Réflexions martiales d’un Hypnofighter #17 : Quand le divertissement dépasse le défi sportif

De plus en plus de jeunes se passionnent pour le MMA. Cette passion les pousse, pour certains, à vouloir devenir des professionnels. Le problème n’est pas tant de trouver des combats que d’avoir des adversaires qui acceptent les combattants proposés.

Tout le monde souhaite avoir un palmarès sans défaite, et donc tout se joue dès le début de la carrière. Les entraîneurs protègent l’avenir de leurs athlètes en préparant soigneusement leur ascension. Ce qui me pose problème, c’est de vouloir hisser un sportif dans le monde professionnel sans passer par les préparations de l’amateurisme.

En effet, si le domaine de l’amateurisme existe, c’est justement pour permettre de se faire la main. J’irais même plus loin en disant que de nombreux combattants n’ont jamais combattu en amateur, ce qui n’a que peu de sens. Automatiquement, des combats sont sélectionnés pour que leur protégé ait un avantage sur l’adversaire et puisse gagner en confiance et en compétence. Cette étape aurait dû être accomplie dans le cadre de l’amateurisme.

De plus, il est indéniable que le circuit amateur est maintenant de qualité. De nombreux athlètes ont déjà une trentaine de combats à leur actif alors qu’ils sont encore dans la vingtaine. Mieux encore, l’IMMAF propose des championnats du monde amateur où le niveau est réel, sans avoir à rougir des sous-cartes des grands événements professionnels actuels.

En dehors de cet aspect qui devrait être davantage réglementé, même si la FMMAF fait de son mieux, on sait que la tricherie est toujours possible. Par exemple, Ragnar, qui allait combattre Lentie, a été rendu possible grâce à son équipe qui a arrangé un combat « professionnel » par le biais d’une organisation en Suisse, alors qu’il n’a jamais été amateur.

Cela me rappelle il y a 20 ans, lorsque Darragh, un homme adorable passionné de MMA, nous appelait quelques jours avant un événement au Royaume-Uni, sans savoir si nous avions une quelconque expérience (c’était du bouche-à-oreille), pour nous proposer un remplacement face à des Russes tueurs d’ours.
L’époque a cependant changé, et à mes yeux, il ne devrait y avoir de combats professionnels que s’il existe une expérience amateur. Paradoxalement, si tu as trop combattu en amateur, les premiers adversaires professionnels te refuseront, craignant que tu sois trop fort pour leur combattant.

L’autre élément qui me dérangeait déjà avec l’UFC, mais qui est exactement le même maintenant que le MMA professionnel est en France, c’est que tu dois te vendre sur les réseaux sociaux, et pire encore, certains demandent un minimum d’abonnés sur Instagram pour être sélectionné sur la carte. Depuis que la ligue américaine a adopté le modèle du catch, nous sommes dans des clashs et des provocations constantes. On le voit bien avec Doumbé, excellent dans ce domaine, qui utilise les réseaux sociaux et son bagout pour attiser les tensions et passer d’un inconnu du MMA (et un monstre en kickboxing) à un athlète invité sur tous les plateaux. Bravo à lui.
Seulement, cela crée des jeunes qui excellent davantage à la bouche que dans la cage ou sur le ring. C’est comme si la qualité au micro (une force recherchée dans le catch) pouvait avoir autant d’importance que tes compétences en combat. Je comprends que les promoteurs veuillent faire de l’argent, c’est d’ailleurs pour cette raison que des combats insensés comme Musk vs Zuck suscitent de l’intérêt, mais en réalité, en termes de qualité et de niveau de nos disciplines, cela n’a aucun intérêt et ne répondra pas aux attentes d’un combat professionnel.

Mettre en scène le spectacle, alimenter les réseaux sociaux par des provocations, voire demander du glamour et du sexy pour les femmes combattantes, c’est gaspiller du temps et de l’énergie qui pourraient être consacrés à ce qui est réellement important : la préparation.

