Réflexions martiales d’un Hypnofighter #24 : Le Tomiki Aikido

Je voulais parler un peu de l’Aikido et surtout d’un style que nous ne connaissons pas beaucoup en France : l’école de Kenji Tomiki. J’ai remarqué que Chadi a partagé une vidéo sur le sujet (https://www.youtube.com/watch?v=XuGhKWcXXYo). L’Aikido n’est pas connu pour son efficacité, bien que des pratiquants comme Shioda aient été de solides combattants à leur époque.

Le système initial était l’Aiki Jitsu, une école qui semblait avoir été utilisée pendant l’ère Tokugawa par les bretteurs. En observant les techniques, il est difficile de croire en leur efficacité sur un champ de bataille. Il faut se rappeler que l’ère Tokugawa, qui a duré trois siècles, était pacifique, et les maîtres ont perfectionné des techniques de guerre qu’ils n’ont jamais utilisées sur un champ de bataille. Cela a néanmoins développé l’aspect « spirituel » du combat.

Ce que j’ai trouvé intéressant il y a des années lorsque j’ai découvert le Tomiki Aikido, c’est l’idée géniale de savoir si les formes aiki fonctionnent. En effet, son fondateur était un haut gradé du Judo et un élève de Kano. Il avait donc cette habitude très positive des randori. Je vous rappelle que la notion de combat souple n’existait pas au Japon, il s’agissait de répétitions techniques, et la seule réalité possible se produisait pendant les affrontements. Même le Kendo n’a commencé ses assauts qu’en 1912. C’est le génie de Jigoro Kano qui a ouvert la voie du combat d’opposition souple.

Ueshiba venait d’une école d’Aiki Jitsu Takeda, qui prônait de vieilles formes et, en plus de son orientation spirituelle pendant sa quarantaine, l’a éloigné de tout ce qui pouvait être en opposition avec l’idée de compétition. Vous pouvez imaginer qu’un Aikidoka avec une solide expérience en Judo peut avoir une sensation de manque du peu de réalisme dans les entraînements pré-établis. Il a donc mis en place sa propre tendance avec des compétitions pendant lesquelles nous pouvons voir des projections et des clés à la volée assez efficaces.

Il y a même un travail avec des armes qui peut montrer à quel point il est difficile de combattre un adversaire armé d’un couteau. La force de ce type d’expression rend certes moins gracieuse la voie de l’union des énergies, mais nous offre la possibilité de considérer les techniques réellement applicables.

C’est également ce que nous apporte le Jiu-jitsu ou le MMA. Nous pouvons facilement dresser des statistiques sur les techniques qui fonctionnent réellement et celles qui sont des exceptions. Nous savons que les coups de pied sautés peuvent fonctionner, mais en réalité, leur taux de réussite est plutôt faible. Lorsque nous étudions un style, il est utile de savoir ce qui est réellement utile. Par exemple, en Kali, certaines écoles peuvent enseigner huit angles d’attaque avec bâton et couteau. Cependant, lorsque les Dog Brothers ont développé leur « gathering », des rassemblements de combats avec des bâtons en rotin et peu de protection, il est apparu que trois angles, voire deux, étaient largement suffisants, et c’est ce que tous les participants utilisaient.

Si nous voulons être efficaces en combat, il est préférable de se concentrer sur ce qui fonctionne, puis de revenir sur le patrimoine « culturel et technique » dans un second temps. Tomiki a été un précurseur particulièrement critiqué dans le monde de l’Aikido, alors qu’il a simplement voulu permettre à ses élèves de se tester et d’entrer dans une réalité d’opposition. Le combat n’est pas chose simple, sauf si nous sommes les initiateurs de la première attaque. Apprendre à gérer le stress des compétitions et l’intensité d’une personne qui veut vous battre est un excellent moyen de se sentir prêt pour d’éventuels affrontements.

Connaissiez-vous le Tomiki Aikido ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#compétition #aikido #kenjitomiki #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #23 : Devenir un bon UKE

Le UKE, c’est-à-dire le partenaire qui aide ou reçoit la technique, est l’élément le plus important de la dynamique d’apprentissage. C’est un discours que j’ai malheureusement peu entendu pendant mon parcours dans les arts martiaux. En tant que receveur, nous avions souvent tendance à mettre trop de résistance, voire à empêcher notre partenaire de réussir pour « voir si ça passerait en réel ».

Avec les années, j’ai compris à quel point il était difficile d’apprendre à recevoir, entre le partenaire tendu, celui qui est trop mou ou celui qui réagit de manière fictive. Un UKE devrait réagir initialement comme il le ferait en combat, puis passer de 100% d’opposition à 10 ou 20% pour progressivement établir les bonnes bases de travail pour le TORI.

