Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #223 : La difficulté de la tradition

Dans les arts martiaux, il y a souvent un discours orienté vers le passé, un respect envers les anciens qui peut parfois être bénéfique, mais qui peut tout autant freiner le développement du système. Par exemple, depuis la forme de Shaolin du Wushu, nous avons évolué vers des styles aussi spécifiques que le Wing Chun.

À quand remonte la tradition ? Au Xi Yi Chuan, au Yi Chuan de Wang Xiangzhai ou au Taikiken de Sawai ? Devons-nous considérer Carlos Gracie comme le fondateur de la forme traditionnelle du Jiujitsu brésilien ou Maeda qui lui a enseigné ? Mais ce dernier représentait le Kodokan Judo. Se pourrait-il que la tradition du Jiujitsu brésilien soit en réalité la forme japonaise ?

En Kyokushin, lorsqu’on parle de tradition, met-on en avant le travail de Mas Oyama ou doit-on remonter au Goju ryu de Yamaguchi Sensei, voire à la forme d’Okinawa de Miyagi Chojun ?

Au-delà de l’origine de la tradition, nous voyons que nous respectons souvent le style, l’école comme étant traditionnels, mais en réalité ce que les fondateurs ont créé n’était pas traditionnel, c’était une évolution. Pour Ueshiba, l’Aikido n’était pas du Daito ryu Aikijutsu, ainsi il devient un non-traditionaliste…

Quand on dit aux élèves dans une forme ou un kata de faire tel ou tel mouvement parce que c’est “traditionnellement” comme ça qu’on le fait, de quoi parle-t-on ? De qui parle-t-on ?

Il est important d’avoir de la gratitude envers nos anciens qui ont partagé leurs compréhensions, mais nous ne devons surtout pas nous enfermer dans telle ou telle forme. Il est facile de revenir sur le passé comme une figure d’autorité sur la justesse de ce qui est enseigné, mais comme je vous l’ai déjà partagé, s’il y avait une forme juste, nous n’aurions pas autant de différences sur des katas communs aux différents styles.

Si nous souhaitons suivre une lignée, il est important de connaître ce qui a été fait, mais les façons de combattre évoluent. Il est donc crucial que les nouvelles générations repensent les fondamentaux pour offrir des outils qui correspondent aux besoins actuels.

#karate #jiujitsu #MMA #tradition #modernisme #difficulté #yichuan #taikiken

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #223: The Difficulty of Tradition

In martial arts, there is often a discourse oriented towards the past, a respect for the elders that can sometimes be beneficial but can also hinder the development of the system. For example, from the Shaolin form of Wushu, we have evolved to styles as specific as Wing Chun.

To when does tradition date back? To Xi Yi Chuan, to Yi Chuan by Wang Xiangzhai, or to Taikiken by Sawai? Should we consider Carlos Gracie as the founder of the traditional form of Brazilian Jiu-Jitsu or Maeda, who taught him? But the latter represented Kodokan Judo. Could it be that the tradition of Brazilian Jiu-Jitsu is, in reality, the Japanese form?

In Kyokushin, when we talk about tradition, do we highlight the work of Mas Oyama, or should we go back to the Goju Ryu of Yamaguchi Sensei, or even further to the Okinawan form of Miyagi Chojun?

Beyond the origin of the tradition, we see that we often respect the style, the school as traditional, but in reality, what the founders created was not traditional; it was an evolution. For Ueshiba, Aikido was not Daito Ryu Aikijutsu, so he becomes a non-traditionalist…

When we tell students in a form or kata to perform a particular movement because that’s « traditionally » how it is done, what are we talking about? Whom are we talking about?

We can genuinely have gratitude towards our elders who shared their understandings, but we must not lock ourselves into any particular form. It is easy to refer to the past as an authority on the correctness of what is taught, but as I have already shared with you, if there were a correct form, we would not have so many differences in common katas across different styles.

If we wish to follow a lineage, it is important to know what has been done, but the ways of fighting evolve. Therefore, it is crucial for new generations to rethink the fundamentals to offer tools that meet current needs.

