Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #518 : Yoshinori Nishi

Vous ne vous souvenez probablement pas de ce combattant, d’autant plus si vous n’êtes pas un passionné de combat libre. En me penchant un peu sur le Daido Juku, ce karaté de Shihan Azuma qui est devenu le Kudo, je suis revenu sur les premiers pratiquants et champions. Nishi était l’un des grands de ce style, remportant en 1984 et 1985 le championnat Hokutoki.

Je reviendrai sur des éléments importants du Daido Juku, issu du Kyokushin, dans d’autres articles. Nishi a été formé au Judo par Kimura (la légende du Judo), puis rapidement au Kyokushinkai et surtout au Daido Juku vers 1983. Ce qui m’intéresse chez ce combattant, c’est qu’il a tenté de combattre dans des disciplines diverses. Il a notamment remporté le LUMAX, qui était déjà une sorte de MMA en tournoi, un peu comme l’UFC, en 1994. Quelques années auparavant, il avait combattu Rob Kaman (1990) en Kickboxing, où il subira un KO.

Il a été connu pour avoir affronté Rickson Gracie au premier Japan Open Vale Tudo de 1994. Il a rapidement perdu le match sans avoir pu s’exprimer. Ce qui est intéressant, c’est que la même année, nous avions un autre combattant du Daido Juku, d’ailleurs le premier Japonais à l’UFC, qui a perdu contre Royce Gracie : Minoki Ichihara.

Si Azuma a cherché en réponse à intégrer plus de sol et même à faire évoluer son Daido Juku, Nishi est parti dans une quête au travers de sa très célèbre école Wajutsu Keishukai. Il y a quelques années, j’avais lu qu’il avait été « coupé sous le pied » par les Gracie, parce qu’il s’était mis en tête de redévelopper le Jiujitsu au Japon. La réalité est plus simple : élève de Kimura, il a profité de sa rencontre avec un Gracie pour aller au Brésil faire une « recherche » sur la forme de Jiujitsu d’Helio Gracie, et savoir si la forme qu’ils avaient apprise était celle de la forme « originelle » du jiujitsu.

Chose que nous savons n’être pas le cas, car les Gracie ont été formés par Donato Pires, de la lignée Maeda, qui pratiquait un Kodokan Jiujitsu (les prémices du Judo). Nishi a orienté sa forme de combat vers le MMA, mettant de côté son Karategi et formant des combattants réputés dans les années 2000.

Il a vécu une période cruciale des arts martiaux modernes et, comme Azuma ou Sayama avec le Shooto, il y a eu une décision de se tourner vers l’efficacité et la mise à jour du combat plutôt que de rester dans la « tradition ».

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Martial Reflections of a Hypnofighter #518: Yoshinori Nishi

You probably don’t remember this fighter, especially if you’re not a free combat enthusiast. Going back a bit into Daido Juku, Shihan Azuma’s Karate which became Kudo, I revisited the early practitioners and champions. Nishi was one of the greats of this style, winning the Hokutoki championship in 1984 and 1985.

I will come back to important elements of Daido Juku, stemming from Kyokushin, in other articles. Nishi was trained in Judo by Kimura (the Judo legend), then quickly in Kyokushinkai and especially Daido Juku around 1983. What interests me about this fighter is that he tried to compete in various disciplines. He notably won the LUMAX, which was already a kind of MMA tournament, a bit like the UFC, in 1994. A few years before, he had fought Rob Kaman (1990) in Kickboxing, where he suffered a KO.

He was known for facing Rickson Gracie at the first Japan Open Vale Tudo in 1994. He quickly lost the match without being able to express himself. What’s interesting is that the same year, we had another Daido Juku fighter, actually the first Japanese in the UFC, who lost against Royce Gracie: Minoki Ichihara.

While Azuma sought to integrate more ground fighting and even evolve his Daido Juku in response, Nishi embarked on a quest through his very famous Wajutsu Keishukai school. A few years ago, I had read that he had been « undermined » by the Gracies because he had set out to redevelop Jiujitsu in Japan. The reality is simpler: a student of Kimura, he took advantage of his meeting with a Gracie to go to Brazil to do « research » on Helio Gracie’s form of Jiujitsu, and to know if the form they had learned was the « original » form of jiujitsu.

Something we know is not the case, as the Gracies were trained by Donato Pires, from the Maeda lineage, who practiced Kodokan Jiujitsu (the beginnings of Judo). Nishi oriented his fighting style towards MMA, setting aside his Karategi and training renowned fighters in the 2000s.

