Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #346 : Pas si différents

Cet article remet en question l'idée que les pratiquants d'arts martiaux occidentaux et orientaux sont fondamentalement différents. Il utilise des exemples historiques, comme l'introduction des grades intermédiaires au judo et au karaté, pour montrer que le besoin de reconnaissance et de progression est un facteur de motivation universel, transcendant les cultures.

J’imagine que vous avez comme moi accepté que nous qui étudions des styles non français, voire non européens, n’avons pas du tout les mêmes façons d’aborder les choses que les Chinois, Japonais ou Philippins.

Depuis des années, j’entends des sensei japonais qui nous disent qu’ils doivent s’adapter à notre culture française, parce que nous ne sommes vraiment pas comme les pratiquants du pays du Soleil-Levant. Et pourtant.

Si nous avons aujourd’hui en judo des grades intermédiaires dans le judo et le karaté traditionnel, c’est par la reprise du système mis en place au Royaume-Uni sous Koizumi Sensei par Kawaishi vers 1935. Et vous l’avez tous entendu, c’est parce que nous ne sommes pas japonais que nous n’acceptons pas l’idée de grade blanc et noir…

Pourtant, ce n’est pas si vrai que cela. Nakamura Shihan, élève du fondateur du Kyokushin, Oyama Sosai, a lui-même dû imposer vers 1959-1960 le système de grades de couleur intermédiaires (les Kyu) pour les pratiquants du Oyama Karate.

Et à votre avis, quelle était la raison ? Simple : comme pour les Européens, les pratiquants du Daisen Dojo quittaient le dojo parce qu’ils n’avaient pas l’impression de progresser et qu’attendre 4-5 ans pour avoir une ceinture noire ne motivait pas assez. Du coup, il y a eu une organisation de passage de Kyu tous les 6 mois pour avoir une opportunité de changer de grade et de se voir progresser vers le Shodan.

Il est important de comprendre les différences culturelles, mais aussi de reconnaître que nous avons des patterns communs à notre humanité et le besoin de reconnaissance est présent dans toutes les cultures…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of an Hypnofighter #346: Not So Different

I imagine that you, like me, have accepted that those of us who study non-French, or even non-European, styles don’t approach things in the same way as the Chinese, Japanese, or Filipinos.

For years, I’ve heard Japanese sensei tell us that they have to adapt to our French culture because we are not really like the practitioners of the Land of the Rising Sun. And yet.

If we have intermediate ranks in judo and traditional karate today, it’s because of the adoption of the system implemented in the United Kingdom under Koizumi Sensei by Kawaishi around 1935. And you’ve all heard it, it’s because we are not Japanese that we don’t accept the idea of white and black belts only…

However, that’s not entirely true. Nakamura Shihan, a student of the founder of Kyokushin, Oyama Sosai, himself had to impose the system of intermediate color ranks (Kyu) for Oyama Karate practitioners around 1959-1960.

And in your opinion, what was the reason? Simple: just like for Europeans, the practitioners of the Daisen Dojo were leaving the dojo because they didn’t feel like they were progressing and waiting 4-5 years for a black belt wasn’t motivating enough. As a result, there was an organization of Kyu grading every 6 months to have an opportunity to change rank and see themselves progress towards Shodan.

It is important to understand cultural differences, but also to recognize that we have common patterns in our humanity and the need for recognition is present in all cultures…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #345 : Le Paradoxe du Karaté

L'auteur partage ses réflexions sur l'évolution du karaté à travers l'expérience de sensei qui cherchent à dépasser les formes traditionnelles pour atteindre l'essence du combat. Ils étudient et adaptent les techniques pour une efficacité accrue, à l'image d'une "non-forme" personnelle et universelle.

En ce moment en stage avec la fédération de karaté, nous avons quotidiennement des intervenants excellents qui nous partagent leurs connaissances. Mais plus que des kihon ou des katas, ils sont dans une recherche et un partage. Hier, j’ai eu des séances avec deux sensei vraiment excellents : Dominique Gallo (https://chk.me/8UKqpQ0) et Miguel Xavier (https://chk.me/z2bJkWr)

Un plaisir de voir leur évolution et la structure qu’ils mettent en place dans leur pratique. Pour Dominique, il y a une quête d’efficacité dans une réflexion sur l’observation, l’adaptation posturale en fonction des distances, et une quête de mouvement, d’adaptation. Pour Xavier, sa recherche est de réinterpréter ses fondamentaux dans les katas et kihon pour leur donner une saveur de MMA.

L’un comme l’autre, ils étudient les traditions posturales, techniques et respiratoires, qui peuvent être figées voire sclérosées si on reste à répéter des gestuels ou à maintenir au plus proche ce qui paraît être la forme. Les professeurs vont même jusqu’à une exigence de forme, alors que… nos deux sensei étudient, révisent et transforment la forme pour y chercher le fond : celui du combat, celui de l’efficace, celui qui ne porte plus le nom d’une forme, karaté, boxe ou lutte, mais d’une génétique qui s’adapte à l’évolution.

De la rigueur “formelle”, on y retrouve la liberté sans code. Un peu comme ce récit de la construction du moule jusqu’au shodan pour arriver à la réinterprétation, voire la déformation du moule pour en faire une non-forme, mais la sienne, unique et ouverte à l’universel.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of an Hypnofighter #345: The Paradox of Karate

Currently at a seminar with the karate federation, we have excellent instructors daily who share their knowledge. But more than kihon or katas, they are engaged in research and sharing. Yesterday, I had sessions with two truly [excellent] sensei: Dominique Gallo and Miguel Xavier.

It’s a pleasure to see their evolution and the structure they implement in their practice. For Dominique, there’s a quest for efficiency through reflection on observation, postural adaptation based on distances, and a quest for movement and adaptation. For Xavier, his research involves reinterpreting his fundamentals in katas and kihon to give them an MMA flavor.

Both of them study postural, technical, and respiratory traditions, which can become rigid or even sclerotic if one keeps repeating gestures or trying to maintain as closely as possible what appears [to be the form]. Professors even go as far as demanding a specific form, whereas… our two sensei study, revise, and transform the form to seek the essence: that of combat, that of efficiency, that which no longer bears the name of a form, karate, boxing, or wrestling, but of a genetic code that adapts to evolution.

From « formal » rigor, we find freedom without code. It’s a bit like the story of building the mold up to shodan to arrive at the reinterpretation, even the deformation of the mold to make it a non-form, but one’s own, unique and open to the universal.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #326 : L’internationalisation des arts martiaux

Cet article explore l'évolution des arts martiaux à travers leur internationalisation. L'auteur, Pank, observe que l'exportation des disciplines martiales a conduit à leur métissage et à une diversification des styles. Il prend l'exemple du karaté, du jiu-jitsu et du kyokushin pour illustrer comment les arts martiaux se sont adaptés et transformés en dehors de leur pays d'origine. Pank encourage les pratiquants à embrasser cette évolution et à choisir le style qui leur convient le mieux, sans se limiter à la tradition.

Il existe dans tous les pays du monde des disciplines de combat propres aux cultures et aux sociétés. Pour ceux qui aiment à découvrir ce que la France a développé, je vous invite à aller voir les vidéos de Super Fab : https://www.youtube.com/@superfab-AMF.

Le sujet de ce post est plus axé sur le fait que les disciplines martiales ont tellement été exportées qu’elles ont été métissées et qu’elles ne ressemblent parfois plus du tout à ce qu’elles étaient à l’origine.

Je le vois beaucoup avec le Karaté où une interprétation de chacun a fait qu’il y a des milliers d’écoles dans tous les pays du monde qui, certes issues d’un style « traditionnel », ne ressemblent parfois plus à grand-chose ni dans la philosophie ni dans les formes. L’American Kenpo de Parker a posé l’ambition de son créateur à prendre la voie du poing et d’en faire un style américain.

On peut aussi y penser dans le Jiu-jitsu, bien sûr japonais à ses origines. Nous connaissons son descendant le BJJ, mais il y a là aussi des écoles typiquement françaises comme le Nihon Tai Jitsu, ou le Pariset Jujitsu. Quand un Keenan Cornelius décide que son style n’est plus brésilien mais américain, cela ne devrait pas plus choquer que cela.

Cela est normalisé depuis que les arts martiaux s’exportent, respectant leurs origines mais y rajoutant des logiques de combats et techniques autres que celles de la forme d’origine.

Il ne faut pas croire non plus que les styles nouveaux ne sont pas qualitatifs et que la répétition traditionnelle est bonne. Quand je vois que le Kyokushin reprend les formes de katas en mode Goju Ryu pour retourner à leur origine, je me dis que ce retour en « tradition » est relatif. Ils reprennent une forme japonaise et pas okinawaïenne, de plus quand on voit que des « enfants » du Kyokushin ont soit retiré les katas comme le Daido Juku, soit créé des katas beaucoup plus cohérents comme l’Ashihara et l’Enshin, on peut se demander pourquoi penser que les « origines » c’est mieux, dit autrement que la V1 est mieux que la V20 ?

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #326: The Internationalization of Martial Arts

In every country in the world, there are combat disciplines specific to cultures and societies. For those who like to discover what France has developed, I invite you to watch Super Fab’s videos: https://www.youtube.com/@superfab-AMF.

The subject of this post is more about the fact that martial disciplines have been exported so much that they have been mixed and sometimes no longer resemble what they were originally.

I see this a lot with Karate where an interpretation by each has meant that there are thousands of schools in every country in the world which, although stemming from a « traditional » style, sometimes no longer resemble much in philosophy or form. Parker’s American Kenpo laid out its creator’s ambition to take the path of the fist and make it an American style.

We can also think about it in Jiu-jitsu, of course Japanese in its origins. We know its descendant BJJ, but there are also typically French schools like Nihon Tai Jitsu, or Pariset Jujitsu. When a Keenan Cornelius decides that his style is no longer Brazilian but American, it shouldn’t be shocking.

This has been normalized since martial arts are exported, respecting their origins but adding combat logic and techniques other than those of the original form.

Do not think either that the new styles are not qualitative and that traditional repetition is good. When I see that Kyokushin takes up the forms of katas in Goju Ryu mode to return to their origin, I tell myself that this return to « tradition » is relative. They take up a Japanese form and not an Okinawan one, moreover when we see that « children » of Kyokushin have either removed the katas like Daido Juku, or created much more coherent katas like Ashihara and Enshin, we can wonder why think that the « origins » are better, in other words, that V1 is better than V20?

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #285 : 5 combats de suite, c’est beaucoup

La gestion de l'effort lors des compétitions de sports de contact est cruciale pour éviter les blessures graves. Ce texte s'interroge sur les limites à imposer en termes de nombre de combats par jour pour préserver la santé des athlètes amateurs, tout en soulignant l'importance de se tester et de progresser dans un cadre sécurisé.

Ce week-end, certains combattants de l’académie sont allés participer à la Coupe de France Zone Nord de Kmix, organisée par la Fédération de Karaté. Pour les trois quarts d’entre eux, c’était une première expérience en compétition, avec toutes les découvertes que cela implique.

L’un d’eux est parvenu jusqu’en finale, ce qui pose automatiquement des questions. Quatre combats de 2×3 minutes, suivis d’une finale en 2×4 minutes, représentent un cumul de dommages importants, en plus de la fatigue. Les tournois imposent cette gestion des efforts pour tenir jusqu’à la fin. Si l’on se donne à fond dans un combat, on risque de ne plus pouvoir être performant dans le suivant.

Le temps de repos entre les combats est souvent court, parfois un seul match, soit environ 8 minutes. Paradoxalement, plus le temps passe, plus l’adrénaline diminue, rendant les douleurs corporelles plus perceptibles. De même, lorsque les transitions entre les combats sont courtes, le corps manque d’énergie.

Il est difficile de trouver le juste équilibre pour que les athlètes restent performants. Avec la popularité croissante du MMA, de nombreuses personnes viennent se tester en compétition. Cela pourrait amener à réfléchir au nombre maximum de participants par catégorie pour limiter le nombre de combats dans une journée.

Il me semble que dépasser quatre combats — soit une durée équivalente à un combat pour le titre en UFC (25 minutes) — est difficile et potentiellement dangereux pour des amateurs pratiquant un sport de plein contact.

L’essentiel en compétition est de se tester et de progresser, pas de se bénir gravement et de devoir mettre des semaines à récupérer. En tout cas, bravo à ces combattants passionnés, qui mettent leurs corps à rude épreuve pour l’amour du sport.

kmix #mma #récupération #combat #blessure #athlète

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,
Pank

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Réflexions martiales d’un hypnofighter #285 : 5 combats d’affilée, c’est trop

Ce week-end, quelques combattants de l’académie ont participé à la Coupe de France Zone Nord de Kmix, organisée par la Fédération de Karaté. Pour les trois quarts d’entre eux, il s’agissait de leur première expérience en compétition, avec toutes les découvertes que comporte le combat dans de tels événements.

L’un d’entre eux a réussi à atteindre la finale, ce qui ne manque pas de susciter des interrogations. Quatre combats de 2×3 minutes suivis d’une finale de 2×4 minutes entraînent une accumulation importante de dégâts, en plus de la fatigue. Les tournois demandent de gérer les efforts pour tenir le coup pendant les rounds. Si vous vous épuisez lors d’un combat, vous risquez de ne pas être performant lors du suivant.

Le temps de repos entre les combats est souvent court, parfois un seul match, environ 8 minutes. Paradoxalement, plus la compétition se prolonge, plus l’adrénaline retombe, ce qui fait que le corps ressent davantage de douleur. De même, les transitions plus courtes entre les combats font que le corps n’a pas le temps de récupérer de l’énergie.

Trouver le bon équilibre pour permettre aux athlètes de donner le meilleur d’eux-mêmes est un défi. Avec la popularité croissante du MMA, de nombreuses personnes viennent se tester. Il pourrait être intéressant d’envisager de limiter le nombre de participants par catégorie afin de réduire le nombre maximum de combats dans une journée.

À mon avis, dépasser quatre combats – soit l’équivalent de la durée d’un combat pour le titre dans l’UFC (25 minutes) – est difficile et potentiellement dangereux pour les amateurs dans les sports de contact.

Le but premier de la compétition est de se tester et de s’améliorer, pas de subir des blessures qui mettent des semaines à cicatriser. Dans tous les cas, félicitations à ces combattants passionnés qui poussent leur corps à bout par amour du sport.

kmix #mma #récupération #combat #blessure #athlète

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Soyez un,
Pank
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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #269 : Quand les formes sont moins utiles que les concepts

Dans cet article, nous explorons l'importance des concepts par rapport aux formes dans les arts martiaux. À travers l'analyse des Taolu et Kata, nous voyons comment l'adaptation et la compréhension des principes fondamentaux dépassent la répétition mécanique des mouvements.

Il est essentiel, lorsque nous commençons un art martial, de travailler les formes. Des écoles comme le Wushu ou le Karaté proposent des séquences sous forme de Taolu ou de Kata. Il est important pour l’apprenant de pratiquer par mimétisme et de laisser son corps assimiler les mouvements à travers des répétitions, tout en bénéficiant des corrections apportées par le professeur.

Il est parfois amusant de constater qu’un Sifu ou un Sensei peut s’attarder sur des détails tels que les séquences ou les angles des bras, pour qu’après quelques années, nous nous retrouvions avec une « nouvelle » version « plus traditionnelle » du kata, avec des mouvements différents.

Lorsque nous avons pratiqué suffisamment longtemps et que nous avons pu tester ces formes en situation d’opposition, nous réalisons que certaines techniques n’ont pas lieu d’être dans un combat réel, tandis que d’autres nécessitent de nombreuses adaptations pour être efficaces.

C’est à ce moment-là que nous pouvons prendre le temps de créer des exercices. Non pas pour répéter mécaniquement les mouvements, mais pour plonger dans l’essence de ce qu’ils doivent entraîner. Nous nous concentrons alors sur des éléments conceptuels, ce qui nous permet de comprendre que, même si la forme n’est pas parfaite sur le papier (c’est-à-dire le kata), l’idée sous-jacente et surtout le résultat recherché peuvent être atteints avec une adaptation.

Une fois entrés dans le monde des concepts, la forme devient simplement une succession de logiques que nous cherchons à retrouver à travers une pratique moins formelle, mais plus en phase avec notre propre pratique.

kata #taolu #wushu #karate #style #adaptation #formes #concepts

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,
Pank


Martial Reflections of a Hypnofighter #269: When Forms Are Less Useful Than Concepts

It is essential, when we begin martial arts, to work on forms. Schools such as Wushu or Karate offer sequences in the form of Taolu or Kata. It is important for the learner to practice through mimicry and allow their body to assimilate movements through repetition, while benefiting from corrections provided by the instructor.

It is sometimes amusing to notice that a Sifu or Sensei might focus on details such as sequences or arm angles, only for us to find ourselves years later with a « new, » « more traditional » version of the kata, with different movements.

When we have practiced for a sufficient amount of time and have tested these forms in opposition phases, we realize that some techniques do not exist in a real fight, while others require numerous adaptations to be effective.

It is then that we can take time to create exercises, not to mechanically repeat movements, but to dive into the essence of what they are meant to train. We focus on conceptual elements, which allow us to understand that even if the form is not perfect on paper (i.e., the kata), the underlying idea and the desired result can be achieved through adaptation.

Once we enter the world of concepts, the form becomes merely a succession of logic that we seek to rediscover through a less formal, but more accurate practice for our personal needs.

kata #taolu #wushu #karate #style #adaptation #forms #concepts

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Be one,
Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #257 : S’éduquer à l’histoire de nos styles

 Cet article explore l'importance de connaître l’histoire de nos styles martiaux pour comprendre les techniques et la culture qui les entourent, tout en questionnant la place de cet enseignement dans la formation des pratiquants.

Nous avons tous des disciplines martiales qui ont une histoire. Même si le professeur a développé sa propre forme, il y a derrière lui un style qui lui a été enseigné et partagé. On peut créer un nouveau style de karaté ou de jiu-jitsu, mais le karaté restera une discipline d’Okinawa, avec son infinité d’histoires, tout comme le jiu-jitsu restera une école japonaise.

En observant la nouvelle génération de pratiquants qui publie sans cesse sur les réseaux sociaux, je remarque leur incroyable passion, abondamment documentée par tout ce qu’ils font lors des entraînements ou des combats en compétition. Ils parlent de défis entre écoles et styles, mais… ils ignorent tout de l’histoire de styles aussi récents que le BJJ ou le MMA.

Ils confondent lutte et judo, et critiquent les commentaires de personnes qui relatent des faits historiques, car cela ne correspond pas à la propagande des réseaux sociaux. C’est à la fois amusant et regrettable pour l’avenir des styles.

Nous avons des formes de jiu-jitsu sportif ou de combat libre actuelles grâce aux époques, aux intentions et aux récits qui les ont façonnées. De même, le Krav Maga ou les arts martiaux philippins ont évolué au gré des époques et des populations qu’ils ont rencontrées. Connaître ou, plutôt, s’intéresser à l’histoire de nos écoles et styles permet de comprendre pourquoi nous appliquons telle ou telle technique.

Ou pourquoi il est parfois tabou ou mal vu de pratiquer certaines techniques. Je pense, par exemple, aux clés de jambes, longtemps considérées comme la « clé du pauvre » en jiu-jitsu. La culture dans laquelle un style s’est développé nous éclaire également sur certaines pratiques. Par exemple, un Russe ne salue pas comme un Japonais, bien que le sambo soit issu du Kodokan Judo, en plus des luttes nationales.

Est-ce que cet enseignement, qui me paraît évident, n’intéresse pas les pratiquants ? Devrait-il néanmoins être dispensé lors des cours ? Est-il nécessaire de connaître l’histoire et les raisons pour lesquelles tel ou tel système fonctionne selon des logiques théoriques et des formes pratiques afin de rendre les pratiquants plus ouverts à leur discipline ?

#histoire #culture #tradition #connaissance #théorie #artsmartiaux #sportdecombat

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Be one,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #257: Educating Ourselves on the History of Our Styles

All martial disciplines have a history. Even if a teacher has developed their own form, there is a style behind them that was taught and shared. One can create a new style of karate or jiu-jitsu, but karate will always be a discipline from Okinawa with its countless stories, just as jiu-jitsu remains a Japanese school.

Looking at the new generation of practitioners who constantly post on social media, I notice their incredible passion, which is heavily documented by everything they do in training or competition fights. They talk about challenges between schools and styles, but… they know nothing about the history of styles as recent as BJJ or MMA.

They confuse wrestling with judo and criticize comments from people stating historical facts because they don’t align with social media propaganda. It’s both amusing and damaging to the future of the styles.

We have modern forms of sport jiu-jitsu or free fighting today because there were different times, intentions, stories, and eras. Just as we have Krav Maga or Filipino martial arts, which have evolved through the various eras and populations they encountered. Knowing, or rather, being interested in the history of our schools and styles helps us understand why we perform certain techniques.

Or why it is sometimes taboo or frowned upon to practice certain techniques. For instance, leg locks were long considered the “poor man’s submission” in jiu-jitsu. The culture in which a style developed also helps us understand why a Russian doesn’t greet like a Japanese, even though sambo comes from Kodokan Judo along with national wrestling styles.

Does this knowledge, which I easily grasp, fail to interest practitioners? Should it still be taught in classes? Is it necessary to know the history and the reasons why certain systems work based on theoretical logic and practical forms to make practitioners more open to their disciplines?

#history #culture #tradition #knowledge #theory #martialarts #combat sports

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Be one,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #252 : Les cours enfants et adolescents

Dans cet article, je partage mon expérience d'enseignement des arts martiaux et explique pourquoi je préfère ne pas donner de cours aux enfants et aux adolescents. Découvrez les défis et les beautés de l'enseignement traditionnel et comment il est essentiel de connaître le public que nous aimons enseigner.

Je donne des cours d’arts martiaux depuis que je suis ceinture marron en karaté, donc depuis mes 17 ans. Bien sûr, au début, j’étais assistant, et les leçons étaient destinées aux enfants et aux adolescents. J’ai eu la chance, comme beaucoup de jeunes, d’avoir un dojo qui permettait de se plonger dans l’enseignement.

Cependant, une chose que j’ai vite comprise, c’est que l’enseignement pour les jeunes n’est pas un monde qui me correspond. J’ai paradoxalement commencé les arts martiaux en étant adolescent, mais j’étais en cours pour adultes dès l’âge de 14 ans, donc je n’ai pas eu une éducation martiale issue d’un enseignement pour des jeunes. Autant le dire, c’était un enfer, j’en vomissais tous les jours.

Du coup, j’ai un mode d’enseignement à l’ancienne, avec tous les défauts que cela peut comporter mais aussi toutes les belles choses que cela peut apporter au-delà du dojo. Depuis des années, par taquinerie, on me demande si je veux donner des cours aux enfants et adolescents, ce que je décline toujours, car je ne suis pas du tout adapté à ce public.

Je n’ai ni la patience, ni même le plaisir de devoir sans cesse « occuper » les jeunes ; je n’aime pas faire la police et je n’ai pas le temps de devoir tout justifier. C’est là que je suis toujours fasciné par ces professeurs de judo, que je pense être les meilleurs, en tout cas les mieux formés, ou mes amis en BJJ qui forment des petits à avoir un jeu complètement incroyable.

Il y a vraiment une façon d’aborder les cours et le partage de manière spécifique, avec cette volonté de leur donner de la technique, du jeu et aussi quelques comportements sociaux positifs. Les professeurs de sport en général et ceux des arts martiaux, qui sont souvent des bénévoles, sont des personnes en or, qui permettent à de nombreux jeunes de se passionner et de progresser.

Ce que je trouve beau aussi, même si c’est rare, c’est de voir des professeurs qui forment, depuis leur enfance, un de ces athlètes qui restent avec leur sensei le plus longtemps possible (car parfois, il faut aller dans une structure plus spécialisée pour progresser). Ces combattants, qui deviennent champions, partagent leur succès avec celui ou celle qui a été là depuis le début, leur donnant l’envie et le courage de persévérer.

Je pense qu’il est important de savoir quel public nous aimons avoir pour proposer un enseignement qui soit le plus juste pour les personnes qui viennent découvrir et apprendre les arts martiaux.

enseignement #artsmartiaux #enfants #adultes #public

Prenez uniquement ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #252: Children’s and Teenagers’ Classes

I have been teaching martial arts since I was a brown belt in karate, so since I was 17 years old. Of course, at first, I was an assistant, and the lessons were for children and teenagers. I was fortunate, like many young people, to have a dojo that allowed me to immerse myself in teaching.

However, one thing I quickly realized is that teaching young people is not a world that suits me. I paradoxically started martial arts as a teenager but was in adult classes from the age of 14, so I never had a martial education aimed at young people. To be honest, it was hell; I would throw up every day.

As a result, I have an old-fashioned teaching style, with all the flaws that come with it but also all the beautiful things it can bring beyond the dojo. For years, people have jokingly asked me if I want to teach children and teenagers, which I always decline because I am not at all suited to that audience.

I neither have the patience nor the pleasure of constantly having to « occupy » young people; I don’t like policing, and I don’t have the time to justify everything. That’s where I’m always fascinated by those judo teachers, whom I consider to be the best or at least the most well-trained, or my friends in BJJ who train little ones to have an incredible game.

There is truly a specific way to approach classes and sharing, with the desire to give them technique, play, and also some positive social behaviors. Sports teachers in general, and martial arts instructors who are often volunteers, are golden people who help many young people become passionate and progress.

What I also find beautiful, even if it’s rare, is to see teachers who train, from childhood, one of those athletes who stays with their sensei as long as possible (because sometimes you have to go to a specialized place to progress). These fighters, who become champions, share their success with the one who has been there from the start, giving them the desire and courage to go on.

I think it is important to know which audience we like to have in order to offer teaching that is most fair to the people who come to discover and learn martial arts.

teaching #martialarts #children #adults #audience

Take only what is good and right for you.

Be one,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #246 : Comment choisir son style de combat à la rentrée ?

Dans cet article, Pank vous guide pour choisir le style martial qui correspond le mieux à vos attentes à la rentrée. De la réflexion sur les traditions et méthodes d'enseignement, à l’ambiance sportive et aux objectifs de bien-être ou de compétition, découvrez les critères essentiels pour faire le bon choix. Explorez aussi la dimension philosophique et spirituelle de certaines disciplines et l'importance de se sentir bien dans une salle avec des professeurs motivants et accessibles.

Nous n’avons pas tous la chance de choisir les sports de combat ou les arts martiaux que nous souhaiterions découvrir en début de saison. Par exemple, à Plaisir dans le 78, quand j’étais enfant, je pouvais pratiquer le Judo, le Karaté et la Boxe Française. J’avais quand même cette chance de pouvoir explorer trois pratiques très différentes. Le choix pouvait être simple. Mais aujourd’hui, avec toutes ces académies pluridisciplinaires comme le Fushan Kwoon à Vanves où je m’entraîne, il peut être difficile de se décider.

Il peut être utile de se poser la question suivante : est-ce que je veux un style associé à des traditions et des méthodes « anciennes » d’enseignement, ou plutôt une ambiance sportive orientée bien-être ou compétition, voire simplement une méthode de self-defense ? Cela nous donne un premier indice : un art martial traditionnel, un sport de combat, ou encore de la self-defense. Parfois, certaines disciplines proposent les trois, et pour ceux qui veulent toucher à tout, c’est une bonne alternative.

Ensuite, il y a la notion de préhension ou de percussion. Est-ce que je préférerais être dans un sport de frappes, comme une boxe sportive ou martiale ? En général, beaucoup de personnes se voient combattre principalement avec des frappes, qu’elles trouvent plus défoulantes. Un autre élément qui pousse beaucoup de gens vers les sports de frappes, c’est le fait de ne pas être collé à quelqu’un ou devoir chuter.
En revanche, si vous aimez saisir, vous chamailler en luttant comme des enfants, la préhension et son aspect ludique peuvent rapidement vous rendre accro.

Si l’on parvient déjà à déterminer ces deux points, à moins que l’on souhaite plonger dans une culture spécifique comme le Vietnam (Vovinam, Qwan Ki Do), le Japon (Kenpo, Taikiken, Kyokushin), l’Inde (Kalaripayat) ou d’autres (Kali, Silat, Capoeira), le nom et les origines de la discipline importent peu. Un dernier point à considérer est la facette philosophique et spirituelle ; certaines disciplines comme l’Aïkido ou le Shorinji Kempo mettent l’accent sur cet aspect de la pratique globale de l’apprenti combattant.

Et, comme pour choisir un thérapeute, l’important n’est pas où un ami vous envoie, mais ce que vous ressentez en découvrant la discipline, ainsi que l’ambiance de la salle et les professeurs. La proximité est également un atout, car les périodes froides et pluvieuses peuvent facilement démotiver ; et moins on en fait, moins on revient…

artsmartiaux #rentrée2024 #Style #Karate #Judo #BJJ #Aikido #Kalaripayat #Kali #MMA #Boxe #Systema #diversité

Prenez uniquement ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #246: How to Choose Your Style for the New Season?

Not all of us have the chance to choose the combat sports or martial arts we want to explore at the beginning of the season. For example, in Plaisir in the 78 region, when I was a child, I could practice Judo, Karate, and French Boxing. I was lucky enough to explore three very different practices. Choosing could be simple. But now, with all these multidisciplinary academies like Fushan Kwoon in Vanves, where I train, making a decision can be difficult.

It might be useful to ask yourself: do I want a style associated with traditions and « ancient » teaching methods, or rather a sporty atmosphere focused on well-being or competition, or perhaps just a self-defense method? This gives us a first clue: a traditional martial art, a combat sport, or self-defense. Sometimes, some disciplines offer all three, and for those who want to try everything, this is a good alternative.

Next, there is the notion of grappling or striking. Would I prefer a striking sport, like a boxing style, whether sportive or martial? In general, many people see themselves fighting mainly with strikes, which they find more stress-relieving. Another factor that draws many people to striking sports is the idea of not being too close to someone or having to fall.
On the other hand, if you enjoy grabbing, wrestling like children, the playful aspect of grappling can quickly become addictive.

If you can determine these two points, unless you want to dive into a specific culture like Vietnamese (Vovinam, Qwan Ki Do), Japanese (Kenpo, Taikiken, Kyokushin), Indian (Kalaripayat), or others (Kali, Silat, Capoeira), the name and origins of the discipline don’t matter much. A final point to consider is the philosophical and spiritual aspect; certain disciplines like Aikido or Shorinji Kempo emphasize this aspect of the overall practice of the apprentice fighter.

And, like choosing a therapist, what’s important is not where a friend sends you, but how you feel when discovering the discipline, along with the atmosphere of the gym and the instructors. Proximity is also a plus, because cold and rainy seasons can easily demotivate you; and the less you do, the less you come back…

martialarts #newseason2024 #Style #Karate #Judo #BJJ #Aikido #Kalaripayat #Kali #MMA #Boxing #Systema #diversity

Take only what is good and right for you.

Be one,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #243 : Ce professeur qui change tout

Découvrez comment un enseignant exceptionnel peut transformer votre expérience des arts martiaux. Ce témoignage explore l'influence profonde qu'un sensei peut avoir sur la vision martiale et la vie de ses élèves, et comment choisir le bon guide pour votre propre parcours.

Pour beaucoup d’entre nous, dans le monde des arts martiaux et des sports de combat, il y a ces figures légendaires qui marquent notre parcours. Nous les avons souvent rencontrées au fil de notre progression, et il y a fort à parier qu’elles ne se rendent même pas compte à quel point nous leur sommes reconnaissants.

Pour moi, c’est mon premier sensei, un enseignant nommé Alain Baron, qui avait 27 ans quand j’ai commencé le karaté. Il m’a montré son Dō, sa manière d’aborder les arts martiaux. J’ai eu la chance de rester avec lui jusqu’à l’obtention de mon shodan. J’ai ainsi pu observer son évolution et la manière dont il a fait évoluer son enseignement. Il a profondément influencé ma vision martiale, mais aussi ma façon d’agir dans la vie.

Ces expériences sont de précieux exemples pour chacun d’entre nous qui partageons notre savoir et notre passion. Lorsque nous avons eu la chance de croiser de telles personnes dans notre vie, cela nous offre un modèle sur la manière dont nous souhaitons, à notre tour, transmettre cet héritage. Il est certain que, pour de nombreux autres pratiquants, nous serons peut-être aussi ce professeur qui change tout, ou au contraire, celui qui ne change rien, voire qui peut rebuter.

Car il y a aussi cet aspect à prendre en compte : nous avons tous croisé sur notre chemin des professeurs avec qui nous n’avons pas accroché, avec qui nous ne nous sommes pas sentis à l’aise. Pourtant, par passion et souvent par manque de choix, nous restons au dojo pour continuer à apprendre et essayer de progresser.

Parfois, ces professeurs peuvent même pousser certains à abandonner ou à se détourner complètement des arts martiaux, ou tout du moins de l’école où ils pratiquent. Il est important d’éviter des jugements trop hâtifs, en disant qu’ils sont mauvais et ne devraient pas enseigner.

Simplement parce que celui que nous n’apprécions pas a peut-être été, pour d’autres, celui qui a tout changé pour le mieux.

À nous de faire de notre mieux avec ce que nous sommes et nos valeurs, pour partager une voie martiale qui nous semble juste, en espérant que cela puisse apporter au plus grand nombre.

karate #enseignement #sensei #professeur #artsmartiaux

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #243: The Teacher Who Changes Everything

For many of us in the world of martial arts and combat sports, there are those legendary figures who leave a lasting mark on our journey. We often encounter them as we progress, and it’s likely that they don’t even realize how grateful we are to them.

For me, it’s my first sensei, a teacher named Alain Baron, who was 27 years old when I started karate. He showed me his Dō, his approach to martial arts. I was fortunate enough to stay with him until I earned my shodan. This allowed me to witness his evolution and the way he adapted his teaching. He deeply influenced my martial vision, as well as my approach to life.

These experiences provide valuable examples for those of us who share our knowledge and passion. When we have had the chance to meet such people in our lives, it gives us a model for how we wish to pass on this legacy. It’s certain that, for many other practitioners, we may also become that teacher who changes everything, or conversely, the one who changes nothing, or even the one who might turn them away.

Because there’s another aspect to consider: we have all encountered teachers along our path with whom we didn’t connect, with whom we didn’t feel comfortable. Yet, out of passion and often due to a lack of choice, we remain at the dojo to keep learning and trying to progress.

Sometimes, these teachers might even cause some to quit or to completely turn away from martial arts, or at least from the school where they practiced. It’s important to avoid making hasty judgments by saying they are bad and shouldn’t be teaching.

Simply because the one we didn’t appreciate may have been, for others, the one who changed everything for the better.

It’s up to us to do our best with who we are and our values, to share a martial path that seems right to us, hoping that it may benefit as many people as possible.

karate #teaching #sensei #teacher #martialarts

Take only what is good and right for you.

Be one,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #239 : De la posture statique à dynamique

Une critique des méthodes d'entraînement en arts martiaux qui favorisent une approche statique des attaques. Comment la transition vers une posture dynamique pourrait améliorer la réponse en situation réelle?

Il y a une chose qui m’agace souvent quand je regarde des vidéos, en particulier sur la notion de self-défense ou de Goshin jutsu. Si je comprends qu’il ne faille pas nécessairement se mettre en garde (encore que), cette notion de coup de poing ou de pied qui se bloque comme si de rien n’était me semble problématique.

Pour les plus karatékas d’entre vous, c’est un peu l’idée de l’Ippon Kumité, où l’adversaire attaque et nous mettons en place un blocage suivi d’un contre. Le karaté, comme de nombreux styles traditionnels — mais on le retrouve aussi dans des exercices de boxe —, habitue le partenaire à rester le bras tendu après sa percussion d’attaque.

Chose qui, dans une opposition, reste assez rare vu la dynamique des agressions et à quelle vitesse et violence les gestes sont effectués. À force d’habituer les apprenants à gérer une percussion avec un pseudo-blocage et des enchaînements comme on peut en voir en kali ou en silat, on se retrouve dans une notion de statique-dynamique-statique et une réponse dynamique de celui qui se défend.

Ces principes, et notamment ce qu’on va appeler les « entrées » en Kali-JKD-WT, ne fonctionnent que si l’agresseur revient dans une phase statique. Pourtant, un gars qui veut vous mettre une droite, soit il enchaîne avec l’autre main, soit il vous saisit, soit il sautille bizarrement, comme si les gars devenaient des boxeurs, mais nuls.

Ces entrées ne fonctionnent pas dès que l’on est en boxe, autrement dit en phase d’opposition, tout comme 80 % des entrées au bâton version kali ne passent pas quand l’opposant cherche à nous éclater la tête à pleine vitesse avec son bâton (cf. Dog Brothers).

Si clairement c’est séduisant de voir un professeur ou un apprenant répéter des techniques face à des adversaires qui lancent un crochet large et qui se prennent 5 coups énervés sans la moindre réaction.

J’ai beau adorer ces styles, les pratiquer et tenter de voir comment on pourrait être plus dans le réel, je reviens sans cesse aux formes de boxe plutôt qu’à cette idée commune de neutralisation sur une attaque qui, à mon avis, est le problème : c’est rarement aussi passif et propre (je pense au tsuki). Est-ce que le système ne devrait pas revoir, non pas les réponses en priorité, mais la façon d’aborder les attaques et les comportements proposés par les agresseurs (Tori) au dojo ?

kali #eskrima #MMA #karate #Silat #Selfdefense #Combat #Tori #Uke

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #239: From Static to Dynamic Posture

There’s something that often annoys me when I watch videos, particularly those focusing on self-defense or Goshin jutsu. While I understand that one doesn’t necessarily have to assume a guard stance (although sometimes it’s necessary), the idea of a punch or kick being blocked effortlessly seems problematic to me.

For those of you who practice karate, it’s a bit like the concept of Ippon Kumite, where the opponent attacks, and we respond with a block followed by a counterattack. Karate, like many traditional styles — but also in boxing drills — conditions the partner to keep their arm extended after delivering an attack.

However, in an actual confrontation, this is quite rare given the dynamics of real-life aggression and the speed and violence with which actions are performed. By repeatedly training students to deal with a strike using a pseudo-block and combinations, as seen in kali or silat, we end up with a static-dynamic-static concept and a dynamic response from the defender.

These principles, especially what we call « entries » in Kali-JKD-WT, only work if the aggressor returns to a static phase. Yet, a guy trying to land a right hook on you either follows up with his other hand, grabs you, or bounces around awkwardly, as if turning into a terrible boxer.

These entries don’t work once we’re in a boxing phase, meaning in opposition, just like 80% of kali stick entries fail when the opponent is going full speed to smash our head with his stick (see Dog Brothers).

While it’s clearly appealing to see a teacher or student repeat techniques against opponents who throw a wide hook and take 5 angry hits without any reaction, I can’t help but come back to boxing forms rather than this common idea of neutralization during an attack, which, in my opinion, is the problem: it’s rarely so passive and clean (I’m thinking of tsuki). Shouldn’t the system reconsider not just the responses, but how we approach the attacks and behaviors proposed by aggressors (Tori) in the dojo?

kali #eskrima #MMA #karate #Silat #Selfdefense #Combat #Tori #Uke

Be One,

Pank

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