Pendant un mois, nous n’avons pas de dojo pour nous entraîner. J’ai pris l’habitude depuis quelques années d’aller dans un parc à Paris pour nous entraîner. Après quelques expériences, j’ai choisi de rester sur le béton plutôt que sur l’herbe.
Ce qui est amusant, c’est de voir comment les participants réagissent quand ils n’ont pas l’habitude de faire du combat debout et sol sur du béton. Martialement parlant, c’est amusant, d’un coup, tout le monde comprend pourquoi une projection est vraiment dangereuse dans la rue. De la même façon, tout le monde se rend compte qu’il ne faut pas trop s’amuser avec les hipscapes et les gros déplacements.
Vous allez éviter les berimbolos, les inversions qui vont frotter la tête sur le béton. Rapidement, on peut se blesser ; se griffer, percuter les coudes et les genoux sur une surface qui peut nous empêcher de bien combattre.
Cela est complètement oublié dans les clubs, surtout si on ne fait que s’entraîner sur des tatamis. Pour la self-défense, c’est essentiel à prendre en compte. D’ailleurs, vous avez certainement remarqué que la façon dont le BJJ a de faire la self-defense ressemble beaucoup au vieux jiu-jitsu japonais, plutôt debout, avec des projections, et le sol est transitoire.
On peut trouver au Brésil des gars pratiquer du jiu-jitsu après une agression et contrôler l’agresseur au sol et surtout chercher la montée ou le dos, pour l’efficience bien sûr, mais aussi parce qu’ils sont en short et t-shirt, et mine de rien ça peut brûler, être difficile d’être mobile sur un sol brûlant.
Un autre point qui est différent, c’est que puisque nous boxons en chaussures, il y a de nombreux mouvements que nous pouvons faire avec les pointes comme en BF. Tenter de taper au foie ou dans les bras, ce qui change aussi les distances. Et c’est cohérent, on veut moins de clinch pour éviter la chute. C’est très spontané, alors que mes gars sont plutôt des grapplers.
Il y a également un mur, j’aime l’utiliser, mais j’ai vu les combattants l’éviter, sûrement par peur de glisser dessus comme nous pouvons le faire sur la cage. Et un mur sur lequel on pourrait imaginer dans la rue sur une voiture, c’est un élément de l’environnement qu’il faut prendre en compte. Que ça soit pour nous ou dans l’intégration à notre stratégie. Si je ne peux plus bouger à cause du mur, c’est complexe, si on tape ma tête contre ce dernier (ou le sol) ou inversement pour éviter les mouvements de l’agresseur et entrer dans des phases de contrôle ou inversement de frappes.
Je trouve que c’est une belle occasion de voir nos réactions dans une dimension plus urbaine. Cela nous fait aussi penser aux différentes postures que les styles plus traditionnels ont développées qui peuvent sembler complètement idiotes aujourd’hui sur un ring ou une cage, mais quand on est dans un pays où il y a beaucoup de boue, de cailloux ou autres, c’est certain que tu ne vas pas faire des grands high kicks, etc.
Et vous, comment vous adaptez-vous à des surfaces différentes dans vos styles de combats ?
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Nous sommes souvent en attente que les choses nous apportent de la satisfaction : la vidéo, la musique, la personne avec qui nous partageons du temps, etc. En somme, nous nous mettons en mode « nourris-moi », en spectateurs de ce qui peut se passer.
C’est exactement ce qui peut se passer en thérapie et accompagnement, et encore plus dans le monde de l’hypnose où les partenaires attendent que l’hypnose ou le thérapeute les change, alors que c’est un travail qui se fait avec une proaction du consultant. Nous nous retrouvons dans une démarche qui doit venir de nous, et surtout, c’est à nous d’aller chercher les choses et de ne pas attendre que les événements ou le subconscient donnent tout sans effort.
C’est également ce que nous pouvons retrouver dans la vie de façon plus générale. On attend que la vie soit belle, que nous ayons de la joie et du bonheur, comme si le système ou la structure dans laquelle nous évoluons devait nous donner satisfaction.
C’est d’ailleurs en cela que la notion de développement personnel est parfois critiquée car elle est centrée sur un égocentrisme, une focalisation de soi vis-à-vis d’un système. Même si j’aimerais que les environnements puissent apporter de la satisfaction pour tous, je ne suis pas assez utopique pour y croire.
Le ça, le groupe ou le système qui offrent à des personnes l’exacte satisfaction attendue et plus encore avec une adaptation pour éviter la redondance, je n’y crois pas. Nous sommes enclins à critiquer et à voir rapidement le négatif, car c’est facile et peu énergivore.
Alors nous évitons que l’extérieur soit la seule source de nos satisfactions, et quand nous sommes dans une répétition de gestes, de patterns, d’actions du quotidien, nous allons être les seuls à faire de ces moments, de notre vie, un espace de satisfaction en cherchant par nous-mêmes une stimulation ou un levier vers cet état ok.
Nous pouvons nous stimuler, même avec la tâche la plus ennuyeuse ou la situation la moins motivante. Nous savons que nous pouvons trouver des éléments pour que cela devienne une dynamique personnelle et non pas une attente que les choses changent. D’ailleurs, il y a quelques jours, j’entendais dans différentes interviews que beaucoup de personnes ne souhaitent plus faire d’efforts pour se changer eux-mêmes, mais qu’ils souhaitent que le monde change, et ils se battent pour cela.
J’aime bien l’idée, même si au point où j’en suis, je pense que même si nous modifions des systèmes, ils ne pourront jamais satisfaire les attentes de tous, comme un repas ne peut pas plaire à tout le monde, mais que nous avons la possibilité en interne de faire les efforts afin de trouver du plaisir dans ce qui est présenté.
Nous sommes capables de mettre en place des stratégies pour nous stimuler, l’idée étant toujours la même : notre investissement pour être stimulé rapporte plus que ce que j’aurais dépensé en temps, réflexion et énergie à l’appliquer. Si nous sommes en perte, il est certain que nous nous remettrons en passif et laisserons notre programme de critique et de négatif reprendre le relais avec succès et réussite.
Et vous, attendez-vous que les choses vous stimulent ou mettez-vous de l’entrain à vous stimuler quelle que soit la situation ?
Pank’s Reflections / Snapshot #73: Lack of Stimulation
We often find ourselves waiting for things to bring us satisfaction: videos, music, the company of others, and more. Essentially, we put ourselves in « feed me » mode, becoming spectators of what unfolds around us.
This dynamic is also evident in therapy and counseling, especially in the realm of hypnosis, where clients expect the hypnosis or therapist to bring about change. However, true transformation requires proactive engagement from the client. It is a journey that must originate from within, where we actively seek and not merely expect events or the subconscious to provide everything effortlessly.
This pattern extends to various aspects of life. We wait for life to become beautiful, hoping for joy and happiness as if the systems or structures we navigate should deliver satisfaction.
Critics argue that the notion of personal development is often centered on self-centeredness and self-focus within a system. While I’d love to believe that environments could cater to everyone’s satisfaction, I’m not that utopian.
Relying on an external entity, group, or system to provide precise and continuous satisfaction, even with adaptations to avoid repetition, is unrealistic. We tend to criticize and quickly see the negatives, as it’s easy and requires little energy.
To avoid relying solely on external sources for satisfaction, we must transform the repetitive gestures, patterns, and actions of daily life into personally satisfying experiences by seeking stimulation or creating opportunities for positive experiences.
We possess the ability to self-stimulate, even in the most mundane or unmotivating tasks. We know we can find elements that create personal dynamics rather than waiting for external change. Recently, in interviews, I heard many individuals express their reluctance to put effort into self-change, instead fighting for change in the world.
While I appreciate the idea, from my standpoint, even if we modify systems, they cannot satisfy everyone’s expectations, much like a meal cannot please everyone. However, we do have the internal capacity to make efforts and find pleasure in what is presented.
We are capable of implementing strategies to self-stimulate, knowing that our investment in stimulation yields more than the effort, time, reflection, and energy required to achieve it. If we become passive and relinquish control, our critical and negative mindset will take over successfully.
So, do you wait for external stimulation, or do you proactively seek to stimulate yourself in any situation?
