Il y a beaucoup d’attaques au couteau, et je pense que certains d’entre vous regardent ces scènes traumatisantes pour comprendre les réactions et les actions des agresseurs qui attaquent à l’arme blanche. On voit aussi malheureusement des attaques sans aucun signe précurseur, comme cela a été le cas pour Iryna Zarustka, mais dans ces cas-là, il n’y a rien à faire.
Comme je vous le dis souvent, j’aime ce qu’un professeur de Kali m’avait partagé : si tu combats face à un couteau, prépare-toi à perdre quelque chose, si ce n’est pas la vie. Mais admettons que, par chance, on s’en soit sorti, ou même qu’on ait pu intervenir (et on se calme avec le syndrome du héros, il faut agir avec prudence en attendant que les forces de l’ordre arrivent), que faisons-nous pour les blessés éventuels ?
On peut aussi imaginer, après « simplement » des coups, savoir ce que nous pouvons faire pour aider les personnes blessées. Les Kuatsu, ces techniques qu’on apprenait en Judo et dans certains styles comme le Hakko-Ryu (d’ailleurs, si vous connaissez encore des écoles qui les enseignent, c’est intéressant), ne correspondent pas vraiment à ce qu’il faudrait faire d’après mes amis pompiers.
Alors, revenons aux bases (et faisons-nous régulièrement des rappels de nos brevets de secourisme) : s’il y a une coupure ou une blessure par perforation, nous devons comprimer la zone pour que l’écoulement du sang diminue. Bien sûr et malheureusement, sur les « slash » au niveau des artères, nous allons lutter face à un débit qui risque de rapidement devenir compliqué à gérer.
Nous avons dans les arts martiaux cette idée d’être des « guerriers » (ce que je ne pense pas du tout, combattant tout au plus), et bien gérer une blessure et du sang quand ce n’est pas notre métier, c’est un vrai combat, avec tout ce que représente cette notion de vie ou de mort.
Nous ne pouvons pas nous contenter de penser que nous allons « nous en sortir » dans des conflits de rue, et faire prendre conscience ou enseigner quelques gestes qui peuvent sauver des vies est important. Comme un geste absurde mais essentiel : après un conflit, vérifier partout s’il n’y a pas de sang, simplement parce qu’on ne sent pas quand on se fait planter… enfin, pas tout de suite…
Avec tout ce qu’on voit, je me demande comment on peut faire pour gérer l’après-agression en attendant que nos amis les secours prennent le relais. Si vous avez des idées ou même des stages, n’hésitez pas.
Martial Reflections of a Hypnofighter #433: If you don’t have Kuatsu, let’s go back to the basics
There are many knife attacks, and I think some of you watch these traumatic scenes to understand the reactions and actions of aggressors who attack with bladed weapons. Unfortunately, we also see attacks without any warning, as was the case for Iryna Zarustka, but in those situations, there is nothing that can be done.
As I often share with you, I like what a Kali professor once told me: if you fight against a knife, prepare to lose something, if not your life. But let’s say, by chance, you made it out, or even managed to intervene (and let’s calm down with the hero syndrome; you have to act safely while waiting for law enforcement to arrive), what do we do for potential casualties?
We can also imagine, after « simple » blows, what we can do to help injured people. Kuatsu, those techniques we learned in Judo and in certain styles like Hakko-Ryu (by the way, if you still know of schools that teach them, that’s interesting), don’t really correspond to what should be done, according to my firefighter friends.
So, let’s go back to the basics (and regularly refresh our first-aid certifications): if there is a cut or a stab wound, we must compress the area to reduce blood flow. Of course and unfortunately, with « slashes » to the arteries, we will be fighting against a blood flow that can quickly become complicated to manage.
In martial arts, we have this idea of being « warriors » (which I don’t think at all; at most, we are combatants), and managing a wound and blood when it’s not our profession is a real fight, with all that this notion of life or death represents.
We can’t just think that we will « get out of it » in street conflicts, and raising awareness or teaching a few gestures that can save lives is important. Like a seemingly absurd but essential action: after a conflict, check everywhere for blood, simply because you don’t feel it when you’ve been stabbed… well, not right away…
With everything we see, I wonder how we can manage the aftermath of an attack while waiting for our friends in the emergency services to take over. If you have ideas or even courses, don’t hesitate.
