Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #223 : La difficulté de la tradition

Dans les arts martiaux, il y a souvent un discours orienté vers le passé, un respect envers les anciens qui peut parfois être bénéfique, mais qui peut tout autant freiner le développement du système. Par exemple, depuis la forme de Shaolin du Wushu, nous avons évolué vers des styles aussi spécifiques que le Wing Chun.

À quand remonte la tradition ? Au Xi Yi Chuan, au Yi Chuan de Wang Xiangzhai ou au Taikiken de Sawai ? Devons-nous considérer Carlos Gracie comme le fondateur de la forme traditionnelle du Jiujitsu brésilien ou Maeda qui lui a enseigné ? Mais ce dernier représentait le Kodokan Judo. Se pourrait-il que la tradition du Jiujitsu brésilien soit en réalité la forme japonaise ?

En Kyokushin, lorsqu’on parle de tradition, met-on en avant le travail de Mas Oyama ou doit-on remonter au Goju ryu de Yamaguchi Sensei, voire à la forme d’Okinawa de Miyagi Chojun ?

Au-delà de l’origine de la tradition, nous voyons que nous respectons souvent le style, l’école comme étant traditionnels, mais en réalité ce que les fondateurs ont créé n’était pas traditionnel, c’était une évolution. Pour Ueshiba, l’Aikido n’était pas du Daito ryu Aikijutsu, ainsi il devient un non-traditionaliste…

Quand on dit aux élèves dans une forme ou un kata de faire tel ou tel mouvement parce que c’est “traditionnellement” comme ça qu’on le fait, de quoi parle-t-on ? De qui parle-t-on ?

Il est important d’avoir de la gratitude envers nos anciens qui ont partagé leurs compréhensions, mais nous ne devons surtout pas nous enfermer dans telle ou telle forme. Il est facile de revenir sur le passé comme une figure d’autorité sur la justesse de ce qui est enseigné, mais comme je vous l’ai déjà partagé, s’il y avait une forme juste, nous n’aurions pas autant de différences sur des katas communs aux différents styles.

Si nous souhaitons suivre une lignée, il est important de connaître ce qui a été fait, mais les façons de combattre évoluent. Il est donc crucial que les nouvelles générations repensent les fondamentaux pour offrir des outils qui correspondent aux besoins actuels.

#karate #jiujitsu #MMA #tradition #modernisme #difficulté #yichuan #taikiken

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #223: The Difficulty of Tradition

In martial arts, there is often a discourse oriented towards the past, a respect for the elders that can sometimes be beneficial but can also hinder the development of the system. For example, from the Shaolin form of Wushu, we have evolved to styles as specific as Wing Chun.

To when does tradition date back? To Xi Yi Chuan, to Yi Chuan by Wang Xiangzhai, or to Taikiken by Sawai? Should we consider Carlos Gracie as the founder of the traditional form of Brazilian Jiu-Jitsu or Maeda, who taught him? But the latter represented Kodokan Judo. Could it be that the tradition of Brazilian Jiu-Jitsu is, in reality, the Japanese form?

In Kyokushin, when we talk about tradition, do we highlight the work of Mas Oyama, or should we go back to the Goju Ryu of Yamaguchi Sensei, or even further to the Okinawan form of Miyagi Chojun?

Beyond the origin of the tradition, we see that we often respect the style, the school as traditional, but in reality, what the founders created was not traditional; it was an evolution. For Ueshiba, Aikido was not Daito Ryu Aikijutsu, so he becomes a non-traditionalist…

When we tell students in a form or kata to perform a particular movement because that’s « traditionally » how it is done, what are we talking about? Whom are we talking about?

We can genuinely have gratitude towards our elders who shared their understandings, but we must not lock ourselves into any particular form. It is easy to refer to the past as an authority on the correctness of what is taught, but as I have already shared with you, if there were a correct form, we would not have so many differences in common katas across different styles.

If we wish to follow a lineage, it is important to know what has been done, but the ways of fighting evolve. Therefore, it is crucial for new generations to rethink the fundamentals to offer tools that meet current needs.

#karate #jiujitsu #MMA #tradition #modernism #difficulty #yichuan #taikiken

Take what is good and right for you.

