Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #130 : La lutte Greco-Romaine, une Invention Française

Dans le numéro précédent, je soulignais la richesse du patrimoine martial français, illustrée par des disciplines telles que la boxe et la canne. Les réactions à mon dernier article ont été un réel plaisir à lire. Je vous invite à visiter ce site (https://artsmartiauxfrancais.blogspot.com) où les passionnés partagent leurs connaissances.

Notre patrimoine technique a vu le développement d’un style reconnu internationalement dans les sports de combat : la lutte Greco-romaine. Bien que portant ce nom, elle s’inspire largement de la lutte parisienne et d’autres variantes régionales.

J’ai déjà évoqué l’impact du marketing dans les arts martiaux, comme le Kyokushin popularisé par un manga, ou le Gracie Jiujitsu, propulsé par les vidéos et l’UFC. En France, nous avons également participé à des guerres d’influence culturelle et politique, en créant un sport national intégré dès les premiers Jeux Olympiques modernes de 1896.

Ce lien avec l’Antiquité conférait un prestige certain à la lutte, perçue comme la discipline de la force par excellence, et suggérait une forme de prise de pouvoir. La lutte Greco-romaine est en quelque sorte notre Sambo national. Malheureusement, pour faciliter son acceptation internationale, ses racines culturelles hexagonales ont été occultées.

Comme je l’ai déjà mentionné, il est regrettable que la lutte ait acquis une image négative, souvent associée aux foires et à des individus peu recommandables. Cette réputation a détourné les Français, autrefois amateurs de lutte, vers le Judo, perçu comme moins brut et plus raffiné.

Nous avons ainsi perdu des enseignants et des générations d’athlètes de haut niveau qui se sont tournés vers le Judo. Imaginez si nous avions aujourd’hui une fédération de lutte comptant 600 000 pratiquants ; nous ne serions pas en admiration devant la lutte d’Europe centrale ou des États-Unis, car nous aurions notre propre version française de haut niveau.

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Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #89 : La ceinture noire de Kyokushin : entre mythe et réalité

Ces derniers temps, je m’efforce de dénicher une information que vous avez sûrement déjà lue concernant le shodan de Kyokushinkai. Le passage de grade pour cette ceinture noire est exigeant sur le plan physique et technique. De plus, il est connu pour être assez sélectif de nos jours. 

Cependant, à l’époque d’Oyama, j’ai pu lire que la plupart des pratiquants pouvaient l’obtenir en 2 à 3 ans. Il est à noter, cependant, que la première génération comptait beaucoup de pratiquants d’autres écoles. N’oublions pas que Jon Bluming a obtenu son 6e dan de la part d’Oyama en 1964, soit 7 ans après avoir rejoint le dojo d’Oyama.

Patrick Lombardo, fondateur du Kenpokan et du Pankido, m’a lui-même dit que pour quelqu’un qui s’entraîne régulièrement, 3 à 4 ans n’étaient pas déraisonnables, sachant que c’est vraiment une première étape dans les styles nippons.

Pendant des décennies, j’ai entendu dire qu’à une époque (période difficile à définir), un Shodan de Kyokushin devait également être Shodan en Judo, en Iaido, etc. Eh bien, ce n’est pas le cas. En réalité, c’est Jon Bluming qui avait cette idée, étant lui-même un prodige des arts martiaux. Il semble l’avoir proposée à Oyama, mais sans retour positif.

Cela explique pourquoi le Karate Kyokushin Budokai ressemble davantage à du MMA qu’au pur Kyokushin. Quant au curriculum du Oyama Dojo des années 60-70, il n’est pas vraiment disponible. J’imagine qu’il devait ressembler à ce que l’on trouve aujourd’hui. Cependant, il faut garder à l’esprit que le karaté d’Oyama était assez brut et moins raffiné par rapport aux styles non contact. 

Le Kyokushin recherchait des combattants, et les cours étaient axés sur la préparation physique et des combats intenses. Les techniques de frappe, comme les Shotei, étaient parfois utilisées. Notons que les projections ont presque disparu depuis 1979, lorsque Oyama a décidé en demi-finale, lors du combat entre Willie Williams et Senpei, de les interdire. 

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be One 

Pank 

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #67 : Frapper là où ça fait mal.

Ce week-end, un événement UFC a eu lieu, mettant en vedette Chris Weidman, un ancien champion de sa catégorie, de retour après une grave blessure. Son adversaire, Brad Tavares, n’a pas hésité à cibler la zone où Chris avait été blessé, tout au long du combat. De même, Ian Garry a ciblé et endommagé le mollet de Magny.

Je suis souvent fasciné par les réactions des spectateurs lorsque quelqu’un insiste sur une faiblesse de son adversaire. Dans le monde des sports de combat, les réactions sont souvent surprenantes. Des critiques peuvent fuser, affirmant que cibler une faiblesse n’est pas éthique.

Cependant, que ce soit dans un combat sportif ou dans un contexte urbain, l’objectif ultime est la victoire, avec le moins de blessures possibles. Garder cela à l’esprit est crucial. Beaucoup pensent que les combattants devraient avoir un code d’honneur chevaleresque. Pourtant, si les deux parties sont d’accord pour engager le combat, toutes les stratégies sont permises.

