Réflexions martiales d’un Hypnofighter #505 : Du Catch Wrestling au Pro Wrestling et vers le MMA

Je trouve l’évolution du Catch Wrestling plutôt curieuse. Comme je l’ai partagé dans de précédentes chroniques, pour des raisons financières, à l’instar de la boxe à la même période et partout dans le monde, les lutteurs et « catch wrestlers », mais aussi les Judokas (Kimura) ou Karatékas (Oyama) sont passés par le Pro Wrestling (ce que nous appelons aujourd’hui catch WWE, AEW…).

Si aujourd’hui la grande majorité des catcheurs américains (WWE) sont inaptes au MMA, la situation est différente au Japon. Étrangement, le passage de figures comme Karl Gotch ou Billy Robinson a transformé ce qui n’était qu’un spectacle en une version plus « réaliste » du Pro Wrestling. Mais surtout, trois des plus grandes organisations de MMA des années 2000 au Japon sont nées de catcheurs.

Le ShootWrestling, qui est devenu ShootFighting et Shooto, a été créé par Sayama dès 1988. Il a mis en place un système de compétition de combat libre similaire à ce que nous avons connu sous les règles du Pancrace en France, puis a fondé une organisation professionnelle. En parlant de Pancrace, Funaki et Suzuki, également catcheurs, ont mis en place l’Hybrid Wrestling Pancrase que nous connaissons, avec au départ des matchs déterminés puis, par la suite, une compétition sportive classique. Enfin, Maeda a créé le RINGS, qui a permis à des combattants européens et russes de faire leurs armes.

L’esprit belliqueux du Catch Wrestling a ainsi transcendé la facette spectacle pour redonner naissance à des shows de MMA où le réalisme et l’efficacité primaient. Je pense que ces « Catch Wrestlers », Gotch et Robinson, ont trouvé un écho au Japon pour une philosophie développée à Wigan, au Royaume-Uni, et ce, malgré une culture totalement opposée à la leur.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #505: From Catch Wrestling to Pro Wrestling and Towards MMA

I find the evolution of Catch Wrestling rather peculiar. As I shared in previous columns, for financial reasons, much like boxing during the same period and all over the world, wrestlers and catch wrestlers, but also Judokas (Kimura) or Karatekas (Oyama) transitioned through Pro Wrestling (what we now call WWE, AEW catch…).

While today the vast majority of American wrestlers (WWE) are unfit for MMA, the situation is different in Japan. Strangely, the involvement of figures like Karl Gotch or Billy Robinson transformed what was merely a spectacle into a more « realistic » version of Pro Wrestling. More importantly, three of the biggest MMA organizations of the 2000s in Japan were born from wrestlers.

ShootWrestling, which became ShootFighting and Shooto, was created by Sayama as early as 1988. He established a system of free combat competition similar to what we knew as Pancrase rules in France, then founded a professional organization. Speaking of Pancrase, Funaki and Suzuki, also wrestlers, established the Hybrid Wrestling Pancrase that we know, initially with predetermined matches and later evolving into a classic sports competition. Finally, Maeda created RINGS, which allowed European and Russian fighters to gain experience.

The pugnacious spirit of Catch Wrestling thus transcended the spectacle aspect to revive MMA shows where realism and effectiveness prevailed. I believe that these Catch Wrestlers, Gotch and Robinson, found resonance in Japan for a philosophy developed in Wigan, UK, despite a culture totally opposite to their own.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #502 : Le Pride FC avait tout compris

Est-ce parce qu’ils sont dans un pays où le Pro Wrestling, c’est-à-dire l’art des combats de divertissement, est monnaie courante ? Pour rappel, si nous avons mis en place des combats truqués ou simplement spectaculaires, c’est parce que les acheteurs de spectacles recherchent avant tout un bon moment. Ils n’attendent pas nécessairement une qualité pugilistique, technique ou tactique, mais plutôt une expérience émotionnelle agréable.

Quand on observe comment des stars sont « montées » en puissance, à l’instar de Paddy (qui reste très fort) ou d’un O’Malley (également un excellent striker), on comprend que ce qui est choisi par les « match makers » est ce qui pourrait attirer des spectateurs et générer des séquences marquantes à diffuser sur les médias sociaux.

Pendant le Pride FC, qu’on ait aimé ou non, outre les règles qui pouvaient facilement choquer les moins amateurs de Vale Tudo, les « Freak Fights » dont tout le monde se moquait sont encore régulièrement mis en avant par les algorithmes. De plus, la plupart des combats, même s’ils étaient mis en scène, apportaient de la reconnaissance autant pour les athlètes que pour l’organisation.

Ce lien avec le Pro Wrestling et le fait même que des « Catch Wrestlers » aient tenté leur chance dans des combats plus réels répondaient à un fantasme des spectateurs, développé depuis des décennies dans les mangas : savoir si un « catcheur » pouvait mettre en pratique ce qu’il faisait en combat « réel ».

