Réflexions martiales d’un Hypnofighter #51 : Se focaliser au travers des arts martiaux

Les sports et plus spécifiquement les arts martiaux nous permettent de revenir dans le monde réel, dans l’instant présent. Nous ne pouvons pas baisser notre garde trop longtemps, de peur de recevoir un coup ou de nous retrouver dans une posture délicate.

Dans une ère où nous percevons tout à travers des écrans de téléphone, que ce soit en filmant notre nourriture, un lieu que nous venons à peine de découvrir ou un événement que nous observons (concerts, rassemblements), les arts martiaux nous aident à être davantage présents et connectés.

Cette connexion est probablement liée au danger qui nous oblige à rester attentifs. Si nous nous laissons distraire par d’autres idées ou événements pendant un match, nous serons physiquement sanctionnés. Ce n’est pas forcément le cas dans de nombreux autres sports.

Ici, nous faisons face à un danger de blessure, indirectement recherché par notre adversaire. Si un partenaire ou un adversaire est distrait, nous en profitons pour frapper plus fort ou passer une garde. Nous ne sommes pas dans un processus empathique, mais plutôt antagoniste. Bien sûr, dans une société qui cherche de plus en plus à gommer cette notion d’agressivité, celle-ci reste positive pour retrouver un sens du réel.

Les arts martiaux peuvent aussi être projetés lors de la mise en place de scénarios de combats urbains. Cependant, une fois que l’agression est définie, il n’y a plus de fantasme quant à ce que nous allons faire ou à ce que les observateurs vont penser. Nous sommes engagés dans une action avec un investissement total.

Pratiquer les arts martiaux nous déconnecte complètement des écrans et nous impose une discipline martiale. De nombreux clubs interdisent de parler pendant de longs moments, et tout manquement à ce silence entraîne des sanctions pour toute la salle. Cet aspect un peu militaire peut également être exploité de manière positive pour favoriser la concentration et éviter la saturation de l’esprit des participants avec des échanges inutiles.

En répétant une technique, un exercice, avec des temps définis, les pratiquants ne se retrouvent pas engagés dans une interaction sociale ordinaire, remplie de bavardages. Il n’y a que l’effort et la concentration sur l’exercice. Il n’y a pas de porte de sortie, ce qui est commencé doit être terminé.

Ces nombreuses facettes permettent de conditionner ou reconditionner de nombreuses personnes qui sont parfois prisonnières d’automatismes de zapping. Contrairement à la salle de sport habituelle, il n’y a pas de temps de repos, d’attente, d’observation ou de retour sur son téléphone entre les exercices. Tout s’enchaîne rapidement, laissant parfois très peu de temps pour changer de partenaire ou prendre une pause.

Bien que les séances restent courtes, cette compétence de focalisation se répète et peut devenir une ressource précieuse pour affronter les moments quotidiens contraignants et difficiles, où nous aimerions simplement passer à autre chose. Comme au dojo, nous continuons de serrer les dents pour mener à bien les choses et nous offrir un vrai moment de détente et de récupération par la suite.

Seriez-vous prêt à entrer dans une salle de sport de combat pour mieux vous focaliser au quotidien ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

#artsmartiaux #sports #concentration #présence #réalité #déconnexion #discipline #automatismes #focalisation #dojo #Hypnofighter

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #50 : Les katas #1

S’il y a bien une chose qui m’a vraiment agacé pendant mes années de karaté, ce sont les katas. Ces formes préétablies ont surtout une dimension narrative que nos senpaï et senseï s’empressent de nous rappeler. Ce qui m’a posé des problèmes, c’est que les passages de grades, voire même les compétitions de kata, sont jugés par des pratiquants de styles différents, qui ont une autre histoire du kata.
Officiellement, les formes sont censées être « anciennes » et il est impératif de placer le bras ou les doigts dans une position précise, sinon ce n’est pas considéré comme « bon ». Cependant, un style voisin ou même un senseï d’une école du même style exécutera les techniques d’une manière différente.

À force, on se demande pourquoi on nous force à répéter inlassablement des techniques dans un format prédéfini, sachant qu’elles auront de fortes chances d’être différentes dans d’autres écoles voire modifiées quelques années plus tard.

Ensuite, il y a les bunkaï. On nous expliquait que tel enchaînement avait telle signification, alors qu’en réalité, les mouvements en question ne sont pas cohérents (prenez naifanchi par exemple). Et au fil des années, les ceintures noires vont interpréter les techniques à leur façon, en modifiant les formes.

