Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #330 : Le respect du temps au dojo

Cet article traite de l'importance de la ponctualité dans un dojo. L'auteur, Pank, s'oppose à l'idée de ne pas sanctionner les retards, arguant qu'il s'agit d'un manque de respect envers ceux qui sont à l'heure. Il partage son expérience personnelle où la mise en place de sanctions a permis de réduire significativement les retards.  Pank souligne que le dojo est un lieu avec des règles spécifiques, distinct d'une salle de sport classique, et que la ponctualité y est essentielle pour instaurer un climat de discipline et de respect mutuel.

Il y a quelques jours, Jasmine Rochas exprimait l’idée qu’il était sans intérêt de « sanctionner » les pratiquants qui arrivent en retard. Étant de ceux qui sanctionnent les retardataires à la minute près, je ne partage pas son avis, qui me semble plus orienté « safe place » pour un bon business que dojo traditionnel avec ses règles spécifiques.

Si je comprends parfaitement qu’il puisse nous arriver d’être en retard, j’estime que cela reste néanmoins un manque de respect pour ceux qui ont fait en sorte d’être à l’heure. Décider d’aller au dojo implique, comme pour un rendez-vous, de mettre en place une organisation qui nous permette d’arriver à l’heure. Chacun s’y contraint et accepter ceux qui ne s’y astreignent pas, revient à ne pas valoriser ceux qui font cet effort.

De plus, nous le savons tous (c’est même devenu un meme), beaucoup de gradés évitent les débuts de cours pour ne pas faire les échauffements. Ils n’attendent que les randoris. J’ai trouvé la parade : les randoris, c’est au début du cours, en guise d’’échauffement.

Outre la notion d’effort et de respect de l’horaire, j’ai constaté empiriquement qu’imposer d’être à l’heure sous peine de longs exercices physiques rendait les retards rares. Pendant quelques années, le midi, je comprenais et acceptais que les participants arrivent quelques minutes en retard.

Du coup, il y avait des retards assez courts (entre 3 et 5 minutes) pour peut-être un tiers des pratiquants. Le jour où j’ai sanctionné la minute de retard, étrangement, les retards sont devenus sporadiques.  Il s’avère que pour beaucoup, ces quelques minutes de retard n’étaient pas importantes et qu’ils auraient très bien pu arriver à l’heure. La sanction a limité, voire fait disparaître, cet état d’esprit.

Chaque dojo a ses règles et si je comprends les arguments inverses aux miens, je reste convaincu qu’un dojo n’est pas un Basic Fit ou une salle de sport « ordinaire ».

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #330: Respecting Time at the Dojo

A few days ago, Jasmine Rochas expressed the idea that there was no point in « punishing » practitioners who arrive late. Being one of those who sanction latecomers to the minute, I do not share her opinion, which seems to me more oriented towards a « safe space » for good business than a traditional dojo with its specific rules.

While I fully understand that we may be late, I believe that it is nevertheless a lack of respect for those who have made the effort to be on time. Deciding to go to the dojo implies, as for an appointment, setting up an organization that allows us to arrive on time. Everyone is bound by it and accepting those who do not constrain themselves amounts to not valuing those who make this effort.

Moreover, we all know (it has even become a meme) that many senior students avoid the beginning of classes to skip the warm-up. They are only waiting for the randoris. I found the solution: randoris are at the beginning of the class..

In addition to the notion of effort and respect for the schedule, I have empirically observed that imposing punctuality under penalty of long physical exercises made lateness rare. For a few years, at lunchtime, I understood and accepted that participants arrived a few minutes late.

As a result, there were fairly short delays (between 3 and 5 minutes) for perhaps a third of the practitioners. The day I sanctioned the minute of delay, strangely, the delays became sporadic. It turns out that for many, these few minutes of delay were not important and they could very well have arrived on time. The sanction limited, even eliminated, this mindset.

Each dojo has its own rules and if I understand the arguments contrary to mine, I remain convinced that a dojo is not a Basic Fit or an « ordinary » gym.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #329 : Le Marketing des Réseaux Sociaux est-il Utile pour les Amateurs ?

Cet article questionne l'utilité du marketing sur les réseaux sociaux pour les combattants amateurs de MMA.  Alors que la promotion est essentielle pour les professionnels,  l'auteur  souligne que la majorité des amateurs ne passeront jamais pro et que cette pression du "personal branding" peut s'avérer contre-productive,  ajoutant du stress à une pratique qui devrait rester un loisir passionné.

