Réflexions martiales d’un hypnofighter #164 : La garde fermée en BJJ/Luta et MMA

La garde fermée revient périodiquement dans le Jiu-jitsu sportif. J’explique souvent à mes élèves que c’est une technique de base qui, dans un premier temps, sert à se protéger, d’où le nom de garde. Nous sommes dans une logique où nous pouvons contrôler l’impact des frappes parce que notre adversaire ne peut pas se relever facilement au risque d’être déséquilibré.

De même, dans les logiques de self-défense des Gracie, il n’y avait pas de demi-gardes, ce qui, si vous pratiquez du MMA ou des frappes en BJJ/Luta, n’est absolument pas une phase où il faut rester, au risque de perdre sa mobilité de hanche et de se prendre des hammer fist.

Le problème que nous retrouvons ensuite avec cette position de base, c’est qu’elle est facilement neutralisable. Il suffit d’un adversaire avec des postures un peu luttées, avec les pieds ouverts au sol et donc son centre de gravité assez fixe pour ne pas parvenir à mettre en place nos renversements de base, ni de possibles attaques en soumission.

Nous nous retrouvons donc dans une technique de défense, voire en sportif de rétention effective, mais qui risque de nous figer, ou en tout cas qui ne nous permet pas toujours d’être dangereux. Dans un contexte de rue ou de MMA, nous pouvons prendre l’initiative de nous relever mais nous n’utilisons pas forcément le patrimoine technique de BJJ Luta.

Il est donc nécessaire et pas forcément simple de créer sans cesse des mouvements et des petites échappées pour imposer à son adversaire de réagir lui-même et potentiellement donner des angles pour un déséquilibre. Si sur le papier ça semble évident, face à un adversaire qui a décidé de nous coller au sol ou de nous frapper, nous avons quelques complications. Ouvrir la garde semble donc libérateur, seulement autant dans le sportif que dans le combat, nous savons que cela va déclencher une tentative de passage ou une explosion de frappe et que notre niveau de défense pendant quelques instants sera plus que limité.

Je pense qu’il est essentiel de continuer à travailler en garde fermée et de créer un système qui permet d’avoir des opportunités d’attaque, tout au long de notre parcours de combat au sol, en sachant que cela puisse être inefficace et frustrant dans certains combats.

#gardefermée #MMA #BJJ #LutaLivre #frappe #Selfdefense #gracie #base

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

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Martial Reflections of an Hypnofighter #164: Closed Guard in BJJ/Luta and MMA

The closed guard resurfaces periodically in sports Jiu-Jitsu. I often explain to my students that it’s a basic technique that, initially, serves to protect oneself, hence the name « guard ». We’re in a logic where we can control the impact of strikes because our opponent can’t easily get up without risking being off-balance.

Similarly, in the Gracie’s self-defense logic, there were no half-guards, which, if you practice MMA or strikes in BJJ/Luta, is absolutely not a phase where you should stay, risking losing hip mobility and getting hit with hammer fists.

The problem we encounter afterwards with this basic position is that it’s easily neutralizable. It only takes an opponent with slightly wrestled postures, with feet open on the ground and thus a fairly fixed center of gravity, to prevent us from implementing our basic reversals or possible submission attacks.

So, we find ourselves in a defensive technique, even in effective retention for sports, but one that risks freezing us or at least not always allowing us to be dangerous. In a street or MMA context, we can take the initiative to get up, but we don’t necessarily use the BJJ Luta technical heritage.

It is therefore necessary, and not necessarily simple, to constantly create movements and small escapes to force our opponent to react himself and potentially provide angles for imbalance. While this may seem obvious on paper, facing an opponent who has decided to stick us to the ground or strike us, we have some complications. Opening the guard therefore seems liberating, but as much in sports as in combat, we know that this will trigger an attempt to pass or an explosion of strikes, and that our level of defense for a few moments will be more than limited.

I think it’s essential to continue working in the closed guard and to create a system that allows for attacking opportunities throughout our ground combat journey, knowing that it may be ineffective and frustrating in some fights.

#closedguard #MMA #BJJ #LutaLivre #strikes #Selfdefense #gracie #basics

Take only what is good and right for you.

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Réflexions martiales d’un hypnofighter #163 : Les règles IKO de Kyokushin : Bonnes ou mauvaises ?

Depuis 2016, l’IKO a mis en place des règles qui diffèrent de celles instaurées par Oyama Sosai. Ce dernier les avait d’ailleurs lui-même modifiées lors du 2e championnat du monde en 1979, interdisant à Willie Williams, qui dominait les Japonais, de saisir le gi.

Ce changement a eu un impact important, car à une certaine époque, le Kyokushin attirait de nombreux pratiquants d’autres disciplines comme le judo. Les règles de 2016 sont souvent critiquées par les anciens pratiquants et par le Shin Kyokushin (faction de Midori).

Matsui de l’IKO a décidé, pour des raisons politiques liées aux Jeux olympiques, de modifier des points importants. Rappelons qu’il a déclaré dans une interview que le but du Kyokushin en compétition n’est pas d’être réaliste, mais simplement de renforcer l’esprit et le corps des pratiquants.

Actuellement, des waza-ari (demi-points) peuvent être attribués pour des frappes « marquées », comme au karaté sans contact. C’est ce point qui fait l’objet de critiques. Je suis assez d’accord, car la force du Kyokushin réside dans l’endurance et la capacité des pratiquants à ne rien montrer. On entre ici dans ce que Sosai qualifiait de « danse ».

Cependant, d’un autre côté, si l’on observe les championnats du monde de Shin Kyokushin, on voit des combattants qui ne font qu’avancer, sans aucune notion de distance de combat, se cognant tête contre tête et échangeant des shita et des hiza à pleine puissance. Pas de tai sabaki, pas de gestion des distances, etc. D’ailleurs, si je n’aime pas le système de marquage, il a eu pour effet de modifier les distances et les rythmes des combattants.

De plus, la saisie des jambes et les balayages dans l’instant sont désormais autorisés, ce qui rend l’utilisation des gedan keri et même des chudan moins automatique. C’est un point positif, car la gestion des frappes ne se résume plus à avancer sans réfléchir.

Je trouve que malgré certaines critiques valides, le Kyokushin IKO redonne des combattants plus mobiles, plus polyvalents et moins « bulldozers » sans stratégie. Il y a des ajustements à faire, mais à une époque où beaucoup de jeunes veulent migrer vers le MMA, ces changements peuvent faciliter une transition vers un kickboxing dangereux et efficace et une meilleure gestion des takedowns.

#Karate #kyokushin #IKO #SosaiOyama #KanchoMatsui #KenjiMidori #ShinKyokushin #Competition #règles

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Martial Reflections of a Hypnofighter #163: The IKO Kyokushin Rules: Good or Bad?

Since 2016, the IKO has implemented rules that differ from those established by Oyama Sosai. The latter himself modified them during the 2nd World Championship in 1979, prohibiting Willie Williams, who was dominating the Japanese, from grabbing the gi.

This change had a significant impact, as at one time, Kyokushin attracted many practitioners from other disciplines such as judo. The 2016 rules are often criticized by old practitioners and by Shin Kyokushin (Midori’s faction).

Matsui of the IKO decided, for political reasons related to the Olympics, to modify important points. It is worth recalling that he stated in an interview that the goal of Kyokushin in competition is not to be realistic, but simply to strengthen the spirit and body of the practitioners.

Currently, waza-ari (half-points) can be awarded for « marked » strikes, similar to non-contact karate. This is the point that is being criticized. I tend to agree, because the strength of Kyokushin lies in the endurance and the ability of the practitioners to show nothing. This is what Sosai called « dancing ».

