Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Quand les Français ont battu les Japonais au championnat du monde de Paris en 1972, cela a créé un choc dans le monde du karaté. Les Japonais n’étaient plus les combattants invincibles que nous aurions pu croire. Le peuple du pays du soleil levant avait déjà dû admettre la grande force des pays européens avec le judo dès 1964 et le colosse Geesink.
Mais cette fois, Sosai Oyama, qui était en guerre avec la JKA et la plupart des styles traditionnels, a vu une occasion extraordinaire de mettre en avant le Kyokushin, ce karaté rustre qui, depuis 1969, proposait des compétitions où les KO étaient autorisés. Comme je l’ai partagé dans d’autres posts, Sosai était un génie du marketing. Il a donc clamé que jamais un non-Japonais ne deviendrait champion dans le véritable karaté, le Kyokushin. S’il advenait le contraire, il se ferait Seppuku.
Mettez-vous à la place de la première génération de l’école (56-69), les Shigeru Oyama, Tadashi Nakamura, Yamazaki ou Ashihara, qui entendent leur Sensei (Oyama n’était pas encore le Kancho/Sosai à l’époque) dire qu’il se suiciderait si les pratiquants japonais ne remportaient pas une compétition. Une petite pression pour eux qui allaient devoir être… arbitres.
Nakamura explique que la compétition était assez “sale”. Outre le fait que Kajiwara (auteur de Karate Baka Ichidai) ait produit une vidéo avec les protagonistes de tous les pays mais surtout du Japon, Sosai Oyama décida qu’il y aurait huit combattants nippons pour quatre des autres nations. Chaque étranger ne combattrait pas un Japonais avant le 2e ou 3e tour. De plus, Isao Maki (frère de Kajiwara) écrit dans un de ses livres qu’Oyama intervenait dans les décisions des combats et que Nakamura, avec Shigeru Oyama, arbitre spécial, ne cessait de refuser les orientations de Sosai. Cela créa une tension. Gardez en tête l’injonction : arbitrer pour que ce soit juste mais que le fondateur devrait se suicider si les décisions ne valorisaient pas les Japonais…
D’après Nakamura, Oyama souhaitait par exemple que William Oliver (élève américain de Nakamura) gagne son match alors qu’il avait été complètement battu. Sosai souhaitait que les Japonais prennent la première place mais que les Américains et Européens soient 3e et 4e pour que le Kyokushin se diffuse dans le monde. Oyama a été vexé du résultat final où les Japonais prenaient les six premières places.
De plus, comme l’explique Shigeru Oyama, qui était avec Nakamura à New York et considéré comme l’un des meilleurs professeurs de Kyokushin, Sosai lui avait demandé de ne pas enseigner particulièrement les low kicks aux Américains. Apparemment, cette information avait été diffusée dans tous les dojos dirigés par les Japonais à l’époque. C’est pour cette raison que vous pouvez voir à quel point les non-Japonais étaient déstabilisés avec leurs postures “traditionnelles” par les gedan keri.
Nous nous souvenons tous de Royama et de ses low kicks sur des combattants qui ne parvenaient pas à les gérer. Ce championnat était un superbe tremplin pour la conquête du monde par le karaté de Oyama. Cela a aussi été un tournant entre la première génération des pratiquants et la seconde (69-80) ainsi qu’un travail plus politique de la part de Sosai. J’y reviendrai.
Martial Reflections of a Hypnofighter #201: The First Kyokushinkai World Championship in 1975
When the French defeated the Japanese at the World Championship in Paris in 1972, it caused a shock in the world of karate. The Japanese were no longer the invincible fighters we might have believed. The people of the Land of the Rising Sun had already had to admit the great strength of European countries in judo since 1964 with the giant Geesink.
But this time, Sosai Oyama, who was at odds with the JKA and most traditional styles, saw an extraordinary opportunity to highlight Kyokushin, this rugged karate that had been holding KO competitions since 1969. As I have shared in other posts, Sosai was a marketing genius. He proclaimed that no non-Japanese would ever become a champion in true karate, Kyokushin. If it happened, he would commit seppuku.