J’écoutais hier un podcast de Fightmind que j’ai beaucoup apprécié sur la nécessité pour les générations de combattants actuelles de mettre en place un marketing personnel pour avancer plus vite dans les classements, voire obtenir des « title shots ».

Je suis de ceux qui n’apprécient pas le MMA dans tout ce qui est hors combat, mais les règles du marché sont prédominantes. Si l’on veut que des combattants puissent accéder au monde professionnel et vivre pleinement de leur discipline, il faut du buzz et susciter l’intérêt du public. D’ailleurs, même sur des jeux comme UFC, il y a dans le mode carrière une nécessité de jouer avec les réseaux sociaux pour gagner des sponsors et faire des promotions. Comme quoi, c’est une logique qui appartient au monde professionnel du combat.

Ce qui m’interroge davantage, c’est l’application de cette logique dans le monde amateur. La plupart des combattants amateurs de MMA ne passeront pas professionnels. Pour le moment, le passage se fait facilement après quelques combats amateurs ; il suffit d’une licence de la FMMAF et d’un combat pour obtenir le statut professionnel.

Pourtant, dans 80% des cas, les athlètes de MMA n’auront de professionnel que la licence et les quelques matchs qu’ils pourront faire. Il leur sera quasiment impossible de vivre uniquement de cela. On pourrait donc dire qu’en France, ils seront semi-professionnels. La grande majorité ne franchira jamais le pas de partir en pro, et du coup, tout ce qui est fait par ces passionnés en termes de marketing n’a aucun intérêt.

Il y a pourtant une sorte de pression chez les amateurs de faire des stories ou des highlights de leurs compétitions, avec une attente de retour de leurs followers. Il y a même une sensation de « devoir » après quelques « promesses » de victoire dans des combats ou tournois lambda, qui au lieu de les motiver, leur impose du stress.

L’amateurisme doit rester amateur et être un lieu d’expression pour certains, ou une préparation sérieuse à un niveau supérieur, mais surtout pas faire croire que c’est le monde professionnel, et donc avoir ses propres codes.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #329: Is Social Media Marketing Useful for Amateurs?

Yesterday, I was listening to a Fightmind podcast that I really enjoyed about the need for current generations of fighters to implement personal marketing to move up the rankings faster, or even get title shots.

I’m one of those who don’t appreciate MMA in everything outside the fight, but the rules of the market are predominant. If we want fighters to be able to access the professional world and live fully from their discipline, they need buzz and to generate public interest. Moreover, even on games like UFC, there is a need in career mode to play with social media to gain sponsors and promotions. This shows that it is a logic that belongs to the professional world of combat.

What I question more is the application of this logic in the amateur world. Most amateur MMA fighters will not turn professional. For the moment, the transition is easy after a few amateur fights; a FMMAF license and a fight are enough to obtain professional status.

However, in 80% of cases, MMA athletes will only have the professional license and the few matches they can do. It will be almost impossible for them to live solely on that. We could therefore say that in France, they will be semi-professional. The vast majority will never take the step to go pro, and so all that is done by these enthusiasts in terms of marketing is pointless.

However, there is a kind of pressure among amateurs to do stories or highlights of their competitions, with an expectation of feedback from their followers. There is even a feeling of « duty » after some « promises » of victory in ordinary fights or tournaments, which instead of motivating them, puts stress on them.

Amateurism must remain amateur and be a place of expression for some, or a serious preparation for a higher level, but above all not pretend to be the professional world, and therefore have its own codes.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #328 : L’Enseignement Martial Traditionnel, Vraiment Qualitatif ?

Cet article questionne la pertinence de certains enseignements traditionnels dans les arts martiaux à la lumière des connaissances scientifiques actuelles. L'auteur, Pank, souligne l'importance de la remise en question et de l'adaptation, tout en reconnaissant la valeur des traditions. Il invite les pratiquants à adopter une approche critique et à choisir ce qui est bon et juste pour eux.

Nous savons que le sport évolue très vite, notamment la science qui l’entoure. Entre ce que nous avons appris il y a trente ans et les connaissances actuelles, il y a un monde. Que ce soit pour la récupération, les étirements ou les méthodes d’enseignement, de nombreuses pratiques « traditionnelles » se transmettent de génération en génération.

On aime s’accrocher à la tradition, c’est un biais cognitif. Se dire qu’une méthode de combat a 100, 300 ou 5000 ans lui confère une certaine légitimité.  Cependant, la remise en question des maîtres est souvent impossible dans les arts martiaux, surtout dans les cultures asiatiques. D’ailleurs, c’est souvent par désaccord avec la tradition que les créateurs de nouvelles écoles ont quitté leurs écoles d’origine.