Et pour vous, qu’est-ce qui est le plus important : la qualité des combats ou le préshow et le spectacle qui les entourent ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#professionnel #amateur #CedricDoumbe #ElonMusk #Zuckerberg #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #16 : La dangerosité des débutants


Plus tu t’entraînes et maîtrises ta discipline en BJJ/Luta ou MMA, moins tu apprécies de combattre avec des débutants. Tu connais les risques des différentes positions, tu as vu de nombreuses blessures et tu sais qu’une force appliquée dans un sens opposé à une autre peut entraîner des fractures. Après avoir passé des heures sur le tatami, tu as compris, parfois grâce à tes propres blessures, mais aussi par logique et empathie, que certaines actions peuvent très mal se terminer.


En revanche, les nouveaux venus sont remplis d’euphorie. Pour 90% d’entre eux, ils ne veulent que combattre, l’intérêt technique ne vient que lorsqu’ils ont été battus encore et encore. Ainsi, le débutant, plein de désir et d’ego, veut montrer pendant les randoris qu’il est fort. Parce qu’il a pratiqué un peu, parce que c’était toujours lui qui gagnait contre ses amis, parce qu’il regarde tous les combats de l’UFC et que par mimétisme, les techniques fonctionnent.


Alors ils affrontent des personnes plus expérimentées, des hommes et des femmes qui ont consacré du temps à apprendre et à combattre. Certains ne sont pas des combattants aguerris et viennent simplement à l’académie pour l’ambiance, la condition physique et le plaisir d’apprendre. Il arrive que les débutants les maltraitent, sans forcément les vaincre, mais ils gagnent en confiance. Cependant, ils ne se rendent pas compte du nombre de fois où ils ont été dangereux : un coude qui frôle de près l’arcade, des doigts près des yeux ou des tentatives de chevilles risquées. Quand ils rencontrent un pratiquant chevronné qui aime le combat, ils vont commencer à en prendre pour leur grade. Souvent, le pratiquant expérimenté agit avec une correction éducative, faisant attention aux autres, aux murs et aux gestes dangereux, et « protégeant » les erreurs inconnues et blessantes pour l’autre.


Cette attention que de nombreux gradés peuvent avoir constitue un véritable problème pour eux-mêmes. Prendre en compte le fait de ne pas blesser l’adversaire, qui ne connaît pas suffisamment ou ne fait pas attention, ouvre la possibilité de se blesser soi-même. Et il n’y a rien de plus frustrant. Combien de combattants se sont blessés pour protéger leur adversaire des erreurs causées par un manque d’entraînement de leur partenaire ? Malgré nos explications, la prise de conscience des dangers n’est pas encore présente. Malheureusement, j’ai également vu des débutants se blesser gravement dès les premiers mois.


Il est dommage de voir des personnes motivées ne plus pouvoir pratiquer rapidement parce qu’elles ne connaissaient pas certaines positions, mais le pire, c’est lors des soumissions, quand elles ne sont pas conscientes que leur corps n’est pas invincible et que leur souplesse a des limites. Ce moment où le jeune pratiquant réalise trop tard qu’il aurait dû abandonner au lieu de bouger dans tous les sens de manière désordonnée. C’est la première confrontation avec l’ego, refusant de céder simplement pour montrer qu’il ne peut pas être soumis.


Pour moi, s’entraîner avec des débutants est difficile. Outre le manque d’intérêt tant qu’ils n’ont pas acquis les bases, ils sont facilement blessables. Décider de s’entraîner avec eux est toujours une option où je me dis : il faut rapidement les calmer, sinon cela pourrait créer des situations délicates à gérer, tant pour eux que pour moi.


Et vous, comment vous sentez-vous avec les débutants au dojo ?


Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #15 : La fin de saison, un moment de combat

Après une saison d’entraînement comprenant six séances par semaine, de l’expérience a été acquise. Les élèves ont pris le temps de développer leur jeu, certains plongeant pour la première fois dans le monde du BJJ/Luta. Des heures d’entraînement où tout n’est pas toujours simple, entre les spécificités des morphologies, les techniques que l’on affectionne et celles que l’on ne parvient pas à maîtriser, etc.