Put yourself in the place of the first generation of the school (56-69), like Shigeru Oyama, Tadashi Nakamura, Yamazaki, or Ashihara, who heard their Sensei (Oyama was not yet Kancho/Sosai at the time) say he would commit suicide if Japanese practitioners did not win a competition. Quite a bit of pressure for them, who would have to be… referees.
Nakamura explains that the competition was quite “dirty.” Besides the fact that Kajiwara (author of Karate Baka Ichidai) produced a video with protagonists from all countries but especially from Japan, Sosai Oyama decided there would be eight Japanese fighters for four from other nations. Each foreigner would not fight a Japanese until the 2nd or 3rd round. Additionally, Isao Maki (Kajiwara’s brother) wrote in one of his books that Oyama intervened in combat decisions and that Nakamura, along with Shigeru Oyama, a special referee, kept refusing Sosai’s directions. This created tension. Keep in mind the injunction: arbitrate fairly, but the founder would have to commit suicide if the decisions did not favor the Japanese…
According to Nakamura, Oyama wanted, for example, William Oliver (Nakamura’s American student) to win his match even though he was completely defeated. Sosai wanted the Japanese to take the first place but the Americans and Europeans to be 3rd and 4th so that Kyokushin would spread worldwide. Oyama was vexed by the final result where the Japanese took the top six places.
Moreover, as Shigeru Oyama, who was with Nakamura in New York and considered one of the best Kyokushin teachers, explains, Sosai had asked him not to specifically teach low kicks to Americans. Apparently, this information was spread to all dojos guided by the Japanese at that time. This is why you can see how destabilized non-Japanese were with their “traditional” postures by the gedan keri.
We all remember Royama and his low kicks on fighters who couldn’t handle them. This championship was an excellent springboard for Oyama’s karate to conquer the world. It was also a turning point between the first generation of practitioners and the second (69-80), as well as a more political maneuver by Sosai. I will come back to this.
Ce matin, je voulais vous parler d’une information que j’ai trouvée sur Oyama et surtout d’un élément qui me pose problème mais qui, je pense, a fait rêver la plupart d’entre nous : l’entraînement de 1 an et 8 mois dans la montagne de Sosaï.
Cependant, l’actualité est plus intéressante que ce passé peu clair du monde du karaté. J’ai la chance d’être dans un dojo multi-disciplines, le Fushan Kwoon à Vanves. Nous sommes une petite académie mais nous avons de nombreux champions dans différents styles comme Michaël Lozère, champion du monde de Muay et champion de France classe A, David Heran, 3e aux World Master de Sambo Combat, et nos kyokushin.
Ce week-end encore, l’école Tokusentaï (affiliée à l’ACBB 92) a brillé aux Europe poids en Bulgarie. Déjà en junior moins de 65 kg, Alainat Monot remporte le titre de championne d’Europe. Puis en adulte, Gino Cosentino fait son doublé en moins de 80 kg et domine la compétition avec un splendide KO en hiza geri en quart de finale. Il a été plus concentré et focalisé qu’il y a quelques semaines au Spanish Open, gardant son énergie pour la finale qu’il remporte avec une vraie domination et un rythme fort.
Enfin, Antonio Tusseau, après sa quatrième place au World en novembre 2023, a confirmé qu’il est le patron en plus de 90 kg. Après un premier match où il a montré sa résistance face à un adversaire dense qui a petit à petit cédé face aux frappes de talons dans les jambes et aux faux rythmes que mettait en place le futur champion, sa demi-finale a été expéditive avec un mae geri qui a mis fin aux espoirs de son adversaire. Enfin, la finale a été gagnée par abandon. Il remporte donc son 5e titre européen, ce qu’aucun Français n’a jamais fait.
Le kyokushin est un style très dur physiquement et l’enchaînement des combats peut facilement traumatiser le corps, qui parfois ne répond plus pour les tours suivants.
Martial Reflections of a Hypnofighter #199: The European Weight Kyokushin IKO 2024 This morning, I wanted to talk to you about some information I found on Oyama, particularly an element that poses a problem for me but which, I believe, has made most of us dream: the 1 year and 8 months of training in Sosaï’s mountain.
However, current events are more interesting than this unclear past of the karate world. I am fortunate to be in a multi-discipline dojo, the Fushan Kwoon in Vanves. We are a small academy but we have many champions in different styles, such as Michaël Lozère, world champion of Muay and French class A champion, David Heran, 3rd at the World Master of Sambo Combat, and our Kyokushin fighters.
This past weekend, the Tokusentaï school (affiliated with ACBB 92) shone at the European Weight in Bulgaria. First, in junior under 65 kg, Alainat Monot won the title of European champion. Then, in the adult category, Gino Cosentino made his double in under 80 kg and dominated the competition with a splendid KO in hiza geri in the quarter-final. He was more centered and focused than a few weeks ago at the Spanish Open, conserving his energy for the final, which he won with true domination and a strong pace.
Finally, Antonio Tusseau, after his fourth place at the World in November 2023, confirmed that he is the boss in over 90 kg. After a first match where he showed his resilience against a tough opponent who gradually yielded to his heel strikes and deceptive rhythms, his semi-final was swift with a mae geri that ended his opponent’s hopes. Finally, the final was won by forfeit, earning him his 5th European title, which no other Frenchman has ever achieved.
Kyokushin is a very physically demanding style, and the sequence of fights can easily traumatize the body, which sometimes no longer responds for the following rounds.
In France, Kyokushin is unfortunately not sufficiently highlighted as a knockout karate style. Karate Bushido gives practitioners the opportunity to prove their bravery and resilience with, for example, the encounter between GregMMA and Antonio GregMMA Vs Triple Champion d’Europe de Karaté KYOKUSHINKAI Antonio Tusseau) or Ce champion ENCAISSE TOUS LES COUPS ! Avec Antonio Tusseau (Karate Kyokushinkai) Don’t hesitate to explore this style and these champions.
Depuis deux décennies, nous avons pu observer le niveau des professeurs et des fondateurs de différentes écoles. Parfois, nous avons de belles surprises avec des niveaux exceptionnels. Grâce aux vidéos et, pour ceux qui pratiquent une version sportive, aux compétitions, nous pouvons constater ces niveaux.
Cependant, nous entendons aussi de nombreux récits sur des maîtres anciens considérés comme exceptionnels. Beaucoup d’entre nous ont même commencé les arts martiaux après avoir découvert ces histoires dans des livres ou des adaptations cinématographiques. Les mythes de ces maîtres nous ont poussés vers les portes d’une salle ou d’un dojo.
Comme je l’ai déjà mentionné dans d’autres réflexions, il y a de fortes chances que le niveau martial actuel soit bien supérieur à celui de l’époque des mythes. La raison est assez simple : la quantité de pratiquants. Je sais que ce n’est pas le nombre qui fait la qualité, mais prenons un exemple comme le judo.
Nous avons un fondateur comme Kano Kancho, qui a proposé aux pratiquants de jujitsu de développer le Kodokan. Grâce à ses qualités, il a pu attirer du monde dans ses dojos. Entre le début du 20e siècle, où il y avait quelques milliers de pratiquants, et aujourd’hui, avec plus de 10 millions de judokas, la différence est énorme.
De même, en regardant le Gracie Jiu-Jitsu ou même les premiers championnats du monde de 1996 et en comparant avec le niveau actuel, nous sommes dans une autre galaxie. Idem en Kyokushin : regardez les mondiaux de 1975 et les derniers de 2023. Nous voyons des combattants avec un niveau technique incroyable et une capacité d’encaissement inimaginable il y a 50 ans.
Nous sommes sortis des illusions et des histoires, même s’il y a encore beaucoup de menteurs, avec des tas d’histoires dans des rues ou des endroits que personne ne peut valider. Cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas forts, juste qu’ils accumulent plus d’histoires que de réel niveau dans une académie.
Plus nous développerons les arts martiaux et les sports de combat, plus nous découvrirons des pépites comme un Salah en MMA. La quantité développe la qualité, le nombre nous offre un levier de progression (je reviendrai dessus) et la découverte des grands de nos disciplines.
Martial Reflections of a Hypnofighter #198: When Quantity Enhances Quality
For the past two decades, we have observed the level of instructors and founders of various schools. Sometimes, we are pleasantly surprised by exceptional levels. Thanks to videos and, for those who practice a sportive version, competitions, we can see these levels.
However, we also hear many stories about ancient masters considered exceptional. Many of us even began martial arts after discovering these stories in books or cinematic adaptations. The myths of these masters pushed us towards the doors of a hall or dojo.