Au 21e siècle, de nombreux systèmes ont évolué, notamment grâce au croisement des styles (ce qui existait déjà par le passé, mais plus lentement). Les styles les plus traditionnels peuvent paraître curieux aujourd’hui, mais là n’est pas la question.

Ce qui est complexe, c’est de savoir si répéter des mouvements dans le vide, dans des postures diverses, pendant des années est réellement bénéfique.  Est-ce que la notion de priver ses élèves d’eau pour renforcer leur esprit est utile ? (La réponse est non, et je le sais d’autant plus que je ne suis pas toujours attentif à l’hydratation de mes élèves… les pauvres).

J’aime les styles traditionnels, mais je m’interroge sur la validité de leurs logiques. Apportent-elles réellement un plus ou ne font-elles que nourrir notre biais de confirmation ?

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #328: Is Traditional Martial Arts Teaching Truly Qualitative?

We know that sports evolve very quickly, especially the science around them. There’s a world of difference between what we learned thirty years ago and current knowledge. Whether it’s about recovery, stretching, or teaching methods, many « traditional » practices are passed down from generation to generation.

We like to cling to tradition; it’s a cognitive bias. To say that a combat method is 100, 300, or 5000 years old gives it a certain legitimacy. However, questioning the masters is often impossible in martial arts, especially in Asian cultures. Moreover, it is often through disagreement with tradition that the creators of new schools have left their original schools.

In the 21st century, many systems have evolved, particularly through the blending of styles (which already existed in the past, but more slowly). The most traditional styles may seem curious today, but that’s not the point.

What is complex is knowing if repeating movements in a vacuum, in various postures, for years is really beneficial. Is the notion of depriving one’s students of water to strengthen their spirit useful? (The answer is no, and I know this all the more because I am not always attentive to the hydration of my students… poor them).

I like traditional styles, but I wonder about the validity of their logic. Do they really bring something more, or do they just feed our confirmation bias?

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #327 : Pourquoi croyons-nous encore aux mythes ?

Malgré des démonstrations répétées de l’inefficacité des méthodes mystiques en combat réel, certains pratiquants continuent d’y croire. De la révolte des Boxers au XIXᵉ siècle aux défis de Xu Xiaodong contre des styles traditionnels chinois, l’histoire nous prouve que ces croyances ne tiennent pas face à la réalité du combat. Pourquoi alors persistent-elles ? Ce texte explore les raisons psychologiques et culturelles qui entretiennent ces mythes.

Je regardais des vidéos sur ce que les Américains appellent le Bullshido ou ce que Cyrille Diabaté désigne sous le terme MythoJitsu. Comme je l’ai déjà partagé, je ne vois pas d’inconvénient à s’entraîner avec des méthodes qui procurent du bien-être et renforcent la confiance en soi. Cependant, rappelons-nous que si la confiance en soi était équivalente à la réussite, alors l’arrogance mènerait systématiquement au succès. Or, combien de personnes trop sûres d’elles, voire orgueilleuses, échouent lamentablement ?

Ce qui m’étonne, c’est que certains pratiquants et enseignants continuent à croire que des maîtres anciens pouvaient tuer avec des frappes chargées de chi. Pourtant, la révolte des Boxers au XIXᵉ siècle a démontré que ces croyances ne résistaient pas à la réalité du combat. De même, les défis de Xu Xiaodong contre différents styles traditionnels chinois, filmés en public, auraient dû mettre tout le monde d’accord. Et pourtant…

Je sais bien que nous préférons souvent nous réfugier dans nos récits intérieurs plutôt que d’affronter la réalité. Nous aimons rêver, imaginer, et bien souvent, nous préférons cela à l’observation des faits. Or, les statistiques montrent que les méthodes dites mystiques n’ont jamais prouvé leur efficacité dans un contexte réel.

On entend parfois des pratiquants affirmer que leurs techniques sont capables de faire bien pire que casser un membre ou mettre un adversaire KO, et ce, sans que cela soit visible… Le réel commun peut et doit être interrogé. Ce qui est fascinant avec le combat, c’est sa simplicité : un lieu, aucune règle, et cela s’arrête quand c’est terminé.