#karate #jiujitsu #MMA #tradition #modernism #difficulty #yichuan #taikiken

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #213 : Travail sur soi au quotidien

Les arts martiaux, c’est le plaisir du combat, de l’apprentissage de techniques et de cultures. Nous pouvons découvrir de nombreuses façons de percevoir le combat. Nous savons que nous pouvons nous retrouver dans des situations de violence physique et qu’il est toujours bon de pouvoir avoir une réponse juste pour s’en sortir sans blessure (ou en les minimisant).

Dans les arts martiaux et dans l’effort sportif de façon générale, nous allons dans des retranchements physiques, qui nous poussent à des dépassements. Chacun ses capacités et ses possibilités, et il est toujours important de respecter ce que met en place n’importe quel pratiquant dans un dojo. Nous ne savons pas d’où il vient et ce qu’il est en train d’affronter dans son cheminement.

Souvent la voie va bien au-delà de nos randoris, sparrings ou kumite. Nous sommes tous des histoires, des mondes avec des choses qui ont pu nous forger comme nous décomposer. Nous sommes des êtres en recherche et en découverte de nous-mêmes dans des situations peu communes, dans des violences physiques intenses, que ce soit l’impact des frappes ou la pression d’un contrôle d’une clé ou d’une projection.

Nous allons dans un milieu où la violence cadrée est normale, mais souvent cette ambiance belliqueuse n’est qu’un reflet connu de ce que nous vivons en nous depuis des années. Nous avons des blessures et certainement de nombreux combats physiques, psychiques et émotionnels que nous avons perdus. Nous pouvons nous reconstruire dans un monde qui en apparence semble juste en recherche de destruction, de puissance et de domination.

Pourtant, dans ce terrain d’opposition, de prise de pouvoir, de règles, de blessures et autres souffrances, se trouve un espace qui reconstruit. Un lieu qui permet de panser ces maux parfois jamais exprimés. Des moments qui vont offrir à cette lutte intérieure une pause, un accueil, voire une compréhension de son histoire, sa vie et ses douleurs.

Alors celui ou celle qui a déjà tant de blessures se recompose. Il/elle ne devient pas plus solide comme on pourrait facilement le croire, il/elle devient juste plus conscient(e) de son potentiel à gérer les douleurs, les dépasser et les orienter pour se redonner des possibilités de se sentir en phase avec ce qu’il/elle est. Le dojo et les salles de sport de combat accueillent les égratignés comme les handicapés de la vie et leur proposent la voie d’une paix dans la violence.

#artsmartiaux #combat #voiemartiale #budo #travailpersonnel #résilience #acceptation #tolérance #blessure

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #213: Daily Self-Improvement

Martial arts encompass the pleasure of combat, learning techniques, and embracing diverse cultures. We can discover numerous ways to perceive combat. We know that we might find ourselves in situations of physical violence, and it is always beneficial to have the right response to get out without injury (or minimizing them).

In martial arts and athletic effort in general, we push ourselves to physical limits, which drive us to exceed them. Each person has their own abilities and possibilities, and it is always important to respect what any practitioner in a dojo is undertaking. We do not know where they come from or what they are facing in their journey.

Often, the path goes far beyond our randoris, sparrings, or kumite. We are all stories, worlds with things that may have forged us or broken us down. We are beings in search of and discovering ourselves in uncommon situations, in intense physical violence, whether it’s the impact of strikes or the pressure of a lock or a throw.

We enter an environment where controlled violence is normal, but often this belligerent atmosphere is merely a familiar reflection of what we have been experiencing internally for years. We have wounds and certainly numerous physical, mental, and emotional battles that we have lost. We can rebuild ourselves in a world that, on the surface, seems only to seek destruction, power, and domination.

However, in this terrain of opposition, power struggles, rules, injuries, and other sufferings, there is a space that rebuilds. A place that allows these sometimes never-expressed wounds to heal. Moments that offer this internal struggle a pause, a welcome, even an understanding of one’s history, life, and pain.

Thus, those who already have many wounds recompose themselves. They do not become more solid as one might easily think; they become simply more aware of their potential to manage pain, overcome it, and channel it to regain the possibility of feeling in tune with who they are. The dojo and combat sports halls welcome the scarred and the handicapped by life and offer them the path to peace in violence.

