Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #302 : Le Jiujitsu a-t-il changé d’objectif ?

Le Gracie Jiujitsu, conçu à l'origine pour la défense personnelle, s'est progressivement orienté vers une pratique sportive visant à surpasser d'autres styles. Cette transition, marquée par des défis entre écoles et l’essor du MMA, questionne son adaptation aux réalités du combat.

Je regardais la vidéo Black Belt Confession – BJJ SUCKS For Self Defense et j’ai particulièrement apprécié une remarque mise en avant par le vidéaste. Le Jiujitsu, développé par les Gracie pour sa branche brésilienne, s’orientait officiellement vers la défense personnelle.

Cependant, si on examine l’histoire de ce que proposaient Carlos puis Helio Gracie, ce n’est pas cet aspect qui a marqué le style. Ce qui a été retenu, ce sont plutôt les défis que l’Académie Gracie lançait aux autres styles. Que ce soit intentionnel ou non, les combattants ont dû apprendre et adapter le Jiujitsu pour remporter ces combats.

Je ne parle même pas des entraînements “professionnels” organisés lors des défis plus tardifs contre la Luta Livre, où nous étions déjà entrés dans l’ère du Vale Tudo, proche des débuts du MMA. Le Gracie Jiujitsu s’est alors davantage orienté vers la victoire contre d’autres pratiquants de sports de combat que vers une gestion réaliste des combats de rue.

Aujourd’hui, le Jiujitsu semble avoir perdu son adaptation au MMA — il suffit de regarder Kron Gracie la semaine dernière. Pourquoi ? Parce que le Jiujitsu continue de se centrer sur le combat contre ses propres techniques (ce qui, pour ma part, ne me dérange pas particulièrement) plutôt que sur la self-defense.

D’ailleurs, il est amusant de constater à quel point nous sommes loin de l’époque où chaque école avait son style distinct : la demi-garde de la Nova União, le travail de passeur de garde chez Carlson Gracie… Aujourd’hui, toutes les académies travaillent globalement de la même manière. Je ne vois plus trop de différences entre AOJ, Unity ou Atos.

La facette plus sportive que martiale a permis une amélioration incroyable du niveau technique et a produit un système totalement optimisé pour vaincre un Jiujitsuka. Mais cela s’est fait au “détriment” de l’époque où l’objectif était de battre des pratiquants de MMA, qu’ils soient wrestlers ou strikers, eux-mêmes ayant étudié le BJJ pour l’annihiler.

C’est fascinant de voir l’évolution en cent ans de ce que le Gracie Jiujitsu a apporté au monde.

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,
Pank
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Martial Reflections of a Hypnofighter #302: Has Jiujitsu Changed Its Objective?

I was watching the video Black Belt Confession – BJJ SUCKS For Self Defense and particularly appreciated a point highlighted by the videographer. Jiujitsu, developed by the Gracies for its Brazilian branch, was officially oriented towards self-defense.

However, when we look at the history of what Carlos and Helio Gracie proposed, it’s clear that this aspect didn’t define the style. What stood out were the challenges the Gracie Academy posed to other styles. Whether intentional or not, fighters had to learn and adapt Jiujitsu to win those fights.

I’m not even mentioning the “professional” training sessions during later challenges against Luta Livre, as we had already entered the Vale Tudo era, close to the early stages of MMA. Gracie Jiujitsu was more focused on defeating other combat sports practitioners than on realistic street combat management.

Today, Jiujitsu seems to have lost its adaptability to MMA — just look at Kron Gracie last week. Why? Because Jiujitsu continues to focus on defeating its own techniques (which, personally, I don’t mind) rather than on self-defense.

Moreover, it’s amusing to see how far we’ve come from the days when each school had its distinct style: the half-guard from Nova União, the guard-passing skills at Carlson Gracie’s… Today, all academies work in roughly the same way. I no longer see much difference between AOJ, Unity, or Atos.

The sportier side of Jiujitsu has led to an incredible improvement in technical level and created a fully optimized system for defeating a Jiujitsuka. But this came at the “expense” of the era when the goal was to defeat MMA practitioners, whether they were wrestlers or strikers, who had studied BJJ to neutralize it.

It’s fascinating to observe the evolution over a hundred years of what Gracie Jiujitsu has offered the world.

Take only what is good and right for you.

Be One,
Pank
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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #299 : La matraque télescopique, la meilleure arme de défense ?

La matraque télescopique est-elle la meilleure arme pour se défendre face aux agressions ? Malgré son illégalité, elle offre une alternative efficace pour neutraliser un agresseur armé d’un couteau tout en évitant des blessures mortelles. Une réflexion sur son usage et ses limites légales.

Chaque jour, des personnes ordinaires perdent la vie à cause d’un désaccord qui dégénère. Sortir un couteau est redevenu une manière tristement courante de résoudre les conflits.

Comme la police ne peut être omniprésente (sauf peut-être lors des Jeux Olympiques), les citoyens doivent se débrouiller avec les moyens à leur disposition. Cependant, les lois compliquent sérieusement les choses pour les personnes agressées, qui peinent à se défendre légalement tout en restant en sécurité.

Dans le domaine des armes de défense personnelle, il est difficile de ne pas basculer dans l’illégalité. J’avoue avoir adhéré à la philosophie philippine selon laquelle, face à un adversaire armé d’un couteau, il vaut mieux être armé soi-même. Mais si la police vous contrôle, vous serez sanctionné. Pire, si vous utilisez cette arme pour vous défendre, on vous demandera pourquoi vous possédiez un couteau lorsque vous avez été menacé.

J’apprécie les couteaux, mais je suis conscient que devoir blesser gravement un opposant, même pour sauver ma vie, est un dilemme moral. Par exemple, une attaque ciblant la jugulaire (angle 1) pourrait me valoir plusieurs années en prison.

Avec le temps, j’ai opté pour la matraque télescopique. Bien que cette arme soit toujours illégale, si un agent me contrôle, je préfère la remettre et payer l’amende. Mais en cas de danger, cette arme offre une chance de maintenir un agresseur à distance, notamment si celui-ci tente d’utiliser un couteau.

Pour les plus entraînés, un recul rapide, le déploiement de la matraque et un coup ciblé sur la main ou le bras peuvent suffire à désarmer un adversaire en un instant. Le bâton est une arme maniable, puissante et polyvalente. Bien que certaines écoles insistent sur les contrôles et les clés avec un bâton, je considère qu’il reste avant tout une arme de frappe efficace. Il peut éviter qu’un pré-combat ne se transforme en véritable affrontement, tout en neutralisant sans forcément blesser mortellement.

Prenez uniquement ce qui vous semble juste et adapté.

Be One,
Pank
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Martial Reflections of a Hypnofighter #299: Is the Telescopic Baton the Best Self-Defense Weapon?

Every day, ordinary people lose their lives because of a disagreement that escalates. Carrying a knife has unfortunately become a common way to resolve conflicts.

Since the police cannot be everywhere (except perhaps during the Olympics), citizens must make do with what they have. However, the laws significantly complicate matters for victims who struggle to defend themselves legally while ensuring their safety.

In the field of personal defense weapons, it’s challenging to avoid crossing into illegality. I admit to subscribing to the Philippine philosophy that if your opponent has a knife, you’re better off being armed yourself. However, if the police catch you, you’ll face penalties. Worse, if you use your weapon for self-defense, questions will arise about why you were carrying a knife in the first place when you were threatened.

I like knives, but I am aware that the idea of severely injuring an attacker, even to save my life, is a moral dilemma. For instance, targeting the jugular (angle 1) could result in several years in prison.

Over time, I opted for the telescopic baton. Although it’s still illegal, if a police officer stops me, I’m prepared to hand it over and pay the fine. But in case of danger, this weapon provides an opportunity to keep an assailant at bay, especially if they attempt to use a knife.

For those trained, a quick retreat, the baton’s deployment, and a strike to the hand or arm can swiftly disarm an attacker. Batons are versatile, powerful, and easy to handle. While many schools emphasize control techniques and locks with batons, I see them primarily as striking tools. They can prevent a pre-fight from escalating into a full-blown confrontation, neutralizing without necessarily causing fatal injuries.