Bizarrement, même si nous savons aujourd’hui que les premiers combats de full contact étaient biaisés, ces confrontations ont tout de même été mises en place il y a plus de 30 ans… Cela s’appelait le Vale Tudo, ou plus tard, la version américaine : l’UFC.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #327: Why Do We Still Believe in Myths?

I was watching videos about what Americans call Bullshido or what Cyrille Diabaté refers to as MythoJitsu. As I have already shared, I see no issue in training with methods that bring well-being and a sense of confidence. However, let’s remember that if self-confidence equated to success, then arrogance would always lead to victory. And yet, how many overconfident, even arrogant people, end up failing?

What surprises me is that some practitioners and instructors still believe that ancient masters could kill with chi-infused strikes. Yet, the Boxer Rebellion in the 19th century already proved that such beliefs did not hold up in real combat. Likewise, Xu Xiaodong’s filmed challenges against various traditional Chinese styles should have settled the debate. And yet…

I understand all too well that we often prefer to dwell in our inner narratives rather than confront reality. We love to dream, to imagine, and often we choose fantasy over observing what actually happens. However, statistics show that so-called mystical methods have never demonstrated their effectiveness in real combat.

Some practitioners claim that their techniques do far worse than breaking a limb or knocking out an opponent—without any visible effect. The shared reality can and should be questioned. What’s fascinating about fighting is its simplicity: a space, no rules, and it ends when it’s over.

Strangely, even though we now know that early full-contact fights were biased, they were still organized over 30 years ago. It was called Vale Tudo, or, in its Americanized version, the UFC.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #326 : L’internationalisation des arts martiaux

Cet article explore l'évolution des arts martiaux à travers leur internationalisation. L'auteur, Pank, observe que l'exportation des disciplines martiales a conduit à leur métissage et à une diversification des styles. Il prend l'exemple du karaté, du jiu-jitsu et du kyokushin pour illustrer comment les arts martiaux se sont adaptés et transformés en dehors de leur pays d'origine. Pank encourage les pratiquants à embrasser cette évolution et à choisir le style qui leur convient le mieux, sans se limiter à la tradition.

Il existe dans tous les pays du monde des disciplines de combat propres aux cultures et aux sociétés. Pour ceux qui aiment à découvrir ce que la France a développé, je vous invite à aller voir les vidéos de Super Fab : https://www.youtube.com/@superfab-AMF.

Le sujet de ce post est plus axé sur le fait que les disciplines martiales ont tellement été exportées qu’elles ont été métissées et qu’elles ne ressemblent parfois plus du tout à ce qu’elles étaient à l’origine.

Je le vois beaucoup avec le Karaté où une interprétation de chacun a fait qu’il y a des milliers d’écoles dans tous les pays du monde qui, certes issues d’un style « traditionnel », ne ressemblent parfois plus à grand-chose ni dans la philosophie ni dans les formes. L’American Kenpo de Parker a posé l’ambition de son créateur à prendre la voie du poing et d’en faire un style américain.

On peut aussi y penser dans le Jiu-jitsu, bien sûr japonais à ses origines. Nous connaissons son descendant le BJJ, mais il y a là aussi des écoles typiquement françaises comme le Nihon Tai Jitsu, ou le Pariset Jujitsu. Quand un Keenan Cornelius décide que son style n’est plus brésilien mais américain, cela ne devrait pas plus choquer que cela.

Cela est normalisé depuis que les arts martiaux s’exportent, respectant leurs origines mais y rajoutant des logiques de combats et techniques autres que celles de la forme d’origine.

Il ne faut pas croire non plus que les styles nouveaux ne sont pas qualitatifs et que la répétition traditionnelle est bonne. Quand je vois que le Kyokushin reprend les formes de katas en mode Goju Ryu pour retourner à leur origine, je me dis que ce retour en « tradition » est relatif. Ils reprennent une forme japonaise et pas okinawaïenne, de plus quand on voit que des « enfants » du Kyokushin ont soit retiré les katas comme le Daido Juku, soit créé des katas beaucoup plus cohérents comme l’Ashihara et l’Enshin, on peut se demander pourquoi penser que les « origines » c’est mieux, dit autrement que la V1 est mieux que la V20 ?

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #326: The Internationalization of Martial Arts

In every country in the world, there are combat disciplines specific to cultures and societies. For those who like to discover what France has developed, I invite you to watch Super Fab’s videos: https://www.youtube.com/@superfab-AMF.

The subject of this post is more about the fact that martial disciplines have been exported so much that they have been mixed and sometimes no longer resemble what they were originally.