#martialarts #combat #martialway #budo #selfimprovement #resilience #acceptance #tolerance #wounds

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #116 : Coupe de France de #karatemix

Hier, je suis allé passer du temps à une compétition de Karaté Mix. @antonio_tusseau (Tusseau), notre numéro 4 mond#kyokushin, avait participé à cette compétition il y a 2-3 ans. Je me suis dit que j’y passerai.

Les années passant, je suis, pour la FFK, vétéran, c’est quand même moins classe que Master (les vieux en #BJJ), mais je fais fi :).

Quand j’entre dans le Dôme de Villebon, qui commence à s’éveiller, je suis vraiment content de voir cet emplacement en mode Kmix, moi qui le connais en mode BJJ.

Cette fois, pas de tatamis, mais de belles cages. Vous n’imaginez pas à quel point c’est bon de voir ça…

En 98, quand j’ai combattu en “free fight” pour la première fois, jamais on aurait pu imaginer que cette discipline puisse se retrouver à ce niveau d’organisation pour des amateurs/passionnés que nous sommes.

En lourd et en vétéran, nous n’étions que deux, mais qu’importe, même à l’IBJJF/CFJJB, il arrive que nous ne soyons que quelques pèlerins de passage.

Je vois @dasnake197 qui amène un de ses vétérans et, une nouvelle fois, je suis projeté dans un passé d’une vingtaine d’années, quand j’ai dû affronter des monstres de son écurie. J’ai eu un plaisir à le savoir toujours présent pour ses gars, bien qu’il soit un peu comme @gregmma , connu sur les réseaux.

Tout était dans les temps et, pendant que les anciens combattaient, je voyais les gamins s’échauffer et là encore, quelle belle image, le MMA pour tous, voilà qui me ramène au boulot de Jean-Noël Charollais qui, en 2000, précurseur de la structuration du Pancrace FFGT.

Tout est aujourd’hui plus pro, les arbitres bossent bien, les commisaires passent entre les cages pour voir si tout se passe bien, j’ai même pu échanger avec un des co-organisateurs, @gg_charlie_ qui m’a expliqué la vision et l’ambition de la FFK.

Pour le combat, j’ai eu la chance de pouvoir mettre en place mon game plan et d’aller sur une americana. Pour moi, 2 minutes par round, c’est un peu court.

Le MMA/Kmix en 2024, est une discipline clean, des organisateurs passionnés et des coachs, ainsi que des athlètes qui se donnent.
OSU

Pank
#MMA #karate

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #96 : Pourquoi le MMA n’est-il pas apparu plus tôt ?

Je me suis interrogé aujourd’hui : pourquoi n’avons-nous pas vu émerger une discipline de synthèse comme le MMA plus tôt dans l’histoire, dans différents pays ? La médiatisation joue certes un rôle essentiel dans la popularité des sports de combat (et d’autres domaines également). Depuis l’Antiquité, nous savons qu’une forme mixte de combat existait, avec le Pancrase comme exemple historique.

Il est intéressant de noter que ces disciplines complètes ont vu le jour non pas pour les besoins militaires, mais plutôt dans un contexte sportif. Si l’on remonte à une période plus récente, il était courant en Europe d’assister à des combats interstyles. Le CatchWrestling, par exemple, se confrontait souvent à d’autres styles tels que la boxe. En France, l’arrivée du Jiu-jitsu au début du siècle et du Judo dans les années 50 a marqué une époque où lutteurs et boxeurs les défiaient. Dans tout l’Occident, les Prize Fighting étaient légion, des combats où chacun apportait son savoir-faire.

Il est à noter que Maeda, l’homme qui a introduit le Jiu-jitsu au Brésil, était lui-même un combattant de Prize Fighting. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a été exclu du Kodokan de Kano. Alors, pourquoi n’avons-nous pas développé des disciplines de combat plus complètes plus tôt ? Que se passait-il lorsque lutteurs ou boxeurs étaient défaits ? Ne remettaient-ils pas leurs techniques en question ? Avec l’UFC, en seulement 3 à 4 ans et moins de 10 événements, nous avons vu des styles évoluer, avec l’apparition de techniques comme le Ground and Pound de Coleman ou les Sprawls de Maurice Smith. Imaginez le niveau du MMA s’il existait depuis un siècle et demi…

La combinaison de l’argent et de la popularité a transformé ce qui était autrefois perçu comme un spectacle quelque peu sordide en l’une des disciplines sportives de combat les plus remarquables. J’aimerais vraiment savoir comment les Pankratiastes grecs auraient performé face à nos athlètes modernes…

#catchwrestling #mma #combat #Pancrase #Prizefighting #Interstyle

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be One 

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #83 : Les règles forgent la discipline

J’ai déjà partagé l’idée que ce sont les règles des arts martiaux dans leur forme sportive qui orientent la discipline. Prenez, par exemple, le karaté : d’un côté, la forme traditionnelle (un terme qui vient du journaliste Kazushi Kojima), dans laquelle les KO sont interdits et tout se fait en touchant légèrement, et de l’autre, la forme plein contact qui recherche le KO sans les frappes au visage. Deux styles qui, pourtant, au niveau des Kihon, Kata et exercices de base, sont similaires. Mais la forme d’expression sportive modèle la façon dont le combattant évoluera. Les Kyoku sont des karateka extrêmement physiques, et la préparation physique est l’un des éléments clés de la discipline.

Lorsque je vous partageais les propos de Helio, qui disait qu’il formait pour un Jiujitsu Vale Tudo et non pour un Jiujitsu Sportif, vous pouvez constater aujourd’hui la différence entre les pratiquants des années 70-80 et ceux d’aujourd’hui. On pourrait se demander s’il s’agit de la même discipline.

Cela donne donc naissance à des pratiquants de Jiujitsu qui, en fonction de leur école, se spécialisent soit en Jiujitsu Sportif, soit en Jiujitsu Self Defense. Le Jiujitsu orienté combat libre est devenu assez rare et se retrouve plutôt dans des cours de sol MMA. Lorsqu’un de ces pratiquants se retrouve à jouer selon des règles différentes, cela peut être compliqué, même si c’est pourtant la même discipline. Un pratiquant de Jiujitsu Sportif pourra certainement se défendre dans la rue avec agressivité, mais il aura souvent du mal dans la transition debout-sol. Le pratiquant orienté vers la self-défense sera probablement moins athlétique que le sportif, aura moins de combinaisons et d’énergie en combat, mais sera orienté vers une démarche de survie.

Il est difficile d’admettre qu’il est difficile d’exceller dans tous les domaines. Il y a quelques jours, Jesse Enkamp, dont je vous parlais récemment, a participé à un combat de Jiujitsu en compétition. Il souhaitait montrer que si le participant ne suit pas les règles préétablies, il peut rendre caduque la qualité de son adversaire. Vous pouvez retrouver la vidéo ici :I Entered A BJJ Tournament To Prove It Doesn’t Work

Ce qu’il prouve est que si tu viens en Jiujitsu et que tu refuses le combat au sol, beaucoup de pratiquants n’auront pas le background pour te mettre au sol. C’est un peu comme si, au Judo, tu t’asseyais au début du match ; il y a de fortes chances que le judoka ne parvienne pas à te mettre au sol.

Pour aller plus loin, c’est la grande différence entre le Jiujitsu, la Luta ou le Grappling, et le sol en MMA. Dans les disciplines de pure prise, l’objectif est de jouer une fois au sol, alors qu’en MMA, il faut que le grappler puisse amener au sol son adversaire, mais il est de plus en plus difficile de le contrôler et de le maintenir au sol, car celui-ci ne veut pas y rester.

Un exemple récent est le combat de cette nuit entre Fiziev et Gamrot à l’UFN 228. Le Polonais a eu du mal à amener son adversaire au sol et à le maintenir au sol, car ce dernier cherchait constamment à fuir.

Nous, en tant que pratiquants, devons nous orienter vers la forme de combat qui nous stimule et prendre conscience que notre excellence dans un domaine peut ne pas apporter de bénéfices dans un autre.

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be one

Pank 

#UFN228 #JesseEnkamp #Jiujitsu #LutaLivre #MMA #GrapplingMMA #Grappling #IBJJF

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #80 : Royler Gracie, l’un des plus grands combattants de la famille Gracie

Dans la constellation d’athlètes légendaires de la famille Gracie, deux étoiles brillent d’un éclat exceptionnel. D’un côté, Royce, jeté dans l’arène impitoyable du Vale Tudo de l’UFC sans avoir jamais combattu dans ces styles de sa vie. De l’autre, Rickson, nous plongeant dans un monde digne d’une série Netflix. Parmi cette pléiade de combattants fabuleux, deux autres se détachent indiscutablement : Roger Gracie, 10 fois Champion du Monde de Jiujitsu avec un record MMA de 10-2, une véritable légende. Et celui sur lequel je souhaite aujourd’hui braquer les projecteurs : Royler Gracie.

Malheureusement, dans le monde des sports de combat, les catégories légères sont souvent négligées, malgré des niveaux techniques exceptionnels. À mes yeux, le plus grand combattant MMA de tous les temps demeure Demetrious Johnson, mais le public n’a malheureusement que peu d’égards pour lui, comme en témoigne son départ  de l’UFC.

Royler Gracie, quant à lui, a accumulé 4 titres de Champion du Monde de Jiujitsu et 3 titres aux prestigieux ADCC. En MMA, son bilan de 5 victoires pour 5 défaites dans la catégorie des moins de 65 kg. Tout comme Musumeci et Caio Terra par la suite, il a osé se frotter à des adversaires de toutes catégories, décrochant même une médaille de bronze aux World Championships.

Royler se distingue par sa technicité et sa grosse pression, même si son nom n’est pas entouré du mythe d’invincibilité qui entoure Rickson. Il a également formé d’excellents combattants au sein de son académie Gracie Humaita, parmi lesquels Saulo Ribeiro, l’un des plus connus..

Ce qui séduit particulièrement chez Royler, c’est son esprit martial. Alors que son père Hélio n’était pas porté vers la compétition, Royler a courageusement porté le nom des Gracie au cœur de l’ère moderne du Jiujitsu. Il a démontré sa force sans succomber aux exagérations habituelles associées à sa famille.

Il a également accepté les défis lancés dans les dojos. On se souvient notamment de sa mémorable confrontation avec Eugénio Tadeu de la Luta Livre (https://www.youtube.com/watch?v=jp-4dU6Wh9s). Il s’est aventuré dans le monde du MMA, même à une époque où ses méthodes étaient considérées comme « old school ».

Royler Gracie incarne véritablement l’archétype de l’artiste martial. Il a combattu à la fois sur le tapis et dans la « rue », tout en se distinguant comme un enseignant discret, rappelant les senseis orientaux.

En ce qui concerne son Jiujitsu, malgré sa petite stature, il a développé un jeu axé sur la pression qui forçait le respect de ses adversaires. Bien que son style puisse sembler moins sophistiqué comparé aux standards actuels, il était incontestablement au-dessus de la majorité à son époque.

Il est également remarquable qu’il ait été l’un des plus proches sparrings de Rickson lors de la préparation de ses combats, malgré la pléthore de talents au service de la tête d’affiche de la famille Gracie.

En somme, nous avons la chance de disposer de vidéos, de victoires et de défaites d’un combattant qui a contribué à écrire l’histoire du Jiujitsu et des arts martiaux modernes. Tout cela, sans la surexposition médiatique des réseaux sociaux d’aujourd’hui, ce qui ajoute une dimension d’authenticité à son héritage. Royler Gracie, un nom qui perdurera dans les annales des arts martiaux.

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be one

Pank 

#RoylerGracie #Heritage #Technique #légende #Maitre #Jiujitsu #GracieJiujitsu #HelioGracie #MMA #Règles #compétitions

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #33 : L’intérêt du BJJ en gi pour le MMA

Vous vous souvenez des décennies pendant lesquelles les Brésiliens nous ont vendu l’idée que s’entraîner en gi était la clé pour être performant au sol en MMA ? Il est indéniable que cela a été une brillante stratégie marketing pour remplir les dojos de Jiu-Jitsu. Et cette propagande a tellement bien fonctionné que même aujourd’hui, de nombreux pratiquants répètent cette suggestion complètement fausse.

Non, le gi n’a pas une grande importance pour les combats en MMA. D’ailleurs, parmi vous, combien ont déjà combattu en MMA avec un kimono ? Je l’ai fait lors de compétitions de Pankido, Kudo Daido Juku et Kenpo, il y a longtemps. Clairement, ce n’est pas la même chose. D’ailleurs, de mémoire, Patrick a même fait combattre torse nu les pratiquants de Pankido au fil des années.

Pour ceux qui croient sincèrement que le gi est essentiel parce que Jon Jones s’entraîne en gi chez Gracie Barra, souvenez-vous qu’il était déjà champion de l’UFC avant même de porter un kimono. La plupart des combattants de haut niveau en MMA obtiennent leurs grades en No-Gi.

Certes, c’est agréable de penser que de grands combattants pratiquent le BJJ traditionnel, mais ce n’est pas le cas lors de leurs préparations. Maintenant, j’ai abordé la question différemment. Est-ce que le gi pourrait apporter quelque chose pour améliorer certaines séquences au sol pendant un combat en MMA ?

La première chose que je trouve intéressante pour un pratiquant qui commence à intégrer les frappes au sol, c’est l’importance des prises. Bien sûr, nous n’utilisons que très rarement des prises en lasso ou en spider guard, mais la compréhension du contrôle du gi au niveau du col et des manches nous permet de mieux gérer les mouvements des bras et du buste pour éviter les impacts violents.
Un autre point concerne les clés de cheville. Même si l’IBJJF n’autorise pas les heel hooks et les knee reaping en gi (ce que je trouve idiot), le fait de les travailler en kimono permet une meilleure compréhension du contrôle nécessaire pour éviter les blessures aux chevilles.

C’est précisément le gi qui empêche des soumissions rapides et distantes. Nous pouvons facilement saisir le col et les manches pour empêcher notre partenaire de tourner. Comme le rythme est plus lent, nous pouvons mieux ressentir nos points de vulnérabilité et ceux qui ne posent pas de problème. Nous apprenons à nous échapper progressivement. C’est un avantage que nous pouvons ensuite automatiser en luta/nogi.

La rétention de positions est devenue particulièrement efficace en Jiu-Jitsu ces dernières années, sauf peut-être pour empêcher l’adversaire de se relever. Mais comme nous l’avons vu avec Da Bronx (qui est clairement excellent dans cette position), il a pu appliquer le type de contrôle que l’on retrouve généralement dans le Jiu-Jitsu contemporain pour empêcher son adversaire (Dariush) de passer ou de frapper trop fort. Le gi nous apprend à frustrer l’autre, à trouver les contrôles et les angles pour éviter d’être écrasé ou de perdre toute mobilité.

Il est entendu que le gi n’est pas indispensable pour les points que j’ai mis en avant, mais ce sont les éléments qui me semblent les plus constructifs. En revanche, le gi peut créer des habitudes de prises que nous n’avons jamais en MMA, il est impossible de faire des prises de type « Pocket » ne serait-ce que pour contrôler la main. Les rythmes sont clairement différents, comme en témoignent les conversations avec les pratiquants de BJJ qui, pour la plupart, n’apprécient pas le No-Gi car ils le trouvent trop explosif et difficile à contrôler.

Il est clair qu’il y a moins de cales possibles en luta, donc moins d’angles, de points de pivot ou de leviers. Cela limite les opportunités et la mobilité dans certains contrôles.

Les lutteurs et les grapplers ont depuis longtemps prouvé que le gi n’est pas essentiel. Rappelez-vous de Vieira qui s’est fait prendre dans une guillotine par une ceinture violette ordinaire (Hernandez) ? Pourtant, Rodolpho est un sextuple champion du monde en gi avec sa ceinture noire.

