Réflexions martiales d’un Hypnofighter #61 : Quand l’Administration Étouffe un Style de Combat.

Comme vous le savez sûrement, ma passion pour les arts martiaux trouve son origine dans le Karaté. Pour moi, c’est une discipline aux approches anachroniques de l’entraînement qui offre un moyen de développement physique et mental.

J’ai exploré des styles traditionnels tels que le Shito Ryu et le Goju Ryu, ainsi que des styles plus modernes comme le Kyokushin et le Daido Juku. J’ai apprécié chaque facette que ces différentes périodes de ma vie m’ont offerte. Il est remarquable que Mas Oyama ait pu accomplir peut-être plus que tous les autres sensei avant lui.

Le Kyokushin et ses dérivés comptent parmi les styles les plus pratiqués à travers le monde. Bien que beaucoup en France aient l’impression que l’école Shotokan, prédominante dans le karaté, soit répandue, c’est en réalité spécifique à l’Hexagone.

En observant diverses compétitions et en lisant sur les participants des premiers et seconds championnats du monde de l’IKO, j’ai pris le temps d’étudier les parcours de ces champions. La plupart des premières générations de Kyokushin, tels que Saeno, S. Oyama, Ashihara, Azuma, ont quitté Oyama au début des années 80 pour fonder leurs propres écoles. Le co-fondateur du Kyokushin, Kurosaki, est même parti créer le Meijiro Gym, ce qui souligne l’ampleur du phénomène.

En cherchant les raisons derrière ces séparations, on découvre souvent des problèmes liés à la gestion administrative des écoles. L’exemple le plus intéressant est celui de S. Oyama, qui a non seulement été un combattant, mais également un instructeur ayant propulsé le karaté jusqu’aux États-Unis, à New York. Des anecdotes amusantes subsistent, comme son voyage aux États-Unis quelques jours après avoir réussi son défi des 100 combats. Malgré une blessure, pour ne pas être perçu comme faible, il a combattu avec toute sa puissance contre tous les pratiquants du dojo où il enseignait.

Il expliquait avoir quitté l’IKO (l’organisation de M. Oyama) en raison de l’accumulation croissante de règles et d’interdictions. Un schéma similaire s’est reproduit plus tard, en 2016, bien après la disparition de Sosai, avec Nakamura, le champion des deux premiers championnats du monde IKO.

Pour Kurosaki, il semble que M. Oyama, qui s’occupait activement de la communication publique (grâce aux mythes ultérieurement déboulonnés par Bluming), commençait à politiser excessivement l’organisation, mais avait le mérite de la faire exploser.
Nous sommes conscients que les grands groupes, tels que l’IBJJF qui gère le BJJ, sont confrontés à la difficulté d’intégrer les pratiquants dans des structures réglementaires strictes. Il n’y a qu’à penser qu’il y a quelques années, lors de l’obtention de ma ceinture noire, une ceinture noire de 2e dan/grau devait attester de ma compétence. Ces dernières années, par des décisions davantage politiques et administratives, seules les ceintures noires de 3e dan validées par la fédération peuvent décerner ce grade. Cela entraine une complexité administrative sans intérêt quand on sait que le pratiquant à le niveau.

Nous constatons également des changements dans les uniformes de combat ainsi que dans les règlements, que ce soit en BJJ ou en Kyokushin. Ces évolutions s’éloignent de plus en plus, selon les opinions, des origines et des idées des précurseurs du système de compétition.

Si le Kyokushin n’avait pas connu une telle expansion, si les choses étaient restées plus simples, il y aurait probablement eu moins de scissions et moins de prolifération d’organisations qui, bien souvent, répètent les mêmes erreurs une fois qu’elles ont atteint une taille critique.

Et vous, avez-vous observé l’influence des obligations administratives dans vos pratiques martiales ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank Hno

#karate #BJJ #SosaiOyama #IKO #Kyokushin #IBJJF #séparation #histoire #administration #politique

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #59 : L’Envie d’En Terminer

Une constatation récurrente chez de nombreux combattants, en particulier chez les compétiteurs, est cette envie intense de remporter la victoire, souvent de manière éclatante. Cela sous-entend notre désir de mettre KO ou de soumettre l’adversaire qui se dresse face à nous. Cependant, lorsque nous abordons le contexte de la rue, comme nous l’avons déjà évoqué, la situation diffère quelque peu. Nous comprenons que parfois, asséner un coup décisif ou briser un bras peut nous causer des ennuis, même si nous sommes en réalité la victime de l’agression.