Les katas sont-ils des encyclopédies techniques ? 90 % des techniques proposées ne fonctionnent ni en self-défense, ni en kumité. Le kyokushin est certainement le style qui peut le prouver le plus facilement. Quelles techniques voit-on généralement ? Des coups de poing de base, des coups de pied mawashi, mae et ushiro geri. Cela ne va pas très loin. Pire encore, les déplacements et les angles n’existent jamais en combat.

Même une école comme ashihara, qui sur le papier a développé de nombreuses esquives circulaires passionnantes, voit ses tournois ressembler à une compétition classique de Kyoku.

Je remarque également des aspects intéressants dans les katas, notamment pour travailler l’équilibre, maintenir des postures (qui ne servent à rien en combat) et renforcer le corps. Parfois, les travaux avec le haut du corps et les mains semblent complètement absurdes. En karaté, même si c’est un style axé sur la percussion, on sait que les clés et les projections font partie des techniques disponibles.

Cependant, les différentes techniques proposées dans les katas ne fonctionnent pas forcément et nous devons modifier complètement les postures des jambes et les techniques des bras. Alors pourquoi les inclure dans les formes ?

Certaines écoles ne laissent pas aux pratiquants le choix du rythme. Cela ne correspond pas au rythme propre du pratiquant mais à une forme automatisée transmise par les générations précédentes. Pour moi, c’est absurde. Nous devrions utiliser les outils pédagogiques pour permettre au karateka de devenir pleinement autonome dans sa façon de combattre. Si toutes les écoles avaient adopté cette approche, nous n’aurions jamais eu un Mickael Milon qui a révolutionné la pratique des katas avec son explosivité.

Il y a de nombreuses contradictions entre l’importance « historique » des katas, leur utilité et leur réalité pour les combattants. Quand je vois des examens qui sanctionnent des combattants extraordinaires à cause de katas imparfaits, j’ai l’impression qu’on oublie que le karaté a pour objectif l’affrontement. Pas seulement la transmission, pas seulement la démonstration, mais bien la survie ou la victoire.
Et vous, aimez-vous les formes de vos disciplines ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.
Pank

#karate #katas #artsmartiaux #réflexions #combat #kumité #selfdefense

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #48 : Nos légendes

Hier, Poulpy m’a fait repenser à un vieux Sensei français que nous avons la chance d’avoir : Roland Habersetzer. Cela m’a rappelé que c’est grâce aux écrits de pratiquants et d’auteurs comme lui que j’ai pu apprendre des tas de choses avant l’ère d’internet. Mais surtout tous les articles sur Karate Bushido, les Chroniques de Plée, celle de Tokitsu. La découverte de ces passionnés de la première génération.

Ces sensei et Sifu comme Dan Schwartz nous montraient des possibilités, des univers que nous ne pouvions qu’imaginer avec une ou deux photos dans les magazines ou quelques autres pour agrémenter les ouvrages.

Chacun d’eux a planté une graine dans l’esprit du jeune passionné que j’étais. Même si avec le temps, j’ai remis en question, voire critiqué, les idées, les formes de combats. Il y a sûrement eu beaucoup de mystifications que ce soit dans les textes, la jeunesse même de ceux qui allaient devenir des légendes de notre monde martial en France.

On rêvait beaucoup. Il y a quelques années, quand j’allais faire une démo avec Flavio Santiago et la FSTeam à Bercy, on a papoté avec Greg Bouchlaghem de ce que l’on se disait quand on avait une vingtaine d’années. Il m’a fait remarquer que quand on était jeunes adultes, c’est nous qui allions voir le festival et que maintenant c’est nous qui le faisions. Pareil pour les couvertures du magazine.
C’est vrai que nous sommes devenus les anciens qu’on aimait tant. C’est vraiment amusant de voir ce cycle de la vie. Et puis petit à petit je découvre que des senseis s’en vont ou simplement vieillissent. J’ai grandi en regardant un livre que j’avais eu aux USA, il y a 20 ans avec Joko Ninomiya, fondateur de l’Enshin Karate et du fameux Sabaki Challenge. Il y a quelques mois, je regardais un reportage sur son fils Mike qui a été addict et comment avec le Karate, il a pu se remettre sur les rails.

Il y avait son père qui a maintenant près de 70 ans, c’était un choc de le voir ainsi et puis j’ai remis les choses sur la ligne du temps, c’est normal, le temps fait vieillir nos légendes. Tout le monde ne meurt pas comme Andy Hug ou n’est vieux depuis que nous sommes jeunes.

Il y a des morts qui ne nous surprennent pas, celle de Dekkers, ne m’a pas touché. Apprendre que Rickson est malade de Parkinson m’a fait cogiter sur le bien-être et les arts martiaux (Réflexion #9). En tout cas, j’ai de la chance d’avoir pu m’acheter ces livres, partir à la recherche d’un ouvrage à la Montagne Ste Geneviève sur Paris.
Les encyclopédies des arts martiaux, particulièrement celle de Patrick Lombardo, ont certainement été celles que j’ai le plus feuilletées. J’étais complètement fasciné par tous ces noms, ces styles, ces écoles et ces histoires. Et j’ai même eu la chance de retrouver mon nom dans une petite case de résultats. C’est comme si le gosse qui avait tant lu la première édition avait grandi et avait pu exister dans ce monde immense des arts martiaux.

Hier, en lisant le nom de Roland, je me suis dit que j’ai envie, comme dans la psychologie, d’aller à leur rencontre avant qu’ils ne partent. Ça ne sera qu’un stage, quelques heures, plus un retour dans mon gi d’enfant et me dire : « C’est génial ce moment. »

Et vous, est-ce que vous avez rencontré vos légendes ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.
Pank

#encyclopédiedesartsmartiaux #légendes #RolandHabersetzer #KenjiTokitsu #GregMMA #danschwartz #Flaviosantiago #Jokoninomiya #enshinkarate #ramondekkers #ricksongracie

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #48 : Regarder des débutants

Grâce à l’un de mes élèves, pompier à Paris, j’ai animé deux petites sessions de Luta Livre à sa caserne. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est d’observer comment des jeunes pleins de ressources et athlétiques combattent instinctivement.

J’explique régulièrement à mes élèves que la Luta Livre est issue de la Lutte et du catch Wrestling. Contrairement au Jiujitsu ou au Judo, il n’y a pas de gi. Cela confère à cette discipline un aspect plus primitif et moins raffiné que les options offertes par d’autres arts martiaux. C’est justement cet aspect qui s’exprime lorsque des personnes sans peur des blessures utilisent leur puissance instinctivement, même sans une grande expérience des combats au sol.

En général, que ce soit debout ou au sol, ils ont tendance à chercher à agripper la tête en guillotine ou en collier, puis à faire tomber leur adversaire en se retournant, comme dans un ogoshi en judo. On peut remarquer que ni l’un ni l’autre ne souhaite se retrouver sur le dos, ils ont instinctivement conscience du danger de cette position.

C’est là que réside tout le génie du BJJ, qui a donné de la valeur au travail au sol et a développé un processus cohérent pour une position qui n’est pas naturelle.

L’idée de chercher à étrangler ou à arracher la tête de l’adversaire est également particulièrement instinctive chez ces apprentis lutadors pleins d’énergie. Ils ne recherchent pas la passe de garde ou le contrôle. Ce qui compte pour eux, c’est de terminer le combat le plus rapidement possible.

Dès qu’ils ont l’opportunité de se redresser, que ce soit à genoux ou en se levant, celui qui est en position défavorable met toute son énergie pour y parvenir. C’est là qu’on comprend aisément pourquoi, à travers le monde, les cultures et les civilisations, la lutte est le modèle le plus classique et traditionnel de l’être humain. Nous revenons à un modèle beaucoup plus naturel que la frappe, voire même que les systèmes basés sur la boxe. Même si tout le monde sait donner des coups, il est encore plus simple et protecteur de s’approcher et de saisir son adversaire.

Si nous reprenons l’histoire de la Luta Livre, il est compréhensible d’avoir développé une forme qui cherche à être dominante avec des techniques de guillotine ou de clefs de jambes. Cela s’explique par la filiation naturelle avec la Lutte, mais aussi par le fait de pratiquer torse nu. Bien sûr, il existe également des spécialistes de la garde dans les compétitions no-gi, mais comme l’a souligné Melqui Galvao, pour se préparer aux ADCC, c’est surtout le travail debout et le passage de garde qui sont importants.

De nos jours, grâce au grand pas en avant réalisé par Danaher dans la communauté du BJJ no-gi, le travail depuis le dessous pour chercher les clefs de jambes a permis de fusionner la culture des clefs de jambes avec celle des guardeiros.

La lutte gréco-romaine, bien que difficile et exigeante physiquement, représente véritablement l’essence même de l’art du combat. Même si, de nos jours, il est normal pour nous de plonger vers les jambes, la plupart des néophytes auront naturellement tendance à vouloir contrôler les bras et la tête de leur adversaire. C’est pourquoi la forme Judo est en quelque sorte une forme de Gréco en gi.

Et vous, qu’apprenez-vous des néophytes qui pratiquent vos disciplines ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

#LutaLivre #ArtMartial #Jiujitsu #Judo #CatchWrestling #BJJ #BrésilianJiuJitsu #Guillotine #Ogoshi #Lutadors #Combat #NoGi #ADCC #Danaher #Guardeiros #LutteGrécoRomaine #Judo #Enseignement #Apprentissage

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #47 : Le combat armé


Nous constatons de moins en moins l’utilisation de systèmes de combat traditionnels sur les champs de bataille, comme en témoigne la guerre en Ukraine où les drones causent plus de pertes que des chokes ou les coups de poing en série.
Dans les zones urbaines, les confrontations sans armes sont encore fréquentes, mais tout dépend du type d’affrontement.

Lorsqu’un malandrin est déterminé à attaquer, il est souvent préparé et donc armé, principalement de couteaux pour le moment, plutôt que d’armes à feu. Les écoles de self-defense prennent en compte le combat armé, en mettant délibérément de côté les styles traditionnels qui ne sont plus adaptés en raison de leurs formes figées.

Affronter un adversaire armé est particulièrement difficile, et les écoles qui enseignent des techniques de réponse essaient d’offrir des méthodes efficientes malgré le faible taux de réussite réel. On espère souvent que l’agresseur attaquera de manière spectaculaire, comme dans les films, avec un coup de couteau vertical de haut en bas, mais malheureusement, cela n’arrive que rarement.

Beaucoup d’attaques se font en coupant horizontalement, des slash ou en essayant de transpercer ou avec, avec un mouvement rappelant celui d’une machine à coudre, ce qui explique les chiffres de 10 à 15 coups de couteau.

La logique nous suggérerait de fuir ou de céder lorsque nous sommes confrontés à un adversaire armé, mais parfois l’intention de l’agresseur, ou du groupe d’agresseurs, est simplement de faire du mal, et il y a malheureusement de fortes chances qu’ils y parviennent.

Récemment, un couple a été agressé avec un tesson de bouteille, et la jeune femme a été gravement blessée au visage.
L’objectif était clairement de blesser, ce qui indique que cette agression n’était pas motivée par un vol, mais par la volonté de
causer des dégâts.

Si nous ne pouvons pas fuir en fonction du contexte, du lieu ou des personnes qui nous accompagnent, nous devons nous
préparer à affronter l’agresseur, même si cela signifie que nous serons blessés. Parfois, nous ne pourrons même pas voir l’objet tranchant avant le premier coup porté, ce qui rend la situation encore plus délicate.

Affronter des individus déterminés à nous faire du mal, sans être préparé ou armé, nous place en situation de désavantage
psychologique, émotionnel et surtout physique. Tous les pratiquants savent qu’il faut quelques minutes d’échauffement pour se sentir réellement prêt, avoir le bon réflexe et le bon timing, ce qui n’est pas possible en situation d’urgence.

Donc, face à des personnes déterminées (et imaginons si l’agresseur est conditionné comme certains terroristes), le combat sera extrêmement difficile et nos chances de survie diminueront considérablement. Si nous réussissons à réagir plutôt que de fuir, si nous trouvons un objet long que nous sommes prêts à utiliser de manière agressive, alors nous pouvons essayer d’utiliser nos
techniques de combat. Cependant, cela demande une série d’étapes psychologiques qui se déroulent en quelques secondes seulement, tout en essayant de rester lucide malgré la peur (limiter le sentiment de tunnel).

L’esprit des anciens sur les champs de bataille ou lors de duels à l’épée et au sabre pour des défis ou des guerres doit être cultivé : vivre chaque jour comme si c’était le dernier, prêt à accepter la mort.
Il incombe aux instructeurs de self-defense de préparer leurs élèves à la possibilité de blessures voire de mort, sachant que le pire n’est pas motivé par une cause noble, mais résulte simplement de la stupidité et de la violence internes des agresseurs qui projettent leur haine et leurs problèmes sur de simples badauds.
Comment avez-vous vécu une agression au couteau, ou comment imaginez-vous une telle situation ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank

#selfdefense #combatarmé #agression #sécuritépersonnelle #couteau #réflexionsmartiales

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #46: Le retour du K1

Il est bien connu que les arts martiaux au Japon sont associés à un monde mafieux et à des activités de blanchiment d’argent. En 2004, Ishii lui-même a d’ailleurs fait un petit séjour en prison pour fraude fiscale liée à son entreprise K1. Hier, Antonio (Champion d’Europe de Kyokushin et classé dans le top 20 mondial) m’a signalé que le K1 est de retour.

