Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #309 : Le MMA Japonais

Il existe un MMA majoritaire que nous connaissons bien en Occident, notamment avec l’UFC et ses rares concurrents. C’est une forme qui a évolué au fil des années, privilégiant une recherche de victoire round par round, avec un travail en percussion conçu pour plaire aux spectateurs et, par extension, aux matchmakers. On y retrouve une lutte en cage très solide et un jeu au sol qui, au fil des années, ressemble davantage à de la lutte basse qu’à du Jiu-Jitsu Brésilien.

Et puis, il y a le Japon. Les combattants spécialisés en percussion y sont souvent plus engagés, probablement davantage que leurs homologues occidentaux. Beaucoup ne cherchent pas à prolonger les combats : l’engagement est rapide, influencé notamment par la taille de la surface de combat, souvent un ring, bien que Deep et certains événements du Rizin se déroulent en cage. Concernant la lutte, le Japon offre une perspective différente, car la cage y est rare.

On retrouve donc une forme de MMA qui ne prend pas en compte les spécificités de la surface de combat, avec une lutte plus proche du « takedown » pur et dur. Quant au travail au sol, il diffère également : moins de scrambles et davantage de phases en garde ou demi-garde, avec des combattants cherchant activement à contrôler ou soumettre leur adversaire.

Par ailleurs, l’arbitre est bien plus interventionniste qu’aux États-Unis. Si une phase de lutte devient stagnante, il n’hésite pas à ramener les combattants au centre du ring, de même en cas de blocage au sol, bien que cela soit plus rare.

Il y a une recherche marquée de soumission, rappelant ce que l’on observe dans le grappling moderne, notamment dans des événements comme WNO : des combattants qui prennent des initiatives pour soumettre, quitte à improviser des positions afin de maximiser leurs chances.

Le MMA japonais est globalement moins fort que celui des États-Unis, mais il se distingue par son intensité et sa dimension multi-facette. Il rappelle, dans son essence, la période 2000-2005 du Shooto, comme si ce format restait idéal tant pour les spectateurs que pour les combattants.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One,
Pank
https://www.passioncombat.net

Martial Reflections of a Hypnofighter #309: Japanese MMA

There is a dominant form of MMA that we know well in the West, particularly through the UFC and its limited competitors. This version has evolved over the years, emphasizing round-by-round victory strategies, with striking designed to entertain spectators and, by extension, please matchmakers. It features solid cage wrestling and groundwork that increasingly resembles low-level wrestling rather than Brazilian Jiu-Jitsu.

And then, there’s Japan. Strikers in Japanese MMA are often more committed, perhaps more so than their Western counterparts. Many do not aim for long matches: the engagement is quick, influenced by the size of the fighting surface—often a ring, although Deep and some Rizin events do use a cage. In terms of wrestling, Japan offers a different approach due to the rarity of cages.

This creates a form of MMA that doesn’t account for the fighting surface, with wrestling closer to pure takedowns. Groundwork also differs: fewer scrambles and more phases in guard or half-guard, with fighters actively seeking control or submission.

Moreover, referees are far more interventionist than in the U.S. If a wrestling phase becomes stagnant, they restart the fight in the center, and the same applies to blocked ground phases, which are less common.

There is a strong focus on submissions, reminiscent of what we see in modern grappling, such as in WNO events, where fighters take submission attempts and improvise positions to enhance their chances.

Japanese MMA is generally weaker than its U.S. counterpart but stands out for its intensity and multi-dimensionality. It recalls the 2000–2005 Shooto era, as if this format remains ideal for both spectators and fighters.

Take what is good and right for you.
Be One,
Pank
https://www.passioncombat.net

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #301 : La fréquence des compétitions

La multiplication des compétitions de grappling et de MMA a transformé le niveau des combattants, leur permettant de s'améliorer grâce à la répétition et l'expérience acquise. Même les athlètes professionnels bénéficient de combats fréquents pour peaufiner leurs faiblesses et gagner en efficacité.

Il y a un élément qui a vraiment changé ces cinq dernières années : c’est le nombre de compétitions auxquelles nous pouvons participer, que ce soit dans les systèmes de grappling ou de combat libre. Et c’est un point particulièrement important pour la génération de combattants qui est en train d’émerger.

Entre 2000 et 2015, lorsqu’on cherchait des compétitions de BJJ ou de grappling, il n’y en avait que quelques-unes par saison. Même chose pour le combat libre, où il fallait se tourner vers le Kenpo, le Pancrase, le Sambo ou le Bugei pour tenter d’accumuler des combats. Les règles étaient toujours différentes, et il était compliqué de trouver des compétitions.

Aujourd’hui, on voit que la fréquence des compétitions change considérablement la qualité des combattants, qui deviennent véritablement professionnels et maîtrisent parfaitement les rouages des événements. On l’a vu ce week-end à l’UFC : même pour un athlète du calibre de Covington, ne pas combattre assez et passer des saisons entières à attendre un title shot ne lui apporte aucun bénéfice.

Nous avons aussi vu Shavkat, qui a préféré affronter Ian Gary la semaine dernière plutôt que de viser directement un combat pour le titre. Cette expérience lui a permis de réaliser que sa domination actuelle pourrait être contestée. Contre Belal, il y a de fortes chances qu’il perde s’il ne corrige pas ce qu’il a montré durant ce match de transition.

C’est grâce à la répétition des compétitions que l’on peut vraiment améliorer notre niveau. Bien sûr, en grappling, c’est plus « simple » : on se blesse moins qu’à des tournois de MMA où les combats s’enchaînent et où les blessures sont fréquentes.

Plus on participe à des compétitions, plus on progresse. Ce n’est pas parce qu’on travaille un autre jeu, mais parce qu’on se concentre davantage sur des détails précis : nos faiblesses et les petites améliorations qui permettent de l’emporter.

La fréquence des compétitions est un élément clé à prendre en compte quand on a des objectifs importants. Participer à un combat, même s’il n’a pas d’impact stratégique sur le classement, apportera toujours quelque chose de positif, tant que cela reste dans la mesure.

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,
Pank
https://www.passioncombat.net

Martial Reflections of a Hypnofighter #301: Competition Frequency

One major factor that has significantly changed over the past five years is the number of competitions we can participate in, whether in grappling systems or free fighting. This is particularly crucial for the emerging generation of fighters.

Between 2000 and 2015, when searching for BJJ or grappling competitions, there were only a handful per season. The same applied to free fighting, where one had to look to Kenpo, Pancrase, Sambo, or Bugei to accumulate fights. The rules were always different, and finding competitions was a struggle.

Today, the frequency of competitions greatly impacts fighter quality. Competitors are becoming true professionals who understand exactly how things work. We saw it this weekend at the UFC: even for an athlete like Covington, not fighting enough and spending entire seasons waiting for a title shot brings no benefits.

Shavkat also showed this last week by choosing to face Ian Gary instead of going straight for a title match. This experience revealed to him that his current dominance could be challenged. Against Belal, there’s a strong chance he could lose if he doesn’t address what he displayed in that transitional fight.

It’s through frequent competitions that we truly improve our level. Of course, grappling is « easier » in that injuries are less common compared to MMA tournaments, where fights are back-to-back and injuries are frequent.

The more competitions we engage in, the more progress we make—not because we change our game, but because we focus more attention on key details: our weaknesses and small improvements that make the difference.

The frequency of competitions is an essential factor when pursuing major goals. Taking a fight, even if it doesn’t strategically advance your ranking, will still provide positive outcomes as long as it’s done in moderation.

Take only what is good and right for you.

Be One,
Pank
https://www.passioncombat.net

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #291 : Décider d’être pro ou rester un amateur

La professionnalisation des sports de combat, comme le MMA ou le BJJ, est souvent illusoire. Beaucoup de "professionnels" doivent jongler entre entraînements, cours, et emplois complémentaires. Cet article explore la difficile réalité économique des combattants et l’importance pour les coachs d’accompagner leurs élèves dans une vision réaliste de leur avenir.