As I have already mentioned in other reflections, there is a strong chance that the martial level today is significantly higher than during the times of myths. The reason is quite simple: the number of practitioners. I know that it’s not the number that makes the quality, but let’s take an example like judo.
We have a founder like Kano Kancho, who proposed to jujitsu practitioners to develop Kodokan. Thanks to his qualities, he was able to attract people to his dojos. Between the early 20th century, when there were a few thousand practitioners, and today, with over 10 million judokas, the difference is enormous.
Similarly, looking at Gracie Jiu-Jitsu or even the first world championships in 1996 and comparing them to the current level, we are in another galaxy. The same applies to Kyokushin: look at the 1975 worlds and the latest ones in 2023. We see fighters with incredible technical levels and an ability to withstand blows unimaginable 50 years ago.
We have moved beyond illusions and stories, even if there are still many fabricators, with lots of stories from streets or places that no one can verify. This does not mean they are not strong, just that they accumulate more stories than real level in an academy.
The more we develop martial arts and combat sports, the more we will discover gems like Salah in MMA. Quantity develops quality; the number offers us a lever of progression (I will return to this) and the discovery of the greats of our disciplines.
Vous savez que je suis de ceux qui prônent le pouvoir limité, qui reconnaissent l’importance de comprendre nos limites dans le quotidien et d’explorer notre territoire de possibilités avant de les atteindre. Nous avons déjà abordé les problématiques des écrans qui impactent les tout jeunes dans leur gestion des émotions et des frustrations (https://www.usherbrooke.ca/actualites/nouvelles/societe/details/49464)
Nous sommes pour la plupart dans une période où il devient de plus en plus difficile de maintenir un état émotionnel neutre. Il y a une augmentation des explosions émotionnelles, une mauvaise gestion de la frustration, et une incompréhension dans une société d’abondance de ne pas obtenir immédiatement ce que nous désirons.
Les réseaux sociaux, avec leurs poussées de dopamine, et les sites de commerce, qui permettent de tout obtenir en quelques heures, font de notre monde d’écran un environnement où nous ne savons plus nous limiter.
Nous redevenons des enfants exigeants, estimant que notre personne est plus importante que l’autre, que nos désirs et besoins ont plus de sens que ceux d’autrui.
Nous avons tellement parlé de liberté, de droits et de développement personnel que nous « dépassons nos/les limites » sans plus de considération pour la structure sociale dans laquelle nous vivons. De plus, cette illusion de toute-puissance, d’illimité, n’enseigne plus la patience, l’humilité et l’acceptation.
Cette volonté de montrer au monde une existence sans limites, de valoriser encore et encore certaines expériences de sa vie, ne cadre pas forcément avec ce qui se passe en soi, loin de l’image, de l’écran. Un soi qui a besoin d’une définition, avec ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Une satisfaction des petites choses, une redécouverte de ce qui, au-delà des discours, est réellement acceptable pour soi et ce qui ne correspond pas.
Ces limites permettent de prendre des décisions plus justes, d’ajouter quelques étapes aux objectifs de vie, mais aussi de cultiver une curiosité et une attente des choses qui permettent encore la découverte de soi et du monde.
Se limiter, c’est aussi reprendre plaisir à ce que l’on a, à ce que l’on fait et à ce que l’on est, sans se projeter sans cesse dans un monde virtuel qui n’apporte qu’un plaisir et une joie parfaitement limités.
Reflections of Pank / Snapshot #207: Redefining Our Limits
You know that I am one of those who advocate for limited power, recognizing the importance of understanding our limits in daily life and exploring our territory of possibilities before reaching these limits. We have already discussed the issues of screens impacting young children in their ability to manage emotions and frustrations (source).
For most of us, it is becoming increasingly difficult to maintain a neutral emotional state. There is a rise in emotional outbursts, poor frustration management, and a lack of understanding in a society of abundance where we do not immediately get what we want.
Social networks, with their dopamine hits, and commercial sites that allow us to get everything within a few hours, create a screen-dominated world where we can no longer set limits for ourselves.
We revert to being demanding children, believing that our person is more important than others, that our desires and needs are more significant than those of others.
