Réflexions martiales d’un Hypnofighter #500 : Le Gracie Jiu-Jitsu et le Kodokan (Kano) Jiu-Jitsu pré-olympique

Dans l’histoire du Jiu-Jitsu, nous avons souvent entendu la version Gracie, affirmant notamment que Carlos et Jorge (George) ont été élèves directs de Maeda, et qu’Hélio était malingre mais a transformé la forme du style japonais pour l’adapter à son gabarit. Pourtant, les articles de journaux d’époque et les faits historiques ne disent pas exactement cela. Le professeur principal des Gracie a été Donato Pires, qui lui-même a été « diplômé » par Maeda. Cela n’empêche pas qu’ils aient pu, comme nous aujourd’hui, suivre des séminaires avec le maître. Mais si je fais des stages avec Mica Galvao, est-ce que cela fait de moi son disciple pour autant ?

Le Kano Jiu-Jitsu (Judo) avant l’ère olympique était un style complet : il y avait du combat debout, du sol, et des projections. Dans l’arsenal technique, il semble que des Japonais comme Omori ou les frères Ono pratiquaient aussi les clés de jambes. Est-ce parce qu’il y avait des affrontements avec des règles variables que les jujitsukas utilisaient ces clés ? Je ne le sais pas encore avec certitude.

Ce que les Gracie ont maintenu, hormis ce qui était à l’époque le cœur de leur modèle commercial (la self-défense), c’était une forme de randori avec des règles issues de la Federação de Pugilismo, avant la création de la première fédération officielle des Gracie en 1964 : la Federação de Jiu-Jitsu do Estado da Guanabara. Dans son livre, Robert Drysdale précise bien que les compétitions ressemblaient encore beaucoup au Judo de l’époque et que les projections rapportaient plus de points que les passages de garde.

Même si face aux Japonais du Kodokan, les Gracie avaient du mal à rester debout (d’où les fréquents tirages de garde), ils n’étaient pas mauvais pour autant. On peut lire dans les archives que Jorge a souvent projeté ses adversaires. Et le temps « illimité » au sol pouvait aussi être relatif à la présence du ring, aux sorties de tapis, ou simplement à la fin de rounds de 10 minutes.

Si Masahiko Kimura, dans ses mémoires, ne parle pas énormément des Gracie, à part pour dire qu’Hélio ne tenait pas sur ses jambes, il ne fait malheureusement pas référence à un « style spécifique » des Gracie, comme si ce qu’ils proposaient était simplement ce qu’il connaissait déjà au Japon…

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 Martial Reflections of an Hypnofighter #500: Gracie Jiu-Jitsu and Pre-Olympic Kodokan (Kano) Jiu-Jitsu

In the history of Jiu-Jitsu, we have often heard the Gracie version, stating notably that Carlos and Jorge (George) were direct students of Maeda, and that Helio was frail but transformed the form of the Japanese style to adapt it to his frame. However, newspaper articles from the era and historical facts do not say exactly that. The main teacher of the Gracies was Donato Pires, who himself was « certified » by Maeda. This does not prevent the possibility that they might have, like us today, attended seminars with the master. But if I do seminars with Mica Galvao, does that make me his disciple?

Kano Jiu-Jitsu (Judo) before the Olympic era was a complete style: there was stand-up fighting, groundwork, and throws. In the technical arsenal, it seems that Japanese practitioners like Omori or the Ono brothers also practiced leg locks. Was it because there were clashes under variable rules that these jujitsukas used these locks? I do not know for sure yet.

What the Gracies maintained, apart from what was at the time the heart of their business model (self-defense), was a form of randori with rules stemming from the Federação de Pugilismo, before the creation of the first official Gracie federation in 1964: the Federação de Jiu-Jitsu do Estado da Guanabara. In his book, Robert Drysdale clarifies that competitions still resembled Judo very much and that throws awarded more points than guard passes.