Cette question, je pense que beaucoup de jeunes se la posent aujourd’hui. Elle est plus que légitime, sachant qu’il est désormais possible de combattre en tant que professionnel. Pourtant, le terme « professionnel » est souvent une illusion, particulièrement dans le cas des pratiquants de BJJ ou de MMA, qui ont de grandes chances de devoir mendier des euros pour survivre.

La réalité est que la plupart des sports de combat ne permettent pas à leurs pratiquants de vivre de leur passion. Ces derniers doivent souvent donner des stages, des cours ou, au mieux, avoir un emploi complémentaire. Ils ne déméritent pas pour autant, mais ils ne jouent pas au football. Imaginez si vos stars du football devaient travailler chez Décathlon pour boucler leurs fins de mois, cela vous choquerait ?

C’est pourtant ce qui arrive à bon nombre de combattants, même parmi les « professionnels ». À l’UFC, certains rencontrent d’importantes difficultés financières. C’est l’une des raisons pour lesquelles beaucoup tentent de gagner de l’argent via les réseaux sociaux et les sponsors. Ils utilisent à juste titre leurs passages dans les médias pour attirer l’attention d’une marque ou d’un réalisateur. La carrière d’un combattant est courte, et en plus, la retraite n’existe pas.

Alors, on peut se demander si être « pro » à la française, c’est-à-dire combattre à très haut niveau tout en restant un salarié ou un travailleur lambda, est réellement une ambition de vie. Bien que l’idée de défier les meilleurs fasse rêver, la réalité économique s’impose souvent : l’argent disponible dans les matchs finit par prévaloir sur les rêves de toute-puissance.

Les coachs, en plus de prodiguer des conseils techniques, doivent aussi accompagner les jeunes passionnés en leur offrant une vision réaliste de l’avenir. Ces derniers, souvent absorbés par leur passion, ne pensent pas à long terme. Pourtant, le futur arrive plus vite qu’ils ne le croient.

professionnalisme #pro #combat #UFC #amateur

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,
Pank
https://www.passioncombat.net

Martial Reflections of a Hypnofighter #291: Choosing to Go Pro or Staying an Amateur

This question is one I believe many young people ask themselves today. It’s more than legitimate, especially now that becoming a professional fighter is a possibility. However, the term « professional » is often an illusion, particularly for BJJ or MMA practitioners, who are likely to struggle financially despite their efforts.

The reality is that most combat sports don’t provide practitioners with a sustainable living. Fighters often have to give seminars, teach classes, or hold down a second job to make ends meet. They certainly don’t lack talent or dedication, but they aren’t playing football. Imagine if your favorite football stars had to work at a sporting goods store to make ends meet—wouldn’t that shock you?

Unfortunately, this is the reality for many fighters, even « professionals. » Even at the UFC level, some struggle with serious financial issues. This is why many turn to social media and sponsorships to earn money. They wisely use their media appearances to catch the attention of a brand or a filmmaker, as a fighter’s career is short, and retirement simply doesn’t exist.

So, we must ask: is being « pro » in the French sense—competing at the highest level while holding a regular job—really a viable life goal? While the idea of competing against the best is appealing, economic realities often take over. At some point, the money available in matches will outweigh dreams of dominance.

Coaches, beyond offering technical advice, must also provide young fighters with a realistic vision of the future. These young athletes, naturally engrossed in their passion, rarely think ahead. But the future arrives faster than they expect.

professionalism #pro #fighting #UFC #amateur

Take only what is good and right for you.

Be One,
Pank

https://www.passioncombat.net

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #277 : Imposer son gameplan

Découvrez comment les combattants imposent leur stratégie pour rester dans leur zone de confort à l’UFC, notamment lors de l’UFC 308. Analyse des game plans de Chimaev et Usman et leur impact sur la confiance en combat.

Hier à l’UFC 308, nous avons observé des combattants déterminés, capables d’imposer leur pression pour orienter le combat dans leurs zones de confort. Cela contraste d’ailleurs avec les discours de développement personnel qui insistent souvent sur la nécessité de sortir de sa zone de confort. En combat, c’est souvent l’inverse : on cherche à se maintenir dans une zone de confort.

