Réflexions martiales d’un Hypnofighter #504 : Kastriot “George” Mehdi

Si la génération de Carlos, Hélio et Jorge était vraiment faible en projections, surtout comparée aux autres écoles de Kodokan Jiujitsu de Rio ou de São Paulo, il est étonnant de constater que Carlson, Rickson et, bien sûr, les élèves de Carlson comme Bustamante, Sperry, etc., étaient solides dans leur Judo. Bien sûr, quand on voit Rickson aux USA face à un Japonais de qualité, il ne fait pas le poids en tachi waza, mais son Judo est tout de même propre.

Et si je vous disais que c’est grâce à un Français ? Kastriot, dit George Mehdi. Il est devenu instructeur chez les Gracie avant de s’embrouiller avec eux (à se demander, à part leurs élèves, qui ne s’embrouillait pas avec la bande de Carlos). Il a été celui qui a enseigné le Judo, il est même allé plusieurs années se former au Japon et a obtenu un 8e Dan de la discipline.

Pour lui, ce que présentaient les Gracie dans les années 40-50 était du Judo, ce que disent tous les documents et articles sur le sujet, mais là encore, valorisons leur travail pour le développement de la garde et du travail au sol, qui est bien supérieur à celui du ne waza traditionnel.

Kastriot a formé de nombreuses légendes du Jiu-Jitsu et leur a permis d’avoir un niveau complet dans tous les aspects du combat. Sa séparation avec les Gracie, comme souvent, était liée aux mensonges poussés par le marketing agressif de Carlos, qui transformait tous les faits pour mettre en avant l’académie Gracie.

Pour rappel, dans les années 50, il avait le culot de dire que le Gracie Jiu-Jitsu était le seul véritable style de Jiu-Jitsu, les Japonais empêchant volontairement l’expansion de cette technique supérieure de combat… alors que depuis la fin du XIXe siècle, la discipline était enseignée au Brésil par des Japonais.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #504: Kastriot « George » Mehdi

If the generation of Carlos, Hélio, and Jorge was truly weak in throws, especially compared to other Kodokan Jiu-Jitsu schools in Rio or São Paulo, it’s surprising to see that Carlson, Rickson, and of course, Carlson’s students like Bustamante, Sperry, etc., were solid in their Judo. Of course, when we see Rickson in the USA facing a quality Japanese opponent, he doesn’t stand a chance in tachi waza, but his Judo is clean nonetheless.

What if I told you it was thanks to a Frenchman? Kastriot, known as George Mehdi. He became an instructor for the Gracies before falling out with them (one wonders, apart from their students, who didn’t fall out with Carlos’s crew). He was the one who taught Judo; he even spent several years training in Japan and obtained an 8th Dan in the discipline.

For him, what the Gracies presented in the 40s and 50s was Judo, which is what all documents and articles on the subject state, but let’s still value their work for the development of the guard and ground work, which is far superior to traditional ne waza.

Kastriot trained many Jiu-Jitsu legends and allowed them to achieve a complete level in all aspects of combat. His separation from the Gracies, as often was the case, was linked to the lies pushed by Carlos’s aggressive marketing, which transformed all facts to promote the Gracie academy.

As a reminder, in the 50s, he had the nerve to say that Gracie Jiu-Jitsu was the only true style of Jiu-Jitsu, with the Japanese deliberately preventing the expansion of this superior combat technique… even though since the late 19th century, the discipline had been taught in Brazil by Japanese masters.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #496 : Le cas Jorge (George) Gracie

Plus je lis sur l’histoire du Gracie Jiu-jitsu, et bien qu’ils aient partagé une forme de jiu-jitsu ayant remis en cause les logiques de combat et que la pratique quotidienne reste ludique tout en étant efficace, je me rends compte à quel point ce sont des escrocs. Ce sont de sales types, sans même parler de l’esprit de culte (autour de Carlos) ou des positions idéologiques questionnables (l’eugénisme).