Take only what resonates and feels right for you.

Be One,
Pank
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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #267 : Être attentif sans être paranoïaque

Découvrez comment un pratiquant d'arts martiaux peut rester attentif face à l'augmentation des agressions sans tomber dans la paranoïa, tout en cultivant l'observation et la vigilance pour se défendre ou éviter les situations dangereuses.

Actuellement, les médias aiment mettre en avant les agressions au couteau ou les meurtres divers que la France subit. Ce phénomène n’est pas nouveau. Si, comme le propose Alain Bauer, il y a clairement une augmentation de la violence à l’échelle nationale, comment les pratiquants d’arts martiaux peuvent-ils réagir face à cette réalité ?

Notamment pour ceux qui se concentrent davantage sur la défense personnelle, il existe souvent une tendance à percevoir les situations du quotidien comme des « potentiels » dangers. Il est évident que toutes les situations ne sont pas nécessairement dangereuses. Cependant, c’est dans ce quotidien que surviennent des événements parfois terribles : des coups de lame pour un problème de priorité ou une place de parking, un adolescent tueur à gages exécutant un chauffeur de VTC, des chauffeurs qui, pour certains, adoptent des comportements dangereux envers de jeunes femmes rentrant de soirée…

Alors, comment réagir psychologiquement dans un environnement qui peut devenir de plus en plus anxiogène ? Surtout pour les personnes qui, à mesure de leur apprentissage martial, prennent conscience de la difficulté à sortir indemne d’une situation agressive.

Il est nécessaire d’effectuer un travail personnel afin de ne pas sombrer dans la paranoïa et ne voir de l’agressivité partout, tout en restant attentif et observateur. Il s’agit d’être vigilant aux situations, aux dynamiques et aux éléments souvent non verbaux pour être prêt, dans le pire des cas, à se défendre ou, mieux encore, à éviter le conflit.

Un pratiquant d’arts martiaux est un observateur capable de répondre de manière ajustée grâce à sa capacité d’adaptation.

#selfdefense #agression #agressivité #paranoïa #attention #observation

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #267: Being Attentive Without Being Paranoid

Currently, the media tends to highlight knife assaults and various murders happening in France. This is nothing new. If, as Alain Bauer suggests, there is indeed an increase in violence nationwide, how can martial arts practitioners respond to this reality?

Especially for those more focused on self-defense, there is often a tendency to view everyday situations as « potential » dangers. While not all situations are inherently dangerous, it is in these daily moments that unexpected and terrible events occur: knife attacks over a parking space or a priority dispute, a teenage hitman executing an Uber driver, or ride-hailing drivers exhibiting dangerous behavior towards young women returning from a night out…

So, how can we respond psychologically to an environment that could become increasingly anxiety-inducing? This is particularly relevant for those who, through their martial arts training, become more aware of the difficulty in escaping aggressive situations unscathed.

It is essential to work on oneself to avoid falling into paranoia and seeing aggression everywhere, while remaining vigilant and observant. The key is to pay attention to situations, dynamics, and often non-verbal cues, in order to be ready to defend oneself or, ideally, avoid conflict altogether.

A martial arts practitioner is an observer, capable of delivering an appropriate response thanks to their adaptability.

#selfdefense #aggression #paranoia #awareness #observation

Take what is good and right for you.

Be one,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #234 : Grappling dans la rue

Je sais que le sol n’est pas une situation recommandée dans la rue. Et pour ceux qui avancent l’argument qu’il faut frapper dans la rue, je suis d’accord. Cependant, je pars de l’hypothèse où les frappes n’ont pas fonctionné et nous en arrivons à un clinch.

Ce qui semble bon sur le papier ne se vérifie pas nécessairement dans la réalité. Malheureusement, beaucoup d’agressions de rue passent par des phases de saisies et possiblement de mises au sol.

C’est donc une grosse galère quand on a plusieurs personnes qui peuvent tenter de nous frapper pendant que nous sommes en saisie avec un opposant. Et je ne parle même pas de l’intervention d’une personne armée d’un couteau, où la saisie laisse le temps à quelqu’un de nous poignarder par derrière.