We have talked so much about freedom, rights, and personal development that we « exceed our/the limits » without considering the social structure in which we live. Moreover, this illusion of omnipotence and unlimitedness no longer teaches patience, humility, and acceptance.
This desire to show the world an existence without limits, to continually highlight certain experiences of our lives, does not necessarily align with what is happening within us, far from the image and the screen. A self that needs definition, with what is possible and what is not. Satisfaction with small things, a rediscovery of what is truly okay for us beyond the discourse and what does not correspond.
These limits allow for making fairer decisions, adding a few steps to life goals, but also cultivating curiosity and anticipation for things that still enable self-discovery and discovery of the world.
Limiting oneself is also about regaining pleasure in what we have, what we do, and who we are, without constantly projecting into a virtual world that only brings limited pleasure and joy.
Même si je suis un pratiquant assez pragmatique, j’aime beaucoup regarder des vidéos sur des aikidokas. C’est peut-être un ancrage que j’ai avec ma découverte de cette école de Ueshiba quand j’étais ado. Hier, je regardais une vidéo de Saegusa Sensei, qui nous explique un principe de tension/non-tension pour projeter ses partenaires. https://www.youtube.com/watch?v=e1o5uiEeCEA&t=638s
En tant que pratiquant, et je pense comme beaucoup d’entre vous, je suis intéressé et sceptique. Certes, c’est un exercice en accord, donc il n’y a pas de réalité martiale comme je vous le faisais remarquer avec les Kyusho. Nous nous retrouvons plus en démonstration qu’en modèle d’opposition. Néanmoins, j’aime bien tenter de comprendre la démarche et ce que cela peut créer quand on est en adhésion, en mode découverte.
Parce qu’il y a cette idée très importante que nous avons besoin de prendre en compte que ce soit dans des styles comme l’aikido mais aussi dans des systèmes de self-défense, l’adhésion par “soumission” à son sempai, par rôle de uke ou même par curiosité et apprentissage.
Ce qui est de plus en plus sympa avec les professeurs d’aïkido actuels, c’est qu’ils sont moins dans l’ésotérisme de O Sensei, qui était dans sa vision animiste de l’Omotokyo. J’ai aussi un livre que j’avais pu acheter au Japon d’un ancien élève de Takeda Sensei du Daito Ryu (professeur de Ueshiba), Sagawa Sensei, qui était reconnu pour avoir une maîtrise du Ki dans le combat.
Mais dans ces ouvrages passionnants, on reste dans un ensemble de concepts peu praticables. Aujourd’hui, des chaînes d’aikido ou des pratiquants d’autres styles vont tester les méthodes des anciens. Dans les échanges, on s’aperçoit que beaucoup restent dans des notions de biomécanique et quand ils parlent de ki, ils parlent de cette “association” du tori et du uke.
Dès lors, ressentir, voire pressentir une action dans une danse martiale où chacun recherche une harmonie offre une efficacité martiale cadrée. J’aimerais dans cette “transe” d’adhésion, voir la sensation que partagent ces maîtres de l’aiki dans leur technique, afin peut-être de mieux comprendre une facette de ce ki…
Martial Reflections of a Hypnofighter #197: An Evolution in Aikido Teaching
Even though I am a fairly pragmatic practitioner, I love watching videos about aikidokas. This might be rooted in my discovery of Ueshiba’s school when I was a teenager. Yesterday, I watched a video of Saegusa Sensei explaining a principle of tension/non-tension to throw his partners. https://www.youtube.com/watch?v=e1o5uiEeCEA&t=638s
As a practitioner, and I think like many of you, I am both interested and skeptical. Sure, it’s a cooperative exercise, so there’s no martial reality as I’ve pointed out with Kyusho. We find ourselves more in a demonstration than in a model of opposition. Nevertheless, I like trying to understand the approach and what it can create when we engage with it in a discovery mode.
Because there is this very important idea that we need to take into account, whether in styles like aikido or in self-defense systems: engagement through « submission » to one’s sempai, by the role of uke, or even by curiosity and learning.
What is increasingly enjoyable with current aikido teachers is that they are less into the esotericism of O Sensei, who was into his animistic vision of Omotokyo. I also have a book I bought in Japan by a former student of Takeda Sensei of Daito Ryu (Ueshiba’s teacher), Sagawa Sensei, who was recognized for his mastery of Ki in combat.
