Réflexions martiales d’un Hypnofighter #497 : La rétention de garde en Jiu-Jitsu

Comme beaucoup de combattants de MMA, quand j’ai commencé à combattre après la découverte du Jiu-Jitsu, je voulais me retrouver dos au sol pour placer un triangle ou un jujigatame (clé de bras). De plus, en France, au début de la pratique, les percussions au visage au sol étaient très rarement autorisées.

Comme pour beaucoup de pratiquants, le combat depuis la garde (sur le dos) était pour moi l’élément différenciateur du Jiu-Jitsu. Avec les années, ma réflexion autour du combat de rue, et plus encore avec l’évolution du MMA, a changé : l’idée d’être sur le dos n’était plus du tout ce que je souhaitais. Je savais même qu’avec certains types de combattants, cela pourrait s’avérer très complexe.

Pourtant, en compétition IBJJF/CFJJB, s’il ne se passe pas grand-chose, c’est souvent le combattant qui est dessous (c’est-à-dire en garde) qui obtiendra la décision arbitrale. Je me demandais pourquoi. Dans les différents textes que je lis sur le BJJ, la Luta Livre et le Catch Wrestling, il y a peut-être une réponse.

Rappelez-vous que les combats jusqu’aux années 70 ressemblaient au Judo et pouvaient même accepter le principe du tombé de la lutte (pin). Les frères Gracie, et surtout Hélio, suivaient la doctrine de self-défense de Carlos, son aîné. C’est notamment parce qu’il n’était pas bon en Tachi Waza (debout en mode projection). Du coup, il tirait la garde et la fermait, sachant que les combats pouvaient souvent durer plusieurs rounds de 10 minutes (sur ring).

Il n’y avait pas de frappes ; les combats de Vale Tudo jusqu’aux années 50-60 étaient assez rares. Par conséquent, il fatiguait les adversaires qui étaient souvent des spécialistes de projection et de contrôle. Les combats finissaient majoritairement en match nul (draw) ou par des soumissions de la part d’Hélio.

Il est possible que Carlos Jr, avec les règles du Jiu-Jitsu sportif, ait voulu mettre en valeur ce qui fait la vraie différence du Jiu-Jitsu par rapport aux autres styles de préhension, en favorisant les combattants qui tirent la garde. Rappelez-vous que la première génération de pratiquants de Jiu-Jitsu Gracie n’était pas bonne du tout debout ; d’où, comme en Kosen Judo, le développement du sol.

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 Martial Reflections of an Hypnofighter #497: Guard Retention in Jiu-Jitsu

Like many MMA fighters, when I started fighting after discovering Jiu-Jitsu, I wanted to end up on my back on the ground to set up a triangle choke or a jujigatame (armbar). Furthermore, in France, in the early days of the practice, strikes to the face on the ground were very rarely allowed.

For me, like many practitioners, fighting from the guard (on one’s back) was the differentiating element of Jiu-Jitsu. Over the years, my reflections on street fighting, and even more so with the evolution of MMA, changed: the idea of being on my back was no longer what I wanted at all. I even knew that against certain types of fighters, it could prove very complex.

However, in IBJJF/CFJJB competition, if not much is happening, it is often the fighter underneath (i.e., in guard) who will get the referee’s decision. I wondered why. In the various texts I read on BJJ, Luta Livre, and Catch Wrestling, there might be an answer.

Remember that fights up until the 70s resembled Judo and could even accept the wrestling principle of the pin. The Gracie brothers, and especially Helio, followed the self-defense doctrine of Carlos, his elder brother. This was notably because he was not good at Tachi Waza (standing throws). Therefore, he pulled guard and closed it, knowing that fights could often last for several 10-minute rounds (in a ring).

There were no strikes; Vale Tudo fights until the 50s and 60s were quite rare. Consequently, he tired out opponents who were often specialists in throws and control. The fights mostly ended in a draw or with submissions by Helio.

It is possible that Carlos Jr., with sporting Jiu-Jitsu rules, wanted to highlight what makes the true difference of Jiu-Jitsu compared to other grappling styles by favoring fighters who pull guard. Recall that the first generation of Gracie Jiu-Jitsu practitioners was not good at all standing up; hence, just like in Kosen Judo, the development of ground fighting.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #474 : Rester sur le dos ou renverser 

Le Gracie Jiujitsu a révolutionné le monde du combat en un contre un, offrant la possibilité de finir un affrontement depuis le dos. Cela peut sembler contre-intuitif, mais il est vrai que des clés de bras ou des étranglements peuvent surprendre et soumettre un adversaire qui se sent en « sécurité » dans la garde.

Cependant, si l’on s’en tient à un Jiujitsu martial, cette idée de soumettre depuis une position inférieure n’est pas nécessairement celle qui devrait être la plus privilégiée. Nous savons d’autant plus aujourd’hui qu’une grande majorité des combattants savent se défendre contre ces techniques. Il est toujours plus simple d’empêcher une action que de l’initier, surtout lorsqu’il s’agit de mouvements complexes impliquant des rotations, des saisies, des mouvements de jambes ou des montées de hanches. De plus, il y a la notion de « slam », qui consiste à soulever complètement l’adversaire en tentative de soumission et à le projeter violemment au sol, une pratique totalement proscrite en Jiujitsu sportif.

Dans ma logique, les opposants peuvent toujours frapper même lorsque l’on est en phase d’apprentissage de prises. Dès lors, je préfère que celui qui est en dessous cherche plutôt à renverser ou à inverser la position. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on observe beaucoup de « wrestle-ups », souvent moins complexes qu’un « sweep » et permettant d’inverser la situation ou de revenir debout en « clinch ».