Carlos et Hélio, comme tout « fondateur » d’école, ont remanié l’histoire en diminuant ou en effaçant certains de leurs frères de l’équation. Gastão, qui n’a pas été un combattant, est rarement mentionné. C’est aussi le cas d’Oswaldo, qui a pourtant plus combattu que Carlos, et surtout de Jorge (George).

Vous avez sûrement en tête le fait qu’Hélio était malingre et qu’il a révolutionné le Jiu-jitsu pour s’adapter à son faible poids ? C’est faux. Dans les articles de journaux et lors des pesées de combat, Hélio pesait à 17 ans entre 62 et 63 kg, et a fait des combats pas loin de 70 kg. Gardez en tête que les Brésiliens étaient assez « petits » en taille et en poids à l’époque.

Mais Jorge, lui, faisait quasiment le même poids et a combattu des dizaines de fois dans tous les défis, ce qui n’était absolument pas le cas pour Hélio. Jorge a combattu en Jiu-jitsu, sous les formes de Judo de l’époque, en Catch Wrestling, et même en Gréco-romaine et en Vale Tudo, pour finir avec le Pro Wrestling.

Il prenait des adversaires de 40 kg de plus que lui. Il gagnait, il perdait, mais il était ultra-agressif contre tous les combattants. Sa grande différence avec Hélio, et ce qui fait qu’il pouvait perdre plutôt que d’aller au match nul (une recherche classique dans les combats de l’époque), c’est qu’il voulait soumettre coûte que coûte, alors que son cadet faisait de la rétention et cherchait les opportunités de contre.

Jorge a assez vite partagé avec la Luta Livre et la Capoeira, mis en place son Académie et combattu pour lui-même. Il a diffusé sur une grande partie du territoire le Jiu-jitsu Gracie, mais il était certainement trop belliqueux pour rester sous la coupe de Carlos. C’est un pratiquant qui a pourtant eu des élèves, mais qui a été étouffé dans le storytelling familial.

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Title: Martial Reflections of a Hypnofighter #496: The Case of Jorge (George) Gracie

The more I read about the history of Gracie Jiu-Jitsu, and despite the fact that they shared a form of jiu-jitsu that challenged combat logic and that daily practice remains fun while being effective, I realize to what extent they are crooks. They are nasty guys, not to mention the cult-like mentality (around Carlos) or questionable ideological positions (eugenics).

Carlos and Helio, like any school « founders, » reshaped history by diminishing or erasing some of their brothers from the equation. Gastão, who was not a fighter, is rarely mentioned. This is also true for Oswaldo, who nevertheless fought more than Carlos, and especially for Jorge (George).

You probably have in mind the idea that Helio was frail and revolutionized Jiu-Jitsu to adapt to his light weight? False. In newspaper articles and fight weigh-ins, Helio weighed between 62 and 63kg at age 17, and had fights close to 70kg. Keep in mind that Brazilians were generally quite « small » in height and weight at the time.

But Jorge weighed almost the same and fought dozens of times in every challenge, which was absolutely not the case for Helio. Jorge fought in Jiu-Jitsu, in the Judo forms of the era, in Catch Wrestling, even in Greco-Roman and Vale Tudo, ending up in Pro Wrestling.

He took on opponents 40kg heavier than him. He won, he lost, but he was ultra-aggressive against all fighters. His great difference with Helio, and what meant he might lose rather than fight to a DRAW (a classic goal in fights of that era), is that he wanted to submit at all costs, whereas his younger brother used stalling tactics and looked for counter-opportunities.

Jorge quite quickly shared knowledge with Luta Livre and Capoeira, set up his own Academy, and fought for himself. He spread Gracie Jiu-Jitsu over a large part of the territory, but was certainly too pugnacious to remain under Carlos’s thumb. He was a practitioner who did have students, yet was stifled by the family storytelling.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #492 : Quand ça se règle dans la rue

Vous savez sûrement qu’il existe des « légendes » selon lesquelles les maîtres ou grands pratiquants d’arts martiaux ont réglé leurs comptes dans la rue. On connaît tous ce fameux pote qui connaît un type dont le maître a battu un autre sensei sur un parking. Tout comme Tadashi Nakamura a clamé s’être pris une balle suite à son retrait du Kyokushin (à vérifier davantage, j’ai peu d’infos).