Je lis souvent que tout le monde peut pratiquer les arts martiaux et que c’est une discipline ouverte à tous. Cependant, en réalité, cela ne me semble pas si juste que cela. Certes, tout le monde peut s’engager dans les aspects plus théoriques tels que les formes dans le vide, la body boxe, et autres, où l’accessibilité est plus évidente. En revanche, lorsqu’il s’agit de la partie plus physique du combat, de nombreuses personnes ont du mal à y parvenir ou ne peuvent pas s’entraîner avec une intensité suffisante pour connaître une véritable évolution. Si l’on se réfère aux récits des arts martiaux japonais, on y trouve souvent des histoires de personnes chétives devenues fortes. Cependant, il faut garder à l’esprit que les premières années du karaté, par exemple, étaient centrées sur les kihon et les kata, et non sur les combats.
On retrouve une mythologie similaire autour d’Helio Gracie, qui, bien que frêle, était plutôt athlétique. Dans certains articles sur des écoles d’Aiki Jutsu, d’anciens professeurs expliquent que dans le Hakko Ryu, les techniques étaient démontrées à pleine puissance sans plus d’explications. Cela a malheureusement entraîné une diminution progressive du nombre de pratiquants qui se retrouvaient blessés.
Le problème du sport de combat réside dans la gestion de l’opposition, afin qu’elle ne soit pas trop intense, notamment en ce qui concerne les percussions. Sinon, les traumatismes et la peur risquent de faire quitter la salle assez rapidement. La force de Mas Oyama était d’avoir créé un style de karaté dur, mais moins dangereux que d’autres disciplines de combat. Les frappes se concentraient davantage sur le corps et moins sur le visage, limitant ainsi les risques pour les pratiquants. Cela permettait également aux enfants, quel que soit leur physique, de transformer leur corps à l’adolescence, bénéficiant d’une attention particulière portée à la pédagogie.
Cependant, pour des adultes qui n’ont peut-être pas fait de sport pendant des décennies, l’engagement dans les arts martiaux peut s’avérer plus difficile. Non pas que leur mental ne soit pas à la hauteur, mais parce que leur corps risque de subir des tensions voire des dégâts. J’ai souvent vu des personnes revenir dans les arts martiaux et disparaître au bout de 2 mois en raison de blessures ou d’une fatigue difficile à gérer.
Affirmer que tout le monde peut pratiquer ces sports est un peu exagéré. Même en proposant des cours spéciaux, si l’on maintient la norme en termes d’intensité et de combats, il est évident que la sélection se fait rapidement. On peut constater cela chaque mois de septembre, lorsque de nombreuses personnes ultra motivées disparaissent des clubs à travers la France. Même dans les systèmes de défense personnelle, on observe que lors des combats plus réguliers par rapport aux formes à deux, de nombreuses personnes gèrent très mal la situation ou se figent.
Si les arts martiaux étaient des systèmes plus individualisés, il pourrait être possible d’intégrer et de garder tout le monde. Cependant, un certain nombre de pratiquants peuvent rendre la gestion difficile pour l’enseignant, excluant ainsi de nombreuses personnes.
Et vous, pensez-vous que tout le monde peut pratiquer les arts martiaux dans des cours « normaux »?
Après deux mois, voici quelques retours. Je mets fin à ce test et je pense recommencer avec l’Hyperempiria d’ici quelques semaines.
La connaissance est Partage, Diffusez la.
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Il est toujours intéressant d’avoir un maximum d’informations avant de prendre des décisions, surtout lorsqu’il s’agit d’événements importants de notre quotidien. Il y a deux jours, j’ai eu une conversation avec Ed Bernd Jr, un ancien de la Méthode Silva aux États-Unis, et dans nos échanges, il a fait une remarque que je trouve intéressante à prendre en compte.
Pour lui, la méthode de José Silva vise à développer une prise d’informations qui complète celles des 5 sens que nous utilisons au quotidien. Nous devrions reconnaître que, bien sûr, nous prenons un temps analytique et conscient dans la cartographie (neurologiquement erronée) de l’hypnose.
Grâce à notre capacité à rester rationnels et à construire une réflexion complexe, nous parvenons petit à petit à peser le pour et le contre vis-à-vis d’une situation ou d’une personne. Ensuite, selon Ed et José, vient l’utilisation de ce qu’ils appelaient autrefois le « cerveau droit ». Grâce à l’éducation et à la répétition d’apprentissages, nous sommes de plus en plus capables de prendre en compte des informations moins logiques et rationnelles. Cela comprend des sensations, des associations, des sentiments, voire des « visions ».
En écoutant cette partie plus subconsciente, avec ses mémoires à long terme, ses émotions, ses schémas, ses valeurs et ses croyances, ainsi que l’expérience de nos vies, nous avons des « présentiments ». Il est difficile de dire s’ils sont vrais ou non, car les biais de l’après-coup nous font parfois simplement confirmer des choses en modifiant des données.
La possibilité d’exploiter l’intuition se passe donc dans la méthode en Alpha, ce qui pour nous représente la transe. Dans cet état, en étant plus à l’écoute de la somme des informations conscientes et subconscientes, nous pouvons, avec une diminution des idées parasites, commencer à avoir confiance dans la décision que nous allons prendre.
Si nous prenons le temps de développer de plus en plus notre intuition, nous pourrions apprendre à prendre de meilleures décisions et, par extension, nous n’aurions plus besoin de chercher la chance, mais nous concentrerions sur ce que nous pouvons apprendre à maîtriser.
Cela passe par une meilleure écoute de nos expériences, de nos validations et invalidations. Il est important de porter une plus grande attention à soi-même. Comme je vous le partageais dans la vidéo de samedi en PNL, nous pouvons apprendre à conscientiser nos postures physiques, à reconnaître quand nous sommes en forme, mal, triste ou très stimulé. C’est la même chose avec nos expériences intérieures. Plus nous comprenons que lorsque quelque chose va mal se passer, nous ressentons toujours la même sensation ou le même processus cognitif, et inversement, quand nous ressentons et percevons quelque chose de spécifique, c’est un appel à rester plus ouvert, etc.
Si nous sommes plus intuitifs, nous prendrons les meilleures décisions, même si elles semblent mauvaises pour la plupart des gens. Car notre corps et notre être, sur tous les plans, possèdent une expérience et une base de données exploitables pour reconnaître en nous et dans les situations ce que nous pouvons faire ou au contraire ne pas initier.
Plus nous accumulons d’expériences, plus nous nourrissons et mettons à jour notre logiciel, afin de pouvoir faire confiance de plus en plus à nos « six sens ».
Pour finir, Silva aime dire que les personnes « excentriques » – dans le sens où elles ne sont pas centrées sur elles-mêmes – auront plus d’erreurs et de problèmes, car elles ne s’écoutent plus et ne prennent pas en compte des éléments subtils dans les diverses situations.
Reflections from Pank / Snapshot #72: Intuition for Making the Right Decisions
It is always interesting to have as much information as possible before making decisions, especially when it comes to significant events in our daily lives. Two days ago, I had a conversation with Ed Bernd Jr, a former practitioner of the Silva Method in the United States, and in our exchange, he made a remark that I find interesting to consider.
According to him, José Silva’s method aims to develop a way of gathering information that complements the use of our five senses in everyday life. We should acknowledge that, of course, we take an analytical and conscious approach to the mapping (neurologically erroneous) of hypnosis.
With our ability to remain rational and construct complex reflections, we gradually weigh the pros and cons of a situation or a person. Then, as Ed and José argue, we move on to using what they once called the « right brain. » Through education and repeated learning, we become increasingly capable of considering information that is less logical and rational. This includes sensations, associations, feelings, and even « visions. »
By listening to this more subconscious part of ourselves, with its long-term memories, emotions, patterns, values, and beliefs, along with the experiences of our lives, we have « premonitions. » It is difficult to determine if they are true or not, as hindsight biases sometimes lead us to simply confirm things by modifying data.
The possibility of tapping into intuition occurs through the Alpha method, which represents trance for us. In this state, by being more attentive to the sum of conscious and subconscious information and reducing intrusive thoughts, we can start to have confidence in the decisions we will make.
If we take the time to develop our intuition more and more, we could learn to make better decisions and, by extension, no longer need to rely on luck but rather focus on what we can learn to master.
This involves better listening to our experiences, validations, and invalidations. It is essential to pay greater attention to ourselves. As I shared in Saturday’s NLP video, we can learn to be conscious of our physical postures, recognizing when we are feeling good, unwell, sad, or highly stimulated. The same applies to our inner experiences. The more we understand that when something is about to go wrong, we always experience the same sensation or cognitive process, and conversely, when we perceive something specific, it is a call to be more open, etc.
If we are more intuitive, we will make the best decisions, even if they seem wrong to most people. Our body and our being, on all levels, possess experience and a database that we can use to recognize what we should or should not initiate in ourselves and in situations.
The more experiences we accumulate, the more we nourish and update our software, so that we can increasingly trust our « sixth sense. »
In conclusion, Silva likes to say that « eccentric » people – in the sense that they are not self-centered – will make more mistakes and face more problems because they no longer listen to themselves and fail to consider subtle elements in various situations.
Hier, je marchais dans Paris et je tombe sur une annonce pour des cours de Ninjutsu. C’est un style qui m’a toujours intéressé, jusqu’à ma rencontre avec des pratiquants et surtout des combats m’offrant une idée de l’efficience du système.
La publicité mettait en avant un pratiquant 15e dan. Je sais que Hatsumi a mis en place un système de niveaux spécifique. Je trouve qu’historiquement ça n’a pas beaucoup de sens. Kano a mis en place les dans plutôt que les Mankyo kaiden et au départ il avait limité à 5 dan puis à 10 dans, mais exclusivement pour les fondateurs de styles.
L’intérêt est dans les styles japonais, repris par les Coréens et les Brésiliens, nous donne une idée du niveau technique et/ou politique. Par exemple, on sait que les 5e dan de Judo sont possibles pour des champions d’Europe ou du monde par reconnaissance, ou à partir de 35 ans suite à un examen. À partir du 6e dan, tout devient plus politique. Pour nous en BJJ, le niveau s’arrête à la ceinture noire, après c’est juste une question de temps. Mettre 15 dans, pourquoi pas, juste que pour le public c’est très compliqué. Ça fait un peu penser à Master Ken. Est-ce qu’un 2e dan sur 15 vaut une ceinture marron d’un autre style ?
C’est complexe les niveaux, nous sommes toujours dans le doute. Je pense que toutes les jeunes ceintures noires en BJJ et Luta se trouvent assez illégitimes à moins que nous défoncions tout le monde en compétition à tous les grades. Sinon, on se dit que comparé à des champions, on est plus que moyen.
Du coup, je suis allé visionner des vidéos de Ninpo. Et je trouve que clairement ça doit être compliqué pour avancer, sachant qu’il y a des armes à gérer, les techniques de taijutsu et autres éléments complémentaires. Je ne sais plus vraiment, mais le Bujinkan est une école composite de plein de sous-ensembles techniques. Quand je vois que la difficulté à atteindre un niveau dans les frappes, les projections et les luttes comme au MMA, c’est particulièrement complexe de maitriser des tas de facettes différentes.
Quand on est Xe dan de ce style de ninpo, est-ce que nous maîtrisons au même niveau tous les arts ? Ou c’est une note générale comme en karaté où entre mes katas et mon kihon puis les kumite j’ai la moyenne ?
De plus, comme de nombreux systèmes traditionnels du Japon, il n’y a jamais d’opposition. Ce qui pour moi sous-entend que tu maîtrises face à un adversaire passif, ce qui interroge dans les dimensions dynamiques. Autant je trouve les katas de judo intéressants et continuant l’historique du style, autant n’importe quel shodan de judo est obligé de faire des shiai et avoir des points en combat pour valider son niveau.
Les grades, les reconnaissances et les maîtres aux niveaux irréalistes sont légion dans certains styles et les grands champions restent les Américains avec des 10e dan à la pelle en American Kenpo et autre Tang Soo Do. On peut devenir 10e dan si nous créons une école, ce qui fait que pour le business, plus il y en a, mieux c’est.
C’est naturel de demander dans un dojo de karaté, de judo ou de BJJ, quel est le grade du professeur. Pourtant notre monde d’arts martiaux modernes nous a montré que des ceintures violettes, marrons ou noires de BJJ arrivent à former d’excellents pratiquants. Qu’un 2e dan de karaté ou de Judo arrive à développer sa section souvent mieux que les 6e dans.
Doit-on alors mettre en valeur ses dans, comme un critère d’efficacité ? Un vieux 8e dan se fera détruire par un jeune shodan ou nidan plein de fougue. Ou doit-on les vendre pour une qualité pédagogique ? Jusqu’à il y a peu, les Japonais montraient les techniques en démonstration sans explication…
Et vous, quels critères sélectionneriez-vous pour vous inscrire dans un dojo ?
