Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #231 : Combattre avec les femmes quand on est un homme

Hier, une de mes combattantes, qui s’entraîne depuis un an et est de petit gabarit, s’est retrouvée face à une ceinture marron de BJJ et 4e dan de Judo, un champion du monde amateur de Muay Thai passionné de Jiu-jitsu, et moi-même, un gros. Nous combattions en mode Kenpokan/Pankido, c’est-à-dire du MMA avec un gi.

Nous achevons une période de six semaines entièrement dédiée aux randoris et aux kumités. Pas de chance pour notre combattante, qui a fini par manifester son désir d’avoir des partenaires de son poids et de sa force, en mode syndicat (poing levé de la révolution et pancarte).

Cela m’a permis d’expliquer ma vision du combat homme/femme, que je trouve parfois mal comprise. En tant qu’homme très binaire, je pense que lorsque nous portons un gi ou entrons dans une salle de sport de combat, nous sommes tous égaux. En mode combat (kumité, pas randori), il faut se battre pour vaincre.

Peu importe que l’opposant soit petit, grand, homme ou femme, lourd ou léger, il faut y aller assez fort pour soumettre (ou mettre KO au corps si en percussion). Je suis souvent agacé par les hommes (ou les plus gradés, lourds, etc.) qui, parce qu’ils dominent, ne s’investissent pas pleinement. Il faut respecter l’effort de notre adversaire et l’aider à se surpasser. Dans les randoris, on travaille ensemble et on se fixe des thèmes de travail, mais dans les kumités, chacun pour soi.

Bien sûr, en tant que poids lourd, je ne vais pas utiliser toute ma force ou mon poids, mais je vais créer une réelle difficulté et appliquer ma stratégie. L’objectif est de finir le combat sans blesser ni faire de mal, juste appliquer le principe des combats où la notion de justesse est rarement une réalité. Les compétitions de BJJ, par exemple, nous confrontent parfois à d’anciens champions du monde ou des pros en MMA, ou des légendes du Vale Tudo (c’est du vécu), des adversaires qui peuvent et vont sûrement nous écraser.

Je ne parle même pas de la rue, où il peut arriver de lutter contre des gens armés ou nombreux. Un combat est difficile, il montre notre impuissance dans certaines situations. C’est une métaphore de la vie. Je déteste quand un homme est trop « bienveillant » envers une femme. Pour moi, il doit combattre comme si c’était un adversaire sérieux. Si je vous mets face à Flavio « Peroba » Santiago, un petit gabarit mais très dangereux, peu importe votre poids, votre garde ou votre gabarit, vous allez tout donner pour ne pas être soumis.

Considérez vos adversaires, masculins ou féminins, de manière à offrir un affrontement de qualité et osez admettre que bien des femmes sont plus techniques que les hommes et peuvent nous battre, sans l’excuse de « j’y allais cool ».

Respect à tous les pratiquants et pratiquantes.

BJJ #homme #femme #combat #MMA #Pankido #Kenpokan #Affrontement #équité

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #231: Fighting with Women When You Are a Man

Yesterday, one of my fighters, who has been training for a year and is of a lighter weight class, found herself in a tough spot. She faced a brown belt in BJJ, a 4th dan in Judo, a world amateur champion in Muay Thai who is also deeply into Jiu-jitsu, and me, a heavyweight. We were fighting in Kenpokan/Pankido mode, which is MMA with a gi.

We were concluding a six-week period entirely dedicated to randoris and kumités. Unfortunately for our female fighter, after enduring the end of the session, she humorously (with a raised fist and a protest sign) expressed her desire to have female partners or ones matching her weight and strength.

This gave me an opportunity to explain my vision of male/female combat, which I often find misunderstood. As a very binary person, I believe that when we wear a gi or enter a combat sports gym, we are all considered equals. In combat mode (kumité, not randori), we must fight to win.

It doesn’t matter if the opponent is small, tall, male, female, heavy, or light; we go hard enough to submit (or body KO in striking). I am often annoyed by men (or higher ranks, heavier, etc.) who, because they dominate, do not fully engage. We must respect the effort and sometimes the helplessness of our opponents. They are making efforts, and we should help them push themselves to give their all. In randoris, we collaborate and set work themes, but in kumités, it’s every person for themselves.

Yes, as a heavyweight, I won’t use all my weight or strength, but I will create a real challenge and apply my game plan. The goal is to finish the fight without injuring or harming, just to apply the principle of fights where the notion of fairness is rarely a reality. Competitions like BJJ sometimes make us face former world champions, MMA pros, or legends of Vale Tudo (speaking from experience), opponents who can crush us.

I’m not even talking about the street, where we might have to fight against armed or numerous people. A fight is difficult; it shows our powerlessness in certain situations. It’s a metaphor for life. I hate when a man is overly « kind » towards a woman. For me, he must fight as if she is a serious opponent. If I put you against Flavio « Peroba » Santiago, who is small but extremely dangerous, no matter your weight, guard, or size, you will give it your all to avoid being submitted.

Consider your opponents, male or female, in a way that ensures a quality fight and dare to admit that many women are more technical than men and can kick our butts without any excuse like « I was going easy. »

Respect to all practitioners.

BJJ #man #woman #fight #MMA #Pankido #Kenpokan #Fight #equity

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #228 : Les techniques en ligne inutiles ?

Je trouve de plus en plus de Shorts ou de vidéos tutos express avec des techniques qui sont certes esthétiques, mais qui ne sont que peu, voire pas prouvées en compétition. Il me semble que nous nous retrouvons même dans des dojos avec des professeurs qui veulent vendre des techniques un peu plus sexy qu’un kneecut, une K-guard ou autre.