L’année est une accumulation d’échéances, de victoires et de défaites, d’attentes et de déceptions. C’est une série de combats qui, pour certains, se fait ressentir au niveau des articulations ou de la fatigue qui s’accumule. En général, la fin de saison est plus calme, car nous mettons fin aux efforts de l’année avant une pause estivale.

Néanmoins, je pense que pour ceux d’entre nous qui avons la chance, comme à l’académie de la Raça (Fushan Kwoon), d’avoir le dojo ouvert pendant une partie de l’été, c’est un moment intéressant pour mettre en place des randoris. Attention, je ne parle pas de randoris intenses où l’on cherche à se déchirer, mais plutôt de combats souples.

Beaucoup souriront sûrement, car nous savons à quel point il est parfois contre-intuitif d’adopter une approche souple et que, comme en boxe, cela peut rapidement dégénérer en combat dur. Cependant, je pense que nous devons encadrer ce qu’est un randori. Il s’agit d’un exercice d’opposition où chaque protagoniste tente de placer ses techniques sans fermer complètement le jeu et en acceptant l’échec de sa stratégie.

Il faut se dire que nous pouvons maintenir un contrôle sans mouvement pendant 10 secondes, voire relâcher toute pression si nous sentons que notre partenaire n’est pas capable de s’échapper, afin de lui permettre de poursuivre son exercice et sa progression.
C’est aussi un moment pour expérimenter des échecs. Certes, je pourrais vous le dire à la manière des échecs, mais je parle vraiment de l’état d’esprit requis. Soyez prêts à essayer des choses qui pourraient ne pas fonctionner. Créez des situations dangereuses et provoquez des erreurs, car vous allez changer de rythme, trouver de nouveaux angles et explorer des directions que vous n’oseriez peut-être pas dans un combat intense.

Le randori est un cadre de combat qui offre la possibilité à tous de jouer et de progresser avec des pratiquants de tous niveaux, peu importe la différence de compétence. Car nous nous engageons dans des thèmes qui peuvent limiter l’expérience, même pour un débutant avec une ceinture blanche.

La fin de l’année est également l’occasion de réfléchir à ce que nous avons acquis et à ce qui n’a pas été complètement assimilé par notre corps. C’est un moment qui nous permet d’exprimer nos apprentissages dans une ambiance légère. Il est agréable de constater nos progrès, de voir ce qui est intégré et ce qui fait de plus en plus partie de notre jeu. Lorsque vous passez 60 ou 90 minutes à combattre quotidiennement, voire plusieurs fois par semaine, l’accumulation offre une expérience précieuse. Est-ce que mes prises sont bien placées ? Suis-je conscient de ma direction ? Ai-je de bonnes postures ? Est-ce que je réagis de la même manière avec tous les gabarits ? Préfère-je être au-dessus ou en dessous ?

C’est l’été, le dojo va être chaud (surtout lorsque l’abruti de professeur que je suis coupe les ventilations), il faut penser à se préserver, à s’arrêter pendant un ou deux combats, et s’entraîner pendant ce temps pour perfectionner les orientations des combats à venir. Profitez de ces dernières semaines avec amusement et partage avec vos partenaires d’entraînement.

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #14 : Les défis de la transition de l’amateurisme au professionnalisme.

Il y a un mouvement de popularisation des sports de combat tels que le MMA. La Fédération FMMAF, qui s’est développée il y a 2-3 ans sous l’égide de la Fédération de Boxe, travaille à faire connaître et structurer cette discipline, merci pour leur boulot. Le MMA n’est pas nouveau, et il était déjà possible d’organiser des galas en 1998. Cependant, après de nombreux conflits avec les ministères, sa reconnaissance officielle n’est intervenue que ces dernières années.


L’un des points positifs du monde fédéral, et encore plus dans un pays où les sports associatifs sont populaires comme en France, est de permettre l’accès à ces disciplines au plus grand nombre. Nous avons eu des champions de Muay Thai dans différentes disciplines et arts martiaux grâce à notre réseau associatif. C’est également le cas pour le football.