Parfois quand on accompagne on peut donner l’impression que l’hypnose « fera disparaitre » des choses, ce n’est pas le cas.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank Site : https://www.pank.one/
Ce qui est beau pour moi dans les manifestations, avec une intention comme les grèves ou les luttes sociales, c’est que c’est un espace d’expression, de révolte, de fureur, à travers des mots et parfois des actes. Nous savons à quel point les mouvements cathartiques que nous pouvons vivre en séances de thérapie ou même dans des stades peuvent apporter un grand soulagement.
Pourtant, dans cette libération des frustrations, il y a un autre aspect que je trouve difficile à accepter. Autant dans une séance d’accompagnement, le cadre offre la possibilité de s’exprimer et d’être pris en compte pour chercher des solutions avec ce qui émerge, car le moment est accepté et confiné.
Dans les manifestations, nous savons que c’est plus difficile. Certains ont la volonté de faire déraper le cadre, de mettre le feu et de perturber les rouages d’un système qui, paradoxalement, n’est pas directement touché par le cadre d’expression des manifestations. D’ailleurs, on voit que les États cherchent à protéger ce qui est réellement « utile » pour que le système continue de « fonctionner », peu importe ce qui est exprimé.
Le fait de manifester un désaccord ou une colère et d’avoir des revendications est difficilement acceptable pour d’autres qui n’ont pas les mêmes attentes, objectifs ou manières d’aborder leur quotidien. C’est comme chercher à avoir un espace d’écoute et d’accompagnement dans un lieu où personne n’est là pour cela.
Même si, pour certains, la révolution doit passer par des traînées de poudre et des bascules quantitatives (le nombre de personnes qui s’investissent), d’autres souhaitent juste être entendus, juste être pris en compte. Mais cela ne peut se faire que dans des cadres qui empêchent une pleine libération de ses pressions internes. En effet, si un cortège et une place sont l’espace dédié, les autres lieux, mentaux ou physiques, qui appartiennent à ceux qui ne se sentent pas concernés (pour leurs propres raisons) n’ont pas à se voir imposer ce qu’ils ne cherchent pas.
Trouvons des espaces de changement sans penser que chaque espace est prêt à changer.
Prenez ce qui est juste et bon pour vous. Be One Pank
English Translation
Pank’s Reflections / Snapshot #441: Expressing Yourself Without Imposing Your Views
What I find beautiful about protests, with intentions such as strikes or social struggles, is that they are a space for expression, revolt, and a fury of words and sometimes actions. We know how much the cathartic movements we can experience in therapy sessions or even in stadiums can bring relief.
However, within this release of frustration, there is another aspect that I find complex to accept. In a coaching session, the framework offers the possibility for expression and consideration to seek solutions from what emerges, because the moment is accepted and contained.
In protests, we know it’s more difficult. Some people want to derail the framework, set things on fire, and disrupt the gears of a system that, paradoxically, is not directly affected by the protest’s form of expression. Furthermore, we see that states seek to protect what is truly « useful » for the system to continue « functioning, » regardless of what is expressed.
Expressing disagreement or anger and having demands is difficult for others to accept, especially for those who don’t have the same expectations, goals, or ways of approaching their daily lives. It’s like looking for a space for listening and support in a place where no one is there for that purpose.
Even if, for some, revolution must go through powder trails and quantitative tipping points (the number of people who get involved), others just want to be heard, to be taken into account. But this can only be done within frameworks that prevent a full release of internal pressures. Indeed, if a procession and a public square are the dedicated space, other mental or physical places belonging to those who don’t feel concerned (for their own reasons) should not have what they don’t seek imposed on them.
Let’s find spaces for change without thinking that every space is ready to change.
Manipuler c’est un art et parfois nous voyons à quel point les gouvernement mais aussi les individus utilisent des stratégies pour obtenir ce qu’ils veulent.
Plus on pratique, plus on prend en compte les sensations. Dans les arts martiaux, il y a cette phase de combat où parfois notre égo peut prendre beaucoup de place. Au départ, nous avons un besoin de prouver, non pas forcément aux autres ou aux entraîneurs, mais seulement à nous-mêmes.
Nous avons besoin de pouvoir nous dire que ce que nous étudions au dojo ou à la salle est utile et fonctionnel. Nous relevons les défis des différents niveaux que nous croisons. Parfois, nous dépassons nos limites, d’autres fois nous ne sommes capables de rien parce que nous sommes stressés par le niveau des plus anciens.