Alors il se produit la même chose que dans les arts martiaux qui ne mettent pas en opposition ou parfois sont trop axés sur la théorie de self-defense, des techniques qui peuvent sembler sympas pour le Tori (celui qui applique), mais dans le cas d’un Uke (celui qui reçoit), ne propose pas d’opposition.

Depuis des années, les pratiquants de BJJ aiment dénoncer les bullshidos, ces arts martiaux qui valorisent des techniques improbables et inefficaces en situation d’opposition. Et certainement à cause de la concurrence des réseaux sociaux, pour faire du buzz, être vus, ils cherchent à montrer des techniques avec de faibles taux de réussite mais qui passent bien à la caméra.

Aujourd’hui, il y a une génération de jeunes pratiquants incroyables qui apprennent avec les tutos en ligne. Josef Chen de la B Team en est la preuve. Et si l’enseignement du Jiu-Jitsu n’est plus la version traditionnelle des années 90, que les combattants sont devenus des athlètes et que le panel de jeux s’est démultiplié en fonction des aptitudes physiques, il y a des fondamentaux techniques et tactiques à connaître.

Créer ou trouver de nouvelles techniques, c’est une des choses assez géniales du BJJ et du Grappling en général. Paradoxalement, ces dernières années, les combattants de plus en plus complets et polymorphes dans leur façon de combattre reprennent aussi les techniques plus fondamentales pour répondre aux nouvelles tendances.

C’est une chance de pouvoir trouver des tutos sur la même technique avec des points de vue et des subtilités différentes en ligne. Il ne faut pas, par contre, que nous tombions dans le monde des techniques mythos qui, certes, apportent de la lumière à leurs auteurs pendant un moment mais pourraient entacher la crédibilité de nos styles dans le futur. Déjà qu’avec le double pull, on passe pour des rigolos 🙂

bjj #lutalivre #youtube #techniqueenligne #tutoriel #mythojitsu #exagération #buzz #putaclic

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #228: Are Online Techniques Useless?

I find more and more Shorts or express tutorial videos with techniques that are certainly aesthetic but have little to no proof of effectiveness in competitions. It seems that we even find ourselves in dojos with instructors who want to sell techniques that are a bit sexier than a kneecut, a K-guard, or others.

So, the same thing happens as in martial arts that do not involve opposition or are sometimes too focused on self-defense theory—techniques that may look cool for the Tori (the one who applies the technique) but do not meet opposition in the case of an Uke (the one who receives it).

For years, BJJ practitioners have enjoyed exposing bullshido, martial arts that promote improbable and ineffective techniques in a phase of opposition. And certainly, due to the competition on social media, to create buzz and be seen, they aim to showcase techniques with low success rates but that look good on camera.

Today, there is a generation of incredible young practitioners who learn with online tutorials. Josef Chen from the B Team is proof of this. And if the teaching of Jiu-Jitsu is no longer the traditional version of the 90s, and fighters have become athletes with a vastly expanded game based on physical abilities, there are still fundamental techniques and tactics to know.

Creating or discovering new techniques is one of the great things about BJJ and Grappling in general. Paradoxically, in recent years, fighters who are increasingly complete and polymorphic in their fighting styles also revert to fundamental techniques to address new trends.

It is fortunate to be able to find tutorials on the same technique with different perspectives and subtleties online. However, we must not fall into the world of mythos techniques that, while they may bring attention to their authors for a while, could harm the credibility of our styles in the future. Already, with the double pull, we look like jokers 🙂

bjj #lutalivre #youtube #onlinetechniques #tutorial #mythojitsu #exaggeration #buzz #clickbait

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Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #227 : Le combat, un chemin vers la découverte des autres.

J’ai une vision complètement biaisée de la vie, comme quoi cette dernière est constamment une lutte. Tout demande de la confrontation et je suis bien loin d’être sur la voie de O Sensei, en me sentant en lien, en communion avec le grand tout. Ça viendra peut-être, mais je n’ai pas l’impression que ce soit le cas avec les années qui se succèdent. Pas de chance, je n’aurai pas un Satori au milieu d’un combat qui me ferait tout comprendre 🙂

Le fait de passer une grande, voire la majeure partie de ma vie dans un dojo, m’a fait rencontrer de nombreuses personnes, et beaucoup sont devenus des amis incroyables. Je me demandais ce qui, pour moi, apportait cela. Initialement, les salles de sport de combat, ce n’est pas Fitness Park : on n’est pas là pour papoter, prendre des minutes de récupération.

J’ai encore une vision très stricte du karaté dans ma façon de pratiquer, ce qui signifie qu’on ne parle pas, on s’exerce. On peut s’interroger pendant les techniques, mais sinon, silence. Ce ne sont donc pas les débats d’idées exaltées qui font que nous accrochons avec l’autre. Certes, il y a le post-training où, en plus dans ma salle, on peut rester à s’étirer et papoter, mais là encore, le quotidien reprend son rythme et beaucoup partent à la douche et s’envolent.

Il reste donc l’échange en pratique, et je pense plus précisément au combat. Comme je le partage depuis longtemps, le combat (avec mon point de vue biaisé) est la plus pure des discussions. Dans la façon de combattre de nos partenaires, nous apprenons ce qu’ils sont, leur agressivité, leur intention ou l’attention qu’ils portent.

Il y a une accroche ou un rejet qui se fait. Un échange sans mots, sans artifices, parce que les coups ou les luttes nous brisent tous les masques, et plus encore quand nous sommes dans un stress intense, par exemple quand nous nous faisons complètement étrangler ou secouer dans tous les sens. Nous y démontrons nos ombres comme nos lumières.