À ce titre, Chimaev a imposé une lutte de pression dès le début, évitant les échanges prolongés debout, alors que Kamaru Usman, pourtant excellent lutteur, a choisi de privilégier la boxe. Ce qui rend les sports de combat fascinants, c’est lorsque tout le monde sait ce qui va être fait, et que cela est exécuté.

Peu importe ce qui est mis en place pour contrer un plan de jeu, on le voit avec Pereira ou, hier soir, avec Topuria : l’idée est de capitaliser sur une stratégie de coup de poing décisif qui peut mettre fin au combat. Imaginez à quel point la pression inconsciente diminue quand on sait qu’un impact pourrait clore le match avec 95 % de chance de succès. Cela renforce considérablement la confiance dans la stratégie établie.

C’est pourquoi les séquences restent souvent prévisibles : il suffit d’une opportunité pour que tout bascule. Pour les jeunes combattants, il peut être difficile de s’en tenir à un plan de combat prédéterminé. Pourtant, il est crucial d’avoir une stratégie de domination qui, à terme, mène à la finalisation du combat, même si elle ne montre pas immédiatement toute la polyvalence du combattant.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

#UFC308 #MMA #stratégie #gameplan #impose

__

Martial Reflections of a Hypnofighter #277: Imposing Your Game Plan

Yesterday at UFC 308, we saw fighters who knew where they wanted to go, imposing their pressure to keep the fight in their comfort zones. This contrasts with the typical personal development advice to leave one’s comfort zone; in combat, it’s often the opposite – seeking to remain in a comfort zone.

For instance, Chimaev immediately imposed a pressure-heavy grappling game, avoiding prolonged exchanges on his feet, while Kamaru Usman, a skilled wrestler, chose to emphasize his striking instead. Combat sports are fascinating because everyone knows what will happen, and yet it happens as planned.

No matter what strategies are devised to counter them, as seen with Pereira and also last night with Topuria, the idea is to rely on a powerful knockout punch that could decisively end the fight. Imagine how much unconscious pressure decreases when you know that a single impact could finish the match with a 95% success rate. This provides enormous confidence in the planned strategy.

This is why combat sequences are often predictable – a single opportunity is all it takes for everything to shift. For young fighters, it can be challenging to stick to a predetermined game plan. Still, it’s essential to have a strategy of dominance that ultimately leads to a finishing move, even if it doesn’t immediately showcase the fighter’s versatility.

Take what is good and right for you.

Be one,

Pank

#UFC308 #MMA #strategy #gameplan #impose

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #263 : Frapper un homme au sol

Frapper un adversaire au sol est souvent critiqué comme une attitude de voyou. Cet article explore cette notion dans les contextes sportifs et de survie, en s'appuyant sur l'histoire des systèmes de combat et l'expérience des Gracie.

J’ai reçu récemment un commentaire qui soulignait que frapper un homme au sol est un comportement de voyou. Si je peux comprendre ce point de vue, car c’est une opinion récurrente depuis que j’ai vu l’UFC 1, il existe une idée un peu chevaleresque selon laquelle il ne faut pas continuer à frapper lorsque l’adversaire est au sol.

Les Gracie ont justement révolutionné le monde du combat en prouvant que, même au sol après des frappes ou une projection, il est possible de rester dangereux, voire de remporter le combat. Revenons un instant sur la notion « honteuse » de frapper un homme au sol. Dans un contexte sportif, en fonction des règles communes, comme dans la boxe, je comprends cette objection.

Cependant, si nous revenons à l’essence des systèmes de combat orientés survie, que ce soit sur un champ de bataille ou dans la rue, la situation est différente. Dans les ouvrages que j’ai lus sur les combats en armure en Europe, il est souvent mentionné qu’une stratégie consistait à faire tomber l’adversaire pour ensuite lui fracasser la tête, car il est compliqué de se relever. Dans la rue, si l’agresseur n’est pas mis KO, le laisser se relever représente un risque de se faire réattaquer. Il peut même avoir le temps de sortir ou de trouver une arme, mettant ainsi notre vie en danger.