Pour les passionnés de sports de combat, cette compétition est mythique. Il s’agit d’un tournoi de Kickboxing qui avait pour objectif de réunir les pratiquants de Karaté, Kung Fu et Kickboxing afin de déterminer quel style de boxe était le plus performant. Ishii, quant à lui, cherchait à promouvoir le Karaté, et c’est ainsi qu’il a créé le Seidokaikan, issu de l’Ashihara Karate, lui-même héritier du Kyokushin.

Et comme la vie semble aimer les cycles, le K1 renaît avec l’IKO de Matsui. On peut comprendre la stratégie de Matsui, qui voit l’influence du karaté plein contact diminuer depuis l’avènement des arts martiaux mixtes, et le temps qu’il a fallu pour envoyer des athlètes de Kyokushin dans les rings et les cages du monde entier.

C’est une des singularités du Kyokushin : Oyama voulait créer un karaté fort à sa manière, tout comme Ishii l’a fait avec le K1 pour promouvoir son karaté comme étant le plus performant. Puis, comme cela a bien fonctionné et qu’il a pu établir les règles que nous connaissons aujourd’hui, il a cessé sa quête martiale. Cela a entraîné la perte de combattants tels que Kurosaki et de grands noms comme Azuma, qui ont fondé le Daido, parce que le style ne permettait plus suffisamment d’expression. Pire encore, Oyama a interdit à de nombreux athlètes de combattre dans d’autres organisations.

C’est grâce à cette erreur, en plus de l’arnaque de la finale des championnats du monde de Kyokushin, qu’Andy Hug s’est tourné vers le Seidokaikan d’Ishii et est devenu une légende dans ce style, puis le champion de K1 que nous connaissons. Le karaté d’Oyama a perdu de son éclat, même si j’aime beaucoup le Kyokushin, mon image de ce style a complètement changé depuis l’avènement des arts martiaux modernes.

Voir que la concurrence en karaté (KWU) s’est réveillée avec des tournois de Kickboxing pour les athlètes Kyokushin est une bonne chose, car cela pousse la maison mère à investir et à s’améliorer. Paradoxalement, la légende de ce style l’a également sclérosé, car ils n’ont pas pris en compte les évolutions du marché.

Avec ce retour, nous pourrons revoir les grands noms du Kickboxing, même s’ils sont actuellement au Glory. Peut-être verrons-nous la filiale Kick, autrefois dirigée par Filho (parti dans une autre organisation), former de beaux athlètes polyvalents.
Quand on pense que Tenshin était un jeune Kyokushin avant de se tourner vers le Kick et le Thai, on peut comprendre le nombre de potentiels qui ont disparu vers d’autres sphères, alors qu’ils étaient éduqués dans la philosophie de l’Ultime Vérité.

J’ai hâte de voir les premiers tournois et de découvrir les talents que le karaté pourra transférer en Kick et peut-être un jour, comme Pereira, Mirko ou Hunt, ils iront vers les cages du MMA.
Et vous, comment percevez-vous le retour du K1 ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank Hno

#arts martiaux #K1 #Kyokushin #Kickboxing #compétition #Seidokaikan #AndyHug #arts martiaux mixtes #MMA #tournois #athlètes #légende #championnat #évolutions #concurrents #sportsdecombat #passion #hypnofighter #réflexionsmartiales #beone #philosophie #UltimeVérité #entraînement #marché #investissement #évolution

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #45: Être zen ou énervé

Avez-vous l’idée du combattant ultime comme un être particulièrement en paix, prêt au combat et à la mort ? Je pense que les films d’arts martiaux et les fantasmes sur les combattants zen d’Asie nous ont donné une idée fausse. Comme pendant la période Tokugawa, les combattants étaient en paix, ils sont facilement associés à la spiritualité du mouvement zen pour trouver, à travers les rigueurs martiales, une voie d’accomplissement.

C’est en grande partie à cause de cette culture que nous pensons que le combat est un chemin de développement de soi. Alors qu’en réalité, un combat, qu’il soit urbain ou sur un champ de bataille, n’est rien d’autre qu’une bagarre avec la possibilité de blessures et de mort. Lorsque vous pratiquez dans la paix, comme nous avons la chance de le vivre dans de nombreuses sociétés occidentales, vous pouvez emprunter le chemin de l' »éveil ».

Cependant, lorsque vous devez vous battre contre l’envahisseur, chercher à survivre et potentiellement éliminer les menaces, la mystique du combattant zen disparaît quelque peu. Bien sûr, nous avons également eu des chevaliers spirituels en Europe, comme les Templiers, mais apparemment, l’agressivité pour combattre les mécréants était loin des paraboles de l’union de son esprit à l’essence de l’univers.