C’est quand on est dans le stress, sous pression et sans les codes sociaux imposés que nous pouvons voir ce que l’autre est (théorie totalement personnelle). Du coup, subconsciemment, il y a des personnes avec qui on accroche et d’autres avec qui nous resterons plus à distance.

Ces confrontations, ces dialogues nous donnent envie par la suite d’aller découvrir le verbal, puis l’ensemble des strates socio-éducatives de nos partenaires. Mais au fond, on sait que ce sont juste des informations secondaires : sa réaction au stress du combat nous ayant déjà dévoilé beaucoup.

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Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

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Martial Reflections of a Hypnofighter #227: Combat, a Path to Discovering Others

I have a completely biased view of life, thinking it is constantly a struggle. Everything demands confrontation, and I am far from being on the path of O Sensei, feeling in tune, in communion with the greater whole. It might come one day, but I don’t feel that’s the case as the years go by. No luck, I won’t have a Satori in the middle of a fight that will make me understand everything 🙂

Spending a large, even the major part of my life in a dojo, has made me meet many people, and many have become incredible friends. I wondered what, for me, brought this about. Initially, combat sports gyms are not Fitness Park: we are not there to chat or take recovery breaks.

I still have a very strict karate vision in my way of practicing, which means we don’t talk, we practice. We can question techniques, but otherwise, silence. It’s not the lively debates that make us connect with each other. Sure, there’s the post-training where, in my gym, we can stay to stretch and chat, but again, everyday life resumes, and many head to the shower and leave.

So, what remains is the exchange in practice, and I think more specifically, in combat. As I have shared for a long time, combat (with my biased point of view) is the purest of discussions. In the way our partners fight, we learn who they are, their aggressiveness, their intention, or the attention they give.

There is a connection or a rejection that happens. An exchange without words, without artifice, because the blows or struggles break all our masks, especially when we are under intense stress, for example, when we are completely choked or shaken in every direction. We reveal our shadows as well as our lights.

It’s when we are under stress, under pressure, and without imposed social codes that we can see what the other person is (totally personal theory). Thus, subconsciously, there are people we connect with and others we will keep at a distance.

These confrontations, these dialogues, make us want to discover the verbal aspect afterward, and then all the socio-educational layers of our partners. But deep down, we know these are just secondary information: their reaction to the stress of combat has already revealed a lot to us.

combat #friendship #discovery #discussion #exchange #sharing #mask #education

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Be One,

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #226 : La Luta Livre et son combat perdu

J’adore la Luta Livre. C’est amusant, car dans la communauté du Jiujitsu, on me dit souvent que je ne suis pas un pro BJJ parce que je suis trop dans l’esprit Luta Livre. J’aime autant les deux systèmes, mais je trouve que la Luta Livre est plus cohérente avec ma vision martiale. Le Jiujitsu actuel est devenu très sportif et peut manquer d’efficacité dans des confrontations interstyles.

Gordon Ryan faisait une excellente remarque dans un podcast : la nouvelle ère du Nogi (BJJ, Luta, Grappling) s’axe sur deux évolutions majeures, les clés de jambes et la lutte debout. Cependant, cette dernière n’est pas réellement de la lutte olympique ou gréco-romaine, ni même du Judo ou du Sambo, mais une forme hybride qui mélange les amenées au sol et le tirage.

Il est vrai que dans la facette sportive, la qualité de l’amenée au sol n’est pas prioritaire. L’objectif n’est pas de mettre un adversaire à plat dos avec intensité, mais simplement d’entraîner le combat au sol et de le maintenir dans cette dimension, ce qui est très différent des luttes où avoir le dos au sol est synonyme d’échec.

Aujourd’hui, nous avons un travail debout spécifique, et c’est là le premier échec de la Luta Livre. Comme je vous l’avais partagé dans cet article : https://www.passioncombat.net/2024/04/reflexions-martiales-dun-hypnofighter_28.html,la Luta Livre est née du catch wrestling et mettait un gros focus sur le combat debout. Malheureusement, ils n’ont pas pu offrir l’évolution actuelle, à part peut-être les guillotines à la volée.

Le deuxième échec concerne les clés de jambes. Comment se fait-il que les gens aient dû attendre Dean Lister et surtout John Danaher alors que les lutadors en avaient fait leur spécialité? Le Jiujitsu, qui considérait les attaques de jambes comme les clés du pauvre et empêchait le travail en passage de garde, a pu ralentir son étude et son affinage, mais cela reste un jiujitsuka qui a propulsé ce domaine à un tout autre niveau.

Que faisaient les pratiquants de Luta Livre pendant des décennies, à part maintenir des techniques de catch wrestling des années 1920, inefficaces sans un physique de colosse?

C’est dommage pour le travail des passionnés de Luta Livre comme Flavio Santiago, dit Peroba, et Nicolas Renier, qui ont tenté de développer la discipline. Aujourd’hui, on ne peut plus vraiment différencier un bjjiste d’un lutador, à part que ce dernier peut parfois être moins bon sur les deux points qui auraient dû être sa spécialité.

Victoire absolue du BJJ sur la Luta, mais ce qui est cool, c’est que le Grappling a atteint un niveau incroyable.

