Réflexions de Pank / Instantané #513 : Harcèlement ou agression ? Le poids des mots.

Nous observons malheureusement trop fréquemment ces jeunes victimes de harcèlement scolaire ou en ligne, qui décident de mettre fin à leurs jours. Les médias et les ministères abordent ces événements tragiques en employant le terme « harcèlement ». Pourtant, notre législation reconnaît les agressions verbales et physiques. Il existe même cette notion de « série d’agressions ».

Pour le citoyen lambda, l’impact du mot « agression », ou même de « violence en réunion » (que je sais être une qualification juridique spécifique), permet de considérer la situation non pas comme des taquineries ou des « piques », mais comme des actions volontaires d’une personne ou d’un groupe visant à faire du mal physiquement ou psychiquement, et à détruire la santé mentale d’un individu.

Si les ministères, qui doivent nommer les choses, ne le font pas correctement, comment voulez-vous que la population prenne conscience de la violence du harcèlement ? Imaginez-vous, au quotidien, en allant au travail ou en rentrant chez vous pendant des semaines, être bousculé par des gens, parfois frappé, souvent insulté et humilié, et ce, avec des violences sexistes et sexuelles, tant dans les discours que dans les gestes.

Considéreriez-vous cela comme un « simple » harcèlement ? Ce n’est pas une fragilité des jeunes, c’est une destruction volontaire par des individus des défenses mentales d’une cible. C’est de la violence volontaire avec une intention de nuire, de blesser, de malmener.

En utilisant des mots comme : « suite à une série d’agressions verbales et physiques, le jeune X a mis fin à ses jours », nous, citoyens, ne lirions pas cela comme une brève ou un « fait divers ». Nous pourrions aussi prendre conscience que ce n’est pas juste changer d’école ou de lieu qui apaisera la situation, mais qu’il faut mettre en place, au-delà des sanctions, des mesures psycho-éducatives pour traiter ce qui, en plus de la violence de l’agression, reste un sadisme assumé (souvent filmé et diffusé).

Les mots changent les perceptions et modifient les comportements. Alors pourquoi encore utiliser « harcèlement » plutôt qu’une sémantique plus dure et abrupte, et surtout comprise de tous ?

Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank. https://www.pank.one/blog

 Harassment or Assault? The Weight of Words.

We all too frequently witness these young victims of school or online harassment who decide to end their lives. The media and government ministries discuss these difficult events using the word: harassment. However, our legislation recognizes verbal as well as physical assault. There’s even this notion of a « series of assaults. »

For the average citizen, the impact of the word « assault » or even « group violence » (which I know to be a specific legal qualification) allows for considering the situation not as teasing or jibes, but as voluntary actions by a person or group to cause physical or psychological harm and destroy an individual’s mental health.

If the ministries that should name things correctly fail to do so, how do you expect the population to become aware of the violence of harassment? Imagine yourself daily, going to work or returning home for weeks, being jostled by people, sometimes hit, often insulted and humiliated, and moreover, with sexist and sexual violence in both words and gestures.

Would you consider that « simple » harassment? It’s not a fragility of young people; it’s a voluntary destruction by individuals of a target’s mental defenses. It’s voluntary violence with an intention to harm, injure, and distress.

By using words like: « following a series of verbal and physical assaults, young X ended their life, » we, as citizens, would not read that as a brief news item or a « miscellaneous fact. » We could also realize that merely changing schools or locations will not ease the situation, but rather that beyond sanctions, psycho-educational measures must be implemented to address what, in addition to the violence of the assault, remains assumed sadism (often filmed and broadcast).

Words change perceptions and modify behaviors, so why still use « harassment » rather than a harsher, more abrupt, and above all, universally understood semantic?

Take what is good and right for you. Be One, Pank.

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #475 : Et si le combat ne calme pas ?

Nous avons souvent l’idée, et même le discours, que les arts martiaux et sports de combat peuvent être des « game changers » pour des jeunes (et moins jeunes) afin de les canaliser et de leur permettre d’exprimer leurs frustrations, colères et autres émotions destructrices, sous l’œil d’un instructeur.

Seulement, cette idée est sur le papier. Quand nous parlons avec des éducateurs qui sont aussi professeurs d’arts martiaux, les jeunes qui arrivent à trouver une voie dans les sports de contact ne sont pas si nombreux que ça. On pourrait penser que parfois c’est le coût des entraînements, ou les difficultés systémiques à pratiquer. Pourtant, nous avons un monde associatif assez génial sur le sujet, et des professeurs bénévoles très investis qui arrivent à faire des concessions pour parvenir à retenir les pratiquants incertains.

Seulement, si les budō peuvent proposer une rigueur, une discipline, des heures passées dans un gymnase ou un dojo, éloignant de certains comportements, cela ne dure que quelques heures quotidiennement. De plus, beaucoup, qui ont cette rage et cette sensation d’injustice, ne calment pas ce malaise qui les ronge et qui pourrait les pousser à des comportements de compensation ou de surcompensation.

Comme si, parfois, la seule chose qui peut offrir un apaisement est un knock-down ou une soumission de la vie, après des actions qui auront coûté beaucoup plus cher que leur ego n’est prêt à l’admettre.

Nos arts de combat sont effectivement de belles écoles, mais elles ne restent que des écoles. Et parfois, nous ne sommes pas encore prêts à nous rendre compte des bénéfices que peuvent apporter ces lieux, non pas sur des mois… mais pour une vie.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/

Martial Reflections of an Hypnofighter #475: What if Combat Doesn’t Calm?

We often have the idea, and even the discourse, that martial arts and combat sports can be « game changers » for young people (and older) to channel them and allow them to express their frustrations, anger, and other destructive emotions, under the watchful eye of an instructor.

However, this idea often remains theoretical. When we talk to educators who are also martial arts instructors, the number of young people who truly find their path in contact sports is not that high. One might think that sometimes it’s the cost of training, or systemic difficulties in practicing. Yet, we have a rather excellent associative world on the subject, and very dedicated volunteer teachers who manage to make concessions to retain hesitant practitioners.

However, while budō can offer rigor, discipline, and hours spent in a gym or dojo, diverting from certain behaviors, this only lasts a few hours daily. Furthermore, many who harbor this rage and sense of injustice do not truly calm this unease that gnaws at them and could lead them to compensatory or overcompensatory behaviors.

It’s as if, sometimes, the only thing that can offer appeasement is a knockdown or a submission from life itself, after actions that will have cost much more than their ego is willing to admit.

Our combat arts are indeed excellent schools, but they remain just schools. And sometimes, we are not yet ready to realize the benefits these places can bring, not just for a few months… but for a lifetime.

Take what is good and right for you. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/