Cette structuration du sport pour tous entraîne un fort amateurisme. Bien que les encadrants eux-mêmes obtiennent des diplômes fédéraux ou nationaux et soient des professionnels dans leur discipline respective. Plus nous aurons de pratiquants amateurs, plus nous aurons de futurs champions professionnels, s’ils sont suivis comme tels.


Cependant, le processus de transition de l’amateurisme se fait également ressentir à un niveau plus élevé. Il n’est pas facile de passer professionnel dans les sports de combat. Pour être plus précis, trouver des combats professionnels est simple, mais avoir une structure professionnelle ne l’est pas. Et c’est là l’aspect négatif de notre monde associatif. Lorsqu’un athlète se donne corps et âme dans son MMA, il peut se retrouver dans l’incapacité d’accéder à son gymnase parce que la salle est occupée par des écoles en journée et inaccessible pendant les vacances.


Il est difficile de rivaliser avec les combattants étrangers qui peuvent littéralement dormir à l’académie et se concentrer uniquement sur leur amélioration. De plus, à part quelques bouchers locaux et quelques enseignes, nous ne sommes pas un pays où il est facile d’obtenir des sponsors pour participer à des compétitions et encore moins pour ne pas avoir à travailler parallèlement.


Ce problème n’est pas spécifique qu’au MMA. Nous savons que même en judo, où la fédération est très riche, de nombreux champions internationaux arrêtent leur parcours en raison du manque de moyens et de la nécessité de trouver un emploi rémunéré décemment.


En tant que pratiquants, beaucoup n’ont pas l’idée ou les moyens de payer 100 euros par mois pour aller dans des salles privées. De plus, le caractère privé ne garantit pas que les instructeurs soient meilleurs que dans le milieu associatif. En revanche, l’avantage réside dans la disponibilité des installations sur de larges plages horaires, la possibilité de suivre plusieurs cours par jour et d’avoir des personnes qui peuvent apporter leur aide dans d’autres aspects tels que la préparation physique voire mentale.


Pour permettre l’essor des jeunes générations, il est essentiel de construire des ponts entre l’amateur et le professionnel, entre le public et le privé. Sinon, il y aura toujours un plafond infranchissable ou tellement énergivore à long terme que nos futurs champions pourraient devoir se tourner vers autre chose avant d’avoir réellement pu briller et vivre de leur profession de sportif de haut niveau.
La France compte des athlètes du calibre des professionnels d’autres pays, mais trop souvent, ils se trouvent dans des structures et des modèles de pensée trop amateurs pour obtenir ce qu’ils méritent… le succès.


Et vous, êtes-vous issu du réseau associatif ou avez-vous directement rejoint des clubs privés ?
Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.


Be one
Pank

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Pank PdV #12: La préparation technique


Nous pouvons apprendre des centaines de techniques et les maîtriser, mais si nous ne sommes pas aptes à les inclure avec une transition adéquate, notre technique ne servira à rien. Nous le constatons en MMA, où un excellent frappeur ou lutteur peut soudainement se retrouver complètement perdu dans un combat, car son adversaire étouffe toutes ses actions. Nous nous retrouvons dans un affrontement qui ne se déroule pas comme prévu. Cela se produit également dans notre quotidien d’entraînement, que ce soit pour du grappling ou de la boxe : si nous n’atteignons pas la première étape de notre technique, nous ne pourrons pas la faire briller.


Une beauté des sports de combat réside dans cette dimension : nous savons que certains adversaires possèdent des techniques spéciales, et nous mettons en place des stratégies pour empêcher l’adversaire de déclencher ces techniques en bloquant la première étape. Dans les systèmes de préhension, cela se traduit le plus souvent par un grip fort. Dans les frappes, il s’agit du premier mouvement, souvent un jab, que nous ne laissons pas se placer.


Nous passons beaucoup de temps à nous exercer techniquement, et je suppose que comme moi, il vous est souvent arrivé d’être frustré parce que vous n’avez pas pu mettre en place votre jeu. Votre adversaire a rapidement initié son propre jeu, ce qui nous met constamment en retard.