He lived through a crucial period of modern martial arts and, like Azuma or Sayama with Shooto, there was a decision to turn towards efficiency and updating combat rather than staying in « tradition ».

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #511 : Une philosophie martiale de canailles ?

Plus je partage ce que je découvre dans l’histoire du Jiujitsu Brésilien, plus je considère que les Gracie sont des « fripouilles ». Entre le storytelling volontairement exacerbé pour mettre en avant leur Jiujitsu, l’utilisation des médias pour menacer et insulter, ainsi que les actions violentes que les frères ont mises en place pour régler leurs comptes, nous avons une base qui est plus proche du gangster que du Bushido.

Pour rappel, les frères Gracie (seniors) ont menti sur leur filiation avec Conde Koma. Donato Pires, élève de ce dernier, a été le professeur des Gracie et ces derniers l’ont agressé. Manoel Ruffino a lui aussi été physiquement agressé sur un parking avec des poings américains, à trois contre un et par surprise, mettant fin à sa carrière de combattant professionnel. Ils ont développé un culte de la personnalité autour de Carlos et surtout Helio, et enfin, ils n’avaient aucun respect pour les femmes qui étaient juste des objets pour « produire » des combattants (une forme d’eugénisme, lire l’ouvrage de Rickson).

À votre avis, quel état d’esprit cela a-t-il donné aux origines du BJJ ? Et nous avons la réponse : des attaques d’académies pour blesser et humilier les personnes avec qui il y a un désaccord. En France, quand Riccio a battu Robin lors d’un Gracie Challenge, il a été menacé et même agressé en Espagne par des membres de la famille Gracie, dont Royce…

Il n’y a pas de martialité à la japonaise ou chinoise (je pourrais dire une vision orientale) mais ce n’est pas non plus l’état d’esprit de la boxe et des luttes du début du 20ème siècle. Le Gracie Jiujitsu, en termes de discipline et de philosophie, n’est pas celle des samouraïs, mais celle de « petites frappes », de « mafieux » qui, automatiquement, n’a pas donné une philosophie et une discipline comme on peut illusoirement s’y attendre.

À titre de comparaison, regardez le Kyokushin. Même si Oyama nous a fait un sacré storytelling, il y a certainement peu d’écoles qui peuvent se comparer en termes de respect et de discipline chez les pratiquants, ce qui est assez différent du côté Gracie. Ne pas enseigner « une morale » dans nos pratiques martiales peut entraîner des déviances que nous ne voyons que trop en Jiujitsu aujourd’hui…

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Martial Reflections of a Hypnofighter #511: A Rogue’s Martial Philosophy?

The more I share what I discover about the history of Brazilian Jiu-Jitsu, the more I consider the Gracies to be « scoundrels. » Between the deliberately exaggerated storytelling to promote their Jiu-Jitsu, the use of media to threaten and insult, and the violent actions the brothers implemented to settle scores, we have a foundation that is closer to that of gangsters than Bushido.

As a reminder, the Gracie brothers (seniors) lied about their lineage with Conde Koma. Donato Pires, a student of the latter, was the Gracies’ teacher, and they assaulted him. Manoel Ruffino was also physically assaulted in a parking lot with brass knuckles, three against one and by surprise, ending his professional fighting career. They developed a personality cult around Carlos and especially Helio, and finally, they had no respect for women, who were merely objects to « produce » fighters (a form of eugenics, read Rickson’s book).

In your opinion, what mindset did this create at the origins of BJJ? And we have the answer: attacks on academies to injure and humiliate people with whom there was a disagreement. In France, when Riccio defeated Robin in a Gracie Challenge, he was threatened and even assaulted in Spain by members of the Gracie family, including Royce…

There is no Japanese or Chinese martiality (I could say an Eastern vision), but it is not the mindset of early 20th-century boxing and wrestling either. Gracie Jiu-Jitsu, in terms of discipline and philosophy, is not that of the samurai, but that of « thugs, » of « mobsters » which, automatically, did not produce a philosophy and discipline one might illusionarily expect.

For comparison, look at Kyokushin. Even if Oyama also created a significant amount of storytelling, there are certainly few schools that can compare in terms of respect and discipline among practitioners, which is quite different from the Gracie side. Not teaching « morality » in our martial practices can lead to deviations that we see all too often in Jiu-Jitsu today…

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #452 : Connaître son histoire ?

Comme je vous le partageais sur mon post concernant la CFJJB et la FFJ, je mettais en avant le fait que les professeurs seraient un élément clé, notamment dans la culture qu’ils allaient insuffler à leurs cours. Je pensais, à travers cela, à l’histoire : comprendre d’où vient le style et pourquoi il est tel qu’il est. Pourquoi aujourd’hui un ancien ceinture noire pourrait ne pas voir les choses de la même façon qu’une jeune ceinture noire qui ne pense qu’au Jiujitsu sportif.

J’écoute le podcast très sympa « Strapology » avec Nicolas, Samir et Florian. Dans une de ses réponses sur l’origine du BJJ, Florian m’a fait « tilter » que l’histoire n’intéresse pas. Nico fait aussi une histoire plus complète de la Luta, et il donne des exemples modernes dans l’échange BJJ/Luta avec la BTT par exemple. Alors qu’il aurait été croustillant d’expliquer que les croisements entre le Gracie Jiujitsu et la Luta Livre se sont bien développés dans les années 50-60, notamment avec le rebelle de la famille Gracie : George.

Je comprends que cela n’intéresse pas un auditeur de podcast, qui suit une nouvelle génération. D’ailleurs, beaucoup de ceintures bleues n’ont aucune connaissance des champions d’il y a quelques années, simplement parce que leur vision de la compétition est dans l’ici et maintenant, avec notre mode de l’instantanéité. Ce qui fut n’est plus, et il faut un nouveau combattant ou une nouvelle technique qui va faire le « buzz ».

Je suis biaisé dans mon discours, j’aime les origines et les histoires, parce que pour moi cela fait partie de la culture des styles que je pratique quotidiennement. Quand je soulignais que la nouvelle génération se fiche de ce qui a pu être fait par la CFJJB depuis 20 ans, que Carlos Gracie Jr soit pote de David…

L’histoire, même avec des élèves de Mako comme Florian qui ont été dans le dojo initial de l’histoire du BJJ, là où Rickson Gracie a fait son premier stage en 95, le cercle Tissier, ne s’y intéresse pas. Et comprenez-moi bien, ce n’est pas un problème ; beaucoup de personnes qui font du karaté pensent qu’il n’existe que le Shotokan, voire ne connaissent même pas le style de leur école.

Seulement, dans une confrontation politique et avec un impact plus subconscient, si une fédération offre plus de « confort » aux combattants, aux professeurs et nourrit la reconnaissance, il y a de fortes chances que la francisation de la discipline, comme le judo et le karaté avant elle, ne posera aucun problème, parce que les sources n’auront jamais atteint l’océan de connaissances des jeunes pratiquants.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #452: Knowing Your History?

As I shared in my post about the CFJJB and FFJ, I emphasized that professors would be a key element, particularly in the culture they would instill in their classes. I was thinking, through this, about history: understanding where the style comes from and why it is the way it is. Why today an old black belt might not see things the same way as a young black belt who only thinks about sport Jiujitsu.

I listen to the very enjoyable podcast « Strapology » with Nicolas, Samir, and Florian. In one of his answers about the origin of BJJ, Florian made me « click » that history doesn’t interest people. Nico also gives a more complete history of Luta, and he provides modern examples in the BJJ/Luta exchange with BTT, for example. Whereas it would have been fascinating to explain how the cross-pollination between Gracie Jiujitsu and Luta Livre developed significantly in the 50s-60s, notably with the Gracie family’s rebel: George.

I understand that this doesn’t interest a podcast listener, who follows a new generation. In fact, many blue belts have no knowledge of champions from a few years ago, simply because their competitive vision is in the here and now, with our instantaneity mode. What was, is no more, and a new fighter or a new technique is needed to create a « buzz. »

I am biased in my discourse; I love origins and stories, because for me, it’s part of the culture of the styles I practice daily. When I pointed out that the new generation doesn’t care what the CFJJB has done for 20 years, that Carlos Gracie Jr is friends with David…

History, even with Mako’s students like Florian who were in the initial dojo of BJJ history, where Rickson Gracie did his first seminar in ’95, the Tissier circle, doesn’t interest them. And understand me well, it’s not a problem; many people who do karate think that only Shotokan exists, or even don’t know the style of their school.

