Réflexions de Pank / Instantané n°523 : Investir là où ça rapporte

La fin des JO et la récolte de médailles libèrent de nombreux discours divers, qu’il s’agisse de ceux des athlètes, des politiques ou des « financiers » des différentes fédérations. Si vous connaissez un peu le fonctionnement des fédérations délégataires du ministère des Sports, vous savez à quel point les Olympiades et, de façon générale, la réussite d’une discipline peuvent générer des fonds pour promouvoir et former au sein de ces disciplines.

J’entendais un gestionnaire des fonds sportifs parler du ski de fond et expliquer qu’ils allaient investir dans ce sport, car il existe un potentiel de médailles pour les prochaines Olympiades qui auront lieu en France. Pour ceux qui ont suivi ma capsule sur la notion de « sport business », vous pouvez également y voir l’aspect soft power du sport.

Quand on dit que le sport est là pour unir et que les JO sont des moments de paix (bien que certaines nations en guerre ne soient bizarrement pas invitées), on constate qu’au niveau national, les stratégies d’allocation des fonds ne dépendent pas toujours du nombre de licenciés. Elles sont souvent dictées par le potentiel de victoire et la visibilité de la « force » de la France dans un domaine précis.

C’est néanmoins une bonne chose pour les disciplines moins populaires, car cela peut les mettre en avant, comme ce fut le cas pour le biathlon grâce aux performances de ses athlètes. Cependant, pour avoir observé à quel point de nombreuses fédérations galèrent financièrement (et pas seulement parce que certains dirigeants détournent des fonds), il y a un réel problème.

Si des événements médiatisés comme les JO sont les seuls leviers pour investir en cas de victoire, toutes les disciplines qui ne le sont pas, et ne le seront jamais, resteront de côté et leurs pratiquants ne seront jamais reconnus.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One, Pank.. https://www.pank.one/blog

Pank’s Reflections / Snapshot #523: Investing Where It Pays Off

The end of the Olympics and the medal haul trigger various discourses, whether from athletes, politicians, or the « financiers » of different sports federations. If you are somewhat familiar with how the delegatory federations of the Ministry of Sports operate, you know how much the Olympiads and, more generally, the success of a discipline can bring in funds to promote and develop it.

I heard a sports fund manager talking about cross-country skiing, stating they were going to invest in this sport because there is medal potential for the next Olympics to be held in France. For those who followed my video on « sport business, » you can also see the soft power aspect of sports here.

While it is said that sport is there to unite and that the Olympics are moments of peace (though some nations at war are oddly not invited), we see that at a national level, we act as strategists regarding where funds are allocated. This is not always based on the number of registered practitioners, but rather on the potential for victory and the visibility of France’s « strength » in a given field.

Nevertheless, this is a good thing for less popular disciplines, as it can bring them into the spotlight, as happened with biathlon through its athletes’ performances. However, having seen how many federations struggle financially (and not just because some leaders misuse funds), there is a problem.

If high-profile events like the Olympics are necessary to trigger investment following a victory, all the disciplines that are not and never will be televised will remain sidelined, and their practitioners will never be recognized.

Take what is good and right for you.

Be One, Pank.. https://www.pank.one/blog

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #429 : Les prix dans le BJJ

Je me demande comment il est possible qu’aujourd’hui, nous ayons deux mille participants aux championnats de France ou plus de 6 000 pour les Master à Las Vegas, alors que le coût des compétitions est d’environ 60 € en France et 120 dollars pour l’IBJJF.

Sommes-nous fous ? Je sais que nous aimons nous prendre pour des Américains et dire que la France empêche le professionnalisme à cause de son modèle sportif associatif, et que les Français ne veulent pas payer pour des clubs privés parce qu’ils sont habitués à payer 400 € la saison pour une association.

Oui, ce sont les vestiges d’une dimension sociale du sport. Il est effectivement difficile de gagner de l’argent dans ce domaine, car payer cher pour faire du sport n’est pas dans notre culture. Pour rappel, les modèles sportifs que l’on met en lumière paient en moyenne entre 145 et 175 dollars par mois pour s’entraîner.

Alors oui, payer des fortunes pour faire de la compétition est vraiment abusé. Mais ce que je ne comprends pas, c’est que si les Master peuvent éventuellement investir pour leurs loisirs, comment font les jeunes ? Ce sont pourtant eux qui veulent participer, prouver leur valeur et qui ont la « dalle ». Comment arrivent-ils à payer 60 € par semaine pour certains, ou au moins deux fois par mois ? Comment font-ils pour dépenser 1 200 € sur une saison pour combattre, sans même parler des frais de déplacement et de logement ?

Oui, l’IBJJF et la CFJJB proposent des compétitions de qualité, en mode « premium », mais comment peut-on normaliser une telle dépense dans une période difficile pour de nombreuses personnes ? La compétition n’est pas nécessaire pour s’extraire de son quotidien ; se rendre au dojo et s’entraîner peut suffire.

Pour ma part, j’ai commencé la compétition en sport de combat adolescent et j’ai pu en faire pendant des décennies parce que le prix de l’événement n’était pas une question. Nous payions moins de 10 €. Quand les NAGA et autres sont arrivés, nous ne comprenions pas que de tels prix soient demandés… Et maintenant, c’est devenu la norme… et on ne gagne même pas de ceinture…

Le BJJ pour tous, mais surtout pour ceux qui ont de l’argent…

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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BJJ Prices: Martial Reflections of a Hypnofighter #429

I wonder how it’s possible that today we have two thousand participants in the French championships or over 6,000 for the Masters in Las Vegas, when the cost of competitions is around €60 in France and $120 for the IBJJF.

Are we crazy? I know we like to act like Americans and say that France prevents professionalism because of its associative sports model, and that the French don’t want to pay for private clubs because they’re used to paying €400 a season for an association.

Yes, these are the remnants of a social dimension of sport. It’s indeed difficult to make money in this field, because paying a lot for sports is not part of our culture. As a reminder, the sports models we highlight pay an average of $145 to $175 per month to train.

So yes, paying a fortune to compete is truly excessive. But what I don’t understand is that while the Masters can possibly invest for their leisure, how do the young people do it? After all, they are the ones who want to participate, prove their worth, and are hungry. How do they manage to pay €60 a week for some, or at least twice a month? How do they afford to spend €1,200 in a season to compete, not to mention travel and accommodation expenses?

Yes, the IBJJF and the CFJJB offer top-notch, « premium » competitions, but how can we normalize such an expense during a difficult time for many people? Competition is not necessary to escape from daily life; going to the dojo and training can be enough.

For my part, I started competing in combat sports as a teenager and was able to do it for decades because the price of the event was not an issue. We paid less than €10. When NAGA and others arrived, we didn’t understand why such prices were being asked… And now it has become the norm… and we don’t even win a belt…

BJJ for all, but especially for those who have money…

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank