Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #232 : Un Challenge de 100 Combats, Pas une Si Bonne Idée

Depuis 6 semaines, j’ai proposé un petit challenge dans mon dojo. Mon idée était de motiver les élèves à mettre en pratique et à exprimer ce qu’ils ont appris pendant l’année. Créer un phénomène d’habituation grâce à la répétition constante de combats. Le défi consistait à effectuer un minimum de 100 affrontements.

J’utilise le mot affrontement volontairement, car je souhaitais, dans un premier temps, qu’ils puissent faire des randoris en Jiu-jitsu et en Luta Livre, c’est-à-dire vraiment s’opposer en étant le plus mobiles et actifs possible. Les soumissions étant interdites, il y a généralement plus de jeu. Quand un des combattants domine une position plus de 10 secondes, il doit ouvrir ou laisser son adversaire avancer ou sortir.

Ce que je ne vous avais pas dit, c’est que ces petits échanges duraient 8 minutes. Je ne sais pas si vous avez l’habitude de combattre sur ces durées, mais ce qui aurait dû créer une dynamique fluide a plutôt abouti à une phase explosive, puis à une phase en mode “tas” : je ne bouge plus, j’attends la fin du round. Au bout de 2 semaines, je voyais plus de tas que de randoris, je me suis donc dit qu’on allait passer en combat, c’est-à-dire chercher la soumission pour recréer un dynamisme.

Là, il y avait déjà un gros cumul d’opposition et les élèves n’étaient pas les plus agressifs. J’ai compris à la troisième semaine que cette période exclusivement dédiée aux affrontements ne serait pas optimum. Déjà, de mon côté, je voyais en étant là à tous les entraînements et en faisant tous les combats que le corps fatiguait, et que la seule journée off ne permettait pas de bien récupérer. Mais surtout, ce qui aurait dû être un jeu d’atteindre 100 combats se transformait en des sessions moins qualitatives.

Au lieu de se reposer entre les rounds trop difficiles, ils préféraient cumuler les matchs, mais ne produisaient pas grand-chose, ce qui est normal quand on est fatigué. Du coup, la dynamique que je pensais instaurer nourrissait plus leur esprit de compétition (et la peur de la sanction des 1000 exercices si ce n’est pas fait, oui, je suis un instructeur sadique) que la recherche de progression martiale.

De manière générale, en fonction bien sûr du travail et des vacances, ils ont été assidus et c’était cool. Même si la majorité n’a pas atteint les 100 combats, c’est quand même génial qu’ils aient pu en faire plus d’une cinquantaine. J’aime le style de préhension, surtout ceux où l’on se roule beaucoup au sol, car on peut faire 13h20 (le temps des 100 luttes) de combat sans être (trop) abîmé. Ce qui est beaucoup moins possible dans beaucoup d’autres disciplines.

C’est aussi un bon challenge pour le mental, surtout que, comme je veux que mes grapplers gèrent les frappes, les 15 derniers jours ont consisté en affrontements dans les règles du MMA ou du Kenpo/Pankido. Ils ont été courageux et je tiens à souligner une chose : 100% des femmes ont relevé le challenge, c’est fort et c’est la beauté des arts martiaux. Peu importe qui tu es et ce que tu es, tu peux te dépasser et atteindre de grandes choses.

Bravo à toutes et tous, et l’an prochain, je ferai différemment pour éviter que les ego prennent le pas sur l’amélioration de son jeu, même si l’ego peut aider à se dépasser.

100combats #13h20 #Challenge #Jiujitsu #BJJ #LutaLivre #MMA #Pankido #Kenpokan #félicitation

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #232: A 100 Fight Challenge, Not Such a Good Idea

For the past 6 weeks at my dojo, I proposed a small challenge. My idea was to motivate the students to practice and express what they had learned during the year. To create a habituation phenomenon through the constant repetition of fights. The challenge was to have a minimum of 100 fights.

I use the word « fight » intentionally because I initially wanted them to do randoris in Jiu-jitsu and Luta Livre, that is, to really oppose each other while being as mobile and active as possible. With submissions prohibited, there is generally more play. When one of the fighters dominates a position for more than 10 seconds, they must open up or let their opponent advance or escape.

What I hadn’t told you was that these little exchanges lasted 8 minutes. I don’t know if you are used to fighting for these lengths of time, but what should have created a fluid dynamic instead resulted in an explosive phase followed by a “pile-up” phase: I don’t move, I wait for the end of the round. After 2 weeks, I saw more pile-ups than randoris, so I decided to switch to combat, that is, to seek submission to recreate dynamism.

By then, there was already a lot of opposition accumulating and the students were not the most aggressive. I realized by the third week that this period exclusively dedicated to fights wouldn’t be good. Already, from my side, being present at all the training sessions and doing all the fights, I saw that the body was tiring, and the single day off wasn’t enough for proper recovery. But more importantly, what should have been a fun challenge to reach 100 fights turned into very low-quality sessions.

Instead of resting when the rounds were too difficult, they preferred to accumulate matches but didn’t produce much, which is normal when you’re tired. Thus, the dynamic I thought it would create fed more their competitive spirit (and the fear of the sanction of 1000 exercises if it’s not done, yes, I’m a sadistic instructor) than the pursuit of martial progress.

In general, depending on work and holidays, they were diligent and that was cool. Even if the majority didn’t reach 100 fights, it’s still great that they managed to do more than fifty. I like grappling styles, especially those where you roll a lot on the ground, because you can do 13h20 (the time for 100 fights) of combat without being (too) damaged. This is much less possible in many other disciplines.