Le combat de rue évite souvent le sol parce qu’il est dangereux, mais il arrive fréquemment qu’un affrontement y mène par déséquilibre, et il est alors crucial de savoir s’en sortir. Si frapper au sol est l’apanage des voyous, il faut que les gens de bien puissent eux aussi se défendre dans ces situations.

Revenons au monde sportif. Il est vrai que les coups de coude pleins tête, qui coupent et abîment surtout le cerveau, ne sont pas une bonne chose. Cela fait du spectacle, mais c’est problématique pour les athlètes. On pourrait répondre que c’est leur métier, mais jusqu’où peut-on accepter ces frappes, que ce soit debout ou au sol, surtout en amateur ?

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

__

Martial Reflections of a Hypnofighter #263: Striking a Man on the Ground

I recently received a comment pointing out that hitting a man on the ground is a thug’s behavior. While I can understand this point of view—it’s a recurring opinion since I watched UFC 1—there’s a somewhat chivalrous idea of not continuing when the opponent is down.

The Gracies revolutionized the world of combat by showing that even on the ground, after being hit or thrown, it’s possible to remain dangerous and even win the fight. Let’s revisit the « shameful » notion of hitting a man on the ground. In a sporting context, depending on the common rules, such as in boxing, I get it.

However, if we return to the essence of survival-oriented combat systems, whether on a battlefield or in the streets, the situation changes. In the books I’ve read on armored combat in Europe, it was noted that one strategy was to knock the opponent down and smash his head, as it’s difficult to get up. On the street, if the attacker isn’t knocked out, letting him get up is a risk of being re-attacked. He might even have time to pull out or find a weapon, putting our lives in serious danger.

Street fights often avoid the ground because it’s dangerous, but frequent encounters lead to the ground due to imbalance, and one must know how to escape. If hitting on the ground is a thug’s thing, good people need to know how to defend themselves in these situations too.

Back to the sporting world, it’s true that elbow strikes to the head, which cut and especially damage the brain, are not a good thing. It makes for a spectacle, but it’s problematic for the athletes. You could say it’s their job, but how far can we accept these strikes, whether standing or on the ground, especially in amateur competitions?

Take what is good and right for you.

Be one,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #262 : Les combattants, des produits…

Réflexions sur le combat de Benoît Saint-Denis à l’UFC Paris, révélant comment les combattants sont objectivés et exploités par les grandes organisations comme des produits sans considération pour leur santé.

Vous avez sûrement vu l’UFC Paris d’hier (28/09/2024) et le combat de Benoît Saint-Denis. Je prends ce cas en particulier, mais ma pensée s’étend à l’ensemble des combattants et au manque de considération des organisations, l’UFC étant le paroxysme capitaliste de l’objectivation de ces gladiateurs modernes.

Benoît a vécu un premier round où il s’est fait ouvrir le visage avec une série de coups de coude. Il saignait de partout. Esthétiquement, cela répond à l’image du « Dieu de la guerre » que lui-même et l’organisation veulent promouvoir. Un guerrier que rien n’arrête, qui continue jusqu’à… la décision d’un médecin.

À force de vendre l’image de Benoît comme un Berserker qui, blessé, continue et finit ses adversaires, l’UFC a atteint un point de rupture que l’organisation elle-même ne peut assumer : celui où il y a TROP. Il est acceptable que le sang coule, les clients ont payé pour ça, mais il y a aussi la marque UFC qui doit veiller à ne pas franchir une ligne : celle où le guerrier ensanglanté devient un danger pour sa propre santé. À ce moment-là, le produit « Saint-Denis » peut apparaître défectueux dans le storytelling de l’UFC, qui veut vendre l’idée d’une organisation sportive et non d’une arène barbare. Nous ne sommes plus en 1993, que diable !

L’image de l’entreprise est prioritaire par rapport à la santé du combattant. Le buzz doit être maîtrisé, et si les décideurs veulent du spectacle et des produits qui répondent à des cahiers des charges précis, ils n’hésiteront pas à mettre fin à une carrière ou à une histoire qu’ils ont eux-mêmes bâtie, si cela affecte leur business.