But in these fascinating works, we remain within a set of impractical concepts. Today, aikido channels or practitioners of other styles test the methods of the past. In exchanges, we realize that many stick to notions of biomechanics and when they talk about ki, they speak of this « association » between tori and uke.
Thus, feeling, even foreseeing an action in a martial dance where each seeks harmony offers a framed martial efficiency. I would like, in this “trance” of engagement, to feel the sensation that these masters of aiki share in their technique, perhaps to better understand a facet of this ki…
Nous savons que la défense personnelle est un sujet difficile. Avant même de devenir un art d’éducation, une activité sportive ou spirituelle, les arts martiaux avaient pour but de permettre le combat, que ce soit sur un champ de bataille ou dans le cadre de la défense individuelle.
Hier, en écoutant un podcast d’experts en défense, j’ai entendu ce dont je vous ai déjà parlé : la mise en avant de l’expérience en sécurité. Si cela est particulièrement intéressant pour appliquer des techniques dans un cadre d’opposition ouverte (c’est-à-dire sans règles), il y a un élément que je voudrais vraiment que nous partagions avec les élèves : ce n’est pas un cadre de Self Defense.
Pour Monsieur et Madame Lambda, se retrouver dans une dynamique de violence n’a rien à voir avec quelqu’un qu’on embauche pour cela, et aujourd’hui, il faut en plus une carte professionnelle. Cela signifie que nous avons affaire à des professionnels, des personnes conditionnées, organisées et préparées en équipe à faire face à des violences urbaines.
Savoir à l’avance qu’on va se battre et devoir se battre sans le moindre indice que tout va basculer sont deux situations complètement différentes. Donc je suis désolé, mais avoir été portier ne devrait pas être un élément mis en avant par un instructeur de Self Defense, ni même avoir été policier ou dans les forces armées.
Nous ne sommes pas dans les mêmes contextes. Quand on est professionnel, on peut se dire qu’il ne faut pas déraper et aller trop loin. Dans la rue, on ne sait même pas quand enclencher l’action.
Il y a un discours confusant. La sécurité connaît le combat de rue, oui, mais ne sont pas les victimes de l’agression. Ils sont formés puis payés pour maintenir une attention, prévenir et organiser une riposte avec des situations qui, contrairement à la salle, n’ont pas de limites et avec une intention possible de blesser ou tuer. Mais ils ne vivent pas la posture de victime.
C’est cette facette qui change tout. Si n’importe qui dans la rue, à la moindre tension verbale ou paraverbale, avait le « droit » de donner un coup de matraque, de mettre un coup de tête ou une droite, il n’y aurait quasiment plus de soucis. Si nous avions un cadre légal qui disait qu’à la moindre intention agressive, vous pouvez mettre fin à la tension en neutralisant l’individu, les agressions seraient bien différentes.
Déjà que la sécurité ou les forces de l’ordre peuvent avoir des problèmes lorsqu’ils sont payés pour maintenir une certaine tranquillité et qu’ils utilisent la violence martiale, alors Monsieur et Madame Lambda, qui sont dans un bon jour et qui traumatisent leur opposant pour fuir, risquent en plus de se prendre une plainte, voire de la prison.
La Self Defense doit prendre en compte que l’individu est dans une posture de victime, pas de professionnel, pas d’expert, pas de champion, simplement d’une proie qui n’est pas câblée pour entrer en violence à ce moment-là.
Martial Reflections of a Hypnofighter #196: Complex Confusion in Self Defense
We know that personal defense is a difficult subject. Even before becoming an educational art, a sport, or a spiritual activity, martial arts were intended to enable combat, whether on a battlefield or in the context of individual defense.
Yesterday, while listening to a podcast with defense experts, I heard something I’ve already mentioned: the emphasis on experience in security. While this is particularly interesting for applying techniques in an open opposition context (that is, without rules), there is an element I really want us to share with the students: this is not a Self Defense context.
For the average person, finding themselves in a violent situation is nothing like someone who is hired for it, and today, they also need a professional license. This means we are dealing with professionals, people who are conditioned, organized, and prepared as a team to face urban violence.