It’s also a good mental challenge, especially since I want my grapplers to handle strikes, the last 15 days were fights under MMA or Kenpo/Pankido rules. They were courageous and I want to highlight one thing: 100% of the women took up the challenge, it’s beautiful and it’s the beauty of martial arts. No matter who you are and what you are, you can surpass yourself and achieve great things.

Congratulations to all, and next year, I will do things differently to prevent egos from taking precedence over improving one’s game, even if ego helps to surpass oneself.

100fights #13h20 #Challenge #Jiujitsu #BJJ #LutaLivre #MMA #Pankido #Kenpokan #congratulations

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #231 : Combattre avec les femmes quand on est un homme

Hier, une de mes combattantes, qui s’entraîne depuis un an et est de petit gabarit, s’est retrouvée face à une ceinture marron de BJJ et 4e dan de Judo, un champion du monde amateur de Muay Thai passionné de Jiu-jitsu, et moi-même, un gros. Nous combattions en mode Kenpokan/Pankido, c’est-à-dire du MMA avec un gi.

Nous achevons une période de six semaines entièrement dédiée aux randoris et aux kumités. Pas de chance pour notre combattante, qui a fini par manifester son désir d’avoir des partenaires de son poids et de sa force, en mode syndicat (poing levé de la révolution et pancarte).

Cela m’a permis d’expliquer ma vision du combat homme/femme, que je trouve parfois mal comprise. En tant qu’homme très binaire, je pense que lorsque nous portons un gi ou entrons dans une salle de sport de combat, nous sommes tous égaux. En mode combat (kumité, pas randori), il faut se battre pour vaincre.

Peu importe que l’opposant soit petit, grand, homme ou femme, lourd ou léger, il faut y aller assez fort pour soumettre (ou mettre KO au corps si en percussion). Je suis souvent agacé par les hommes (ou les plus gradés, lourds, etc.) qui, parce qu’ils dominent, ne s’investissent pas pleinement. Il faut respecter l’effort de notre adversaire et l’aider à se surpasser. Dans les randoris, on travaille ensemble et on se fixe des thèmes de travail, mais dans les kumités, chacun pour soi.

Bien sûr, en tant que poids lourd, je ne vais pas utiliser toute ma force ou mon poids, mais je vais créer une réelle difficulté et appliquer ma stratégie. L’objectif est de finir le combat sans blesser ni faire de mal, juste appliquer le principe des combats où la notion de justesse est rarement une réalité. Les compétitions de BJJ, par exemple, nous confrontent parfois à d’anciens champions du monde ou des pros en MMA, ou des légendes du Vale Tudo (c’est du vécu), des adversaires qui peuvent et vont sûrement nous écraser.

Je ne parle même pas de la rue, où il peut arriver de lutter contre des gens armés ou nombreux. Un combat est difficile, il montre notre impuissance dans certaines situations. C’est une métaphore de la vie. Je déteste quand un homme est trop « bienveillant » envers une femme. Pour moi, il doit combattre comme si c’était un adversaire sérieux. Si je vous mets face à Flavio « Peroba » Santiago, un petit gabarit mais très dangereux, peu importe votre poids, votre garde ou votre gabarit, vous allez tout donner pour ne pas être soumis.

Considérez vos adversaires, masculins ou féminins, de manière à offrir un affrontement de qualité et osez admettre que bien des femmes sont plus techniques que les hommes et peuvent nous battre, sans l’excuse de « j’y allais cool ».

Respect à tous les pratiquants et pratiquantes.

BJJ #homme #femme #combat #MMA #Pankido #Kenpokan #Affrontement #équité

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #231: Fighting with Women When You Are a Man

Yesterday, one of my fighters, who has been training for a year and is of a lighter weight class, found herself in a tough spot. She faced a brown belt in BJJ, a 4th dan in Judo, a world amateur champion in Muay Thai who is also deeply into Jiu-jitsu, and me, a heavyweight. We were fighting in Kenpokan/Pankido mode, which is MMA with a gi.

We were concluding a six-week period entirely dedicated to randoris and kumités. Unfortunately for our female fighter, after enduring the end of the session, she humorously (with a raised fist and a protest sign) expressed her desire to have female partners or ones matching her weight and strength.

This gave me an opportunity to explain my vision of male/female combat, which I often find misunderstood. As a very binary person, I believe that when we wear a gi or enter a combat sports gym, we are all considered equals. In combat mode (kumité, not randori), we must fight to win.

It doesn’t matter if the opponent is small, tall, male, female, heavy, or light; we go hard enough to submit (or body KO in striking). I am often annoyed by men (or higher ranks, heavier, etc.) who, because they dominate, do not fully engage. We must respect the effort and sometimes the helplessness of our opponents. They are making efforts, and we should help them push themselves to give their all. In randoris, we collaborate and set work themes, but in kumités, it’s every person for themselves.

Yes, as a heavyweight, I won’t use all my weight or strength, but I will create a real challenge and apply my game plan. The goal is to finish the fight without injuring or harming, just to apply the principle of fights where the notion of fairness is rarely a reality. Competitions like BJJ sometimes make us face former world champions, MMA pros, or legends of Vale Tudo (speaking from experience), opponents who can crush us.

I’m not even talking about the street, where we might have to fight against armed or numerous people. A fight is difficult; it shows our powerlessness in certain situations. It’s a metaphor for life. I hate when a man is overly « kind » towards a woman. For me, he must fight as if she is a serious opponent. If I put you against Flavio « Peroba » Santiago, who is small but extremely dangerous, no matter your weight, guard, or size, you will give it your all to avoid being submitted.

Consider your opponents, male or female, in a way that ensures a quality fight and dare to admit that many women are more technical than men and can kick our butts without any excuse like « I was going easy. »

Respect to all practitioners.

BJJ #man #woman #fight #MMA #Pankido #Kenpokan #Fight #equity

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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