Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #264 : Le jiujitsu en 2024, un sport ou un art martial ?

En 2024, le jiujitsu est-il encore un art martial ou a-t-il évolué vers un sport de combat ? Explorez les implications du règlement sportif dans la pratique du BJJ, la place des compétitions, et les différentes approches des grands instructeurs comme Danaher ou les Gracie.

Hier, je repassais le cours d’arbitrage pour l’IBJJF, ce qui offre un bon rappel sur la facette sportive du BJJ. Chose intrigante, c’est que, pour obtenir ses grades (ou dan), à l’inverse de la plupart des styles traditionnels, il n’y a pas d’examen, juste du temps de tatami. La seule chose imposée par l’organisation fédérale pour valider les certificats de grade, c’est ce fameux cours.

Cela sous-entend que connaître le règlement sportif est une « obligation » pour valider le niveau d’un pratiquant. Pourtant, en jiujitsu, il n’y a pas d’obligation de faire des compétitions, ni, par extension, de suivre la manière de combattre du jiujitsu sportif dans son académie. Danaher a été un personnage majeur de notre discipline, et pourtant, toute la formule qui l’a fait connaître est basée sur des techniques interdites dans un jiujitsu fédéral.

De plus, il se peut que des professeurs, à l’instar des Gracie ou des Valente, souhaitent simplement développer le jiujitsu dans une démarche de self-defense, ou pour d’autres, dans la dynamique du MMA.

J’imagine que faire connaître à tous la facette sportive permet de proposer une idée homogène de ce qu’est le jiujitsu, et la compétition est le moyen le plus attractif pour attirer de nouveaux passionnés dans notre discipline.

Je trouve amusant de me dire qu’on attribue des degrés à des ceintures noires qui, peut-être, ne pratiquent plus en randori et viennent seulement quelques fois par mois à l’académie, avec pour seule preuve de leur pratique une licence (lorsqu’ils n’ont plus de professeur). Par contre, il y a une obligation de connaître le règlement sportif, qui, lui, peut ne pas être pratiqué du tout dans l’académie.

Le jiujitsu est donc plutôt considéré comme un sport de combat qu’un art martial, alors que, justement, le premier point partagé par nos instructeurs d’arbitrage est que le jiujitsu sportif ne doit pas oublier la facette martiale de la discipline…

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Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #264: Jiujitsu in 2024, a Sport or a Martial Art?

Yesterday, I was reviewing the IBJJF arbitration course, which serves as a good reminder of the sporting side of BJJ. Interestingly, to obtain ranks (or dan), unlike most traditional styles, there is no exam, just time on the mat. The only requirement imposed by the federation to validate rank certificates is this famous course.

This implies that knowing the sports regulations is a « requirement » to validate a practitioner’s level. However, in jiujitsu, there is no obligation to compete, nor, by extension, to follow the approach of sports jiujitsu in one’s academy. Danaher was a key figure in our discipline, yet the formula that made him famous is based on techniques prohibited in federal jiujitsu.

Additionally, some instructors, like the Gracie or Valente families, may want to develop jiujitsu with a self-defense approach, or for others, within the dynamics of MMA.

I imagine that making everyone aware of the sports aspect helps to offer a homogeneous idea of what jiujitsu is, and competition is the most attractive way to bring new enthusiasts to our discipline.

I find it amusing to think that degrees are awarded to black belts who may no longer spar in randoris and only come to the academy a few times a month, with the only proof of their practice being a license (when they no longer have a teacher). However, there is an obligation to know the sports regulations, which may not be practiced at all in the academy.

Therefore, jiujitsu is considered more of a combat sport than a martial art, even though the first point our arbitration instructors share is that sports jiujitsu must not forget the martial aspect of the discipline…

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #248 : Quand le sport de combat ne suffit plus

Découvrez les réflexions d’un Hypnofighter sur l'évolution des pratiquants d'arts martiaux et de sports de combat vers la self-défense. Explorez les motivations derrière ces transitions, les différences de mentalité et les enjeux de l’efficacité des techniques martiales. Une analyse approfondie des divers systèmes, de la psychologie du combattant, et des approches tactiques et stratégiques en situation réelle.

Dans mon dernier post, je vous partageais cette tendance courante chez les pratiquants de self-défense : celle de migrer ou de compléter leur pratique par des disciplines plus ludiques, sachant que les fondamentaux de la défense personnelle sont relativement rapides à maîtriser.