Nous ne sommes plus dans l’idée d’exécuter notre technique, mais d’empêcher l’autre de mettre en place son jeu. C’est un moment particulièrement délicat, et nous devons au moins revenir à une posture neutre pour pouvoir préparer de nouveau le mouvement que nous souhaitons. Cependant, la fatigue que nous accumulons pendant le combat rendra plus difficile le retour à notre point de départ pour entrer dans notre jeu. Si nous y parvenons, il y aura certainement de la résistance, et comme le disait Leitao, l’adversaire cherchera à ne pas nous laisser faire ce qu’il ne connaît pas. En réalité, nous ne devrions pas laisser faire tout ce qui n’est pas en accord avec notre technique.


Cela semble facile sur papier, mais sur le tapis, c’est bien plus compliqué. Nous passons beaucoup de temps à nous préparer. Alors que dans les systèmes de frappe, une frappe peut toucher au moment du déclenchement, dans la préhension et surtout au sol, il existe encore de nombreuses variables, notamment les angles spécifiques à chaque adversaire que nous affrontons (taille, poids, dynamique musculaire). Même avec une préparation correcte et une technique bien exécutée, le succès n’est pas immédiat et peut même nous faire douter au moment où nous essayons notre action.


Il n’y a pas de solution miracle en BJJ. Nous savons que nous préparons et proposons des techniques que nous pensons être performantes, mais nous ne savons jamais si l’adversaire n’est pas spécialiste de la défense de ce mouvement, voire s’il n’a pas préparé une réponse spécifique à notre technique clé. Cela est particulièrement visible dans les mouvements de bolo et les prises de dos lors des différentes actions des combattants.


Passer du temps à s’entraîner techniquement est important, mais la préparation mentale est tout aussi cruciale et doit être développée et travaillée. Et vous, parvenez-vous à atteindre la première étape de vos techniques ?


Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

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Pank PdV #10 : L’effort double

Dans les arts martiaux tels que le Jiujitsu/Luta et le MMA, il y a une recherche constante pour utiliser au mieux les leviers et les cales afin de réduire la dépense de force et d’énergie de notre corps. Nous sommes plus ou moins conscients de cette recherche d’économie. Si nous pouvions terminer un combat en trente secondes, nous le ferions.

Cependant, il y a des moments où nous ne pouvons pas nous permettre de chercher le moindre effort. Cela se produit lorsque notre partenaire réussit à prendre une position forte. En Jiujitsu brésilien, par exemple, cela peut être lors du passage de la garde, tandis qu’en MMA, cela peut être la transition du combat debout au sol lorsque nous voulions rester debout.

Lorsque notre adversaire prend de l’avance sur nous, nous devons accélérer pour revenir à une position neutre. Lorsque nous perdons un point (-1), il en gagne un (+1), nous devons donc faire l’effort de revenir à zéro, tandis que lui peut « simplement » chercher à contrôler son avantage.

Si votre adversaire commence à passer votre garde et se dirige vers un contrôle latéral en position 100kg, vous vous battez pour essayer de récupérer la demi-garde ou de vous échapper de cette situation en vous relevant. Cependant, le fait qu’il ait déjà passé vos jambes et qu’il cherche à vous contrôler lui donne un avantage en termes d’énergie et également sur le plan mental.

Nous savons que tant que nous sommes en mouvement, que ce soit pour recomposer notre position d’un côté ou pour tenter de prendre le contrôle de l’autre, en utilisant des cales, des leviers ou des pivots dans le bon angle, nous pouvons neutraliser l’action de notre adversaire. C’est pourquoi notre défense nécessite un effort maximal. Tant que nous créons du mouvement, nous avons des options et nous maintenons notre niveau d’énergie à une intensité élevée.