Testez, observez et concluez par vous mêmes. Les potentiels sont en vous. La connaissance est Partage Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous Be One Pank
Il y a des années, je me suis rendu compte que je confondais souvent la discipline avec la pression. J’allais jusqu’à considérer la pression comme un moyen d’être discipliné. Peut-être pensais-je qu’il fallait vivre une forme de tension pour être réellement discipliné ?
En me remémorant mes années de karaté, je me souviens que même si nous étions très disciplinés, agissant immédiatement selon les instructions du senpai, il n’y avait pas spécialement de pression constante. Elle n’apparaissait que lorsque nous nous comportions mal ou ne suivions pas les règles, ce qui nous valait alors une réprimande. Autrement dit, ce n’était pas systématique.
La discipline accompagnée d’une pression constante infantilise, et bien qu’il soit important d’associer discipline et sanction, notamment avec les jeunes, cet automatisme peut diminuer voire disparaître une fois que nous devenons de jeunes adultes.
Il est certain que pour adopter une discipline ou se discipliner, il faut adopter une attitude adulte et non enfantine. Au quotidien, c’est le cadre qui détermine si les gens adhèrent ou non aux règles et à la discipline de l’activité.
D’un point de vue plus personnel, il est probablement plus utile de réfléchir à nos attitudes avant de nous lancer dans la poursuite de nos objectifs. Savoir si nous sommes simplement dans l’exaltation de l’enfant, dans la logique de l’adulte ou dans la discipline du parent. Prendre un moment pour nous interroger sur nos qualités posturales et nos défauts.
Une fois que nous nous connaissons bien, nous pouvons nous discipliner dans n’importe quel domaine sans avoir besoin de nous mettre beaucoup de pression. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous prenons conscience que la discipline consiste à suivre les règles que nous avons acceptées en tant qu’adulte, et il suffit de les appliquer.
L’application ne demande qu’un changement interne de nos états. Comme avant d’entrer dans un dojo, nous pouvons ressentir de multiples émotions et sensations, mais lorsque nous saluons et commençons l’activité, nous les mettons de côté et nous nous concentrons sur nos routines ou les exercices proposés.
Nous n’avons pas besoin de nous mettre sous pression uniquement pour nous dépasser, sans pour autant nous tourmenter si nous n’y parvenons pas. D’ailleurs, les professeurs sont toujours satisfaits de voir des efforts, et s’ils mettent de la pression, c’est seulement pour accompagner leurs élèves.
Développer une discipline au quotidien, c’est se fixer des limites et s’y tenir, sans prendre en compte d’autres éléments. Se mettre sous pression, c’est s’imposer des affrontements ou des objectifs sur d’autres plans physiques, psychiques ou émotionnels. Cela génère une tension et une pression inutiles.
Et vous, arrivez-vous à vous discipliner sans vous mettre trop de pression ?
Reflections by Pank / Snapshot #71: Pressure-Free Discipline #1
Years ago, I realized that I often confused discipline with pressure. I even considered pressure as a means to be disciplined. Perhaps I believed that living with tension was necessary to truly be disciplined?
Recalling my years of practicing karate, I remember that even though we were very disciplined and followed the senpai’s instructions immediately, there wasn’t a constant pressure. It only surfaced when we misbehaved or broke the rules, leading to reprimands. In other words, it wasn’t an ongoing situation.
Constant pressure accompanied by discipline infantilizes, and while it’s important to link discipline with consequences, especially with young people, this automatism can diminish or disappear once we become young adults.
Certainly, to adopt discipline or become disciplined, we must assume an adult attitude, not a childish one. In daily life, the framework determines whether people adhere to the rules and discipline of the activity.
From a personal perspective, it’s likely more beneficial to reflect on our attitudes before pursuing our goals. Determine if we are merely experiencing childlike excitement, adopting an adult’s logic, or taking on a parental discipline. Take a moment to question our postural qualities and flaws.
Once we truly understand ourselves, we can discipline ourselves in any area without applying excessive pressure. Why? Simply because we become aware that discipline involves following rules we’ve accepted as adults, and it’s just a matter of applying them.