Outre l’organisation titanesque, les salles incroyables et les combattants dangereux, avec des « match makings » complètement déséquilibrés mais générant un effet voyeuriste chez les spectateurs, le Pride FC est ce que l’UFC risque de devenir dans les décennies à venir.

La boxe anglaise a déjà cédé au monde du divertissement avant tout ; le MMA, tôt ou tard, verra sa popularité se réduire, et nous risquons, surtout avec le départ de Dana White, une réorientation de ce qu’est le MMA.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #502: Pride FC Understood Everything

Is it because they are in a country where Pro Wrestling, meaning entertainment fights, is commonplace? As a reminder, if we have implemented fixed or simply spectacular fights, it’s because show buyers primarily want to have a good time. They don’t necessarily expect pugilistic quality, technical or tactical, but rather an emotionally enjoyable experience.

When we see how stars are « built up, » like Paddy (who remains very strong) or O’Malley (also an excellent striker), we understand that what is chosen by matchmakers is what could attract spectators and generate big sequences for social media dissemination.

During Pride FC, whether you liked it or not, besides the rules that could easily shock less avid Vale Tudo fans, the « Freak Fights » that everyone mocked are still regularly highlighted by algorithms. Moreover, most fights, even if staged, brought recognition for both the athletes and the organization.

This link with Pro Wrestling and the very fact that Catch Wrestlers tried their luck in more real fights answered a spectators’ fantasy, developed for decades in manga: to know if a « wrestler » could practice what he did in « real » combat.

Beyond the colossal organization, incredible venues, and dangerous fighters, with completely unbalanced match-making that generated a voyeuristic effect on spectators, Pride FC is what the UFC risks becoming in the coming decades.

English boxing has already succumbed to the entertainment business above all; MMA, sooner or later, will see its popularity diminish, and we risk, especially with Dana White’s departure, a reorientation of what MMA truly is.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #493 : Le Pro Wrestling

Gamin, j’ai été fan de Catch, ce que les Américains et les Japonais nomment « Pro Wrestling ». Ce qui est amusant, c’est qu’en cherchant à étudier les origines de la Luta Livre, et en fouillant principalement du côté de l’école du Catch-as-catch-can Wrestling (CACC), je réalise que tous les textes que je trouve – comme ceux de Billy Robinson ou des lutteurs de Wigan – parlent de cette discipline.

Ce qui est compliqué, c’est que dans les livres ou les vidéos, ils parlent indifféremment du Catch Wrestling (ou Luta Livre) tantôt comme de la lutte amateur potentiellement avec soumissions (le CACC ou Luta Livre Esportiva), tantôt comme du Pro Wrestling, c’est-à-dire le combat spectacle. Ce glissement s’est opéré parce que l’amateurisme ne rapportait pas d’argent et, surtout, parce que les spectateurs pouvaient se lasser des combats réels.

Nous aimons penser que les sports de combat sont nobles, qu’ils sont un symbole de la valeur des combattants, et que ceux qui pratiquent le font par désir de prouver quelque chose au monde. Si c’est bien sûr la motivation pour certains, l’argent semble, de tout temps, avoir été l’élément central. Combattre pouvait permettre d’éviter d’aller travailler aux champs ou dans les mines.

Plus piquant encore : si les combats sont devenus des shows – et on peut le voir de plus en plus avec l’UFC qui fait monter des combattants générant de l’intérêt et donc des sous –, les demandeurs de combats scriptés, voire déséquilibrés, sont bien les spectateurs, et aujourd’hui, les followers et les viewers.

On le sait depuis l’UFC 1, où l’on disait déjà que le spectateur était binaire : il veut du sang et des KO. Aujourd’hui, c’est pareil. Un match serré où les deux adversaires s’annulent déplaît. Eh bien, le combat amateur non truqué de l’époque du catch wrestling, et même de la boxe, intéressait de moins en moins. Les combattants qui voulaient vivre de leur discipline ont préféré passer au show du Pro Wrestling, qui plaisait aux foules et les faisait donc vivre de leur « sport ».

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Martial Reflections of an Hypnofighter #493: Pro Wrestling

As a kid, I was a fan of Catch, what Americans and Japanese call « Pro Wrestling. » What’s amusing is that while trying to study the origins of Luta Livre, and digging primarily into the Catch-as-catch-can Wrestling (CACC) school, I realize that all the texts I find – like those by Billy Robinson or the Wigan wrestlers – talk about this discipline.

What is complicated is that in books or videos, they speak indifferently of Catch Wrestling (or Luta Livre) sometimes as amateur wrestling potentially with submissions (CACC or Luta Livre Esportiva), and sometimes as Pro Wrestling, that is to say, spectacle fighting. This shift occurred because amateurism brought in no money and, above all, because spectators could get bored with real fights.

We like to think that combat sports are noble, that they are a symbol of the fighters’ valor, and that those who practice do so out of a desire to prove something to the world. While this is certainly motivation for some, money seems to have always been the central element throughout history. Fighting could allow one to avoid working in the fields or the mines.