Cependant, si cette étape épuisante se fige, c’est-à-dire si le mouvement cesse du côté du défenseur, cela peut devenir une situation complexe et encore plus énergivore. Pourquoi ? Parce qu’il faudra ensuite recommencer à générer du mouvement, comme un « hipscape », un « bump » ou une poussée forte des bras, puis maintenir cette dynamique sans que notre adversaire nous bloque complètement au sol comme dans un tombé (pin). Je vous rappelle qu’il est désormais en position de +2 et vous de -2. Il est donc en position de rétention, tandis que nous tentons de créer du mouvement puis d’effectuer une transition technique (+ force).
Psychologiquement, cela peut parfois être difficile, car lors de notre première tentative de défense, nous avons essayé d’utiliser nos techniques pour empêcher cette situation, mais cela a été inefficace. Il est donc nécessaire, en plus de cette nouvelle initiative, de se tourner vers l’exploitation de la technique que nous maîtrisons le mieux pour sortir de cette mauvaise posture.

Dans l’espoir, tout comme en MMA, que notre adversaire ne nous empêche pas d’accéder à différentes prises et angles, par exemple, pour nous relever. Cette double dépense d’énergie (mouvement et technique) va impacter notre niveau d’énergie. Il est courant de voir des athlètes épuisés, ayant passé tout leur temps à se défendre et à tenter de se relever, avec un cardio trop bas, ce qui les empêche d’utiliser leur force en percussion pour terminer le combat. Pire encore, le grappler, plus lucide, peut profiter de cette situation pour placer une percussion qui entraîne un KO.

Notre gestion de l’endurance est essentielle en combat, et certaines « inactions », c’est-à-dire l’acceptation d’une posture de contrôle, peuvent sembler bénéfiques sur le moment, mais en réalité, elles nous conduisent vers des moments difficiles à venir.

Parfois, on ne comprend pas pourquoi nos professeurs nous gueulent de ne pas lâcher la défense que nous mettons en place, je me souviens de Flavio Santiago « Peroba », qui s’énervait sur cela. Se battre pour ne pas « perdre la position » parce qu’après ça va devenir difficile sur tous les plans.

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

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Pank PdV #9 : La mort dans les arts martiaux

On parle rarement de la mort dans les arts martiaux. Pourtant, si l’on y réfléchit, un système conçu pour la guerre vise à neutraliser l’adversaire. En BJJ, un étranglement peut conduire rapidement à la mort. En lutte et en judo, certaines projections sur du béton peuvent être mortelles. Les frappes de certains boxeurs ou les attaques sur les cervicales, comme en Silat, peuvent mettre fin définitivement à un combat. Avec les armes blanches, comme en Kali, l’objectif est rarement de ne pas blesser l’opposant, car la survie est souvent limitée.


Nous savons qu’il y a chaque année des blessures graves lors des entraînements. L’année dernière, en Jiu-Jitsu, avant les Championnats du monde, une ceinture marron de chez Cyborg est devenue tétraplégique. Lorsque j’étais à la fédération de lutte, il y avait des cas rares de colonne vertébrale sectionnée suite à une mauvaise chute. Au Japon, le judo est l’un des sports qui entraîne le plus de blessures graves chez les enfants, dont certains en meurent.


Même si nous prenons beaucoup de plaisir à jouer et à nous opposer plus ou moins intensément lors des entraînements, notre activité physique vise à mettre hors d’état de nuire un adversaire. Nous savons que la rue est un environnement sans limites en termes d’agression et de violence. Il suffit de lire les faits divers pour s’en rendre compte. Entre les attaques au couteau, les agressions en groupe ou les mauvaises chutes, il est toujours possible de ne pas survivre à un conflit physique.


Ce week-end, un homme a été tué par les coups portés par plusieurs jeunes devant chez lui. Les altercations peuvent rapidement devenir violentes, et prendre conscience que la blessure et la mort peuvent en être les conséquences est quelque chose à garder à l’esprit. Bien sûr, nous sommes légalement interdits d’intentionnellement ôter la vie à quelqu’un. Le problème est de savoir comment nous réagirons face à une situation d’agression mettant notre vie en danger. Si nous ne sommes pas figés par la peur et que nous sommes envahis par une rage ou une volonté de détruire pour survivre. S’il y a un coup supplémentaire, un étranglement prolongé ou une chute sur un trottoir.


