Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #345 : Le Paradoxe du Karaté

L'auteur partage ses réflexions sur l'évolution du karaté à travers l'expérience de sensei qui cherchent à dépasser les formes traditionnelles pour atteindre l'essence du combat. Ils étudient et adaptent les techniques pour une efficacité accrue, à l'image d'une "non-forme" personnelle et universelle.

En ce moment en stage avec la fédération de karaté, nous avons quotidiennement des intervenants excellents qui nous partagent leurs connaissances. Mais plus que des kihon ou des katas, ils sont dans une recherche et un partage. Hier, j’ai eu des séances avec deux sensei vraiment excellents : Dominique Gallo (https://chk.me/8UKqpQ0) et Miguel Xavier (https://chk.me/z2bJkWr)

Un plaisir de voir leur évolution et la structure qu’ils mettent en place dans leur pratique. Pour Dominique, il y a une quête d’efficacité dans une réflexion sur l’observation, l’adaptation posturale en fonction des distances, et une quête de mouvement, d’adaptation. Pour Xavier, sa recherche est de réinterpréter ses fondamentaux dans les katas et kihon pour leur donner une saveur de MMA.

L’un comme l’autre, ils étudient les traditions posturales, techniques et respiratoires, qui peuvent être figées voire sclérosées si on reste à répéter des gestuels ou à maintenir au plus proche ce qui paraît être la forme. Les professeurs vont même jusqu’à une exigence de forme, alors que… nos deux sensei étudient, révisent et transforment la forme pour y chercher le fond : celui du combat, celui de l’efficace, celui qui ne porte plus le nom d’une forme, karaté, boxe ou lutte, mais d’une génétique qui s’adapte à l’évolution.

De la rigueur “formelle”, on y retrouve la liberté sans code. Un peu comme ce récit de la construction du moule jusqu’au shodan pour arriver à la réinterprétation, voire la déformation du moule pour en faire une non-forme, mais la sienne, unique et ouverte à l’universel.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of an Hypnofighter #345: The Paradox of Karate

Currently at a seminar with the karate federation, we have excellent instructors daily who share their knowledge. But more than kihon or katas, they are engaged in research and sharing. Yesterday, I had sessions with two truly [excellent] sensei: Dominique Gallo and Miguel Xavier.

It’s a pleasure to see their evolution and the structure they implement in their practice. For Dominique, there’s a quest for efficiency through reflection on observation, postural adaptation based on distances, and a quest for movement and adaptation. For Xavier, his research involves reinterpreting his fundamentals in katas and kihon to give them an MMA flavor.

Both of them study postural, technical, and respiratory traditions, which can become rigid or even sclerotic if one keeps repeating gestures or trying to maintain as closely as possible what appears [to be the form]. Professors even go as far as demanding a specific form, whereas… our two sensei study, revise, and transform the form to seek the essence: that of combat, that of efficiency, that which no longer bears the name of a form, karate, boxing, or wrestling, but of a genetic code that adapts to evolution.

From « formal » rigor, we find freedom without code. It’s a bit like the story of building the mold up to shodan to arrive at the reinterpretation, even the deformation of the mold to make it a non-form, but one’s own, unique and open to the universal.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #341 : L’Instinct du Conflit

Ce texte explore la nature humaine et son penchant pour le conflit, malgré les aspirations à la paix. L'auteur, un pratiquant de sports de combat, observe que le désir de pouvoir et de domination est profondément ancré en nous, comme le montrent les événements actuels et les comportements individuels. Il souligne que la force est souvent le dernier recours pour résoudre les conflits, même si elle engendre de nouveaux problèmes.

Il est troublant de constater que nous ne sommes pas des êtres pacifistes, surtout lorsque nous avons la capacité d’être les plus forts. L’actualité nous le rappelle quotidiennement. Un président américain qui agresse des populations du monde entier par ses décisions. Il est l’archétype de l’harceleur de cour d’école, menaçant et prêt à la violence.

Hier encore, notre propre président se voulait plus martial. On reparle de militarisation, de bombes nucléaires, etc. Nous, les humains, sommes programmés pour la conquête du pouvoir. Même si les études progressistes affirment que la paix est possible, elles ont raison, mais de manière limitée dans le temps.

Nous aimons le pouvoir, nous aimons dominer. Nous, pratiquants de sports de combat, le savons peut-être mieux que quiconque. Il est agréable de se sentir fort, invincible. Nous savons que cela exige un travail sur soi, de l’humilité, une remise en question constante pour ne pas abuser de notre force, pour respecter les autres et éviter les comportements égotiques.