Even more stinging: if fights have become shows – and we can see this increasingly with the UFC pushing fighters who generate interest and therefore cash –, the ones demanding scripted or even imbalanced fights are indeed the spectators, and today, the followers and viewers.

We’ve known this since UFC 1, where it was already said that the spectator was binary: they want blood and KOs. Today, it’s the same. A tight match where the two opponents neutralize each other is displeasing. Well, the non-rigged amateur combat of the catch wrestling era, and even boxing, interested people less and less. Fighters who wanted to make a living from their discipline preferred to switch to the Pro Wrestling show, which pleased crowds and therefore allowed them to live off their « sport. »

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #311 : L’influence du spectacle au Japon

Cet article explore l'influence du catch professionnel sur le MMA au Japon, notamment à travers des organisations comme Pride, Pancrase et Shooto. Il compare la culture japonaise, qui valorise les prouesses techniques et physiques, avec celle de l’Occident, davantage centrée sur les KO et la percussion. Enfin, il examine comment le catch a surpassé le MMA en popularité grâce à une énergie et une intensité uniques.

Je trouve que l’UFC est souvent particulièrement ennuyeuse, avec cette volonté de transformer le MMA en un divertissement proche de la WWE. D’ailleurs, les deux entités ont désormais fusionné. Ce qui est intéressant, c’est qu’une dynamique similaire existe au Japon, également influencée par le catch ou pro wrestling.

Nous savons que le Pride a été initié par les catcheurs de la NJPW, avec en tête d’affiche le combat entre Rickson Gracie et Nobuhiko Takada. Ce combat n’avait aucun sens sportif, mais il a permis de mettre en avant le concept du combat libre. Pour beaucoup, Takada était considéré comme le meilleur combattant japonais, en grande partie grâce à l’influence du pro wrestling.

Les Japonais apprécient particulièrement ce type de compétitions, qui se divisent en plusieurs styles, notamment le strong style et le shoot style. Ce dernier est particulièrement intéressant, car les cultures Shooto, Pancrase et Rings sont issues de cet univers du spectacle avant de s’orienter vers un réalisme croissant.

C’est d’ailleurs pour cette raison que des doutes ont émergé concernant les premières années du Pancrase, où certains combats semblaient encore s’inscrire dans une logique de spectacle, avec des vainqueurs potentiellement prédéterminés. Cependant, nous sommes loin des scénarios très théâtraux du prowrestling américain. Pour les Japonais, l’objectif est d’acclamer les prouesses physiques et techniques.

Cela explique pourquoi le public japonais s’est éduqué à toutes les phases du MMA, du combat debout au sol. Ce niveau d’appréciation est parfois moins visible en Europe ou aux États-Unis, où le désir de voir des percussions et des KO reste dominant. Cela ne signifie pas que les Nippons n’apprécient pas les KO, mais un combat prolongé au sol ne provoquera pas de critiques.

Le pro wrestling a connu des difficultés avec l’émergence du MMA. Cependant, le MMA a ensuite décliné en popularité, probablement parce que la culture du catch reste plus intense et divertissante. Il suffit de comparer l’ambiance autour du Rizin et celle du Wrestle Kingdom : bien que le public soit souvent le même, l’énergie des deux événements est totalement différente. The show must go on.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #311: The Influence of Spectacle in Japan

I find the UFC often quite boring, with its attempt to turn MMA into entertainment akin to WWE. In fact, the two entities have now merged. Interestingly, a similar dynamic exists in Japan, where MMA is also influenced by professional wrestling.

We know that Pride was initiated by NJPW wrestlers, featuring a main event between Rickson Gracie and Nobuhiko Takada. This fight made little sporting sense but helped promote the concept of free fighting. For many in Japan, Takada was considered the best possible fighter, largely due to the influence of pro wrestling.

Japanese audiences enjoy such competitions, which can be divided into several styles, including strong style and shoot style. The latter is particularly intriguing, as Shooto, Pancrase, and Rings cultures originated from this world of spectacle, gradually evolving toward greater realism.

This explains why there were questions surrounding Pancrase’s early years, where some matches seemed to retain the spirit of spectacle, possibly with predetermined winners. However, this is far from the heavily scripted nature of American prowrestling. For the Japanese, the goal is to celebrate physical and technical prowess.

As a result, Japanese audiences have educated themselves on all aspects of MMA, from stand-up to ground fighting. This level of appreciation is sometimes less evident in Europe or the U.S., where the focus remains on striking and knockouts. That said, the Japanese do enjoy KOs, but a prolonged ground round won’t draw criticism.

Pro wrestling faced challenges with the rise of MMA, but MMA later declined in popularity, likely because the wrestling culture is more intense and entertaining. A simple comparison between the atmosphere at Rizin and Wrestle Kingdom highlights this: even if the audience overlaps, the energy is completely different. The show must go on.

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