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Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #213 : Travail sur soi au quotidien

Les arts martiaux, c’est le plaisir du combat, de l’apprentissage de techniques et de cultures. Nous pouvons découvrir de nombreuses façons de percevoir le combat. Nous savons que nous pouvons nous retrouver dans des situations de violence physique et qu’il est toujours bon de pouvoir avoir une réponse juste pour s’en sortir sans blessure (ou en les minimisant).

Dans les arts martiaux et dans l’effort sportif de façon générale, nous allons dans des retranchements physiques, qui nous poussent à des dépassements. Chacun ses capacités et ses possibilités, et il est toujours important de respecter ce que met en place n’importe quel pratiquant dans un dojo. Nous ne savons pas d’où il vient et ce qu’il est en train d’affronter dans son cheminement.

Souvent la voie va bien au-delà de nos randoris, sparrings ou kumite. Nous sommes tous des histoires, des mondes avec des choses qui ont pu nous forger comme nous décomposer. Nous sommes des êtres en recherche et en découverte de nous-mêmes dans des situations peu communes, dans des violences physiques intenses, que ce soit l’impact des frappes ou la pression d’un contrôle d’une clé ou d’une projection.

Nous allons dans un milieu où la violence cadrée est normale, mais souvent cette ambiance belliqueuse n’est qu’un reflet connu de ce que nous vivons en nous depuis des années. Nous avons des blessures et certainement de nombreux combats physiques, psychiques et émotionnels que nous avons perdus. Nous pouvons nous reconstruire dans un monde qui en apparence semble juste en recherche de destruction, de puissance et de domination.

Pourtant, dans ce terrain d’opposition, de prise de pouvoir, de règles, de blessures et autres souffrances, se trouve un espace qui reconstruit. Un lieu qui permet de panser ces maux parfois jamais exprimés. Des moments qui vont offrir à cette lutte intérieure une pause, un accueil, voire une compréhension de son histoire, sa vie et ses douleurs.

Alors celui ou celle qui a déjà tant de blessures se recompose. Il/elle ne devient pas plus solide comme on pourrait facilement le croire, il/elle devient juste plus conscient(e) de son potentiel à gérer les douleurs, les dépasser et les orienter pour se redonner des possibilités de se sentir en phase avec ce qu’il/elle est. Le dojo et les salles de sport de combat accueillent les égratignés comme les handicapés de la vie et leur proposent la voie d’une paix dans la violence.

#artsmartiaux #combat #voiemartiale #budo #travailpersonnel #résilience #acceptation #tolérance #blessure

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #213: Daily Self-Improvement

Martial arts encompass the pleasure of combat, learning techniques, and embracing diverse cultures. We can discover numerous ways to perceive combat. We know that we might find ourselves in situations of physical violence, and it is always beneficial to have the right response to get out without injury (or minimizing them).

In martial arts and athletic effort in general, we push ourselves to physical limits, which drive us to exceed them. Each person has their own abilities and possibilities, and it is always important to respect what any practitioner in a dojo is undertaking. We do not know where they come from or what they are facing in their journey.

Often, the path goes far beyond our randoris, sparrings, or kumite. We are all stories, worlds with things that may have forged us or broken us down. We are beings in search of and discovering ourselves in uncommon situations, in intense physical violence, whether it’s the impact of strikes or the pressure of a lock or a throw.

We enter an environment where controlled violence is normal, but often this belligerent atmosphere is merely a familiar reflection of what we have been experiencing internally for years. We have wounds and certainly numerous physical, mental, and emotional battles that we have lost. We can rebuild ourselves in a world that, on the surface, seems only to seek destruction, power, and domination.

However, in this terrain of opposition, power struggles, rules, injuries, and other sufferings, there is a space that rebuilds. A place that allows these sometimes never-expressed wounds to heal. Moments that offer this internal struggle a pause, a welcome, even an understanding of one’s history, life, and pain.

Thus, those who already have many wounds recompose themselves. They do not become more solid as one might easily think; they become simply more aware of their potential to manage pain, overcome it, and channel it to regain the possibility of feeling in tune with who they are. The dojo and combat sports halls welcome the scarred and the handicapped by life and offer them the path to peace in violence.