LutaLivre #BJJ #Nogi #Leglocks #Takedown #NicolasRenier #FlavioPeroba #NRFight #FSteam

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #226: Luta Livre and Its Lost Battle

I love Luta Livre. It’s amusing because in the Jiujitsu community, I’m often told that I’m not a pro BJJ because I’m too much in the spirit of Luta Livre. I love both systems equally, but I find that Luta Livre aligns more coherently with my martial vision. Modern Jiujitsu has become very sport-oriented and can lack effectiveness in interstyle confrontations.

Gordon Ryan made an excellent point in a podcast: the new era of Nogi (BJJ, Luta, Grappling) focuses on two major evolutions—leg locks and stand-up wrestling. However, this stand-up is not really Olympic or Greco-Roman wrestling, nor even Judo or Sambo, but a hybrid form that blends takedowns and pulling.

It’s true that in the sport aspect, the quality of the takedown is not a priority. The goal is not to pin an opponent flat on their back with intensity but simply to bring the fight to the ground and maintain it in that dimension, which is very different from wrestling styles where having your back on the ground signifies failure.

Today, we have specific stand-up work, and this is the first failure of Luta Livre. As I shared in this article, Luta Livre was born from catch wrestling and placed a big focus on stand-up fighting. Unfortunately, they couldn’t offer the current evolution, except maybe the flying guillotines.

The second failure concerns leg locks. How is it that people had to wait for Dean Lister and especially John Danaher when the lutadors had made it their specialty? Jiujitsu, which considered leg attacks as the poor man’s keys and prevented work in guard passing, may have slowed its study and refinement, but it remains a jiujitsuka who propelled this field to a whole new level.

What were the Luta Livre practitioners doing for decades, apart from maintaining catch wrestling techniques from the 1920s that are ineffective without a colossus physique?

It’s a shame for the passionate work of Luta Livre enthusiasts like Flavio Santiago, known as Peroba, and Nicolas Renier, who tried to develop the discipline. Today, you can no longer really differentiate a bjjist from a lutador, except that the latter may sometimes be less good in the two areas that should have been his specialty.

Absolute victory of BJJ over Luta, but what’s cool is that Grappling has reached an incredible level.

LutaLivre #BJJ #Nogi #Leglocks #Takedown #NicolasRenier #FlavioPeroba #NRFight #FSteam

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Be One,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #225 : L’impact des écrans sur la pratique

La télévision et le cinéma sont des vecteurs extraordinaires pour promouvoir les tendances, les idées et les envies. Il est intéressant de voir que lorsque les films Yip Man sont sortis, les clubs de Wing Chun ont vu une quantité extraordinaire de nouveaux pratiquants pousser les portes des salles.

De même, nous allons bientôt avoir les JO, et nous savons à quel point le Taekwondo a pu profiter de cette diffusion mondiale pour mettre en avant l’art coréen.

On comprend que le karaté traditionnel a mal pris son exclusion des JO parce que d’un point de vue popularité, les Jeux permettent une mise en lumière rare, et dès la rentrée, les jeunes et moins jeunes veulent découvrir les disciplines de leurs champions.

Pour toute une génération, c’était Bruce Lee qui a passionné des milliers de jeunes, et il est amusant de voir les compétitions de karaté et du début du full contact, pendant lesquelles beaucoup tentaient de reproduire les gestuelles du petit dragon.

J’imagine que quand Niko avec Seagal est sorti, beaucoup de personnes se sont orientées vers l’aïkido parce que les clés étaient incroyablement puissantes et esthétiques. Tout comme Perfect Weapon pour le Kenpo Américain, avec Jeff Speakman ou Only the Strong avec Dacascos qui mettait en avant la Capoeira.

Aujourd’hui, les vidéos sur les réseaux sociaux peuvent facilement avoir le même impact. D’ailleurs, que ce soit pour le MMA mais aussi pour la boxe à main nue avec le BKFC, ces disciplines ont pu créer du buzz et attirer des spectateurs dans un premier temps, puis des personnes curieuses de se plonger dans ces systèmes de combat après. Quand on voit à quel point l’UFC scénarise à la façon du pro wrestling de la WWE (ils sont maintenant dans le même groupe), on peut encore constater l’impact des écrans sur les pratiques.

Les TV, le cinéma ou les réseaux sont aujourd’hui les lieux de diffusion des disciplines. Si une discipline n’est pas vue, beaucoup de futurs pratiquants passeront peut-être à côté d’une discipline qui aurait pu être la passion de leur vie. C’est difficile pour de nombreux styles plus traditionnels, parfois au look un peu austère, de réussir à se vendre de cette façon.

Parfois, l’ego et la fierté d’un style partagé de génération en génération risquent de disparaître parce qu’il n’y aura pas assez de pratiquants pour trouver un successeur. L’ère du temps est à la promotion vidéo, comme l’avait compris en 1975 Mas Oyama avec son film sur les championnats du monde, qui a été pendant quelques semaines dans le top des films au cinéma au Japon.

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Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #225: The Impact of Screens on Practice

Television and cinema are extraordinary vectors for promoting trends, ideas, and desires. It is interesting to see that when the Yip Man films were released, Wing Chun clubs saw an extraordinary number of new practitioners coming through their doors.

Similarly, we will soon have the Olympics, and we know how much Taekwondo has benefited from this worldwide exposure to highlight the Korean art.

It is understandable that traditional karate took its exclusion from the Olympics badly because, from a popularity standpoint, the Games allow for rare exposure, and come fall, young and old alike want to discover the disciplines of their champions.

For an entire generation, it was Bruce Lee who inspired thousands of young people, and it is amusing to see karate competitions and the early days of full contact, during which many tried to reproduce the moves of the little dragon.