Il existe également le mouvement inverse, avec des pratiquants de sports de combat ou d’arts martiaux qui décident progressivement de s’orienter vers la self-défense. Nous observons souvent ce phénomène dans le BJJ, notamment lorsque l’âge se fait sentir et que la période de compétition ou de pratique intensive de randoris sportifs ne satisfait plus.

Je suis incapable de dire s’il existe ou non une dimension égotique dans ce choix. Après des années, voire des décennies, à dominer les pratiquants avec qui l’on partage cette passion, il peut être difficile de vivre le moment où l’on commence à être bousculé, voire surpassé, par la nouvelle génération.

Quoi qu’il en soit, beaucoup passent d’une vision sportive et ludique à une envie de découvrir des notions plus martiales, sans pour autant être motivés par une peur spécifique de la rue. Je pense que c’est parce que beaucoup de systèmes comme le Krav Maga, le Kali, le Silat ou des styles mixtes de self-défense offrent une approche différente et renouvelée.

La difficulté réside toutefois dans le fait que beaucoup de pratiquants venant de la boxe et de la lutte sont très sceptiques. Il est donc important de prouver l’efficacité des techniques sans simplement dire : « Si, si, ça marche. » Par exemple, un boxeur pourrait expliquer que placer un jab-cross précisément est déjà difficile, alors remplacer cela par une frappe à la gorge ou aux yeux peut être mal perçu.

Je pense que le débat infini entre self-défense et sports de combat pourrait se poursuivre indéfiniment si les instructeurs de self-défense ne se concentraient pas sur des notions tactiques, stratégiques et psychologiques, qui sont fondamentalement différentes de celles des sports de combat. Prenons l’exemple du jab-cross : il est efficace dans tous les systèmes, mais son contexte et sa préparation sont spécifiques à un ring ou une cage. Dans la rue, nous avons les phases ritualisées de précombat, que l’enseignant décrypte à la fois psychologiquement et stratégiquement (par exemple, éviter de se retrouver dos au mur).

Comme je vous le disais dans le post précédent, il existe des écoles polyvalentes, mais elles ne sont souvent pas les plus efficaces. Il vaut souvent mieux suivre un cours 100 % self-défense ludique et un cours 100 % sport de combat pour apprécier et se développer au mieux, plutôt que de suivre des cours parfois trop approximatifs.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #248: When Combat Sports Are No Longer Enough

In my last post, I shared with you a common trend among self-defense practitioners: the tendency to migrate or complement their practice with more playful disciplines, knowing that the fundamentals of personal defense are relatively quick to master.

There is also the opposite trend, with practitioners of combat sports or martial arts gradually deciding to move towards the self-defense aspect. This is often observed in BJJ, especially as age catches up and the period of competition or simply doing numerous sports randoris no longer satisfies.

I can’t say whether or not there is an ego dimension to this, in the sense that after years, even decades, of dominating the practitioners with whom you share your passion, starting to be shaken or even outclassed by the new generation can be a difficult experience.

In any case, many people move from a sporting and playful vision to a desire to explore more martial concepts, without necessarily having a specific fear of the street. I believe this is because many systems, such as Krav Maga, Kali, Silat, or mixed self-defense styles, offer a different and new approach to things.

The difficulty, however, lies in the fact that many people coming from boxing and wrestling are very skeptical. It is important to prove the effectiveness of the techniques without simply saying, « Yes, yes, it works. » For example, a boxer might explain that landing a precise jab-cross is already challenging, so substituting it with a throat or eye strike could be poorly understood by the boxer.

I believe the endless debate between SD (Self-Defense) and ScD (Combat Sports) could continue if self-defense instructors do not focus on tactical, strategic, and psychological concepts that are completely different from those in combat sports. Let’s take the jab-cross as an example: it is effective in all systems, but its context and preparation are specific to a ring or cage. In the street, we have the ritualized pre-fight phases, which the instructor will decode both psychologically and in terms of the positions one should ideally take (such as avoiding having your back against a wall).