Cependant, nous savons aussi qu’il y aura toujours ces pratiquants qui blessent intentionnellement, qui aiment faire mal, se sentir craints. Et pour apaiser cela, ce sont rarement les mots et les négociations qui transforment le comportement des agresseurs. C’est la force, encore une lutte pour savoir « qui est le plus fort » et donc qui a les droits.

Nous (les Occidentaux) n’avons pas réussi à faire du monde une planète pacifiée, même si nous avons pu gérer au mieux pendant 80 ans, avec des menaces persistantes durant des décennies (la guerre froide).

La force, le pouvoir et l’envie de dominer peuvent être sujets à réflexion, tout comme nous pouvons théoriser les combats et les agressions. Pourtant, toute théorie vacille face aux faits qui nous ramènent à des comportements primitifs, souvent source d’une chaîne de problèmes et de violence…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #341: The Instinct for Conflict

It’s unsettling to realize that we are not pacifist beings, especially when we have the capacity to be the strongest. The news reminds us of this daily. An American president who aggresses populations around the world with his decisions. He is the archetype of the schoolyard bully, threatening and ready to use violence.

Just yesterday, our own president adopted a more martial stance. We are talking about militarization, nuclear bombs, etc. We humans are programmed to conquer power. Even if progressive studies claim that peace is possible, they are right, but only for a limited time.

We love power, we love to dominate. We, practitioners of combat sports, perhaps know this better than anyone. It is pleasant to feel strong, invincible. We know that this requires work on oneself, humility, constant questioning to avoid abusing our strength, to respect others and avoid egotistical behavior.

However, we also know that there will always be those practitioners who intentionally injure, who like to hurt, to feel feared. And to appease this, it is rarely words and negotiations that transform the behavior of aggressors. It is force, yet another struggle to know « who is the strongest » and therefore who has the rights.

We (Westerners) have not succeeded in making the world a peaceful planet, even if we have been able to manage as best we can for 80 years, with persistent threats for decades (the Cold War).

Strength, power and the desire to dominate can be subjects for reflection, just as we can theorize about combat and aggression. Yet, any theory falters in the face of facts that bring us back to primitive behaviors, often the source of a chain of problems and violence…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #340 : Quand la structuration fige les systèmes

Je parlais ce week-end avec un pote du Krav qui me partageait ses impressions sur l’évolution du Krav Maga dans sa fédération. Au fur et à mesure de ses propos, je lui disais que j’avais l’impression que cette discipline, qui se base sur une adaptation dans les situations de défense, une sorte de MMA de la self-défense, devenait rigide comme le karaté.

En somme, la fédération qui impose des techniques, des formes, des façons de se tenir ou de répondre pour les grades, transforme son système en style traditionnel. De plus, les hauts gradés sont de plus en plus âgés et l’influence du fondateur étant encore tellement présente, que comme un arbre qui prend de l’âge, se flétrit, se durcit.

Comme les maîtres “traditionnels” qui vont embêter leurs élèves pour une posture précise attendue pour les rencontres fédérales, le Krav prédétermine des réponses qu’il faut faire devant les jurys.

Du coup, les profs qui n’y croient pas préparent les élèves sur ces formes, mais hors fédération, ils enseignent autre chose… Pire, de plus en plus de clubs limitent les combats, voire certains n’en font plus. Comme si la technique était plus importante que la capacité à gérer un combat, en tout cas une agression qui sera physique.

Plus on veut donner une forme (un kata) plus on empêche l’évolution du style. On vend ça comme “traditionnel” sauf que ce que faisait Imi en Krav ne ressemble plus vraiment à ce que les acteurs actuels font. Est-ce que c’est bien ? Est-ce que c’est mal ? Ce type de questions bloquent les fédérations et on comprend après que chacun crée la sienne…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #340: When Structuring Freezes Systems

This weekend, I was talking with a Krav Maga friend who was sharing his impressions on the evolution of Krav Maga in his federation. As he spoke, I told him that I had the impression that this discipline, which is based on adaptation in defense situations, a kind of MMA of self-defense, was becoming as rigid as karate.

In short, the federation, which imposes techniques, forms, ways of standing or responding for the ranks, transforms its system into a traditional style. In addition, the high-ranking members are getting older and the influence of the founder is still so present, that like a tree that ages, withers, hardens.

