
Quand j’ai commencé à étudier les philosophies des écoles martiales, j’ai accroché sur les propos de Jigoro Kano ou ceux de So Doshin en Shorinji Kempo. Pour moi, les arts martiaux – ce que Kano a décidé de nommer le Budo pour les styles japonais, mais que nous, en Occident et notamment en France avec la boxe, pouvons considérer de la même manière – se définissent comme un système d’éducation physique et mentale.
Cette idée soutient que les styles que nous pratiquons ont pour but de former des personnes « fortes », que ce soit physiquement ou psychiquement. Il s’agit de préparer des hommes et des femmes à être prêts à « survivre » aux situations difficiles que la vie proposera à un moment ou à un autre. Si je ne suis pas focalisé sur la self-defense, c’est que je pense que l’agression arrivera, mais par le quotidien : la séparation, la tristesse, les incidents et les accidents que nous allons devoir traverser.
De même, si je ne me focalise pas sur la compétition, c’est que la compétition, elle, est quotidienne : vis-à-vis des autres, de soi, du travail ou des objectifs que chacun se donne. Le Budo doit juste renforcer, pousser dans les retranchements pour que cela puisse donner une plus grande sérénité ou, à minima, permettre de ne pas trop subir, en sachant que bien des fois, les conditions du dojo – dans l’épuisement, la douleur et le sang – ont déjà été traversées à de nombreuses reprises.
C’est une vision qui est obsolète, j’en ai conscience, dans un monde martial qui se veut ludique, notamment en BJJ (Brazilian Jiu-Jitsu) et en Luta Livre, et dans un environnement où l’on doit vendre de la bienveillance et de la « douceur » dans les arts martiaux pour avoir plus d’adhérents afin de survivre face à la concurrence.
Cela ne conviendra pas à tous ou ne sera même pas compris par de nombreux pratiquants, mais ce qui m’importe, c’est de voir que les arts martiaux, ne serait-ce qu’un moment dans la vie des pratiquants, auront pu les « protéger » le plus possible de la violence que la vie amène dans tant de domaines du quotidien.
Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/
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Reflections of an Hypnofighter #590: The Martial Way as an Existential Shield: Beyond Technique, an Education of the Self
When I first began studying the philosophies of various martial schools, I was deeply captivated by the writings of Jigoro Kano and So Doshin of Shorinji Kempo. To me, martial arts—which Kano chose to term Budo regarding Japanese styles, but which we in the West, particularly in France with boxing, can conceptualize similarly—can be fundamentally understood as a comprehensive system of physical and psychological education.
This philosophy posits that the styles we practice aim to forge « strong » individuals, both physically and psychically. The goal is to prepare men and women to « survive » the adversity that life inevitably presents. If I do not focus strictly on street self-defense, it is because I believe the true « assault » will manifest through daily life: separation, grief, unforeseen incidents, and accidents that we must navigate.
Likewise, if I do not emphasize sports competition, it is because competition is an everyday reality—whether in relation to others, to oneself, to professional demands, or to personal objectives. Budo serves to strengthen and push individuals to their absolute limits, fostering a profound inner serenity or, at the very least, mitigating learned helplessness. It instills the quiet confidence that the grueling conditions of the dojo—characterized by exhaustion, pain, and blood—have already been faced and conquered numerous times.
I am fully aware that this perspective may appear obsolete in a contemporary martial landscape that prioritizes recreational appeal, notably within Brazilian Jiu-Jitsu (BJJ) and Luta Livre. We operate in an environment that often commercializes « gentleness » and superficial benevolence to maximize student retention and survive market competition.
While this demanding paradigm will not suit everyone and may remain misunderstood by many practitioners, my primary concern is that martial arts, even if only for a brief period in a person’s life, provide maximum protection against the existential violence that daily life inflicts across so many domains.
Take what is good and right for you. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/