However, in a political confrontation and with a more subconscious impact, if a federation offers more « comfort » to fighters, to professors, and fosters recognition, there’s a strong chance that the « Frenchification » of the discipline, like judo and karate before it, will pose no problem, because the sources will never have reached the ocean of knowledge of young practitioners.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #377 : Pour le MMA, retrouver un BJJ plus rustre

L'auteur, issu d'une génération pratiquant le BJJ pour le combat libre, remet en question l'efficacité du Jiujitsu sportif moderne en MMA, le jugeant trop raffiné et complexe face aux frappes. Il suggère que des approches plus basiques et brutales, comme la Luta Livre ou le BJJ orienté Vale Tudo, pourraient être plus adaptées pour contrer la lutte en cage. Il prône une réorientation des techniques grappling en MMA vers des attaques agressives et des prises de dos rapides. Le texte souligne que les clubs de MMA actuels adaptent le BJJ plutôt que d'imposer une forme pure.

Je ne suis pas fan du Jiujitsu Sportif, même si je suis très content que de plus en plus de pratiquants se lancent dans notre discipline pour cela. Je suis de la génération qui faisait du BJJ pour l’appliquer en combat libre. Si je m’interroge à chaque entraînement de MMA et en visionnant les matchs de l’UFC ou autre, j’en reviens à me dire que notre version sportive n’est pas la plus adaptée.

Je ne pense pas que le Jiujitsu moderne soit moins efficace que sa version ancienne, mais elle s’est professionnalisée pour la version sportive. Il y a eu de rares actions décisives de techniques “modernes” avec un Ryan Hall, mais globalement, on l’a vu encore la semaine dernière avec Figueiredo et ses tentatives infructueuses de leg locks.

Si le Jiujitsu galère en MMA, c’est paradoxalement parce que c’est trop raffiné. Trop de logiques complexes. Je ne parle même plus des débats absurdes avec le Gi et les détails excellents pour des matchs de BJJ ou grappling mais qui ne pourront pas être mis en place à cause des frappes.

Je pense que les formats Luta Livre ou le Jiujitsu orienté Vale Tudo, qui sont clairement plus basiques, bruts et rustres, sont des approches qui peuvent s’opposer à une lutte plus “basique”. Limiter les techniques vers ce qui peut mettre en sécurité et agresser l’opposant.

De même que le travail en lutte est devenu assez spécialisé en cage control avec une forme russe ou américaine, la façon d’attaquer cette phase en utilisant le jiujitsu pourrait être retravaillée avec beaucoup d’agressivité : de guillotine et de triangle de bras, ou, comme on le voit de plus en plus, par cette quête de la prise de dos dès la phase debout.

Penser le BJJ ou la Luta comme base pour le MMA est très différent de leur facette sportive ou Self Defense. Aujourd’hui on a des clubs de MMA, et non plus des clubs de Jiujitsu qui voudraient imposer leur discipline, mais qui s’adaptent au MMA avec leurs points forts. C’est différent, mais « refaire la roue » du MMA n’a sûrement plus d’intérêt…

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Martial Reflections of a Hypnofighter #377: For MMA, Finding a More Rugged BJJ

I am not a fan of Sport Jiujitsu, even though I am very happy that more and more practitioners are getting into our discipline for that purpose. I am from the generation that trained BJJ to apply it in free fight (MMA). As I reflect during every MMA training session and when watching UFC or other fights, I come back to the conclusion that our sport version is not the most suitable.

I don’t think modern Jiujitsu is less effective than its older version, but it has become professionalized for the sport version. There have been rare decisive actions from « modern » techniques with a Ryan Hall, but overall, we saw it again last week with Figueiredo and his unsuccessful leg lock attempts.

One reason why Jiujitsu struggles in MMA is that it is paradoxically too refined. Too many complex logics. I’m not even talking about the absurd debates with the Gi and details that are excellent for BJJ or grappling matches but cannot be implemented because of strikes.

I think formats like Luta Livre or Vale Tudo-oriented Jiujitsu, which are clearly more basic, brutal, and rugged, are approaches that can counter a more « basic » wrestling game. Limit techniques to what can ensure safety and attack the opponent.

Just as wrestling work has become quite specialized in cage control with Russian or American forms, the way to attack this phase using jiujitsu could be reworked with a lot of aggressiveness: guillotine and arm triangle attacks, or, as we see more and more, this quest for back take starting from the standing phase.