As I mentioned in the previous post, there are versatile schools, but they are often not the most effective. It is often better to attend a 100% playful self-defense class and a 100% combat sports class to best appreciate and develop, rather than going to classes that may be too approximate.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #247 : Entrer pour la self-défense, rester pour le fun

Découvrez comment les motivations initiales pour la self-défense peuvent évoluer vers une passion plus vaste pour les arts martiaux, le développement physique et personnel. Explorez les aspects ludiques et divertissants de ces pratiques qui vont bien au-delà de la simple défense personnelle. Apprenez comment intégrer plaisir et progression dans votre parcours martial, même si votre point de départ est un besoin de sécurité.

Il est certain que beaucoup de personnes s’orientent vers des clubs de self-défense, souvent poussées par un sentiment d’insécurité et le désir d’apprendre à se défendre, ou à protéger ceux qu’elles aiment. Une fois l’école choisie, vient l’entraînement et l’apprentissage initial.

Un des aspects intéressants de la self-défense est que c’est souvent rapide à assimiler, car les mouvements sont conçus pour être instinctifs et simples. Pas besoin de préparation physique spécifique. En quelques mois, ou peut-être après deux ou trois saisons, on peut acquérir des fondamentaux solides. Cependant, cela ne signifie pas que l’on est prêt à affronter des sportifs aguerris en lutte ou en boxe; l’objectif est plutôt d’avoir des réflexes conditionnés pour faire face aux agressions les plus courantes.

Mais une fois cet objectif atteint, comment garder un pratiquant de self-défense engagé si son besoin initial était simplement d’apprendre à se défendre ? Beaucoup de styles ont introduit des niveaux et des ateliers qui intègrent plus de boxe, de lutte, et d’autres activités plus ludiques. On peut également explorer l’étude de certaines armes ou des techniques de désarmement.

Petit à petit, on peut se surprendre à se préparer physiquement, à prendre davantage soin de soi, à apprendre des compétences athlétiques qui, bien qu’inutiles dans une optique de self-défense pure, deviennent pertinentes dans une perspective de combat global. Pour des styles plus traditionnels comme le Silat, cela peut signifier un retour aux phases classiques des « lankas » et autres pratiques ancestrales.

En réalité, une motivation initiale très pratique peut ouvrir la porte à de nombreuses possibilités qui se rapprochent d’un sport ou d’une activité de développement personnel.

C’est pour cette raison que certains styles incluent rapidement des thèmes amusants et distrayants qui n’auront probablement jamais d’application directe dans la vie quotidienne. Il y a tellement de choses à explorer autour de la self-défense que beaucoup s’inscrivent parallèlement à des cours de boxe ou de lutte pour se compléter, car la manière d’aborder le combat a changé. D’une idée de ne plus être une proie et de se sortir de situations dangereuses, on passe à la notion de prendre plaisir dans les dynamiques pugilistiques.

Gardez toujours à l’esprit le plaisir et l’amusement, même si vos expériences traumatiques et vos peurs vous ont parfois poussé vers une mentalité de survie.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #247: Start for Self-Defense, Stay for the Fun

Many people are naturally drawn to self-defense clubs, often driven by a sense of insecurity and the desire to learn how to protect themselves or their loved ones. Once they choose a school, the initial training and learning phase begins.

One of the appealing aspects of self-defense is that it can be relatively quick to learn since the movements are designed to be instinctive and simple. There’s no need for specific physical preparation. In just a few months, or perhaps two to three seasons, one can develop solid fundamentals. However, this does not imply any readiness to face trained fighters in wrestling or boxing; the aim is more about having conditioned reflexes to respond to the most common types of aggression.

But after reaching that point, how do you keep a self-defense practitioner engaged if their initial need was simply to learn how to defend themselves? Many styles have created levels, and more dynamic workshops that incorporate elements of boxing and wrestling, making it more enjoyable. You can also study certain weapons or disarming techniques.

Gradually, you may find yourself physically preparing, taking better care of yourself, and learning athletic skills that, while unnecessary in pure self-defense terms, are relevant within a broader combat system. For more traditional styles like Silat, this might mean returning to the classical phases of “lankas” and other traditional practices.

In fact, what begins as a practical motivation can open up multiple opportunities that resemble a sport or a self-development activity.

This is also why some styles quickly incorporate fun and entertaining themes that will likely never be relevant in our daily lives. There are so many aspects to develop around self-defense that many people also sign up for boxing or wrestling classes to complement their training, as their approach to combat has evolved. Moving from the mindset of not being prey and escaping danger, they shift to enjoying the dynamics of pugilistic arts.