Nous avons donc développé une croyance commune qu’il était préférable d’être zen lors d’un affrontement. Mais sans forcément entrer en mode berserker, la folie, la colère, l’envie de combattre voire de tuer sont certainement bien plus utiles et performantes que cette option de sang-froid. C’est clairement moins glamour et cela donne l’image d’une bête sauvage plutôt que celle d’un combattant de la voie. Cependant, ce côté bestial, sans limite, qui suit ses instincts plutôt que des stratégies, offre un avantage psychique et parfois physique, qui met un temps de retard sur les réactions et l’application du gameplan.

Dans la rue, une personne en colère qui frappe en premier a de fortes chances de mettre fin au conflit en quelques secondes, bien plus qu’un homme qui joue la carte de la zen attitude et de l’apaisement. Une grosse claque ou un coup de tête en mode furie n’est certes pas valable dans le cadre de la légitime défense, mais sans rituels d’agression ou d’escalade de la pression, il peut être difficile de prendre l’avantage.

Certes, il y a des moments où foncer tête baissée sur des opposants n’est pas la meilleure idée ; le nombre, la possibilité d’une arme, les réactions, les qualités athlétiques, tout cela entre en jeu. Dans le cadre de la rue, il est assez rare de voir le plus calme prendre l’avantage, c’est d’ailleurs pourquoi des rituels de coqs sont mis en place. Il y a quelques jours, j’ai vu une vidéo où un individu zen a pu sortir un coup de pied spectaculaire et mettre son adversaire KO. Il a eu la présence d’esprit de ne pas avancer et de reculer, attendant l’autre qui revenait à la charge.

Dans ce cas, il a pu « gagner du temps », ce qui est impossible avec un individu furieux qui t’attaque directement. Maintenant, si nous reprenons nos cadres et contextes actuels, la pratique des sports de combat ne nous amène pas nécessairement au calme, surtout dans le cas des compétiteurs, on entraîne à exploiter les flux d’agressivité à travers les frappes et autres techniques. Cela reste néanmoins un conditionnement de domination plutôt qu’une recherche d’apaisement.

En revanche, si votre chemin vous guide vers une voie peut-être plus orientale, ou si vous avez envie de vous construire psychologiquement autant que physiquement dans les arts martiaux, il y a de nombreux ponts que vous pouvez découvrir et exploiter pour maîtriser l’animal en vous et devenir plus zen.
Et vous, cherchez-vous à apaiser les pulsions de combat ou au contraire à les exacerber ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank Hno

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #44 : Les Creontes

Dans l’univers du BJJ, il y a une façon de voir les élèves qui quittent l’académie pour une autre de façon un peu tragique. Certes, aujourd’hui en 2023, c’est plus calme et cela fait un peu moins d’histoires, mais par le passé, quand Carlson Gracie a parlé des traîtres pour la première fois, cela a fait grand bruit.

Une académie pour les professeurs et instructeurs est souvent considérée comme une grande famille. Ce qui, par essence, entraîne des problèmes, au vu des statistiques des familles défaillantes. Le jiujitsu/Luta et le MMA amènent des personnes aux caractères complètement différents et des codes sociaux parfois opposés.

Avec toute cette multiplicité, l’enseignant tente de donner une philosophie qui lui est propre. Chez moi, c’est plus un esprit qui s’approche du karaté, chez des copains, c’est plus smooth à la brésilienne. Il n’y a pas de meilleure façon de faire, nous mettons en place ce qui nous semble le plus juste par rapport à notre propre expérience. Il existe aussi des équipes qui ont un fonctionnement en succursale, ce qui fait que les codes doivent être suivis partout dans le monde, de la même manière.

Ce n’est jamais simple pour un néophyte de trouver l’académie qui lui convient. Et bien sûr, c’est la plupart du temps la proximité qui le pousse à pousser les portes de tel ou tel dojo. Le professeur tente de partager sa passion et des bases afin que chaque élève progresse.

Comme toute chose dans la vie, nous ne sommes pas obligés d’adhérer au fonctionnement de son école. Et cette envie de partir peut arriver après quelques années de pratiques. Par exemple, un élève souhaite aller dans un club de compétition, ou un club plus axé sur la self-defense. Ce départ peut être mal pris par les Mestre, surtout dans le monde de la compétition. Et encore plus si le combattant obtient de bonnes performances.

C’est une famille, certes, mais si tu peux mettre du prestige sur le clan, c’est mieux, pour valoriser ses qualités et pour le business en général. Il y a moins de cela maintenant, mais souvent encore, une sorte de frein peut venir de l’origine japonaise. Les élèves devaient demander ou simplement dire qu’ils allaient s’entraîner dans d’autres académies (hors open mat). Chose qui pour moi n’a pas vraiment de sens, un élève ne t’appartient pas, même si tu as passé du temps à lui enseigner des choses.

