce que nous pouvons être blessé et difficilement continuer à nous défendre.

C’est le cas de ce combat de championnat que nous avons eu cette nuit, avec le bras qui semble s’être disloqué (le combat vient de se finir, nous n’avons pas d’informations pour le moment), et donc le combat s’est terminé sur abandon. Si vous regardez souvent le MMA, il y a peut-être une chose qui vous marque depuis des années : la tension que beaucoup de combattants mettent sur leur bras pour scrambler directement et ne pas rester au sol.

Et si nous savons une chose dans les ukemis, c’est d’absorber plutôt que de bloquer l’impact. Le souci, sur des angles moins courants, c’est que notre corps ne supporte pas la pression sur le membre ou la partie qui est impactée au sol. Le match de Merab est en cours et il se fait casser par Yan. À un moment, Merab lève complètement son opposant et le met sur l’épaule pour le planter au sol.

Seulement, ce type de projection attendu et sur un sol de cage n’est pas assez effectif pour empêcher son opposant de tranquillement se relever et retourner en pied-poings. Nos lutteurs, samboïstes ou judokas en MMA ne parviennent pas toujours à faire mal sur la projection, parce que parfois l’impact recherché ne donne pas de résultat et l’effort effectué n’amène pas de contrôle ou de position forte.

C’est vraiment une arme potentiellement intéressante mais pas assez peaufinée pour la cage ou même le grappling, où les hors-combats sur projection sont très rares.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #479: The Power of the Projection

We all know that projection, unlike a takedown, aims to hit the ground. We know that falling is a dangerous thing for all fighters, either because there can be an avalanche of strikes afterwards, or an opponent who controls the ground, or because we can get injured and find it difficult to continue defending ourselves.

This was the case in the championship fight we had last night, with the arm appearing to be dislocated (the fight has just ended, we have no information for the moment), and so the fight ended in a submission. If you often watch MMA, there might be one thing that has stood out to you for years: the tension that many fighters put on their arms to scramble directly and not stay on the ground.

And if we know one thing in ukemis, it’s to absorb rather than block the impact. The problem, with less common angles, is that our body cannot withstand the pressure on the limb or part that is impacted on the ground. Merab’s match is ongoing and he’s getting broken by Yan. At one point, Merab completely lifts his opponent and puts him on his shoulder to slam him to the ground.

However, this type of expected projection on a cage floor is not effective enough to prevent his opponent from calmly getting back up and returning to striking. Our wrestlers, Sambo practitioners, or judokas in MMA do not always manage to inflict damage with a projection, because sometimes the desired impact does not yield results and the effort made does not lead to control or gaining a strong position.

It’s really a potentially interesting weapon but not refined enough for the cage or even grappling, where knockouts from projections are very rare.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #474 : Rester sur le dos ou renverser 

Le Gracie Jiujitsu a révolutionné le monde du combat en un contre un, offrant la possibilité de finir un affrontement depuis le dos. Cela peut sembler contre-intuitif, mais il est vrai que des clés de bras ou des étranglements peuvent surprendre et soumettre un adversaire qui se sent en « sécurité » dans la garde.

Cependant, si l’on s’en tient à un Jiujitsu martial, cette idée de soumettre depuis une position inférieure n’est pas nécessairement celle qui devrait être la plus privilégiée. Nous savons d’autant plus aujourd’hui qu’une grande majorité des combattants savent se défendre contre ces techniques. Il est toujours plus simple d’empêcher une action que de l’initier, surtout lorsqu’il s’agit de mouvements complexes impliquant des rotations, des saisies, des mouvements de jambes ou des montées de hanches. De plus, il y a la notion de « slam », qui consiste à soulever complètement l’adversaire en tentative de soumission et à le projeter violemment au sol, une pratique totalement proscrite en Jiujitsu sportif.

Dans ma logique, les opposants peuvent toujours frapper même lorsque l’on est en phase d’apprentissage de prises. Dès lors, je préfère que celui qui est en dessous cherche plutôt à renverser ou à inverser la position. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on observe beaucoup de « wrestle-ups », souvent moins complexes qu’un « sweep » et permettant d’inverser la situation ou de revenir debout en « clinch ».

Apprendre à finir le combat par une soumission est gratifiant, mais je le trouve trop risqué. J’estime qu’enseigner et pratiquer la possibilité de renverser pour chercher la soumission depuis une position où la gravité, la possibilité de fuir et d’impacter avec des frappes, le cas échéant, est certes moins visuel et étonnant dans un match, mais plus sécurisant.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #474: Staying on Your Back or Reversing

Gracie Jiujitsu changed the world of 1v1 combat, with the possibility of finishing a fight from the back. This is quite counter-intuitive, but it’s true that armlocks or chokes can surprise and defeat an opponent who feels « safe » in the guard.