Thinking of BJJ or Luta as a base for MMA is very different from their sport or Self Defense aspects. Today we have MMA clubs, and no longer Jiujitsu clubs that want to impose their discipline, but rather clubs that adapt to MMA with their strengths. It’s different, but « reinventing the wheel » of MMA surely has no more interest…

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #223 : La difficulté de la tradition

Dans les arts martiaux, il y a souvent un discours orienté vers le passé, un respect envers les anciens qui peut parfois être bénéfique, mais qui peut tout autant freiner le développement du système. Par exemple, depuis la forme de Shaolin du Wushu, nous avons évolué vers des styles aussi spécifiques que le Wing Chun.

À quand remonte la tradition ? Au Xi Yi Chuan, au Yi Chuan de Wang Xiangzhai ou au Taikiken de Sawai ? Devons-nous considérer Carlos Gracie comme le fondateur de la forme traditionnelle du Jiujitsu brésilien ou Maeda qui lui a enseigné ? Mais ce dernier représentait le Kodokan Judo. Se pourrait-il que la tradition du Jiujitsu brésilien soit en réalité la forme japonaise ?

En Kyokushin, lorsqu’on parle de tradition, met-on en avant le travail de Mas Oyama ou doit-on remonter au Goju ryu de Yamaguchi Sensei, voire à la forme d’Okinawa de Miyagi Chojun ?

Au-delà de l’origine de la tradition, nous voyons que nous respectons souvent le style, l’école comme étant traditionnels, mais en réalité ce que les fondateurs ont créé n’était pas traditionnel, c’était une évolution. Pour Ueshiba, l’Aikido n’était pas du Daito ryu Aikijutsu, ainsi il devient un non-traditionaliste…

Quand on dit aux élèves dans une forme ou un kata de faire tel ou tel mouvement parce que c’est “traditionnellement” comme ça qu’on le fait, de quoi parle-t-on ? De qui parle-t-on ?

Il est important d’avoir de la gratitude envers nos anciens qui ont partagé leurs compréhensions, mais nous ne devons surtout pas nous enfermer dans telle ou telle forme. Il est facile de revenir sur le passé comme une figure d’autorité sur la justesse de ce qui est enseigné, mais comme je vous l’ai déjà partagé, s’il y avait une forme juste, nous n’aurions pas autant de différences sur des katas communs aux différents styles.

Si nous souhaitons suivre une lignée, il est important de connaître ce qui a été fait, mais les façons de combattre évoluent. Il est donc crucial que les nouvelles générations repensent les fondamentaux pour offrir des outils qui correspondent aux besoins actuels.

#karate #jiujitsu #MMA #tradition #modernisme #difficulté #yichuan #taikiken

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Martial Reflections of a Hypnofighter #223: The Difficulty of Tradition

In martial arts, there is often a discourse oriented towards the past, a respect for the elders that can sometimes be beneficial but can also hinder the development of the system. For example, from the Shaolin form of Wushu, we have evolved to styles as specific as Wing Chun.

To when does tradition date back? To Xi Yi Chuan, to Yi Chuan by Wang Xiangzhai, or to Taikiken by Sawai? Should we consider Carlos Gracie as the founder of the traditional form of Brazilian Jiu-Jitsu or Maeda, who taught him? But the latter represented Kodokan Judo. Could it be that the tradition of Brazilian Jiu-Jitsu is, in reality, the Japanese form?

In Kyokushin, when we talk about tradition, do we highlight the work of Mas Oyama, or should we go back to the Goju Ryu of Yamaguchi Sensei, or even further to the Okinawan form of Miyagi Chojun?

Beyond the origin of the tradition, we see that we often respect the style, the school as traditional, but in reality, what the founders created was not traditional; it was an evolution. For Ueshiba, Aikido was not Daito Ryu Aikijutsu, so he becomes a non-traditionalist…

When we tell students in a form or kata to perform a particular movement because that’s « traditionally » how it is done, what are we talking about? Whom are we talking about?

We can genuinely have gratitude towards our elders who shared their understandings, but we must not lock ourselves into any particular form. It is easy to refer to the past as an authority on the correctness of what is taught, but as I have already shared with you, if there were a correct form, we would not have so many differences in common katas across different styles.

If we wish to follow a lineage, it is important to know what has been done, but the ways of fighting evolve. Therefore, it is crucial for new generations to rethink the fundamentals to offer tools that meet current needs.

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