I see this a lot with Karate where an interpretation by each has meant that there are thousands of schools in every country in the world which, although stemming from a « traditional » style, sometimes no longer resemble much in philosophy or form. Parker’s American Kenpo laid out its creator’s ambition to take the path of the fist and make it an American style.

We can also think about it in Jiu-jitsu, of course Japanese in its origins. We know its descendant BJJ, but there are also typically French schools like Nihon Tai Jitsu, or Pariset Jujitsu. When a Keenan Cornelius decides that his style is no longer Brazilian but American, it shouldn’t be shocking.

This has been normalized since martial arts are exported, respecting their origins but adding combat logic and techniques other than those of the original form.

Do not think either that the new styles are not qualitative and that traditional repetition is good. When I see that Kyokushin takes up the forms of katas in Goju Ryu mode to return to their origin, I tell myself that this return to « tradition » is relative. They take up a Japanese form and not an Okinawan one, moreover when we see that « children » of Kyokushin have either removed the katas like Daido Juku, or created much more coherent katas like Ashihara and Enshin, we can wonder why think that the « origins » are better, in other words, that V1 is better than V20?

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #325 : De pire en pire

Dans cet article, Pank réfléchit à l’évolution de son enseignement en arts martiaux, constatant qu’il devient de plus en plus rigoureux dans son dojo. Contrairement à l’ambiance décontractée des disciplines comme le BJJ, il insiste sur la discipline et la rigueur, estimant que cela forge non seulement un meilleur combattant, mais aussi une meilleure personne au quotidien. Il questionne enfin le rôle de la discipline dans l’apprentissage et invite à la réflexion sur la place de l’exigence dans un dojo.

Je suis de pire en pire. Je pensais qu’avec les années, je deviendrais peut-être un professeur plus souple dans mon dojo. Je vous avais déjà partagé que j’étais un dictateur dans mon dojo, avec une rigueur inspirée de mes débuts en arts martiaux, notamment en Karaté.

Cependant, j’enseigne le BJJ, la Luta et le MMA, des disciplines qui ne sont pas connues pour leur ambiance rigide comme les styles japonais. En général, l’atmosphère y est plus décontractée : on y voit souvent des photos de pratiquants assis contre le mur, observant le mestre, ou des partenaires en train de combattre avec l’esprit de camaraderie.

Pourtant, chez moi, la rigueur devient de plus en plus présente. Il est possible que je reproduise ce qui m’a semblé pertinent et bénéfique dans mon propre apprentissage : la rigueur, la discipline et une certaine forme de dureté. Ces éléments devraient offrir un avantage non seulement dans la pratique martiale, mais aussi, et surtout, dans la vie quotidienne.

Au travers de la rigueur, on apprend à se contraindre, à faire des choses que l’on n’a pas forcément envie de faire, à répéter inlassablement sans se plaindre, simplement en acceptant l’exercice. Cela inclut également le respect des cadres, des règles et des autres. Selon moi, ce conditionnement devrait apporter des bénéfices sur de nombreux plans.

Dans mon dojo, cela crée une ambiance « studieuse », bien loin du climat convivial, voire très social, que l’on retrouve dans certaines académies. Pour moi, la socialisation passe par le silence, les exercices et les combats. C’est une découverte mutuelle par le biais des corps, des jeux et des styles propres à chacun.

Quoi qu’il en soit, bonne chance à mes élèves si je deviens encore plus exigeant… Et vous, votre dojo est-il une dictature ?

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pankhttps://www.passioncombat.net

Title: Martial Reflections of a Hypnofighter #325: Worse and Worse

I am getting worse and worse. I thought that over the years, I might become a more lenient teacher in my dojo. I had already shared with you that I was a dictator in my dojo, enforcing a strict discipline inspired by my early martial arts training in Karate.

However, I teach BJJ, Luta, and MMA, disciplines not known for the rigid atmosphere of Japanese styles. Generally, the vibe is more relaxed—you often see pictures of practitioners sitting against the wall, casually observing their mestre, or training partners fighting with camaraderie.

Yet, in my dojo, rigor is becoming increasingly present. I may be replicating what I found relevant and beneficial in my own learning: rigor, discipline, and a certain form of toughness. These elements should provide an advantage not only in martial practice but also, and perhaps more importantly, in daily life.

Through discipline, we learn to push ourselves, to do things we don’t necessarily want to do, to repeat without complaining, simply getting on with it. This also includes respecting structures, rules, and others. In my eyes, this conditioning should bring benefits on multiple levels.