Always remember the pleasure and fun, even if your traumatic experiences and fears have sometimes created mental blocks that keep you stuck in a survival mode mindset.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #239 : De la posture statique à dynamique

Une critique des méthodes d'entraînement en arts martiaux qui favorisent une approche statique des attaques. Comment la transition vers une posture dynamique pourrait améliorer la réponse en situation réelle?

Il y a une chose qui m’agace souvent quand je regarde des vidéos, en particulier sur la notion de self-défense ou de Goshin jutsu. Si je comprends qu’il ne faille pas nécessairement se mettre en garde (encore que), cette notion de coup de poing ou de pied qui se bloque comme si de rien n’était me semble problématique.

Pour les plus karatékas d’entre vous, c’est un peu l’idée de l’Ippon Kumité, où l’adversaire attaque et nous mettons en place un blocage suivi d’un contre. Le karaté, comme de nombreux styles traditionnels — mais on le retrouve aussi dans des exercices de boxe —, habitue le partenaire à rester le bras tendu après sa percussion d’attaque.

Chose qui, dans une opposition, reste assez rare vu la dynamique des agressions et à quelle vitesse et violence les gestes sont effectués. À force d’habituer les apprenants à gérer une percussion avec un pseudo-blocage et des enchaînements comme on peut en voir en kali ou en silat, on se retrouve dans une notion de statique-dynamique-statique et une réponse dynamique de celui qui se défend.

Ces principes, et notamment ce qu’on va appeler les « entrées » en Kali-JKD-WT, ne fonctionnent que si l’agresseur revient dans une phase statique. Pourtant, un gars qui veut vous mettre une droite, soit il enchaîne avec l’autre main, soit il vous saisit, soit il sautille bizarrement, comme si les gars devenaient des boxeurs, mais nuls.

Ces entrées ne fonctionnent pas dès que l’on est en boxe, autrement dit en phase d’opposition, tout comme 80 % des entrées au bâton version kali ne passent pas quand l’opposant cherche à nous éclater la tête à pleine vitesse avec son bâton (cf. Dog Brothers).

Si clairement c’est séduisant de voir un professeur ou un apprenant répéter des techniques face à des adversaires qui lancent un crochet large et qui se prennent 5 coups énervés sans la moindre réaction.

J’ai beau adorer ces styles, les pratiquer et tenter de voir comment on pourrait être plus dans le réel, je reviens sans cesse aux formes de boxe plutôt qu’à cette idée commune de neutralisation sur une attaque qui, à mon avis, est le problème : c’est rarement aussi passif et propre (je pense au tsuki). Est-ce que le système ne devrait pas revoir, non pas les réponses en priorité, mais la façon d’aborder les attaques et les comportements proposés par les agresseurs (Tori) au dojo ?

kali #eskrima #MMA #karate #Silat #Selfdefense #Combat #Tori #Uke

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Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #239: From Static to Dynamic Posture

There’s something that often annoys me when I watch videos, particularly those focusing on self-defense or Goshin jutsu. While I understand that one doesn’t necessarily have to assume a guard stance (although sometimes it’s necessary), the idea of a punch or kick being blocked effortlessly seems problematic to me.

For those of you who practice karate, it’s a bit like the concept of Ippon Kumite, where the opponent attacks, and we respond with a block followed by a counterattack. Karate, like many traditional styles — but also in boxing drills — conditions the partner to keep their arm extended after delivering an attack.

However, in an actual confrontation, this is quite rare given the dynamics of real-life aggression and the speed and violence with which actions are performed. By repeatedly training students to deal with a strike using a pseudo-block and combinations, as seen in kali or silat, we end up with a static-dynamic-static concept and a dynamic response from the defender.

These principles, especially what we call « entries » in Kali-JKD-WT, only work if the aggressor returns to a static phase. Yet, a guy trying to land a right hook on you either follows up with his other hand, grabs you, or bounces around awkwardly, as if turning into a terrible boxer.

These entries don’t work once we’re in a boxing phase, meaning in opposition, just like 80% of kali stick entries fail when the opponent is going full speed to smash our head with his stick (see Dog Brothers).