Par contre, nos amis les Gracie de la première génération (et de la deuxième si vous vous rappelez des Riccio) ont bel et bien combattu dans la rue… en agressant à 3 ou 4 un seul pratiquant, Manoel Rufino, qui avait dominé Carlos Gracie dans un combat, puis attaqué par presse interposée les Gracie comme étant des escrocs. Compulsion de fin de carrière et surtout lourd trauma en ce 18 octobre 1932…

De même quelques semaines auparavant sur Donato Pires, le seul qui a été certifié par Maeda (Conde Koma) et pire… professeur de Jiujitsu de Carlos, Georges et les autres… Simplement pour éviter d’avoir de la concurrence d’un pratiquant qui, lui, a réellement eu un enseignement de première main du Jiujitsu (Kano Jiujitsu).

Les arts martiaux vendent du respect, une voie d’amélioration, un éveil à soi, mais n’oublions pas que beaucoup de personnes qui viennent dans des sports où l’on se tape dessus ou s’étrangle ont, sans le savoir, des choses à régler avec leur propre violence, leurs démons. Et que lorsqu’il y a en plus du business (plus que la réputation même), cette ombre peut aller jusqu’à abîmer sans possibilité de réponse la vie d’un homme.

Pour l’anecdote, les Gracie, grâce à Gastão qui donnait des cours à des magistrats, ont pu éviter les 2 ans et demi d’emprisonnement pour violences en groupe…

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 Martial Reflections of an Hypnofighter #492: When It Gets Settled in the Street

You surely know that there are « legends » about masters or great martial arts practitioners settling scores in the street. We all know that famous buddy who knows a guy whose master beat another sensei in a parking lot. Just as Tadashi Nakamura claimed to have taken a bullet following his withdrawal from Kyokushin (needs further verification, I have little info).

However, our friends the Gracie of the first generation (et the second if you remember the Riccios) did indeed fight in the street… by assaulting, 3 or 4 against one, a single practitioner: Manoel Rufino. Rufino had dominated Carlos Gracie in a fight, then attacked the Gracies through the press, calling them frauds. End-of-career compulsion and above all heavy trauma on that October 18, 1932…

Likewise, a few weeks earlier, on Donato Pires, the only one who was certified by Maeda (Conde Koma) and worse… Jiujitsu teacher of Carlos, Georges, and the others… Simply to avoid having competition from a practitioner who actually had first-hand teaching of Jiujitsu (Kano Jiujitsu).

Martial arts sell respect, a path of improvement, a self-awakening, but let’s not forget that many people who come into sports where we hit or strangle each other have, unknowingly, things to settle with their own violence, their demons. And when there is business involved as well (even more than reputation), this shadow can go so far as to damage a man’s life beyond repair.

For the anecdote, the Gracies, thanks to Gastão who taught classes to magistrates, were able to avoid the 2 and a half years of imprisonment for group violence…

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #403 : L’enseignement en cours particuliers

Cet article explore la controverse autour de l'obtention rapide d'une ceinture noire en BJJ, notamment le cas de Derek Moneyberg, et met en lumière les avantages et les inconvénients des cours particuliers en arts martiaux. Il discute de la rareté des progressions accélérées, de l'importance de l'opposition variée en groupe pour valider le niveau, et de la tendance des cours privés à intellectualiser la pratique au détriment de la répétition. L'auteur suggère que les cours particuliers, bien qu'extraordinaires pour la personnalisation, devraient être complétés par des entraînements en groupe pour une progression optimale.

Aux États-Unis, une polémique récente concerne Derek Moneyberg, qui aurait obtenu sa ceinture noire de BJJ en 3,5 ans. Pour notre communauté de BJJ et de Luta Livre, cette durée est exceptionnellement courte. Hormis quelques surdoués ayant brillé en compétition avec des titres majeurs au sein de grandes organisations comme l’IBJJF ou l’ADCC, de tels cas sont rares.