Application only requires an internal shift of our states. Like entering a dojo, we might feel various emotions and sensations, but when we salute and start the activity, we set them aside and focus on our routines or proposed exercises.
There’s no need to put ourselves under excessive pressure to excel, without tormenting ourselves if we don’t succeed. Moreover, teachers are always pleased to see efforts, and if they apply pressure, it’s only to support their students.
Developing daily discipline means setting boundaries and sticking to them, without considering other factors. Imposing pressure involves confronting challenges or objectives on different physical, mental, or emotional levels, generating unnecessary tension and pressure.
How about you? Can you discipline yourself without subjecting yourself to excessive pressure?
J’ai la chance d’avoir un dojo assez petit dans tous les sens du terme. Ce qui est plutôt bien en BJJ et Luta, c’est que nous prenons beaucoup de place parce que nous nous allongeons au sol. Cette particularité du style limite le nombre de pratiquants.
On pourrait être frustré, mais on fait avec les moyens du bord, et l’essentiel est que les apprenants puissent quand même s’exprimer sans être trop les uns sur les autres. Cette systémie m’offre une proximité avec ma cinquantaine d’élèves. Je connais leur prénom, je peux voir quand quelqu’un entre ou sort de la salle, je connais leur progression, etc.
C’est vraiment bien pour moi et pour mon enseignement. La difficulté se trouve dans les grandes académies qui, certes, font un bon chiffre d’affaires mais brassent énormément de pratiquants. Il est difficile pour les professeurs de vraiment prêter attention à tous et cet anonymat crée automatiquement des clans.
Il est difficile de ne pas être reconnu, et la nature fait que nous allons nous regrouper autour de points communs avec d’autres élèves, parfois en opposition avec des enseignants ou des cadres qui ne correspondent pas.
On pourrait se dire qu’ils n’ont qu’à partir si ce qui est proposé ne convient pas, mais la plupart des sportifs se retrouvent dans des lieux avant tout pour la proximité, puis avec les années, restent par les habitudes, qu’elles soient sociales ou pratiques. Comme en plus nous avons une tendance à biaiser, nous continuons à ne voir que ce qui ne correspond pas, ce qui avec le temps va créer des tensions au sein du dojo.
Si rapidement, les « dissidents » ne sont pas recadrés ou renvoyés, l’ambiance générale du groupe va se faire sentir. Les grands groupes sont toujours difficiles à gérer, et beaucoup d’enseignants ne sont pas là pour faire de la gestion des ressources humaines (RH).
Il se peut également que ça soit la faute de la discipline, ou en tout cas ce qu’est devenu le BJJ et la Luta. Beaucoup de pratiquants ont l’idée que c’est un art martial plus « cool » que les styles japonais ou chinois. Le côté Do Brasil et puis l’ambiance, souvent la musique, les quelques rituels de salutation, l’exemple de beaucoup de Brésiliens qui pendant des années arrivaient en retard, les cours qui ne commencent ni ne finissent dans les temps, etc.
Les élèves voyant les anciens agir comme cela, ou simplement n’ayant pas de cadre strict dans ces grandes usines à pratiquants, répètent simplement ce qu’ils perçoivent. Quand Itosu a développé le Karaté de masse, il a dû modifier ce qui a fait pendant des décennies l’enseignement en petit groupe de ce style. Il a créé une étiquette et une discipline très formelle.
Les kihons se répétaient en rythme, tout le monde en même temps, il n’y avait pas de place ni à la créativité ni à l’individualité. Avec un style plus relaxe où l’égo des élèves peut facilement exploser, la quantité de pratiquants peut devenir un vrai problème.
Tout se joue dans les règles et les cadres. Si tout est clair et défini, qu’il n’y a pas de passe-droit, notamment avec les ceintures noires, que tout le monde est soumis aux mêmes règles, les choses se conforment. Il n’y a de liberté que dans des cadres déterminés, sinon nous passons notre temps à chercher les limites de ladite liberté.
C’est une réflexion complexe que doivent se poser les propriétaires de grandes salles, pour maintenir un niveau d’enseignement de qualité, une satisfaction globale élevée, sans que tout ne devienne impersonnel et qu’il y ait de vrais bénéfices pour les adhérents dans une ambiance constructive.
Et vous, comment géreriez-vous une grosse académie ?