Il est important de mettre un terme à la propagande et aux « fausses informations » des accros du BJJ. Même si le Jiu-Jitsu est à l’origine du Vale Tudo et du MMA contemporain, il n’est plus la discipline centrale de ce sport. Il est donc essentiel de s’entraîner intelligemment et de ne pas gaspiller le temps de ceux qui aspirent à exceller dans une discipline où le gi est inconnu.

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#Gi #noGi #contrôle #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #30 : Combattre de manière spécifique en MMA ?

Depuis l’émergence du MMA, nous nous interrogeons constamment sur la forme d’entraînement la plus intéressante. Nous avons dépassé l’idée de se spécialiser pour ensuite explorer les autres aspects du combat. En général, nous étudions la boxe MMA, la lutte MMA et le sol MMA.

S’entraîner spécifiquement en boxe sans y inclure le travail en clinch n’a aucun intérêt, car cela fait partie de la réalité du combat en MMA. De même, pratiquer le BJJ sans être prêt à encaisser des frappes peut entraîner l’acquisition d’habitudes inutiles.
En général, un combattant de MMA est un athlète polyvalent dans les sports de combat. Nous avons pris l’habitude de combattre dans différents styles pour nous tester. Cependant, si l’on y réfléchit, cela n’a pas vraiment de sens. Lorsque nous participons à une compétition de grappling, cela ne nous donne pas réellement d’avantage en termes de progression en MMA. Certes, cela peut être amusant et plaisant, mais dans le contexte qui m’intéresse, à savoir progresser en MMA, cela n’est pas pertinent.

En quoi un tournoi sans frappes vous prépare-t-il mieux à gérer les frappes lors de vos combats ? En quoi s’entraîner en boxe anglaise sur un ring vous aide-t-il lorsque vous combattez dans une cage ? Le MMA est devenu très spécifique, et même ceux qui prônent la lutte ne tiennent pas compte du fait qu’il s’agit principalement de lutte contre la cage. Cela modifie les actions et réactions de base.
Aujourd’hui, nous avons suffisamment de grands coachs et de pratiquants pour nous entraîner et faire des sparrings avec des athlètes de notre discipline, même si nous décidons de nous concentrer sur la boxe. Le fait que notre partenaire d’entraînement réponde par des low kicks ou des takedowns nous oblige à adopter une posture et des réactions plus adaptées à ce que nous vivrons le jour du combat.

Pour ceux qui ont regardé la vidéo de GregMMA (https://www.youtube.com/watch?v=844e0HW_xBI), je comprends qu’il s’agisse d’une vidéo pour la chaîne, mais son entraînement n’a pas de sens. Il se bat contre Alexis, qui parvient à le coincer contre le mur en boxe, ce qui ne se produirait pas de la même manière dans un combat de MMA simplement à cause du clinch. Il en va de même pour son combat avec Wendy, où il ne frappe pas Greg au sol, ce qui entraîne des dynamiques et des réactions défensives qui ne correspondent pas à celles d’un vrai combat.

Je comprends l’idée de perfectionner la technique, mais cela doit être fait dans le style que nous pratiquons. Le MMA n’est plus une combinaison de trois disciplines ; la fusion de ces trois secteurs a produit des rythmes, des possibilités, des contraintes et des techniques spécifiques. S’engager dans un entraînement spécifique sans garder à l’esprit la forme du MMA n’a plus de sens. Si vous suivez un cours de boxe pure et que vous effectuez des transferts de poids avec votre jambe avant comme un puriste de la discipline, vous découvrirez les terribles calf kicks. Si vous ne vous habituez pas à cette composante, vos techniques peuvent être justes sur le plan technique, mais pourront-elles être exploitées efficacement lors d’un affrontement ?

Viser un BJJ spécifique au MMA se concentre davantage sur les techniques de retenue et d’évasion plutôt que sur les passes de garde et les renversements. Bien sûr, si l’athlète est déjà spécialiste dans une discipline particulière comme Doumbé, c’est différent. Mais pour les autres, il est plus bénéfique de travailler dans leur forme corporelle plutôt que de chercher à être polymorphe.

Et vous, pratiquez-vous plusieurs disciplines ou vous entraînez-vous en MMA en tenant compte des spécificités de chaque facette ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

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