Like the « traditional » masters who are going to annoy their students for a precise posture expected for federal competitions, Krav Maga predetermines the responses that must be made in front of the juries.

As a result, the teachers who do not believe in it prepare the students on these forms, but outside the federation, they teach something else… Worse, more and more clubs are limiting sparring, and some are not even doing it anymore. As if the technique was more important than the ability to manage a fight, in any case a physical aggression.

The more we want to give a form (a kata), the more we prevent the evolution of the style. We sell it as « traditional » except that what Imi did in Krav Maga no longer really resembles what the current actors do. Is this good? Is this bad? This type of question blocks federations and we understand afterwards that everyone creates their own…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #338 : L’Humilité de l’Apprentissage

Cet article met en lumière un obstacle fréquent à la progression dans les arts martiaux : l'ego.  L'auteur souligne que l'expérience et les grades, au lieu de favoriser l'ouverture d'esprit, peuvent parfois conduire à une résistance aux critiques et à une  sous-estimation des  moins gradés. Il rappelle que la connaissance est un domaine vaste et que chacun, quel que soit son niveau, peut apporter des éléments précieux. L'humilité et la remise en question sont donc essentielles pour continuer à apprendre et à évoluer.

Il arrive parfois qu’en progressant dans les arts martiaux, l’expérience et les années accumulées nourrissent davantage un ego mal placé qu’une véritable ouverture d’esprit. Est-ce dû aux coups reçus ? À des décennies d’enseignement ? Quoi qu’il en soit, il n’est pas rare de voir des « anciens », et notamment des professeurs, réticents à accepter les corrections.

Comme si seuls ceux qui détiennent un titre sportif, des titres ronflants ou des grades élevés pouvaient les faire progresser. Cette attitude conduit à une moindre écoute des autres et à une fermeture potentielle à des éléments pourtant bénéfiques à leur évolution.

Or, les moins gradés, les passionnés, les chercheurs peuvent avoir saisi et maîtrisé des concepts et techniques que les plus expérimentés n’ont fait que survoler. Être gradé ne signifie pas, comme on a pu le croire pendant longtemps, notamment en Jiu-jitsu, que l’on possède une connaissance technique exhaustive. Cela indique plutôt une compréhension du style et la maîtrise d’un jeu personnel.

Une information reste un élément neutre. Si l’on y associe des émotions négatives simplement parce que l’on ne juge pas l’émetteur, qui n’est qu’un intermédiaire, digne d’intérêt, c’est peut-être le signe qu’il est temps de prendre du recul sur sa pratique et de s’interroger : pourquoi n’accordons-nous de crédit qu’aux plus gradés ?

À un certain niveau, les pratiquants avec de nombreux grades le sont souvent plus par politique ou ancienneté, pas nécessairement par la qualité de leurs connaissances. De plus, même des professeurs peuvent ne pas trouver les mots justes pour transmettre une information, tandis que la formulation d’un élève sera plus claire et accessible à tous.

Ne jamais considérer les grades et les statuts comme des symboles imposant une illusion de savoir, mais au contraire, garder à l’esprit que nous ne connaissons qu’une facette limitée d’une discipline, nous permet de rester ouverts à l’apprentissage et de progresser avec tous ceux qui partagent des informations pertinentes.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #338: The Humility of Learning

It can happen that as we evolve in martial arts, practice and years may develop more misplaced ego than openness. Is it because we take hits? Is it because we have been teaching for decades? In any case, it happens that many « elders » and especially teachers find it difficult to accept corrections.

As if the only ones who could improve them had to have a sports title, high-sounding titles or higher degrees on their belt. Therefore, there is less listening to others and a possible closure to what could help them progress.

Yes, the lower ranked, the passionate, the researchers may have understood and mastered concepts and techniques that we have only skimmed over. Because being ranked does not mean, as we may have believed for years, especially in Jiu-jitsu, that technically we know everything, but that we have an understanding of the style in addition to a game that is specific to us.

Information remains a completely neutral element, if we put emotion into it because we do not consider the issuer who is only a relay, it is because we should perhaps take time on our practice and wonder why we only listen to the highest ranked?

At a certain level, practitioners with lots of ranks are often more so by politics or practice time, not necessarily on the quality of the information. Moreover, even teachers may not find the right words to give the information, while a student’s way of doing things will be clearer and simpler for everyone.