However, on the other hand, if we look at the Shin Kyokushin World Championships, we see fighters who only move forward, with no notion of fighting distance, headbutting each other and exchanging shita and hiza at full power. No tai sabaki, no distance management, etc. Moreover, while I don’t like the scoring system, it has had the effect of modifying the distances and rhythms of the fighters.

In addition, grabbing the legs and sweeping in the moment are now allowed, which makes the use of gedan keri and even chudan less automatic. This is a positive point, because the management of strikes is no longer just about moving forward without thinking.

I find that despite some valid criticisms, the Kyokushin IKO is bringing back fighters who are more mobile, more versatile and less « bulldozers » without strategy. There are adjustments to be made, but at a time when many young people want to migrate to MMA, these changes can facilitate a transition to a dangerous and effective kickboxing and better takedown management.

#Karate #kyokushin #IKO #SosaiOyama #KanchoMatsui #KenjiMidori #ShinKyokushin #Competition #rules

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Réflexions sur l’enseignement martial d’un hypnofighter #160 : La France, ce pays de maître

La France possède une riche culture martiale, abritant des arts traditionnels tels que la Savate, le Chausson, la Boxe Française (BF), des luttes comme la Lutte Parisienne et la Greco-Romaine, sans oublier le gouren et les techniques d’armes.

Nous avons été une terre d’accueil pour des maîtres d’arts martiaux asiatiques depuis des décennies, bénéficiant de l’enseignement de senseis japonais renommés tels que Michiozuki Sensei, Kenji Tokitsu, Kase Sensei ou le grand Kawaishi en Judo.

Grâce à la passion et à l’entreprise d’Henry Plée, un éminent praticien de boxe, nous avons pu attirer d’éminents professeurs du monde entier. En BJJ ou en Luta Livre, nous avons rencontré plus de difficultés à conserver nos mestres brésiliens, peut-être à cause de barrières culturelles et du climat. Cependant, Flavio Santiago, dit Peroba, mon mestre de Luta Livre, a choisi de rester.

Nous avons eu l’opportunité de découvrir des disciplines auparavant inconnues, tout comme nos prédécesseurs l’ont fait avec le Karaté, l’Aikido et le Judo, sans oublier le Wushu. Cette opportunité d’être une terre d’accueil pour des passionnés est significative, car les Français ont un goût prononcé pour le combat. Cela se voit dans notre niveau en Muay Thai, où nous avons également bénéficié de l’expertise de Thaïlandais et de Néerlandais.

Ce qui est remarquable, c’est notre capacité à intégrer et parfois même à dépasser en extrémisme les enseignements des maîtres originels. Comme mentionné dans une autre chronique, le Judo a rapidement éclipsé notre lutte nationale, laissant peu de place à celle-ci quelques années après son introduction.

Nous avons eu la chance d’avoir des enseignants qui sont tombés amoureux de notre pays et des pratiquants passionnés qui ont osé partir tôt en Asie, dans un Japon ou une Chine bien moins ouverts qu’aujourd’hui.

Si aujourd’hui nous comptons tant de senseis français de haut niveau, c’est aussi grâce à ces pionniers qui nous ont orientés vers une amélioration en nous rapprochant de la source du savoir.

Merci aux anciens.

#France #Japon #Chine #professeur #sensei #combattant #formation #Maître #enseignement

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Réflexions martiales d’un hypnofighter #158 :L’appréciation de l’apprentissage de styles divers

Nous naviguons à présent dans l’ère des arts martiaux mixtes, un système de combat sportif qui optimise le principe d’affrontement en minimisant les contraintes. Certains adeptes du Self-Défense pourraient arguer l’absence de coups portés aux parties sensibles et d’autres limites, mais en examinant des disciplines telles que le Kudo Daido Juku ou le Sambo, on constate que les frappes génitales, tout comme les coups de tête, sont permises.

Le MMA se veut une dynamique sportive privilégiant “la préservation” de l’intégrité physique. Il est fascinant de remarquer que les jeunes initiés au MMA manifestent une ouverture d’esprit que nous, la première génération, n’avions peut-être pas. Je me souviens avoir mentionné à Greg que le Mae geri avait sa place en MMA, une technique que Machida n’avait pas encore exploitée à l’époque.

Nos débats d’alors étaient marqués par un extrémisme, discréditant tout ce qui ne relevait pas du Jiu-jitsu brésilien, de la lutte ou de la boxe anglaise, alors même que nous étions issus de diverses traditions martiales.

La nouvelle génération a été témoin de techniques spectaculaires : le célèbre coup de pied de Pettis contre la cage, le twister du Korean Zombie, des blitz dévastateurs. Ils n’hésitent pas à s’inspirer du Taekwondo, du karaté ou d’autres styles plus traditionnels, y trouvant des éléments qui résonnent avec eux.

Ayant conditionné leur corps dès le début à s’adapter aux multiples dimensions du combat, ils sont naturellement enclins à élargir leur curiosité. Ils consomment des vidéos, expérimentent et osent lors des randoris.

Si les styles traditionnels connaissent un déclin, certaines de leurs notions, bien que pouvant sembler illusoires dans un contexte de combat sportif (et donc potentiellement dans la rue), offrent des concepts, techniques et logiques exploitables dans l’octogone.

Il est remarquable de voir cette nouvelle génération peut-être plus ouverte d’esprit que nous, les « vieux grincheux » que nous sommes devenus 🙂

#mma #combat #arts_martiaux #tradition #classique #technique #sélection #apprentissage #nouvellegénération

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Réflexions sur l’enseignement martial d’un hypnofighter #157 : Les lacunes de notre pédagogie

De nombreux passionnés, après des décennies dédiées aux arts martiaux, ont embrassé le rôle d’instructeur ou de professeur. Bien que les fédérations proposent des formations et des diplômes pour apprendre à enseigner, exceller en tant que professeur reste un défi.

L’efficacité d’un enseignant fluctue ; il arrive que nous traversions des périodes moins brillantes. Souvent, nous peinons à nous détacher des méthodes éprouvées durant notre propre formation, persistant à enseigner selon des approches désuètes par attachement à la tradition martiale.

Avec le temps, cette rigidité peut s’avérer problématique, surtout pour les pratiquants loisirs. Il est crucial de remettre en question les anciennes méthodes et de s’informer sur les avancées scientifiques en matière d’entraînement sportif.

Nos personnalités et notre vision des arts martiaux peuvent également limiter nos élèves. Certains peuvent se sentir mal à l’aise avec la culture du dojo ou l’approche de l’enseignant, ne trouvant pas leur place.

L’enseignement ne saurait être uniforme ; notre personnalité influence inévitablement l’ambiance de notre école. Comme lors d’une rencontre, fréquenter un dojo révèle ses qualités et ses défauts. En tant qu’enseignants, nous devons être attentifs aux retours et réactions, sachant que le rôle de l’expert ne confère pas seulement le pouvoir de transmettre des connaissances, mais aussi celui de comprendre et d’ajuster notre enseignement aux besoins des élèves.

Observer et comprendre les attentes des élèves, répondre à leurs besoins et personnaliser les séances pour favoriser la progression et le plaisir de tous est essentiel.

Nous sommes imparfaits, sujets à l’erreur, mais l’essentiel est de partager notre passion pour les arts martiaux, en espérant que nos élèves poursuivent leur chemin avec ou sans nous.

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Réflexions martiales d’un hypnofighter #156 : Les combats interstyles

C’est amusant, en écrivant mon post sur le Judo, cela a réveillé l’instinct et le questionnement que nous avons tous en tant que pratiquants : un style est-il supérieur à un autre ?. Il suffit de faire cela à un judoka pour le battre ou d’attaquer ainsi un karatéka pour le vaincre. Nous sommes naturellement attirés par cette confrontation pour savoir qui est le plus fort.