Je me souviens d’une erreur que j’ai commise lors d’un combat de Pankido lors d’un salon d’arts martiaux. J’affrontais un adversaire avec un bandage au poignet. J’ai pensé que cela devrait être pris en compte, et pendant une phase au sol, j’ai commencé à attaquer son poignet violemment, avant de m’arrêter en réalisant que ce n’était pas sportif. En fin de compte, j’ai perdu peu de temps après.

Mon adversaire m’a dit par la suite que j’aurais dû continuer, étant donné qu’il était blessé et n’aurait pas dû porter un bandage peu pratique pendant le combat. Il est crucial d’exploiter toutes les faiblesses pour atteindre la victoire. Bien sûr, dans le MMA-catch, le spectacle est important.

Le public a tendance à moins apprécier si ce n’est pas visuellement impressionnant, mais s’il y a du sang, alors l’enthousiasme monte, et l’appétit pour le spectacle sanglant augmente. Nous avons tous déjà vu des combattants couverts de sang à cause d’une coupure ou d’un nez cassé.

Chercher et exploiter les faiblesses de l’adversaire est une stratégie clé en jiu-jitsu, consistant à imposer son propre jeu et à cibler les zones où l’adversaire a du mal à se défendre. Cela crée des moments cruciaux chez les athlètes de haut niveau, où chacun évalue l’autre. O’Malley, par exemple, a su capitaliser sur une erreur fréquente de son adversaire en utilisant une contre-attaque qu’il avait travaillée en salle d’entraînement.

Personne n’est excellent dans tous les domaines, et même lorsque certains combattants semblent invincibles, il y a toujours un adversaire parfaitement adapté pour exploiter leurs faiblesses. Et si ce n’est pas un adversaire, c’est souvent un adversaire imbattable : le temps.

Et vous, comment identifiez-vous les points faibles de vos adversaires ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #28 : Le sol en combat

Nous apprécions nos styles de préhension et nous savons qu’ils sont efficaces lors de combats libres et en défense urbaine contre des novices. Cependant, nous pouvons rapidement nous retrouver dans des situations bloquées avec une grande rétention lorsque le gi est impliqué.

Je n’ai jamais vraiment aimé le gi, même depuis mes débuts. Je venais du Pancrase et je ne comprenais pas l’intérêt d’apprendre à faire des nœuds avec un pyjama pour progresser en combat. Au fil des années, j’ai appris à aimer cet facette pour l’aspect pédagogique du travail en kimono. Cependant, lors des compétitions, je ressens simplement l’envie de frapper le gars qui me maintient dans une position.

J’en ai parlé il y a quelques jours, à un certain âge, le jiu-jitsu peut être réconfortant car le fait de retenir son adversaire permet un contrôle bien plus complexe qu’en Luta ou en MMA. La prise du gi, et surtout les jeux de col ou de manches, empêchent le partenaire de bouger, de s’échapper et parfois même de travailler de manière offensive.

Je crois que c’est à ces moments-là que mon cerveau bloque et ne comprend pas à quoi tout cela sert. Même si Rener Gracie fait des vidéos sur l’utilisation d’un hoodie dans la rue, je ne comprends pas en quoi nous sommes en train de combattre. Nous savons que dès que nous combattons sans gi et avec des frappes, voire même dans les règles de l’EBI, les choses se passent différemment.

Lorsque nous ne sommes pas capables de maintenir un adversaire au sol, c’est la galère, lorsque nous ne parvenons pas à entraîner le partenaire au sol, c’est la galère, et lorsque nous ne pouvons pas saisir correctement ce dernier parce qu’il glisse ou nous tape, c’est la galère. Le jiu-jitsu avec ses saisies et cet accord tacite de ne pas se relever ne correspond à rien dans une réalité de combat. Nous pouvons voir aujourd’hui avec quelle expertise les combattants de MMA parviennent à se relever en utilisant la cage ou simplement en explosant pour changer les dimensions du combat.

Aujourd’hui, je pense que le sol, sans prendre en compte les frappes, est un défaut. Nous devons garder à l’esprit que si nous avons un gi lors de l’exécution des techniques, nous ne pouvons pas laisser nos mains trop disponibles, sinon nous serons sujets à des petites frappes qui, bien qu’elles ne nous mettent pas nécessairement KO, peuvent nous épuiser, nous désorienter et nous blesser. Cette réalité rend de nombreuses techniques en gi caduques.

Même si le patrimoine technique du jiu-jitsu est bien plus vaste que celui de la Luta, le grappling, en raison du manque de grip, est bien plus orienté vers la réalité d’un combat au sol, avec des saisies qui empêchent les frappes et des rythmes qui ressemblent à un combat où certains ne veulent pas rester au sol.

Apprendre à combattre dans le jiu-jitsu sportif actuel n’est pas optimal pour combattre au sol dans des conditions de combat libre. Malgré toutes les qualités développées par le BJJ actuel, il ne forme pas aussi bien que le sambo ou certains styles de grappling des combattants polyvalents. Plus nous devenons techniques en jiu-jitsu sportif dans les années à venir, plus nous risquons de perdre l’efficacité d’un combat au sol performant dans un contexte interstyle.

Travaillez-vous régulièrement avec des frappes au sol ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

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