#martialarts #combat #martialway #budo #selfimprovement #resilience #acceptance #tolerance #wounds

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #212 : Les arts martiaux traditionnels vont-ils disparaître ?

J’exagère peut-être ; il existera toujours des passionnés et des professeurs qui réussiront à transmettre la flamme qui les a guidés pendant des décennies. Cependant, dans un monde où de nombreuses personnes cherchent à obtenir rapidement des résultats concrets, les arts martiaux traditionnels, qui ne sont souvent pas uniquement axés sur le combat physique mais aussi sur la lutte intérieure, risquent de perdre encore plus de pratiquants.

Dans ma propre académie, il y a quelques années, des styles plus traditionnels tels que le Silat, le Ninpo, le Wing Chun et le Kenpo étaient enseignés. Aujourd’hui, les cours sont principalement divisés entre MMA, différentes formes de boxe, du boxing fit et d’autres arts martiaux modernes. Il reste du Kyokushin et le Taekwondo, qui attire surtout les enfants.

Les investisseurs se détournent de la logique martiale classique. Trop rigide, trop stricte, peu attrayante et souvent jugée inefficace par rapport aux sports de combat qui offrent des résultats pragmatiques et rapides. Les tenues traditionnelles ne sont pas aussi bien mises en valeur que les shorts de dernière génération portés par des champions, ou les vêtements en lycra compressif qui mettent en avant la musculature des pratiquants.

Lorsque je parle avec des sensei de styles anciens, ils confirment que leurs méthodes perdent du terrain ces dernières années, influencées par l’impact du MMA et des styles de grappling. Cela a revitalisé certains aspects de la lutte, longtemps négligés.

Aux États-Unis, le phénomène des arts martiaux modernes se manifeste aussi dans le monde des affaires. Nombre de PDG et de membres de conseils d’administration, ainsi que des acteurs, aiment mettre en avant leur pratique du Jiujitsu et parfois du MMA.

Il reste peut-être un « marché » pour le traditionnel, ce qui est pour moi essentiel pour l’avenir, surtout pour les enfants et les jeunes. De nombreux pratiquants de MMA ou de boxe me disent qu’ils hésiteraient à inscrire leurs enfants dans ces styles intenses qui pourraient les blesser.

Ils préfèrent les orienter vers des styles plus traditionnels, pour la discipline et l’apprentissage de bases physiques et philosophiques, avant de passer éventuellement aux sports de combat modernes à l’âge adulte. Il me semble que le Kyokushin et les karatés avec KO sont particulièrement adaptés aux jeunes, avec des règles maximisant leur protection.

Pour moi, les styles traditionnels sont passionnants, surtout après quelques années de pratique, car nous pouvons alors discuter de concepts anciens, excellents et possiblement adaptables à une vision sportive, ou simplement à une recherche de compréhension de l’art du combat sous toutes ses facettes.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

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Martial Reflections of a Hypnofighter #212: Will Traditional Martial Arts Disappear?

Perhaps I’m exaggerating; there will always be enthusiasts and teachers who manage to pass on the passion that has guided them for decades. However, in a world where many people seek quick, tangible results, traditional martial arts, which often focus not only on physical combat but also on battling one’s inner shadows, risk losing even more practitioners.

In my own academy, a few years ago, more traditional styles like Silat, Ninpo, Wing Chun, and Kenpo were taught. Today, the classes are mainly divided between MMA, various forms of boxing, boxing fit, and other modern martial arts. Kyokushin remains, and Taekwondo mainly attracts children.

Investors are moving away from classic martial logic. Too rigid, too strict, not very appealing, and often perceived as ineffective compared to combat sports that offer pragmatic and quick results. Traditional outfits are not marketed as well as the latest generation shorts worn by champions, or the compressive lycra clothing that highlights the muscles of the practitioners.

When I speak with sensei from ancient styles, they confirm that their methods have been losing ground in recent years, influenced by the impact of MMA and grappling styles. This has revitalized certain aspects of wrestling, which had been neglected for years.

In the United States, the phenomenon of modern martial arts is also apparent in the business world. Many CEOs and board members, as well as actors, like to showcase their practice of Jiujitsu and sometimes MMA.

There may still be a « market » for the traditional, which to me is crucial for the future, especially for children and youth. Many MMA or boxing practitioners tell me they would hesitate to enroll their children in these intense styles that could injure them.

They prefer to place them in more traditional styles, for discipline and the learning of physical and philosophical foundations, before potentially moving on to modern combat sports as young adults. It seems to me that Kyokushin and karates with KO are particularly suitable for young people, with rules that protect them as much as possible.

For me, traditional styles are exciting, especially after a few years of practice, because we can then discuss excellent ancient concepts, possibly adaptable to a sporting vision or simply a pursuit of understanding the art of combat in all its facets.

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Réflexions martiales d’un hypnofighter #189 : Enseigner l’anti-harcèlement aux enfants #1

Hier, une amie m’a parlé de l’agression de son enfant de 5 ans par un autre enfant du même âge. Nous savons que nous sommes des êtres sociaux et que les enfants absorbent ce que les adultes qui les éduquent leur transmettent. Si les parents ou les « care takers », comme les appellent les anglo-saxons, ne prêtent pas attention à l’éducation, aux cadres et à l’enseignement des codes pour que ces petits humains coexistent pacifiquement, des dérapages surviennent.

Le problème, issu des adultes, se répercute chez les enfants qui compensent ces lacunes dans leurs groupes sociaux, comme à l’école. L’utilisation de la force et de la violence a toujours existé ; j’ai un livre de 1928 (« L’instinct combatif ») qui étudie la violence entre enfants à l’école. Il ne faut donc pas se leurrer ou vivre dans un monde de bisounours : les enfants ont des comportements dissonants, tout comme les adultes.

Alors, à nous, professeurs ou passionnés des arts martiaux, de répondre à cette problématique. Nous ne sommes pas dans un cas de self-defense classique, puisqu’il s’agit d’enfants à partir de 4 ans. Aux États-Unis, on développe des systèmes « anti-bully », des techniques anti-harcèlement.

En France, nous enseignons plutôt les bases du judo avant 6 ans, du karaté ou de la boxe éducative entre 6 et 7 ans. Mais ce ne sont pas des styles de gestion d’agression. De plus, si on enseigne à un enfant à réagir à une agression par un coup de pied aux parties (kingeri) ou un crochet uppercut, les parents peuvent ne pas accepter et cela pourrait poser problème à l’école. Pourtant, l’enfant se serait simplement protégé. Néanmoins, les professeurs pourraient critiquer cette réaction avec des discours du type : « si tu as un problème, demande à un adulte… »

Dans cette démarche, si nous voulons aider les parents inquiets pour leurs enfants, nous devons développer des systèmes de combat anti-harcèlement. Il peut être difficile pour un enfant victime de harcèlement de parler de ses expériences, parfois bien longtemps après l’agression, et il peut perdre la capacité de s’exprimer. Souvent, ils entrent dans des phases de paralysie, ce qui permet à l’agresseur de répéter ses actes, faute de sanction ou par vengeance d’une sanction.

Un aspect psychologique doit être mis en place, ainsi que des techniques que les enfants peuvent utiliser pour se défendre et pour changer la perception qu’a l’agresseur d’eux comme victimes passives.

Je reviendrai sur cette question.

#harcèlement #école #agression #enfant #combat #selfdefense #antibully #arts_martiaux

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #167 : Absorption en Combat

S’il y a un concept que je trouve particulièrement intéressant dans les systèmes de frappes et de lutte, c’est celui de l’absorption d’un mouvement. Habituellement, nous opérons dans un demi-temps d’avance, observable chez les nak Muay qui utilisent abondamment des mouvements du buste et des hanches.

Cependant, il existe de nombreuses manières d’absorber les coups. Ceci est évident chez les pratiquants de kyokushin, qui, en encaissant les coups, utilisent des micro-mouvements rendant l’impact final de la frappe moins efficace. Cette notion d’absorption est également présente, de manière plus prononcée, dans le Systema, qui privilégie le suivi des frappes ou des mouvements de l’adversaire.

De façon assez exagérée, cette idée d’absorption, que ce soit de poussée ou de traction, se retrouve dans l’aikido. Dans des styles de lutte comme le judo, le sambo, la lutte libre ou le BJJ, nous exploitons souvent un déséquilibre très bref obtenu par une poussée ou une traction, permettant ainsi de s’insérer, d’absorber le mouvement et les réactions potentielles de l’adversaire.

Cette notion d’absorption rejoint ce que Kano suggérait avec son principe : « si tu me tires, je te pousse ; si tu me pousses, je te tire ». Nous ne créons pas de résistance directe mais, pour les plus habiles d’entre nous, nous dévions et, idéalement, réorientons l’attaque afin de pouvoir frapper plus fort en contre-attaque, projeter ou même soumettre l’adversaire de manière inattendue.

Dans ma pratique du MMA et de la Luta BJJ, j’arrive à éviter de prendre trop de coups durs, mais il reste difficile de trouver des exercices spécifiques pour améliorer cette notion d’absorption. En jiu-jitsu, le passage de la position de tortue à la demi-garde illustre parfaitement l’absorption dans une confrontation directe.

Il est important de souligner que l’efficacité repose sur le mouvement, idéalement constant. J’y reviendrai.

#absorption #combat #frappe #grappling #lutte #MuayThai #Boxe #Lutte #BJJ #Systema

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Martial Reflections of a Hypnofighter #167: Absorption in Combat

If there’s one concept I find particularly interesting in striking and grappling systems, it’s the absorption of movement. Usually, we operate a half-step ahead, as can be seen with nak Muay who extensively use movements of the torso and hips.

However, there are many ways to absorb strikes. This is evident among kyokushin practitioners who, when taking hits, utilize micro-movements that make the final impact of the strike less effective. This notion of absorption is also more pronounced in Systema, which emphasizes following the strikes or movements of the opponent.

In an exaggerated way, this idea of absorption, whether it be pushing or pulling, is found in aikido. In wrestling styles like judo, sambo, freestyle wrestling, or BJJ, we often exploit a very brief imbalance obtained through a push or pull, allowing us to insert ourselves, absorb the movement, and the potential reactions of the opponent.

This concept of absorption aligns with what Kano suggested with his principle: « if you pull me, I push; if you push me, I pull. » We do not create direct resistance but, for the more skilled among us, we divert and ideally, reorient the attack to be able to strike back harder, project, or even submit the opponent unexpectedly.

In my practice of MMA and Luta BJJ, I manage to avoid taking too many hard hits, but it remains challenging to find specific exercises to improve this notion of absorption. In jiu-jitsu, the transition from the turtle position to half-guard perfectly illustrates absorption in a direct confrontation.

It’s important to emphasize that effectiveness is based on movement, ideally constant. I’ll come back to this.

#absorption #combat #strike #grappling #wrestling #MuayThai #Boxing #Wrestling #BJJ #Systema

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Réflexions martiales d’un hypnofighter #163 : Les règles IKO de Kyokushin : Bonnes ou mauvaises ?

Depuis 2016, l’IKO a mis en place des règles qui diffèrent de celles instaurées par Oyama Sosai. Ce dernier les avait d’ailleurs lui-même modifiées lors du 2e championnat du monde en 1979, interdisant à Willie Williams, qui dominait les Japonais, de saisir le gi.

Ce changement a eu un impact important, car à une certaine époque, le Kyokushin attirait de nombreux pratiquants d’autres disciplines comme le judo. Les règles de 2016 sont souvent critiquées par les anciens pratiquants et par le Shin Kyokushin (faction de Midori).

Matsui de l’IKO a décidé, pour des raisons politiques liées aux Jeux olympiques, de modifier des points importants. Rappelons qu’il a déclaré dans une interview que le but du Kyokushin en compétition n’est pas d’être réaliste, mais simplement de renforcer l’esprit et le corps des pratiquants.

Actuellement, des waza-ari (demi-points) peuvent être attribués pour des frappes « marquées », comme au karaté sans contact. C’est ce point qui fait l’objet de critiques. Je suis assez d’accord, car la force du Kyokushin réside dans l’endurance et la capacité des pratiquants à ne rien montrer. On entre ici dans ce que Sosai qualifiait de « danse ».

Cependant, d’un autre côté, si l’on observe les championnats du monde de Shin Kyokushin, on voit des combattants qui ne font qu’avancer, sans aucune notion de distance de combat, se cognant tête contre tête et échangeant des shita et des hiza à pleine puissance. Pas de tai sabaki, pas de gestion des distances, etc. D’ailleurs, si je n’aime pas le système de marquage, il a eu pour effet de modifier les distances et les rythmes des combattants.

De plus, la saisie des jambes et les balayages dans l’instant sont désormais autorisés, ce qui rend l’utilisation des gedan keri et même des chudan moins automatique. C’est un point positif, car la gestion des frappes ne se résume plus à avancer sans réfléchir.

Je trouve que malgré certaines critiques valides, le Kyokushin IKO redonne des combattants plus mobiles, plus polyvalents et moins « bulldozers » sans stratégie. Il y a des ajustements à faire, mais à une époque où beaucoup de jeunes veulent migrer vers le MMA, ces changements peuvent faciliter une transition vers un kickboxing dangereux et efficace et une meilleure gestion des takedowns.

#Karate #kyokushin #IKO #SosaiOyama #KanchoMatsui #KenjiMidori #ShinKyokushin #Competition #règles

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Martial Reflections of a Hypnofighter #163: The IKO Kyokushin Rules: Good or Bad?

Since 2016, the IKO has implemented rules that differ from those established by Oyama Sosai. The latter himself modified them during the 2nd World Championship in 1979, prohibiting Willie Williams, who was dominating the Japanese, from grabbing the gi.

This change had a significant impact, as at one time, Kyokushin attracted many practitioners from other disciplines such as judo. The 2016 rules are often criticized by old practitioners and by Shin Kyokushin (Midori’s faction).

Matsui of the IKO decided, for political reasons related to the Olympics, to modify important points. It is worth recalling that he stated in an interview that the goal of Kyokushin in competition is not to be realistic, but simply to strengthen the spirit and body of the practitioners.

Currently, waza-ari (half-points) can be awarded for « marked » strikes, similar to non-contact karate. This is the point that is being criticized. I tend to agree, because the strength of Kyokushin lies in the endurance and the ability of the practitioners to show nothing. This is what Sosai called « dancing ».

However, on the other hand, if we look at the Shin Kyokushin World Championships, we see fighters who only move forward, with no notion of fighting distance, headbutting each other and exchanging shita and hiza at full power. No tai sabaki, no distance management, etc. Moreover, while I don’t like the scoring system, it has had the effect of modifying the distances and rhythms of the fighters.

In addition, grabbing the legs and sweeping in the moment are now allowed, which makes the use of gedan keri and even chudan less automatic. This is a positive point, because the management of strikes is no longer just about moving forward without thinking.

I find that despite some valid criticisms, the Kyokushin IKO is bringing back fighters who are more mobile, more versatile and less « bulldozers » without strategy. There are adjustments to be made, but at a time when many young people want to migrate to MMA, these changes can facilitate a transition to a dangerous and effective kickboxing and better takedown management.

#Karate #kyokushin #IKO #SosaiOyama #KanchoMatsui #KenjiMidori #ShinKyokushin #Competition #rules

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Réflexions martiales d’un hypnofighter #158 :L’appréciation de l’apprentissage de styles divers

Nous naviguons à présent dans l’ère des arts martiaux mixtes, un système de combat sportif qui optimise le principe d’affrontement en minimisant les contraintes. Certains adeptes du Self-Défense pourraient arguer l’absence de coups portés aux parties sensibles et d’autres limites, mais en examinant des disciplines telles que le Kudo Daido Juku ou le Sambo, on constate que les frappes génitales, tout comme les coups de tête, sont permises.

Le MMA se veut une dynamique sportive privilégiant “la préservation” de l’intégrité physique. Il est fascinant de remarquer que les jeunes initiés au MMA manifestent une ouverture d’esprit que nous, la première génération, n’avions peut-être pas. Je me souviens avoir mentionné à Greg que le Mae geri avait sa place en MMA, une technique que Machida n’avait pas encore exploitée à l’époque.

Nos débats d’alors étaient marqués par un extrémisme, discréditant tout ce qui ne relevait pas du Jiu-jitsu brésilien, de la lutte ou de la boxe anglaise, alors même que nous étions issus de diverses traditions martiales.