Never taking ranks and statuses as postures that impose an illusion of knowledge, but on the contrary, maintaining that we only know a limited facet of a discipline, makes us ready to move forward with all those who share relevant information.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #337 : Les Croyances Limitantes Autour des Clés de Talon

L'auteur, un pratiquant expérimenté d'arts martiaux, partage son expérience sur l'évolution de la perception des clés de talon dans le Jiu-Jitsu Brésilien. Initialement considérées comme dangereuses et interdites, ces techniques sont désormais mieux comprises et intégrées grâce à une meilleure connaissance technique et à l'évolution des compétitions.

Comme beaucoup de pratiquants de Jiu-Jitsu Brésilien (JJB) du début des années 2000, lorsque nous entrions dans un dojo de JJB, et particulièrement quand nous avions déjà de l’expérience en combat libre/MMA, nous avions une stratégie dominante contre les ceintures bleues : les clés de pieds, et plus précisément les clés de talon (« heel hooks »).

C’était simple : on ne cherchait pas à passer la garde, on attaquait directement les jambes. Le kimono pouvait être une gêne, mais le taux de réussite restait élevé. Petit à petit, j’ai observé l’interdiction progressive des clés de jambes, et surtout des clés de talon, souvent justifiée par leur dangerosité supposée.

En Luta Livre, l’approche était légèrement différente. Flavio Peroba, bien que n’étant pas un fervent adepte, ne nous restreignait pas excessivement sur ce point. Pourtant, une sorte de hantise persistait autour de cette clé vrillée. L’argument classique était : « Tu ne la sens pas venir jusqu’à ce que tout cède ». Cependant, cette remarque s’applique aussi à un étranglement en triangle ou à une Kimura sur une personne très souple.

Le principe d’une clé de soumission, c’est qu’on pense être en sécurité jusqu’au point de rupture. Mais pour la clé de talon, elle est devenue la Némésis de la discipline. Le discours était unanime, et la philosophie du JJB n’arrangeait rien, certains affirmant que les spécialistes des clés de jambes (« leg lockers ») étaient de mauvais passeurs de garde, ou que l’enseignement se focaliserait uniquement sur les attaques de jambes au détriment des passages de garde et des renversements.

Il est plus probable que nous étions pris dans un cercle vicieux de méconnaissance technique. Ne sachant pas bien nous défendre contre ces attaques, nous les subissions. Certains pratiquants ne tapaient pas, se blessaient, et cela renforçait la croyance sans que nous développions les techniques de défense appropriées. Il en résultait peu de réponses efficaces et un mythe autour de la dangerosité extrême de cette technique.

Il a fallu attendre John Danaher, mais plus encore la période du Covid et la multiplication des compétitions privées en No-Gi, pour que les athlètes, après avoir été souvent soumis, trouvent des solutions. Aujourd’hui, les clés de talon sont considérées comme des soumissions « normales ». La croyance a même évolué, certains allant jusqu’à dire qu’elles ne fonctionnent plus aussi bien.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #337: The Limiting Beliefs Around Heel Hooks

Like many Brazilian Jiu-Jitsu (BJJ) practitioners from the early 2000s, when we entered a BJJ dojo, especially if we already had experience in free fighting/MMA, we had one dominant strategy against blue belts: leg locks, and more specifically, heel hooks.

It was simple: we didn’t try to pass the guard; we went straight for the legs. The kimono could be a hindrance, but the success rate remained high. Gradually, I observed the progressive banning of leg locks, and especially heel hooks, often justified by their supposed danger.

In Luta Livre, the approach was slightly different. Flavio Peroba, although not a big fan, didn’t restrict us excessively on this point. Yet, a kind of dread persisted around this twisting lock. The classic argument was, « You don’t feel it coming until everything gives way. » However, this remark also applies to a triangle choke or a Kimura on a very flexible person.

The principle of a submission lock is that you think you are safe until the breaking point. But for the heel hook, it became the nemesis of the discipline. The discourse was unanimous, and the BJJ philosophy didn’t help, with some claiming that leg lockers were poor guard passers, or that teaching would focus solely on leg attacks at the expense of guard passes and sweeps.

It is more likely that we were caught in a vicious cycle of technical misunderstanding. Not knowing how to defend ourselves well against these attacks, we suffered them. Some practitioners did not tap, got injured, and this reinforced the belief without us developing the appropriate defense techniques. This resulted in few effective responses and a myth around the extreme dangerousness of this technique.

