Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #399 : Enseigner des principes

Ce texte explore une approche non-traditionnelle de l'enseignement du karaté, inspirée par Jacques Tapol, un Senseï qui, à 70 ans, privilégie le "feeling" et la compréhension conceptuelle du bunkai plutôt que l'application mécanique des katas. L'auteur met en lumière la valeur de cette quête de concepts libres de formes préétablies, malgré la difficulté que cela peut représenter pour des pratiquants habitués au conditionnement martial, suggérant une profondeur inattendue dans cette approche "invisible" du karaté.

Je suis en ce moment au campus de la FFKarate. Il y a des tas d’interventions différentes et même si je reste principalement en Kmix avec Jérôme Charles et Anthony Réa, je suis passé à l’atelier de Jacques Tapol, un Senseï, ancien champion de karaté traditionnel, qui à 70 ans cherche à proposer autre chose que la « tradition », allant vers des notions plus libres.

Pendant son cours, il ne parlait pas de techniques et poussait les gradés à aller dans le feeling des réponses qu’ils avaient sur des techniques diverses, comme des frappes ou des intentions de saisie.

Ce qu’il cherchait à partager était la notion de bunkai, une explication des katas (formes), qui la plupart du temps partent du kata.

Partir d’une séquence et chercher son application en combat. Cette notion est mécanique. Jacques, lui, laissait faire les choses acquises dans le corps, puis quand il voyait un enchaînement, il stoppait et montrait dans quel kata on le retrouvait.

La forme redevenait ce pour quoi elle existe : un dictionnaire de techniques et de séquences, pas une démonstration.

Son partage était dans une quête de concepts sans forme déterminée, sans techniques précises, offrant la libération des carcans attendus pour une recherche de son efficacité propre.

Seulement, le conditionnement martial a pu rendre de nombreux participants dans un flou, une difficulté à appréhender l’idée du concept qui n’a pas de forme « juste » imposée.

Pourtant, il y a de fortes chances qu’il y ait plus de profondeur dans ce « Karaté invisible » que dans les plus complexes des kihon ou des katas.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One,
Pank
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Martial Reflections of a Hypnofighter #399: Teaching Principles

I am currently on the FFKarate campus. There are many different interventions, and even though I mainly stay in Kmix with Jérôme Charles and Anthony Réa, I went to Jacques Tapol’s workshop. He is a Sensei, a former traditional karate champion, who at 70 years old seeks to offer something other than « tradition, » moving towards more free notions.

During his class, he didn’t talk about techniques and pushed the black belts to go with the feeling of the responses they had to various techniques, such as strikes or grappling intentions.

What he sought to share was the notion of bunkai, an explanation of katas (forms), which most of the time start from the kata.

Starting from a sequence and looking for its combat application. This notion is mechanical. Jacques, on the other hand, let them perform what they had already acquired in their bodies, then when he saw a sequence, he stopped and showed which kata it came from.

The form became what it exists for: a dictionary of techniques and sequences, not a demonstration.

His sharing was a quest for concepts without a determined form, without precise techniques, offering liberation from expected constraints in search of one’s own effectiveness.

However, martial conditioning may have left many participants feeling unclear, struggling to grasp the idea of a concept that has no imposed « correct » form.

Yet, there is a strong chance that there is more depth in this « invisible Karate » than in the most complex kihon or katas.

Take what is good and right for you.
Be One,
Pank
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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #345 : Le Paradoxe du Karaté

L'auteur partage ses réflexions sur l'évolution du karaté à travers l'expérience de sensei qui cherchent à dépasser les formes traditionnelles pour atteindre l'essence du combat. Ils étudient et adaptent les techniques pour une efficacité accrue, à l'image d'une "non-forme" personnelle et universelle.

En ce moment en stage avec la fédération de karaté, nous avons quotidiennement des intervenants excellents qui nous partagent leurs connaissances. Mais plus que des kihon ou des katas, ils sont dans une recherche et un partage. Hier, j’ai eu des séances avec deux sensei vraiment excellents : Dominique Gallo (https://chk.me/8UKqpQ0) et Miguel Xavier (https://chk.me/z2bJkWr)

Un plaisir de voir leur évolution et la structure qu’ils mettent en place dans leur pratique. Pour Dominique, il y a une quête d’efficacité dans une réflexion sur l’observation, l’adaptation posturale en fonction des distances, et une quête de mouvement, d’adaptation. Pour Xavier, sa recherche est de réinterpréter ses fondamentaux dans les katas et kihon pour leur donner une saveur de MMA.

L’un comme l’autre, ils étudient les traditions posturales, techniques et respiratoires, qui peuvent être figées voire sclérosées si on reste à répéter des gestuels ou à maintenir au plus proche ce qui paraît être la forme. Les professeurs vont même jusqu’à une exigence de forme, alors que… nos deux sensei étudient, révisent et transforment la forme pour y chercher le fond : celui du combat, celui de l’efficace, celui qui ne porte plus le nom d’une forme, karaté, boxe ou lutte, mais d’une génétique qui s’adapte à l’évolution.