D’ailleurs, cette notion est bien définie dans notre cerveau. Il existe un programme de base qui est celui de prendre du pouvoir, et cela entraîne bien sûr la quête de puissance mais, plus amusant, l’observation pour savoir qui est le puissant afin de possiblement créer des alliances avec. Je suis un passionné et, ayant pratiqué de nombreux styles, m’étant spécialisé dans certains, je me pose toujours cette question sur l’efficacité dans le combat de rue mais aussi dans le combat interstyle.

Aujourd’hui, et depuis les premiers Vale Tudo dans les années 50 au Brésil et les UFC en 93 aux États-Unis, nous avons globalement une idée de ce qui fonctionne bien et moins bien. Je ne sais pas pour vous, mais ayant eu la chance d’être de la première génération de MMA, j’allais défier les autres styles dans les dojos avec mon petit BJJ, et ça fonctionnait à tous les coups. Normal, nous n’étions pas dans l’ère actuelle où même un boxeur a parfois la notion de sprawl.

Alors oui, on peut toujours supposer qu’il suffit de faire ceci ou cela pour vaincre tel ou tel style, mais s’il y a un point essentiel à prendre en compte, outre la compétence du combattant, c’est de savoir si l’école de combat pratique beaucoup de sparrings, à minima des travaux d’opposition. Ce qui rend le Jiujitsu/Luta, le MMA, le Muay Thai, les boxes, les luttes, le Judo/Sambo efficaces, et bien plus que de nombreux styles traditionnels ou de self-défense, c’est la répétition à chaque cours de devoir placer des coups ou du grappling sur des personnes qui résistent pleinement.

Le réel du combat ne se fait pas sur des répétitions statiques, qui nous permettent d’apprendre, mais dans l’application dans des cas où l’opposant souhaite aller dans une autre direction. Si aujourd’hui, vous avez encore des questions sur l’interstyle, internet est plein de défis et de combats entre disciplines, sans compter les premières années de NHB/MMA où chacun était spécialisé. La réponse est connue. Et si vraiment vous doutez, allez défier avec respect un autre style et voyez le résultat, c’est toujours sympa pour connaître l’efficacité de nos pratiques.

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Réflexions martiales d’un hypnofighter #155  : Le Judo, cet art redoutable

Il est fascinant de constater que, malgré leur forte compétitivité, de nombreux judokas semblent sous-estimer la dangerosité de leur discipline. Il est presque surréaliste d’entendre certains pratiquants exprimer leurs inquiétudes face à des karatékas ou des boxeurs, ignorant la redoutable efficacité de leur propre art.

Le judo est, en effet, l’un des systèmes les plus à même de causer des dommages significatifs lors d’affrontements interstyles ou dans des situations réelles de confrontation. Kano Sensei serait fier de savoir que son art est perçu comme un sport parmi d’autres, tout en ayant réussi à éloigner sa dimension bujutsu initiale.

Le judo s’est transformé en une voie (DO) où la notion de combat et de self-défense (Goshin) a été reléguée à quelques katas spécifiques. Cependant, dans un contexte de confrontation réelle, les techniques de saisie et de projection du judo, comme l’Uchimata, Uranage ou même seoi, peuvent s’avérer décisives, permettant non seulement de neutraliser un adversaire mais aussi de gérer potentiellement un second agresseur, contrairement au Jiujitsu.

Les projections visent explicitement à infliger des blessures, à briser une articulation, voire à mettre KO l’adversaire. Bien que l’apprentissage des Ukemi (chutes contrôlées) puisse donner une impression de sécurité, la réalité d’une chute sur le béton est radicalement différente de celle sur un tatami.

Le judo se pratique en opposition, nécessitant des centaines d’heures dédiées à maîtriser des adversaires agressifs et puissants. Pour ceux qui trouvent que le combat ne se conclut pas à leur avantage, le judo offre également des techniques de soumission dynamiques qui peuvent servir de transitions efficaces.