While it’s clearly appealing to see a teacher or student repeat techniques against opponents who throw a wide hook and take 5 angry hits without any reaction, I can’t help but come back to boxing forms rather than this common idea of neutralization during an attack, which, in my opinion, is the problem: it’s rarely so passive and clean (I’m thinking of tsuki). Shouldn’t the system reconsider not just the responses, but how we approach the attacks and behaviors proposed by aggressors (Tori) in the dojo?

kali #eskrima #MMA #karate #Silat #Selfdefense #Combat #Tori #Uke

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Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #233 : L’intention martiale

En lisant différents ouvrages et façons d’aborder les arts martiaux, je me disais que notre intention à l’entraînement et vis-à-vis de notre pratique change la forme que nous mettons en place. Si nous allons au dojo ou à la salle avec l’intention de nous défouler, ce que nous allons mettre en place sera complètement différent de quelqu’un qui vient pour apprendre à se défendre ou se découvrir soi-même.

Pourquoi le Shotokan de Funakoshi a-t-il peu de lien avec le Shotokai d’Egami Sensei ? Les idées et intentions des fondateurs, partagées ensuite avec les apprenants, orientent la façon de pratiquer. Par exemple, le combat russe de Khoudenkikh diffère de celui du Systema de Ryabko. Les intentions ne sont plus du tout les mêmes : d’un côté, un modèle de self-défense incisif ; de l’autre, un travail personnel avec une touche de défense.

Nous savons que c’est le pratiquant qui donne la forme et le sens qu’il souhaite à son style de combat. Sa personnalité, ses attentes et sa façon d’aborder les choses vont le mener vers une “transformation” ou une assimilation de la méthode étudiée.

Un judoka qui souhaite rester dans une vision plus traditionnelle du judo n’aura pas du tout le même style que celui qui ne pense qu’à la compétition. Celui qui entre dans un dojo d’aïkido parce qu’il aime le style mais veut de l’opposition devra soit mettre son intention de côté, soit trouver un dojo de l’école Tomiki.

Il est aussi important pour nous, pratiquants, de nous interroger sur notre intention à différentes périodes de notre pratique. On voit d’ailleurs des pratiquants d’un style changer avec les décennies, car leurs écoles de base ne répondent plus aux intentions du moment.

Qu’est-ce qui vous pousse à pratiquer ? Qu’est-ce qui motive le fait de rester dans telle ou telle école ? Pourquoi ce style et pas un autre ? Parfois, l’habitude nous fait rester dans des académies qui ne répondent plus à nos attentes. De même, un professeur peut changer sa façon d’aborder son art martial avec son évolution, ses attentes et intentions. Un club qui a formé des champions peut complètement se détourner de la compétition parce que cette facette sportive ne correspond plus à sa vision de la discipline.

Et vous, quelle intention avez-vous dans votre pratique quotidienne ?

Budo #Bujutsu #ArtsMartiaux #Intention #Combat #Compétition #SelfDefense

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #233: Martial Intent

While reading various books and approaches to martial arts, I realized that our intent during training and towards our practice changes the form we put into place. If we go to the dojo or the gym with the intention of blowing off steam, what we put into place will be completely different from someone who comes to learn self-defense or to discover themselves.

Why does Funakoshi’s Shotokan have little connection with Egami Sensei’s Shotokai? The ideas and intentions of the founders, later shared with learners, guide the way things are practiced. For example, Khoudenkikh’s Russian combat differs from Ryabko’s Systema. The intentions are no longer the same: one is a model of incisive self-defense, the other a personal development approach with a touch of defense.

We know that it is the practitioner who gives form and meaning to their combat style. It is because their personality, expectations, and approach will lead them towards a “transformation” or an assimilation of the studied method.

A judoka who wants to maintain a more traditional vision of judo will have a completely different style than one who focuses solely on competition. Someone who joins an aikido dojo because they like the style but wants opposition will either have to set aside their intention or find a dojo of the Tomiki school.

It is also important for us, as practitioners, to question our intentions at different periods of our practice. Indeed, we see practitioners of a style change over decades because their foundational schools no longer meet their current intentions.

What drives you to practice? What motivates you to stay in a particular school? Why this style and not another? Sometimes, habit keeps us in academies that no longer meet our expectations. Just as a teacher can change their approach to their martial art with their evolution, expectations, and intentions. A club that has trained champions can completely abandon competition because this sporting facet no longer aligns with their vision of the discipline.

And you, what is your intention in your daily practice?

Budo #Bujutsu #MartialArts #Intention #Combat #Competition #SelfDefense

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Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #219 : Le Karaté Okinawaïen, un style de grappling ?