Derek affirme avoir suivi des heures d’entraînement intense avec des coachs de renom. Il est important de noter que, même si je respecte des compétiteurs comme Jake Shields ou Glover Teixeira, cela ne garantit en rien leurs qualités de coach. Des figures telles que Danaher ou Galvão ont, quant à elles, prouvé leur capacité à former des Jiu-Jitsukas sportifs d’élite, mais cela ne s’applique pas nécessairement à d’autres.

Il est tout à fait possible que Derek soit un surdoué de notre discipline. J’en ai rencontré, mais malheureusement, l’intensité des entraînements et des sparrings a souvent eu raison de leur ascension fulgurante, souvent stoppée au niveau de la ceinture violette. C’est la quantité des entraînements et l’opposition intense qui freinent parfois la progression.

Dans le cas de Derek, il s’entraînait en cours particuliers avec des combattants d’élite, ce qui pourrait potentiellement réduire les risques de blessures. Cependant, saviez-vous que le Gracie Jiu-Jitsu était, par le passé et avant l’influence de Carlson Gracie, enseigné exclusivement en cours particuliers ? J’ai été étonné de le découvrir (toujours en lisant le livre de Drysdale).

De nos jours, même si les instructeurs proposent des cours particuliers, la plupart du temps, ils encouragent leurs élèves à s’entraîner ponctuellement avec leur équipe. Cela permet d’affronter d’autres oppositions et de valider leur niveau « sur le tatami ».

L’avantage majeur des cours particuliers est de pouvoir approfondir chaque détail pendant une heure et de bénéficier d’un entraînement personnalisé. Néanmoins, cela peut parfois intellectualiser un processus qui devrait plutôt être forgé par la répétition silencieuse et constante. Un ou plusieurs professeurs, même inconsciemment, peuvent limiter la progression de leurs élèves en les privant de la diversité des pratiquants et des styles.

Les cours particuliers sont un atout extraordinaire, mais ils devraient parfois être complétés par des séances de groupe pour optimiser et affiner la progression.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

 Martial Reflections of a Hypnofighter #403: Private Lessons in Teaching

In the US right now, there’s a controversy surrounding Derek Moneyberg, who reportedly obtained his BJJ black belt in 3.5 years. For our BJJ and Luta Livre community, this duration is exceptionally short. Apart from a few prodigies who have proven themselves in competition with major titles in large organizations like IBJJF or ADCC, such cases are rare.

Derek claims to have undergone intense training hours with renowned coaches. It’s important to note that, while I respect competitors like Jake Shields or Glover Teixeira, this by no means guarantees their coaching quality. Figures such as Danaher or Galvão, on the other hand, have demonstrated their ability to develop elite sport Jiu-Jitsukas, but this doesn’t necessarily apply to others.

It’s entirely possible that Derek is a prodigy in our discipline. I’ve encountered some, but unfortunately, the intensity of training and sparring often cut short their incredible ascent, frequently stopping at the purple belt level. It’s the sheer volume of training and intense opposition that sometimes hinders progression.

In Derek’s case, he was taking private lessons with elite fighters, which could potentially reduce the risk of injuries. However, did you know that Gracie Jiu-Jitsu, in the past and before Carlson Gracie’s influence, was taught exclusively through private lessons? I was surprised to learn this (still from Drysdale’s book).

Nowadays, even if instructors offer private lessons, most of the time, they encourage their students to train occasionally with their team. This allows them to face different opponents and validate their level « on the mat. »

The major advantage of private lessons is the ability to delve into every detail for an hour and receive personalized training. Nevertheless, this can sometimes over-intellectualize a process that should ideally be forged through silent, constant repetition. One or more professors, even unconsciously, can limit their students’ progress by depriving them of the diversity of practitioners and styles.

Private lessons are an extraordinary asset, but they should sometimes be supplemented by group sessions to optimize and refine progression.

Take what is good and right for you.

Be One,