Je n’aime pas les grandes organisations, ni ce qu’est devenu le MMA, qui crée des jeunes combattants, transformés en produits, cherchant sans cesse à se vendre, quitte à se détruire, sans jamais recevoir le respect ou les bénéfices réels pour ces pièces de théâtre.

#UFCParis #BenoitStDenis #MocoinovsStDenis #GodofWar #blessure #Business #UFC #DanaWhite

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

__

Reflections of Pank / Snapshot #274: Fighters, Mere Products…

You’ve probably seen UFC Paris yesterday (09/28/2024) and the fight of Benoît Saint-Denis. I take this particular case, but my thoughts apply to all fighters and the lack of consideration from organizations, with the UFC being the capitalist apex of the objectification of these modern gladiators.

Benoît faced a first round where his face was slashed open by a barrage of elbows. He was bleeding everywhere. Aesthetically, this fits the « God of War » image that both he and the organization want to highlight—a warrior who is unstoppable, who keeps going until… a doctor’s decision.

By constantly selling the image of Benoît as a Berserker who, even when injured, keeps fighting and finishes off his opponents, the UFC has reached a breaking point that it can no longer handle: the point where there is TOO MUCH. It’s acceptable for blood to be spilled, after all, customers paid for that. But the UFC brand also needs to be cautious about when to stop—when the bloodied warrior turns into a health hazard. At that point, the « Saint-Denis » product can appear flawed within the UFC’s narrative, which tries to sell itself as a sporting organization, not a barbaric arena. We’re no longer in 1993, for heaven’s sake.

The company’s image takes precedence over the fighter’s health. The buzz must be controlled, and if decision-makers want spectacle and products that meet their criteria, they will not hesitate to end a career or story they themselves have built, should it threaten their business.

I dislike large organizations and what MMA has become—churning out young fighters, mere products, endlessly trying to sell themselves, even if it means destroying themselves, without ever receiving real respect or tangible benefits for these theatrical performances.

#UFCParis #BenoitStDenis #MocoinovsStDenis #GodofWar #Injury #Business #UFC #DanaWhite

Take what is good and right for you.

Be one,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #254 : Revenons un peu sur Jiujitsu de Royce Gracie

Une analyse de l'approche de Royce Gracie au Jiujitsu, son impact à l'UFC, et l'évolution du MMA vers une stratégie plus orientée sur la position dominante. Comment le concept originel de Helio Gracie est-il confronté aux réalités modernes du combat ?

Si le Jiujitsu de la famille Gracie a été mis en avant au niveau mondial, c’est grâce à l’UFC. À cette période, la forme de Jiujitsu proposée était un modèle “martial” avec pour objectif de prouver l’efficacité du style. Le représentant de l’école sélectionné fut Royce. Il était le produit de la philosophie de combat de son père, Helio Gracie.

Royce a remporté le premier, le second et le quatrième tournoi. Ce dernier, organisé environ un an après le premier UFC, a présenté un match intéressant entre Royce et Keith Hackney. En regardant le combat, on peut observer le niveau de Royce face à un adversaire plus lourd, qui avait un passé en lutte, en boxe et en Kenpo.

Ce qui m’a marqué en revoyant ce match, c’est la difficulté pour Royce de réussir ses takedowns. Pourtant, dans le Gracie Jiujitsu, dans cette dimension “non sportive”, et selon la première génération de jiujitsuka sportifs, les générations actuelles ne représentent pas l’idée originale du Jiujitsu de Helio.

Pourquoi ? Parce que l’effort est rarement centré sur les projections ou les amenées au sol. Pourtant, Royce, un pur produit de l’essence de ce Jiujitsu de combat interstyle, est tellement en difficulté et à court d’options qu’il effectue un tirage de garde à 3min15, avec certes une tentative d’armbar, mais en se mettant sérieusement en danger.

Il encaisse beaucoup de frappes, ce qui m’amène à m’interroger : comment se fait-il que le Gracie Jiujitsu, qui est davantage orienté vers la self-defense et le combat global, enseigne une stratégie d’aller au sol de son propre chef ? Ce n’est pas vraiment de la self-defense, voire c’est dangereux sur du béton, avec tous les inconnus de la rue.