Est-ce que les instructeurs parlent souvent de la mort possible, tant la leur que celle de l’adversaire ? Nous aimons parler de la défense dans la rue, mais jusqu’à quel point sommes-nous, sur le plan cognitif, adaptés à gérer cela dans nos sociétés modernes ? Même sur le terrain des opérations, les militaires peuvent parfois être confrontés à des situations difficiles où ils doivent ôter la vie (et ils le gèrent bon an mal an), alors comment pouvons-nous, simples civils avec nos compétences de combat limitées, gérer cela ?


En plus du risque d’accusation d’homicide involontaire et de la pression du système judiciaire. On nous parle de notre survie lors d’une agression en milieu urbain, cependant, cette notion est relative, car nous ne savons pas ce qui peut se produire. Parfois, même en présence de sang, les personnes se figent, et causer des dommages peut nous mettre mal à l’aise. Lorsque nous nous entraînons avec des armes blanches dans les écoles, il y a une différence entre pratiquer le hubud lubud, le chisao, et réellement blesser un adversaire, le voir couvert de sang et potentiellement s’éteindre.


J’aime regarder des vidéos de self-défense, et il est intéressant de constater que peu d’entre elles mettent en avant la notion de mort, malgré la violence de leurs enchainements à mains nues ou armées. Prenons l’étranglement classique, le « Rear naked choke », par exemple. Je le vois appliqué dans de nombreux systèmes, c’est simple, nous savons qu’il endort rapidement. Mais une chose me marque, même si je n’ai peut-être pas réalisé des milliers de combats au cours des années : est-ce que les élèves qui n’ont presque jamais d’opposition savent réellement ce que cela signifie d’endormir une personne et quand il faut arrêter ? Un étranglement peut tuer. Je le répète, car parfois nous pensons simplement que cela endort. Oui, mais s’il est maintenu un peu plus longtemps, il ôte la vie. Même avec de l’expérience, il y a des moments où nous ne sentons pas que notre partenaire est « parti ». Alors, comment une personne qui inclut cette technique dans son répertoire sans passer des heures à observer les réactions peut-elle savoir quand elle doit s’arrêter ? Ne va-t-elle pas continuer à appliquer la prise, par peur que la personne se relève, par inattention ou par stress ?


Nous devrions aborder plus fréquemment la question de la mort dans notre discours sur les arts martiaux, même si pour la grande majorité d’entre nous, simples civils, le combat ou même la défense personnelle ne restent qu’un jeu. Il existe des situations qui peuvent nous amener à prendre des décisions pouvant conduire à la mort…


Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

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Pank PdV #8 : Mon dojo, une dictature

Dans le monde des arts martiaux et des sports de combat, nous pénétrons dans un univers assez différent de notre quotidien. Si vous n’avez jamais mis les pieds dans ces lieux, il y règne une atmosphère (en dehors des odeurs) qui nous fait rapidement comprendre que ce ne sera pas forcément la rigolade. C’est d’autant plus vrai pour les petits néophytes qui souhaitent découvrir le monde du combat. Il y a bien sûr les écoles commerciales qui se préoccupent davantage des clients, puis il y a celles plus « traditionnelles » qui ne semblent pas particulièrement accueillantes.

Je fais plutôt partie de cette dernière tendance. Pour moi, les personnes importantes dans un dojo sont celles qui y sont présentes depuis un certain temps. Pourquoi ? Parce que je sais qu’un de mes gradés est un pratiquant qui a déjà investi des heures et des années de son temps et de son énergie pour venir régulièrement dans cette salle suivre mes enseignements. Ils méritent mon attention, ma confiance et mes efforts bien plus qu’un nouveau venu qui pourrait changer d’académie ou de sport dans un mois.

Peut-être ai-je lu trop de mangas ou pratiqué le karaté en excès, mais en fin de compte, c’est aux nouveaux élèves de faire des efforts en matière d’écoute, de présence et d’implication pour que je m’investisse en retour. Comme je le répète régulièrement, un dojo est une dictature, un lieu complètement hiérarchisé et absolument pas égalitaire ou équitable. Une dictature, avec un professeur tout-puissant (merde, ma thérapie n’a pas encore porté ses fruits), où les ceintures blanches n’ont aucun droit. Oui, aucun, ils doivent suivre ce que leur imposent leurs aînés sur le tatami, ils doivent s’écarter si un gradé est trop proche pendant les combats, accepter les décisions de ces derniers même s’ils ne sont pas d’accord.

Je sais que vu comme ça, ce n’est vraiment pas un lieu d’amour et de jiujitsu/luta pour tous. Si je me réfère aux critères de mon ami Gile de BJJ Eastern Europe, mes cours devraient être à fuir. Pourtant, j’ai des élèves formidables, des personnes sérieuses et impliquées qui savent qu’il n’y a pas de droit ou d’égalité, mais que tout le monde peut, avec du temps et du travail, progresser dans la hiérarchie. Tout le monde peut devenir ceinture bleue, violette, marron et noire. Cela impliquera des droits, mais aussi des responsabilités.

Un dojo n’est pas seulement un lieu pour améliorer nos capacités à se battre ou à affronter des conflits physiques, c’est aussi un moyen de se renforcer et de se préparer aux moments difficiles et douloureux de la vie. Le quotidien n’est pas juste, il est stressant, et nous subissons régulièrement des pressions. La salle de sport apporte la même chose et nous apprend qu’avec de la rigueur, de la constance et une capacité à encaisser, nous pouvons nous en sortir au mieux.

C’est également un lieu de sociabilisation et de connexion. Nous formons une équipe, et si certains élèves font des erreurs, c’est l’ensemble du groupe qui peut corriger ou en payer le prix. Il y a cette notion qui nous oblige à prendre soin des autres, dans tous les sens du terme. Cela implique que les autres se comportent correctement, qu’ils prennent 30 secondes pour boire, qu’ils arrivent à l’heure, qu’ils se taisent pendant les explications, qu’ils mettent suffisamment d’intensité dans les exercices. Il s’agit également d’être un bon partenaire (UKE), de permettre aux autres de progresser, de les protéger des blessures. Sans l’autre, même s’il ne s’agit que d’une ceinture blanche, il n’y aurait pas de progression ni d’avancée.

Nous devons prendre en considération ce partenaire, car si l’ego ou des émotions mal maîtrisées entraînent des blessures, c’est tout le groupe qui en subit les conséquences. Moins nous avons de coéquipiers, moins nous pouvons progresser.

Vivre dans cette dictature est certainement insupportable pour beaucoup, d’autant plus dans une société qui garantit la liberté d’expression à tous. Dans un dojo, la seule expression admise est « OSU », le reste appartient au retour à la vie normale. Une vie qui, jour après jour, nous semble de plus en plus confortable par rapport à ces quelques heures où un seul objectif prévaut : devenir meilleur dans notre quotidien, avec notre technique, notre corps et notre attitude.

Osu

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Be one

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HnO Podcast #115 /Hypnose et Bagarre #5 : Les blessures Physiques / Psychiques 2/2

Un échange sur la problématique des blessures qu’elles soient physiques ou émotionnelles.

Une série de podcast qui va se baser sur les arts martiaux, l’hypnose et la psychologie.

Contact Jimmy : https://www.hypnotherapie-paris15.fr/

Testez, observez et concluez par vous mêmes.
Les potentiels sont en vous.
La connaissance est Partage
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HnO Podcast #114 /Hypnose et Bagarre #5 : Les blessures Physiques / Psychiques 1/2

Un échange sur la problématique des blessures qu’elles soient physiques ou émotionnelles.

Une série de podcast qui va se baser sur les arts martiaux, l’hypnose et la psychologie.

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Testez, observez et concluez par vous mêmes.
Les potentiels sont en vous.
La connaissance est Partage
Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous
Be One
Pank

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