Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Je relis un livre du début des années 2000 sur le Ninjutsu. Je sais que c’est un système que beaucoup ne prennent pas au sérieux, et je pense que les années 80 ne lui ont pas fait de bien. J’ai combattu avec des pratiquants de Ninjutsu ; ils ne m’ont pas marqué. Mais, en réalité, le combat n’est justement pas leur objectif, et peut-être devrions-nous en tirer une leçon.
Ils mettent en avant la ruse, le fait de gagner sans combattre. Cette idée peut être perçue comme de la lâcheté par ceux qui, dans les sports de combat, aiment tant parler de « guerriers ». Sauf que nous sommes peut-être juste des soldats de première ligne, prêts à être sacrifiés pour divertir les spectateurs.
En réalité, nous savons que cette même habitude d’être compétitif, agressif, et parfois orgueilleux — même dans la rue ou pour un combat de défense — est contre-productive. Nous sommes d’accord que l’objectif est de pouvoir rentrer chez soi chaque jour sans blessure et sans problème. Du coup, la philosophie du Ninpo serait celle de l’intelligence dans la gestion des conflits, car on les évite.
Certes, nous voulons tous éviter un conflit, mais je vois dans les fondements du Ninpo cette idée de ne pas être visible, de ne pas être une personne qui pourrait être ciblée, et, le cas échéant, de réussir à feinter par une sorte de désinformation. C’est ce qu’en hypnose, on appellerait de la confusion, pour faire perdre le fil et fuir sans encombre.
La pensée Ninpo est sûrement ce qui me semble le plus pertinent aujourd’hui dans de nombreuses circonstances, en plus de la course à pied. C’est contre-intuitif pour certains, car il faut aussi apprendre à rendre réellement invisible ou à tout le moins moins visible notre ego.
Martial Reflections of an Hypnofighter #434: Do Not Fight
I’m re-reading a book from the early 2000s about Ninjutsu. I know it’s a system that many don’t take seriously, and I think the 80s did it no favors. I’ve sparred with Ninjutsu practitioners; they didn’t particularly impress me. But, in reality, fighting is precisely not their goal, and maybe we should learn something from that.
They emphasize cunning, the act of winning without fighting. This idea might be perceived as cowardice by those of us in combat sports who love to talk about being « warriors. » But perhaps we are just front-line soldiers, ready to be sacrificed to entertain the spectators.
In reality, we know that the very habit of being competitive, aggressive, and sometimes arrogant — even on the street or in a self-defense situation — is counterproductive. We agree that the goal is to be able to go home every day without injury or problems. Therefore, the philosophy of Ninpo would be one of intelligence in conflict management, because you avoid it.
Admittedly, we all want to avoid conflict, but I see in the foundations of Ninpo this idea of not being visible, of not being a person who could be targeted, and, if necessary, succeeding in feinting through a form of disinformation. In hypnosis, this would be called confusion, to make someone lose their train of thought and escape unharmed.
The Ninpo mindset is surely what seems most relevant to me today in many circumstances, in addition to running. It’s counterintuitive for some, because you also have to learn to genuinely make our ego invisible, or at least less visible.
Nous sommes parfois dans des états intenses quand on prend des décisions ou des mettons en place des objectif. Pourtant, il y a un futur où l’inconnu de notre état « énergétique » est à prendre en compte.
Nous le savons, rien ne dure. Et dans notre psyché, cette variable peut également entraîner chez certains une phase de déprime. Après des périodes fastes où l’on a la sensation d’avoir été rempli par des interactions ou divers événements, nous retombons dans une phase plus « normale ».
Pour certains, un retour vers le passé prend place et, par conséquent, une déconnexion du présent, de ce qui est dans cette normalité moins stimulante, plus banale. Cette comparaison est inconsciente avec ce qui nous a « drogué » de plaisir ou du moins de sensations positives.
Pourtant, cette variabilité et ces phases élevées, avec d’autres plus « standards », font partie intégrante de nos vies. Mais cela devient douloureux quand nous ne prenons pas en compte cette « règle » : que rien de ce que nous vivons ne dure. Les choses peuvent s’étendre et se transformer, mais elles ne durent pas dans l’état que nous connaissons.
Une fois que nous avons accepté cette notion d’un point de vue plus profond, nous pouvons nous orienter vers ce que l’on aime nommer « vivre l’instant présent ». Ce qui pourrait se résumer à limiter les comparaisons et les retours vers le passé et à ne pas vivre sa vie dans un potentiel futur qui peut ne jamais arriver.
Quand nous assimilons que tout ce qui est ne reste pas, une fois que les facettes qui ont besoin de sécurité prennent acte, il y a de moins en moins de peur du présent et d’angoisse du futur. Nous entrons dans une démarche où l’instant qui, par essence, ne dure que le temps qui lui est imparti, devient la conscience de ce que nous sommes et serons jamais, en admettant que ce qui a été ne sera plus, mais que si on cherche à le revivre, nous loupons l’éphémère du maintenant.
Un jeu amusant qui, de toute façon, ne durera pas…
Reflections from Pank / Snapshot #442: The Path of Impermanence
We know it, nothing lasts. And within our psyche, this variable can also lead some to a depressive phase. After prosperous periods where we have the feeling of having been filled by interactions or various events, we fall back into a more « normal » phase.
For some, a return to the past takes place and, consequently, a disconnection from the present, from what is in this less stimulating, more mundane normality. This comparison is unconscious with what « drugged » us with pleasure or at least with positive sensations.
However, this variability and these elevated phases, along with others that are more « standard, » are an integral part of our lives. But it becomes painful when we don’t take into account this « rule »: that nothing we experience lasts. Things can extend and transform, but they do not last in the state we know them.
Once we have accepted this notion from a deeper point of view, we can orient ourselves towards what we like to call « living in the present moment. » This could be summarized as limiting comparisons and returns to the past and not living our lives in a potential future that may never arrive.
When we assimilate that everything that is does not remain, once the facets that need security take notice, there is less and less fear of the present and anxiety about the future. We enter a process where the instant, which by its very nature only lasts the time allotted to it, becomes the consciousness of what we are and will never be, by admitting that what was will no longer be, but that if we try to relive it, we miss the ephemeral of the now.
Il y a beaucoup d’attaques au couteau, et je pense que certains d’entre vous regardent ces scènes traumatisantes pour comprendre les réactions et les actions des agresseurs qui attaquent à l’arme blanche. On voit aussi malheureusement des attaques sans aucun signe précurseur, comme cela a été le cas pour Iryna Zarustka, mais dans ces cas-là, il n’y a rien à faire.
Comme je vous le dis souvent, j’aime ce qu’un professeur de Kali m’avait partagé : si tu combats face à un couteau, prépare-toi à perdre quelque chose, si ce n’est pas la vie. Mais admettons que, par chance, on s’en soit sorti, ou même qu’on ait pu intervenir (et on se calme avec le syndrome du héros, il faut agir avec prudence en attendant que les forces de l’ordre arrivent), que faisons-nous pour les blessés éventuels ?
On peut aussi imaginer, après « simplement » des coups, savoir ce que nous pouvons faire pour aider les personnes blessées. Les Kuatsu, ces techniques qu’on apprenait en Judo et dans certains styles comme le Hakko-Ryu (d’ailleurs, si vous connaissez encore des écoles qui les enseignent, c’est intéressant), ne correspondent pas vraiment à ce qu’il faudrait faire d’après mes amis pompiers.
Alors, revenons aux bases (et faisons-nous régulièrement des rappels de nos brevets de secourisme) : s’il y a une coupure ou une blessure par perforation, nous devons comprimer la zone pour que l’écoulement du sang diminue. Bien sûr et malheureusement, sur les « slash » au niveau des artères, nous allons lutter face à un débit qui risque de rapidement devenir compliqué à gérer.
Nous avons dans les arts martiaux cette idée d’être des « guerriers » (ce que je ne pense pas du tout, combattant tout au plus), et bien gérer une blessure et du sang quand ce n’est pas notre métier, c’est un vrai combat, avec tout ce que représente cette notion de vie ou de mort.
Nous ne pouvons pas nous contenter de penser que nous allons « nous en sortir » dans des conflits de rue, et faire prendre conscience ou enseigner quelques gestes qui peuvent sauver des vies est important. Comme un geste absurde mais essentiel : après un conflit, vérifier partout s’il n’y a pas de sang, simplement parce qu’on ne sent pas quand on se fait planter… enfin, pas tout de suite…
Avec tout ce qu’on voit, je me demande comment on peut faire pour gérer l’après-agression en attendant que nos amis les secours prennent le relais. Si vous avez des idées ou même des stages, n’hésitez pas.