It took John Danaher, but even more so the Covid period and the proliferation of private No-Gi competitions, for athletes, after being frequently submitted, to find solutions. Today, heel hooks are considered « normal » submissions. The belief has even evolved, with some going so far as to say that they no longer work as well.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #336 : Kyokushin vs Karate d’Okinawa

Cet article explore les différences fondamentales entre le Kyokushin et le Karaté d'Okinawa, notamment en termes d'objectifs et de philosophie. Alors que le Kyokushin met l'accent sur le développement de la force physique et l'efficacité en compétition, le Karaté d'Okinawa privilégie la self-defense et la protection.  L'auteur souligne également l'influence du marketing dans la construction de l'image du Kyokushin et invite le lecteur à trouver sa propre voie en matière d'arts martiaux.

J’écris actuellement un court essai sur les premières années du Kyokushin, comparant la réalité historique aux récits traditionnels. C’est un exercice amusant, car nous, enfants du Karaté Bushido et de l’ère pré-internet, avons grandi avec les histoires transmises par nos senpai et sensei.

Ces histoires nous ont fait rêver de combattants incroyables de toutes les nations et de toutes les époques. Le Kyokushin a construit et exploité l’image du « strongest karate », un terme marketing inventé par Ikki Kajiwara (mangaka de Karate Baka Ishidai) pour promouvoir le premier championnat du monde du style en 1975. Beaucoup d’éléments relèvent du marketing, mais j’y reviendrai plus tard.

Un point intéressant est la remarque de Bobby Lowe (instructeur hawaïen qui a rencontré Oyama en 1952 et premier uchi deshi) selon laquelle le Karaté Oyama n’était pas axé sur la self-defense. Il est bien placé pour le savoir, car c’est lui qui a créé le cursus de Goshin Jitsu à la demande de Sosai, suite à des critiques sur cet aspect de son école.

Contrairement à l’objectif de self-defense mis en avant par les sensei d’Okinawa, l’école Kyokushin vise à former des hommes forts. Cette différence, interprétable de multiples façons, est fondamentale. Les coups de pied hauts (geri) sont rares dans les styles okinawaïens, car peu utiles en combat réel. A l’inverse, les jodan geri en Kyokushin sont impressionnants, exécutés à une distance rapprochée, en zone de poing.

Quand un karaté cherche à renforcer et l’autre à protéger, les philosophies et les visions du style divergent. Certains dojos d’Okinawa, comme le Goju-ryu Meibu-kan (https://www.youtube.com/watch?v=63c3KwGQT4I), combinent les deux approches.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #336: Kyokushin vs Okinawan Karate

I am currently writing a short essay on the early years of Kyokushin, comparing historical reality with traditional narratives. It’s a fun exercise because we, children of Bushido Karate and the pre-internet era, grew up with the stories passed down by our senpai and sensei.

These stories made us dream of incredible fighters from all nations and eras. Kyokushin built and exploited the image of the « strongest karate, » a marketing term coined by Ikki Kajiwara (mangaka of Karate Baka Ishidai) to promote the first world championship of the style in 1975. Many elements are just marketing, but I’ll come back to that later.

An interesting point is the observation by Bobby Lowe (Hawaiian instructor who met Oyama in 1952 and the first uchi deshi) that Oyama Karate was not oriented towards self-defense. He is well placed to know, since he created the Goshin Jitsu curriculum at the request of Sosai, following criticism of this aspect of his school.

Unlike the self-defense objective put forward by Okinawan sensei, the Kyokushin school aims to produce strong men. This difference, interpretable in many ways, is fundamental. High kicks (geri) are rare in Okinawan styles because they are not very useful in real combat. Conversely, jodan geri in Kyokushin are impressive, executed at close range, in punching zone.

When one karate seeks to strengthen and the other to protect, philosophies and visions of the style diverge. Some Okinawan dojos, like the Goju-ryu Meibu-kan (https://www.youtube.com/watch?v=63c3KwGQT4I), combine both approaches.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #335 : Le Randori, Cœur de la Pratique

Cet article met en lumière l'importance du randori, un type de combat d'entraînement où l'objectif principal est la progression mutuelle plutôt que la victoire. L'auteur, Pank, insiste sur le fait que le randori permet aux pratiquants d'arts martiaux de se perfectionner, d'affiner leurs techniques et de développer leur confiance en soi, dans un esprit d'entraide et de respect mutuel.