Répéter une technique 100 fois sur un UKE dont les réactions ou les formes ne se retrouvent pas en combat ne sert à rien. Même si nous avons l’impression de répéter la forme, le BJJ et la Luta jouent sur des pressions, des angles et des éléments subtils qui vont au-delà de la forme.

Le UKE est l’élément central de l’entraînement. Si je sais exécuter la technique mais que mon UKE ne sait pas y réagir, ce que je fais va rapidement changer de thème. Si je ne sais pas exécuter la technique et que mon UKE est également perdu, nous restons simplement dans la compréhension de la forme. Nous savons que tout le monde peut donner l’illusion d’un jab sans jamais comprendre les transferts de poids, les rotations du poing, etc. La forme n’est que notre perception de la technique, pas la compréhension des principes. Si je ne sais pas exécuter la technique mais que mon UKE sait y répondre et l’exécuter, il me guidera et m’orientera.

Le UKE est celui qui permet de réussir son apprentissage. C’est lui qui s’adapte à ce que le TORI met en place pour que cela fonctionne et lui donne des indications pour s’améliorer, lui indiquer les points qui ne vont pas, etc.

Pendant les phases de combat debout, il est important d’avoir un UKE qui ose chuter, pour donner confiance au TORI et lui montrer que ses efforts sont récompensés. Le partenaire qui n’aide pas est celui qui, lors d’une tentative de projection réussie, effectue un sprawl pour éviter de tomber. D’une part, cela n’a aucun sens car nous ne sommes pas en randori, et d’autre part, cela bloque inconsciemment le TORI et l’empêche d’aller plus loin. C’est une forme d’impuissance acquise qui sera difficile à dépasser.

Lorsque nous sommes UKE, nous devons avoir le désir de faire progresser l’autre et de comprendre au mieux la technique et ce que nous ressentons lorsque nous la subissons. Nous devenons plus ouverts aux prises, aux angles, et nous nous interrogeons sur ce qui a fonctionné et sur ce qui fait que parfois ça ne marche pas. C’est un processus d’observation et d’apprentissage.

Penser que lorsque vous êtes UKE, vous perdez votre temps à subir est une mécompréhension de votre rôle. Vous êtes en train de travailler et de développer votre jeu. Impliquer à la fois les débutants et les gradés dans le rôle d’UKE est essentiel.

C’est grâce à nos bons UKE, à nos partenaires avec qui nous aimons répéter nos exercices et nos techniques, que nous progressons et prenons conscience que nous devons également faire attention à l’autre en randori. Perdre un partenaire qui est un bon UKE à cause d’une blessure représente une perte pour la qualité des cours que nous suivons.

Et vous, comment considérez-vous votre posture d’UKE ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#UKE #TORI #apprentissage #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #22 : L’anticipation, une force stratégique

J’ai finalement compris pourquoi nous répétons autant les techniques dans des drills ou uchikomi. Bien sûr, cela nous permet de peaufiner les techniques, de prendre le temps de nous concentrer sur les détails qui nous conviennent, tels que les rythmes et les angles. Puis, petit à petit, j’ai commencé à observer l’importance du Uke. Comment allait-il réagir ? Si je change un élément, est-ce qu’il me donnera la même réponse ? Et si je répète exactement la même forme avec des critères quasi identiques, réagira-t-il de la même manière ?

Le Uke est l’élément déterminant de nos entraînements, et j’en parlerai demain. Il nous permet, dans nos répétitions, d’enregistrer des réponses. Nous continuons nos drills avec différents partenaires pour étudier et apprendre les différentes façons de réagir à nos attaques. En réalité, il n’y a pas cinquante façons de donner une réponse à une technique.

Cela nous offre la possibilité de compléter notre cartographie consciente et inconsciente de ce qui peut se passer pendant notre exécution technique. Nous pouvons dès lors travailler sur une réaction alternative ou peaufiner notre préaction. Dans les styles de préhension, la façon dont nous prenons le kumikata nous permet de préparer notre technique à venir et d’imposer des réponses, ou du moins de comprendre le type de réponse spontanée du style d’opposant que nous avons.

Une fois que nous avons pu observer les affrontements de grip et les préparations techniques de la réponse de l’adversaire, nous pouvons lancer la technique. Cependant, je n’attends pas la réaction, je la connais déjà. J’insiste sur ce point : la question n’est pas de savoir quand ou comment réagir, nous le savons grâce à la prise d’informations que nous avons mise en place pendant nos drills, puis pendant l’étude des préactions dans le randori, afin de lancer notre mouvement dès la fin de cette initiative.

Nous avons déjà une connaissance à plus de 80% de la réaction attendue, ce qui signifie que nous sommes déjà dans le début de l’exécution technique alors que notre partenaire n’est qu’à sa réaction instinctive. Nous prenons ainsi une demi-voire une pleine longueur d’avance sur lui.

Prenons l’exemple du triangle. À force de répéter mon drill, je sais que la grande majorité des défenses de triangle commence par la réaction de se mettre en colonne avec la tête droite et alignée, et qu’il y a un appui sur les jambes pour se redresser complètement. Donc, au moment où j’engage mon triangle, avant même qu’il ne se redresse, j’ai déjà effectué un hipscape, non pas pour attaquer la tête mais l’omoplate. Ce léger retard après sa réaction de s’aligner me permet d’exercer une pression sur son épaule voire de revenir à mon triangle.

Plus nous « connaissons » les réactions de nos partenaires, plus nous sommes dans une notion de fluidité, car nous sommes focalisés sur ce que nous faisons et pas réellement sur ce que l’autre va faire, sachant que nous avons suffisamment d’informations pour anticiper ses réponses. Il est évident que plus nous progressons, plus nos adversaires peuvent adopter des réponses adaptatives, jouant eux-mêmes sur cette anticipation et variant ainsi les feedbacks et les prises de données exploitables.

Que ce soit en BJJ, en Luta ou en Judo, les plus grands que j’ai pu croiser ou observer étaient des maîtres de l’anticipation, des experts de ce que les nippons nomment le sen no sen. D’ailleurs, dans les styles moins basés sur l’opposition comme l’aïkido ou le système, c’est un principe que nous pouvons voir de manière plus claire.

Et vous, où en êtes-vous ? Plutôt go no sen ou sen no sen ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#anticipation #sennosen #gonosen #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #19 : Les straps, un outil dopant ?

On en parle rarement, mais les straps pour un jiujitsuka sont un outil d’amélioration de la performance. Initialement, les grapplers se strappaient les doigts lorsqu’ils se blessaient afin de pouvoir continuer à saisir. Cependant, au fil des années, ce qui était initialement un simple pansement est devenu un outil pour éviter de se tordre les doigts, un moyen de renforcer nos mains même non blessées.

En Muay Thai, on porte des protège-tibias et des gants plus épais à l’entraînement pour ne pas blesser son partenaire et se préserver de blessures éventuelles. Jusqu’ici, tout va bien, mais ce qui me pose problème, c’est l’acceptation des straps lors des compétitions. C’est du « dopage » pour les doigts 😊. En Kyokushin, il n’est pas autorisé de porter des « pansements » ou des protections lors des premiers tours. Ensuite, c’est différent, car de toute façon, tu seras blessé (c’est fin ce style de karaté).

Mais dans notre discipline, le règlement permet aux pratiquants, qu’ils soient blessés ou non, de protéger leurs articulations des mains. Selon moi, tu devrais arriver le jour du combat « en état » et combattre (ou pas) malgré les douleurs et les blessures. Prenons l’exemple de la boxe, si tu as une blessure au tibia ou au pied, tu ne pourras pas mettre de protège-tibias.

De plus, en Jiu-Jitsu en kimono, les straps renforcent la prise. Ils sont abrasifs, ce qui rend difficile le retrait du kimono de la prise de l’adversaire. Pour moi, c’est la même chose que d’ajouter des éléments durs à tes bandages en boxe. Cela modifie la réalité physique du combat.

On critique souvent le dopage, que nous ne pouvons pas forcément détecter en raison des coûts élevés des tests, mais si l’on considère que le dopage concerne les produits qui améliorent nos performances de manière non naturelle, les straps pourraient en faire partie.

Si tu n’arrives pas à saisir le kimono parce que tu t’es blessé les mains, alors tu es comme ce boxeur qui ne peut plus boxer à cause de ses poignets fracassés ou ce coureur qui a des problèmes au genou, tu peux t’entrainer mais tu ne peux pas jouer en compétition.

Dans un style de combat, je trouve cela étonnant. Surtout que la différence est immédiate. Des prises que tu lâcherais normalement, tu les maintiens facilement. Et comme nous savons que la prise est un élément déterminant dans le match, cela devient difficile.
Alors les combattants qui ne peuvent plus utiliser leurs doigts pourraient penser qu’il serait injuste de les empêcher de concourir sans ces protections, mais c’est le cas dans presque tous les styles de combat et chacun doit prendre soin de lui-même au mieux. Si j’accepte de me faire mal aux mains lors de tamashiwari en pratiquant le karaté kyokushin, je dois assumer de combattre avec une main blessée.

Et que faisons-nous alors ? Eh bien, nous pratiquons du Luta Livre Gi 😊 (ok ça n’existe pas), c’est-à-dire que nous ne saisissons pas le kimono et nous continuons comme d’habitude en grappling (en no-gi). Certes, cela réduit l’intérêt du kimono, mais au final, chacun combat avec ses forces et ses faiblesses. Cela permettra peut-être à des athlètes de 30 ans de ne pas avoir les mains d’un octogénaire.
Comme je le disais dans l’article d’hier, il est également bon de s’interroger sur nos entraînements et sur les moyens de maintenir notre corps en bon état. La compétition (préparation et combats) peut déjà causer des dommages, mais si le règlement pousse indirectement à se strapper comme un élément de performance, peu importe les blessures, cela ne facilitera pas une pratique confortable au fil des années.