Even if faced with the Japanese of the Kodokan, the Gracies struggled to stay standing (hence the frequent guard pulls), they were not bad either. We can read in archives that Jorge often threw his opponents. And the « unlimited » time on the ground could also be relative to the presence of the ring, going out of bounds, or simply the end of 10-minute rounds.

If Masahiko Kimura, in his memoirs, does not speak extensively of the Gracies, other than to say that Helio could not stay on his legs, he unfortunately does not reference a « specific style » of the Gracies, as if what they were offering was simply what he already knew in Japan…

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #492 : Quand ça se règle dans la rue

Vous savez sûrement qu’il existe des « légendes » selon lesquelles les maîtres ou grands pratiquants d’arts martiaux ont réglé leurs comptes dans la rue. On connaît tous ce fameux pote qui connaît un type dont le maître a battu un autre sensei sur un parking. Tout comme Tadashi Nakamura a clamé s’être pris une balle suite à son retrait du Kyokushin (à vérifier davantage, j’ai peu d’infos).

Par contre, nos amis les Gracie de la première génération (et de la deuxième si vous vous rappelez des Riccio) ont bel et bien combattu dans la rue… en agressant à 3 ou 4 un seul pratiquant, Manoel Rufino, qui avait dominé Carlos Gracie dans un combat, puis attaqué par presse interposée les Gracie comme étant des escrocs. Compulsion de fin de carrière et surtout lourd trauma en ce 18 octobre 1932…

De même quelques semaines auparavant sur Donato Pires, le seul qui a été certifié par Maeda (Conde Koma) et pire… professeur de Jiujitsu de Carlos, Georges et les autres… Simplement pour éviter d’avoir de la concurrence d’un pratiquant qui, lui, a réellement eu un enseignement de première main du Jiujitsu (Kano Jiujitsu).

Les arts martiaux vendent du respect, une voie d’amélioration, un éveil à soi, mais n’oublions pas que beaucoup de personnes qui viennent dans des sports où l’on se tape dessus ou s’étrangle ont, sans le savoir, des choses à régler avec leur propre violence, leurs démons. Et que lorsqu’il y a en plus du business (plus que la réputation même), cette ombre peut aller jusqu’à abîmer sans possibilité de réponse la vie d’un homme.

Pour l’anecdote, les Gracie, grâce à Gastão qui donnait des cours à des magistrats, ont pu éviter les 2 ans et demi d’emprisonnement pour violences en groupe…

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 Martial Reflections of an Hypnofighter #492: When It Gets Settled in the Street

You surely know that there are « legends » about masters or great martial arts practitioners settling scores in the street. We all know that famous buddy who knows a guy whose master beat another sensei in a parking lot. Just as Tadashi Nakamura claimed to have taken a bullet following his withdrawal from Kyokushin (needs further verification, I have little info).

However, our friends the Gracie of the first generation (et the second if you remember the Riccios) did indeed fight in the street… by assaulting, 3 or 4 against one, a single practitioner: Manoel Rufino. Rufino had dominated Carlos Gracie in a fight, then attacked the Gracies through the press, calling them frauds. End-of-career compulsion and above all heavy trauma on that October 18, 1932…

Likewise, a few weeks earlier, on Donato Pires, the only one who was certified by Maeda (Conde Koma) and worse… Jiujitsu teacher of Carlos, Georges, and the others… Simply to avoid having competition from a practitioner who actually had first-hand teaching of Jiujitsu (Kano Jiujitsu).

Martial arts sell respect, a path of improvement, a self-awakening, but let’s not forget that many people who come into sports where we hit or strangle each other have, unknowingly, things to settle with their own violence, their demons. And when there is business involved as well (even more than reputation), this shadow can go so far as to damage a man’s life beyond repair.

For the anecdote, the Gracies, thanks to Gastão who taught classes to magistrates, were able to avoid the 2 and a half years of imprisonment for group violence…

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