La nouvelle génération a été témoin de techniques spectaculaires : le célèbre coup de pied de Pettis contre la cage, le twister du Korean Zombie, des blitz dévastateurs. Ils n’hésitent pas à s’inspirer du Taekwondo, du karaté ou d’autres styles plus traditionnels, y trouvant des éléments qui résonnent avec eux.

Ayant conditionné leur corps dès le début à s’adapter aux multiples dimensions du combat, ils sont naturellement enclins à élargir leur curiosité. Ils consomment des vidéos, expérimentent et osent lors des randoris.

Si les styles traditionnels connaissent un déclin, certaines de leurs notions, bien que pouvant sembler illusoires dans un contexte de combat sportif (et donc potentiellement dans la rue), offrent des concepts, techniques et logiques exploitables dans l’octogone.

Il est remarquable de voir cette nouvelle génération peut-être plus ouverte d’esprit que nous, les « vieux grincheux » que nous sommes devenus 🙂

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Réflexions martiales d’un hypnofighter #156 : Les combats interstyles

C’est amusant, en écrivant mon post sur le Judo, cela a réveillé l’instinct et le questionnement que nous avons tous en tant que pratiquants : un style est-il supérieur à un autre ?. Il suffit de faire cela à un judoka pour le battre ou d’attaquer ainsi un karatéka pour le vaincre. Nous sommes naturellement attirés par cette confrontation pour savoir qui est le plus fort.

D’ailleurs, cette notion est bien définie dans notre cerveau. Il existe un programme de base qui est celui de prendre du pouvoir, et cela entraîne bien sûr la quête de puissance mais, plus amusant, l’observation pour savoir qui est le puissant afin de possiblement créer des alliances avec. Je suis un passionné et, ayant pratiqué de nombreux styles, m’étant spécialisé dans certains, je me pose toujours cette question sur l’efficacité dans le combat de rue mais aussi dans le combat interstyle.

Aujourd’hui, et depuis les premiers Vale Tudo dans les années 50 au Brésil et les UFC en 93 aux États-Unis, nous avons globalement une idée de ce qui fonctionne bien et moins bien. Je ne sais pas pour vous, mais ayant eu la chance d’être de la première génération de MMA, j’allais défier les autres styles dans les dojos avec mon petit BJJ, et ça fonctionnait à tous les coups. Normal, nous n’étions pas dans l’ère actuelle où même un boxeur a parfois la notion de sprawl.

Alors oui, on peut toujours supposer qu’il suffit de faire ceci ou cela pour vaincre tel ou tel style, mais s’il y a un point essentiel à prendre en compte, outre la compétence du combattant, c’est de savoir si l’école de combat pratique beaucoup de sparrings, à minima des travaux d’opposition. Ce qui rend le Jiujitsu/Luta, le MMA, le Muay Thai, les boxes, les luttes, le Judo/Sambo efficaces, et bien plus que de nombreux styles traditionnels ou de self-défense, c’est la répétition à chaque cours de devoir placer des coups ou du grappling sur des personnes qui résistent pleinement.

Le réel du combat ne se fait pas sur des répétitions statiques, qui nous permettent d’apprendre, mais dans l’application dans des cas où l’opposant souhaite aller dans une autre direction. Si aujourd’hui, vous avez encore des questions sur l’interstyle, internet est plein de défis et de combats entre disciplines, sans compter les premières années de NHB/MMA où chacun était spécialisé. La réponse est connue. Et si vraiment vous doutez, allez défier avec respect un autre style et voyez le résultat, c’est toujours sympa pour connaître l’efficacité de nos pratiques.

#NHB #MMA #Style #Ryu #écoles #combat #défi #opposition #efficacité #réalisme

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #151 : Politique et Développement de Son Style

J’ai abordé dans une précédente chronique la nécessité de la politique et du marketing pour le progrès et la pérennité d’un style ou d’une école. Bien que les valeurs des arts martiaux soient nobles et séduisent parents et enfants, la réalité administrative est bien différente.

Le code moral reste souvent une aspiration difficilement mise en œuvre sur les tatamis. Des figures telles que Kano pour le Judo, Oyama pour le Karaté, ou Gracie pour le Jiu-jitsu, ont endossé des rôles plus politiques que pratiquants. Ceci implique négociation, organisation, et maximisation des fonds.