Apprendre à finir le combat par une soumission est gratifiant, mais je le trouve trop risqué. J’estime qu’enseigner et pratiquer la possibilité de renverser pour chercher la soumission depuis une position où la gravité, la possibilité de fuir et d’impacter avec des frappes, le cas échéant, est certes moins visuel et étonnant dans un match, mais plus sécurisant.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #474: Staying on Your Back or Reversing

Gracie Jiujitsu changed the world of 1v1 combat, with the possibility of finishing a fight from the back. This is quite counter-intuitive, but it’s true that armlocks or chokes can surprise and defeat an opponent who feels « safe » in the guard.

However, if we stick to Martial Jiujitsu, this idea of submitting from underneath is not necessarily what should be most utilized. We know all the more today that a large majority of fighters know how to defend themselves. And it is always simpler to prevent something than to initiate it.

Especially in complex movements involving rotation, grips, leg movements, or hip raises. Moreover, there are « slams, » the notion of completely lifting someone attempting a submission and slamming them full force into the ground, which has been completely prohibited in sport Jiujitsu.

In my logic, opponents can always strike even when we are learning grappling. Therefore, I prefer that the one who is underneath seeks instead to reverse or invert the position. This is why we see a lot of « wrestle-ups, » often less complex than a « sweep » and allowing for a reversal of the situation or returning to a standing clinch.

Learning to finish the fight with a submission is gratifying, but I find it too risky. I believe that teaching and practicing the possibility of reversing to seek submission from a position where gravity, the possibility of escaping, and impacting with strikes, if necessary, is certainly less visual and surprising in a match, but more secure.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #242 : L’ouverture à l’affrontement

Une réflexion sur l'importance de l'ouverture et de l'accueil dans les arts martiaux, au-delà de la simple technique. Comment l'abandon de la garde, tant dans la pratique martiale que dans la vie quotidienne, peut mener à une maîtrise plus profonde des confrontations.

Je relis un livre sur l’aïkido qui m’avait beaucoup plu il y a quelques années. Peu importe la notion d’efficacité, qui pour moi n’est pas le but de la discipline, je trouve des éléments philosophiques et des travaux intérieurs passionnants avec cette méthode. Il y a cette notion posturale où il n’y a pas de garde, cette attente et cet accueil de l’autre.

Cette idée et cette pratique physique offrent un passage du vide de l’action à la dynamique d’attaque. Ce laps de temps entraîne une réponse à la fois physique et mentale. Se dire que nous sommes ouverts aux actes (dans notre cas « agression ») mais avec une intention d’accueil, c’est-à-dire d’absorption de l’autre (et de son comportement), est passionnant.

Je sais que les pratiquants de Systema ont aussi cette notion très absorbante de l’action proposée par l’autre pour donner une réponse. Cela se retrouve en Judo ou Jiu-Jitsu, dans la philosophie de Kano : quand ton adversaire pousse, tire ; quand il tire, pousse.

Je trouve qu’au-delà de la pratique du corps, c’est une chose que nous devrions être capables de mettre en place dans notre quotidien. Venir sans garde dans toutes les situations de notre vie. Non pas comme un naïf qui ne s’attend pas à la violence, la colère ou la haine possibles dans différents contextes du quotidien, mais comme le pratiquant qui, avec confiance et conscience, accepte l’accueil de l’autre et des situations, et sait aussi réorienter ou neutraliser ce qui serait empreint d’agressivité et d’intention négative.

Parvenir à baisser la garde, à relâcher ses défenses face à l’inconnu de la vie, chercher à s’unifier plutôt qu’à diviser, tout en restant attentif et ouvert aux ombres qui peuvent s’exprimer, entraîne le pratiquant dans une utilisation de son expérience martiale à un autre niveau.

Nous ne devons néanmoins pas feindre l’ouverture, être sans garde pour surcompenser par une démonstration de puissance, alors qu’en réalité, cela ferme aux autres et provoque une « agression » par des comportements « cools ».

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Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #242: The Openness to Confrontation

I’m rereading a book on Aikido that I enjoyed a lot a few years ago. Regardless of the notion of effectiveness, which for me is not the goal of the discipline, I find fascinating philosophical elements and inner work within this method. There’s this postural notion where there is no guard, this waiting and welcoming of the other.

This idea and physical practice offer a transition from the void of action to the dynamics of attack. This lapse of time triggers both a physical and mental response. The thought that we are open to actions (in our case, « aggression ») but with an intention of welcoming, that is, absorbing the other (and their behavior), is fascinating.

I know that practitioners of Systema also have this very absorbing notion of the action proposed by the other to give a response. This is also found in Judo or Jiu-Jitsu, in Kano’s philosophy: when your opponent pushes, pull; when he pulls, push.

I believe that beyond the practice of the body, this is something we should be able to implement in our daily lives. Approaching all situations in life without a guard. Not as a naive person who doesn’t expect violence, anger, or possible hatred in different contexts of daily life, but as a practitioner who, with confidence and awareness, accepts the welcoming of the other and situations, and also knows how to redirect or neutralize what might carry aggression and negative intent.

To lower the guard, to release defenses in the face of life’s unknowns, to seek unity rather than division, while remaining attentive and open to the shadows that may emerge, brings the practitioner to use their martial experience on another level.

However, we must not feign openness, be without a guard as an overcompensation for demonstrating power, when in reality, this closes us off to others and causes « aggression » through « cool » behaviors.

aikido #systema #Judo #Jiujitsu #Openness #guard #absorption

Take only what is good and right for you.

Be one,

Pank

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