Le « danger » de ces sorties, c’est de voir qu’il y a des ambiances et des systèmes d’enseignement qui répondent mieux aux attentes des athlètes. Dès lors, il peut parfois se faire suggérer de quitter son académie, ou simplement la réalité observée les séduit et ils décident de partir.

À ce moment-là, ils deviennent des traîtres. Des personnes qui mangent à tous les râteliers et qui ne respectent pas les professeurs. Je trouve cette idée plutôt amusante. La liberté, les envies et même les opportunités doivent être respectées de la part des professeurs. On pourrait me dire que le pratiquant doit donner de la valeur à l’enseignement qu’il a reçu, mais l’enseignant doit avoir de la gratitude pour le temps que le combattant a investi dans sa vie privée pour venir au dojo.

Les rapports sont bilatéraux et si un passionné trouve son bonheur dans nos locaux, c’est bien, mais s’il voit des opportunités ailleurs, la posture « parent » du professeur doit être de le laisser faire ses expériences et prendre ses décisions. Ça peut être désagréable et créer des questions pour l’instructeur. Mais cela est une belle opportunité pour peut-être améliorer son enseignement et prendre en compte des critères qu’il n’avait pas. Cela lui sert à faire un cadre qui lui sera encore plus précis.

Quant à l’athlète, il est plus juste de l’encourager et d’être content que l’enseignement que l’académie lui a donné lui ait permis de devenir autonome et suffisamment accro pour chercher ce qui lui semble être le meilleur.

Et vous, comment voyez-vous le départ de vos élèves vers d’autres académies ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank Hno

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #43 : L’échec dans l’entraînement au quotidien

Nous perdons souvent en Jiujitsu, et c’est d’ailleurs parce que nous reconnaissons nos limites, nos possibilités et nos impossibilités que nous prenons en compte les différentes possibilités dans notre jeu. Il est difficile de faire comprendre à des débutants que taper/abandonner n’est pas un problème. En effet, il est toujours utile de pouvoir lâcher des situations pour se demander comment nous en sommes arrivés là.

Il est d’ailleurs assez amusant de constater que de nombreux élèves nous demandent comment sortir d’une soumission, alors que la question devrait se poser à une étape au-dessus : comment se fait-il que nous soyons dans cette position qui entraîne une tentative de soumission ? Nous avons perdu des pièces bien avant ce qui nous semble être l’échec du match.

Tout se fait par étape en Luta. Nous construisons notre passage des défenses et petit à petit, nous arrivons dans des postures qui amènent des opportunités. Quand nous perdons, que ce soit une position ou sur une finalisation, nous ne devons pas nous bloquer sur la défaite.

Au contraire, il est utile de reprendre le processus et se demander ce qui n’a pas fonctionné. Je sais par exemple que sur un de mes derniers combats, je me suis retrouvé dans une mauvaise situation à cause d’un grip que j’ai relâché. Malheureusement, tout le reste du combat a été problématique. Quand tu prends conscience de tes erreurs, cela ne signifie pas que tu puisses t’en sortir, mais tu sais que cette expérience te donnera une leçon à appliquer dans les affrontements qui suivront.

La défaite en BJJ est tranquille, dans le sens où nous abandonnons, et que nous ne sommes que très rarement blessés dans ce processus. Ce qui n’est clairement pas le cas en frappes. Nous perdons en TKO ou KO, ce qui affecte automatiquement tout notre corps. La défaite en boxe est bien plus traumatisante, car elle est non consentie et ces systèmes entraînent beaucoup plus d’agressivité.

Quand nous recevons des coups à la tête, il est possible que nous voulions nous venger et faire aussi mal à l’autre. Nous pouvons même trouver que c’est humiliant de subir un KO ou un TKO, comme si c’était une preuve de notre impuissance. Dans les styles de préhension, on arrive à une forme de frustration qui passe assez vite, car nous pouvons reprendre un round pleine puissance quelques secondes après l’abandon.

Cela entraîne une façon complètement différente de vivre la défaite. Cela ne veut pas dire que c’est une acceptation facile, mais il est plus aisé de se relever et de faire un débriefing quelques secondes après le match. Ce qui se fait beaucoup moins souvent dans les combats de frappes.