I imagine that when « Above the Law » with Seagal came out, many people turned to Aikido because the techniques were incredibly powerful and aesthetic. Similarly, « The Perfect Weapon » for American Kenpo with Jeff Speakman or « Only the Strong » with Dacascos which highlighted Capoeira.

Today, videos on social networks can easily have the same impact. Whether it is MMA or bare-knuckle boxing with BKFC, these disciplines have been able to create buzz and attract spectators at first, then people curious to delve into these combat systems afterward. When we see how much the UFC dramatizes like WWE pro wrestling (they are now in the same group), we can still see the impact of screens on practices.

TV, cinema, or social networks are today the places to broadcast disciplines. If a discipline is not seen, many future practitioners might miss out on a discipline that could have been the passion of their lives. It is difficult for many more traditional styles, sometimes with a somewhat austere look, to market themselves in this way.

Sometimes, the ego and pride of a style shared from generation to generation risk disappearing because there will not be enough practitioners to find a successor. The era is now about video promotion, as Mas Oyama understood in 1975 with his film on the world championships, which was in the top movies in cinemas in Japan for a few weeks.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #224 : Le combat et le mouvement

Qu’est-ce qui vous marque quand vous voyez un bon match de boxe anglaise ou de judo ? La plupart du temps, c’est la mobilité et la subtilité des temps, des déséquilibres ou la capacité à anticiper. Pour ne pas se retrouver sur le chemin de la frappe, pour anticiper la projection ou la clé. Le combat est rarement statique, en mode bloc.

Je vous avais partagé l’idée que les règles IKO de Kyokushin ont fait évoluer ce que nous avions connu pendant des décennies, donnant une forme plus mobile d’un karaté qui ressemblait à deux blocs immobiles se frappant l’un l’autre avec l’état d’esprit de celui qui craquera le premier.

Ce qui est intéressant, comme en Boxe Française ou dans les styles traditionnels chinois ou japonais, ce sont les esquives, les tai sabaki, tout ce qui évite de rester figé. Paradoxalement, dans certains styles de karaté japonais ou de Silat, on travaille avec des postures très basses. On le voit aussi dans les wushu où, entre le nord et le sud, on peut se retrouver avec des postures très basses en mode Mante religieuse (tanglang quan) ou celles du Wing Chun qui sont plutôt hautes.

Il est dit que c’est en fonction des zones géographiques que les combattants ont dû s’adapter. Néanmoins, dans les faits d’affronter et non pas dans les lanka, kata ou tao, il y a très rarement l’utilisation de ces postures et de cette “stabilité” pour remettre en place des positions qui permettent facilement le déplacement.

Le manque de mouvement, de fluidité, et la rigidité sont la “mort” du combattant. Regardez la souplesse de nos vieux sensei en kendo, un style où les affrontements se font à pleine puissance ; nous voyons les très anciens compenser la vitesse des jeunes par la maîtrise des rythmes et un jeu de relâchement-tension qui offre des mouvements d’une justesse extraordinaire.

Le problème que nous avons ou aurons tous est l’âge, qui va pour différentes raisons limiter les mouvements si nous ne cherchons pas à développer et maintenir cette compétence. En jiu-jitsu, j’entends souvent les copains parler de la “force des vieux” : ils prennent le gi et tout se fige. Cela permet de “contrôler” l’explosivité des jeunes et leurs mouvements illimités.

Pourtant, au-delà des nombreuses blessures liées aux milliers de combats de ces pratiquants, plus que de gagner ou plutôt de ne pas perdre un combat face à la nouvelle génération, il est préférable de chercher à rester dans un mouvement… en somme, de rester dans la vie.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #224: Combat and Movement

What stands out to you when you watch a good boxing or judo match? Most of the time, it’s the mobility and the subtlety of timing, the imbalances, and the ability to anticipate. It’s about not being in the path of a strike, anticipating a throw or a lock. Combat is rarely without movement, never in a static mode.

I had shared with you the idea that the IKO Kyokushin rules evolved what we had known for decades, giving a more mobile form to karate that once looked like two immovable blocks hitting each other with the mindset of « who will crack first. »

However, what’s interesting in styles like French Boxing or traditional Chinese or Japanese styles are the evasions, the tai sabaki, everything that avoids staying static. Paradoxically, in some styles of karate or Silat, there is work with very low postures. We also see this in wushu, where between the north and south, you can find very low postures in Praying Mantis style (tanglang quan) or the higher postures of Wing Chun.

It is said that this is due to geographical zones where fighters had to adapt. However, in actual combat, not in the lanka, kata, or tao, these postures and this « stability » are rarely used to reset positions that can easily allow movement.

Lack of movement, lack of fluidity, and rigidity are the « death » of a fighter. Look at the flexibility of our old sensei in kendo, a style where confrontations are full power; we see the very old ones compensating for the speed of the young by mastering rhythms and a play of relaxation-tension that offers extraordinarily precise movements.

The problem we all have or will have is age, which, for various reasons, will limit movement if we do not seek to develop and maintain this skill. In jiu-jitsu, I often hear friends talk about the « old man’s strength »: they grab your gi, and everything freezes. This allows them to « control » the explosiveness of the young and their unlimited movements.

Yet, beyond the numerous injuries related to the thousands of fights these practitioners have, more than winning or rather not losing a fight against the new generation, it is preferable to seek to stay in movement… in short, to stay alive.

Be One,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #223 : La difficulté de la tradition

Dans les arts martiaux, il y a souvent un discours orienté vers le passé, un respect envers les anciens qui peut parfois être bénéfique, mais qui peut tout autant freiner le développement du système. Par exemple, depuis la forme de Shaolin du Wushu, nous avons évolué vers des styles aussi spécifiques que le Wing Chun.