Après tout, il est vrai qu’il a réussi son armbar et, au tour suivant, il a placé un triangle sur Dan Severn. Plus tard, dans le jiujitsu sportif, il a été mis KO par Wallid Ismael, représentant l’école de Carlson Gracie, qui prônait à l’époque une philosophie encourageant les élèves à se retrouver en position dominante plutôt qu’en garde.

Aujourd’hui, lorsque l’on observe le niveau stratosphérique du MMA, cette vision semble plus juste que le principe d’Hélio qui considère la garde comme une option forte dans le combat. Il reste de rares jiujitsuka en MMA qui parviennent à finir sur le dos, mais c’est très rare et souvent après de nombreux traumatismes.

Royce est une légende, et il a bien fait de s’arrêter après cet UFC pour les tournois. En un an, le niveau avait déjà suffisamment évolué pour le mettre en difficulté, lui, 4e dan de son style. Le MMA était déjà en marche.
.

UFC #RoyceGracie #Jiujitsu #Kenpo #KeithHackney

Prenez uniquement ce qui est bon et juste pour vous.
Be one,
Pank

https://www.passioncombat.net/__

Martial Reflections of a Hypnofighter #254: Let’s Revisit the Jiujitsu of Royce Gracie

If the Jiujitsu of the Gracie family was brought to the forefront on a global scale, it was thanks to the UFC. At that time, the form of Jiujitsu presented was a “martial” model aimed at proving the style’s effectiveness. The selected representative of the school was Royce. He was a product of the fighting philosophy of his father, Helio Gracie.
Royce won the first, second, and fourth tournaments. The latter, organized about a year after the first UFC, featured an interesting match between Royce and Keith Hackney. Watching the fight, we can see Royce’s level against a heavier opponent with a background in wrestling, boxing, and Kenpo.

What struck me when watching the match again was Royce’s difficulty in executing takedowns. Yet, in Gracie Jiujitsu, in this “non-sportive” notion, and if we listen to the first generation of sportive jiujitsukas, the current generations do not represent Helio’s idea of Jiujitsu.

Why? Because the effort is rarely focused on throws or takedowns. Yet Royce, a pure product of the essence of this interstyle combat Jiujitsu, is in such trouble and out of options that he attempts a guard pull at 3:15, with an armbar attempt, but putting himself in significant danger.

He takes a lot of strikes, which makes me question: how is it that Gracie Jiujitsu, which is more oriented toward self-defense and global combat, teaches a strategy of voluntarily going to the ground? It’s not truly self-defense; it’s even dangerous on concrete, with all the unknowns of the street.

However, he did manage to execute his armbar, and in the next round, he placed a triangle on Dan Severn. Later, in sportive jiujitsu, he was choked out by Wallid Ismael, who represented the Carlson Gracie school, which at the time had a philosophy guiding students to stay on top rather than in guard.

Looking at the stratospheric level of MMA today, this vision seems more accurate than Helio’s principle of seeing the guard as a strong option in combat. There are still rare MMA jiujitsukas who manage to finish from the back, but it is very rare and often comes after significant trauma.

Royce is a legend, and he was right to stop competing in tournaments after this UFC. Within a year, the level had already evolved enough to challenge him, a 4th dan in his style. MMA was already on the rise.

UFC #RoyceGracie #Jiujitsu #Kenpo #KeithHackney

Take only what is good and right for you.
Be one,
Pank
https://www.passioncombat.net/

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #225 : L’impact des écrans sur la pratique

La télévision et le cinéma sont des vecteurs extraordinaires pour promouvoir les tendances, les idées et les envies. Il est intéressant de voir que lorsque les films Yip Man sont sortis, les clubs de Wing Chun ont vu une quantité extraordinaire de nouveaux pratiquants pousser les portes des salles.

De même, nous allons bientôt avoir les JO, et nous savons à quel point le Taekwondo a pu profiter de cette diffusion mondiale pour mettre en avant l’art coréen.

On comprend que le karaté traditionnel a mal pris son exclusion des JO parce que d’un point de vue popularité, les Jeux permettent une mise en lumière rare, et dès la rentrée, les jeunes et moins jeunes veulent découvrir les disciplines de leurs champions.