La capacité à établir un grip (kumikata) est particulièrement problématique pour quiconque porte un vêtement ou un gi. La maîtrise des saisies par les judokas est incomparable, rendant difficile toute tentative de riposte par frappes dès qu’ils parviennent à déséquilibrer leur adversaire pour initier une projection dévastatrice.

Chers judokas, soyez fiers de votre art martial. Si jamais vous doutez de son efficacité “moderne”, souvenez-vous que nos homologues russes ont conservé la philosophie originelle du judo avec une liberté accrue dans la pratique du Sambo. Une exploration de cette discipline pourrait s’avérer enrichissante.

#Judo #Jiujitsu #BJJ #MMA #JigoroKano #Combat #danger #Selfdefense #Sambo 

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Réflexions martiales d’un hypnofighter #154 : Démystification du combat total en Kyokushinkai

Lorsque j’ai découvert le Kyokushin étant enfant, je pense avoir été séduit par le marketing entourant cette discipline. Je me rappelle qu’en 1998, alors que j’avais déjà commencé à me mesurer au Combat Libre, j’étais surpris de constater l’absence de coups portés au visage dans la pratique. Il existait une réelle dissonance entre l’image que je m’étais faite du « karaté le plus fort » et la réalité des combats.

Cependant, il est indéniable que les entraînements visaient à pousser les limites de l’endurance, ce qui était extrêmement éprouvant ! En me plongeant dans les écrits sur le karaté de Sosai Oyama, je suis retombé sur les récits de combats sans règles. Il est important de noter que le dojo d’Oyama a ouvert ses portes en 1956 et que tous les pratiquants étaient déjà versés dans d’autres arts martiaux, souvent issus du Goju, tout comme Oyama et Kurosaki.

Il est vrai que les frères Oyama et d’autres membres de la première génération mentionnaient que les shotei (paumes ouvertes) étaient autorisés. Je n’ai rien trouvé concernant l’utilisation de poings fermés. Si tous les autres types de coups semblaient permis, mes lectures sur le kinkeri (coup de pied bas) étaient limitées. Les projections, en revanche, étaient monnaie courante, indiquant une pratique riche en saisies.

Saiko Oyama, après une pause dans sa pratique martiale et son retour en 1966, a remarqué que les randoris (pratiques de combat libre) avaient évolué : il n’était plus permis de frapper le visage avec des shotei. En moins de dix ans, Sosai Oyama a délaissé le combat libre au profit d’une approche plus conventionnelle du Kyokushin, dans l’espoir qu’en 1969, les karatékas soient capables de combattre en visant uniquement le corps, pour le premier championnat du Japon. Cette évolution avait pour but de démontrer la résilience et la force des pratiquants.

Comme je l’ai déjà mentionné, il n’était pas nécessaire d’être shodan (ceinture noire) en Kenjutsu et Judo pour obtenir son Shodan en Kyokushin. Durant les premières années, certains combattants progressaient plus rapidement dans les grades…

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Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #151 : Politique et Développement de Son Style

J’ai abordé dans une précédente chronique la nécessité de la politique et du marketing pour le progrès et la pérennité d’un style ou d’une école. Bien que les valeurs des arts martiaux soient nobles et séduisent parents et enfants, la réalité administrative est bien différente.

Le code moral reste souvent une aspiration difficilement mise en œuvre sur les tatamis. Des figures telles que Kano pour le Judo, Oyama pour le Karaté, ou Gracie pour le Jiu-jitsu, ont endossé des rôles plus politiques que pratiquants. Ceci implique négociation, organisation, et maximisation des fonds.

Les trois fédérations, IJF, IKO et IBJJF, sont de véritables machines à générer de l’argent. Tout est monétisé ou soutenu par des aides. En BJJ, l’achat de grades et les frais de compétition, par exemple, peuvent conduire à un chiffre d’affaires de 600 à 700K€ pour un championnat d’Europe comme celui de janvier dernier.