Quand je parle de randori, je parle de combats où les deux adversaires s’exercent et se mettent dans des situations soit de découverte, soit d’imposition de leur jeu. Une fois la phase effectuée, admettons un passage de garde ou un combo de frappes, ils ralentissent pour que l’opposant puisse lui aussi travailler. Ils lui facilitent même le travail s’il a des difficultés à recomposer sa garde ou à riposter, si nous sommes en boxe.

Ce n’est pas un combat où la seule idée est de finaliser. Ou si c’est le cas, cela doit être fait une fois, et le reste du combat doit permettre à l’opposant de progresser. Il arrive que nous ayons l’avantage dans un combat ou que nous souhaitions, plus ou moins consciemment, dominer et donc éviter toute progression ou mise en danger de la part de l’autre. Pourtant, cela n’a pas de sens.

Soit on est vraiment au-dessus de l’autre et nous n’avons pas choisi le bon sparring-partner, soit nous galérons et nous risquons de ne faire que subir et de ne pas prendre confiance en notre système et notre jeu. Nous sommes dans des disciplines d’entraide; notre but est que nos adversaires deviennent de plus en plus affûtés et agressifs, qu’ils osent des choses qui pourraient nous battre, parce que nous sommes dans un travail de progression mutuelle et non d’opposition absolue.

Si nous pouvons faire des combats durs avec un mindset compétition, il nous faut néanmoins peaufiner et améliorer les automatismes. Même si depuis quelques années on met en avant les drills, cela ne vaut pas une phase d’opposition relative, pendant laquelle, dans des conditions qui se rapprochent d’un affrontement réel, nous aurons des feedbacks avec des réactions « combat », même si elles ne seront peut-être pas pleine puissance.

Les randoris sont les exercices qui devraient nous faire le plus progresser et que nous devrions faire en grand nombre, que ce soit en grappling ou en striking, sans se blesser, en prenant plaisir et en évoluant…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #335: Randori, the Heart of Practice

When I speak of randori, I am referring to combat where both adversaries train and put themselves in situations of discovery or imposition of their game. Once the phase is completed, let’s say a guard pass or a striking combo, they slow down so that the opponent can also work. They even make it easier for them if they have difficulty recomposing their guard or retaliating, if we are boxing.

This is not a fight where the only idea is to finish. Or if it is, it should be done once, and the rest of the fight should allow the opponent to progress. It happens that we have the advantage in a fight or that we wish, more or less consciously, to dominate and therefore avoid any progression or endangerment on the part of the other. Yet this makes no sense.

Either we are truly above the other and we have not chosen the right sparring partner, or we are struggling and we risk only enduring and not gaining confidence in our system and our game. We are in disciplines of mutual aid; our goal is for our opponents to become increasingly sharp and aggressive, that they dare to do things that could beat us, because we are in a work of mutual progression and not absolute opposition.

While we can have hard fights with a competitive mindset, we still need to refine and improve our automatisms. Even if drills have been emphasized in recent years, this is not worth a phase of relative opposition, during which, in conditions that approach a real confrontation, we will have feedback with « combat » reactions, even if they may not be full power.

Randori are the exercises that should make us progress the most and that we should do in large numbers, whether in grappling or striking, without getting injured, taking pleasure and evolving…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #334 : Privilégier le Mouvement Constant

Cet article met en lumière l'importance du mouvement constant en combat, que ce soit en boxe, en lutte ou en arts martiaux mixtes. L'auteur, Pank, insiste sur la différence entre mouvement et explosivité ou rapidité, et explique comment le mouvement, même subtil, peut perturber l'adversaire, l'empêcher de "poser son jeu" et créer des opportunités d'attaque. Il encourage les pratiquants à intégrer cette notion de mouvement perpétuel dans leur entraînement et leurs combats.

Quand je parle de mouvement, je parle d’intensité variable, qu’elle soit faible ou forte, et d’amplitude, petite ou grande. Il ne faut pas confondre mouvement avec explosivité ou rapidité. Souvent, nous mélangeons tout, et quand on souhaite produire, que ce soit en boxe ou en lutte, nous accélérons.