Knowing in advance that you will fight and having to fight without any indication that everything is about to change are two completely different situations. So, I’m sorry, but having been a bouncer should not be an element highlighted by a Self Defense instructor, nor having been a police officer or in the armed forces.
We are not in the same contexts. When you are a professional, you can tell yourself not to go too far. On the street, you don’t even know when to initiate the action.
There is a confusing discourse. Security personnel know street combat, yes, but they are not the victims of aggression. They are trained and paid to maintain attention, prevent, and organize a response to situations that, unlike the gym, have no limits and may intend to injure or kill. But they do not experience the victim’s stance.
This aspect changes everything. If anyone on the street, at the slightest verbal or non-verbal tension, had the « right » to use a baton, headbutt, or punch, there would be almost no problems. If we had a legal framework that said at the slightest aggressive intention, you can end the tension by neutralizing the individual, the aggressions would be very different.
Even security or law enforcement can have problems when they are paid to maintain a certain tranquility and use martial violence. So, an average person, who is having a good day and traumatizes their opponent to escape, also risks getting a complaint or even prison time.
Self Defense must take into account that the individual is in a victim’s posture, not a professional, not an expert, not a champion, simply a prey that is not wired to enter into violence at that moment.
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Il nous arrive parfois de souhaiter exercer une influence, voire un pouvoir, sur les personnes que nous rencontrons, y compris les parents vis-à-vis de leurs enfants. Il est en effet stimulant de penser que nous pouvons orienter des points de vue et des comportements. Toutefois, le risque est que, si nous y parvenons, cette influence puisse devenir de plus en plus fréquente et systématique.
Lorsque cela se produit, nous risquons de tomber dans une forme de monomanie du contrôle, désirant avoir une emprise sur tout ce qui se passe dans notre vie et sur toutes les personnes qui nous entourent. Dans la vidéo que j’ai partagée ce matin, j’abordais la facilité avec laquelle nous pouvons objetiser les personnes à nos côtés.
Nous pouvons être tentés de les utiliser comme des outils pour en tirer un bénéfice, une sorte de « retour sur investissement ». Cependant, l’autre, cet individu à nos côtés qui peut être notre collègue, notre ami ou un membre de notre famille, n’est pas simplement un réceptacle pour nos attentes. Bien qu’il puisse exister des liens de filiation ou de subordination dans certains cadres, dans la vie quotidienne, ces personnes n’ont aucune obligation de se conformer à nos désirs.
Si nous partons du principe que l’autre est libre d’accepter ou de refuser, de suivre ou non, cela établit une dynamique radicalement différente. Nous ne chercherons plus à influencer ou à diriger sans prendre en compte les besoins de l’autre. Au contraire, nous adopterons une posture d’écoute et d’attention.
Nous devons également envisager la possibilité que l’autre refuse, adhère puis se rétracte. Il nous faut alors être prêts à proposer des alternatives. En adoptant cette attitude, prêts à nous adapter aux réponses de l’autre sans chercher à l’utiliser mais plutôt à apprendre de lui, nous ouvrons de nouvelles perspectives dans nos relations et dans notre propre développement personnel.
Reflections from Pank / Snapshot #205: Seeing the Other as Independent
Sometimes we may wish to influence, or even have power over, the people we meet, including parents in relation to their children. It is indeed stimulating to think that we can shape viewpoints and behaviors. However, the risk is that if we succeed, this influence may become increasingly frequent and systematic.
When this happens, we risk falling into a kind of control monomania, wanting to have a grip on everything that happens in our life and on all the people around us. In the video I shared this morning, I discussed how easy it can be to objectify the people alongside us.
We might be tempted to use them as tools to derive some benefit, a sort of « return on investment. » However, the other person, this individual beside us who may be our colleague, our friend, or a family member, is not just a receptacle for our expectations. Although there may be ties of kinship or subordination in certain contexts, in everyday life, these people have no obligation to conform to our desires.
If we start from the principle that the other is free to accept or refuse, to follow or not, it establishes a radically different dynamic. We will no longer seek to influence or lead without considering the needs of the other. Instead, we will adopt a posture of listening and attention.
We must also consider the possibility that the other may refuse, agree then retract. We then need to be ready to offer alternatives. By adopting this attitude, ready to adapt to the responses of the other without seeking to use them but rather to learn from them, we open up new perspectives in our relationships and in our own personal development.