L’argent engendre pouvoir et politique, transformant les pratiquants d’arts martiaux en hommes d’affaires. Dans ce monde, les règles diffèrent de celles du tatami, et tous les coups sont permis. Saiko Oyama mentionnait que Sosai Oyama du Kyokushin s’entraînait si peu qu’il emmenait Shigeru avec lui à l’étranger pour démontrer la puissance et la technique du style.

Il est difficile pour une école ou un style de rester discret et fonctionnel. Voir de grandes marques de Jiu-jitsu ou Luta Livre se commercialiser peut irriter, mais pour exister, il faut se démarquer. En France, Nicolas Renier a revitalisé la Luta Livre avec le NR Fight, empêchant sa disparition.

Parfois, des compromis sont nécessaires pour progresser. Les Oyama ont offert un gi et une ceinture noire officielle de leur école à Regan. Certains grades peuvent sembler inégaux sur le tatami, mais ils contribuent à l’avancement de l’école, procurant des bénéfices tant martiaux que financiers.

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Réflexions Martiales  d’un Hypnofighter #150 : Le Kyokushin vs le Muay Thai

Nous savons que le kickboxing tire ses origines du karaté Kyokushinkai. Tout a commencé suite à une proposition d’un promoteur, Noguchi, qui souhaitait organiser un combat entre des Nak Muay (pratiquants de Muay Thai) et des karatékas. Toutes les écoles refusèrent sauf le Kyokushin, alors simplement appelé Oyama Karaté. Il n’y avait qu’un dojo, celui d’Ikebukuro.

Selon Seiko Oyama, qui faisait partie de la première équipe à s’entraîner pour relever ce défi, Kurosaki Sensei, celui qui allait développer le Kyokushin et le kickboxing aux Pays-Bas, s’est chargé de l’entraînement de quatre jeunes Kyokushin pendant un mois. Ces derniers, qui n’avaient jamais pratiqué la boxe ni porté de gants, ont dû attendre plusieurs reports avant de pouvoir finalement affronter, non pas en Thaïlande mais au Meguro Gym de Noguchi, des Thaïs qui ne s’attendaient pas à rencontrer des combattants aussi solides, restant sur l’idée que les pratiquants de karaté ne se frappaient pas réellement.

Après une victoire des Japonais et quelques mois plus tard, seulement trois des quatre combattants s’envolèrent pour la Thaïlande. Kurosaki, qui ne s’était pas entraîné mais avait juste supervisé le camp, céda à son ego et accepta un combat malgré les conseils d’Oyama de décliner. Le combat, intéressant, se termine par une défaite de Kurosaki par KO, mais illustre la méthode de combat extrêmement agressive du Japonais, avec de puissantes projections : Kyokushin vs Muay Thai – 1964. Rawee Dechachai vs Kenji Kurosaki

Fujihira et Nakamura remportèrent leurs matchs. Kurosaki passa ensuite un peu plus de temps en Thaïlande et remporta trois autres combats avant de revenir au Japon pour proposer à Oyama d’ajuster certaines méthodes d’entraînement en y incorporant le cursus de karaté. Cependant, Sosai, qui avait cofondé le Kyokushin avec Kurosaki, garda une rancœur prononcée envers ce combat perdu par Kurosaki.

Ce dernier quitta alors le Kyokushin, plus ou moins explicitement, mais surtout, il développa le kickboxing japonais et forma notamment le combattant (Toshio Fujiwara) qui remportera pour la première fois le titre du Raja contre un Thaï.

Le karaté s’est progressivement spécialisé, mettant de côté ce qui faisait la force du dojo d’Oyama, à savoir des combats réellement libres, pour se concentrer davantage sur les frappes au corps avec les poings, excluant les frappes au visage ainsi que les projections.

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