De la rigueur “formelle”, on y retrouve la liberté sans code. Un peu comme ce récit de la construction du moule jusqu’au shodan pour arriver à la réinterprétation, voire la déformation du moule pour en faire une non-forme, mais la sienne, unique et ouverte à l’universel.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of an Hypnofighter #345: The Paradox of Karate

Currently at a seminar with the karate federation, we have excellent instructors daily who share their knowledge. But more than kihon or katas, they are engaged in research and sharing. Yesterday, I had sessions with two truly [excellent] sensei: Dominique Gallo and Miguel Xavier.

It’s a pleasure to see their evolution and the structure they implement in their practice. For Dominique, there’s a quest for efficiency through reflection on observation, postural adaptation based on distances, and a quest for movement and adaptation. For Xavier, his research involves reinterpreting his fundamentals in katas and kihon to give them an MMA flavor.

Both of them study postural, technical, and respiratory traditions, which can become rigid or even sclerotic if one keeps repeating gestures or trying to maintain as closely as possible what appears [to be the form]. Professors even go as far as demanding a specific form, whereas… our two sensei study, revise, and transform the form to seek the essence: that of combat, that of efficiency, that which no longer bears the name of a form, karate, boxing, or wrestling, but of a genetic code that adapts to evolution.

From « formal » rigor, we find freedom without code. It’s a bit like the story of building the mold up to shodan to arrive at the reinterpretation, even the deformation of the mold to make it a non-form, but one’s own, unique and open to the universal.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions martiales d’un hypnofighter #179 : De la forme vers la non forme

Ce que je trouve vraiment excellent avec les systèmes de combat, c’est de voir comment on est conditionné à fonctionner d’une certaine manière pendant plusieurs années, la plupart du temps jusqu’à son shodan (Ceinture Noire 1er degré), avant de laisser ce conditionnement de côté.

Le MMA nous montre vraiment qu’une fois ses bases acquises, nous pouvons développer un style de combat propre. La multiplicité des dimensions de combat peut transformer un lutteur en striker et inversement. Ce qui est le plus marquant, c’est que ce qui serait interdit en boxe ou en karaté n’est plus vraiment valable.

D’ailleurs, tout athlète de haut niveau met en place des styles qui leur sont propres. L’anglaise comme le BJJ ont même donné des noms de combattants à des techniques que nous utilisons tous les jours, encore plus amusant, elles sont entrées dans les « basiques » de la discipline.

Quand j’étais jeune karatéka, on me répétait que je devais faire du karaté mon karaté. Comme je le propose à mes élèves de développer leur forme en jiujitsu, luta ou MMA, réussir à comprendre suffisamment les bases pour pouvoir les appliquer et les adapter à leur corpulence et leur vision du combat.

Ce qui fait que même si parfois nous pouvons deviner d’où viennent certains combattants, comme les pratiquants de 10th Planet qui ont un style et souvent un physique bien spécifique, beaucoup en MMA ou même dans différentes boxes, ne ressemblent pas forcément au « style » du gym dans lequel ils s’entraînent.

C’est cette idée d’accepter le moule (le kata) des écoles pour petit à petit retirer ce qui ne nous correspond pas autant et développer ce qui nous apporte le plus de bénéfices dans les affrontements. Oublier les façons académiques pour créer ses propres formes en respectant surtout les concepts sous-jacents aux techniques.

#karate #kyokushin #MMA #Jiujitsu #LutaLivre #Kihon #Kata #combat #base

Be one,

Pank

https://www.passioncombat.net

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Martial Reflections of a Hypnofighter #179: From Form to Formlessness

What I really find excellent about combat systems is seeing how we are conditioned to operate in a certain way for many years, usually until one reaches shodan (first-degree black belt), before setting aside this conditioning.

MMA truly shows us that once the fundamentals are mastered, we can develop our own style of fighting. The multitude of combat dimensions can turn a wrestler into a striker and vice versa. What is most striking is that what would be forbidden in boxing or karate is no longer really applicable.

Moreover, every high-level athlete develops styles that are unique to them. Boxing and BJJ have even named techniques after fighters which we use every day; amusingly, these have become « basics » in the discipline.

When I was a young karateka, I was told to make my karate my own. As I advise my students in jiujitsu, luta, or MMA, mastering the basics well enough to apply and adapt them to their own build and combat vision is crucial.

This means that although we can sometimes guess where certain fighters come from, like the practitioners from 10th Planet who often have a specific style and physique, many in MMA or in different boxing styles do not necessarily resemble the « style » of the gym they train in.

It’s this idea of accepting the mold (the kata) of schools to gradually remove what does not suit us as much and develop what brings us the most benefits in confrontations. Forgetting academic ways to create our own forms while respecting the underlying concepts of the techniques.

#karate #kyokushin #MMA #Jiujitsu #LutaLivre #Kihon #Kata #combat #base

Be one,

Pank