In my dojo, this creates a « studious » atmosphere, far from the friendly, highly social ambiance of some academies. For me, socialization happens in silence, through drills and sparring. It’s a discovery of one another through movement, games, and individual styles.

In any case, good luck to my students if I become even stricter… And you, is your dojo a dictatorship?

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #324 : Les frappes mains ouvertes

J’ai toujours trouvé que les frappes mains ouvertes étaient potentiellement plus efficaces que les coups de poing, mais moins destructrices. C’est assez paradoxal, car nous cherchons souvent à marquer notre frappe, en espérant, dans un combat sportif ou dans la rue, que le nez, les côtes ou autre soient cassés.

Cela pourrait finir le combat ou au moins faire réfléchir à deux fois l’agresseur. Pourtant, le shotei, une bonne baffe avec la paume, peut sonner et impacter sans nous blesser.

Nous avons tous vu l’ancienne génération du Pancrase qui frappait avec des paumes ouvertes, les poings étant interdits. Je me souviens de Bas Rutten, qui trouvait que ces frappes avaient un impact bien particulier et qui réellement sonnait ses adversaires.

L’avantage est qu’avec un coup de paume, il est très difficile de se briser le poignet et, bien sûr, les métacarpes. D’après ce que j’ai compris des Sensei d’Okinawa avec qui j’ai échangé et dans les ouvrages que j’ai consultés, c’est Itosu qui aurait introduit la fermeture du poing dans le karaté d’Okinawa.

Aujourd’hui, à part l’Uechi-Ryu, qui conserve un style propre, je ne vois pas beaucoup de styles utilisant fréquemment les mains ouvertes. J’avais à l’époque recherché du côté du Koppo de Haribe, qui présentait cette frappe comme efficace, mais au vu des démonstrations et des compétitions que j’ai pu visionner, cela ne valide pas vraiment sa théorie.

Et vous, travaillez-vous les frappes de paume ?

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One, Pankhttps://www.passioncombat.net

Traduction anglaise

Martial Reflections of a Hypnofighter #324: Open-Hand Strikes

I have always found that open-hand strikes are potentially more effective than punches, yet less destructive. It’s quite paradoxical because, in both sport fighting and street encounters, we often aim to mark our strike, hoping that the opponent’s nose, ribs, or other bones break.

That could end the fight or at least make the aggressor think twice. However, the shotei, a well-executed palm strike, can stun and impact without causing injury to ourselves.

We’ve all seen the old generation of Pancrase fighters who used open palms since punches were forbidden. I remember Bas Rutten, who also found that these strikes had a unique impact and could truly stun his opponents.

One advantage is that with a palm strike, it is very difficult to break your wrist or, of course, your metacarpals. According to what I learned from Okinawan Sensei I have spoken with and the books I have studied, Itosu was the one who introduced the closed fist in Okinawan karate.

Today, apart from Uechi-Ryu, which retains its distinctive style, I don’t see many systems frequently using open-hand techniques. I had previously looked into Haribe’s Koppo, which promoted this strike as highly effective, but based on the demonstrations and competitions I have reviewed, the theory is not strongly validated.

And you, do you practice palm strikes?

Take what is good and right for you.

Be One, Pankhttps://www.passioncombat.net

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #322 : Les combats durs – Gérer l’intensité à l’entraînement

Explorer les défis des combats intenses dans les sports de combat, notamment le MMA, la boxe et le BJJ. Découvrez comment intégrer ces affrontements de manière sécurisée, en respectant la progression et la sécurité des pratiquants, tout en permettant à chacun de choisir le niveau d’intensité adapté.

Il est parfois difficile de savoir, en MMA ou en boxe, quand s’engager pleinement dans des combats durs, surtout lorsqu’on n’est pas compétiteur. Face à une échéance, certains pensent qu’il faut y aller à pleine puissance le plus souvent possible, quitte à payer des sparrings pour qu’ils se fassent potentiellement « atomiser ».

En Jiu-jitsu brésilien, la question ne se pose pas vraiment. On peut s’engager avec intensité sans trop risquer de se blesser. Mais dans les disciplines incluant des frappes au KO, c’est beaucoup plus délicat. Il est pourtant sain de vouloir se tester et de s’engager à fond. Cependant, dans le cadre d’un dojo ou d’une salle, à moins que la philosophie du professeur ne soit de rechercher uniquement le KO, comme au Daizen dojo d’Oyama, on privilégie généralement la progression et la protection.

Il serait peut-être important de proposer des cadres d’entraînement différents : des sessions spécifiques « combats » voire des interclubs (même si on retrouve alors la notion de compétition). Savoir dans quoi on met les pieds avant de venir s’entraîner est préférable. Cela permet de décider si l’on est en état de faire des combats à pleine puissance.

Par contre, il est aussi crucial de se protéger au mieux, même si cela peut donner une impression de « moins de réalisme ». L’objectif est de pouvoir se tester et de s’entraîner à nouveau normalement le lendemain, contrairement à la compétition où il y a une préparation en amont et une récupération nécessaire car les combats peuvent traumatiser le corps. Laisser le choix aux pratiquants est primordial pour qu’ils puissent décider quand s’engager dans le « dur ».

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One, Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #322: Hard sparring – Managing intensity in training

It can be difficult to know, in MMA or boxing, when to fully engage in hard sparring, especially when you are not a competitor. When facing a deadline, some believe that it is necessary to go full power as often as possible, even paying sparring partners to potentially get « destroyed ».

In Brazilian Jiu-jitsu, the question does not really arise. You can engage with intensity without much risk of injury. But in disciplines that include knockout strikes, it’s much more delicate. It is however healthy to want to test yourself and go all out. However, in the context of a dojo or a gym, unless the teacher’s philosophy is to only seek the KO, as in Oyama’s Daizen dojo, the focus is generally on progression and protection.

It might be important to offer different training frameworks: specific « sparring » sessions or even interclubs (even if we then find the notion of competition). Knowing what you are getting into before coming to train is preferable. This allows you to decide if you are able to do full power sparring.

On the other hand, it is also crucial to protect yourself as best as possible, even if it may give an impression of « less realism ». The objective is to be able to test yourself and train again normally the next day, unlike competition where there is preparation beforehand and recovery needed because the fights can traumatize the body. Leaving the choice to practitioners is essential so that they can decide when to engage in « hard » sparring.

Take what is good and right for you.

Be One, Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #321 : Chercher le Flow Martial

Le concept de flow en arts martiaux est une quête introspective qui dépasse la performance. Il s’agit d’un état de transe où la pratique devient un dialogue intérieur, offrant une nouvelle approche de l’entraînement et de la vie. Cette réflexion explore comment intégrer le flow dans nos entraînements et nos existences.

Le flow est un concept psychologique qui réunit plusieurs critères : un équilibre entre compétences et défis, la clarté des objectifs et des retours immédiats, une absorption totale, une distorsion du temps, une perception de contrôle, une unité entre l’acte et la conscience, une motivation intrinsèque, ainsi qu’une expérience considérée comme autotélique.

Dans nos entraînements quotidiens, au-delà de la recherche d’efficacité et de santé, cette quête du flow est sans doute ce qui procure le plus de satisfaction. C’est comme une transe spécifique qui, soudainement, se stabilise et nous fait ressentir que notre pratique n’est plus dirigée contre un adversaire, mais avec nous-mêmes.

Quand je lis ce que Ueshiba O Sensei décrivait comme le « Satori » et cette perception du temps et des actions distordues, je le vois comme une forme de maîtrise du flow. Que vous soyez boxeur ou lutteur, vous l’avez probablement déjà expérimenté : ces moments où l’autre vous semble lent, où vous pouvez anticiper, et où vous êtes autant dans son action que dans la vôtre. Cela donne ce contre qui fait tomber le partenaire ou cette projection, réalisée sans la moindre énergie gaspillée, qui fait voler l’opposant.

Avec le temps, je m’interroge souvent sur ce qui motive les anciens à continuer après des décennies de pratique. Parfois, on les voit quitter le dojo pour d’autres activités, peut-être parce qu’ils ne ressentent plus la même sensation de « performance ».

Alors, pourquoi ne pas leur proposer une approche plus introspective et ludique ? Cette quête du flow change notre façon d’aborder l’entraînement, tout en apportant une vision plus ouverte et harmonieuse de la vie. Le flow peut alors s’intégrer dans notre quotidien et enrichir notre existence.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #321: Seeking Martial Flow

Flow is a psychological concept that encompasses several criteria: a balance between skills and challenges, clear goals and immediate feedback, total absorption, time distortion, a sense of control, unity between action and consciousness, intrinsic motivation, and an experience considered autotelic.

In our daily training, beyond the pursuit of efficiency and health, this quest for flow is undoubtedly what brings the most satisfaction. It feels like a specific trance that suddenly stabilizes, making us realize that our practice is no longer against someone but with ourselves.