Hier, dans un commentaire sur l’une de mes publications, on m’a demandé de parler des points de pression, ou des Kyusho Jitsu pour ceux qui connaissent le terme japonais. Mon approche est purement empirique, donc limité mais est une bonne occasion d’en parler.
Les points vitaux sont perçus comme des zones sensibles qui peuvent effectivement causer des dommages ou des traumatismes, à l’instar d’un étranglement ou d’une prise cervicale. Je mets de côté les techniques liées aux méridiens, car bien que personnellement je sois adepte de l’acuponcture ou de la digipuncture, leur localisation précise n’est pas scientifiquement validée.
Lorsqu’il s’agit de soigner, les choses ne sont pas claires, alors pour infliger des blessures, je préfère ne pas y consacrer du temps, sachant qu’un simple enchaînement gauche-droite ou une frappe génitale peut être douloureux avec un effet reconnu. Cependant, nous avons de nombreux points sensibles, des tissus mous, des parties du corps particulièrement vulnérables aux blessures. Toutefois, en situation d’agression, être précis n’est pas si simple.
D’après ce que j’ai pu tester avec des experts en Kyusho, cela ne fonctionnait pas mieux que des frappes douloureuses. Le problème était le suivant : ils me demandaient d’exécuter une technique pour me contrer à plein régime. Mais le combat n’est pas une question de passivité, c’est reculer, esquiver, encaisser, saisir, c’est le mouvement.
Aucun de ces spécialistes n’a réussi à placer une frappe significative en « randori ». Donc, dans un contexte ritualisé, ça fait mal, mais ce n’est pas pire que de recevoir un low kick d’un nak muay, un crochet d’un boxeur, etc. Dans les systèmes de grappling, nous pouvons utiliser des points de pression, mais souvent le temps que cela soit effectif, l’adversaire s’est dégagé ou a même contré.
Je ne nie pas que cela puisse faire mal, mais cela pose problème lorsque l’on assure aux élèves que ce sera efficace en cas d’agression. Honnêtement, apprendre à donner une bonne baffe de daron (ou sa version martiale, la patte de tigre) offre clairement plus d’options dans un affrontement.
Pour conclure, apprendre des techniques en mode uke et tori est normal, mais l’exercice du combat, avec l’intention de chacun de l’emporter, va modifier beaucoup de choses et souvent rendre caduque 70 % des techniques enseignées.
Martial Reflections of a Hypnofighter #195: Pressure Points #1
Yesterday, in a comment on one of my posts, I was asked to talk about pressure points, or Kyusho Jitsu for those familiar with the Japanese term. My approach is purely empirical, thus limited, but it provides a good opportunity to discuss this topic.
Vital points are perceived as sensitive areas that can indeed cause damage or trauma, similar to a chokehold or a cervical lock. I set aside techniques related to meridians because, although I personally practice acupuncture or acupressure, their exact locations are not scientifically validated.
When it comes to healing, things are unclear, so when it comes to inflicting injury, I prefer not to spend time on it, knowing that a simple left-right combo or a genital strike can be painful with a recognized effect. However, we do have many sensitive points, soft tissues, and body parts that are particularly vulnerable to injury. Yet, in a situation of aggression, being precise is not so simple.
From what I’ve tested with Kyusho experts, it was no more effective than painful strikes. The problem was the following: they asked me to perform a technique to counter me at full throttle. But fighting is not about passivity; it involves retreating, dodging, absorbing, grasping—it’s about movement.
None of these specialists managed to land a significant strike in « randori. » Thus, in a ritualized context, it hurts, but it’s no worse than receiving a low kick from a nak muay, a hook from a boxer, etc. In grappling systems, we can use pressure points, but often by the time they are effective, the opponent has disengaged or even countered.
I do not deny that it can be painful, but it poses a problem when we assure students that it will be effective in case of aggression. Honestly, learning to deliver a good old-fashioned slap (or its martial version, the tiger paw) clearly offers more options in a confrontation.
In conclusion, learning techniques in uke and tori mode is normal, but the exercise of combat, with the intention of each to win, will change many things and often render 70% of the techniques taught obsolete.