Or, les mouvements peuvent être courts, subtils, voire saturants pour l’adversaire. C’est d’ailleurs un de leurs bénéfices : laisser l’autre dans l’incertitude, le questionnement, une sensation d’instabilité. En position de tortue en BJJ ou en Judo, si nous restons fermés et immobiles, l’adversaire peut tranquillement tester ses options.
De même en boxe, si nous restons figés, l’adversaire peut analyser la situation, trouver nos angles ouverts et attaquer efficacement. Cherchez à ne jamais cesser le mouvement. C’est difficile et parfois contre-intuitif. Beaucoup diront que cela demande plus de cardio, ce à quoi je répondrai que si parfois l’intensité est élevée avec de grands mouvements, cela peut aussi se traduire par de petits déplacements, des tentatives de prises, etc., qui ne sont pas épuisants.

Rappelez-vous qu’en préhension comme en frappe, nous cherchons à contrôler et à empêcher l’adversaire de bouger pour pouvoir attaquer, soumettre ou percuter. S’imposer de bouger dans chaque randori permet de s’orienter vers cette idée de mouvement constant, d’être un danger permanent, une difficulté pour l’adversaire qui ne peut pas « poser son jeu ».

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,
Pank
https://www.passioncombat.net

Martial Reflections of a Hypnofighter #334: Prioritizing Constant Movement

When I talk about movement, I’m referring to varying intensity, whether weak or strong, and amplitude, small or large. We should not confuse movement with explosiveness or speed. Often, we mix everything up, and when we want to be productive, whether in boxing or wrestling, we accelerate.

However, movements can be short, subtle, even overwhelming for the opponent. This is one of their benefits: leaving the other person in uncertainty, questioning, a feeling of instability. In a turtle position in BJJ or Judo, if we remain closed and immobile, the opponent can calmly test their options.

Similarly, in boxing, if we remain static, the opponent can analyze the situation, find our open angles, and attack effectively. Strive to never stop moving. It’s difficult and sometimes counterintuitive. Many will say that it requires more cardio, to which I would reply that while sometimes the intensity is high with large movements, it can also translate into small shifts, grip attempts, etc., which are not exhausting.

Remember that in grappling as in striking, we seek to control and prevent the opponent from moving in order to attack, submit, or strike. Forcing yourself to move in each randori allows you to orient yourself towards this idea of constant movement, to be a permanent danger, a difficulty for the opponent who cannot « establish their game ».
Take what is good and right for you.

Be One, Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #333 : Les Fondamentaux

Que j’aime les fondamentaux ! M’interroger sur tout ce qui peut sembler « normal », ce que nous répétons parce que nous l’avons appris de cette façon, parce que c’est répété depuis des décennies. Nous savons pourtant tous que les techniques évoluent, alors peut-être que la main qui se trouve sur un point pourrait être sur un autre.

Seulement si on regarde ce qui structure la technique, les éléments fondamentaux, les concepts clés, nous pouvons comprendre que ces changements de forme continueront à exploiter les mêmes leviers, cales ou pivots.

Certes, il y aura sûrement des ajustements, plus de rotation, plus de vitesse ou plus de pression, mais tout ce qui fonde nos systèmes sera validé. Pendant nos entraînements, ne plus regarder la technique ou l’appliquer, mais chercher à maintenir juste certains concepts. En BJJ, ne jamais mettre son dos à plat par exemple, ou dans les styles de percussions ne pas laisser passer la distance du coude de notre partenaire.

À mesure que l’on joue avec ces fondamentaux, on prend de plus en plus conscience de ce qui se passe dans ce que nous avons naturellement appris puis acquis dans nos apprentissages. Il y a aussi une remise en question de ce qui nous semblait « normal », comme si nous relisions un livre et que nous comprenions les choses autrement, et que ce que nous pensions être juste, ne reste qu’une interprétation.

Bien sûr, comme on enseigne, nous devons partager la forme pour que chacun puisse ressentir avant de réellement commencer à « comprendre » un pour cent en plus d’un concept que pourtant nous pensions avoir maîtrisé. Mais ce pour cent, changera petit à petit notre vision de nos disciplines et ouvrira pour certains un nouveau plaisir de cette facette de nos styles.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #333: The Fundamentals

How I love the fundamentals! To question everything that may seem « normal », what we repeat because we learned it that way, because it has been repeated for decades. Yet we all know that techniques evolve, so maybe the hand that is on one point could be on another.

Only if we look at what structures the technique, the fundamental elements, the key concepts, can we understand that these changes in form will continue to exploit the same levers, wedges or pivots.