Martial Reflections of a Hypnofighter #433: If you don’t have Kuatsu, let’s go back to the basics
There are many knife attacks, and I think some of you watch these traumatic scenes to understand the reactions and actions of aggressors who attack with bladed weapons. Unfortunately, we also see attacks without any warning, as was the case for Iryna Zarustka, but in those situations, there is nothing that can be done.
As I often share with you, I like what a Kali professor once told me: if you fight against a knife, prepare to lose something, if not your life. But let’s say, by chance, you made it out, or even managed to intervene (and let’s calm down with the hero syndrome; you have to act safely while waiting for law enforcement to arrive), what do we do for potential casualties?
We can also imagine, after « simple » blows, what we can do to help injured people. Kuatsu, those techniques we learned in Judo and in certain styles like Hakko-Ryu (by the way, if you still know of schools that teach them, that’s interesting), don’t really correspond to what should be done, according to my firefighter friends.
So, let’s go back to the basics (and regularly refresh our first-aid certifications): if there is a cut or a stab wound, we must compress the area to reduce blood flow. Of course and unfortunately, with « slashes » to the arteries, we will be fighting against a blood flow that can quickly become complicated to manage.
In martial arts, we have this idea of being « warriors » (which I don’t think at all; at most, we are combatants), and managing a wound and blood when it’s not our profession is a real fight, with all that this notion of life or death represents.
We can’t just think that we will « get out of it » in street conflicts, and raising awareness or teaching a few gestures that can save lives is important. Like a seemingly absurd but essential action: after a conflict, check everywhere for blood, simply because you don’t feel it when you’ve been stabbed… well, not right away…
With everything we see, I wonder how we can manage the aftermath of an attack while waiting for our friends in the emergency services to take over. If you have ideas or even courses, don’t hesitate.
Parfois quand on accompagne on peut donner l’impression que l’hypnose « fera disparaitre » des choses, ce n’est pas le cas.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank Site : https://www.pank.one/
Ce qui est beau pour moi dans les manifestations, avec une intention comme les grèves ou les luttes sociales, c’est que c’est un espace d’expression, de révolte, de fureur, à travers des mots et parfois des actes. Nous savons à quel point les mouvements cathartiques que nous pouvons vivre en séances de thérapie ou même dans des stades peuvent apporter un grand soulagement.
Pourtant, dans cette libération des frustrations, il y a un autre aspect que je trouve difficile à accepter. Autant dans une séance d’accompagnement, le cadre offre la possibilité de s’exprimer et d’être pris en compte pour chercher des solutions avec ce qui émerge, car le moment est accepté et confiné.
Dans les manifestations, nous savons que c’est plus difficile. Certains ont la volonté de faire déraper le cadre, de mettre le feu et de perturber les rouages d’un système qui, paradoxalement, n’est pas directement touché par le cadre d’expression des manifestations. D’ailleurs, on voit que les États cherchent à protéger ce qui est réellement « utile » pour que le système continue de « fonctionner », peu importe ce qui est exprimé.
Le fait de manifester un désaccord ou une colère et d’avoir des revendications est difficilement acceptable pour d’autres qui n’ont pas les mêmes attentes, objectifs ou manières d’aborder leur quotidien. C’est comme chercher à avoir un espace d’écoute et d’accompagnement dans un lieu où personne n’est là pour cela.
Même si, pour certains, la révolution doit passer par des traînées de poudre et des bascules quantitatives (le nombre de personnes qui s’investissent), d’autres souhaitent juste être entendus, juste être pris en compte. Mais cela ne peut se faire que dans des cadres qui empêchent une pleine libération de ses pressions internes. En effet, si un cortège et une place sont l’espace dédié, les autres lieux, mentaux ou physiques, qui appartiennent à ceux qui ne se sentent pas concernés (pour leurs propres raisons) n’ont pas à se voir imposer ce qu’ils ne cherchent pas.
Trouvons des espaces de changement sans penser que chaque espace est prêt à changer.
Prenez ce qui est juste et bon pour vous. Be One Pank
English Translation
Pank’s Reflections / Snapshot #441: Expressing Yourself Without Imposing Your Views
What I find beautiful about protests, with intentions such as strikes or social struggles, is that they are a space for expression, revolt, and a fury of words and sometimes actions. We know how much the cathartic movements we can experience in therapy sessions or even in stadiums can bring relief.