Cette pulsion d’achever un adversaire est assez primitive, relevant de notre besoin de domination absolue sur autrui et du désir de mettre en avant notre supériorité. Pourtant, dans le cadre de matchs ou d’une démarche compétitive, cette attitude, bien que souvent glorifiée par les supporters ou les commentateurs, n’est pas nécessairement la meilleure approche.

Un athlète de MMA qui a pleinement compris cela est GSP. En tant que champion exceptionnel du Québec, il avait élaboré des stratégies de qualité pour conclure ses combats, parfois au détriment du spectacle pour les spectateurs. Car l’essentiel n’est pas le show, même si dans le MMA, de plus en plus orienté vers le spectaculaire, le divertissement et la vente de PPV jouent un rôle crucial. En tant qu’athlète, l’objectif est de préserver sa couronne ou d’occuper la première place dans la compétition.

Comme me l’a dit l’un de mes professeurs d’anglais, seuls les champions sont mémorisés, jamais les seconds. Hier, lors de l’UFC, Sandhagen a remporté un combat contre Fent. Les huées du public étaient audibles. À leurs yeux, le plan de jeu du combattant était trop prudent et manquait de spectaculaire. Cependant, il a dominé son adversaire de bout en bout, un athlète véritablement fort et dangereux. Cependant, cette approche risque de lui coûter cher dans les futurs affrontements. Nous en avons discuté pendant l’entraînement avec l’un de mes camarades, qui m’a confié qu’il participe à des compétitions dans le but de mettre fin au combat, par KO ou soumission, rien de moins.

J’ai rebondi en lui expliquant qu’au niveau amateur, pourquoi pas, cela peut être spectaculaire, faire connaître et mettre aussi de la pression sur les adversaires. Cependant, lorsque le sport devient votre gagne-pain, risquer sans cesse d’achever le combat est difficile, étant donné les risques de contre, la dépense d’énergie considérable que cela représente. De plus, la victoire reste primordiale. Même si votre combat est fantastique, si vous perdez, vous ne serez pas promu pour des titres, mais plutôt pour des spectacles, rarement pour monter dans le classement.

Les natures « finisseuses » ne sont pas nécessairement les gagnantes. Un de mes amis l’a bien compris il y a des années dans le BJJ. Kenji, en participant à des centaines de compétitions de haut niveau, a appris à exploiter à 100 % les règles, les stratégies, les avertissements et les pénalités. Bien que cela puisse sembler étrange pour les « bourrins » de ma génération de jiujitsuka, il est cependant incontestable dans la réalité du combat. Si j’ai remporté les Pan NoGi en 2017, dans mes catégories, c’est précisément parce que, contrairement à 90 % de mes compétitions, j’ai suivi une logique, une stratégie et une approche spécifiques sur ces conseils avisés. Alors que ces combats n’étaient pas ceux que j’aurais souhaités, ils m’ont permis de décrocher un titre majeur en IBJJF.

Il est essentiel de comprendre le cadre dans lequel nous évoluons, et si notre objectif est d’achever l’adversaire à tout prix, alors il vaut mieux se diriger vers des combats de rue. Si nous acceptons les règles du MMA actuel ou des styles de grappling, nous devons composer avec les possibilités qui s’offrent à nous.

Et vous, comment percevez-vous la stratégie ? Comment influe-t-elle sur votre caractère ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank Hno

#StratégieMartiale #RéflexionsDeCombat #ComportementAthlétique #PulsionDeVictoire #DépassementDeSoi #GagnerOuFinir #Hypnofighter

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #58 : Le jour où la Lutte Sénégalaise a battu le BJJ

Le One FC a de belles divisions, surtout en Muay et en Kick. Aujourd’hui, l’organisation continue de se développer en proposant des matchs de Grappling avec l’invitation de superstars. Du côté du MMA, l’Asie compte d’excellents combattants et je suis souvent surpris par le niveau des Philippins.

L’un des aspects de cette organisation est de jouer véritablement sur les nations des combattants et les arts martiaux de leur pays. Il y a eu un moment où le champion poids lourd était d’origine indienne, et ils ont mis en avant l’athlète qui vit au Canada, à travers la lutte traditionnelle indienne.

Hier soir, nous avons pu assister à un bel événement avec un combat en MMA, poids lourd, opposant Almeida à Reugreug. Buschecha, le Brésilien invaincu et 12 fois champion du monde de BJJ, affrontait le champion Sénégalais.

Autant dire que nous nous attendions à un match ultra explosif connaissant les deux athlètes. Comme c’est souvent le cas lors de confrontations entre Grapplers de styles différents, surtout dans ce cas entre un spécialiste du takedown et un spécialiste du sol, le combat s’est beaucoup déroulé debout, avec des frappes. Même si nous avons pu observer de belles phases de boxe de la part du Brésilien, quelques échanges ont rapidement pris des allures de pugilat.

Le match s’est finalement terminé par la victoire à la décision du Sénégalais, infligeant ainsi la première défaite d’Almeida depuis son passage au MMA. Je pense qu’il y a eu des choses qui n’allaient pas dans le match, notamment des attitudes illégales, mais je vois aussi la possibilité de faire connaître la Lutte Sénégalaise à un niveau plus élevé.

C’est une belle chose de pouvoir mettre en avant des disciplines traditionnelles qui apportent la gloire dans le pays de leurs pratiquants. De plus, pour les néophytes, on s’aperçoit que la lutte reste de la lutte, quelle que soit la région et les règles. Ces athlètes physiquement colossaux démontrent des capacités extraordinaires.
Voir que, comme lors des premiers UFC, les combattants s’affrontent sous des règles communes avec leurs disciplines ou plutôt leur background est quelque chose que je trouve toujours sympa.

Si le Brésilien aurait pu gagner par disqualification ou par pénalité, nous avons vu des tentatives de takedown et des amenés au sol, une boxe qui prend forme et donc une transition vers un vrai statut de combattant MMA.

De mon côté, j’aimerais bien voir un Lutteur sénégalais contre un Lutteur Indien, je trouve que cela pourrait être un combat intéressant s’ils décident de rester dans leur spécialité.
Et vous, aimez-vous ces combats interstyles ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank Hno

#Hypnofighter #Lutte #Sénégalaise #BJJ (Brazilian Jiu-Jitsu) #MMA (Mixed Martial Arts) #Grappling #Combat #Champion #Brésilien #Victoire

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #57 : Les anciens ne tiendraient certainement pas longtemps aujourd’hui

Nous aimons tous les histoires, car c’est l’une des façons les plus simples d’apprendre et de retenir. Dans les arts martiaux, nous possédons tous de nombreuses histoires anciennes, vues à travers les yeux des jeunes qui sont devenus des anciens. Nous ne connaissons jamais vraiment le niveau réel de chacun.

Les vidéos sont d’une grande utilité, car elles nous permettent de comprendre ce qui se passait réellement. J’observe d’anciennes vidéos de karaté, de wushu, de boxe et de jiujitsu. Le niveau n’était pas vraiment très élevé à cette époque. Certes, pour l’époque, c’était excellent, et il y avait clairement des combattants novateurs et d’élite.

Par exemple, Ashihara, un grand maître de kyokushin, avait des angles incroyables. Royler en Bjj était vraiment au-dessus du lot dans sa catégorie de poids. Cependant, ni l’un ni l’autre ne répondraient aux critères et à l’évolution actuelle des styles de combat. Pourtant, Royler est l’une des grandes figures des années 90, et Ashihara est décédé jeune (à 50 ans) en 85. Mais c’est incroyable de constater comment le niveau a augmenté, surtout avec sa popularisation.

Imaginez Royce, à son niveau de 93, aujourd’hui il ne tiendrait pas un round, il a déjà perdu lors de son « retour » contre Matt Hughes, sur une clé de bras.

Cela nous amène à réfléchir sérieusement sur les techniques et le niveau actualisé de nos Kancho, fondateurs et autres mythes. Il est cependant important de respecter leur travail, car ils ont popularisé des styles, des arts et des confrontations.

Nous disposons de vieilles vidéos de savate qui semblent presque ridicules, mais si l’on regarde le niveau des tireurs aujourd’hui, même par rapport aux monstres des années 80-90, nos combattants actuels sont bien supérieurs.

Je sais que nous avons des biais générationnels. En écrivant cet article, j’écoute Pettas et Filho, des grands du Kyoku et du K1. Se dire qu’aujourd’hui, ils n’auraient certainement pas le niveau pour rivaliser avec les monstres du Glory est difficile, car ce sont nos références.

Cependant, il est naturel que les nouvelles générations soient meilleures que les anciennes. Il y aura certainement une limite à un moment donné, mais je le constate chaque année, les nouveaux arrivants à l’académie sont incroyablement forts, alors qu’ils n’ont fait que regarder des vidéos.