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#strap #blessure #compétition #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #16 : La dangerosité des débutants


Plus tu t’entraînes et maîtrises ta discipline en BJJ/Luta ou MMA, moins tu apprécies de combattre avec des débutants. Tu connais les risques des différentes positions, tu as vu de nombreuses blessures et tu sais qu’une force appliquée dans un sens opposé à une autre peut entraîner des fractures. Après avoir passé des heures sur le tatami, tu as compris, parfois grâce à tes propres blessures, mais aussi par logique et empathie, que certaines actions peuvent très mal se terminer.


En revanche, les nouveaux venus sont remplis d’euphorie. Pour 90% d’entre eux, ils ne veulent que combattre, l’intérêt technique ne vient que lorsqu’ils ont été battus encore et encore. Ainsi, le débutant, plein de désir et d’ego, veut montrer pendant les randoris qu’il est fort. Parce qu’il a pratiqué un peu, parce que c’était toujours lui qui gagnait contre ses amis, parce qu’il regarde tous les combats de l’UFC et que par mimétisme, les techniques fonctionnent.


Alors ils affrontent des personnes plus expérimentées, des hommes et des femmes qui ont consacré du temps à apprendre et à combattre. Certains ne sont pas des combattants aguerris et viennent simplement à l’académie pour l’ambiance, la condition physique et le plaisir d’apprendre. Il arrive que les débutants les maltraitent, sans forcément les vaincre, mais ils gagnent en confiance. Cependant, ils ne se rendent pas compte du nombre de fois où ils ont été dangereux : un coude qui frôle de près l’arcade, des doigts près des yeux ou des tentatives de chevilles risquées. Quand ils rencontrent un pratiquant chevronné qui aime le combat, ils vont commencer à en prendre pour leur grade. Souvent, le pratiquant expérimenté agit avec une correction éducative, faisant attention aux autres, aux murs et aux gestes dangereux, et « protégeant » les erreurs inconnues et blessantes pour l’autre.


Cette attention que de nombreux gradés peuvent avoir constitue un véritable problème pour eux-mêmes. Prendre en compte le fait de ne pas blesser l’adversaire, qui ne connaît pas suffisamment ou ne fait pas attention, ouvre la possibilité de se blesser soi-même. Et il n’y a rien de plus frustrant. Combien de combattants se sont blessés pour protéger leur adversaire des erreurs causées par un manque d’entraînement de leur partenaire ? Malgré nos explications, la prise de conscience des dangers n’est pas encore présente. Malheureusement, j’ai également vu des débutants se blesser gravement dès les premiers mois.


Il est dommage de voir des personnes motivées ne plus pouvoir pratiquer rapidement parce qu’elles ne connaissaient pas certaines positions, mais le pire, c’est lors des soumissions, quand elles ne sont pas conscientes que leur corps n’est pas invincible et que leur souplesse a des limites. Ce moment où le jeune pratiquant réalise trop tard qu’il aurait dû abandonner au lieu de bouger dans tous les sens de manière désordonnée. C’est la première confrontation avec l’ego, refusant de céder simplement pour montrer qu’il ne peut pas être soumis.


Pour moi, s’entraîner avec des débutants est difficile. Outre le manque d’intérêt tant qu’ils n’ont pas acquis les bases, ils sont facilement blessables. Décider de s’entraîner avec eux est toujours une option où je me dis : il faut rapidement les calmer, sinon cela pourrait créer des situations délicates à gérer, tant pour eux que pour moi.


Et vous, comment vous sentez-vous avec les débutants au dojo ?


Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #15 : La fin de saison, un moment de combat

Après une saison d’entraînement comprenant six séances par semaine, de l’expérience a été acquise. Les élèves ont pris le temps de développer leur jeu, certains plongeant pour la première fois dans le monde du BJJ/Luta. Des heures d’entraînement où tout n’est pas toujours simple, entre les spécificités des morphologies, les techniques que l’on affectionne et celles que l’on ne parvient pas à maîtriser, etc.

L’année est une accumulation d’échéances, de victoires et de défaites, d’attentes et de déceptions. C’est une série de combats qui, pour certains, se fait ressentir au niveau des articulations ou de la fatigue qui s’accumule. En général, la fin de saison est plus calme, car nous mettons fin aux efforts de l’année avant une pause estivale.

Néanmoins, je pense que pour ceux d’entre nous qui avons la chance, comme à l’académie de la Raça (Fushan Kwoon), d’avoir le dojo ouvert pendant une partie de l’été, c’est un moment intéressant pour mettre en place des randoris. Attention, je ne parle pas de randoris intenses où l’on cherche à se déchirer, mais plutôt de combats souples.