Pour toute une génération, c’était Bruce Lee qui a passionné des milliers de jeunes, et il est amusant de voir les compétitions de karaté et du début du full contact, pendant lesquelles beaucoup tentaient de reproduire les gestuelles du petit dragon.

J’imagine que quand Niko avec Seagal est sorti, beaucoup de personnes se sont orientées vers l’aïkido parce que les clés étaient incroyablement puissantes et esthétiques. Tout comme Perfect Weapon pour le Kenpo Américain, avec Jeff Speakman ou Only the Strong avec Dacascos qui mettait en avant la Capoeira.

Aujourd’hui, les vidéos sur les réseaux sociaux peuvent facilement avoir le même impact. D’ailleurs, que ce soit pour le MMA mais aussi pour la boxe à main nue avec le BKFC, ces disciplines ont pu créer du buzz et attirer des spectateurs dans un premier temps, puis des personnes curieuses de se plonger dans ces systèmes de combat après. Quand on voit à quel point l’UFC scénarise à la façon du pro wrestling de la WWE (ils sont maintenant dans le même groupe), on peut encore constater l’impact des écrans sur les pratiques.

Les TV, le cinéma ou les réseaux sont aujourd’hui les lieux de diffusion des disciplines. Si une discipline n’est pas vue, beaucoup de futurs pratiquants passeront peut-être à côté d’une discipline qui aurait pu être la passion de leur vie. C’est difficile pour de nombreux styles plus traditionnels, parfois au look un peu austère, de réussir à se vendre de cette façon.

Parfois, l’ego et la fierté d’un style partagé de génération en génération risquent de disparaître parce qu’il n’y aura pas assez de pratiquants pour trouver un successeur. L’ère du temps est à la promotion vidéo, comme l’avait compris en 1975 Mas Oyama avec son film sur les championnats du monde, qui a été pendant quelques semaines dans le top des films au cinéma au Japon.

communication #influence #artsmartiaux #spectacles #show #attirance #publicité

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

http://www.passioncombat.net
__

Martial Reflections of a Hypnofighter #225: The Impact of Screens on Practice

Television and cinema are extraordinary vectors for promoting trends, ideas, and desires. It is interesting to see that when the Yip Man films were released, Wing Chun clubs saw an extraordinary number of new practitioners coming through their doors.

Similarly, we will soon have the Olympics, and we know how much Taekwondo has benefited from this worldwide exposure to highlight the Korean art.

It is understandable that traditional karate took its exclusion from the Olympics badly because, from a popularity standpoint, the Games allow for rare exposure, and come fall, young and old alike want to discover the disciplines of their champions.

For an entire generation, it was Bruce Lee who inspired thousands of young people, and it is amusing to see karate competitions and the early days of full contact, during which many tried to reproduce the moves of the little dragon.

I imagine that when « Above the Law » with Seagal came out, many people turned to Aikido because the techniques were incredibly powerful and aesthetic. Similarly, « The Perfect Weapon » for American Kenpo with Jeff Speakman or « Only the Strong » with Dacascos which highlighted Capoeira.

Today, videos on social networks can easily have the same impact. Whether it is MMA or bare-knuckle boxing with BKFC, these disciplines have been able to create buzz and attract spectators at first, then people curious to delve into these combat systems afterward. When we see how much the UFC dramatizes like WWE pro wrestling (they are now in the same group), we can still see the impact of screens on practices.

TV, cinema, or social networks are today the places to broadcast disciplines. If a discipline is not seen, many future practitioners might miss out on a discipline that could have been the passion of their lives. It is difficult for many more traditional styles, sometimes with a somewhat austere look, to market themselves in this way.

Sometimes, the ego and pride of a style shared from generation to generation risk disappearing because there will not be enough practitioners to find a successor. The era is now about video promotion, as Mas Oyama understood in 1975 with his film on the world championships, which was in the top movies in cinemas in Japan for a few weeks.

communication #influence #martialarts #shows #attraction #advertising

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

http://www.passioncombat.net