Puis nous prenons nos marques, nous savons ce que nous cherchons, et nous devenons plus techniques et plus expérimentés. Nous combattons avec des objectifs, des thèmes, des stratégies. Nous avons des partenaires et des oppositions que nous trouvons stimulantes, intéressantes et productives.
Ensuite, il y a les autres moments, qui deviennent problématiques, possiblement blessants, avec des débutants excités ou des avancés qui ne savent pas se retenir, qui ne savent « toujours pas » faire des sparrings. Nous devons parfois dépasser ce que nous avions en tête parce que l’autre est féroce, mais pas dans une notion d’opposition constructive, plutôt dans une vision « destructive ».
Nous sortons alors les crocs, nous recadrons, nous frappons ou soumettons avec plus d’intensité, sans plaisir, sans impression d’utilité. Un combat sans intérêt, qui va aussi ébranler notre égo que nous avions de plus en plus maîtrisé.
Ce sont des moments où il y a cette sensation de perte de temps et d’énergie, alors que les entraînements, ces temps pugilistiques même quotidiens, sont rares et ne sont plus simplement des moments pour évoluer, mais pour se sentir un peu plus en vie.
Martial reflections of a Hypnofighter #432: Learning to know what you’re looking for
The more you practice, the more you take into account the sensations you feel. In martial arts, there’s this phase of combat where sometimes our ego can take up a lot of space. Initially, we have a need to prove ourselves, not necessarily to others or to the coaches, but only to ourselves.
We need to be able to tell ourselves that what we’re studying at the dojo or the gym is useful and functional. We take on the challenges of the different levels we encounter. Sometimes we push past our limits, other times we are unable to do anything because we’re stressed by the level of the more experienced practitioners.
Then we find our footing, we know what we’re looking for, and we become more technical and more experienced. We fight with objectives, themes, and strategies. We have partners and opponents that we find stimulating, interesting, and productive.
Then there are the other moments, which become problematic, potentially hurtful, with over-eager beginners or advanced practitioners who don’t know how to hold back, who « still » don’t know how to do sparring. Sometimes we have to go beyond what we had in mind because the other person is fierce, but not in a constructive opposition, but rather in a « destructive » vision.
We then show our fangs, we reframe, we strike or submit with more intensity, without pleasure, without a sense of usefulness. A pointless fight, which will also shake our ego that we had increasingly mastered.
These are moments where there’s this feeling of wasted time and energy, even though training sessions, these pugilistic times, even daily ones, are rare and are no longer simply moments to evolve, but to feel a little more alive.
Vous avez sûrement vu que 25 % des 15-29 ans pourraient souffrir de syndrome dépressif. L’OMS définit la dépression comme « une tristesse persistante » ou « une perte durable de la capacité à éprouver de l’intérêt ou du plaisir pour les activités qui en procuraient auparavant ».
Et l’une des raisons clés est la solitude. On revient sur cette fameuse société hyperconnectée qui ne nourrit pas en profondeur les besoins de présence, de confiance, d’échanges, ce que, en Analyse Transactionnelle, Berne avait nommé « strokes ».
Beaucoup estiment que leur vie sociale est insatisfaisante, et il est compréhensible que, dans une ère où l’on vend tout en excès, passer des heures à ne rien faire sous un abribus ou au pied d’un bâtiment ne ressemble pas à l’image rêvée qui est diffusée sur les réseaux.
Je ne cesse d’entendre que beaucoup de personnes s’ennuient, dans un monde qui offre une infinité de divertissements. C’est là que l’on peut voir l’importance de la qualité sur la quantité. D’ailleurs, même les plus cinéphiles aiment à détester cette ère qui offre sans cesse des productions, mais peu d’œuvres qui se gravent dans leur âme.
Retrouver une qualité de vie ensemble, même dans l’ennui, dans l’absence d’action, juste par la présence avec les autres, juste avec des échanges qui ne vont pas forcément changer le monde, mais qui vont nourrir à un tout autre niveau, plus intime, plus simple et plus profond.
Attendre que des écrans, que des messages, que des vidéos, que des podcasts nourrissent ce besoin simple d’être avec les autres, sans pour autant « s’amuser » comme des générations de jeunes ont pu le vivre, et qui, parfois des années plus tard, s’en souviennent avec bienveillance, parce que même sans rien faire, ils étaient ensemble…
Reflections from Pank / Snapshot #440: Learning to be Bored Together Again
You have surely seen that 25% of 15-29 year olds could be suffering from a depressive syndrome. The WHO defines depression as « a persistent sadness » or « a lasting loss of the ability to feel interest or pleasure in activities that were previously enjoyed ».
And one of the key reasons is loneliness. This brings us back to the famous hyper-connected society that does not deeply nourish the needs for presence, trust, and exchange, what Eric Berne, in Transactional Analysis, called « strokes ».
Many feel that their social life is unsatisfactory, and it is understandable that in an era where everything is sold in excess, spending hours doing nothing under a bus shelter or at the foot of a building doesn’t look like the dreamy image that is broadcast on social media.
I keep hearing that many people are bored, in a world that offers an infinite amount of entertainment. This is where we can see the importance of quality over quantity. In fact, even the biggest film buffs love to hate this era that constantly offers new productions but few works that are truly etched in their souls.
Finding a quality life together, even in boredom, in the absence of action, just by being present with others, just with exchanges that won’t necessarily change the world but will nourish at a whole different level—more intimate, simpler, and deeper.
Waiting for screens, messages, videos, or podcasts to nourish this simple need to be with others, without necessarily « having fun » as previous generations of young people experienced, and who sometimes, years later, remember those moments with kindness, because even while doing nothing, they were together…
S’il y a eu de très belles phases lors de cet UFC Paris, j’ai particulièrement apprécié de voir à quel point les coups au corps ont pu changer la configuration des combats. Dans cette ère d’échanges techniques, je pense qu’il pourrait être intéressant pour les combattants de s’inspirer des frappes de poings rapprochées du Kyokushin.
Il y a une phase qui s’apparente au clinch mais sans réellement utiliser les bras pour déséquilibrer, contrôler en lutte ou préparer un coup de genou. C’est un moment de combat où l’on est très proche de l’adversaire et où le corps est souvent plus exposé. C’est exactement dans ce type de configuration que les karatékas Kyokushin excellent.
Le travail en Shita (coups bas) est certainement une voie qui pourrait être perfectionnée, notamment les crochets aux côtes. On pourrait objecter que la boxe anglaise propose déjà cela, mais les distances sont un peu différentes et le karaté Kyokushin est spécifiquement conçu pour cette courte distance.
Les pratiquants de Kyokushin savent très bien créer des ouvertures, affaiblir l’adversaire ou le faire réagir pour enchaîner avec des coups de pieds, ou, dans le contexte du MMA, pour ouvrir la possibilité de frapper au visage ou de reprendre de la distance.
Il y a également une différence d’impact entre frapper avec des gants de boxe anglaise et avec des poings nus ou des gants de 4 onces. L’impact sur les poignets est plus important et les kento (articulations des doigts) peuvent être blessés lors de la frappe sur les coudes. C’est une manière très spécifique de frapper avec puissance au corps à très courte distance, et cela pourrait être un véritable outil supplémentaire dans l’arsenal des strikers ou des dirty wrestlers.
Encaisser les coups au corps est parfois trompeur, tout comme les coups aux jambes. Une seule frappe bien placée peut transformer ce que nous pensions pouvoir gérer en un calvaire, voire un abandon.
Martial Reflections of a Hypnofighter #431: Body Shots
While there were some great moments in this UFC Paris, I really liked seeing how much body shots could change the dynamic of the matches. In this era of technical exchanges, I think it could be interesting for fighters to look at what Kyokushin practitioners do with their very close-range fist strikes.
There’s a phase that’s similar to the clinch but without actually using the arms to unbalance, control in wrestling, or set up a knee strike. It’s a moment in the fight where you’re very close to the opponent, and the body is often more open than in other phases of combat. It’s precisely in this configuration that Kyokushin karateka specialize.
The Shita (low strikes) work is certainly a path that could be refined, especially the rib hooks. You might say that boxing already offers this, but the distances are a bit different, and this style of karate is specifically oriented toward that short distance.
They are very good at creating openings, weakening the opponent, or making them react to follow up with kicks, or, for MMA, opening up the possibility of striking the face or regaining distance.
There’s also a difference in impact between striking with boxing gloves and with bare fists or 4 oz gloves. There is more impact on the wrists, not to mention the kento (knuckles) which can be injured from impact on the elbows. It’s a very specific way to hit the body with power at a very short distance and could be a real additional tool in the arsenal of strikers or dirty wrestlers.
Taking body shots can sometimes be tricky, just like leg kicks. Sometimes, a single well-placed strike is all it takes for what you thought you could handle to become a nightmare, or even lead to giving up.