Certainly, there will surely be adjustments, more rotation, more speed or more pressure, but everything that forms the foundation of our systems will be validated. During our training, no longer look at the technique or apply it, but seek to maintain just certain concepts. In BJJ, never put your back flat for example, or in percussion styles do not let the distance of our partner’s elbow pass.

As we play with these fundamentals, we become more and more aware of what is happening in what we have naturally learned and then acquired in our learning. There is also a questioning of what seemed « normal » to us, as if we were rereading a book and understanding things differently, and what we thought was right remains only an interpretation.

Of course, as we teach, we must share the form so that everyone can feel before really starting to « understand » one percent more of a concept that we thought we had mastered. But this one percent will gradually change our vision of our disciplines and will open for some a new pleasure in this facet of our styles.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #332 : Les Outils de Défense Personnelle

Ce texte explore la difficulté de trouver des outils de self-défense efficaces et légaux en France. L'auteur, Pank, s'intéresse particulièrement aux matraques télescopiques et regrette l'absence de modèles courts en caoutchouc, comme ceux utilisés par les forces de l'ordre. Il souligne l'importance de neutraliser un agresseur sans lui infliger de blessures graves, tout en évitant les ennuis judiciaires. Le texte met en lumière le paradoxe d'un marché qui privilégie les armes impressionnantes mais potentiellement dangereuses, au détriment d'outils plus raisonnables.

En réalité, le terme « arme » est un peu fort, surtout lorsqu’il s’agit de défense personnelle. En France, la législation est très restrictive quant aux objets autorisés. Pour autant, j’aime me procurer régulièrement des « outils » de self-défense et, comme je vous l’ai confié il y a quelque temps, je suis souvent séduit par les matraques télescopiques.

J’en discutais récemment avec des amis des forces de l’ordre, et je trouve dommage que nous n’ayons pas accès à des matraques courtes en caoutchouc. L’objectif, pour une personne contrainte d’utiliser un outil de défense, est de mettre fin à l’agression sans infliger de séquelles à l’adversaire.

Je sais que certains pourraient rétorquer qu’en cas d’agression, la seule réponse valable est la neutralisation totale. Personnellement, je préfère une solution qui ne laisse pas de traces permanentes et qui ne me conduise pas au poste de police, tout en évitant de susciter un désir de vengeance chez l’agresseur.

D’où l’intérêt des matraques en caoutchouc utilisées par les forces de l’ordre. Elles sont très douloureuses, mais ne causent normalement pas de fractures (sauf peut-être sur des zones sensibles comme le nez). En frappant fort les mains ou les genoux de l’adversaire, on peut le mettre hors de combat sans le blesser excessivement.

Malheureusement, il est difficile de trouver des matraques en caoutchouc compactes et légères. Les modèles en plastique, comme les armes factices, sont souvent encombrants, probablement pour des raisons d’amplitude et de puissance de frappe.

L’offre actuelle est majoritairement composée de poings américains et de couteaux, qui augmentent considérablement le risque de blessures graves, voire mortelles. On a l’impression que le marché exploite la peur en privilégiant les produits « badass », alors qu’en réalité, nous avons besoin d’outils efficaces mais limitant les dommages. Un paradoxe complexe.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,
Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #332: Self-Defense Tools

Actually, the word « weapon » is a bit strong, especially when it comes to self-defense. In France, the law is very restrictive regarding authorized objects. However, I love to regularly buy self-defense « tools » and, as I shared with you some time ago, I am often impressed by telescopic batons.

I was discussing this with some friends in law enforcement, and I find it a shame that we do not have access to short rubber batons. The objective, for a person forced to use a self-defense tool, is to end the aggression without inflicting lasting injuries on the opponent.

I know some might argue that in case of aggression, the only valid response is total neutralization. Personally, I prefer a solution that does not leave permanent marks and does not lead me to the police station, while avoiding creating a desire for revenge in the aggressor.

Hence the interest in rubber batons used by law enforcement. They are very painful, but normally do not cause fractures (except perhaps on sensitive areas like the nose). By hitting the opponent’s hands or knees hard, you can knock them out without excessive damage.

Unfortunately, it is difficult to find compact and lightweight rubber batons. Plastic models, like toy weapons, are often bulky, probably for reasons of amplitude and striking power.

The current offer is mostly composed of brass knuckles and knives, which considerably increase the risk of serious or even fatal injuries. One has the impression that the market exploits fear by favoring « badass » products, while in reality, we need effective tools that limit damage. A complex paradox.

Take what is good and right for you.

Be One,
Pank