Le partage des connaissances via internet et les milliers de vidéos disponibles sont une chance pour faire exploser les niveaux. Auparavant, il y avait les spécificités des Sensei, que l’on appelait des secrets. Maintenant, l’information est accessible, et la chance réside dans le fait que nous avons des professeurs géniaux, formés, passionnés, et prêts à transmettre tout ce qu’ils savent aux nouvelles générations.

Il est absolument fascinant de se demander comment tout cela va évoluer. Comment allons-nous surmonter les « blocages » que l’on retrouve dans toutes les disciplines ? En ce moment, les Dagestanais en MMA posent des problèmes, les Russes sont très solides en Kyoku, en BJJ, et nous voyons de plus en plus fréquemment des gardes fermées.

Et vous, quand vous regardez les anciens dans les livres ou en vidéos, qu’observez-vous ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

#artsmartiaux #histoiresancestrales #évolutiondesstyles#niveaudesanciens #progressionmartial #techniquesmartiales #transmissiondesconnaissances #artscombatsactuels #nouvellesgénérations #blocagesetdéfis

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #56 : L’intelligence de l’entraînement

S’il y a une chose que j’ai rapidement comprise quand j’ai commencé les arts martiaux, c’est que j’aimerais en faire le plus longtemps possible. Et ma référence reste les karatekas d’Okinawa. On voit que les anciens s’entraînent encore régulièrement à un âge avancé. Parfois, ils travaillent simplement des katas ou renforcent leur musculature. Ils pratiquent des exercices à deux et continuent d’enseigner. C’est vraiment une belle image pour les arts martiaux.
De même, dans les pays de l’Est, nous voyons des vieux entraîneurs de lutte enseigner presque quotidiennement aux jeunes ou certains senseis de Judo qui continuent doucement leur pratique.

Pour parvenir à une telle longévité, il faut éviter les grosses blessures qui pourraient rendre le corps trop douloureux pour continuer. Il est surprenant de constater que nous observons désormais cette situation même chez les combattants dans la trentaine. En BJJ, je suis toujours étonné d’apprendre que telle ou telle personne, qui était impressionnante, a dû arrêter en raison de graves blessures.

C’est probablement l’entraînement compétitif, l’orientation vers la performance et le désir de progresser rapidement qui ne correspondent pas toujours à la nature biologique de notre corps. Nous sommes naturellement faits pour marcher, pas forcément pour supporter d’être projetés 50 fois par cours ou d’encaisser des centaines de coups.

Avec Dao, nous discutons souvent de cette question, étant issus d’une génération de BJJ et de Luta où nous avons vu progressivement les « anciens », encore assez jeunes, disparaître. Une leçon importante que nous avons apprise est que l’ego dans l’entraînement ne sert à rien.

Lorsque nous reconnaissons que nous ne sommes pas les meilleurs et que nous n’avons rien à prouver, les choses deviennent beaucoup moins traumatisantes pour le corps, et les blessures en compétition deviennent moins fréquentes. Nous nous faisons mal lors des entraînements quotidiens.

Un autre facteur significatif qui nous a surpris est la préparation physique. Peut-être que les combattants l’ont confondue comme un outil complémentaire au point de prendre le pas sur leur entraînement martial. Mais beaucoup de ceux qui ont commencé à intégrer une préparation physique se sont gravement blessés.
Cela pourrait être dû à une augmentation des performances, à pousser les limites tout en étant à l’aise avec soi-même, mais peut-être à une incapacité à prêter attention aux signaux du corps.

Dans mon cas, en tant que combattant ordinaire, j’ai appris tôt dans le karaté à ne pas trop insister sur les mouvements qui mettaient trop de stress sur mon corps. En conséquence, je ne suis peut-être pas extrêmement polyvalent, mais écouter mes limites m’a permis de passer des décennies sans ressentir de douleurs spécifiques ou d’inconfort.

S’entraîner à son propre niveau, savoir dire stop, ne pas se dépasser aujourd’hui pour pouvoir s’entraîner demain, plutôt que de se pousser constamment à l’extrême à chaque séance, est essentiel. De plus, plus les combattants sont fatigués d’avoir dépassé leurs limites, plus ils atteignent rapidement leur point de rupture.

Et vous, comment gérez-vous pour vous entraîner quotidiennement et éventuellement jusqu’à la fin ?