À quand remonte la tradition ? Au Xi Yi Chuan, au Yi Chuan de Wang Xiangzhai ou au Taikiken de Sawai ? Devons-nous considérer Carlos Gracie comme le fondateur de la forme traditionnelle du Jiujitsu brésilien ou Maeda qui lui a enseigné ? Mais ce dernier représentait le Kodokan Judo. Se pourrait-il que la tradition du Jiujitsu brésilien soit en réalité la forme japonaise ?

En Kyokushin, lorsqu’on parle de tradition, met-on en avant le travail de Mas Oyama ou doit-on remonter au Goju ryu de Yamaguchi Sensei, voire à la forme d’Okinawa de Miyagi Chojun ?

Au-delà de l’origine de la tradition, nous voyons que nous respectons souvent le style, l’école comme étant traditionnels, mais en réalité ce que les fondateurs ont créé n’était pas traditionnel, c’était une évolution. Pour Ueshiba, l’Aikido n’était pas du Daito ryu Aikijutsu, ainsi il devient un non-traditionaliste…

Quand on dit aux élèves dans une forme ou un kata de faire tel ou tel mouvement parce que c’est “traditionnellement” comme ça qu’on le fait, de quoi parle-t-on ? De qui parle-t-on ?

Il est important d’avoir de la gratitude envers nos anciens qui ont partagé leurs compréhensions, mais nous ne devons surtout pas nous enfermer dans telle ou telle forme. Il est facile de revenir sur le passé comme une figure d’autorité sur la justesse de ce qui est enseigné, mais comme je vous l’ai déjà partagé, s’il y avait une forme juste, nous n’aurions pas autant de différences sur des katas communs aux différents styles.

Si nous souhaitons suivre une lignée, il est important de connaître ce qui a été fait, mais les façons de combattre évoluent. Il est donc crucial que les nouvelles générations repensent les fondamentaux pour offrir des outils qui correspondent aux besoins actuels.

#karate #jiujitsu #MMA #tradition #modernisme #difficulté #yichuan #taikiken

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #223: The Difficulty of Tradition

In martial arts, there is often a discourse oriented towards the past, a respect for the elders that can sometimes be beneficial but can also hinder the development of the system. For example, from the Shaolin form of Wushu, we have evolved to styles as specific as Wing Chun.

To when does tradition date back? To Xi Yi Chuan, to Yi Chuan by Wang Xiangzhai, or to Taikiken by Sawai? Should we consider Carlos Gracie as the founder of the traditional form of Brazilian Jiu-Jitsu or Maeda, who taught him? But the latter represented Kodokan Judo. Could it be that the tradition of Brazilian Jiu-Jitsu is, in reality, the Japanese form?

In Kyokushin, when we talk about tradition, do we highlight the work of Mas Oyama, or should we go back to the Goju Ryu of Yamaguchi Sensei, or even further to the Okinawan form of Miyagi Chojun?

Beyond the origin of the tradition, we see that we often respect the style, the school as traditional, but in reality, what the founders created was not traditional; it was an evolution. For Ueshiba, Aikido was not Daito Ryu Aikijutsu, so he becomes a non-traditionalist…

When we tell students in a form or kata to perform a particular movement because that’s « traditionally » how it is done, what are we talking about? Whom are we talking about?

We can genuinely have gratitude towards our elders who shared their understandings, but we must not lock ourselves into any particular form. It is easy to refer to the past as an authority on the correctness of what is taught, but as I have already shared with you, if there were a correct form, we would not have so many differences in common katas across different styles.

If we wish to follow a lineage, it is important to know what has been done, but the ways of fighting evolve. Therefore, it is crucial for new generations to rethink the fundamentals to offer tools that meet current needs.

#karate #jiujitsu #MMA #tradition #modernism #difficulty #yichuan #taikiken

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #219 : Le Karaté Okinawaïen, un style de grappling ?

Je fais une différence entre le karaté japonais et celui d’Okinawa. Que ce soit pendant des stages ou grâce aux vidéos, je trouve que la facette assez typique des Ryūkyū est l’aspect self-défense. Quand je regarde les bunkai ou les ippon kumite, il y a certes des frappes que nous connaissons bien, mais également une très grande majorité de saisies.

Que ce soit en Uechi, en Goju, en Shorin ou autre, il y a des prises de bras, de doigts, voire une recherche de grip pour projeter. Il est vrai que si vous avez déjà vécu des affrontements de rue, les saisies se font rapidement. Il est donc normal que les pratiques incluent ces situations.

Cependant, ce qui m’étonne de plus en plus, même chez des hauts gradés, c’est de voir à quel point, bien que les notions soient un mélange de trapping et de grappling, elles sont très rarement maîtrisées. Je sais que cela peut paraître étonnant, mais j’ai l’impression qu’il manque dans le karaté les principes de kuzushi.

Il est certain que percuter après une saisie va modifier le centre de gravité et l’équilibre de l’opposant, mais pour projeter ou exploiter au mieux vers une clé, on va utiliser une quantité de force pour un minimum d’efficacité. Comme le montrent le judo et la lutte, le travail d’exploitation des déséquilibres et des temps que cela offre est très difficile à mettre en place.

Pourquoi le karaté d’Okinawa, qui utilise tellement les saisies et les amenées au sol, n’a-t-il pas développé un système technique plus qualitatif dans ces différents aspects ? Est-ce parce qu’il y a trop de travail en solo (depuis Itosu), de kihon et de kata, plutôt que des travaux à deux dans lesquels les phases de mouvements offrent une meilleure compréhension de soi dans une opposition et des réactions de l’autre ?