When I read what Ueshiba O Sensei described as “Satori” with its perception of distorted time and actions, I see it as an expert’s grasp of flow. Whether you are a boxer or a wrestler, you’ve likely felt it before: those moments when your opponent seems slow, when you can anticipate their moves, and when you are as much in their action as in your own. It produces that counter that drops your partner or that effortless projection that sends your opponent flying.

Over time, I often wonder what keeps long-time practitioners motivated after decades of practice. Sometimes, we see them leave the dojo for other pursuits, perhaps because they no longer feel the sensation of « performance. »

Why not offer them a more introspective yet playful approach? This quest for flow reshapes how we approach training and introduces a more open, harmonious perspective on life. Flow can then integrate into our daily lives and enrich our existence.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #320 : Chacun sa spécialité

Le BJJ est issu du Judo, mais se distingue par sa spécialisation unique dans le combat au sol. Contrairement au Judo ou au Sambo, où le sol est secondaire, le BJJ considère le combat au sol comme son essence. Découvrez pourquoi cette différence fait du Jiujitsu une discipline unique en grappling.

Nous le savons, le BJJ est un cousin, voire un descendant direct du Judo. Le Sambo également, et les luttes diffèrent tellement en fonction de leurs origines. Cependant, une chose est certaine : le combat au sol n’est que sporadique dans toutes les disciplines, à l’exception du Jiujitsu et éventuellement du Kosen Judo.

Lorsque je partage des techniques de takedown en cours, il m’arrive souvent de comparer celles proposées en Judo ou en Sambo, en partant du postulat que ces disciplines sont spécialisées dans les projections, mais beaucoup moins dans le travail au sol. Pourquoi ? Simplement parce qu’au début du XXe siècle, les professeurs considéraient qu’un combattant au sol, surtout après une grosse projection, serait neutralisé (KO).

Je ne reviendrai pas sur l’évolution sportive qui a encore renforcé cette idée. Le sol a été intégré au Judo avec le Fusen Jiujitsu, et le Sambo a en partie repris les logiques du ne-waza du Judo avec une orientation marquée sur les clés de jambe. Le BJJ, quant à lui, a été créé sans chercher à suivre les objectifs militaires ou policiers du Judo/Sambo, et s’est rapidement orienté de la défense personnelle vers la confrontation interstyle.

Ainsi, entre l’approche technique de Carlos et les spécificités physiques d’Helio, le Gracie Jiujitsu s’est concentré de plus en plus sur le combat au sol. Quand on veut comparer les styles de grappling au sol, il est évident qu’aucun style n’est aussi spécialisé dans cet aspect que le Jiujitsu. Même si les autres disciplines incluent le travail au sol, ce n’est que pour compléter ou compenser une projection « trop faible », alors qu’en BJJ, le combat commence véritablement au sol.

Les takedowns en BJJ doivent donc être perçus comme une simple transition vers la position qui permettra le « vrai » travail de la discipline : le combat au sol.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,
Pank

Martial Reflections of a Hypnofighter #320: Everyone Has Their Specialty

We know that BJJ is a cousin—or even a direct descendant—of Judo. The same applies to Sambo, and grappling styles vary significantly depending on their origins. However, one thing is certain: ground fighting is only sporadically practiced in all disciplines except for Jiujitsu and, perhaps, Kosen Judo.

When I teach takedown techniques, I often compare those found in Judo or Sambo, starting from the premise that these disciplines are specialized in throws but not in ground fighting. Why? Simply because, at the beginning of the 20th century, instructors believed that a fighter on the ground, especially after a major throw, would be neutralized (KO).

I won’t dwell on how sports competition has further reinforced this notion. Ground techniques were integrated into Judo via Fusen Jiujitsu, and Sambo partially adopted Judo’s ne-waza logic, focusing on leg locks. BJJ, on the other hand, was created without aiming to follow the more military or police-oriented goals of Judo/Sambo. It quickly transitioned from self-defense to interstyle confrontation.

Thus, between Carlos’ technical approach and Helio’s physical attributes, Gracie Jiujitsu has increasingly emphasized ground fighting. When comparing grappling styles on the ground, it becomes clear that no style is as specialized in this area as Jiujitsu. While other disciplines include ground work, it’s typically to complement or compensate for a “weaker” throw, whereas in BJJ, the fight only truly begins on the ground.

Therefore, BJJ takedowns should be viewed merely as a transition into position before the discipline’s “real” focus: ground fighting.

Take what resonates with you and what serves you best.

Be One,
Pank