La première chose que les grapplers doivent prendre en compte lorsqu’ils pensent à leur défense personnelle dans la rue, c’est-à-dire sur du béton, avec des murets, des trottoirs, du verre ou des surfaces glissantes, c’est comment finir debout ou éventuellement gérer l’amener au sol.

Finir avec peu de frappes un néophyte debout est assez simple : il suffit de chercher les étranglements de base, comme l’étranglement arrière, mais il faut arriver à passer derrière. Avec un peu de pratique de lutte, c’est jouable, mais attention aux projections vers l’avant, comme uchi mata, ippon seoi, etc. Une autre technique, certainement une des plus primitives de l’arsenal humain en lutte au corps à corps, est la guillotine. Cette technique a des dizaines de variantes et, comme ce n’est pas seulement un étranglement mais aussi une clé cervicale, si ça ne fait pas dormir, ça traumatise le corps.

Les clés que nous voyons dans les styles traditionnels de jiujitsu, kali ou de chinna ne fonctionnent pas vraiment debout. Trop de mouvements possibles de l’opposant. Sachant que dans une agression tout va vite, techniquement ce que l’on propose est souvent approximatif, donc plus une technique demande d’angle, de timing et de complexité, moins on sera apte à y penser ou à l’appliquer. Notre cerveau étant en mode survie, il va droit au but.

La seconde catégorie de techniques à utiliser est celle des projections, et je ne parle pas cette fois de takedowns. Le but, comme en lutte ou en judo, est de mettre une boite pour l’étourdir voire le mettre KO. Le problème est que parfois l’application de techniques de projection, particulièrement vers l’avant, nous engage physiquement à suivre l’autre et parfois nous nous faisons emporter. Les projections vers l’arrière offrent plus de maîtrise et, au pire, on se retrouve en garde.

Je reviendrai sur la facette du combat au sol dans un prochain article.

Lutte #Grappling #LutaLivre #MMA #Jiujitsu #Préhension #SelfDefense

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #234: Grappling in the Street

I know that being on the ground is not a recommended situation in the street. And for those who argue that « you need to strike » in the street, I agree. But here, I’m starting from the very common phase where strikes haven’t worked, and we find ourselves in a clinch.

What looks good on paper doesn’t necessarily happen in reality, and we see that unfortunately, many street aggressions involve grappling phases and possibly going to the ground.

It’s a big problem when you have multiple people who might try to hit you while you’re grappling with one opponent. And I’m not even considering the intervention of a person armed with a knife, where the grappling gives someone time to stab you from behind.

The first thing grapplers who think about their self-defense on the street, that is to say, on concrete, with walls, sidewalks, glass, or slippery surfaces, need to consider is how to stay standing or manage the takedown.

Finishing a novice with a few strikes while standing is quite simple: just look for basic chokes, like a rear choke, but you need to get behind them. With some wrestling practice, it’s doable, but be careful of forward throws like uchi mata, ippon seoi, etc. Another technique, certainly one of the most primitive in the human arsenal for close combat, is the guillotine. This technique has dozens of variations and, as it’s not just a choke but also a neck crank, if it doesn’t put them to sleep, it traumatizes the body.

The locks we see in traditional styles like jiujitsu, kali, or chinna don’t really work standing. The opponent has too many possible movements. Knowing that in an aggression everything happens quickly, technically what we propose is often rough and poorly executed. The more a technique requires angles, timing, and complexity, the less likely we are to think of it or apply it. Our brain is in survival mode, aiming straight for the goal.

The second category of techniques to use is throws, and I’m not talking about takedowns this time. The goal, as in wrestling or judo, is to take the opponent down to stun them or knock them out. The problem is that sometimes applying a throw, especially forward throws, physically engages us to follow the other person, and sometimes we get dragged along. Throws to the rear offer more control and, at worst, we end up in guard.

I will return to the ground fighting aspect in a future article.

Wrestling #Grappling #LutaLivre #MMA #Jiujitsu #Grappling #SelfDefense

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Be One,

Pank

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