Si la notion de percussion permettant des projections ou des amenées au sol était fonctionnelle, on aurait un taux de takedown plus important en MMA, où la plupart ont quand même un background de lutte. De même, penser qu’une saisie suivie d’une percussion pourrait mettre KO est assez illusoire, sinon chaque fois qu’on saisit un bras, comme en Muay Thaï (avec de petits gants), nous devrions avoir une grosse statistique de KO, ce qui n’est pas une réalité.

J’adore le karaté et je pense qu’un sensei ayant une expérience et une compréhension du judo, de la lutte ou même de l’aïkido peut vraiment offrir à ses élèves une logique effective des fondamentaux du karaté.

#karate #judo #lutte #frappe #déséquilibre #kuzushi #karateokinawa

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #219: Okinawan Karate, a Grappling Style?

I make a distinction between Japanese karate and Okinawan karate. Whether during training camps or through videos, I find that a typical aspect of the Ryūkyū style is its emphasis on self-defense. When I look at bunkai or ippon kumite, there are indeed strikes that we are familiar with, but also a very large majority of grappling techniques.

Whether in Uechi, Goju, Shorin, or others, there are arm holds, finger holds, and even grips intended for throwing. It is true that if you have ever experienced street fights, grappling happens quickly. It is therefore normal that these practices include such situations.

However, what increasingly surprises me, even among high-ranking practitioners, is seeing how, although the concepts are a mix of trapping and grappling, they are very rarely mastered. I know this may seem surprising, but I feel that karate lacks the principles of kuzushi.

It is certain that striking after a grapple will modify the opponent’s center of gravity and balance, but to throw or effectively exploit towards a lock, a significant amount of force is used for minimal efficiency. As shown in judo and wrestling, the work of exploiting imbalances and the opportunities they offer is very difficult to implement.

Why has Okinawan karate, which uses grappling and takedowns so much, not developed a more qualitative technical system in these aspects? Is it because there is too much solo work (since Itosu), kihon, and kata, rather than two-person drills where the phases of movement offer a better understanding of oneself in an opposition and the reactions of the other?

If the notion of striking allowing for throws or takedowns were functional, we would see a higher takedown rate in MMA, where most practitioners still have a wrestling background. Similarly, thinking that a grapple followed by a strike could knock out an opponent is quite illusory; otherwise, every time we grapple an arm, like in Muay Thai (with small gloves), we should see a high KO statistic, which is not the reality.

I love karate and I think a sensei with experience and understanding of judo, wrestling, or even aikido can really offer their students an effective logic of karate fundamentals.

#karate #judo #wrestling #striking #imbalance #kuzushi #okinawankarate

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #218 : L’importance du souffle dans le combat

Nous savons que le souffle et la respiration sont des éléments essentiels dans le monde des arts martiaux. Certaines écoles, comme le Systema, ont particulièrement approfondi cet aspect. On peut l’observer dans les kata et les tao, dont certains sont même nommés « respiratoires ».

Il est d’ailleurs étonnant de constater que dans le karaté d’Okinawa, un même kata comme Sanchin ou Tensho peut avoir un rythme respiratoire différent selon qu’il est pratiqué dans le Uechi-ryu ou le Goju-ryu. La respiration est également fondamentale sur le plan cardio, pour être capable de tenir lors des randoris ou des matchs, surtout pour ceux qui s’orientent vers la facette sportive de nos disciplines..

Si nous ne sommes pas capables de tenir un round, imaginez dans quel état nous serions en cas d’agression, lorsque notre système sympathique s’emballe. Quand nous ne sommes pas « chauds » et que nous devons exploser, il arrive qu’en quelques secondes nous soyons à plat.

Il y a aussi la respiration sous pression, que vous connaissez si vous avez déjà pratiqué la lutte ou le judo au sol, quand un adversaire vous écrase, vous maintient, et que la panique de ne plus pouvoir respirer vous obsède et vous étouffe. Sans le souffle, nous n’avons aucune chance de combattre.

Dans les frappes, cette expiration puissante associée à la percussion est reconnaissable et particulièrement utile pour passer de la détente à la tension. Il y a sa variante avec le Kiai, qui permet aussi de se concentrer sur l’explosivité de son mouvement.

Respirer est naturel et pourtant, nous devons apprendre à l’utiliser, que ce soit pour blesser, contrôler ou encaisser. Tous les systèmes de contact apprennent inconsciemment à absorber en associant le mouvement à une expiration.

Nous avons tout un pan de découverte et d’étude à mettre en place sur le souffle, que ce soit le Kokyu des pratiquants d’aïkido ou le style de souffle du feu du Systema. Associer notre démarche martiale à une attention particulière à la respiration peut être une porte d’entrée vers le travail interne.

Et vous, comment le travaillez-vous dans votre académie ?

#respiration #combat #artsmartiaux #souffle #absorption

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #218: The Importance of Breath in Combat

We know that breath and breathing are essential elements in the world of martial arts. Some schools, like Systema, have particularly delved into this aspect. This can be observed in the katas and taos, some of which are even named « respiratory. »

It is indeed surprising to note that in Okinawan karate, the same kata, such as Sanchin or Tensho, can have different breathing rhythms depending on whether it is practiced in Uechi-ryu or Goju-ryu. Breathing is also fundamental for cardio, to be able to endure randoris or matches, especially for those leaning towards the sporting facet of our disciplines.

If we are not capable of lasting a round, imagine the state we would be in during an aggression, when our sympathetic system goes into overdrive. When we are not « warmed up » and need to explode, it can happen that within seconds we are spent.

There is also breathing under pressure, which you know if you have ever practiced ground wrestling or judo, when an opponent crushes you, holds you down, and the panic of not being able to breathe obsesses and stifles you. Without breath, we have no chance of fighting.

In strikes, this powerful exhalation associated with percussion is recognizable and particularly useful for transitioning from relaxation to tension. There is its variant with the Kiai, which also helps focus on the explosiveness of the movement.

Breathing is natural, yet we must learn to use it, whether to harm, control, or endure. All contact systems unconsciously learn to absorb by associating movement with an exhalation.

We have an entire area of discovery and study to develop on breath, whether it is the Kokyu of aikido practitioners or the fire breath style of Systema. Associating our martial approach with particular attention to breathing can be an entry point towards internal work.

And you, how do you work on it in your academy?

#breathing #combat #martialarts #breath #absorption

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #212 : Les arts martiaux traditionnels vont-ils disparaître ?

J’exagère peut-être ; il existera toujours des passionnés et des professeurs qui réussiront à transmettre la flamme qui les a guidés pendant des décennies. Cependant, dans un monde où de nombreuses personnes cherchent à obtenir rapidement des résultats concrets, les arts martiaux traditionnels, qui ne sont souvent pas uniquement axés sur le combat physique mais aussi sur la lutte intérieure, risquent de perdre encore plus de pratiquants.

Dans ma propre académie, il y a quelques années, des styles plus traditionnels tels que le Silat, le Ninpo, le Wing Chun et le Kenpo étaient enseignés. Aujourd’hui, les cours sont principalement divisés entre MMA, différentes formes de boxe, du boxing fit et d’autres arts martiaux modernes. Il reste du Kyokushin et le Taekwondo, qui attire surtout les enfants.

Les investisseurs se détournent de la logique martiale classique. Trop rigide, trop stricte, peu attrayante et souvent jugée inefficace par rapport aux sports de combat qui offrent des résultats pragmatiques et rapides. Les tenues traditionnelles ne sont pas aussi bien mises en valeur que les shorts de dernière génération portés par des champions, ou les vêtements en lycra compressif qui mettent en avant la musculature des pratiquants.

Lorsque je parle avec des sensei de styles anciens, ils confirment que leurs méthodes perdent du terrain ces dernières années, influencées par l’impact du MMA et des styles de grappling. Cela a revitalisé certains aspects de la lutte, longtemps négligés.

Aux États-Unis, le phénomène des arts martiaux modernes se manifeste aussi dans le monde des affaires. Nombre de PDG et de membres de conseils d’administration, ainsi que des acteurs, aiment mettre en avant leur pratique du Jiujitsu et parfois du MMA.

Il reste peut-être un « marché » pour le traditionnel, ce qui est pour moi essentiel pour l’avenir, surtout pour les enfants et les jeunes. De nombreux pratiquants de MMA ou de boxe me disent qu’ils hésiteraient à inscrire leurs enfants dans ces styles intenses qui pourraient les blesser.

Ils préfèrent les orienter vers des styles plus traditionnels, pour la discipline et l’apprentissage de bases physiques et philosophiques, avant de passer éventuellement aux sports de combat modernes à l’âge adulte. Il me semble que le Kyokushin et les karatés avec KO sont particulièrement adaptés aux jeunes, avec des règles maximisant leur protection.

Pour moi, les styles traditionnels sont passionnants, surtout après quelques années de pratique, car nous pouvons alors discuter de concepts anciens, excellents et possiblement adaptables à une vision sportive, ou simplement à une recherche de compréhension de l’art du combat sous toutes ses facettes.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #212: Will Traditional Martial Arts Disappear?

Perhaps I’m exaggerating; there will always be enthusiasts and teachers who manage to pass on the passion that has guided them for decades. However, in a world where many people seek quick, tangible results, traditional martial arts, which often focus not only on physical combat but also on battling one’s inner shadows, risk losing even more practitioners.

In my own academy, a few years ago, more traditional styles like Silat, Ninpo, Wing Chun, and Kenpo were taught. Today, the classes are mainly divided between MMA, various forms of boxing, boxing fit, and other modern martial arts. Kyokushin remains, and Taekwondo mainly attracts children.

Investors are moving away from classic martial logic. Too rigid, too strict, not very appealing, and often perceived as ineffective compared to combat sports that offer pragmatic and quick results. Traditional outfits are not marketed as well as the latest generation shorts worn by champions, or the compressive lycra clothing that highlights the muscles of the practitioners.

When I speak with sensei from ancient styles, they confirm that their methods have been losing ground in recent years, influenced by the impact of MMA and grappling styles. This has revitalized certain aspects of wrestling, which had been neglected for years.

In the United States, the phenomenon of modern martial arts is also apparent in the business world. Many CEOs and board members, as well as actors, like to showcase their practice of Jiujitsu and sometimes MMA.

There may still be a « market » for the traditional, which to me is crucial for the future, especially for children and youth. Many MMA or boxing practitioners tell me they would hesitate to enroll their children in these intense styles that could injure them.

They prefer to place them in more traditional styles, for discipline and the learning of physical and philosophical foundations, before potentially moving on to modern combat sports as young adults. It seems to me that Kyokushin and karates with KO are particularly suitable for young people, with rules that protect them as much as possible.

For me, traditional styles are exciting, especially after a few years of practice, because we can then discuss excellent ancient concepts, possibly adaptable to a sporting vision or simply a pursuit of understanding the art of combat in all its facets.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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