Beaucoup souriront sûrement, car nous savons à quel point il est parfois contre-intuitif d’adopter une approche souple et que, comme en boxe, cela peut rapidement dégénérer en combat dur. Cependant, je pense que nous devons encadrer ce qu’est un randori. Il s’agit d’un exercice d’opposition où chaque protagoniste tente de placer ses techniques sans fermer complètement le jeu et en acceptant l’échec de sa stratégie.

Il faut se dire que nous pouvons maintenir un contrôle sans mouvement pendant 10 secondes, voire relâcher toute pression si nous sentons que notre partenaire n’est pas capable de s’échapper, afin de lui permettre de poursuivre son exercice et sa progression.
C’est aussi un moment pour expérimenter des échecs. Certes, je pourrais vous le dire à la manière des échecs, mais je parle vraiment de l’état d’esprit requis. Soyez prêts à essayer des choses qui pourraient ne pas fonctionner. Créez des situations dangereuses et provoquez des erreurs, car vous allez changer de rythme, trouver de nouveaux angles et explorer des directions que vous n’oseriez peut-être pas dans un combat intense.

Le randori est un cadre de combat qui offre la possibilité à tous de jouer et de progresser avec des pratiquants de tous niveaux, peu importe la différence de compétence. Car nous nous engageons dans des thèmes qui peuvent limiter l’expérience, même pour un débutant avec une ceinture blanche.

La fin de l’année est également l’occasion de réfléchir à ce que nous avons acquis et à ce qui n’a pas été complètement assimilé par notre corps. C’est un moment qui nous permet d’exprimer nos apprentissages dans une ambiance légère. Il est agréable de constater nos progrès, de voir ce qui est intégré et ce qui fait de plus en plus partie de notre jeu. Lorsque vous passez 60 ou 90 minutes à combattre quotidiennement, voire plusieurs fois par semaine, l’accumulation offre une expérience précieuse. Est-ce que mes prises sont bien placées ? Suis-je conscient de ma direction ? Ai-je de bonnes postures ? Est-ce que je réagis de la même manière avec tous les gabarits ? Préfère-je être au-dessus ou en dessous ?

C’est l’été, le dojo va être chaud (surtout lorsque l’abruti de professeur que je suis coupe les ventilations), il faut penser à se préserver, à s’arrêter pendant un ou deux combats, et s’entraîner pendant ce temps pour perfectionner les orientations des combats à venir. Profitez de ces dernières semaines avec amusement et partage avec vos partenaires d’entraînement.

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #14 : Les défis de la transition de l’amateurisme au professionnalisme.

Il y a un mouvement de popularisation des sports de combat tels que le MMA. La Fédération FMMAF, qui s’est développée il y a 2-3 ans sous l’égide de la Fédération de Boxe, travaille à faire connaître et structurer cette discipline, merci pour leur boulot. Le MMA n’est pas nouveau, et il était déjà possible d’organiser des galas en 1998. Cependant, après de nombreux conflits avec les ministères, sa reconnaissance officielle n’est intervenue que ces dernières années.


L’un des points positifs du monde fédéral, et encore plus dans un pays où les sports associatifs sont populaires comme en France, est de permettre l’accès à ces disciplines au plus grand nombre. Nous avons eu des champions de Muay Thai dans différentes disciplines et arts martiaux grâce à notre réseau associatif. C’est également le cas pour le football.


Cette structuration du sport pour tous entraîne un fort amateurisme. Bien que les encadrants eux-mêmes obtiennent des diplômes fédéraux ou nationaux et soient des professionnels dans leur discipline respective. Plus nous aurons de pratiquants amateurs, plus nous aurons de futurs champions professionnels, s’ils sont suivis comme tels.


Cependant, le processus de transition de l’amateurisme se fait également ressentir à un niveau plus élevé. Il n’est pas facile de passer professionnel dans les sports de combat. Pour être plus précis, trouver des combats professionnels est simple, mais avoir une structure professionnelle ne l’est pas. Et c’est là l’aspect négatif de notre monde associatif. Lorsqu’un athlète se donne corps et âme dans son MMA, il peut se retrouver dans l’incapacité d’accéder à son gymnase parce que la salle est occupée par des écoles en journée et inaccessible pendant les vacances.


Il est difficile de rivaliser avec les combattants étrangers qui peuvent littéralement dormir à l’académie et se concentrer uniquement sur leur amélioration. De plus, à part quelques bouchers locaux et quelques enseignes, nous ne sommes pas un pays où il est facile d’obtenir des sponsors pour participer à des compétitions et encore moins pour ne pas avoir à travailler parallèlement.


Ce problème n’est pas spécifique qu’au MMA. Nous savons que même en judo, où la fédération est très riche, de nombreux champions internationaux arrêtent leur parcours en raison du manque de moyens et de la nécessité de trouver un emploi rémunéré décemment.


En tant que pratiquants, beaucoup n’ont pas l’idée ou les moyens de payer 100 euros par mois pour aller dans des salles privées. De plus, le caractère privé ne garantit pas que les instructeurs soient meilleurs que dans le milieu associatif. En revanche, l’avantage réside dans la disponibilité des installations sur de larges plages horaires, la possibilité de suivre plusieurs cours par jour et d’avoir des personnes qui peuvent apporter leur aide dans d’autres aspects tels que la préparation physique voire mentale.


Pour permettre l’essor des jeunes générations, il est essentiel de construire des ponts entre l’amateur et le professionnel, entre le public et le privé. Sinon, il y aura toujours un plafond infranchissable ou tellement énergivore à long terme que nos futurs champions pourraient devoir se tourner vers autre chose avant d’avoir réellement pu briller et vivre de leur profession de sportif de haut niveau.
La France compte des athlètes du calibre des professionnels d’autres pays, mais trop souvent, ils se trouvent dans des structures et des modèles de pensée trop amateurs pour obtenir ce qu’ils méritent… le succès.


Et vous, êtes-vous issu du réseau associatif ou avez-vous directement rejoint des clubs privés ?
Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.


Be one
Pank

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Pank PdV #9 : La mort dans les arts martiaux

On parle rarement de la mort dans les arts martiaux. Pourtant, si l’on y réfléchit, un système conçu pour la guerre vise à neutraliser l’adversaire. En BJJ, un étranglement peut conduire rapidement à la mort. En lutte et en judo, certaines projections sur du béton peuvent être mortelles. Les frappes de certains boxeurs ou les attaques sur les cervicales, comme en Silat, peuvent mettre fin définitivement à un combat. Avec les armes blanches, comme en Kali, l’objectif est rarement de ne pas blesser l’opposant, car la survie est souvent limitée.


Nous savons qu’il y a chaque année des blessures graves lors des entraînements. L’année dernière, en Jiu-Jitsu, avant les Championnats du monde, une ceinture marron de chez Cyborg est devenue tétraplégique. Lorsque j’étais à la fédération de lutte, il y avait des cas rares de colonne vertébrale sectionnée suite à une mauvaise chute. Au Japon, le judo est l’un des sports qui entraîne le plus de blessures graves chez les enfants, dont certains en meurent.


Même si nous prenons beaucoup de plaisir à jouer et à nous opposer plus ou moins intensément lors des entraînements, notre activité physique vise à mettre hors d’état de nuire un adversaire. Nous savons que la rue est un environnement sans limites en termes d’agression et de violence. Il suffit de lire les faits divers pour s’en rendre compte. Entre les attaques au couteau, les agressions en groupe ou les mauvaises chutes, il est toujours possible de ne pas survivre à un conflit physique.


Ce week-end, un homme a été tué par les coups portés par plusieurs jeunes devant chez lui. Les altercations peuvent rapidement devenir violentes, et prendre conscience que la blessure et la mort peuvent en être les conséquences est quelque chose à garder à l’esprit. Bien sûr, nous sommes légalement interdits d’intentionnellement ôter la vie à quelqu’un. Le problème est de savoir comment nous réagirons face à une situation d’agression mettant notre vie en danger. Si nous ne sommes pas figés par la peur et que nous sommes envahis par une rage ou une volonté de détruire pour survivre. S’il y a un coup supplémentaire, un étranglement prolongé ou une chute sur un trottoir.


Est-ce que les instructeurs parlent souvent de la mort possible, tant la leur que celle de l’adversaire ? Nous aimons parler de la défense dans la rue, mais jusqu’à quel point sommes-nous, sur le plan cognitif, adaptés à gérer cela dans nos sociétés modernes ? Même sur le terrain des opérations, les militaires peuvent parfois être confrontés à des situations difficiles où ils doivent ôter la vie (et ils le gèrent bon an mal an), alors comment pouvons-nous, simples civils avec nos compétences de combat limitées, gérer cela ?


En plus du risque d’accusation d’homicide involontaire et de la pression du système judiciaire. On nous parle de notre survie lors d’une agression en milieu urbain, cependant, cette notion est relative, car nous ne savons pas ce qui peut se produire. Parfois, même en présence de sang, les personnes se figent, et causer des dommages peut nous mettre mal à l’aise. Lorsque nous nous entraînons avec des armes blanches dans les écoles, il y a une différence entre pratiquer le hubud lubud, le chisao, et réellement blesser un adversaire, le voir couvert de sang et potentiellement s’éteindre.