Les trois fédérations, IJF, IKO et IBJJF, sont de véritables machines à générer de l’argent. Tout est monétisé ou soutenu par des aides. En BJJ, l’achat de grades et les frais de compétition, par exemple, peuvent conduire à un chiffre d’affaires de 600 à 700K€ pour un championnat d’Europe comme celui de janvier dernier.

L’argent engendre pouvoir et politique, transformant les pratiquants d’arts martiaux en hommes d’affaires. Dans ce monde, les règles diffèrent de celles du tatami, et tous les coups sont permis. Saiko Oyama mentionnait que Sosai Oyama du Kyokushin s’entraînait si peu qu’il emmenait Shigeru avec lui à l’étranger pour démontrer la puissance et la technique du style.

Il est difficile pour une école ou un style de rester discret et fonctionnel. Voir de grandes marques de Jiu-jitsu ou Luta Livre se commercialiser peut irriter, mais pour exister, il faut se démarquer. En France, Nicolas Renier a revitalisé la Luta Livre avec le NR Fight, empêchant sa disparition.

Parfois, des compromis sont nécessaires pour progresser. Les Oyama ont offert un gi et une ceinture noire officielle de leur école à Regan. Certains grades peuvent sembler inégaux sur le tatami, mais ils contribuent à l’avancement de l’école, procurant des bénéfices tant martiaux que financiers.

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Réflexions Martiales  d’un Hypnofighter #150 : Le Kyokushin vs le Muay Thai

Nous savons que le kickboxing tire ses origines du karaté Kyokushinkai. Tout a commencé suite à une proposition d’un promoteur, Noguchi, qui souhaitait organiser un combat entre des Nak Muay (pratiquants de Muay Thai) et des karatékas. Toutes les écoles refusèrent sauf le Kyokushin, alors simplement appelé Oyama Karaté. Il n’y avait qu’un dojo, celui d’Ikebukuro.

Selon Seiko Oyama, qui faisait partie de la première équipe à s’entraîner pour relever ce défi, Kurosaki Sensei, celui qui allait développer le Kyokushin et le kickboxing aux Pays-Bas, s’est chargé de l’entraînement de quatre jeunes Kyokushin pendant un mois. Ces derniers, qui n’avaient jamais pratiqué la boxe ni porté de gants, ont dû attendre plusieurs reports avant de pouvoir finalement affronter, non pas en Thaïlande mais au Meguro Gym de Noguchi, des Thaïs qui ne s’attendaient pas à rencontrer des combattants aussi solides, restant sur l’idée que les pratiquants de karaté ne se frappaient pas réellement.

Après une victoire des Japonais et quelques mois plus tard, seulement trois des quatre combattants s’envolèrent pour la Thaïlande. Kurosaki, qui ne s’était pas entraîné mais avait juste supervisé le camp, céda à son ego et accepta un combat malgré les conseils d’Oyama de décliner. Le combat, intéressant, se termine par une défaite de Kurosaki par KO, mais illustre la méthode de combat extrêmement agressive du Japonais, avec de puissantes projections : Kyokushin vs Muay Thai – 1964. Rawee Dechachai vs Kenji Kurosaki

Fujihira et Nakamura remportèrent leurs matchs. Kurosaki passa ensuite un peu plus de temps en Thaïlande et remporta trois autres combats avant de revenir au Japon pour proposer à Oyama d’ajuster certaines méthodes d’entraînement en y incorporant le cursus de karaté. Cependant, Sosai, qui avait cofondé le Kyokushin avec Kurosaki, garda une rancœur prononcée envers ce combat perdu par Kurosaki.

Ce dernier quitta alors le Kyokushin, plus ou moins explicitement, mais surtout, il développa le kickboxing japonais et forma notamment le combattant (Toshio Fujiwara) qui remportera pour la première fois le titre du Raja contre un Thaï.

Le karaté s’est progressivement spécialisé, mettant de côté ce qui faisait la force du dojo d’Oyama, à savoir des combats réellement libres, pour se concentrer davantage sur les frappes au corps avec les poings, excluant les frappes au visage ainsi que les projections.

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Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

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