Soyez attentif, prenez soin de vous.
Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.
Pank

#ArtsMartiaux #Entraînement #Blessures #PréparationPhysique #BJJ #Judo #Karaté #ÉcouteDesLimites

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #55: Le combat sur le béton

Pendant un mois, nous n’avons pas de dojo pour nous entraîner. J’ai pris l’habitude depuis quelques années d’aller dans un parc à Paris pour nous entraîner. Après quelques expériences, j’ai choisi de rester sur le béton plutôt que sur l’herbe.

Ce qui est amusant, c’est de voir comment les participants réagissent quand ils n’ont pas l’habitude de faire du combat debout et sol sur du béton. Martialement parlant, c’est amusant, d’un coup, tout le monde comprend pourquoi une projection est vraiment dangereuse dans la rue. De la même façon, tout le monde se rend compte qu’il ne faut pas trop s’amuser avec les hipscapes et les gros déplacements.

Vous allez éviter les berimbolos, les inversions qui vont frotter la tête sur le béton. Rapidement, on peut se blesser ; se griffer, percuter les coudes et les genoux sur une surface qui peut nous empêcher de bien combattre.

Cela est complètement oublié dans les clubs, surtout si on ne fait que s’entraîner sur des tatamis. Pour la self-défense, c’est essentiel à prendre en compte. D’ailleurs, vous avez certainement remarqué que la façon dont le BJJ a de faire la self-defense ressemble beaucoup au vieux jiu-jitsu japonais, plutôt debout, avec des projections, et le sol est transitoire.

On peut trouver au Brésil des gars pratiquer du jiu-jitsu après une agression et contrôler l’agresseur au sol et surtout chercher la montée ou le dos, pour l’efficience bien sûr, mais aussi parce qu’ils sont en short et t-shirt, et mine de rien ça peut brûler, être difficile d’être mobile sur un sol brûlant.

Un autre point qui est différent, c’est que puisque nous boxons en chaussures, il y a de nombreux mouvements que nous pouvons faire avec les pointes comme en BF. Tenter de taper au foie ou dans les bras, ce qui change aussi les distances. Et c’est cohérent, on veut moins de clinch pour éviter la chute. C’est très spontané, alors que mes gars sont plutôt des grapplers.

Il y a également un mur, j’aime l’utiliser, mais j’ai vu les combattants l’éviter, sûrement par peur de glisser dessus comme nous pouvons le faire sur la cage. Et un mur sur lequel on pourrait imaginer dans la rue sur une voiture, c’est un élément de l’environnement qu’il faut prendre en compte. Que ça soit pour nous ou dans l’intégration à notre stratégie. Si je ne peux plus bouger à cause du mur, c’est complexe, si on tape ma tête contre ce dernier (ou le sol) ou inversement pour éviter les mouvements de l’agresseur et entrer dans des phases de contrôle ou inversement de frappes.

Je trouve que c’est une belle occasion de voir nos réactions dans une dimension plus urbaine. Cela nous fait aussi penser aux différentes postures que les styles plus traditionnels ont développées qui peuvent sembler complètement idiotes aujourd’hui sur un ring ou une cage, mais quand on est dans un pays où il y a beaucoup de boue, de cailloux ou autres, c’est certain que tu ne vas pas faire des grands high kicks, etc.

Et vous, comment vous adaptez-vous à des surfaces différentes dans vos styles de combats ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

#Artsmartiaux #adaptation #environnement #racalutabjj #mma #streetfight #combaturbain #jiujitsu #bjj #lutalivre #lutacombat

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #54 : Les arts martiaux sont-ils inclusifs?

Je lis souvent que tout le monde peut pratiquer les arts martiaux et que c’est une discipline ouverte à tous. Cependant, en réalité, cela ne me semble pas si juste que cela. Certes, tout le monde peut s’engager dans les aspects plus théoriques tels que les formes dans le vide, la body boxe, et autres, où l’accessibilité est plus évidente.
En revanche, lorsqu’il s’agit de la partie plus physique du combat, de nombreuses personnes ont du mal à y parvenir ou ne peuvent pas s’entraîner avec une intensité suffisante pour connaître une véritable évolution. Si l’on se réfère aux récits des arts martiaux japonais, on y trouve souvent des histoires de personnes chétives devenues fortes. Cependant, il faut garder à l’esprit que les premières années du karaté, par exemple, étaient centrées sur les kihon et les kata, et non sur les combats.

On retrouve une mythologie similaire autour d’Helio Gracie, qui, bien que frêle, était plutôt athlétique. Dans certains articles sur des écoles d’Aiki Jutsu, d’anciens professeurs expliquent que dans le Hakko Ryu, les techniques étaient démontrées à pleine puissance sans plus d’explications. Cela a malheureusement entraîné une diminution progressive du nombre de pratiquants qui se retrouvaient blessés.