J’aime regarder des vidéos de self-défense, et il est intéressant de constater que peu d’entre elles mettent en avant la notion de mort, malgré la violence de leurs enchainements à mains nues ou armées. Prenons l’étranglement classique, le « Rear naked choke », par exemple. Je le vois appliqué dans de nombreux systèmes, c’est simple, nous savons qu’il endort rapidement. Mais une chose me marque, même si je n’ai peut-être pas réalisé des milliers de combats au cours des années : est-ce que les élèves qui n’ont presque jamais d’opposition savent réellement ce que cela signifie d’endormir une personne et quand il faut arrêter ? Un étranglement peut tuer. Je le répète, car parfois nous pensons simplement que cela endort. Oui, mais s’il est maintenu un peu plus longtemps, il ôte la vie. Même avec de l’expérience, il y a des moments où nous ne sentons pas que notre partenaire est « parti ». Alors, comment une personne qui inclut cette technique dans son répertoire sans passer des heures à observer les réactions peut-elle savoir quand elle doit s’arrêter ? Ne va-t-elle pas continuer à appliquer la prise, par peur que la personne se relève, par inattention ou par stress ?


Nous devrions aborder plus fréquemment la question de la mort dans notre discours sur les arts martiaux, même si pour la grande majorité d’entre nous, simples civils, le combat ou même la défense personnelle ne restent qu’un jeu. Il existe des situations qui peuvent nous amener à prendre des décisions pouvant conduire à la mort…


Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#mort #blessure #combaturbain #réalité #vie #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Pank PdV #8 : Mon dojo, une dictature

Dans le monde des arts martiaux et des sports de combat, nous pénétrons dans un univers assez différent de notre quotidien. Si vous n’avez jamais mis les pieds dans ces lieux, il y règne une atmosphère (en dehors des odeurs) qui nous fait rapidement comprendre que ce ne sera pas forcément la rigolade. C’est d’autant plus vrai pour les petits néophytes qui souhaitent découvrir le monde du combat. Il y a bien sûr les écoles commerciales qui se préoccupent davantage des clients, puis il y a celles plus « traditionnelles » qui ne semblent pas particulièrement accueillantes.

Je fais plutôt partie de cette dernière tendance. Pour moi, les personnes importantes dans un dojo sont celles qui y sont présentes depuis un certain temps. Pourquoi ? Parce que je sais qu’un de mes gradés est un pratiquant qui a déjà investi des heures et des années de son temps et de son énergie pour venir régulièrement dans cette salle suivre mes enseignements. Ils méritent mon attention, ma confiance et mes efforts bien plus qu’un nouveau venu qui pourrait changer d’académie ou de sport dans un mois.

Peut-être ai-je lu trop de mangas ou pratiqué le karaté en excès, mais en fin de compte, c’est aux nouveaux élèves de faire des efforts en matière d’écoute, de présence et d’implication pour que je m’investisse en retour. Comme je le répète régulièrement, un dojo est une dictature, un lieu complètement hiérarchisé et absolument pas égalitaire ou équitable. Une dictature, avec un professeur tout-puissant (merde, ma thérapie n’a pas encore porté ses fruits), où les ceintures blanches n’ont aucun droit. Oui, aucun, ils doivent suivre ce que leur imposent leurs aînés sur le tatami, ils doivent s’écarter si un gradé est trop proche pendant les combats, accepter les décisions de ces derniers même s’ils ne sont pas d’accord.

Je sais que vu comme ça, ce n’est vraiment pas un lieu d’amour et de jiujitsu/luta pour tous. Si je me réfère aux critères de mon ami Gile de BJJ Eastern Europe, mes cours devraient être à fuir. Pourtant, j’ai des élèves formidables, des personnes sérieuses et impliquées qui savent qu’il n’y a pas de droit ou d’égalité, mais que tout le monde peut, avec du temps et du travail, progresser dans la hiérarchie. Tout le monde peut devenir ceinture bleue, violette, marron et noire. Cela impliquera des droits, mais aussi des responsabilités.

Un dojo n’est pas seulement un lieu pour améliorer nos capacités à se battre ou à affronter des conflits physiques, c’est aussi un moyen de se renforcer et de se préparer aux moments difficiles et douloureux de la vie. Le quotidien n’est pas juste, il est stressant, et nous subissons régulièrement des pressions. La salle de sport apporte la même chose et nous apprend qu’avec de la rigueur, de la constance et une capacité à encaisser, nous pouvons nous en sortir au mieux.

C’est également un lieu de sociabilisation et de connexion. Nous formons une équipe, et si certains élèves font des erreurs, c’est l’ensemble du groupe qui peut corriger ou en payer le prix. Il y a cette notion qui nous oblige à prendre soin des autres, dans tous les sens du terme. Cela implique que les autres se comportent correctement, qu’ils prennent 30 secondes pour boire, qu’ils arrivent à l’heure, qu’ils se taisent pendant les explications, qu’ils mettent suffisamment d’intensité dans les exercices. Il s’agit également d’être un bon partenaire (UKE), de permettre aux autres de progresser, de les protéger des blessures. Sans l’autre, même s’il ne s’agit que d’une ceinture blanche, il n’y aurait pas de progression ni d’avancée.

Nous devons prendre en considération ce partenaire, car si l’ego ou des émotions mal maîtrisées entraînent des blessures, c’est tout le groupe qui en subit les conséquences. Moins nous avons de coéquipiers, moins nous pouvons progresser.

Vivre dans cette dictature est certainement insupportable pour beaucoup, d’autant plus dans une société qui garantit la liberté d’expression à tous. Dans un dojo, la seule expression admise est « OSU », le reste appartient au retour à la vie normale. Une vie qui, jour après jour, nous semble de plus en plus confortable par rapport à ces quelques heures où un seul objectif prévaut : devenir meilleur dans notre quotidien, avec notre technique, notre corps et notre attitude.

Osu

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be one

Pank

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Pank PdV #7 : Les clés à la volée, un outil efficace en self-défense


J’aime beaucoup les styles de préhension traditionnels qui utilisent les clés articulaires comme élément central de leur méthode. On peut citer le Chin Na ou l’Aikido qui sont certainement les écoles les plus représentatives.

Ces styles travaillent sur les articulations pour amener l’adversaire au sol ou le projeter. Je les différencie des styles de lutte, de judo ou de jiu-jitsu qui mettent davantage l’accent sur la création d’un déséquilibre pour amener l’adversaire au sol.
Le problème réside dans le fait qu’en situation réelle d’opposition, il est assez difficile de réussir à appliquer des clés articulaires dès le début de l’affrontement. Il y aura une réaction de la part du partenaire ou de l’adversaire qui retirera son bras, nous frappera, ou plus généralement, opposera une résistance qui figera le combat. Pour éviter cela, l’aikijutsu, par exemple, intègre des frappes. D’ailleurs, de nombreux systèmes modernes de self-défense utilisent également cette stratégie.

Le problème « légal » réside dans la proportionnalité de l’attaque et de la réponse. Il est mal accepté, sur une simple poussée ou saisie, de répondre avec un gros coup de poing ou une gifle (surtout que tout est filmé de nos jours). L’idée initiale de travailler avec des clés articulaires est excellente, mais il faut sélectionner des techniques simples qui peuvent être mises en œuvre rapidement.
À mon sens, les clés sur les petites articulations sont les plus efficaces. Une action sur les doigts provoque facilement une réaction et reste facile à saisir fermement. Les clés de poignet comme le Kote Gashi ou les clés en Z sont certes plus complexes à saisir, mais elles sont extrêmement efficaces.

Quand je combattais en combat libre, je voulais absolument tester en compétition la technique du Kote Gashi. J’ai pu la mettre en pratique à deux reprises, généralement lorsque mon adversaire et moi étions fatigués lors des phases de grappling. J’engageais la clé en ayant mes deux mains sur la sienne (ou plutôt sur son gant), et au moment de passer à une pleine puissance en décalant, j’ai été stoppé par l’arbitre lors de deux compétitions différentes.

Après le match, lorsque je demandais pourquoi, on m’expliquait que les clés à la volée de ce type n’étaient pas autorisées. C’était assez surprenant dans les prémices du MMA, où l’on acceptait parfois des choses vraiment dangereuses. C’est une technique intéressante car nous mettons toute la force de nos bras et le poids de notre corps en rotation sur une petite articulation du poignet, ainsi que sur la chaîne qui remonte jusqu’au coude.
À l’époque, au Fushan, nous avions des Serbes qui pratiquaient le réal Aikido, et le professeur m’expliquait que dans le domaine de la sécurité, ce type de petite technique fonctionnait très bien à courte distance, ce qui est souvent la position la plus courante dans ces métiers.
Il est intéressant d’observer les différentes formes de clés articulaires dans les styles traditionnels.

Pour les pratiquants de MMA ou les combattants en opposition, il est intéressant de les tester en randori, voire lors de sparrings plus intenses, afin de se rendre compte de leur validité dans les phases les plus complexes du combat, notamment lorsqu’ils sont confrontés à des adversaires qui connaissent et sont préparés à une multitude d’options.
Si nous parvenons à les appliquer lors de jeux de combat, dans un environnement urbain par exemple, cela peut être facilement utilisable.

Sans nécessairement causer des ruptures articulaires, cela permet d’exercer un « contrôle » et surtout de prévenir la prise d’une arme, ce que les frappes ne permettent pas toujours, à moins de mettre KO l’adversaire.

La seule chose difficile est de décider d’aller jusqu’à la casse. Oseriez-vous fracturer les doigts d’une personne modérément agressive qui ne souhaite pas s’arrêter ? Nous savons que les clés à la volée sont un peu plus difficiles à gérer que les clés au sol, comme en BJJ ou en Sambo.

Et vous, lors de vos pratiques de self-défense ou de combat libre, utilisez-vous souvent ce type de clés articulaires ?

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