Apprendre à perdre tous les jours est également particulier. Autant en frappes, il est rare de finir les partenaires à l’entraînement et donc il y a peu de TKO et jamais de KO volontaires aux entraînements, alors qu’en préhension, nous nous retrouvons constamment dans des combats où les participants cherchent sans cesse à mettre fin au combat en soumettant l’autre. En somme, il y a une recherche constante du KO version grappling.

Cela donne aussi une meilleure acceptation de l’échec ; il est ordinaire et courant. Quand un athlète de boxe tombera peut-être KO après des dizaines de combats, n’importe quel Jiujitsuka aura déjà tapé des centaines de fois depuis qu’il est ceinture blanche. Nous n’avons pas du tout la même gestion de la défaite. En Jiujistus et Luta, nous avons une résilience qui est omniprésente, car nous avons tous goûté à ces moments de remise en question. Et parfois, cela se produit plusieurs fois par entraînement et des tas de fois dans la semaine.

C’est un vrai plus dans la vie quotidienne. Quand quelque chose ne se passe pas comme prévu, nous pouvons regarder les choses avec plus de détachement, comme en combat, et voir ce qui a causé le problème afin de diminuer la possibilité d’une répétition.
Et vous, comment gérez-vous les défaites et les échecs au quotidien, que ce soit à l’entraînement ou dans la vie ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One
Pank Hno

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #41 : Le combat n’est pas une démonstration

Nous avons beaucoup de néophytes qui prennent comme référence les combats chorégraphiés dans les films ou les démonstrations. Il est assez facile de mettre en avant une technique ou un concept lorsque nous avons en face de nous un partenaire qui ne fait que donner des coups, qui attend d’être l’UKE et qui réagit exactement comme le démonstrateur s’y attend.

Lorsque nous assistons à des démonstrations lors de festivals, il est facile de voir des techniques incroyables et de penser que tout ce qui est présenté fonctionne. Cependant, la réalité dans une situation de combat réel est bien moins esthétique. Prenons par exemple le BJJ, lors d’une démonstration où il n’y aurait pas au moins un triangle ou une clé de bras exécutée en volée, il manquerait quelque chose de beau.

Ce qui est amusant, c’est de constater à quel point les transitions entre debout et au sol sont mises en avant, alors que pendant les cours, l’accent est presque exclusivement mis sur le combat au sol. Cela peut engendrer quelques déceptions. Une démonstration a un objectif marketing, elle cherche à susciter de l’intérêt voire à impressionner.

Je me souviens de professeurs que j’ai eus qui, lors de démonstrations, ont volontairement blessé des élèves pour montrer un soi-disant « réalisme » lors d’attaques avec armes, etc. Je me rappelle également à quel point cela pouvait me mettre en colère, car ce genre de blessures particulièrement brutales n’auraient sûrement jamais eu lieu dans un véritable combat d’opposition.

Lorsqu’on fait une présentation, ce ne sont pas nécessairement de bons combattants qui partagent leur savoir, et comme personne ne s’oppose à leur action, cela peut sembler simple, fluide et maîtrisé de la part du professeur.

J’ai la chance, à l’académie, d’avoir des UKE (mes ceintures noires, en l’occurence) qui sont complètement nuls en démonstration. C’est un véritable cauchemar, car 90% du temps, je commence par montrer une technique (ce qui n’est même pas une démonstration de vente comme lors de forums d’associations), et je me retrouve à devoir faire trois variations de ce que je veux présenter. Pourquoi ? Tout simplement parce que la notion de présentation ne reste que quelques secondes dans leur esprit et ils passent immédiatement en mode combat, ce qui fait automatiquement varier ce que je montre aux autres élèves.

C’est d’ailleurs amusant, car je veux montrer une technique 1, mais comme ils la connaissent, ils la contrent et je dois enchaîner avec une technique 2 pour revenir, comme si de rien n’était, à la première. Tout en expliquant ce que j’attends aux autres. Autant dire que c’est une véritable galère !!

Penser que la qualité et l’efficacité d’une discipline se manifestent lors d’une démonstration est complètement faux. La seule façon de le voir est lors d’un combat réel. Cependant, les personnes qui veulent inscrire leurs enfants ou eux-mêmes dans un dojo veulent un peu rêver. Si vous ne montrez que des combats rarement esthétiques, vous risquez de perdre de nombreux futurs participants, car cela pourrait sembler chaotique et incompréhensible.

Attention donc aux superbes vidéos où l’on a l’impression qu’on peut rapidement se débarrasser d’un adversaire. En revenant à la réalité, la gestion de soi et de l’agression ou du combat risquerait d’être violente.

Et vous, avez-vous déjà validé des systèmes simplement à partir de démonstrations ?

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Soyez un.
Pank Hno

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