However, within this release of frustration, there is another aspect that I find complex to accept. In a coaching session, the framework offers the possibility for expression and consideration to seek solutions from what emerges, because the moment is accepted and contained.
In protests, we know it’s more difficult. Some people want to derail the framework, set things on fire, and disrupt the gears of a system that, paradoxically, is not directly affected by the protest’s form of expression. Furthermore, we see that states seek to protect what is truly « useful » for the system to continue « functioning, » regardless of what is expressed.
Expressing disagreement or anger and having demands is difficult for others to accept, especially for those who don’t have the same expectations, goals, or ways of approaching their daily lives. It’s like looking for a space for listening and support in a place where no one is there for that purpose.
Even if, for some, revolution must go through powder trails and quantitative tipping points (the number of people who get involved), others just want to be heard, to be taken into account. But this can only be done within frameworks that prevent a full release of internal pressures. Indeed, if a procession and a public square are the dedicated space, other mental or physical places belonging to those who don’t feel concerned (for their own reasons) should not have what they don’t seek imposed on them.
Let’s find spaces for change without thinking that every space is ready to change.
Manipuler c’est un art et parfois nous voyons à quel point les gouvernement mais aussi les individus utilisent des stratégies pour obtenir ce qu’ils veulent.
Plus on pratique, plus on prend en compte les sensations. Dans les arts martiaux, il y a cette phase de combat où parfois notre égo peut prendre beaucoup de place. Au départ, nous avons un besoin de prouver, non pas forcément aux autres ou aux entraîneurs, mais seulement à nous-mêmes.
Nous avons besoin de pouvoir nous dire que ce que nous étudions au dojo ou à la salle est utile et fonctionnel. Nous relevons les défis des différents niveaux que nous croisons. Parfois, nous dépassons nos limites, d’autres fois nous ne sommes capables de rien parce que nous sommes stressés par le niveau des plus anciens.
Puis nous prenons nos marques, nous savons ce que nous cherchons, et nous devenons plus techniques et plus expérimentés. Nous combattons avec des objectifs, des thèmes, des stratégies. Nous avons des partenaires et des oppositions que nous trouvons stimulantes, intéressantes et productives.
Ensuite, il y a les autres moments, qui deviennent problématiques, possiblement blessants, avec des débutants excités ou des avancés qui ne savent pas se retenir, qui ne savent « toujours pas » faire des sparrings. Nous devons parfois dépasser ce que nous avions en tête parce que l’autre est féroce, mais pas dans une notion d’opposition constructive, plutôt dans une vision « destructive ».
Nous sortons alors les crocs, nous recadrons, nous frappons ou soumettons avec plus d’intensité, sans plaisir, sans impression d’utilité. Un combat sans intérêt, qui va aussi ébranler notre égo que nous avions de plus en plus maîtrisé.
Ce sont des moments où il y a cette sensation de perte de temps et d’énergie, alors que les entraînements, ces temps pugilistiques même quotidiens, sont rares et ne sont plus simplement des moments pour évoluer, mais pour se sentir un peu plus en vie.
Martial reflections of a Hypnofighter #432: Learning to know what you’re looking for
The more you practice, the more you take into account the sensations you feel. In martial arts, there’s this phase of combat where sometimes our ego can take up a lot of space. Initially, we have a need to prove ourselves, not necessarily to others or to the coaches, but only to ourselves.
We need to be able to tell ourselves that what we’re studying at the dojo or the gym is useful and functional. We take on the challenges of the different levels we encounter. Sometimes we push past our limits, other times we are unable to do anything because we’re stressed by the level of the more experienced practitioners.
Then we find our footing, we know what we’re looking for, and we become more technical and more experienced. We fight with objectives, themes, and strategies. We have partners and opponents that we find stimulating, interesting, and productive.
Then there are the other moments, which become problematic, potentially hurtful, with over-eager beginners or advanced practitioners who don’t know how to hold back, who « still » don’t know how to do sparring. Sometimes we have to go beyond what we had in mind because the other person is fierce, but not in a constructive opposition, but rather in a « destructive » vision.
We then show our fangs, we reframe, we strike or submit with more intensity, without pleasure, without a sense of usefulness. A pointless fight, which will also shake our ego that we had increasingly mastered.
These are moments where there’s this feeling of wasted time and energy, even though training sessions, these pugilistic times, even daily ones, are rare and are no longer simply moments to evolve, but to feel a little more alive.