Le problème du sport de combat réside dans la gestion de l’opposition, afin qu’elle ne soit pas trop intense, notamment en ce qui concerne les percussions. Sinon, les traumatismes et la peur risquent de faire quitter la salle assez rapidement. La force de Mas Oyama était d’avoir créé un style de karaté dur, mais moins dangereux que d’autres disciplines de combat. Les frappes se concentraient davantage sur le corps et moins sur le visage, limitant ainsi les risques pour les pratiquants. Cela permettait également aux enfants, quel que soit leur physique, de transformer leur corps à l’adolescence, bénéficiant d’une attention particulière portée à la pédagogie.

Cependant, pour des adultes qui n’ont peut-être pas fait de sport pendant des décennies, l’engagement dans les arts martiaux peut s’avérer plus difficile. Non pas que leur mental ne soit pas à la hauteur, mais parce que leur corps risque de subir des tensions voire des dégâts. J’ai souvent vu des personnes revenir dans les arts martiaux et disparaître au bout de 2 mois en raison de blessures ou d’une fatigue difficile à gérer.

Affirmer que tout le monde peut pratiquer ces sports est un peu exagéré. Même en proposant des cours spéciaux, si l’on maintient la norme en termes d’intensité et de combats, il est évident que la sélection se fait rapidement. On peut constater cela chaque mois de septembre, lorsque de nombreuses personnes ultra motivées disparaissent des clubs à travers la France. Même dans les systèmes de défense personnelle, on observe que lors des combats plus réguliers par rapport aux formes à deux, de nombreuses personnes gèrent très mal la situation ou se figent.

Si les arts martiaux étaient des systèmes plus individualisés, il pourrait être possible d’intégrer et de garder tout le monde. Cependant, un certain nombre de pratiquants peuvent rendre la gestion difficile pour l’enseignant, excluant ainsi de nombreuses personnes.

Et vous, pensez-vous que tout le monde peut pratiquer les arts martiaux dans des cours « normaux »?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.
Pank

#artsmartiaux #combats #exclusion #selection #inclusion #difficultés #blessures

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #53 : 15 dans … c’est beau

Hier, je marchais dans Paris et je tombe sur une annonce pour des cours de Ninjutsu. C’est un style qui m’a toujours intéressé, jusqu’à ma rencontre avec des pratiquants et surtout des combats m’offrant une idée de l’efficience du système.

La publicité mettait en avant un pratiquant 15e dan. Je sais que Hatsumi a mis en place un système de niveaux spécifique. Je trouve qu’historiquement ça n’a pas beaucoup de sens. Kano a mis en place les dans plutôt que les Mankyo kaiden et au départ il avait limité à 5 dan puis à 10 dans, mais exclusivement pour les fondateurs de styles.

L’intérêt est dans les styles japonais, repris par les Coréens et les Brésiliens, nous donne une idée du niveau technique et/ou politique. Par exemple, on sait que les 5e dan de Judo sont possibles pour des champions d’Europe ou du monde par reconnaissance, ou à partir de 35 ans suite à un examen. À partir du 6e dan, tout devient plus politique. Pour nous en BJJ, le niveau s’arrête à la ceinture noire, après c’est juste une question de temps.
Mettre 15 dans, pourquoi pas, juste que pour le public c’est très compliqué. Ça fait un peu penser à Master Ken. Est-ce qu’un 2e dan sur 15 vaut une ceinture marron d’un autre style ?

C’est complexe les niveaux, nous sommes toujours dans le doute. Je pense que toutes les jeunes ceintures noires en BJJ et Luta se trouvent assez illégitimes à moins que nous défoncions tout le monde en compétition à tous les grades. Sinon, on se dit que comparé à des champions, on est plus que moyen.

Du coup, je suis allé visionner des vidéos de Ninpo. Et je trouve que clairement ça doit être compliqué pour avancer, sachant qu’il y a des armes à gérer, les techniques de taijutsu et autres éléments complémentaires. Je ne sais plus vraiment, mais le Bujinkan est une école composite de plein de sous-ensembles techniques. Quand je vois que la difficulté à atteindre un niveau dans les frappes, les projections et les luttes comme au MMA, c’est particulièrement complexe de maitriser des tas de facettes différentes.

Quand on est Xe dan de ce style de ninpo, est-ce que nous maîtrisons au même niveau tous les arts ? Ou c’est une note générale comme en karaté où entre mes katas et mon kihon puis les kumite j’ai la moyenne ?

De plus, comme de nombreux systèmes traditionnels du Japon, il n’y a jamais d’opposition. Ce qui pour moi sous-entend que tu maîtrises face à un adversaire passif, ce qui interroge dans les dimensions dynamiques. Autant je trouve les katas de judo intéressants et continuant l’historique du style, autant n’importe quel shodan de judo est obligé de faire des shiai et avoir des points en combat pour valider son niveau.

Les grades, les reconnaissances et les maîtres aux niveaux irréalistes sont légion dans certains styles et les grands champions restent les Américains avec des 10e dan à la pelle en American Kenpo et autre Tang Soo Do. On peut devenir 10e dan si nous créons une école, ce qui fait que pour le business, plus il y en a, mieux c’est.

C’est naturel de demander dans un dojo de karaté, de judo ou de BJJ, quel est le grade du professeur. Pourtant notre monde d’arts martiaux modernes nous a montré que des ceintures violettes, marrons ou noires de BJJ arrivent à former d’excellents pratiquants. Qu’un 2e dan de karaté ou de Judo arrive à développer sa section souvent mieux que les 6e dans.

Doit-on alors mettre en valeur ses dans, comme un critère d’efficacité ? Un vieux 8e dan se fera détruire par un jeune shodan ou nidan plein de fougue. Ou doit-on les vendre pour une qualité pédagogique ? Jusqu’à il y a peu, les Japonais montraient les techniques en démonstration sans explication…

Et vous, quels critères sélectionneriez-vous pour vous inscrire dans un dojo ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.
Pank

#Ninjutsu #CeinturesNoires #ArtsMartiaux #Bujinkan #EfficacitéDesDans #TechniquesJaponaises #Compétition #Ninpo #Katas #QualitéPédagogique #CritèresDeSélection

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #52 : La difficulté des grandes écoles

J’ai la chance d’avoir un dojo assez petit dans tous les sens du terme. Ce qui est plutôt bien en BJJ et Luta, c’est que nous prenons beaucoup de place parce que nous nous allongeons au sol. Cette particularité du style limite le nombre de pratiquants.

On pourrait être frustré, mais on fait avec les moyens du bord, et l’essentiel est que les apprenants puissent quand même s’exprimer sans être trop les uns sur les autres. Cette systémie m’offre une proximité avec ma cinquantaine d’élèves. Je connais leur prénom, je peux voir quand quelqu’un entre ou sort de la salle, je connais leur progression, etc.

C’est vraiment bien pour moi et pour mon enseignement. La difficulté se trouve dans les grandes académies qui, certes, font un bon chiffre d’affaires mais brassent énormément de pratiquants. Il est difficile pour les professeurs de vraiment prêter attention à tous et cet anonymat crée automatiquement des clans.

Il est difficile de ne pas être reconnu, et la nature fait que nous allons nous regrouper autour de points communs avec d’autres élèves, parfois en opposition avec des enseignants ou des cadres qui ne correspondent pas.

On pourrait se dire qu’ils n’ont qu’à partir si ce qui est proposé ne convient pas, mais la plupart des sportifs se retrouvent dans des lieux avant tout pour la proximité, puis avec les années, restent par les habitudes, qu’elles soient sociales ou pratiques. Comme en plus nous avons une tendance à biaiser, nous continuons à ne voir que ce qui ne correspond pas, ce qui avec le temps va créer des tensions au sein du dojo.

Si rapidement, les « dissidents » ne sont pas recadrés ou renvoyés, l’ambiance générale du groupe va se faire sentir. Les grands groupes sont toujours difficiles à gérer, et beaucoup d’enseignants ne sont pas là pour faire de la gestion des ressources humaines (RH).

Il se peut également que ça soit la faute de la discipline, ou en tout cas ce qu’est devenu le BJJ et la Luta. Beaucoup de pratiquants ont l’idée que c’est un art martial plus « cool » que les styles japonais ou chinois. Le côté Do Brasil et puis l’ambiance, souvent la musique, les quelques rituels de salutation, l’exemple de beaucoup de Brésiliens qui pendant des années arrivaient en retard, les cours qui ne commencent ni ne finissent dans les temps, etc.

Les élèves voyant les anciens agir comme cela, ou simplement n’ayant pas de cadre strict dans ces grandes usines à pratiquants, répètent simplement ce qu’ils perçoivent. Quand Itosu a développé le Karaté de masse, il a dû modifier ce qui a fait pendant des décennies l’enseignement en petit groupe de ce style. Il a créé une étiquette et une discipline très formelle.

Les kihons se répétaient en rythme, tout le monde en même temps, il n’y avait pas de place ni à la créativité ni à l’individualité. Avec un style plus relaxe où l’égo des élèves peut facilement exploser, la quantité de pratiquants peut devenir un vrai problème.

Tout se joue dans les règles et les cadres. Si tout est clair et défini, qu’il n’y a pas de passe-droit, notamment avec les ceintures noires, que tout le monde est soumis aux mêmes règles, les choses se conforment. Il n’y a de liberté que dans des cadres déterminés, sinon nous passons notre temps à chercher les limites de ladite liberté.

C’est une réflexion complexe que doivent se poser les propriétaires de grandes salles, pour maintenir un niveau d’enseignement de qualité, une satisfaction globale élevée, sans que tout ne devienne impersonnel et qu’il y ait de vrais bénéfices pour les adhérents dans une ambiance constructive.

Et vous, comment géreriez-vous une grosse académie ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.
Pank

#MartialArts #BJJ #Luta #Dojo #Enseignement #Sport #Discipline #Élèves #Académie #Gestion #Réflexion

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #52 : Faire des centaines de randori

Depuis 6 semaines, à l’académie, c’est la période des randoris. En Gi ou en Luta, avec et sans frappes. L’idée en fin de saison est de permettre aux élèves de ne plus cogiter et d’assimiler de nouvelles données, mais simplement de s’exprimer et de se tester. Comme je m’entraîne 6 jours par semaine, cela revient à avoir fait plus de 400 randoris.

Hier, je me faisais la réflexion que c’est quand même extraordinaire les styles de préhension axés au sol pour cela. On peut combattre des centaines de fois, face à des adversaires qui vont à pleine puissance sans jamais se blesser. Certes, parfois, il y a des douleurs et des maux, mais rien de bien méchant.

Pour un débutant qui vient s’entraîner 3 fois par semaine, admettons avec 10 randoris par semaine pendant 45 semaines, cela revient à 450 combats. Ce qui est absolument énorme et fait qu’une saison à une autre, une ceinture blanche avec juste une année de pratique puisse battre 90% des personnes néophytes ayant le même rapport taille-poids qui entrent pour débuter le BJJ ou la Luta.

En une année, tu fais plus de sparring à 100% que tu n’en feras peut-être en 5 ou 10 ans en boxe, avec possiblement des blessures. Les frappes traumatisent et rapidement, il faut soit limiter le nombre de combats, soit limiter l’impact de nos frappes. D’une façon ou d’une autre, la seule place où tu te donnes à fond, c’est pendant une compétition.

En BJJ, tu peux avoir l’esprit de compétition sur tous tes randoris. Te donner la misère avec tes partenaires et si tu es malin, en gros, pas un abruti égotique qui ne veut pas taper, tu finis vide et essoufflé, c’est tout.

Même si aujourd’hui le grappling n’est pas spécialement reconnu en défense personnelle, ça reste un système où physiquement l’opposition et la pression de quelqu’un sont connues, voire se faire éclater pendant des mois et des années par des plus gradés est une chose courante. Il est même étonnant que même si les agresseurs soient athlétiques, ils n’aient en réalité jamais vécu la pression physique d’un grappler.

Quand on s’y oppose, il y a tellement un écart que tu as l’impression de jouer avec un enfant, le stress et l’envie d’en finir rapidement en plus. C’est la même sensation que lorsque tu as des nouveaux, bien chauds et costauds, qui entrent dans ton dojo et que tu les vois se faire exécuter par un petit gabarit.

Nous avons un style qui est vraiment ludique et même s’il reste assez frustrant dans plein de circonstances et que les aptitudes physiques jouent beaucoup, le fait de pouvoir se découvrir sans se limiter donne aussi une meilleure compréhension de soi, de sa façon d’être, de ce que nous « traitons » de nous pendant les combats.

Nos personnalités, nos failles et nos forces sont là, au quotidien, pour nous rappeler ce que nous sommes dans cette expression primitive de soi, dans un contexte assez ouvert.

Enfin, l’abandon est une bonne chose, il nous rappelle que nous pouvons gagner ou perdre n’importe où et n’importe quand, puis nous remettre à nouveau à la tâche.

Et vous, aimez-vous les randoris ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.
Pank

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