Je fais une différence entre le karaté japonais et celui d’Okinawa. Que ce soit pendant des stages ou grâce aux vidéos, je trouve que la facette assez typique des Ryūkyū est l’aspect self-défense. Quand je regarde les bunkai ou les ippon kumite, il y a certes des frappes que nous connaissons bien, mais également une très grande majorité de saisies.

Que ce soit en Uechi, en Goju, en Shorin ou autre, il y a des prises de bras, de doigts, voire une recherche de grip pour projeter. Il est vrai que si vous avez déjà vécu des affrontements de rue, les saisies se font rapidement. Il est donc normal que les pratiques incluent ces situations.

Cependant, ce qui m’étonne de plus en plus, même chez des hauts gradés, c’est de voir à quel point, bien que les notions soient un mélange de trapping et de grappling, elles sont très rarement maîtrisées. Je sais que cela peut paraître étonnant, mais j’ai l’impression qu’il manque dans le karaté les principes de kuzushi.

Il est certain que percuter après une saisie va modifier le centre de gravité et l’équilibre de l’opposant, mais pour projeter ou exploiter au mieux vers une clé, on va utiliser une quantité de force pour un minimum d’efficacité. Comme le montrent le judo et la lutte, le travail d’exploitation des déséquilibres et des temps que cela offre est très difficile à mettre en place.

Pourquoi le karaté d’Okinawa, qui utilise tellement les saisies et les amenées au sol, n’a-t-il pas développé un système technique plus qualitatif dans ces différents aspects ? Est-ce parce qu’il y a trop de travail en solo (depuis Itosu), de kihon et de kata, plutôt que des travaux à deux dans lesquels les phases de mouvements offrent une meilleure compréhension de soi dans une opposition et des réactions de l’autre ?

Si la notion de percussion permettant des projections ou des amenées au sol était fonctionnelle, on aurait un taux de takedown plus important en MMA, où la plupart ont quand même un background de lutte. De même, penser qu’une saisie suivie d’une percussion pourrait mettre KO est assez illusoire, sinon chaque fois qu’on saisit un bras, comme en Muay Thaï (avec de petits gants), nous devrions avoir une grosse statistique de KO, ce qui n’est pas une réalité.

J’adore le karaté et je pense qu’un sensei ayant une expérience et une compréhension du judo, de la lutte ou même de l’aïkido peut vraiment offrir à ses élèves une logique effective des fondamentaux du karaté.

#karate #judo #lutte #frappe #déséquilibre #kuzushi #karateokinawa

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Martial Reflections of a Hypnofighter #219: Okinawan Karate, a Grappling Style?

I make a distinction between Japanese karate and Okinawan karate. Whether during training camps or through videos, I find that a typical aspect of the Ryūkyū style is its emphasis on self-defense. When I look at bunkai or ippon kumite, there are indeed strikes that we are familiar with, but also a very large majority of grappling techniques.

Whether in Uechi, Goju, Shorin, or others, there are arm holds, finger holds, and even grips intended for throwing. It is true that if you have ever experienced street fights, grappling happens quickly. It is therefore normal that these practices include such situations.

However, what increasingly surprises me, even among high-ranking practitioners, is seeing how, although the concepts are a mix of trapping and grappling, they are very rarely mastered. I know this may seem surprising, but I feel that karate lacks the principles of kuzushi.

It is certain that striking after a grapple will modify the opponent’s center of gravity and balance, but to throw or effectively exploit towards a lock, a significant amount of force is used for minimal efficiency. As shown in judo and wrestling, the work of exploiting imbalances and the opportunities they offer is very difficult to implement.

Why has Okinawan karate, which uses grappling and takedowns so much, not developed a more qualitative technical system in these aspects? Is it because there is too much solo work (since Itosu), kihon, and kata, rather than two-person drills where the phases of movement offer a better understanding of oneself in an opposition and the reactions of the other?

If the notion of striking allowing for throws or takedowns were functional, we would see a higher takedown rate in MMA, where most practitioners still have a wrestling background. Similarly, thinking that a grapple followed by a strike could knock out an opponent is quite illusory; otherwise, every time we grapple an arm, like in Muay Thai (with small gloves), we should see a high KO statistic, which is not the reality.

I love karate and I think a sensei with experience and understanding of judo, wrestling, or even aikido can really offer their students an effective logic of karate fundamentals.

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