However, if we stick to Martial Jiujitsu, this idea of submitting from underneath is not necessarily what should be most utilized. We know all the more today that a large majority of fighters know how to defend themselves. And it is always simpler to prevent something than to initiate it.

Especially in complex movements involving rotation, grips, leg movements, or hip raises. Moreover, there are « slams, » the notion of completely lifting someone attempting a submission and slamming them full force into the ground, which has been completely prohibited in sport Jiujitsu.

In my logic, opponents can always strike even when we are learning grappling. Therefore, I prefer that the one who is underneath seeks instead to reverse or invert the position. This is why we see a lot of « wrestle-ups, » often less complex than a « sweep » and allowing for a reversal of the situation or returning to a standing clinch.

Learning to finish the fight with a submission is gratifying, but I find it too risky. I believe that teaching and practicing the possibility of reversing to seek submission from a position where gravity, the possibility of escaping, and impacting with strikes, if necessary, is certainly less visual and surprising in a match, but more secure.

Take what is good and right for you. Be One, Pank.

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #450 : Devenir une Bactérie Martiale

J’entendais dire que, malheureusement, les bactéries sont devenues de plus en plus résistantes aux antibiotiques au cours des cinq dernières années, et de manière menaçante. En conclusion, la stratégie des bactéries est digne des meilleurs pratiquants de Jiu-Jitsu ou de systèmes de combat. L’adaptation est clé, surtout lorsque l’on a été maintes fois soumis.

Nous devenons tous plus résistants grâce à la pratique que nous accumulons : nous encaissons mieux les frappes (à l’exception de notre tête), nous ne nous fracturons plus à chaque chute, et nous parvenons à trouver des dynamiques pour sortir des soumissions. Nous avons cherché des réponses, à la fois consciemment et inconsciemment, afin de ne plus nous autodétruire.

Nous le savons, l’humain est ce qu’il est aujourd’hui grâce à sa capacité d’adaptation. Parfois, la quête de force peut donner l’impression que seule la puissance brute est efficace (ce qui reste souvent le cas ; essayez de vous entraîner avec les meilleurs de vos disciplines, ils ont TOUS une force d’ours).

Cependant, la force peut emprunter d’autres chemins. Cette faculté à subir sans disparaître, pour petit à petit trouver des solutions, à endurer pour commencer à prendre le dessus, ou comme le partage Adler, à accepter le sentiment d’infériorité pour construire une compensation dans un domaine, puis une conscience d’une autre infériorité à compenser, nous permet un développement personnel à la fois physique et psychologique.

Parvenir à vivre ces combats d’entraînement en ne cherchant pas à gagner, mais à comprendre comment ne pas perdre, peut changer la dynamique d’apprentissage. Cela rejoint ce que partageait Mestre Saulo Ribeiro qui considérait que, de ceinture blanche à bleue, il fallait chercher à apprendre à ne pas trop se faire soumettre, même pas à se défendre, juste à devenir RÉSISTANT, antibio-martial-résistant.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of an Hypnofighter #450: Becoming a Martial Bacterium

I’ve heard that, unfortunately, bacteria have become increasingly and threateningly resistant to antibiotics over the last five years. In conclusion, the strategy of bacteria is worthy of the best Jiu-Jitsu practitioners or combat system experts. Adaptation is key, especially when one has been submitted many times.

We all become more resistant through the practice we accumulate: we withstand strikes better (except for our heads), we no longer break with every fall, and we manage to find dynamics to escape submissions. We have sought answers, both consciously and unconsciously, so as not to destroy ourselves anymore.

We know that humans are what they are today thanks to their capacity for adaptation. Sometimes, the pursuit of strength can give the impression that only raw power works (which is often still the case; try training with the tops of your disciplines, they ALL have the strength of a bear).

However, strength can take other paths. This ability to endure without disappearing, to gradually find solutions, to persevere to start taking the lead, or as Adler shared, to accept the feeling of inferiority to build compensation in one area, then an awareness of another inferiority to compensate, allows for our personal development, both physically and psychologically.

Managing to experience these training fights not by trying to win, but by understanding how not to lose, can change the learning dynamic. This echoes what Mestre Saulo Ribeiro shared, who believed that from white to blue belt, one should seek to learn not to be submitted too much, not even to defend, but just to become RESISTANT, antibiotic-martial-resistant.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank